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dimanche 31 janvier 2021

Donbass libre et toujours bombardé

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La famille de Sergei, comme tant d'autres familles russes du Donbass ou d'ailleurs depuis 7 ans,
accueille 
dans l'hiver de la steppe et de leurs cœurs meurtris. la dépouille de leur frère, fils et mari 

(publié sur FB le 31 janvier)

Depuis la fin de la trêve de Noël (et de l'investiture de Biden), les forces armées ukrainiennes ont repris leurs bombardements des territoires des Républiques Populaires de Donetsk, tuant et blessant défenseurs et civils vivant sur le front. 

Ainsi, un civil du village d'Aleksandrovka a été blessé hier dans un bombardement de mortiers de 120mm ukrainiens visant le secteur du front situé immédiatement au Sud de Donetsk (d'Aleksandrovka à Signalnoe). 


Dimanche 31 janvier

La veille, je m'évadais de l'hôpital pour assister aux funérailles de Sergei, un camarade tué sur le front Sud par des tirs de grenades autopropulsées ukrainiens (AGS).   Et le lendemain, Oleg un autre camarade et ami était blessé au genou dans le même secteur de la République Populaire de Donetsk.

Pour le moment, il est trop tôt pour interpréter cette aggravation sensible du front de Donetsk comme une radicalisation de la stratégie de Kiev dans le Donbass car les armes utilisées contre la République ne relèvent que de ce 1er échelon ukrainien qui régulièrement - avec l'absolution de son commandement - réalise des provocations pour terroriser les populations civiles républicaines et réveiller l'attention de conscrits ukrainiens dépressifs enlisés dans la boue des tranchées et les paradis artificiels alcooliques et narcotiques.

Seules la prolongation temporelle des bombardements, leur extension géographique à l'ensemble du front et surtout l'emploi de l'artillerie lourde automotrice ou tractée de 2eme échelon (obusiers de 122 mm et +,  lance roquettes multiples...) confirmeront un nouveau changement politique éventuel de la stratégie militaire ukrainienne....

En attendant, il est prématuré de réaliser des extrapolations alarmistes et propagandistes, mais juste de rappeler que cette guerre du Donbass est toujours active et que le minotaure ukrainien, en fidèle auxiliaire de l'OTAN, y vient réclamer toujours et encore sa part de sang et de larmes russes dans le labyrinthe d'un front dont il ne faut pas oublier qu'il est une plaie ouverte par Washington et menaçant toute l`Europe. 

Situation à suivre....

Erwan Castel 

mercredi 24 juin 2020

VictoireS !

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Finalement, la crise sanitaire du Covid 19, en reportant du 9 mai au 24 juin les commémorations du 75ème anniversaire de la victoire de 1945, n'aura pas bousculé le calendrier mémoriel et l'opportunité de réaliser une grande parade à Donetsk qui a réuni cette année plus de 2000 participants et une centaine de véhicules.

En effet, c'est le 24 juin 1945 qu'a eu lieu la première grande parade de la Victoire en URSS et cette date a offert aux républiques du Donbass l'opportunité de faire une démonstration de force au moment où Kiev, tenté par l'option militaire, rassemble à nouveau des unités d'assaut à proximité d'un front tenu sous le feu permanent de leurs obusiers et mortiers.

75 années plus tard, se faisant l'écho de la grande parade organisée à Moscou, les Républiques du Donbass rendaient également hommage à leurs défenseurs du passé et du présent.


Mercredi 24 juin 2020

Comme à chaque fois depuis 2014, la parade commémorant la victoire de 1945 se déroule dans le Donbass dans la permanence de la guerre qui gronde encore aux portes des cités républicaines et donne à leurs populations l'impression que le passé s'invite dans le présent. 
    "La défaite honteuse et écrasante de l'armée du Troisième Reich, qui a mis la moitié de l'Europe à genoux, n'a été rendue possible que grâce à l'unité, la solidarité et le courage d'un grand pays. 
    Aujourd'hui, nous rendons hommage à l'héroïsme du peuple victorieux, cet exploit est sacré pour nous, nous sommes redevables à ceux qui se sont sacrifiés au nom de la paix", 

    "Nous n'arrêtons pas de forger notre propre victoire pendant une minute, aujourd'hui nos défenseurs participent également au défilé, qui rapproche le jour chéri de la victoire. 
    C'est inévitable, car aujourd'hui, comme il y a 75 ans, la justice est de notre côté". 

    Denis Pushilin, Président de la République Populaire de Donetsk.



    Sous la chaleur des applaudissements d'une immense foule et d'un soleil radieux, les premiers carrés s'avançant de leurs pas cadencés scandés par des cris de victoire avaient revêtu les uniformes de leurs anciens dont ils portaient fièrement les bannières soviétiques.


    Photo Svetalana Kissileva




    Puis ce fut au tour des forces de défense de défiler sur la grande avenue Artema où plusieurs dizaines de milliers de familles étaient venues saluer leurs défenseurs. Lorsqu'on songe aux premières milices de 2014, groupes hétéroclites aux tenues bigarrées et à l'armement disparate, qui s'agglutinaient sur des camionnettes civiles bricolées ou les rares véhicules cabossées et poussifs récupérés aux ukrainiens lors des premiers combats, on mesure avec respect l'immense modernisation du potentiel de défense réalisée depuis 6 ans par les républiques du Donbass.

