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samedi 29 octobre 2022

L'OTAN en guerre contre la Russie

 


L'évènement militaire de ce 29 octobre 2022 est une nouvelle série d'attaques ukrano-atlantistes réalisées contre la base navale de Sébastopol en Crimée.

Je ne reviendrai pas ici sur la stratégie exponentielle d'équipement des pays occidentaux au profit des forces armées ukrainiennes mais bien ici sur la stratégie d'engagement des forces de l'OTAN sur le théâtre d'opérations russo-ukrainien et qui vient de franchir ce 29 octobre 2022 un nouveau cap avec une série d'attaques contre la base de la flotte russe de la Mer Noire, à Sébastopol.

Cette nuit une vague de drones aériens (entre 12 ou 16 selon les sources) a attaqué sans succès la base de la flotte de la Mer Noire, abattus par la défense antiaérienne de Sébastopol. 
L'artillerie antiaérienne de Sébastopol en action

Plus tard, aux premières heures matinales, une seconde attaque a été lancée cette fois avec des drones marins dont certains ont réussi à traverser la défense russe pour toucher 2 bâtiments de surface : la frégate lance missiles de classe 11356R "Amiral Makarov, qui a été endommagée ainsi que le dragueur de mines "Ivan Golubets" qui escortait les exportations céréalières quittant Odessa. En outre une digue du port a été également touchée dans la baie voisine de Yuzhnaya.

Il s'avère dès à présent que cette attaque contre la base navale russe de Sébastopol a été non seulement faite avec l'assistance d'un soutien aérien électronique de l'OTAN, mais également avec des drones d'attaque marins britanniques très vraisemblablement pilotés à distance par des spécialistes de sa majesté le roi de la perfide Albion.

Attaque des drones marins britanniques 

Alors que les propagandistes pro-russes racontaient comme à leur habitude ridiculement contre productive que tous les drones avaient été abattus ou pire que les fumées qui s'élevaient sur la côte étaient celles de pneus  brulés pour un exercice des mobilisés, les propagandistes ukro-atlantistes tentaient de nous faire croire que la flotte de la Mer Noire n'existait plus pour apporter plus de crédit à une victoire médiatique certaine.

Ce qui est sûr, c'est que l'OTAN est ici l'acteur principal des attaques, tout comme lors de celle contre le croiseur Moskva le 13 avril dernier et qui devait provoquer son naufrage. 

1 / L'assistance aérienne électronique 

Les aéronefs de renseignement de l'OTAN reniflent le conflit depuis 2015, des drones d'observation stratégiques ou avions de guerre électronique, de plus en plus fréquents et en plus grand nombre, jusqu'à assurer une permanence quotidienne le long des frontières russes et de la ligne du front du Donbass pendant 8 ans. Le Pentagone a reconnu plusieurs fois que les informations collectées par ses ressources aériennes mais aussi satellitaires été transmises à l'Etat-Major ukrainien lorsqu'elles le concernaient.

Depuis février les aéronefs de l'OTAN qui, au dessus de l'Ukraine, ont passé le relais à une constellation de satellites militaires et privés, se sont repliés dans l'espace international de la Mer Noire ou ceux de pays de l'OTAN (Pologne, Roumanie, pays baltes etc)

Ainsi, au même moment que se déroulaient les attaques contre Sébastopol des aéronefs de l'OTAN étaient en mission dans le même secteur !


2 / L'armement spécialisé de l'OTAN

Concernant les drones marins qui ont atteint leurs cibles, ce ne sont pas des armes ukrainiennes comme l'étaient par exemple les missiles anti-navires "Neptune" qui ont frappé le "Moskva" en avril, mais des drones "high tech" de la Royal Navy.


A priori le type de drone utilisé est un modèle de drone "ultra" perfectionné de conception britannique et il 
est hautement improbable que le service et l'usage parfaitement maitrisés soient assuré par des opérateurs ukrainiens mais bien par des spécialistes de l'OTAN.

Comme pour les drones aériens, plusieurs drones marins semblent avoir été lancés vers leurs cibles certainement pour obtenir plus d'effet destructeur mais aussi saturer les systèmes de défense russe et réussir pour quelques uns d'entre eux à traverser leurs boucliers. 

Ici un drone marin britannique qui a été détruit
par un hélicoptère MI 8 des gardes côtes russes 

De la co-belligérance à la belligérance 

Non loin de la Crimée se trouve la base d'Ochakov (dans l'embouchure du Boug Méridional à l'Ouest de Kherson) qui abrite le "73ème centre des opérations spéciales maritimes", qui avant février était encadré par environ 300 membres des SBS et SAS britanniques, officiellement "instructeurs". Cette base officieuse de l'OTAN a ouvert en 2017 et je doute fort que tous les SBS soient partis en février !

En réaction à cette nouvelle attaque contre Sébastopol, la Russie a décidé de suspendre sa participation à "l'accord sur les céréales" et a interpeller l'ONU au sujet de cette attaque d'aujourd'hui et celle contre les North Stream I et II de la Baltique qui portent sans conteste la signature de l'OTAN dans leur exécution et constituent donc de facto un "casus belli" contre la Russie.

L'OTAN participe directement depuis avril à des attaques "ukrainiennes" contre les ressources et les forces russes, avec une probabilité croissante devenue aujourd'hui certitude. Quelle sera la réponse de la Russie sachant qu'elle a été déjà promise en cas de ce type de scénario. 

Moscou se doit de réagir vite et fort car sinon les discours forts du Kremlin sur la défense forte du sanctuaire national se dégonfleront comme des ballons de baudruche invitant les ukro-atlantistes à pousser toujours plus loin dans l'inadmissible leurs attaques provocatrices. 

Le temps des "opérations spéciales" est bel est bien terminé, celui de la guerre doit commencer !

Erwan Castel

samedi 2 juillet 2022

"Reculer pour mieux sauter"



En contrepoint de la déroute ukrainienne en cours à Lisichansk, les forces russes ont été contraintes de quitter l'ile au serpent, ce caillou au large d'Odessa dont l'influence sur le cours actuel du conflit est quasiment nulle mais qui depuis 4 mois est cependant au coeur du combat médiatique entre Kiev et Moscou.

