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mardi 22 février 2022

Jour J+1, Réactions

"La reconnaissance de la LPR et de la DPR se fera à l'intérieur 
des frontières des régions de Donetsk et Louhansk". 

Chef du Comité de la Douma d'Etat Leonid Kalachnikov.

Dans la nuit du 21 au 22 février 2022, quelques minutes après la reconnaissance des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk par la Fédération de Russie, les réactions fusent de partout, liesse donbassienne, colère ukrainienne, crispation occidentale, excitation étasunienne, satisfaction russe ...

Les ukro-atlantistes, en jouant avec cette mentalité russe qui refuse coûte que coûte d'abandonner ses populations en danger, ont forcé Moscou par une violente escalade militaire a étendre sa protection militaire directement sur le territoire du Donbass. 

Nous entrons  depuis hier soir dans une nouvelle phase de la crise ukrainienne dont les tensions régionales et internationales ne risquent pas de diminuer, bien au contraire.


Un accord pour 10 ans a été immédiatement signé entre les républiques du Donbass et la Fédération de Russie :

• Défense conjointe. 

• Protection conjointe des frontières des républiques du Donbass. 

• Le droit des parties d'utiliser l'infrastructure militaire et les bases militaires sur le territoire de l'autre. 

• Reconnaissance des documents délivrés par les organismes gouvernementaux les uns des autres. 

• La Russie prendra des mesures pour soutenir les systèmes financiers et bancaires de la RPD et de la RPL, sur la base du fait que le moyen de paiement y est le rouble russe.


Dans le Donbass

Au centre ville de Donetsk quelques minutes 
après que la Russie ait reconnu officiellement
les Républiques de Donetsk et Lugansk.

Rallye automobile à Lugansk pour fêter la reconnaissance
le soir du 21 février 2022 quelques minutes après l'allocution
du Président Russe Vladimir Poutine.

Peu après minuit des premières unités russes entrent dans
les Républiques de Donetsk et Lugansk pour prévenir une
une réaction militaire ukrainienne violente à le reconnaissance
des républiques populaires de Donetsk et Lugansk.

Le 22 février matin les républiques de Donetsk et Lugansk ont ratifié Traité d'amitié et de coopération avec la Fédération de Russie Décision soutenue à l'unanimité des 2 parlements.

Parlement de la DNR, matin du 22 février 2022
Parlement de la LNR matin du 22 février 2022

A / Au sujet de l'engagement des forces russes dans le Donbass:

  1. Le président russe Poutine a suggéré que le Conseil de la Fédération de Russie donne son accord pour l'utilisation des forces armées russes à l'extérieur du pays en relation avec la situation en RPD et en RPL.
  2. Le Conseil de la Fédération a autorisé l'utilisation de l'armée dans le Donbass
Valentina Matvienko, Présidente du 
Conseil de la Fédération de Russie

B / Au sujet de la définition des frontières des Républiques Populaires:


Le président russe Poutine a clarifié une question qui taraudait les commentateurs : dans l'acte de reconnaissance des républiques de Donetsk et Lugansk, 
quelles sont les frontières définies ?

La réponse est simple : si la Russie reconnait les républiques, donc elle reconnait aussi leurs constitutions qui définissent leurs territoires à ceux des anciens oblasts (régions administratives) dont elles sont issues.
  • "Nous les avons reconnues, ce qui signifie que nous avons reconnu tous les documents fondamentaux, y compris la Constitution, et la Constitution a défini les frontières dans les régions de Donetsk et de Lougansk au moment où ils étaient en Ukraine."

Pour rappel, feu les accords de Minsk définissaient aussi les frontières des entité séparatistes à celes des oblasts de Donetsk et Lugansk.

Pour la République de Donetsk, en blanc le territoire occupé par Kiev.


En Ukraine

La session du Conseil de Sécurité de l'Ukraine réuni en urgence a été ajournée pour une durée indéterminée, a déclaré un porte-parole de Zelensky.

Le président ukrainien attend les ordres de Biden 

A Kiev des véhicules blindés prennent la direction de Kharkov

A l'international

Sur le plan international, l'onde de choc provoquée par la reconnaissance russe des républiques du Donbass n'est pas surprenante tant les dogmatismes idéologiques des occidentaux et leur russophobie 

Réactions à la reconnaissances des RPD/L 

Du côté de la meute qui a oublié les événements récents en Ukraine dans le Donbass ou leur propre comportement occidental au Kosovo ou en Lybie par exemple: 

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken sur Twitter :
"La décision de la Russie de reconnaître "l'indépendance" 
de soi-disant républiques contrôlées par ses propres mandataires 
est un acte prévisible et honteux. Nous les condamnons dans les 
termes les plus forts possibles et soutenons l'Ukraine, comme je 
l'ai dit ce soir au ministre des Affaires étrangères Dmytro Kuleba."