    Aujourd'hui c'est une armée moderne, équipé, entraînée et aguerrie  qui défile sous les hourras de sa population. les uniformes sont soignés et rutilants, les armes, menaçantes et alignées, les véhicules entretenus et équipés... Plus grand chose à voir avec la première "Opolcheny" de la rébellion anti-maïdan... si ce n'est cette lueur invincible qui danse toujours dans les regards de ce gardiens du Donbass luttant avec courage et abnégation pour ses libertés et ses traditions menacés. 





    Malgré la défense du front et les services aux casernes, les différents ministères dédiés  à la défense du territoire et des populations de la République Populaire de Donetsk ont pu rassembler plus de 2000 hommes pour l'événement et ainsi faire la démonstration de leur capacité opérationnelle. 


    Photo Kristina Melnikova

    Photo Kristina Melnikova


    Dans cette immense artère traversant en son sommet la ville de Donetsk, il n'y avait pas ce 24 juin des participants et des spectateurs mais bien un seul peuple témoin et acteur d'une Histoire toujours en mouvement, et qui reste plus que jamais engagé dans le combat pour sa Liberté. 

    Et les pensées de tous d'aller avec la même force vers ceux de leurs fratries qui se sont battus il y a 80 ans et leurs héritiers qui aujourd'hui ont repris le flambeau, le fusil et la pelle pour honorer par leur sacrifices actuels ceux du passé.... 





    Quelques articles sur le sujet :

    etc...

    Revenant ravi du centre ville de Donetsk où j'étais allé admirer cette parade de la victoire de 1945, je me suis fait shooter (avec la caméra d'un smartphone) par un camarade resté en alerte à la base. 

    Plus que quelques jours avant la Russie où, après 9 mois d'immobilisation sanitaire,  je vais être enfin libéré de cette blessure par une reconstitution finale de mon bras, et enfin pouvoir reprendre du service pour le peuple du Donbass.

    Erwan Castel


    dimanche 7 juin 2020

    Merci de tout coeur !

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    Dans les rues de Donetsk il arrive aussi aux milieu des amitiés humaines exceptionnelles de vivre des rencontres animales singulières et non moins belles.

    Hier, 6 juin j'ai fêté mon anniversaire en compagnie d'amis de Donetsk qui s'étaient réunis à cette occasion. Un "événement" personnel que j'aurais certainement passé sous silence si une avalanche de messages fraternels et amicaux venant des quatre horizons ne m'avait pas agréablement enseveli et auxquels 
    je réponds avec plaisir depuis 4 heures du matin, entre les rendez vous festifs qui avec Sól, ont réchauffé avec cette journée estivale.

    Samedi 6 juin 1963
    Il y a 57 ans, je "débarquais" donc un 6 juin sur les chemins inconnus de cette destinée qui m'a conduit jusqu'au Donbass en février 2015. Jusqu'à cette crise ukrainienne j'étais resté plutôt discret pendant mes précédentes vies, comme celles de l'officier parachutiste, du militant breton ou du guide expédition guyanais pour n'évoquer que les 3 principales précédentes étapes fondatrices de ma personnalité. Mais c'est au contact du Donbass pour lequel je me suis engagé pleinement que je suis devenu modestement bon gré mal gré un "personnage public", sacrifiant ma nature au devoir d'informer et d'alerter sur la réalité de cette guerre qui ravage cette région de l'Europe continentale depuis plus de 6 années maintenant.

    Chaque année de nouveaux messages de soutien viennent par centaines enfler le fleuves de ceux qui, fidèles depuis 7 ans soutiennent inlassablement le Donbass à travers mon travail pour la  République Populaire de Donetsk, et je tiens ici à remercier de tout mon coeur ces amis, anciens collègues, camarades, inconnus et anonymes sans qui grâce à leur amitié, intérêt, soutien et aide je n'aurait pas pu continuer à libérer la Vérité via les réseaux sociaux notamment, avec la même efficacité.

    Depuis février 2015, je me suis engagé dans les milices républicaines avec 2 interruptions, la première de 8 mois où j'ai travaillé dans l'information auprès de l'agence Novorossiya Today notamment avant de retourner dans l'armée et, depuis à nouveau 8 mois où, bien qu'étant toujours volontaire au sein de la Brigade Piatnashka, je suis dans une indisponibilité sanitaire depuis une blessure grave reçue le 23 septembre 2019 et qui m'a engagé dans un cycle de soins chirurgicaux, heureusement  sur le point de s"achever cet été.

    Aujourd'hui, si je supporte cette longue et douloureuse épreuve, c'est surtout grâce à l'amitié de centaines de personnes qui, depuis mes amis de Donetsk et de Russie jusqu'à ceux d'outre Atlantique me soutiennent et m'encouragent quotidiennement comme à l'occasion de ce nouveau lever de soleil cyclique personnel que les dieux m'ont accordé de pouvoir encore de saluer. 