Si la libération de Kherson réalisée début mars est incontestablement la première grande victoire stratégique des opérations militaires russes , en revanche, force est de constater qu'elles ont rencontré dans la région d'Odessa une résistance ukrainienne sensible qui leur a infligé 3 revers importants :
  • L'échec de la capture de Nikolaïev, ce verrou urbain contrôlant la route vers Odessa
  • La perte du croiseur-amiral Moskva qui assurait la couverture aérienne de la flotte russe
  • La retraite de la garnison de l'île au serpent qui contrôlait la circulation en rade d'Odessa
Ces derniers jours, malgré avoir repoussé par 3 fois des assauts aéro-amphibies ukrainiens sur l'île au serpent trop éloignée de la couverture venant de la base de Sébastopol, les forces russes ont été contraintes de l'abandonner suite à l'intensification des bombardements incessants subis depuis la côte ukrainienne.

Tandis que les propagandistes ukro-atlantistes mythifient cet épisode en victoire militaire majeure, leurs homologues russes et pro-russes quant à eux en minimisent l'impact sur les opérations en cours. 

La réalité, comme d'habitude, se situe entre les délires courtisans et il convient de définir les enjeux et menaces que représente pour chacun le contrôle de ce petit caillou maritime de seulement 20 hectares.



Une importance symbolique

Cette île au serpent qui est en quelque sorte la sentinelle maritime des côtes de la Novorossiya a été une première fois libérée par les russes après leur  guerre de reconquête contre les Turcs en 1787-1791 à l'époque de l'impératrice Catherine II qui fonda la Novorissiya ce qui développa considérablement cette région pontique des marches (Ukraïna) de l'Empire. Au lendemain de la guerre de Crimée menée par la thalassocratie britannique et ses laquais  pour bloquer la concurrence commerciale russe, l'île au serpent devient territoire roumain en 1856. Après la victoire de l'armée rouge sur les nazis et leurs alliés, cette êle est restituée à la Russie via la République Socialiste Soviétique d'Ukraine.

Lorsque les opérations militaires russes sont engagées en février pour démilitariser l'Ukraine et  mettre fin au conflit dans le Donbass, l'île au serpent est capturée par la flotte russe de la Mer Noire, sa garnison prétendument "massacrée" selon Kiev... jusqu'à ce qu'elle ressuscite quelques semaines plus tard crevant le ridicule d'un nouveau média-mensonge ukro-atlantiste.

Et depuis, cette sentinelle pélagique de 41 mètres d'altitude disputée entre les deux belligérants est au coeur de l'attention exacerbée des regards lorgnant cette région d'Odessa dernier accès ukro-atlantiste sur la Mer Noire (Ochakov plus à l'Est étant sous le feu de l'artillerie russe) et dernière étape pour Moscou réalise cette continuité territoriale novorossienne entre Donetsk et Tiraspol.

L'île au serpent et son phare russe - 1896

Une importance stratégique 

Ce caillou est stratégiquement très important par sa position de sentinelle maritime à la frontière avec la Roumanie (aujourd'hui pays de l'OTAN) et l'entrée de la baie d'Odessa. Un phare russe y avait été construit sous l'empire avec une première garnison et dès 1946 Moscou classe cette île dans la liste des sites militaires majeurs de la défense aérienne soviétique, qui y installera une station radar et des unités de défense anti aérienne et un avant poste des forces frontalières. 

Dans le cadre du conflit en cours, l'île au serpent est un site prioritaire pour 
  • contrôler le trafic maritime en baie d'Odessa, 
  • assurer la couverture radar et antiaérienne de la baie d'Odessa 
  • avoir un avant poste à 40 km de la frontière roumaine de l'OTAN 
Mais, depuis la perte du Moskva débridant les attaques aériennes ukrainiennes et la livraison par l'OTAN à l'Ukraine de missiles anti-navires britanniques "Harpoon" d'une portée de 280 km, menaçant la flotte russe en baie d'Odessa et ses ravitaillements vers l'île au serpent, y maintenir sa garnison devenait de plus en plus difficile ou au mieux de moins en moins rentable. C'est d'ailleurs probablement la destruction par missile "Harpoon" ce 17 juin 2022 du ravitailleur russe "Spasatel Vasily Bekh" qui a certainement motivé l'Etat-Major russe à quitter cette île qui de plus était sous le feu augmenté par les aides occidentales de l'artillerie côtière ukrainienne distante que de 35 km.

Mais l'île au serpent est aussi stratégique sur le plan économique car au début des années 1980, des prospections maritimes ont permis de mettre à jour d'importantes réserves d'hydrocarbures à moins de 40 km de l'île dont les nappes s'étendent jusqu'à son domaine maritime. Voilà pourquoi des plates-formes de forage russes de la société Chernomorneftegaz sont installés dans ce secteur de la Mer Noire qui depuis est contesté par la Roumanie qui lorgne sur ses ressources en pétrole et en gaz dont les tonnages estimés correspondent à 20 années de consommation énergétique. En  2009, la Cour internationale de justice des Nations Unies a tranché, donnant 80% de l'espace maritime contestée à la Roumanie et le reste avec la possession de l'île à l'Ukraine.

Fin juin, les plateformes de forages russes, malgré leur protection militaire et celle de l'île au serpent ont été attaquées à deux reprises par des missiles antinavires rasant ukrainiens, subissant selon les russes eux-mêmes "des dommages importants". Et aujourd'hui leur couverture déjà poreuse a sérieusement diminué avec le départ de la garnison de l'île, ce qui remet également en question le maintien de ces unités de production devenues des cibles militaires.


"Reculer pour mieux sauter" 

Concernant l'île au serpent, il est évident que la Russie n'a pas renoncé à son contrôle et que celui ci sera à nouveau reconquis lorsque l'offensive sur Odessa sera engagée. Mais pragmatiquement l'Etat Major n'a pas jugé rentable d'y subir une attrition de la part des forces ukrainiennes, qui de plus bénéficiaient des 100 % du renseignement militaire de l'OTAN opérant sur le littoral et dans le ciel roumain. 