  • OTAN: le Secrétaire général la condamne et déclare cela sape les efforts visant à résoudre la situation en Ukraine
  • Grande Bretagne: Le premier ministre l'a qualifié de violation du droit international. 
  • Danemark: Le ministre  des Affaires étrangères a qualifié la décision d'hostile et a appelé à la fin de la violation du droit international. 
  • Union Européenne: l'a qualifié de violation du droit international, a promis de réagir fermement et de répondre à la Fédération de Russie par des sanctions. 
  • USA : l'attendaient et sont prêts à y répondre immédiatement. 
  • Lettonie: Le président a promis d'initier une résolution selon laquelle elle ne sera jamais reconnue. 
  • Pologne: Le Premier ministre a appelé à une réunion urgente du sommet de l'UE et à l'imposition de sanctions contre la Russie. 
  • Serbie: cette décision sur le Donbass changeait complètement l'ordre mondial. Le secrétaire général de l'OTAN . 
  • Italie: Le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu'elle est contraire aux accords de Minsk et empêche la résolution de la crise par la diplomatie. 
  • Géorgie:  Le président géorgien a condamné la décision du président russe de reconnaître la RPD et la RPL et l'a qualifiée de répétition du scénario de 2008. 
  • Moldavie: Le président moldave a condamné la reconnaissance par la Russie de la RPL et de la RPD. 
  • Allemagne: Le ministère des Affaires étrangères appelle la Russie à annuler la décision de reconnaître la DNR et la LNR. 
  • Belgique:  Le ministère des Affaires étrangères a condamné la reconnaissance par la Russie de la DNR et de la LNR 
  • France: Le président a appelé à des sanctions contre la Russie en raison de sa reconnaissance de la DNR et de la LNR 
  • Bulgarie: Le Premier ministre  a condamné la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de la DNR et de la LNR,
 Du côté des pays "non alignés"

"Je pense que cette décision sauvera sans aucun doute des vies et empêchera beaucoup de violences. Selon notre analyse, cette décision vise à sauver la vie des gens" "Cette décision est soutenue par beaucoup car elle vise à éviter la violence et la perte de vies humaines."

Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine
  • Le Venezuela, Cuba et le Nicaragua ont reconnu le LNR DNR. 
  • L'Abkhazie salue la décision de la Russie sur le Donbass. 
  • L'Ossétie du Sud soutient la reconnaissance des républiques du Donbass. 
  • Les Houthis yéménites ont soutenu la reconnaissance de l'indépendance de la LDNR. 
  • Le président syrien a déclaré que Damas serait prêt à reconnaître la LDNR.


Pays qui condamnent la Russie : - États-Unis - Royaume-Uni - République d'Irlande —  République du Ghana —  République française —  Royaume de Norvège —  République d'Albanie —  République du Kenya 

Pays demandant le dialogue/Rester neutre : - Les gens de la République de Chine —  République fédérale du Brésil —  États-Unis du Mexique - Emirats Arabes Unis —  République gabonaise - République de l'Inde

jeudi 3 février 2022

Washington persiste et signe

Alors que Washington avait expressément demandé que sa réponse bicéphale (MaisonBlanche / OTAN) aux propositions russes de sécurité collective ne soit pas rendu publique, des documents authentifiés ont fait surface via le journal espagnol "El Païs".

Rappel :
  • Depuis 1995, l'OTAN qui pourtant se définit comme une organisation "défensive" ne cesse de progresser vers les frontières occidentales de la Fédération de Russie qui ne dispose pas à l'Ouest de profondeur stratégique.
  • En 2008 (Géorgie) et 2014 en Ukraine, la progression factuelle et russophobe de l'OTAN sur les frontières russes provoque des séparatismes et des guerres régionales (Ossétie, Abkhazie, Donbass).
  • Depuis 2015, la crise ukrainienne ne cesse de s'envenimer sur fond d'échec d'accords de Minsk, de militarisation atlantiste de l'Ukraine et d'actions politiques, économiques et militaires occidentales russophobes croissantes.
  • En février-mars 2021, une première escalade majeure initiée par des provocations et renforts ukrainiens importants sur le front du Donbass, oblige la Russie à une mobilisation dissuasive de troupes sur les frontières ukrainiennes, menant à une désescalade en avril. 
  • Pendant l'année 2021, bien que l'Ukraine ne soit pas membre officiel de l'OTAN, cette dernière augmente sensiblement ses aides militaires à Kiev et le déploiement de ressources techniques et de renseignement sur son territoire et jusque dans le Donbass.
  • En octobre 2021, une nouvelle escalade majeure est initiée par les forces ukrainiennes (notamment dans le secteur de Telmanovo) obligeant la Russie a répéter ses manœuvres dissuasives et a revendiquer des "lignes rouges" sécuritaires autour de ses frontières.
  • Le 17 décembre 2021, Moscou envoie un document à Washington proposant un traité de Sécurité collective en Europe où l'OTAN s'engage à ne pas se déployer dans les pays frontaliers de la Fédération de Russie.
  • Entre décembre et janvier, plusieurs discussions ont lieu entre les présidents russe et étasunien, leurs diplomaties, l'OTAN et l'OSCE mais sans amorcer une désescalade politico-militare et encore moins s'accorder sur des garanties juridiques sécuritaires mutuelles.
  • En janvier, tandis que Washington ne cesse de menacer Moscou de sanctions économiques maximales sur fond de psychose russophobe médiatique, l'OTAN, qui refuse d'arrêter son expansion, intensifie ses aides militaires logistiques et techniques aux forces de Kiev.
  • Le 26 janvier, après 1 mois de manœuvres diplomatiques dilatoires Washington remet enfin sa réponse écrite aux propositions sécuritaires de Moscou, actant noir sur blanc son refus catégorique de renoncer à poursuivre sa militarisation de l'Europe de l'Est. 
_______________________

