Bien qu'étant un affreux apostat s'étant retourné vers les dieux de ses forêts européennes, je reste respectueux de toutes les autres traditions religieuses sachant faire je pense la différences entre sacré, religion et église, ces trois déclinaisons de la foi spirituelle, ce dynamisme universel qui caractérise notre espèce humaine tout en embellissant les traditions de ses communautés multiples et diverses.
Après avoir explorer de nombreuses religions, je suis convaincu comme le rappelait le philosophe Ramakrishna, que, à l'instar des rayons d'une roue en bois, "elles mènent toutes au centre mais ne sont pas le centre". Et toute prétention communautaro-centrée exprimée par tel ou tel croyant n'est à mon coeur qu'une hérésie de la foi qui relève de cette pensée unique fanatique et intolérante qui a donné dans notre Histoire tant d'hégémonies idéologiques, qu'elles soient religieuses, politiques, économiques ou culturelles.
Dans le Donbass en guerre, la foi religieuse est devenue au fil des bombardements quotidiens un bouclier permettant de supporter l'insupportable et de renforcer cette capacité de résilience exceptionnelle des populations de Donetsk et Lugansk luttant pour leur libertés et traditions russes. Et ceci est valable autant pour les communautés chrétiennes, juives, musulmanes que païennes qui cohabitent harmonieusement dans un monde russe que beaucoup de Torquemadas français pseudo nationalistes devraient regarder de plus près au lieu de fantasmer sur une Russie blanche et chrétienne qui n'existe que dans leurs délires xénophobes dont les échos meurent dans des églises catholiques désertées.
Universel et universalisme, bien que de la même étymologie sont dans leurs déclinaisons ontologiques très différents, voire même opposés, car la foi religieuse qui est une réalité universelle qui historiquement ne survit et s'épanouit que dans le cadre de traditions communautaires respectées et non dans celui d'un universalisme idéologique prônant l'individualisme comme seul échelon du rapport au divin (voir par exemple Guillaume d'Ockham et les nominalistes).
Cet universalisme idéologique principalement monothéiste montre en Occident toute la vacuité de sa déclinaison ecclésiastique qui n'a connu des variables que pour mieux servir son prosélytisme ou le système politique dans un échange d'intérêts et de pouvoirs réciproques. Mais à l'heure du Mondialisme effréné, après avoir pendant des siècles concilié avec les traditions pré-chrétiennes que pour mieux s'implanter dans les campagnes européennes mais aussi en éradiquer les cultes anciens et endémiques (christianisations des fontaines, culte marial, calendrier solaire etc) le Vatican moderne, en épurant ses rites de toute leur dimension magico-religieuse héritée du passé, est revenu à l'essence même de son absolutisme abrahamique, et du discours paulinien de ses origines auquel répond en écho parfait le pape François lorsqu'il déclare "nous sommes tous des migrants".
Mais ici en Russie, à part quelques rares exceptions le clergé chrétien n'a pas détruit les traditions anciennes de même que les autres clergés avec qui il cohabite sereinement. Au contraire, les traditions préservées unissent les différentes communautés religieuses dont les grands rassemblements festifs sont ouverts à tous.
Pour conclure et illustrer mieux que mes lignes cette foi universelle protégeant les traditions contre l'universalisme de la pensée, voici un chant traditionnel russe célébrant la Pâques chrétienne orthodoxe....
Pâques, qui est par excellence la fête du Printemps, est un moment fort pour les chrétiens orthodoxes d'exprimer leur unité communautaire mais aussi une appartenance identitaire très ancienne et supra-communautaire qui dépasse celui de la seule célébration religieuse...
Alors que les catholiques ont oublié leurs racines européennes (jusqu'à prétendre qu'elles sont chrétiennes !), les traditions païennes dans le monde orthodoxe sont restées vives et même sacrées fusionnant, à l'instar de l'église chrétienne primitive celtique des premiers siècles, l'identité et la foi populaire natives avec un message religieux nouveau qui, lorsqu'il n'est pas trahi par son propre clergé, les respecte.
Après 4 mois d'hospitalisation et en attendant les prochaines opérations du bras, je m'en suis retourné vers mes camarades de Piatnashka qui m'ont réservé un accueil fraternel.
Mardi 28 janvier 2020
En attendant de prochaines opérations du bras gauche, je suis revenu dans la caserne de ma compagnie de Piatnashka, située au centre de Donetsk, et aussi aux activités d'information et de rencontres avec des reporters et journalistes visitant le Donbass.
Ce portrait a été réalisé par le photographe français Jacques Pion lors d'un de ses reportages à Donetsk, ici dans la mosquée d'Oktyabrsky, dont la communauté, majoritairement tatare nous a réservé un accueil chaleureux.
Ce n'est pas la première fois que je viens à la rencontre des communautés religieuses de mon quartier, que ce soit celle de l'église orthodoxe située près de l'aéroport ou celle de la mosquée située près du front de Peski à l'Ouest d'Oktyabrsky. J'avais d'ailleurs écrit un article sur cet "oasis de sérénité au milieu des ruines" dont l'action réalisée sous les bombardements de son est exemplaire et illustre bien cette fraternité humaine qui règne entre les communautés de Donetsk.