    Toutes et tous, je vous remercie de vos pensées amicales et attentionnées à l'occasion de ce jour de plus en plus lointain où une jeune mère m'a fait le plus beau cadeau de ma vie, la Vie et à qui je pense particulièrement aujourd'hui lorsque, en France et en Bretagne sont célébrées les mamans, ces héroïnes souvent discrètes qui sont souvent avec les compagnes les forgeronnes des destinées masculines ! 


    En attendant de pouvoir "remonter en selle", je continue ce travail de réinformation contre les vents et marées des Torquemada des réseaux sociaux et surtout les coups de poignards dans le dos des nationalistes communautaro-centrés français et de leurs idiots utiles qui ne supportent pas que d'autres voix que la leur existent pour le Donbass (surtout celle d'un affreux girondin de Bretagne conchiant royalement les faquins, puterelles, pignoufs et autres Jean Foutre qui font semblant d'être pro-russes que pour mieux servir des intérêts personnels). Voilà c'est fait ...

    Et lorsque je sortirai du tunnel sanitaire actuel, la meilleure façon de remercier celles et ceux qui me soutiennent sans relâche sera de reprendre le service armé au milieu de mes camarades pour protéger la population du Donbass et servir la République Populaire de Donetsk.

    Erwan Castel

    mardi 19 mai 2020

    Adieu "Karel"

    "Quel sentiment anime les russes ? 
    L'enthousiasme, et encore l'enthousiasme !"

    Gavrila Romanovitch Derjavine, officier poète russe (1743-1816)


    Karel en 2019, dans notre "forteruine" sur le front de Yasinovataya, avec un "Shok", ce fusil antichar "made in Donbass qui est une modernisation en calibre 12.7mm du légendaire PTRD soviétique et qui est d'ailleurs toujours en service sur le front.

    Aujourd'hui les drapeaux de la brigade Piatnashka et de ma compagnie sont à nouveau en berne car un de nos camarades nous a quitté des suites de ses blessures reçues sur le front de Yasinovataya le 25 avril dernier. "Karel", un jeune homme de 32 ans, grièvement blessé par un sniper ukrainien avait  rapidement sombré dans un coma qui malheureusement devait lui être fatal, malgré le combat mené jour et nuit autour de lui par le personnel médical de l'hôpital de Donetsk où il avait été évacué.


    Mardi 19 mai 2020

    "Karel est décédé !"...

    Ce matin la triste nouvelle a circulé de chambrées en bureaux, du poste de garde à la popote de la compagnie, laissant derrière elle une traînée de silence et perdants les regards dans les souvenirs partagés avec ce jeune homme d'à peine 30 printemps, volontaire venu défendre le Donbass de sa lointaine Carélie russe dont il avait choisi le nom pour indicatif comme on choisit de porter un drapeau avec fierté...

    Le 25 avril dernier les positions tenues par notre bataillon sur le front de Yasinovataya avaient subi un bombardement important d'une artillerie lourde ukrainienne dont les obusiers de 122 mm étaient appuyés par des tirs nourris menés par les unités nous faisant face, parfois à seulement 100 mètres de notre ligne de défense. Ce jour là, notre compagnie a eu 2 blessés, "Rex et Karel", salement touchés au bras et flanc gauche par des snipers ukrainiens positionnés dans les ruines de cette zone industrielle de Promka, secteur du front particulièrement disputé depuis 5 ans.

    Contrairement à "Rex" dont l'état a pu être stabilisé, "Karel" a rapidement présenté des complications et dégâts irréversibles qui l'ont plongé dans un coma très inquiétant nous préparant tous au pire. Mais le pessimisme médical le concernant n'a pas atténué le choc lorsque la nouvelle de son décès est tombée même si probablement il a libéré notre camarade d'une situation désespérée. 

    Même sous la rigueur de l'hiver donbassien , les yeux de Karel pétillaient de plaisir
     au dessus d'un sourire que rien ne pouvait cacher 

    Il est toujours difficile sur le moment d'évoquer une personne disparue, tant les souvenirs et anecdotes même les plus insignifiantes deviennent autant de bornes lumineuses éclairant ce tronçon de vie parcouru ensemble sur le front du Donbass. 

    Si je devait résumer en un mot "Karel", tel que je l'ai connu et côtoyé dans les rangs de Piatnashka, je choisirai le mot "enthousiasme" tant il avait su conserver intact dans son coeur ce désir permanent de "croquer la vie" passionnément, parfois jusqu'à l’excès et d'offrir en permanence à l'entour son sourire généreux et ses rêves de jeunesse portés par une humeur joviale constante, quelle que soient les circonstances extérieures. 

    L'engagement désintéressé de ce jeune russe symbolise cette force éternelle d'un patriotisme russe volontaire qui, du Kamchatka oriental à la Carélie occidentale et de la Sibérie septentrionale au Caucase méridional uni dans une destinée commune et une fraternité instinctive tous les peuples d'un monde russe dont l'identité supra communautaire traverse intacte ses déclinaisons impériale, soviétique ou fédérale historiques.