Ce 2 février 2022, alors que Washington voulait préserver leur confidentialité, les documents de sa réponse aux propositions de Moscou ont "fuité" via le quotidien espagnol "El Païs": il s'agit de 5 pages émanant de l'administration de Biden et de 4 autres pages émanant de l'OTAN. 
Cette réponse bicéphale si elle ne nous apprend rien de plus qui n'ait déjà été prononcé oralement par Biden, Blinken ou Stoltenberg a au moins le mérite d'acter officiellement la volonté de Washington de poursuivre sa stratégie belliciste aux frontières de la Fédération de Russie, car si Washington, pour se donner l'apparence d'un bon samaritain évoque la possibilité de négociations bilatérales concernant le contrôle des armements stratégiques par exemple, le coeur du traité de sécurité collective proposé par Moscou, qui est le renoncement des activités de l'OTAN à ses frontières, est radicalement rejeté :

1 / Points de négociations proposés par Washington

- Principe de  non-déploiement des missiles de croisière Tomahawk dans les bases de l'OTAN en Roumanie et Pologne,
- Engagements réciproques sur le déploiement des systèmes de missiles et de forces en Ukraine et régions limitrophes, 
- Accord alternatif au Traité New Start (réduction des armes stratégiques) relatif aux nouvelles armes nucléaires, 
- Contrôle réciproque des missiles de courte et moyenne portée déployés en Europe, 
- Mesures supplémentaires visant à prévenir des incidents en mer et dans les airs.

2 / Points de négociations rejetés par Washington

  • Tout d'abord, les négociations proposées ci dessus par Washington sont conditionnées :

- à une désescalade militaire en Ukraine (où la Russie n'est pas partie prenante).

- au retrait des forces russes de la péninsule de Crimée, de Transnistrie, d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie (la bonne blague).

  • Et surtout, Washington refuse catégoriquement de renoncer à l'expansion de l'OTAN vers l'Est sous prétexte que la Géorgie, l'Ukraine ou la Finlande on droit de "choisir leurs accords de sécurité sans ingérence".

Le seul point où Moscou et Washington s'entendent réellement, c'est sur l'évidence qu'un conflit nucléaire entre eux n'apportera de victoire à personne mais que des destructions irréparables. Bon, c'est déjà ça ! mais à l'heure où des armes conventionnelles peuvent avoir la capacité de destruction de la bombe d'Hiroshima, je ne suis pas sûr que la dissuasion nucléaire empêche d'autres conflits qu'une guerre atomique, et l'actualité militaire post-moderne nous le prouve tous les jours.


Voilà c'est écrit : Washington maintient sa pression offensive contre la Russie, en refusant l'arrêt de l'extension de l'OTAN vers les frontières de la Fédération ce qui revient à bafouer:
  • Les accords internationaux tel que les "Déclarations d'Istanbul et d'Astana de l'OSCE" de 2010, qui ont inscrit l'obligation de tout pays "de ne pas renforcer sa sécurité aux dépens d'autres États" (accords votés par les 56 États participants et de 12 partenaires de l'OSCE).
  • Ses propres exigences sécuritaires qui, à l'instar de celles de Moscou, refusent de voir des bases étrangères s'installer dans des pays frontaliers aux USA, comme l'a rappelé encore récemment Anthony Blinken à propos de l'éventualité d'installation de bases russes à Cuba.
  • La souveraineté des pays européens à définir entre eux, de l'Atlantique à l'Oural, leur propre sécurité collective et dans "des accords de sécurité sans ingérence" comme le rappelle justement ce document étasunien et que Washington devrait commencer par respecter lui-même.
Pour conclure par des actes confirmant cette stratégie belliciste de Washington dans une Europe vassalisée à son Hegemon capitaliste, un 7ème gros porteur étasunien vient de décoller de la base de Dover ce 3 fevrier 2022, en direction de Kiev chargé d'armes et de munitions pour les forces ukrainiennes en guerre contre les populations russes du Donbass, tandis que le POTUS a donné son accord pour le déploiement de renforts US en Europe...


Et Biden veut donner des leçons de "désescalade" à Poutine  !

Erwan Castel
  

jeudi 30 décembre 2021

Droit international et devoir moral

Lorsqu'on observe les positionnements des diplomaties internationales, force est de constater le fossé grandissant entre la Russie et les pays occidentaux dont les représentants ne sont plus aujourd'hui que des "ministres des affaires à l'Etranger", dont les priorités - pour ne pas dire les obsessions totalitaires - ne sont que de défendre la rapacité capitaliste occidentale et l'hégémonie cynique d'une pensée unique droitdel'hommiste hypocrite. Et dans cette vision totalitariste du Monde les peuples se sont aux yeux des ploutocrates mondialistes que des troupeaux à qui l'on donne des outils, des caddies ou des fusils pour mieux engraisser le capitalisme rayonnant.