Bien que ma foi ne soit pas chrétienne, je respecte de coeur les traditions des autres religions lorsqu'elles sont l'expression d'un amour fraternel et l'occasion de réunions familiales ou communautaires. Et c'est dans cet esprit de la Tradition que je souhaite un joyeux Noël à tous les chrétiens orthodoxes, et en particulier à ceux du Donbass au milieu desquels j'ai posé mon sac à dos et qui souffrent de 6 années de guerre et de de sacrifices.
Mardi 7 janvier 2020
Ce matin les jardins de l’hôpital où j'attends ma prochaine opération du bras montraient enfin un paysage de circonstance, car que serait Noël dans l'imaginaire sans le blanc manteau du général Hiver sur lequel les pas des hommes et des bêtes racontent l'histoire de leurs passages... Tout en partageant repas et sourires avec mes amis de Donetsk, je ne peux m’empêcher de suivre mes pensées qui vagabondent dans la folie du Monde, des incendies d'Australie aux manifestations des boliviens en passant par le deuil unissant le Moyen Orient autour du cercueil du général iranien Soleimani. Dans le Donbass ces célébrations de Noël réunissent dans la communion de l'espérance des familles qui toutes ont perdu des parents et amis dans cette guerre sans fin qui continue sa lente hémorragie aux portes de leurs cités. Car malgré les accords de Minsk, la trêve de Noël, et les dernières rodomontades hypocrites de Zelensky, l'armée ukrainienne, tel un minotaure moderne hantant les labyrinthes des tranchées, continue de prélever quotidiennement sa part de sang. après les 428 soldats connus tombés en 2019 pour la défense des républiques de Donetsk et Lugansk, 4 autres au moins ont été tués depuis le début de l'année par des obus de mortier ou des balles de snipers ukrainiens. Même si la folie du Monde nous impose la souffrance du corps, la colère de l'esprit et jette des armes dans nos mains, la foi protéiforme des Hommes à travers ces communions fraternelles, protège l'espérance qui s'est réfugiée dans nos coeurs et ne demande qu'à pouvoir éclore.
Le temps solsticial est un de ces moments sacrés où les hommes se retrouvent autour de cette espérance de paix et d'avenir qu'incarnent les enfants pour lesquels ils aiment, travaillent, et parfois se sacrifient sur les champs de bataille. Car Noël, c'est d'abord le moment de l'enfant et le temps des enfants pour lesquels les adultes enchantent de guirlandes, bougies, cadeaux et chants leur univers, même et surtout lorsque les ruines imposent leur squelettes calcinés à l'horizon des jardins silencieux...
Aussi j'associe - sans les confondre dans leur correspondance calendaire - ces célébrations orthodoxes avec celle du 12ème et dernier jour de Yule, cette période solsticiale païenne dont nombre de symboles et rituels ont été repris dans les traditions chrétiennes occidentales (comme l'épiphanie et la galette des rois par exemple)et orientales et je formule à cette occasion tous mes voeux de victoire et de paix pour les peuples qui aujourd'hui luttent debout au milieu des orages d'acier qui menacent leurs libertés.
Aujourd’hui des millions d'iraniens sont descendus dans les rues pour accueillir la dépouille du général Soleimani tué le 3 janvier en Irak par un drone étasunien. La densité de la foule donne une idée de la popularité de ce dignitaire de l'Etat iranien que la propagande de guerre occidentale persiste à considérer comme un terroriste et séide d'une dictature islamique inhumaine haïe par son peuple persécuté.
En introduction à ce nouvel article s'appuyant sur l'actuelle crise majeure qui secoue le Levant, je partage ces images de la foule iranienne venue accueillir la dépouille de Qassem Soleimani, un héros pourfendeur du terrorisme salafiste élevé au rang de martyr par la stupidité criminelle occidentale qui par son acte irresponsable a non seulement précipité le Moyen Orient au bord d'un conflit majeur mais aussi renforcé l'union patriotique des iraniens que les USA cherchent à soumettre à la dictature de leur marchandise.
Si mon observation engagée de cette crise me fait soutenir sans hésitation la République islamiste d'Iran résistant à un impérialisme étasunien cherchant à dominer par le chaos de ses terroristes salafistes le Moyen Orient, il n'en demeure pas moins que le modèle proposé par la théocratie chiite "n'est pas ma tasse de thé", loin s'en faut. Mais il faut savoir "faire contre mauvaise fortune, bon coeur" surtout quand l'esclavage de la marchandise occidentale menace 5000 années de civilisation perse.
Mais sur les réseaux sociaux en revanche j'observe que les commentaires se radicalisent dans un dogmatisme aveugle et simpliste et quasi eschatologique, en même temps que les tensions sur le terrain levantin précipitent Washington et Téhéran dans une spirale complexe de violences verbales et d'actions armées sans fin.