Même si la plupart des attaques aéronavales, de missiles et de roquettes ukrainiennes étaient repoussées et détruites, celles utilisant des obus d'artillerie ou des missiles sol-mer rasants provoquaient des pertes et destructions qui à la longue pouvaient s'avérer importantes. Il était donc militairement logique de renoncer temporairement à ce caillou maritime, et s'adapter autrement aux menaces ukrainiennes dans la baie d'Odessa.

Et c'est maintenant au tour des forces aérospatiales russes de rendre la vie impossible à la nouvelle garnison ukrainienne de l'île qui subi depuis son arrivée d'intenses bombardements y compris au phosphore pour empêcher toute installation de missiles de l'OTAN, lesquels menaceraient directement le port militaire russe de Sébastopol.

Le sort de l'île au serpent se jouera à nouveau lors de l'offensive russe sur Nikolaïev qui probablement interviendra avant la fin de l'année, mais en attendant, il reste prioritaire pour Moscou, en Mer Noire et sur les autres fronts du conflit de régler radicalement le problème de la cobelligérance occidentale (armements, mercenariat et renseignement) ...

Obusier de 155mm ukrainien sur camion "Bohdana" mis en service fin 2021 et utilisé
 pour le première fois en mai 2022 sur le front, comme ici en train de tirer sur l'île au
Serpent. Ce canon que beaucoup confondent aujourd'hui avec le Caesar français
également engagé dans le conflit est un exemple de la normalisation occidentale
des forces ukrainiennes. Portée 50 km, tirant des obus auto propulsés de 155mm 


En conclusion 

Si les forces russes ont effectivement subi un revers sans défaite sur l'île au serpent et qui a été amplifié par l'incompétence de leur propagande à l'expliquer simplement, l'annonçant trop tardivement et dans une contradiction définissant hier le lieu comme stratégiquement vital et aujourd'hui comme insignifiant, je suis convaincu que ce navire naturel au large d'Odessa fera à nouveau parler de lui dans quelques mois, lorsque la bataille d'Odessa commencera.

Les forces ukrainiennes de leur côté, dont la propagande a oublié qu' "à vaincre sans péril on triomphe sans gloire" n'ont finalement reconquis pour le moment qu'un mythe propagandiste qu'il va leur falloir reconstruire et surtout défendre au prix cher s'il ne veulent pas l'abandonner à leur tour.

Mais ce nouvel épisode, même s'il est sans conséquence importante sur le cours des opérations, montre bien par les sensibilités et les susceptibilités qu'il provoque l'enjeu majeur d'Odessa dans ce conflit russo-atalantiste et dont l'île au serpent est la sentinelle maritime.

A suivre...

Erwan Castel



jeudi 2 juin 2022

La stratégie du quitte ou double

Alors que l'inexorable libération du Donbass par les forces russes et républicaines se poursuit avec notamment la bataille de Severodonetsk, le  régime ukro-atlantiste de Kiev, hypnotisé  par Washington et drogué par les aides militaires de l'OTAN poursuit sa fuite en avant suicidaire au profit d'une politique d'usure militaro-économique de la Russie et d'asservissement final des européens décidé par cette ploutocratie internationale amorale et vampirique.

Depuis 3 mois l'OTAN a engagé une accélération de la modernisation des forces armées ukrainiennes, commencée au lendemain du Maïdan et dans une volonté d'imposer aux forces russes une guerre d'attrition devant laquelle - si elle s'installe dans la durée - Moscou n'aura pas d'autre choix que d'abandonner encore des objectifs stratégiques ou d'y consacrer plus de forces et de moyens affaiblissant ainsi ses ressources militaires et son économie (surtout si l'intensité du conflit augmente jusqu'à une mobilisation même partielle.

En mai, l'Etat Major de Kiev, plutôt que de renforcer sensiblement son corps de bataille agonisant du Donbass a préféré structurer 3 nouveaux corps d'armée et les positionner dans les régions de Poltava au Nord, Krivoï Rog au Centre (à l'Ouest du Dniepr et Odessa au Sud. A l'Est, dans des batailles sacrificielles les forces ukrainiennes, qui ont bénéficié seulement de petits renforts d'unités, d'équipements et logistiques, ont pour mission de tenir le plus longtemps possible, fixant et usant sur ce front oriental la majorité des groupes bataillonnaires tactiques russes.

Explosion d'une cuve d'acide nitrique de l'usine chimique d'Azot le 31 mai 2022

Et dans les combats désespérés qu'elles mènent contre les forces alliées, les forces ukrainiennes dans le Donbass emploient toutes les pires méthodes criminelles existant dans les l'arsenal des psychopathes de l'Histoire : utilisation des civils comme bouclier humain, politique de la terre brûlée, bombardements des zones résidentielles, exécutions sommaires de prisonniers etc.

La dernière action criminelle ukrainienne en date, confiée comme d'habitude aux séides nationalistes des bataillons spéciaux néo-nazis, est la destruction d'une citerne d'acide nitrique de l'usine chimique d'Azot, un scénario terroriste que j'avais subodorer les 31 janvier et 16 mai derniers et qui malheureusement s'est réalisé (une première fois avec une plus petite cuve à détruite 10 km plus au Nord, à Roubijnoe) :

Destruction à Severodonetsk d'une cuve d'acide 
nitrique de l'usine "Azot" par les nationalistes 
ukrainiens avant leur retraite totale de la ville.

Nul doute que les chiens de garde de la propagande russophobe occidentale vont sauter sur l'occasion pour, dans une inversion accusatoire coutumière, accuser Poutine d'avoir allumé la mèche de ce sabotage criminel, quant aux psychopathes des bataillons spéciaux peu leur importe, dans ce type d'action terroriste, de tuer des civils et même des soldats ukrainiens car leur fanatisme est devenu depuis longtemps une folie meurtrière suicidaire.