Du côté de la Russie il serait malhonnête de de prétendre dans un manichéisme stupide que Moscou ne défend pas ses intérêts économiques, mais, lorsqu'on observe les événements internationaux la concernant on ne peut que relever 3 principes souverains gouvernant sa politique étrangère : 

  • La Russie ne cherche pas à déstabiliser des pays dans une dynamique de conquête militaro-industrielle, stratégique ou idéologique.
  • La Russie respecte la droit des peuples concernant leurs destinées lorsque leur choix est majoritaire et libre.
  • La Russie ne fait pas d'ingérence dans les pays étrangers, et n'y intervient qu'après avoir été sollicité par leurs gouvernements.
Ainsi peut-on observer comme quelques exemples récents des positions internationales russes: 

  • La non ingérence de Moscou dans la pourtant lamentable gestion du Maïdan par Ianoukovitch en 2014 qui pourtant menaçait la stabilité de sa zone d'influence. 
  • La validation du référendum populaire de Crimée, libérée par la coup d'Etat constitutionnel, qui demandait à 97 % le retour de la péninsule russe en Russie,
  • L'intervention militaire en Syrie réalisée seulement après que le président Bachar el Assad en ait fait la demande (contrairement à l'OTAN qui s'y est invité par la force),
Et par dessus toutes les motivations qui animent les relations internationales du Kremlin celle qui consiste à respecter la volonté des peuples et protéger les citoyens russes est prioritaire et même sacrée, même s'il doit en coûter à la diplomatie, l'économie ou à l'armée de la Fédération.

Et c'est ici que l'exemple du Donbass, qui ne représente aucun intérêt stratégique majeur pour Moscou (ni base ni profondeur stratégique) pas plus qu'économique (pas de ressources uniques et vitales) est significatif de la dimension humanitaire prioritaire de la diplomatie russe qui soutien les populations russes de Donetsk et Lugansk, mais sans provoquer le droit international (intervention militaire et reconnaissance politique des républiques séparatistes) et en défendant opiniâtrement un règlement diplomatique du conflit malgré 7 années de violations ukrainiennes du processus de paix.

Constantin Kosachev
C'est dans cet esprit que Constantin Kosachev, Président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, l'assemblée de la Fédération de Russie a rappeler, sur fond d'envenimation des relations Est -Ouest et de menace d'offensive ukrainienne dans le Donbass, le droit constitutionnel pour la Russie d'intervenir militairement dans un pays étranger pour protéger ses citoyens.

Si aucun plan d'invasion de l'Ukraine est élaboré, en revanche, "La Russie a le droit d'utiliser l'armée pour protéger ses citoyens dans le Donbass" a déclaré Kosachev lors d'un entretien au média Interfax. Et le Président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma de préciser que cette possibilté ne concerne pas les questions de sécurité nationale, mais le droit du pays d'utiliser ses forces armées pour protéger ses citoyens dans le Donbass si leurs vies étaient menacées par une offensive de Kiev. 

Voilà pourquoi, précise Constantin Kosachev, "la Russie surveille l'évolution de la situation autour du Donbass notant au passage que l'Ukraine n'est pas le seul initiateur mais que ses mécènes occidentaux la poussent à prendre des mesures radicales". 

"De plus, rappelle Kosachev, les provocateurs tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Ukraine savent exactement ce qui se passera dans cette affaire. Sans préjuger de l'évolution des événements, je rappellerai simplement à ces provocateurs qu'après la tragédie de Tskhinvali (attaque géorgienne de l'Ossétie et riposte russe en août 2008), de sérieux amendements ont été apportés en Russie en novembre 2009 à la loi fédérale actuelle "sur la défense".

A cette fin, le 10ème article de la loi fédérale sur la Défense permet la projection rapide des troupes russes pour protéger leurs citoyens à l'étranger en cas d'attaque contre eux. Rappelons ici que près d'un million de citoyens des républiques de Donetsk et Lugansk sont désormais des citoyens officiels de la Fédération de Russie.

Et si, en cas de riposte russe à une offensive ukrainienne dans le Donbass, les petites hyènes occidentales hurlent à "l'invasion russe" je leur rappellerai primo que le qualificatif "invasion" ne peut être appliqué à une contre offensive et secundo, que les occidentaux sont les premiers à user et même abuser de ce droit d'intervention militaire extérieur pour exercer des ingérences illégales par contre en fantasmant sur des menaces qui souvent ne concernent même pas leurs ressortissants mais juste les intérêts de leur complexe militaro-industriel.

La Russie quant à elle respecte la morale de ce droit international, comme a été obligée de le reconnaître la commission d’enquête indépendante et internationale, missionnée par l’Union européenne, chargée de définir les causes et responsables du conflit géorgien d’août 2008 qui est évoqué ici par Constantin Kovachev. Dans son rapport final du 30 septembre 2009 la commission internationale, si elle note une "réponse excessive" de Moscou, a été obligée d'admettre que c'est bien Tbilissi qui avait déclenché le conflit, justifiant l'intervention militaire des forces russes.

Même si 10 000 hommes environ sont rentrés vers leurs garnisons à l'issue des exercices de défense russes organisés dans la région pontique, l'Etat Major russe garde suffisamment de troupes près des frontières ukrainiennes, non pas pour "envahir l'Ukraine", comme le répètent à tur tête tous les larbins propagandistes mondialistes, mais pour pouvoir porter une assistance victorieuse et sans délai aux populations du Donbass en cas d'offensive majeure ukrainienne rompant le front actuel.