Car depuis de nombreuses années nous observons le retour en force d'un discours manichéen et dogmatique dans les conflits qui opposent les blocs à travers le monde, qu'ils soient politiques, économiques, religieux, ou militaires, et nombre d'analystes évoquent le retour d'une théologie politique occidentale, héritière des rapports complexes du Politique et du Religieux dans l'Histoire des pouvoirs. L'influence en Amérique du Sud des évangélistes dans les discours violents des nouveaux pouvoirs brésilien ou bolivien est à ce titre significatif.
Et dans l'exacerbation de la crise qui oppose aujourd'hui l'Iran aux Etats Unis, en dehors des enjeux géopolitiques et des menaces politico-militaires qui se jouent au Moyen Orient, on voit revenir également en force un dogmatisme idéologique qui du côté américain donne une dimension religieuse chrétienne à une politique occidentale et du côté iranien une dimension politique à une théologie musulmane. Et ici, cette dualité entre le pouvoir du Prince et celui du Clerc (qui donna la querelle des investitures entre guelfes et gibelins par exemple) va ici s'estomper dans une nouvelle fusion recherchée des sacralités temporelles et spirituelles de chacun donnant naissance à un discours dogmatique absolutiste, articulé autour d'une vision bipolaire du Monde et de ses crises multiples.
Et lorsqu'on observe sur les réseaux sociaux les réactions ou les commentaires qui fusent autour de cette nouvelle crise entre Téhéran et Washington, on y constate effectivement chez nombre de leurs auteurs un fanatisme manichéen issu d'un dogmatisme politico-religieux simpliste et qui rend difficile un dialogue constructif et impossible un quelconque compromis avec un adversaire systématiquement diabolisé.
Et dans cet affrontement qui oppose les USA à l'Iran se retrouvent aussi face à face, du côté de l'hégémonie occidentale, l'héritage d'un universalisme chrétien apatride imposé à tous les peuples, et du côté de la théocratie chiite, l'héritage des castes religieuses perses dominant la cité.
C'est ainsi qu’apparaît à nouveau depuis quelques jours une théologie de la guerre destinée dans chaque camp à légitimer le combat à venir en sacralisant la cause défendue mais aussi, dans l'affrontement de pensées uniques, de diaboliser l'adversaire...
Voici 2 exemples récents dans cette crise levantine ou le religieux fusionne avec le politique en Iran et aux USA :
De mémoire d'homme, c'est la 1ère fois dans l'histoire de l'Iran
que le drapeau rouge, qui symbolise la guerre à venir, est hissé
au sommet de la mosquée Jamkaran, une des plus importantes du pays.
Si on peut arguer de la légitimité territoriale, historique et religieuse d'une défense iranienne organisée autour des piliers de la foi religieuse chiite et du sentiment patriotique perse, en revanche il est difficile de justifier dans cette région du Moyen Orient l'hégémonie occidentale anglo-étasunienne autrement que par des motivations bassement mercantiles qu'elle tente de masquer maladroitement derrière les masques hypocrites des dogmes droitdelhommistes et démocratiques.
Trump, qui révèle ici, dans une logique augustinienne parfaite,l'instrumentalisation d'un puritanisme évangélique au profit d'un expansionnisme militaro-industriel renouant avec l'esprit des croisades où, comme il l'a clairement défini dans un tweet récent menaçant de détruire la culture iranienne, l'ennemi n'est pas un adversaire à battre militairement avec qui reconstruire après guerre de nouvelles relations, mais un "Satan" à éradiquer physiquement de la surface de la Terre !
Au lendemain de l'assassinat de Soleimani qu'il a ordonné, Trump effectue
son premier meeting de campagne présidentielle auprès d'évangélistes dans
une grand messe politico-religieuse fusionne sur fond de croisade contre l'Iran
Ce faisant, le chef de la démocratie la plus puissante fait entrer l'analyse politique dans le domaine de la croyance dogmatique. Or si la première est susceptible de s'ouvrir à la critique, donc au dialogue avec l'adversaire et à des compromis diplomatiques, la seconde relève de la conviction subjective et définitive qui n'acceptera que l'écrasement de l'adversaire ou tout au plus sa capitulation humiliante.
Cette réalité politico-psychologique quasi théologique rend impossible la réussite d'une sortie de crise diplomatique qui pour réussir doit offrir aux 2 protagonistes malgré des concessions mutuelles la possibilité de garder la tête haute vis à vis de leur peuple.
Il n'y a pas de hasard !
Je pense qu'il est intéressant pour mieux comprendre l'escalade paroxysmique actuelle vécue entre Téhéran et Washington de la mettre en perspective avec 2 événements majeurs, l'un passé et l'autre à venir :
Fin novembre 2019, un nouveau et très important gisement de pétrole de 22 milliards de barils est découvert dans la province iranienne de Khouzistan, dans le Sud Ouest du pays qui en renfermait déjà 31 milliards sur d'autres sites connus. Dans le contexte de la crise des matières premières qui guette les pays industrialisés et l'échec d'un blocus économique total de l'Iran par les occidentaux, il est évident qu'abattre un régime qui refuse de se soumettre au Nouvel Ordre Mondial, qui plus est allié de la Syrie et de la Russe, et prendre le contrôle de cette manne pétrolière serait un immense coup double pour la ploutocratie mondialiste, et qui vaut certainement aux yeux des faucons de guerre étasunienne quelques centaines de milliers de morts iraniens.