En 2015, un nationaliste ukrainien déclarait publiquement
concernant le Donbass que "c'est une région surpeuplée de
personnes inutiles" comme par exemple dans la région de 
Donetsk ou "sur les 4 millions d'habitants, 1.5 sont superflus"
et de rajouter glacial: "nous n'avons pas besoin de comprendre 
le Donbass qui doit-être exploité comme la ressource qu'il est
Je ne prétends pas avoir de solution rapide mais la chose la plus
importante que nous devons faire, aussi cruel que cela puisse
être à entendre, c'est qu' IL Y A UNE CERTAINE CATEGORIE DE
PERSONNES QUI DOUVENT ETRE EXTERMINEES" !!!

Voilà donc un remarquable concentré paroxysmique des pensées nationalistes communautaro-centrées et capitalistes colonialistes fusionnées au stade final et intégriste de leurs évolutions idéologiques. Et depuis 7 ans, cette mentalité s'est répandue comme un virus dans toute l'Ukraine avec l'absolution intéressée des pays occidentaux... Mais, certains continueront à prétendre, malgré cette psychopathie bandériste factuelle, mise au pouvoir à Kiev par Washington, que "il n'y a pas de nazi en Ukraine"...

La vraie question est de savoir s'il ne sera pas souhaitable pour les peuples que de poursuivre la dénazification de Kiev.... jusqu'à Washington !


La situation sur le front de Kherson

Pour répondre à correspondants m'interrogeant sur les nouvelles opérations militaires ukrainiennes apparues sur le front de Kherson, je vais donner maintenant un point de situation provisoire :

En appliquant au mieux la stratégie étasunienne contre la Russie et servir sa propagande de guerre, l'Etat major ukrainien a lancé le 27 mai sur le front Sud un série de contre-offensives en direction de Kherson, la première grande ville contrôlée par les forces russes (le 2 mars) et capitale de la région éponyme située au Nord de la Crimée.

Carte du secteur de Kherson au 1er juin 2022

Après avoir percé la rivière Innoulets sur laquelle s'est accrochée la ligne de front au Nord de ce secteur, les forces ukrainiennes ont réussi a avancer de quelques kilomètres avant de subir d'importants tirs de barrage et contre attaques des forces de la 49ème armée russe.

Au 1er juin les combats et bombardements violents se poursuivaient pour le contrôle de petits villages. 

Ces opérations militaires ukrainiennes au Nord du Dniepr dans cette région de Kherson ont plusieurs objectifs dont beaucoup sont utopiques:
  • Repousser les forces russes sur la rive gauche du Dniepr,
  • Ecarter les menaces russes dans les directions de Nikolaïev et Krivoï Rog,
  • Reprendre Kherson qui représente un objectif majeur militaire, économique et politique,
  • Faire une diversion médiatique pour tenter de cacher la défaite de Severodonetsk,
  • Obliger l'Etat Major russe à transférer vers Kherson des unités du front du Donbass.
C'est pourrait-on résumer une fuite en avant désespérée de Kiev dans une double "stratégie du quitte ou double" qui cherche :

1 / pour les forces armées ukrainiennes, à retarder au maximum leur défaite en réactivant les autres secteurs que celui du Donbass où elles subissent le rythme et les victoires russo-républicaines, 

2 / pour les forces russes, en les provoquant pour une augmentation de leur engagement en Ukraine, espérant que cela impacte leur économie et leur stabilité sociale fédérales à un niveau insupportable

Le seul objectif que va atteindre le gouvernorat de l'OTAN en Ukraine, dans cette stratégie illusoire recherchant naïvement à ne concéder à Moscou que des "victoires à la Pyrrhus", c'est l'anéantissement à terme de l'armée ukrainienne, le sacrifice de sa jeunesse, la l'effondrement finale de son économie et la désintégration définitive de ce pays sacrifié pour le beaux yeux de l'OTAN et de l'UE dans lesquelles il ne sera jamais intégré...

Il ne reste plus aux ukro-atlantistes que de fantasmer sur une victoire militaire de Kiev, contre Moscou grâce au dopage des aides de l'OTAN. Ceci relève tout simplement d'une stupidité suicidaire car par exemple, la prise de Kherson par les forces de Kiev disponibles sur ce front Sud est tout simplement impossible car elles doivent maintenir prioritairement autour de Nikolaïev, Odessa et Krivoï Rog des forces de défense importantes et cette ville de Kherson est aujourd'hui solidement défendue au sol par les 22e Corps d'Armée mécanisé et 7 division parachutistes russes qui disposent de la couverture aérienne des forces aérospatiales de la proche Crimée.

Même si les unités ukrainiennes ont obtenu pendant 4 jours quelques succès tactiques réels elles sont aujourd'hui stoppées par les forces russes qui leur ont infligé de lourdes pertes et surtout par l'absence de forces de réserves qui leur permettrait de faire un roulement offensif.

Voici sur le secteur principal des attaques ukrainiennes menées au Nord du Dniepr
(près de David Brod) l'état d'avancement des unités de la 80e brigade ukrainiennes
et qui aujourd'hui bloquées par les tirs et contre-attaques russes: moins de 10 km.

Et l'hémorragie des armées ukrainiennes continue et même est admise par le président Zelensky lui même qui reconnaissait ce 1er juin que 60 à 100 soldats ukrainiens sont tués quotidiennement sur le front, ce qui signifie entre 250 et 350 blessés supplémentaires, soit minimum un bataillon par jour! (sans compter les pertes matérielles).

Car sur ce front de Kherson que les propagandistes occidentaux présentent comme à l'avantage de Kiev, les forces russes ont non seulement absorbé les attaques ukrainiennes pour mieux les écraser ensuite dans les saillants tactiques réalisés, mais poursuivent leurs bombardements dans la profondeurs de leur dispositif, dans les directions de Nikolaïev et Krivoï Rog et jusqu'à Ochakov, un port militaire ukrainien qui est aussi une base organisée par l'OTAN où des nouvelles frappes russes ont détruit 2 patrouilleurs défendant la côte d'Odessa.