Erwan Castel

mardi 21 décembre 2021

Washington doit maintenant abattre son jeu

Sergeï Lavrov, vieux routier russe de la diplomatie internationale connaît mieux qu'eux mêmes le
cynisme criminel des apprentis sorciers du mondialisme et de leur stratégie du "chaos constructeur"


Dans le bras de fer russo-étasunien qui se joue sur la table ukrainienne depuis 2014, la Russie par l'action de son Ministère des Affaires Etrangères vient de forcer Washington à jeter définitivement à terre son masque de gendarme du Monde, en proposant à la Maison Blanche qui un traité international sur des garanties de sécurité collective et qui s'il est adopté - et respecté - devrait ouvrir une nouvelle ère de "détente" entre l'Ouest et l'Est.

Le principe de ces propositions, lorsqu'on lit leurs 8 points, ne relèvent que d'un bon sens commun élevé au niveau international et qui plus est fait référence à des principes et des traités précédents qui sont justement cités par Washington pour faire valoir ses propres droits de défense dans des régions considérées appartenant à sa zone d'influence (et pourtant distantes de plusieurs milliers de kilomètres de ses frontières).

Malheureusement il y a très peu de chances qu'une telle proposition œuvrant pourtant sincèrement pour la paix des nations, soit validée et encore moins respectée par les faucons de Washington et leurs laquais occidentaux. Le contraire, au vu de l'expérience des 30 dernières années (et même plus loin encore), tiendrait tout simplement d'un miracle à faire rougir le Christ lui-même !

Il m'a semblé pourtant utile et intéressant de reporter ici cette proposition russe pour mieux mesurer ultérieurement la perfidie de l'administration étasunienne au moment où elle la rejettera.

Même si personne ne sera surpris du résultat, Washington doit maintenant abattre ses cartes criminelles sur la table du Monde !

Erwan Castel

La réponse de Washington (23 / 12 / 21): ici


Voici la proposition russe envoyée à Washington concernant la sécurité collective sur ses régions frontalières et ses 8 principaux points (source Ministère russe des Affaires Etrangères):


Traité entre les États-Unis d'Amérique 
et la Fédération de Russie 
sur les garanties de sécurité

"Les États-Unis d'Amérique et la Fédération de Russie, ci-après dénommés les « Parties », guidés par les principes contenus dans la Charte des Nations Unies, la Déclaration de 1970 relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations Unies, l'Acte final d'Helsinki de 1975 de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, ainsi que les dispositions de la Déclaration de Manille de 1982 sur le règlement pacifique des différends, de la Charte de sécurité européenne de 1999 et de l'Acte fondateur de 1997 sur les relations mutuelles, la coopération et la sécurité entre l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et la Fédération de Russie, 

  • rappelant l'inadmissibilité de la menace ou de l'emploi de la force d'une manière incompatible avec les buts et principes de la Charte des Nations Unies tant dans leurs relations mutuelles qu'internationales en général, et pour soutenir le rôle du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales,
  • reconnaissant la nécessité d'unir nos efforts pour répondre efficacement aux défis et menaces de sécurité modernes dans un monde globalisé et interdépendant,

  • considérant la nécessité de respecter strictement le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures, notamment en s'abstenant de soutenir des organisations, des groupes ou des individus appelant à un changement anticonstitutionnel de pouvoir, ainsi que d'entreprendre toute action visant à changer le système politique ou social de l'une des Parties contractantes,

  • en gardant à l'esprit la nécessité de créer des mécanismes de coopération supplémentaires efficaces et rapides à lancer ou d'améliorer les mécanismes existants pour régler les problèmes et différends émergents par un dialogue constructif sur la base du respect mutuel et de la reconnaissance des intérêts et préoccupations de sécurité de chacun, comme ainsi que d'élaborer des réponses adéquates aux défis et menaces sécuritaires,

  • cherchant à éviter tout affrontement militaire et tout conflit armé entre les Parties et sachant qu'un affrontement militaire direct entre elles pourrait entraîner l'emploi d'armes nucléaires qui aurait des conséquences de grande portée,
  • réaffirmant qu'une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée, et reconnaissant la nécessité de tout mettre en œuvre pour prévenir le risque d'éclatement d'une telle guerre entre les États qui possèdent des armes nucléaires,

  • réaffirmant leurs engagements au titre de l'Accord entre les États-Unis d'Amérique et l'Union des Républiques socialistes soviétiques sur les mesures visant à réduire le risque d'éclatement d'une guerre nucléaire du 30 septembre 1971, l'Accord entre le Gouvernement des États-Unis d'Amérique et le Gouvernement de l'Union des Républiques socialistes soviétiques sur la prévention des incidents en haute mer et au-dessus du 25 mai 1972, l'Accord entre les États-Unis d'Amérique et l'Union des Républiques socialistes soviétiques sur la création de centres de réduction des risques nucléaires du 15 septembre 1987, ainsi que l'Accord entre les États-Unis d'Amérique et l'Union des Républiques socialistes soviétiques sur la prévention des activités militaires dangereuses du 12 juin 1989,

ont convenus de ce qui suit :

Article 1

Les Parties coopèrent sur la base des principes de sécurité indivisible, égale et non diminuée et à ces fins :

  • ne doivent pas entreprendre d'actions, participer ou soutenir des activités qui affectent la sécurité de l'autre Partie ;

  • ne mettent pas en œuvre les mesures de sécurité adoptées par chaque partie individuellement ou dans le cadre d'une organisation internationale, d'une alliance militaire ou d'une coalition qui pourraient porter atteinte aux intérêts fondamentaux de sécurité de l'autre partie.