Souvenons-nous de Madeleine Albright qui assume la mort
de 500 000 enfants irakiens pendant l'embargo et la guerre
contre l'Irak en déclarant cyniquement "cela en valait la peine !"
Car derrière les beaux discours droitdel'hommistes agités au dessus des croisades occidentales menées à travers le Monde il y a la réalité des prédations par leur complexe militaro-industriel des ressources énergétiques mondiales. Et dans ce Levant, réserve mondiale majeure de pétrole et de gaz, les rivalités politico-industrielles pour le contrôle des matières premières dégénèrent souvent en guerres, révolutions armées, campagnes terroristes organisées par les occidentaux pour le contrôle des gisements et routes énergétiques encore nombreux n'étant pas dans leur zone d'influence.
Ainsi par exemple de ce conflit en Syrie où les démocraties occidentales vont, "pour instaurer droits de l'Homme et démocratie", vont soutenir le pire terrorisme international, celui des salafistes fanatiques adeptes de la charia islamiste.
Or, ce conflit a été déclenché en 2011 juste 3 semaines après que le président Bachar El Assad ait choisi le projet de pipeline iranien (plutot que celui proposé par le Qatar) pour faire transiter les très importants gisements de gaz découverts dans le Golfe Persique en 2010.
Il n'y a pas de hasard mais beaucoup de mensonges !
Ce début d'année 2020 voit le lancement de la campagne présidentielle étasunienne où Trump brigue un second mandat. Or, le patron de la Maison Blanche se trouve de plus en plus attaqué et contesté dans ses fonctions présidentielles comme en témoigne la procédure de destitution lancée contre lui par les démocrates ces prochains jours. Dans ce contexte politique tendu, Donald Trump recherche une union nationale autour de son commandement et qui soit supérieure aux clivages politiciens. Et pour cela rien de tel qu'une bonne guerre...
Cette opinion est avouée par Trump lui- même en 2011 lorsque, à la veille des élections présidentielles américaines, il soupçonnait Barak Obama de vouloir rétablir sa popularité électorale en voulant déclencher une guerre.... avec l'Iran !
Voilà donc en réalité, loin de la noblesse des valeurs agitées devant les médias, les vraies motivations financières et électoralistes qui ont poussé Trump à provoquer cette dangereuse escalade avec l'Iran. Il y a certainement comme dans tout coup de poker une grande part de bluff dans le jeu de ce cow-boy américain, sauf que cette fois, avec l'élimination physique d'un dignitaire du régime et homme iranien extrêmement populaire, l'ingérable Donald est allé trop loin et l'Iran risque d'être tenté de le prendre à son propre jeu tant les cartes dont il dispose sont faibles face un un embrasement général du Moyen Orient qu'une guerre contre l'Iran ne manquerait pas de déclencher.
Il serait temps que les adversaires laissent aux vestiaires leurs théologies politiques et leurs politiques théologiques pour retrouver le bon sens d'un pragmatisme politique basé sur des concessions et le respect réciproque des souverainetés identitaires de chacun.
Je pense que si l'Iran, qui a su conserver le flegme d'une diplomatie perse puissante, est prêt à s'engager sur le chemin de la diplomatie et de la paix, il n'en est pas de même pour l'arrogante thalassocratie anglo-américaine qui a trop d'intérêts vitaux dans cette région éloignée de sa zone d'influence naturelle même si elle n'a aucune légitimité à s'y imposer, idéologiquement, économiquement et militairement !
Ce dimanche 21 juillet 2019, j'ai été invité à nouveau à rencontrer la petite communauté de Trudovsky, un quartier du district de Petrovsky situé sur le ligne de front du Donbass, dans l'Ouest de Donetsk, autour d'une première exposition photo lui étant consacrée.
Une occasion pour moi de revenir toujours avec émotion dsn ce quartier, sur la ligne de front duquel j'ai servi en 2015 et 2017.
Dimanche 21 juillet 2019
Quand l'actualité est brûlante comme c'est la cas d'une zone de conflit, les fenêtres qui sont ouvertes sur les événements et les personnes sont très différentes et souvent même proposent des regards divergents et contradictoires. Et le Donbass n'échappe pas à le règle, bien au contraire !
Il en est ainsi par exemple des versions des perroquets d'Etat, courtisans et gamellards propagandistes qui bataillent au dessus des tranchées sur un front de l'information où tout leur semble permis pour servir une partialité qui aujourd'hui, dans notre monde post moderne hyper connecté, sont plus ridicules qu'efficaces. Et ces nouveaux "chiens de gardes" éborgent par le mensonge et la censure la déontogie journalistique (quand ce n'est pas la brûler au bûcher d'un fanatisme manichéiste). Il y a aussi les reagrds des acteurs, militaires ou civils engagés dans le conflit par devoir et non par intérêt, et qui apportent, par leurs témoignages et leurs motivations, une profondeur humaine à la guerre permettant de mieux comprendre sa vraie nature beaucoup plus compexe que la vision présentée par les propagandes.