    "Karel" et "Rex" et mézigue, le 22 mai 2019, à l'occasion de l'inauguration de la statue de Mamaï  notre chef de bataillon qui, comme Karel et tant d'autres volontaires, avait été mortellement blessé sur ce même front de Yasinovataya il y a 2 ans.

    Par leurs sacrifices, "Karel" et tous ces volontaires qui depuis 6 ans passés viennent des quatre horizons donner leur sang pour la Liberté du Donbass témoignent de cette conscience commune qui unit les différents peuples slaves dans la défense de leur diversité contre l'esclavage d'une pensée unique cherchant à soumettre et uniformiser la Terre pour marchandiser toutes ses formes de vie.

    Ce soir une étoile de plus brille dans les rangs célestes du régiment immortel russe, tandis qu'ici bas, les mémoires humaines et la terre de Promka mille fois secouées par l'acier de la guerre garderont comme un feu éternel cet enthousiasme qu'un enfant de Karélie est venu offrir au Donbass reliant par son sang les mers Noire et Blanche de la Grande Russie.

    Que "Karel" repose en paix, et que la terre lui soit légère car il restera vivant dans nos coeurs !

    Erwan Castel


    Les autres extraits de mon journal du front : ici 

    dimanche 19 avril 2020

    С праздником Пасхи !

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    Dimanche 19 avril 2020

    Bien qu'étant un affreux apostat s'étant retourné vers les dieux de ses forêts européennes, je reste respectueux de toutes les autres traditions religieuses sachant faire je pense la différences entre sacré, religion et église, ces trois déclinaisons de la foi spirituelle, ce dynamisme universel qui caractérise notre espèce humaine tout en embellissant les traditions de ses communautés multiples et diverses.

    Après avoir explorer de nombreuses religions, je suis convaincu comme le rappelait le philosophe Ramakrishna, que, à l'instar des rayons d'une roue en bois, "elles mènent toutes au centre mais ne sont pas le centre". Et toute prétention communautaro-centrée exprimée par tel ou tel croyant n'est à mon coeur qu'une hérésie de la foi qui relève de cette pensée unique fanatique et intolérante qui a donné dans notre Histoire tant d'hégémonies idéologiques, qu'elles soient religieuses, politiques, économiques ou culturelles. 

    Dans le Donbass en guerre, la foi religieuse est devenue au fil des bombardements quotidiens un bouclier permettant de supporter l'insupportable et de renforcer cette capacité de résilience exceptionnelle des populations de Donetsk et Lugansk luttant pour leur libertés et traditions russes. Et ceci est valable autant pour les communautés chrétiennes, juives, musulmanes que païennes qui cohabitent harmonieusement dans un monde russe que beaucoup de Torquemadas français pseudo nationalistes devraient regarder de plus près au lieu de fantasmer sur une Russie blanche et chrétienne qui n'existe que dans leurs délires xénophobes dont les échos meurent dans des églises catholiques désertées.

    Universel et universalisme, bien que de la même étymologie sont dans leurs déclinaisons ontologiques très différents, voire même opposés, car la foi religieuse qui est une réalité universelle qui historiquement ne survit et s'épanouit que dans le cadre de traditions communautaires respectées et non dans celui d'un universalisme idéologique prônant l'individualisme comme seul échelon du rapport au divin (voir par exemple Guillaume d'Ockham et les nominalistes). 
    Cet universalisme idéologique principalement monothéiste montre en Occident toute la vacuité de sa déclinaison ecclésiastique qui n'a connu des variables que pour mieux servir son prosélytisme ou le système politique dans un échange d'intérêts et de pouvoirs réciproques. Mais à l'heure du Mondialisme effréné, après avoir pendant des siècles concilié avec les traditions pré-chrétiennes que pour mieux s'implanter dans les campagnes européennes mais aussi en éradiquer les cultes anciens et endémiques (christianisations des fontaines, culte marial, calendrier solaire etc) le Vatican moderne, en épurant ses rites de toute leur dimension magico-religieuse héritée du passé, est revenu à l'essence même de son absolutisme abrahamique, et du discours paulinien de ses origines auquel répond en écho parfait le pape François lorsqu'il déclare "nous sommes tous des migrants". 

    Mais ici en Russie, à part quelques rares exceptions le clergé chrétien n'a pas détruit les traditions anciennes de même que les autres clergés avec qui il cohabite sereinement. Au contraire, les traditions préservées unissent les différentes communautés religieuses dont les grands rassemblements festifs sont ouverts à tous. 

    Pour conclure et illustrer mieux que mes lignes cette foi universelle protégeant les traditions contre l'universalisme de la pensée, voici un chant traditionnel russe célébrant la Pâques chrétienne orthodoxe....


    Pâques, qui est par excellence la fête du Printemps, est un moment fort pour les chrétiens orthodoxes d'exprimer leur unité communautaire mais aussi une appartenance identitaire très ancienne et supra-communautaire qui dépasse celui de la seule célébration religieuse...
    Alors que les catholiques ont oublié leurs racines européennes (jusqu'à prétendre qu'elles sont chrétiennes !), les traditions païennes dans le monde orthodoxe sont restées vives et même sacrées fusionnant, à l'instar de l'église chrétienne primitive celtique des premiers siècles, l'identité et la foi populaire natives avec un message religieux nouveau qui, lorsqu'il n'est pas trahi par son propre clergé, les respecte. 