Article 2

Les Parties veillent à ce que toutes les organisations internationales, alliances militaires et coalitions auxquelles participe au moins une des Parties adhèrent aux principes contenus dans la Charte des Nations Unies.

Article 3

Les Parties n'utiliseront pas les territoires d'autres États en vue de préparer ou de mener une attaque armée contre l'autre Partie ou d'autres actions affectant les intérêts fondamentaux de sécurité de l'autre Partie.

Article 4

Les États-Unis d'Amérique s'engagent à empêcher une nouvelle expansion vers l'Est de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et à refuser l'adhésion à l'Alliance aux États de l'ancienne Union des Républiques socialistes soviétiques.

Les États-Unis d'Amérique ne doivent pas établir de bases militaires sur le territoire des États de l'ex-Union des Républiques socialistes soviétiques qui ne sont pas membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, utiliser leurs infrastructures pour des activités militaires ou développer une coopération militaire bilatérale avec eux.

Article 5

Les Parties s'abstiennent de déployer leurs forces armées et leurs armements, y compris dans le cadre d'organisations internationales, d'alliances ou de coalitions militaires, dans les zones où un tel déploiement pourrait être perçu par l'autre Partie comme une menace pour sa sécurité nationale, à l'exception des ce déploiement sur les territoires nationaux des Parties.

Les Parties s'abstiennent de faire voler des bombardiers lourds équipés pour des armements nucléaires ou non nucléaires ou de déployer des navires de guerre de surface de tout type, y compris dans le cadre d'organisations internationales, d'alliances ou de coalitions militaires, dans les zones situées en dehors de l'espace aérien national et des eaux territoriales nationales respectivement, à partir de où ils peuvent attaquer des cibles sur le territoire de l'autre Partie.

Les Parties maintiennent le dialogue et coopèrent afin d'améliorer les mécanismes de prévention des activités militaires dangereuses en haute mer et au-dessus, notamment en s'accordant sur la distance d'approche maximale entre les navires de guerre et les aéronefs.

Article 6

Les Parties s'engagent à ne pas déployer de missiles lancés au sol à portée intermédiaire et à courte portée en dehors de leur territoire national, ainsi que dans les zones de leur territoire national, à partir desquelles ces armes peuvent attaquer des cibles sur le territoire national de l'autre Partie.

Article 7

Les Parties s'abstiennent de déployer des armes nucléaires en dehors de leur territoire national et restituent ces armes déjà déployées en dehors de leur territoire national au moment de l'entrée en vigueur du Traité sur leur territoire national. Les Parties élimineront toutes les infrastructures existantes pour le déploiement d'armes nucléaires en dehors de leur territoire national.

Les Parties ne doivent pas former de personnel militaire et civil de pays non nucléaires à l'utilisation d'armes nucléaires. Les Parties n'effectueront pas d'exercices ou d'entraînements pour les forces polyvalentes, qui incluent des scénarios impliquant l'utilisation d'armes nucléaires.

Article 8

Le Traité entrera en vigueur à compter de la date de réception de la dernière notification écrite relative à l'accomplissement par les Parties de leurs procédures internes nécessaires à son entrée en vigueur.


Fait en deux exemplaires originaux, chacun en anglais et en russe, les deux textes faisant également foi.

          Pour les États-Unis d'Amérique                    Pour la Fédération de Russie


mercredi 28 mars 2018

Phase 3 : la guerre diplomatique


Entre Russie et Occident nous assistons de fait à un enchaînement de guerres qui ne sont que les étapes progressives menant à une confrontation finale potentielle dont l'explosion finale risque d'être à la mesure de sa longue fermentation.
  • Phase 1 : guerre idéologique 
  • Phase 2 : guerre économique 
  • Phase 3 : guerre diplomatique 
  • Phase 4 : guerre militaire

Nous vivons actuellement l'explosion de la phase diplomatique dans cette confrontation qui pousse Moscou dans ses derniers retranchements pacifiques tandis que les phases précédentes battent leur plein et que la guerre militaire est déjà engagée par procuration...

Ce qui est sûr c'est que Trump soit s'est vraiment foutu de la gueule de ses électeurs et admirateurs, soit vient d'abdiquer devant le pouvoir profond étasunien. Et sur le plan de la politique internationale Donald est sur le point de devenir le pire de tous les hôtes de cette maison qui n'a de blanche que la couleur.

Lorsqu'on observe la chronologie des faits, force cest de constater que ce sont les occidentaux qui a chaque fois initient l'escalade vers la confrontation finale et veulent nous faire croire que c'est la Russie qui est l'agresseur !

Mais positions: la phase 4 aura au moins l'avantage de réveiller les peuples d'Europe ou du moins leurs survivants !

Erwan Castel

Source de l'article : RT

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le 21 février 2018 à Belgrade

Les expulsions de diplomates sont le «résultat des pressions colossales» de Washington, selon Lavrov


Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a expliqué le 27 mars que les expulsions coordonnées de diplomates russes par les pays occidentaux étaient le «résultat des pressions colossales» exercées par l'administration américaine.