Il y a enfin ceux qui ouvrent des fenêtres sur la guerre, sans rideau cherchant à filtrer ses parts d'ombre ou de lumière, et qui laissent le public la liberté émotionnelle d'en ressentir par lui même toute sa réalité radicale....
La première fois que j'ai croisé Svetlana Kissileva c'était à Paris, autour d'une discussion sur le Donbass quelques jours avant mon départ vers Donetsk. Plus tard Svetlana a également rejoint, au cours de cette même année 2015, ce pays en guerre qui est aussi sa terre natale. Depuis elle témoigne inlassablement, appareil photo à la main, de la vie quotidienne des femmes et des hommes de cette steppe russe à nouveau balayée par les vents violents de l'Histoire.
Engagée au sein de l'agence Novorossiya Today avec laquelle il m'arrive souvent de collaborer, Svetlana Kissileva a su donner à ses photos la profondeur d'un miroir reflétant l'âme des personnes et l'esprit des lieux rencontrés. Par la sensibilité de son regard et son talent photographique, elle nous offre un des plus beaux témoignages sur cette guerre insensée qui saigne le coeur de l'Europe à l'aube de ce XXIème siècle.
Dans ses reportages photographique, Svetlana nous ouvre une fenêtre sur le peuple vrai du Donbass, celui qui vit des souffrances quotidiennes et que la guerre a exarcerbé au delà de l'imaginable et souvent du supportable pour les occidentaux ou même certaines personnes du centre ville de Donetsk, qui vivent dans ces bulles artificielles, où la couleur de la guerre rouge sang et indélébile dans les mémoires n'est plus que le noir d'une encre imprimée entre 2 publicités dans des journaux jetables.
Nous sommes allés plusieurs fois ensemble dans ce quartier de Trudovsky, parfois en compagnie d'Emmanuel et Estelle Leroy qui avec leur association humanitaire "Urgence Enfants du Donbass", aident régulièrement ici les victimes de la guerre et ceux qui tentent de les soigner.
Dans ce quartier aux allures de village, à l'ombre d'un grand terril de charbon vit, où plutôt survit, une communauté au milieu des bombardements et des tirs quotidiens débordant la ligne de front située à moins d'un kilomètre. Chaque soir les familles, encore nombreuses, se calfeutrent chez elles derrière les murs les moins exposés aux tirs, aux fenêtres renforcées de plaques ou dans les caves de leurs maisons aux murs griffés par l'acier. D'autres personnes, principalement des grands mères, rejoignent un ancien abri anti-atomique datant de la guerre froide où elles ont déménagé, pour certaines depuis 5 ans, après un bombardement destructeur important de leur maison.
Devant l'intensité de la guerre et surtout sa durée exceptionnelle on se demande immédiatement comment ces femmes, ces enfants et ces hommes peuvent être toujours là debout et sans sombrer dans la folie ou le désespoir. Il existe beaucoup de paramètres répondant à cette question parmi lesquels l'héritage d'une histoire douloureuse où les souffrances des guerres précédentes sont devenues des exemples dans leurs transmissions mémorielles; une vie sociétale fondée autour d'une activité minière difficile et dangereuse ayant éprouvée depuis des générations les corps et les esprits; la capacité développée d'une résilience et d'une solidarité issues du système soviétique; une fidélité à cette terre charnelle où reposent les morts et où les vivants cultivent leurs souvenirs et espérances transmises; etc. ... autant de ces qualités certainement consubtantielles à un inconscient collectif russe qui traverse intact les cycles de son Histoire.
Dans cette région d'Europe où les traditions sont encore sacrées et vivantes, il est important d'observer le rapport entretenu et l'apport réel de la foi religieuse pour mieux comprendre comment, mais aussi pourquoi, cette population du Donbass écrasée par les bombardemenst depuis plus de 5 ans, est toujours là debout au milieu de ses quartiers en ruine.
Et je ne veux pas faire ici de prosélytisme particulier lorsque j'évoque cette dimension sociétale de la foi et affirme qu'elle constitue un pilier important du Donbass, surtout dans le cadre de la guerre qui le frappe. Car il s'agit de la foi naturelle, ce dynamisme religieux universel diversement décliné dans les espaces et les temps humains, et qui est depuis les débuts de l'Humanité une fonction vitale dans l'achitecture ontologique de toute les communautés de l'Etre et même dans celles de l'Avoir qui carcatérisent ce monde moderne où l'on peut observer sans conteste le transfert du sentiment religieux dans un fétichisme non moins organisé de la marchandise. Lorsque j'observe la foi, en dehors de toute conviction religieuse personnelle, force est de constater qu'elle permet à l'être humain - à condition toutefois qu'elle ne construise pas un fatalisme victimaire, - de mieux résister aux épreuves individuelles de la vie et celles collectives de l'histoire. Et je tiens d'ailleurs le même discours lorsque j'évoque la la foi musulmane de la ciommunauté tatare près de laquelle je vis à Oktyabrsky.