    Bonnes fêtes de Pâques à tous et à toutes....

    Erwan Castel



    dimanche 5 avril 2020

    Pour une rébellion totale

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    "Face de bouc", dans l'incohérence débile de ses algorithmes, me propose ce matin de partager des souvenirs dont certains avaient été censurés lors de leurs publications initiales...

    Depuis mon enchaînement hospitalier sur les rives du temps, c'est pour moi une nouvelle occasion de mesurer l'écoulement des mes années passées ici dans ce Donbass en guerre, et surtout de l'appel du front qui résonne chaque jour plus fort dans mon coeur, presque aussi fort que l'appel des "grands bois" guyanais...


    Dimanche 5 avril 2020

    Dans la gestion occidentale de la crise sanitaire du Covid19, on observe que l'inertie des bureaucrates n'a pas permis une anticipation appropriée à la pandémie même lorsque les politiques l'avaient correctement prise en compte. Et dans certains pays comme la France pn a vu que ce labyrinthe de procédures administratives où règne une expertocratie cupide peut même être un outil efficace pour un pouvoir amoral désirant profiter de la situation pour resserrer le carcan sur son peuple.

    On s'aperçoit donc que la bureaucratie, quel que soit le Politis qu'elle prétend servir, est souvent elle aussi un problème...

    Dans ces jeunes républiques de Donetsk et Lugansk, secouées par les combats, les bombardements et les sacrifices fondateurs, mais aussi malheureusement encore minées par les trahisons, le népotisme et la bureaucratie débile, le front est devenu au fil de ces 6 années de guerre le "coeur aventureux" de ce Donbass.

    Et, entre les terrils silencieux et les mornes ruines qu'une nature toujours triomphante des folies humaines reverdit les noirceurs, les sillons crevassant en zigzags interminables cette terre cosaque, ne sont pas seulement les tranchées où se battent, vivent et meurent depuis plus de 2000 jours et nuits des milliers de combattants mais les veines ouvertes d'une Europe encore une fois infectée par ce virus idéologique occidental et cannibale que l'on nomme "pensée unique".

    Après les clercs et les princes, ce virus contrôle aujourd'hui les banquiers qui sont au pouvoir grâce au trahisons des bourgeois, et pour les intérêt de cette nouvelle élite dominante qui leur est une fois encore totalement étrangère, les peuples s'étripent de moins en moins joyeusement mais avec de plus en plus de destructions, les uns contre les autres. Et le pire c'est que probablement ce virus survivra à l'effondrement de ce système financier suicidaire qu'il infecte pour s'imposer demain dans la nouvelle tyrannie qu'est l'intelligence artificielle décelable déjà à travers les dictatures des experts et des scientifiques, et dont les systèmes bureaucratiques aussi stupides que totalitaires ont été les pionniers..
    Cette bureaucratie, plus ou moins policière et de plus en plus aveugle et amorale  est d'ailleurs la cage idéale dans laquelle les absolutismes enferment leurs peuples pour mieux les asservir, Mais tout comme les trônes, cette survit aux changements des pouvoirs dont chacun s'efforce d'en améliorer les barreaux. 


    Heureusement il existe encore des hommes et des femmes qui osent se dresser face à l'adversité et refuser l'asservissement des peuples au système en cours. Et dans les tempêtes de l'Histoire ces Hommes sont comme Alexandre Zakharchenko, des capitaines menant leurs peuples vers la liberté On peut mesurer leur empreinte dans l'Histoire lorsque la tyrannie de la pensée unique tue leur corps, car leur esprit devient alors un puissant phare qui continue d'éclairer le chemin de la Liberté et alimenter les coeurs de ses combattants. 

    De son vivant, Alexandre Zakharchenko savait passer par dessus les fourches caudines de l'administration lorsque les objectifs et l'urgence l'exigeaient. Car il était avant tout un chef de guerre.

    Aujourd'hui l'Ukraine doit observer avec délectation, derrière ses bombardements terroristes des populations de Lugansk et Donetsk, le sabotage instinctif des jeunes républiques du Donbass réalisé par leurs propres systèmes bureaucratiques, d'où l'inertie stupide, la suspicion maladive et la corruption d'usage n'ont jamais vraiment disparu d'une machinerie désuète qu'il a bien fallu remettre en marche pour restaurer, en 2014, l'état de droit lorsque oligarques et fonctionnaires ukrainiens étaient partis planquer leurs magots du côté de Kiev.

    Mais "les habitudes ont la vie dure" dit-on, surtout lorsqu'elle sont mauvaises et que, de la loi, la lettre écrase l'esprit. Et aujourd'hui, profitant de la normalisation des états républicains, des bureaucrates et autres ronds de cuirs qui seraient des modèles inépuisables si Georges Courteline est encore de ce monde...