La décision d'une vingtaine de pays d'expulser des diplomates russes après l'empoisonnement d'un ancien agent double russe en Grande-Bretagne est le «résultat des pressions colossales» de Washington, selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui s'est exprimé le 27 mars depuis Tachkent, en Ouzbékistan. 

«Quand on demande à un ou deux diplomates de quitter tel ou tel pays, tout en nous murmurant des excuses dans l'oreille, nous savons précisément que c'est le résultat des pressions colossales, d'un chantage colossal qui constituent, malheureusement, l'arme principale de Washington sur la scène internationale», a déclaré Sergueï Lavrov, lors d'un point de presse à Tachkent retransmis par la télévision russe.

«Personne ne souhaite tolérer une telle muflerie»

23 pays, dont 16 membres de l'Union européenne, ont décidé d'expulser au moins 116 diplomates russes, dans le cadre de représailles du camp occidental après l'empoisonnement, le 4 mars, de l'ancien espion russe Sergueï Skripal sur le sol britannique, que Londres accuse Moscou d'avoir perpétré.



Nous allons riposter, n'en doutez pas !

Washington mène de loin le mouvement avec l'expulsion de 60 diplomates russes considérés comme des «agents de renseignement» et la fermeture du consulat de Russie à Seattle, sur la côte Ouest.

«Nous allons riposter, n'en doutez pas! Parce que personne ne souhaite tolérer une telle muflerie et nous n'allons pas le faire», a encore souligné Sergueï Lavrov.

dimanche 25 mars 2018

Vénal et collabo, pour rester poli !

Le larbin Le Drian animé d'une russophobie bornée tout comme en Syrie, engage la France dans le caniveau des collabos des criminels de guerre.

Le "chef de la diplomatie" française n'est plus qu'un vulgaire représentant de commerce amoral d'un "ministère des affaires à l'étranger"...

Erwan Castel

Source de l'article : RT


A Kiev, Le Drian fustige la Russie… 
et vend des hélicoptères à la police et l'armée

Rompant avec une ligne conciliatrice, le ministre français des Affaires étrangères, en voyage officiel à Kiev, a repris à son compte la rhétorique antirusse des autorités ukrainiennes. A la clé : une vente d’hélicoptères Airbus.

La visite de Jean-Yves Le Drian à Kiev le 23 mars a été l’occasion d’annoncer la signature d’un accord préliminaire pour la vente de 55 hélicoptères Airbus. Le ministre français des Affaires étrangères a également eu l'occasion de donner au gouvernement ukrainien des gages de l'alignement de Paris sur Kiev sur la question de l'Est ukrainien. 

Arsène Avakov, actuel ministre de l’Intérieur d’Ukraine, a précisé que la commande des hélicoptères comprenait un mélange de trois modèles : des H145, H125 et H225. Ils devront équiper la police, les services de secours d’urgence et l’armée. Tous trois existent en effet dans des versions civiles et militaires. Le projet d’équiper l’Ukraine avec ces appareils avait d’ailleurs déjà été annoncé fin janvier par le même ministre.

Cette première visite à Kiev de Jean-Yves Le Drian répondait à celle, début février, de son homologue ukrainien Pavel Klimkine. Elle avait officiellement pour objectif «de rappeler l’engagement de la France dans la résolution du conflit et la mise en œuvre des accords de Minsk» et devait être l’occasion de marquer le soutien du gouvernement français «au processus de réformes en Ukraine», selon le programme dévoilé sur son site. Le Quai d'Orsay annonçait également diverses rencontres dont une avec l’actuel président du Parlement d’Ukraine Andry Parouby, cofondateur du Parti social-nationaliste d’Ukraine (extrême droite nationaliste) rebaptisé Svoboda.

Le ministre français des Affaires étrangères désigne un «agresseur» et un «agressé»  
Vis-à-vis du conflit qui s’éternise dans l’est de l’Ukraine entre les séparatistes des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, et le pouvoir ukrainien issu du coup d’Etat de 2014, la France s'était toujours prononcée en faveur d'une solution pacifique, contribuant à la signature des accords de Minsk (février 2015). Peut-être pour accompagner la signature du contrat toujours en suspens, jouant le rôle de VRP de l’armement français, Jean-Yves Le Drian a cette fois employé des termes éloignés de tout souci de conciliation.

Alors que la Russie a toujours nié être partie prenante du conflit, le ministre des Affaires étrangères, cité par Ouest-France, a parlé de «conflit avec la Russie», sans faire mention des séparatistes qui contrôlent des parties du territoire dans l’est du pays. Il a même martelé : «Sur ce point, je vais être très clair. Dans cette crise, il y a pour nous un pays agresseur et un pays agressé et il n’y a pas d’ambiguïté», à la plus grande satisfaction du Premier ministre Volodymyr Groïsman. Ce dernier s'est pour sa part félicité du «soutien de la France à la souveraineté de l’Ukraine».

vendredi 23 mars 2018

Changement dans la continuité du pire !

Même le journal "l'immonde" avoue ses inquiétudes pour la paix suite à la nomination au poste de conseiller a la sécurité nationale ce nouveau faucon par le vrai con qui s'agite dans le bocal de la maison blanche.

Trump s'est entouré en 1 année d'une bande de va-t-en guerre qui ont une grenade dégoupillée à la place du cerveau...