C'est pour cela que partoit dans le Donbass, les lieux de culte restent ces centres d'équilibre privilégiés autour desquels gravitent l'harmonie et la cohésion d'une communauté et pour laquelle le mot "église", avant de désigner un bâtiment de pierre ou de brique, est d'abord une "assemblée" dans le sens étymologique initial du grec "ekklesia" (ἐκκλησία) et dans laquelle les personnes restaurent et entretiennent et mettent en commun leurs forces mentales.
Le père Alexandre, au milieu du centre d'accueil attenant à l'église bombardée de Trudovsky
Mais, au cours de cette guerre abjecte, Trudovsky la martyre a vu également son sanctuaire touché par l'artillerie ukrainienne, et ses orages d'acier qui ont gravement endommagé ce lieu de prière, de réconfort et d'entraide de cette petite communauté aux lisières occidentales de Donetsk. Depuis 4 ans, autour du père Alexandre, qui anime à la fois avec charisme et humilité cette paroisse de Trudovsky, les habitants ont entrepris, pierre par pierre et poutre après poutre la restauration de leur sanctuaire qui est religieux mais aussi historique car élevé sur le lieu du martyr de dizaines de partisans et prisonniers russes torturés et assassinés par la Gestapo pendant la dernière guerre mondiale. A l'occasion de ses reportages Svetlana Kissileva a décidé de mettre son talent au service du projet de sauvetage de ce lieu qui pour les habitants représente le coeur de leur communauté martyrisée et le champ où ils sément leurs espérances vitales. Ce dimanche a donc eu lieu la première présentation publique d'une sélection initiale de photographies et qui vont être prochainement complétées par de nouvelles photos de Svetlana mais aussi enrichies par celles de Kristina Melnikova, une jeune reporter de l'agence EA Daily et dont le talent de photographe n'a pas à rougir de celui de Svetlana.
L'embryon de cette expostion photos a été présentée pendant toute la journée dans un parc au centre du district urbain de Perovsky et dont dépend le quartier de Trudovsky. Plusieurs dizaines de personnes mais aussi des promeneurs dominicaux sont venus à la rencontre de ces photographies de leur propre histoire. Cela a été l'occasion d'échanger des témoignages, souvenirs et histoires de vie autour de cette tragédie qui se joue toujours à la lisière de leur cité.
Dans les semaines et les mois à venir de nouveaux reportages et d'autres expositions photographiques à coeur ouvert pour témoigner de ce martyr du Donbass qui éclabousse de sang de larmes et de honte cette Europe du XXIème siècle toujours en proie avec ses vieux démons.
Erwan Castel
Observation: Une plateforme d'aides, directement organisée et gérée par la paroisse de Trudovsky sera également mise en place et ses coordonnées communiquées, afin de donner la possibilté à toutes et à tous d'aider à la restauration de son sanctuaire.
Kristina Melnikova et Svetlana Kissileva, 2 reporters qui ont décidé de mettre leurs talents et leur travail au service de la Vérité et aujourd'hui pour aider à soigner le coeur bombardé de la communauté de Trudovsky
Ce matin la Tradition est venue s'inviter dès les premiers blanchiments de l'Orient, à travers son expression chrétienne orthodoxe encore très vivante dans le Donbass.
Dimanche 28 avril 2019
Dès 4h00 du matin les carillons des dômes dorés attendant les premiers rayons solaires sont parvenus jusqu'à nos positions où est respectée la traditionnelle trêve de Pâques.
Ainsi de ces oeufs décorés des indicatifs des membres du groupe et du traditionnel gâteau de Pâques qui ont été partagés au lever du soleil aux milieu d'accolades fraternelles.
En tant que polythéiste, je respecte d'autant plus la pratique de cette foi orthodoxe que je connais les racines païennes de cette fête printanière et dont on retrouve des témoignages chez les chroniqueurs orientaux et même dans l'ancien testament :
"À l'entrée du sanctuaire, entre le vestibule et l'autel, il y avait environ vingt-cinq hommes. Ils tournaient le dos au sanctuaire et, face à l'orient, ils se prosternaient pour adorer le soleil" (Éz. 8:14-16).
Quand la Tradition universelle est portée et transmise par les traditions particulières :
Cette tradition de Pâques porte d'ailleurs encore son origine chaldéenne dans sa sémantique, avec le pluriel "des pâques" usité dans les expressions poupaires mais que l'on ne trouve pas dans la bible, ou encore l'anglais "easter" qui fait référence au levant solaire.
"Détail" intéressant: dans ce culte printanier de Mésopotamie, les populations païennes pleuraient un vendredi après une période de jeune la mort du dieu Thammuz (nom local d'Osiris) en se tournant vers le Nord, avant de célébrer sa résurrection le dimanche en se tournant vers l'Est du soleil levant (résurrection que "l'Eternel" juge alors être une "abomination" (Éz échelle 8-15). Cette histoire se répète dans la théologie chrétienne tandis que sa symbolique païenne se perpétue par exemple dans l'orientation orientale des églises ou leurs symboles négatifs positionnés sur la façade Nord).