Sur l'un de leurs axes d'attaque, les forces
ukrainiennes subissent par centaines des
pertes exponentielles, abandonnant sur le
terrain les corps de leurs soldats tués par
les tirs de barrage de l'artillerie russe.

Il est encore trop tôt pour conclure l'analyse des opérations en cours dans ce secteur de Kherson car il est possible que l'Etat Major ukrainien décide d'y injecter des unités supplémentaires prélevées par exemple dans le corps d'armée récemment constitué et déployé au centre du pays, dans le secteur de Krivoï Rog (contrairement à celui du Sud, qui est fixé autour des défenses prioritaires de Nikolaïev et Odessa comme la 5e division blindée par exemple)

Les éléments militaires qui ont incité Kiev à tenter des offensives dans ce secteur de Kherson sont principalement :
  • La présence d'un dispositif russe limité et statique depuis la priorité donné au front du Donbass,
Sur cette infographie des réseaux téléphoniques portables avec indicatifs russes
(ce qui correspond principalement aux soldats russes) on peut confirmer les
concentrations militaires russes en Ukraine, principalement sur le front Nord du
Donbass, avec des déploiements plus faiblesau Sud, sur le front  de Kherson.
  • L'arrivée sur ce front Sud d'armes de l'OTAN et la reconstitution de nouvelles unités ukrainiennes,
A côté des obusiers de 155mm étasuniens M777 et M109 
"Palasin" des 155mm français, polonais, allemands et autres 
systèmes d'armes de l'OTAN déjà en action sur le front, des 
Lances Roquettes Multiples étasuniens et britanniques doivent
prochainement arriver sur le front pour faire croire au miracle.

Sur les 3 axes d'attaques choisi par Kiev c'est sur celui du centre que ce sont portés les principaux efforts confiés à la 80e Brigade ukrainienne d'assaut par air qui a réussi à atteindre la localité de David Brod qui contrôle la voie la plus rapide d'approvisionnement logistique russe, mais qui n'a pas pu prolonger sa percée vers le Sud.

Sur le front Sud, les forces russes exécutent des 
tactiques "de freinage" qui consiste à absorber une
attaque en reculant et lui offrant des faiblesses où
naturellement vont s'orienter ses efforts jusqu'à être
dirigés vers un polygone de tir des unités d'artillerie.



Vraisemblablement, le même scénario que celui observé sur le front au Nord de Kharkov va se dérouler sur ce front Sud : des incursions limitées dans le temps et l'espace d'unités ukrainiennes qui, a défaut de pouvoir donner une dimension stratégique à leurs assauts, alimentent quelques jours les fantasmes de la propagande ukro-atlantises 

Erwan Castel


samedi 16 avril 2022

Quand l'implication de l'OTAN devient engagement direct

Le croiseur lance-missiles russe "Moskva" a t-il été la cible d'une attaque ? 

Depuis la chute de l'Union soviétique les services étasuniens n'ont eu de cesse de mener une stratégie de préemption des pays de l'Est européen jusqu'au frontière de la Russie : ONG subversive, révolutions colorées, coups d'Etat... pour faire progresser l'OTAN jusqu'aux frontières occidentales russes.

Cette organisation militaire "défensive" occidentale, aux ordres de Washington s'est métamorphosée depuis 30 ans en fer de lance militaro-politique de l'hégémonie mondialiste en Europe et même au delà, déclinant des alliances hypocrites pour factuellement occuper et diriger des pays étrangers: pays membre de l'OTAN mais aussi pays "partenaire pour la paix", partenaire, partenaire renforcé etc.

Concernant ce qui a abouti à l'explosion du volcan pontique: 

En 2006, L'OTAN déclare que les pays baltes, la Géorgie et l'Ukraine intégreront l'alliance,
En 2007, Vladimir Poutine déclare inacceptables des bases étasuniennes à ses frontières,
En 2008, Au sommet de Bucarest le président US Bush déclare que Kiev intégrera l'OTAN,
En 2008, Première riposte militaire russe contre l'attaque géorgienne en Abkhazie et Ossétie,
En 2014, Coup d'Etat atlantiste à Kiev, retour référendaire de la Crimée, guerre du Donbass,
En 2022, Opérations militaires russes pour démilitariser l'Ukraine et libérer la Novorossiya.

Depuis 8 ans et malgré les avertissements répétés du Kremlin, l'OTAN n'a cessé de s'installer en Ukraine comme en terrain conquis: conseillers politiques et militaires, instructeurs, observateurs, organisant des exercices interalliés tout au long de l'année dans le pays et en Mer Noire, une normalisation occidentale des organigrammes, des procédures et matériels ukrainiens jusqu'à commander directement des bases comme celles de Yarovov et certainement aussi celle d'Ochakov.


De l'implication de l'OTAN en Ukraine
à son engagement dans le conflit


1 / La logistique militaire

Les aides militaires de l'OTAN à l'Ukraine ne cessent d'augmenter de façon exponentielle, comme l'illustre ce pont aérien logistique de 10 à 12 avions cargos débarquant environ 1000 tonnes d'armes et munitions chaque jour sur la base polonaise de Rzeszow près des frontières avec l'Ukraine, auquel il faut rajouter les convois terrestres ferroviaires et routiers qui tentent de compenser les destructions réalisées par les forces aérospatiales russes en transférant aux forces de Kiev les héritages soviétiques des arsenaux des pays de l'Est (chars T72, véhicules blindés BMP, missiles sol-air S300, obusiers D20, D30...).

Mais le plus significatif sont les aides étasuniennes, qui semblent vouloir transférer vers l'Ukraine le budget qui était consacré à l'Afghanistan pour le plus grand bonheur de l'industrie de l'armement qui est de très loin le premier lobbying aux USA.  