    Il y avait déjà ce centre ville de Donetsk qui, en reprenant vie autour des hauts ministères avait créé à quelques minutes seulement des champs de ruines du front une bulle spatio-temporelle d'où s'échappe depuis 6 ans la réalité de la guerre et de la souffrance (à part dans des sempiternels et insipides communiqués officiels que plus personne n'écoute). Et le pire aujourd'hui est que si la bureaucratie creuse encore plus profond le fossé entre la gouvernance et le peuple, ce n'est pas à cause d'une volonté politique mais bien à cause d'un ramassis de bureaucrates de couloir cachant leur stupidité inertielle dans les rouages rouillés de procédures du passé, 

    Et cette amère constatation d'une bureaucratie qui, à l'heure de l'informatique, produit toujours plus de tonnes de paperasseries inutiles que de résultats n'est pas réservée qu'au Donbass où à la Russie mais est aussi visible dans tellement de pays dits "modernes" qu'elle me fait regretter la loi de la jungle et l'anarchie.

    Heureusement, il reste les soldats du front pour maintenir vive dans la nuit cette flamme de l'espérance qui maintient l'Homme sur le cap de son coeur...  Et sur son chemin la bureaucratie, cette machinerie qui stérilise les peuples, devient un obstacle liberticide dès lors qu'elle ne partage pas les mêmes objectifs de victoire et le même sens du sacrifice que le soldat, le travailleur ou le rebelle. 

    "Le sens de l’histoire de la Russie consiste à saisir ce complexe social et à le surmonter. Le libéralisme était inacceptable pour les monarchistes, pour les bolcheviks, pour les soviétiques, pour les intellectuels du « siècle de l'argent », et pour les traditionalistes orthodoxes à divers degrés. Les USA représentent le libéralisme dans sa forme définitive. Si le rejet du libéralisme au cours des siècles est l’essence de l’identité russe, cela signifie que la Russie s’identifie aujourd’hui à l’anti-américanisme."

    Alexandre Douguine


    Tous les états modernes souffrent de cette même gangrène bureaucratique dont l'absurdité devient même contre-productive comme par exemple lorsqu'il s'agit :
    • d'appliquer une procédure de plus de 6 mois pour l'obtention d'un passeport DNR, alors que l'obtention du passeport russe dont elle est la première étape est une expression administrative identitaire réclamée par l'ensemble de la population et la Fédération de Russie.
    • de suspendre pour 4 mois les accréditations de 2 reporters de guerre qui sont présentes sur le front chaque jour et pour l'une depuis le début du conflit, sous prétexte qu'elle n'ont pas appelé un responsable de secteur un dimanche matin avant d'aller interviewer des civils qui venaient d'être bombardés.
    • de convoquer au tribunal de Lugansk le nom d'un héros de la rébellion assassiné dans un attentat et qui auparavant par son engagement et son courage a permis en 2014 que soit créé la République de Lugansk !
    • etc...etc...

    Si les gouvernements des républiques de Donetsk et Lugansk réussissent à survivre depuis 6 ans à l'ennemi extérieur, il serait temps et même urgent qu'elles s'occupent sérieusement aussi de l'ennemi intérieur en assainissant le marais putride de leur bureaucratie, dont l'inertie et la stupidité réglementaires ont de plus en plus souvent des airs de trahisons....

    La république méritera pleinement de sa population le jour où elle aura su se débarrasser de ses vieux oripeaux.... Alors le printemps russe brillera haut et fort à nouveau au dessus de la steppe.

    Erwan Castel


    lundi 23 mars 2020

    Solidarité et discipline

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    Magasin "Moloko" près du Donbass Arena au centre de Donetsk. 23/03/2020 16h00

    Publié sur les réseaux sociaux le 23 mars

    Dans notre petite République Populaire de Donetsk, malgré les difficultés liées à la guerre et au blocus déclenchés par l'Ukraine contre les russes du Donbass, la vie continue avec de nouvelles précautions supplémentaires imposées par la pandémie du coronavirus Covid19.

    Lundi 23 mars 2020

    A ce jour aucune infection n'a été détectée à Donetsk et Lugansk, mais les autorités anticipent la menace avec par exemple un confinement des élèves et étudiants, une fermeture des frontières, une mise en alerte et équipement spécialisé des personnels de santé, et une information auprès de la population.

    Ici les gens suivent de près, mais sans émotion particulière l'évolution de la pandémie, et les masques se sont déjà répandus dans tous les lieux et services publics et magasins.

    La Russie est à la fois attentive et confiante et ses populations solidaires et disciplinées.

    Erwan Castel


    mercredi 11 mars 2020

    A Donetsk avec Radio France

    383


    Pour son nouveau passage à Donetsk, Mkihaïl Roshine, un ami de Moscou était accompagné par Claude Bruillot, un journaliste reporter de Radio France, venu recueillir des témoignages sur la guerre du Donbass du côté "séparatiste" du front.