Quant aux oeufs décorés, dont la tradition pré-chrétienne est elle aussi attestée par les chroniqueurs et les archéologues, ils font référence à la déesse Astarté qui est née d'un oeuf tombé du ciel, poussé sur le rivages par des poissons avant d'être couvé par des colombes (cf l'historien Alexandre Hislop "les deux Babylones"). Ce culte est associé à celui de Beltis la déesse des cieux dont on retrouve des équivalents avec le culte de Bel dans le celtisme par exemple...
Et c'est sur les bords de cette mer Noire pu nous nous battons que les archéologues ont trouvé les plus vielles traces d'oeufs décorés, datant de plusieurs milliers d'années avant l'ère chrétienne.
Autant de preuve qu'il existe bien un sacré universel qui malheureusement dégénére au fil de ses expressions dogmatiques religieuses et ecclésiastiques jusqu'à formuler à travers les prosélytismes hégémoniques de l'Histoire, comme le christianisme romain d'hier ou l'Islam politique d'aujourd'hui, le contraire de son message originel.
Tout cela pour vous essayer de vous dire que les déclinaisons du sacré universel, tant détournées par des idéologies ecclésiastiques universalistes, ignorantes et intolérantes (et sécularisées depuis dans le domaine politique), devraient dépasser leurs apparentes différences pour retrouver dans une herméneutique universelle, leurs vraies racines et le sens authentique d'une communion humaine originelle en harmonie avec la Nature, les dieux et "les pâques" de la Tradition.
Bonnes fêtes de Pâques à toutes et à tous dans l'amour du "sol invictus"... et de toutes ses anthropomorphisations divines et humaines !
Erwan Castel
Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front
Talonné de près par ses parrains occidentaux le régime de Kiev nous offre chaque jour une caricature imbécile et violente de la russophobie hystérique orchestrée par un mondialisme qui veut soumettre Moscou à la dictature de sa marchandise.
Voici un article signé Karine Bechet Golovko qui fait la synthèse de cette politique suicidaire menée dans le pays qui est intimement lié à l'identité russe depuis que l'Histoire de cet immense empire où le soleil jamais ne se couche l'a fait naître précisément sur les berges du Dniepr, dans la "Rus de Kiev".
Erwan Castel
Source de l'article: Russie Politics
Porochenko poursuit la dérussification de l'Ukraine,
quitte à vider le pays de lui-même
Karine Bechet Golovko
A quelques mois des élections présidentielles, dans lesquelles Poroshenko est donné perdant quelle que soit la configuration, et en pleine loi martiale, l'Ukraine sombre avec son Président en plein chaos. La guerre est déclarée, la déclaration vaut la guerre, la communication cache la profondeur de la déstructuration de la société. Finalement, c'est bien contre son peuple, et contre lui-même, que Poroshenko se lance, fossoyeur désenchanté d'un pays en perdition.
Alors que depuis le putsch du Maïdan, l'Ukraine se trouve en pleine crise, démographique, économique, sociale et politique, le Président Poroshenko continue à renforcer la négation de la société par elle-même, en détruisant un à un ses repères. Or, sans repère, aucune société ne peut ni se construire, ni évoluer. Comme l'écrivait Sartre dans la pièce Les séquestrés d'Altona, il y a deux manières de détruire un peuple, l'une d'entre elle est de l'amener à se renier. C'est ce que fait Poroshenko.
Son combat contre l'Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou en est un aspect (voir notre texte ici). Il s'agit de l'Eglise historique en Ukraine et qui reste de très loin la plus influente. Elle a refusé de demander son indépendance, encore moins de passer sous contrôle du Patriarcat de Constantinople, ce qui est finalement le résultat de tout le remue-ménage de Poroshenko.
Les prêtes sont poursuivis, les bâtiments cherchent à être récupérés et rattachés à la nouvelle Eglise. Pour cela, les organes officiels d'Etat ne sont pas suffisants, il faut frapper fort, il faut une Terreur. Les groupuscules extrémistes font l'affaire et déclarent la "chasse aux popes moscovites". Poroshenko lance des messages contradictoires, à la fois accusant l'Eglise canonique orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou d'être un agent de la Russie tout autant que ses fidèles, et condamnant mollement l'ouverture de la chasse. Quand les services spéciaux ukrainiens l'ont déjà commencée. La religion orthodoxe est un élément du Monde russe.
Par ailleurs, Poroshenko s'attaque aux fonctionnaires et politiques ayant un lien avec la Russie, qu'il s'agisse du passeport ou de proches et concrètement demande au SBU (KGB ukrainien) de contrôler tout ce petit monde. Là, la situation devient ubuesque. Sans compter qu'une grande majorité de la population a des proches en Russie, les deux pays ne faisant qu'un pendant des siècles jusqu'en 1991, cette proximité concerne évidemment aussi les fonctionnaires et politiques. A commencer par Poroshenko lui-même, qui a son business en Russie, la femme de son fils est Russe tout comme le père de sa femme ...