En effet qu'observe t-on ?: 

Un budget militaire étasunien qui a atteint le record stratosphérique de plus de 700 milliards de dollars avec des opérations militaires en Afghanistan qui croquaient (accrochez vous!) 500 millions par jour ! 
Or malgré le départ de l'Afghanistan, sous la coupe d'un complexe militaro-industriel  absolutiste qui est le pouvoir profond des USA et refusant d'être amputé de 180 milliards, le budget de la Défense n'a pas diminué d'un cent. 
Il faut bien maintenant justifier de telles dépenses, surtout en ces temps de crise économique globale... et les capitaines d'industrie de chanter : "Slavia Ukraïna !" jusqu'au géant français de l'armement Thales dont les actions ont progressé depuis le 24 février.... de 45 % !.


Une nouvelle preuve que le conflit russo-ukrainien, provoqué par cet obstination criminelle de l'OTAN à vouloir faire de l'Ukraine un état militaire russophobe, est bien plus un enjeu financier qu'idéologique, surtout pour une ploutocratie qui n'a pas réussi à redémarrer son système économique avec l'instrumentalisation de la psychose organisée autour de la pandémie Covid.

Cette semaine le président étasunien Biden a débloqué ainsi une nouvelle aide de 800 millions de dollars aux forces armées ukrainiennes qui recevront ces prochains jours entre autres matériels :
  • 300 drones kamikazes "Switchblade" 300 et 600 (un 1er lot précédent de 100 drones),
  • 18 obusiers tracté de 155 mm et 40.000 obus,
  • 11 MI 17, hélicoptères de transport récupérés dans le parc aérien soviétique afghan,
  • 200 véhicules de transport de troupes M113,
  • 100 véhicules légers Humvee, pour équiper des groupes antichars mobiles,
  • 500 missiles antichar Javelin (78000 dollars l'unité !) en plus des 2600 livrés depuis 1 an,
  • 10 radars de contre-batterie AN/TPQ-36 pour géolocaliser les positions d'artillerie,
  • 10 radars courte portée AN/MPQ-64 pour détecter les aéronefs dans un rayon de 40km,
  • 2000 optiques à télémétrie laser pour les snipers 
  • des drones de défense côtière, des mines antipersonnelles, des explosifs, gilets...
Précédente livraison de missiles antichar 
"Javelin" étasuniens, le 11 avril 2022

Et à ces aides matérielles il faut rajouter les renforts humains officiels, et officieux, ces derniers étant réalisés sous le couvert de société militaires privées ou de bataillons de volontaires ukrainiens où des agents de l'OTAN (officiellement "mis en disponibilité temporaire") encadrent les unités ukrainiennes et font du renseignement à leur profit, voire combattent à leurs côtés. Il y a aussi des mercenaires venant des pays de l'OTAN venus rejoindre les néo-nazis ukrainiens par idéologie, intérêt et stupidité. Entre 100 et 200 dans Marioupol et plusieurs milliers ailleurs comme à Zaporodje où 2000 "volontaires" occidentaux viendraient d'arriver.

Combattant étasunien tué dans les combats de
Marioupol par les forces spéciales tchétchènes

Et les occidentaux, dans une nouvelle provocation arrogante viennent d'annoncer officiellement le "retour" de leurs instructeurs militaires en Ukraine, mais qui selon moi avaient été maintenus en partie dans les grandes bases de l'OTAN sous drapeau ukrainien comme Yarovov, Ochakov et même jusqu'à Marioupol assiégé où des officiers de liaison occidentaux ont été repérés.



2 / Le renseignement militaire

Mais le plus important pour la conduite des opérations militaires ukrainiennes reste sans conteste l'appui opérationnel de l'OTAN dans le domaine du renseignement militaire. Les ressources stratégiques de renseignement sont depuis des années présentes en mer Noire et surtout dans le ciel et l'espace au dessus de la ligne de front du Donbass et des frontières russes limitrophes : Satellites "Sentinel" 1 et 2, Maxar, drones stratégiques RQ4 "Global Hawk", avions de reconnaissance RC-135W "Rivet Joint", P-8A "Poseidon", C-130J "Super Hercule", CL 600 "ARTEMIS" etc...

Un des fleurons du renseignement stratégique de l'OTAN l'avion de reconnaissance
"ARTEMIS" (Airborne Reconnaissance and Target Exploitation Multi-Mission System)
capable d'effectuer de la collecte électronique mais aussi des missions offensives en
neutralisant les systèmes radars et de contre mesures ou en guidant les missiles tirés

Ces ressources du renseignement militaire de l'OTAN dont un responsable du Pentagone a admis officiellement que des informations collectées sont transmises à l'Etat-Major ukrainien sont déjà sur cette ligne rouge très poreuse séparant l'implication logistique industrielle de l'engagement militaire opérationnel, ce qui constituerait un "casus belli" flagrant pour Moscou, car rappelons le l'Ukraine n'est pas officiellement un pays membre de l'alliance atlantique.

Depuis la première escalade militaire russo-ukrainienne autour du Donbass au printemps 2021, les avions et drones de renseignement électronique de l'OTAN sont quasiment H24 en train de fouiller les moindres recoins du front et des régions limitrophes russes, et depuis l'explosion du conflit en guerre entre Kiev et Moscou, ces activités opérationnelles menées par les USA, la GrandeBretagne, la France, le Canada etc, tout en se retirant de l'espace aérien ukrainien, se sont encore intensifiées sur les frontières orientales de l'OTAN et en Mer Noire.

Et quand l'escalade de l'OTAN en Ukraine nous conduit jusqu'à la perte du "Moskva"

3 / Une ligne rouge probablement franchie ce 13 avril

Ce mercredi 13 avril sera un jour sombre pour la marine de guerre russe car son croiseur "Moskva" qui n'est autre que le navire-amiral de sa flotte de la Mer Noire a sombré en mer suite à une attaque de missiles.

Cette perte d'un nouveau navire (après le navire de débarquement à Berdyansk) est pour Moscou un revers militaire mais aussi symbolique important touchant au delà du naufrage la fierté de l'armée russe jusque dans le nom du bâtiment ("Moscou"), et il est probable que nous observions une radicalisation des attaques russes, laquelle confirmera que le "Moskva" a bien subi une attaque ukrainienne.