    Dans le cadre de son reportage sur le conflit du Donbass, Claude Bruillot a voulu rencontrer des acteurs, des témoins, des observateurs et des volontaires connus et inconnus. Sollicité pour participer à ce reportage (et honoré), j'ai accepté cette rencontre afin d'apporter mon modeste regard sur ce conflit qui ravage le coeur de l'Europe depuis plus de 6 années maintenant.

    Mercredi 11 mars 2020

    19h00, mardi 10 mars, j'arrive au café "!Legend" bordant au Nord la place centrale de Donetsk. où j'ai rendez vous avec Mikhaïl Roshine et Claude Bruillot de l'antenne moscovite de Radio France. 

    L'homme est avenant et le regard franc et vif portant au dessus de nos tasses de thés des questions intéressantes et un intérêt sincère à mes réponses que je veux les plus complètes possibles. Contrairement à certains reporters "parachutés" à Donetsk, Claude connaît suffisamment le sujet et semble impartial et attentif dans son entretien.  

    Après plus d'une heure de discussion, nous effectuons l'interview autour des thèmes retenus, qui bien sûr sera elle même disséquée comme l'impose le format 5 minutes de la série "Le reportage de la Rédaction" où, qui plus est, plusieurs personnes sont rencontrées. Gentiment Claude m"a prévenu dès la première minute de notre rencontre que je risque d'être frustré par l'extrait forcément trop court qui sera finalement choisi, ce que je comprends et accepte de bon coeur, heureux de rencontrer le micro de Radio France dans le Donbass. 

    Et dès le matin du 11 mars, le reportage était diffusé, dans un montage très bien ficelé dont la brièveté de 5 minutes qui est un vrai challenge au vu de l'importance du sujet, explique paradoxalement la nuit blanche qui fut nécessaire à Claude Bruillot pour le finaliser... 

    Quand la neutralité du journaliste est trahie par son rédacteur politique

    Je vous invite à écouter d'abord le reportage audio avant l'article écrit qui l'accompagne sur le site de France Culture qui, contrairement au plan et contenu radiophonique initial se soumet visiblement au filtre déformant d'une ligne éditoriale politique qui affiche même en filigrane, une partialité pro-ukrainienne évidente, notamment par:
    • Le plan différent dans l’enchaînement des extraits choisis pour l'article
    • Les sous titres pouvant induire une interprétation orientée et manichéenne
    Nous avons affaire ici de la part de la rédaction de France Culture à une tentative de manipulation mentale, un type de propagande beaucoup plus dangereuse que celles des chiens de garde en gros sabots tel que les Ukrinform ou Donbass Insider par exemple qui digèrent et recrachent (et avec zèle) que ce qui leur est servi par les communiqués étatiques officiels.
    Je ne prendrai comme exemples sur les 7 relevés à la première lecture:les sous titres rajoutés ("Minorité russophone" et  "Ukrainiens malgré tout") qui non seulement ne correspondent à aucune parole recueillie au cours du reportage, mais sont de véritables inepties pour quiconque vient simplement 1 seule journée dans le Donbass (et même au delà). 
    • La langue russe est la langue maternelle et d'usage de l'immense majorité des gens du Donbass (+ de 90%) et reste ainsi socialement majoritaire ... jusqu'à Kiev ! (voir les discours de Zelensky par exemple pendant sa campagne présidentielle, menée principalement en russe)
    • Ensuite, les population de Donetsk et Lugansk depuis le référendum de mai 2014, les élections, es manifestations ou les actes administratifs comme la demande des passeports républicains et russes, prouvent tous les jours leurs attachement à une identité russe et leur volonté de retrouver leur citoyenneté perdue en 1921 lors du transfert vers l'Ukraine de cette partie du bassin du Don.
    Et quand bien même un héritage ukrainien serait toujours assumé ici c'est dans la nostalgie d'une Ukraine soviétique, car à part la petite minorité qui a pu bénéficier de la corruption oligarchique, la majeure partie de la population (celle ayant vécue l'effondrement de l'URSS) s'accorde à reconnaitre que son indépendance (1991) a en réalité sonné le début de l'effondrement ukrainien.

    "Rendons à César..."

    Cela dit, et à chacun de se faire sa propre opinion sur les différence observées  entre l'audio et l"écrit, je remercie vivement Claude Bruillot d'avoir fait le déplacement jusqu'à Donetsk pour donner la parole à des acteurs, des observateurs et des citoyens de cette jeune République Populaire de Donetsk et ce dans un regard professionnel et neutre qu'il est important de souligner ici.

    Espérant croiser encore son chemin je tiens à lui exprimer ici ma confiance et sympathie pour le travail réalisé sur cette ligne de crête très étroite qui chemine entre les abîmes sans fond des propagandes qui s"affrontent au dessus des tranchées.

    Erwan Castel


    Le lien du reportage : France Culture



    À Donetsk, la vie suspendue

     par Claude Bruillot

    Le reportage de la rédaction

    "Il y a cinq ans, à Minsk, un cessez-le-feu était proclamé entre l’Ukraine et le Donbass. Mais dans l’État séparatiste autoproclamé, les armes ne sont jamais vraiment tues. A Donetsk, la vie continue, tant bien que mal. En attendant un hypothétique sommet pour la paix.