Clinton aurait difficilement trouvé pire (encore que dans ce domaine les anglo-américains ont des ressources inépuisables)

Bref, autant dans les projets stratégiques que les gestions de crises, ça promet !

Erwan Castel

Source de l'article : Le Monde

Le nouveau conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, à Oxon Hill (Maryland), le 24 février 2017. JOSHUA ROBERTS / REUTERS


John Bolton, un « faucon » pour Donald Trump en politique étrangère

Le président des Etats-Unis a annoncé sur Twitter le limogeage de son conseiller à la sécurité nationale, H. R. McMaster, et son remplacement par ce partisan d’une ligne diplomatique dure et belliqueuse.

Par GILLES PARIS Washington, correspondant

Neuf jours après avoir renvoyé son chef de la diplomatie, Donald Trump a annoncé dans la soirée du jeudi 22 mars, sur Twitter le limogeage de son conseiller à la sécurité nationale, H. R. McMaster, et son remplacement par John Bolton.

Si le locataire de la Maison Blanche n’est pas réputé pour son goût pour les dossiers, il connaît sans doute dans le détail les positions de son nouveau conseiller. L’ancien – et bref – ambassadeur américain aux Nations unies est en effet un chroniqueur régulier de la chaîne conservatrice Fox News, régulièrement encensée publiquement par le président des Etats-Unis.

En nommant John Bolton, M. Trump s’adjoint donc en toute connaissance de cause les services d’un « faucon » assumé, grand défenseur des guerres préventives. Ses positions maximalistes auraient pu contrarier une nomination à un poste pour lequel une confirmation par le Sénat était requise. Le poste de conseiller à la sécurité nationale, cependant, ne relève que du bon plaisir du locataire de la Maison Blanche.

Militant actif pour l’invasion de l’Irak en 2003

Au cours des derniers mois, l’ancien diplomate de choc a souhaité publiquement l’emploi de la manière forte à propos de l’Iran comme de la Corée du Nord, même s’il s’est félicité du projet de rencontre entre le président des Etats-Unis et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un.

Après le remplacement du modéré Rex Tillerson par le « faucon » Mike Pompeo au département d’Etat, le retour aux affaires de John Bolton ne peut qu’inquiéter les signataires européens de l’accord sur le nucléaire iranien forgé par le prédécesseur démocrate de Donald Trump, Barack Obama. A quelques semaines seulement de la date butoir du 12 mai, le camp des partisans d’une sortie périlleuse de ce compromis est renforcé au sein de l’administration républicaine.

Le choix de M. Bolton peut surprendre compte tenu du rôle joué par cet autre « faucon » dans l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003. Pendant la campagne des primaires républicaines, Donald Trump n’avait pas eu de mots assez durs pour qualifier l’initiative du président républicain George W. Bush. « La pire des pires décisions jamais prises », n’avait-il cessé d’assener, insistant sur les « quatre mille milliards de dollars dépensés pour rien ». « Nous avons rendu un très mauvais service au Moyen-Orient, et un très mauvais service à l’humanité », ajoutait encore M. Trump, alors suspecté de tentations isolationnistes.

John Bolton avait milité activement à l’époque en faveur du renversement du dictateur irakien, Saddam Hussein, avec le courant néoconservateur qui s’était imposé aux côtés de M. Bush. Il a pu regretter par la suite certaines des décisions prises après l’effondrement du régime. Il n’a jamais remis en cause, en revanche, le bien-fondé d’une intervention étayée par des accusations sans fondement à propos de programmes d’armes de destruction massive.

Anticommunisme virulent et bellicisme constant

Ce bellicisme est une constante chez John Bolton. A Yale, l’université prestigieuse intégrée par ce fils de famille modeste, anticommuniste virulent, il ne manifeste pas contre la guerre au Vietnam comme la majorité de ses condisciples, dont Bill Clinton et Hillary Rodham. Devenu avocat, il exerce dans plusieurs cabinets tout en militant dans les rangs conservateurs. Il se rapproche du puissant sénateur républicain de Caroline du Nord Jesse Helms, un nostalgique de la ségrégation raciale. Ce dernier le parraine auprès des administrations de Ronald Reagan et de George H. Bush.

John Bolton défend avec constance une ligne dure républicaine au département d’Etat – l’équivalent du ministère des affaires étrangères –, comme à celui de la justice. Après les deux mandats du démocrate Bill Clinton, il retrouve la diplomatie à la faveur de la victoire sur le fil de George W. Bush, en 2000, à nouveau épaulé par Jesse Helms, devenu président de l’influente commission des affaires étrangères. Il est alors secrétaire d’Etat adjoint chargé du contrôle des armes.

Sous son impulsion, les Etats-Unis mettent en échec une convention bannissant les armes chimiques sous l’égide des Nations unies, au nom de leurs intérêts de sécurité. John Bolton avance également l’argument de la souveraineté américaine pour justifier le retrait de Washington de la Cour pénale internationale créée en 2002. Après sa réélection, en 2005, M. Bush l’impose au poste d’ambassadeur aux Nations unies en dépit de la défiance du Sénat, en profitant d’un congé du Congrès. Faute d’un feu vert des sénateurs, John Bolton est contraint de quitter ses fonctions au bout d’un an.