La version ukraino-ukrainienne de la destruction du "Moskva" telle que contée 
par les médias britanniques (tiens tiens !) dès le lendemain de son naufrage.

Deux versions ont été avancées concernant ce revers important pour les forces russes :
  • Dans une communication simpliste, les russes ont d'abord déclaré une avarie suite à l'explosion accidentelle d'une soute à munitions, version qui sombre définitivement avec le croiseur car cela fait des siècles que les marins, dispersent et cloisonnent leurs armureries et cuves inflammables pour justement éviter qu'un accident soit fatal aux bâtiments. Mais pourquoi pas (même si je n'y crois pas)
  • Les ukrainiens quant à eux revendiquent la destruction du navire-amiral russe, précisant qu'il a été touché par 2 missiles "Neptune" de fabrication ukrainienne, tirés depuis la côte. Une version qui dans le contexte du conflit en cours et surtout des aides militaires occidentales apparait plus plausible mais qui toutefois posent plusieurs questions quand à la réussite d'une telle attaque:
1 / Le missile "Neptune" est-il en mesure de passer les systèmes de détection et de défense d'un croiseur certes vieux mais qui avait été modernisé dans ce domaine ? Si oui pourquoi les forces ukrainiennes ne l'ont pas utilisé avant lorsque ce navire était au large d'Odessa ?

2 / Comment et avec quelle ressource de renseignement les forces ukrainiennes ont pu géolocaliser en temps réel la position du navire et son environnement naval le plus propice à cette attaque (au moment des tirs le "Moskva était loin des autres bâtiments de sa flotte) ?

3 / Si effectivement des drones Bayraktar TB2 ukrainiens ont détourné la défense antimissile du navire dans une diversion? alors pourquoi aucun d'entre eux n'a été abattu et pourquoi aucune image de leurs caméras de bord n'a montré l'impact des missiles sur le croiseur ? 

 

Hypothèse 1 : 

Depuis le 25 mars dernier les occidentaux évoquent la livraison de missiles anti-navires dernière génération à l'Ukraine et cette promesse a été renouvelé par Boris Jonhson lors de sa visite à Kiev le 9 avril 2022, laquelle a été immédiatement suivie de plusieurs livraisons par avions cargos d'aides militaires britanniques à l'Ukraine via des bases aériennes polonaises et roumaines frontalières. Là encore pourquoi, si les missiles "Neptune" sont si efficaces étaient-il si urgent et important de livrer à l'Ukraine d'autres missiles anti-navires (sachant que l'usine fabriquant le "Neptune" était alors encore opérationnelle) ? 

On peut donc imaginer que des missiles anti navires britanniques dernière génération capables de déjouer les systèmes de défense du "Moskva" ont été immédiatement utilisés, ce qui pose une nouvelle essentielle : qui étaient alors leurs tireurs ? car il est impossible que des ukrainiens aient pu être formés jusqu'à être opérationnels en si peu de temps. La réponse est évidement simple et claire.


Hypothèse 2 :

Admettons que la chance ait été du côté des ukrainiens et que leur conte propagandiste de 2 tirs réussis de missiles "Neptune" soit la réalité, cela n'explique pas comment leur Etat major a pu suivre heure par heure depuis des jours et probablement des semaines les manœuvres du navire-amiral de la flotte de la Mer Noire jusqu'à ce moment opportun mais éphémère où, éloigné des autres bâtiments, ses systèmes de défense se retrouvaient isolés ?

Et c'est là qu'interviennent les avions de reconnaissance de l'OTAN, dont la présence au dessus de la Mer Noire au même moment est confirmée et qui seuls sont en mesure de fournir en temps réel H24 à l'Etat-major ukrainien la géolocalisation des unités navales russes. Ceci est une certitude confirmée même par les américains.

De plus, dans le cas précis de cette attaque où "miraculeusement" 100 % des missiles atteignent les sections sensibles ciblées du navires, on ne doit pas oublier la capacité de certains avions de reconnaissance de l'OTAN de brouiller les systèmes de détection et défense ennemis.


Si le Kremlin n'a que très peu communiqué sur la perte de son croiseur c'est aussi parce que l'enquête minutieuse qui explore sans nul doute la participation possible, passive ou active, de l'OTAN est en cours et que la réaction politique et militaire russe, si cet engagement offensif  occidental venait a être prouvé sera à la mesure de sa gravité.


Et d'autres questions s'imposent autour de cette perte du "Moskva"...

  • Pourquoi un tel bâtiment de surface était t-il isolé dans une portée de tir ennemie ?
  • Pourquoi l'usine d'armement produisant le Neptune n'était pas encore détruite ?
  • Pourquoi les avions et satellites de l'OTAN renseignant Kiev ne sont-ils pas neutralisés ?
  • Pourquoi les convois d'approvisionnement venant en Ukraine ne sont-ils pas détruits ?
  • Pourquoi la communication officielle russe persiste t-elle a être toujours aussi désuète ?
Une guerre, quelle soit explicitement nommée ou non, doit être totale et sans retenue ni négociation avant une victoire acquise.

Conclusion 

Concernant la perte du Moskva on voit bien qu'il y a plus de questions que de réponses et que certaines d'entre elles ne remonteront à la surface que tardivement.

Cependant il y a une certitude qui est une menace aggravée pour la paix en Europe et dans le Monde: c'est que l'OTAN poursuit obstinément son occupation militaire en Ukraine, allant inexorablement de l'implication logistique à l'engagement opérationnel dans un conflit ouvert qui pour la Russie représente un enjeu existentiel. 

Cette stratégie étasunienne relève tout simplement de la folie suicidaire mais d'abord pour les européens bien plus que pour Washington.