    A Donetsk, dans le Donbass, la vie presque normale malgré la guerre.• Crédits : Claude Bruillot - Radio France

    "À distance des arcanes du pouvoir, il y a aussi à Donetsk des habitants qui se sentent encore ukrainiens malgré tout. C'est le cas d'Anna, une universitaire de 50 ans, née dans le Donbass et qui n'a jamais quitté Donetsk, même aux pires moments des combats. Parce qu'elle savait que ses convictions, ses aspirations, étaient justes :

    Difficile de dire si ce sont les séparatistes qui ont rompu à nouveau le cessez-le-feu, ou l'armée ukrainienne, de l'autre côté.

    • Crédits : Chadi Romanos - Radio France

    Sur les grandes avenues du centre de Donetsk, la vie est différente pour Rouslan, 43 ans, qui tient le Café des Légendes. Loin des accords de Minsk, de la politique et même des combats, auxquels il n'a jamais voulu participer, le restaurateur ne se définit pas comme un séparatiste.

    Toute sa famille habite du côté ukrainien. Il téléphone à sa mère tous les jours mais admet qu'il aurait du mal si, aujourd'hui, il devait revivre avec "ceux de Maidan", comme il les appelle.
    • "Je ne peux pas dire que je suis totalement séparatiste. Mais dans un pays avec des gens qui ont organisé ça, on ne peut plus vivre ensemble. Je ne sais pas quand il y aura un jour de la stabilité à nouveau."
    Au Café des Légendes, on peut croiser Erwann Castel, un militant breton de 57 ans, ancien officier de l'armée française au 13ème Régiment de Dragons Parachutistes de Dieuze, en Moselle.

    A Donetsk, place Lenine, le drapeau russe comme une protection contre le voisin ukrainien.• Crédits : Claude Bruillot - Radio France
    Spécialiste à l'époque du renseignement aéroporté, il a tout quitté pour défendre la cause des séparatistes du Donbass. Il a combattu pendant près de cinq ans à leurs côtés avant d'être grièvement blessé par une mine.

    Minorité russophone

    "Idéaliste", comme il se définit lui-même, Erwann Castel veut la paix pour le Donbass russophone qui l'a adopté. Mais pas à n'importe quel prix :
    • "Au dessus de la paix, il y a la liberté. À l'origine, le Donbass s'est révolté pour défendre son identité culturelle."
    Le premier défenseur de cette culture russophone se nomme Denis Pouchiline, président élu de la République populaire de Donetsk. Avant le prochain sommet sur la question du Donbass, programmé au printemps à Berlin, il est sorti de sa réserve.

    Le chef des séparatistes affirme notamment qu'il est prêt au retrait de ses troupes sur la totalité des 460 kilomètres de la ligne de front. Tout en sachant que le pouvoir ukrainien est incapable d'assumer la même démarche, sous la pression des nationalistes et d'une partie de la population qui crient à la capitulation : "Nous luttons pour ça d'une façon planifiée, mais l'Ukraine déclare officiellement qu'elle n'est pas prête et essaie de retarder le processus de retrait."
    • "Aujourd'hui, nous n'avons jamais un jour calme. On tire tous les jours, même si ce n'est pas l'artillerie mais plutôt des tirs d'armes automatiques. Si la distance entre les forces armées était plus grande, si personne ne pouvait voir l'autre côté, on pourrait en finir avec les échanges de tirs."
    Denis Pouchiline au micro de Claude Bruillot, correspondant de radio France à Moscou.• Crédits : DR - Radio France
    Décidé, semble-t-il, à jouer l'ouverture, l'entourage de Denis Pouchiline a néanmoins refusé qu'une question soit posée. Elle concerne le procès aux Pays-Bas de trois Russes et d'un Ukrainien séparatiste, absents aux audiences. Tous quatre sont soupconnés d'avoir participé à la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines, abattu au-dessus du Donbass en juillet 2014. Un drame qui avait fait 298 morts.

    Ukrainiens malgré tout

    À distance des arcanes du pouvoir, il y a aussi à Donetsk des habitants qui se sentent encore ukrainiens malgré tout. C'est le cas d'Anna, une universitaire de 50 ans, née dans le Donbass et qui n'a jamais quitté Donetsk, même aux pires moments des combats. Parce qu'elle savait que ses convictions, ses aspirations, étaient justes :
    • "Je ne veux pas que l'on me dise comment je dois vivre et quelle langue je dois parler."
    "L'Ukraine est un pays où les lois ne fonctionnent pas. Où des activistes peuvent faire ce qu'ils veulent. Regardez, ça continue à tirer alors que nous avons un  cessez-le-feu il me semble. Comment avoir confiance ? C'est au gouvernement de trouver des solutions pour que les régions vivent ensemble en Ukraine", poursuit-elle.
    • "Je n'ai pas de problème avec mes concitoyens ukrainiens. J'ai un problème avec ce gouvernement qui a fait de nous des ennemis. Nous ne sommes pas des ennemis."
    Reportage Claude Bruillot - Radio France
    MAIS mise en forme de l'article par un scriboullard politique de France Culture