Erwan Castel



mardi 28 décembre 2021

Les vautours de l'OTAN


"Je n'exclus pas que Kiev cherche à provoquer une petite
guerre dans le Donbass pour que les USA puissent blâmer
la Russie et déclencher contre elle de nouvelles sanctions"

Sergeï Lavrov, ministre russe des Affaires Etrangères 26 décembre 2021

Dans le ciel du Donbass occupé par les forces ukrainiennes, la trace d'un vautour longeant le front 

Comme une réponse arrogante et méprisante à la demande russe de ne pas voir les l'OTAN arriver en Ukraine, l'US Air Force a réalisé pour la seule journée du 27 décembre 2021 pas moins de 2 missions aériennes de reconnaissance électronique le long de la ligne de front du Donbass :

  • Le matin tout d'abord, c'est un Boeing RC 135 V "Rivet Joint" immatriculation 63-9792 indicatif "Homer 19" qui a effectué une nouvelle mission le long du front du Donbass, en restant au dessus du territoire occupé par les forces ukrainiennes.
  • En après midi, rejoignant la zone de travail du "Rivet Joint" précédent, c'est un Boeing E8C "Joint Stars" immatriculation 01-2005 en provenance de la base de Ramstein que l'US Air Force envoie le long de la ligne de front du Donbass.
Cartographie des 2 vols du 27/12/21  des "Rivet Joint et "Joint Stars" de l'US Air Force

Il faut ici relever la différence sensible d'utilisation prévue entre le "Rivet Joint" et le "Rivet Stars" : 

Le Boieng E-8C "Joint Stars" ("stars" pour Surveillance Target Attack Radar System) est en effet équipé de systèmes de recherche électronique et d'acquisition de cibles, MAIS surtout de soutenir des actions offensives dirigées contre elles. Ce système aérien de l'US Air Force à été récemment utilisé en soutien de bombardements de Lattaquié en Syrie par  l'aviation israélienne, neutralisant pendant l'attaque le système de détection de la base russe de Hneimin.

On peut donc raisonnablement imaginer un soutien aérien identique pour une offensive ukrainienne et dont les 2 premiers vols de "Joint stars" repérés ces,derniers jours le long de la ligne de front sont une reconnaissance.

Du côté de la Mer Noire ou des frontières russes jusqu'à la mer Baltique ce sont des mêmes vautours de l'OTAN qui se relaient H24 pour espionner les territoires frontaliers russes, gardant leur IFF allumé pour être mieux provocateurs et à l'abri de leurs propres systèmes antiaériens. 

28 décembre 2021 Vol d'observation d'un autre RC 135 V "Rivet Joint" de l'US Air Force

Si ces cartographies tirées des suivis des radars de l'aviation civile sont déjà assez éloquentes pour illustrer l'ingérence des ressources du renseignement militaire étasunien dans le conflit du Donbass et en Crimée, en revanche lorsqu'on s'intéresse, en plus des caps suivis par les pilotes, aux portées des appareils de guerre électronique embarqués, on comprend mieux les griefs du Kremlin à ne pas vouloir voir s'installer l'OTAN à ses frontières :

Portée des armes électroniques embarquées par les avions de l'US Air Force au dessus du
Donbass. On voit bien ici que les zones traitées vont largement à l'intérieur du territoire russe.

Dans le même état d'esprit belliciste, le président étasunien Biden vient d'approuver pour le budget 2022 l'augmentation de "l'aide à la sécurité de l'Ukraine" à 300 millions de dollars, soit 50 millions qu'en 2021. Dans cette aide américaine (à laquelle il faut rajouter celles des autres pays de l'OTAN, 75 millions seront consacrés à la livraison d'armes létales (qui rappelons le pour les manichéistes trumpinolâtres avait été autorisée par Donald, son prédécesseur à la Maison Blanche).


Dans les tranchées du front

Une accalmie très relative règne sur le front, encouragée par le froid et la neige, la trêve des confiseurs et peut-être aussi ce nouveau duel diplomatique entre Moscou et Washington qui doit achever son théâtre aux environs du 10 janvier si russes et étasuniens se rencontrent comme proposé autour de les questions de sécurité collective et de l'avancée de l'OTAN vers la Russie.

Ce 27 décembre on note cependant par exemple:
  • 15h15, bombardement ukrainien du village d'Aleksandrovka (Ouest Donetsk) depuis Marinka. 5 obus SPG (canon sans recul de 73mm) tirés.
Chaque jour les forces ukrainiennes continuent donc leurs provocations meurtrières contre les défenseurs et les civils des républiques de Donetsk et Lugansk.

Comme ici lors des premières neiges de décembre, tir ukrainien sur un
soldat de la 100ème brigade sur Staromihaïlovka (Ouest de Donetsk).

Du côté de la Russie

Suite à l'idée étasunienne de réaliser le 12 janvier une rencontre entre Moscou et Washington pour discuter des propositions russes de sécurité collective, le Kremlin a répodu favorablemen en avançant la date du 10 janvier et en précisant : 
  • "Qu'il n'y aura pas de plan B aux propositions russes"
  • "Si les garanties demandées par le Kremlin (arrêt de l'élargissement des membres et alliés de l'OTAN vers l'Est) sont refusés par la Maison Blanche, la réponse russe sera désormais confiée aux experts militaires" 
Aux abords des frontières ukrainiennes :

L'Etat Major russe continue de transférer des unités et du matériel de défense pour parer à toute attaque de Kiev dans la région

Région de Briansk, transfert vers les frontières occidentales de systèmes de missiles 
antiaériens Buk-M1 à la région de Briansk Ici sur la base du camion KrAZ-255 B, 
des véhicules de transport 9T229 acheminent, probablement vers la nouvelle base 
de Klimovo, les missiles antiaériens 8 missiles ou 6? si conditionnés en conteneurs.

Géolocalisation du convoi de BUK 1

Comme l'ont fait remarqué plusieurs responsables et analystes politiques, la situation sur le front du Donbass est d'autant plus alarmante que nous pouvons observer actuellement une accalmie qui ne correspond pas ni à l'exacerbation des échanges diplomatiques ni aux préparatifs d'offensifs qui continuent a être notifiés du côté des forces ukrainiennes. Et nombreux sont ceux qui font référence aux précédent conflit régional russo-géorgien, où là aussi, avant l'offensive géorgienne de 2008 sur les républiques abkhaze et ossète une accalmie et des négociations avaient été simulées.

Erwan Castel