Mais ce n'est pas le seul et la presse ukrainienne a cherché un peu plus précisément. Il se trouve que beaucoup de membres des services spéciaux ukrainiens ont des proches de nationalité russe ou vivant en Russie, ce qui a été révélé avec le scandale du premier vice-directeur du service de renseignements extérieur ukrainien, Sergueï Semotchko, dont la femme et pas moins de 8 proches ont deux passeports, russe et ukrainien. Lui-même possède également la nationalité russe. Cet individu est mouillé dans une affaire conduisant à limiter l'importation de médicaments, et vu son patrimoine, il semble avoir des affaires aussi louches que fructueuses. Mais le nouveau pouvoir maïdanien ne pouvant être banalement corrompu, dans la fable de Poroshenko, ce sont ses liens avec la Russie qui le poussent à agir contre l'intérêt de l'Ukraine et pas simplement l'appât du gain - trop primaire. Il faut donc noyer le poisson pour cacher l'impasse de ce pouvoir, quitte à provoquer une vague incontrôlable.
Ainsi, par exemple, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavel Klimkine, est lui né en Russie dans la ville de Koursk et a terminé à Moscou l'Institut de Physique et de technologie. De plus, le père de sa femme est un haut gradé russe, habitant en Crimée et ayant été décoré pour son action en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie. C'est également le cas du commandant des Forces Unifiées combattant dans le Donbass, Sergueï Naev, dont le petit frère vit en Crimée, comme ce fut le cas de son père jusqu'à son décès en 2013. Il y en a encore beaucoup d'autres, la liste est très longue, sans même compter ceux qui font des affaires en Russie.
Tout simplement parce qu'objectivement, les deux pays sont historiquement liés, tout comme les peuples. Vouloir sortir la Russie d'Ukraine, c'est conduire le pays à se vider de lui-même.
Pour maintenir la pression et empêcher toute discussion, et réflexion sérieuse, Poroshenko réchauffe le conflit dans le Donbass et dans la Mer d'Azov. Des attaques seraient prévues, mais il serait surprenant que l'Ukraine prenne réellement le risque d'un conflit avec la Russie, elle serait pays agresseur et le problème serait réglé pour le coup assez rapidement sur le plan militaire, comme le souligne le ministre russe des Affaires étrangères, S. Lavrov:
"Selon les informations dont nous disposons et que nous somme enclins à croire, Porochenko envisage d'organiser une provocation à la frontière avec la Russie, à la frontière avec la Crimée pour la dernière dizaine de décembre. Il se verra opposer une riposte vaste comme la mer, je vous l'assure», a ajouté le ministre, notant que la Russie ne permettrait pas à Piotr Porochenko de violer les droits que les habitants de Crimée avaient défendus conformément au droit international."
Poroshenko, incapable de gouverner, car de toute manière ne maîtrisant pas les rênes de la gouvernance, ne présente d'utilité qu'en montrant être prêt à aller jusqu'au bout dans les intérêts atlantistes, quitte à détruire son pays et son peuple. C'est le seul intérêt qu'il puisse présenter pour les Etats-Unis, c'est le prix qu'il est prêt à faire payer pour rester au pouvoir. La question restera de savoir ce dont le clan atlantiste a besoin sur le sol ukrainien, ce qui pour l'instant déterminera à court terme l'avenir du pays.
La querelle ukrainienne entre les patriarcats orthodoxes de Moscou et de Kiev qui dure depuis des années vient de prendre la dimension d'une croisade anti-russe depuis que l'église ukrainienne a recu le soutien du pouvoir de Kiev qui avec la complicité du patriarcat fantoche de Constantinople lui a octroyé le monopole du culte orthodoxe et la saisie des biens ddépendant du Patriarcat de Moscou.
Source de l'article : Russie politics
L'Ukraine offre son Eglise à Constantinople
et lance une vague sans précédent de répression
contre le Patriarcat de Moscou
Karine Bechet Golovko
Photo des prêtes convoqués par le SBU (KGB ukrainien)
Nous avions parlé des tentatives conjointes de l'Ukraine, sous impulsion américaine, et du Patriarcat de Constantinople pour provoquer un schisme dans l'Eglise orthodoxe, en faisant sortir l'Eglise orthodoxe canonique d'Ukraine du Patriarcat de Moscou, dont il dépend depuis le 17e siècle (voir notre texte ici). Il semblerait que les choses se passent assez mal et finalement une Eglise ukrainienne sera artificiellement créée et rattachée à Constantinople. Au lieu de l'autocéphalie, Poroshenko reçoit encore une subordination. Cela devient une habitude ...
L'attribution de l'autocéphalie se trouve dans une impasse, car l'Eglise orthodoxe canonique d'Ukraine, dépendant historiquement du Patriarcat de Moscou, n'a pas cédé aux chants des sirènes orientales (voir notre texte ici) et la procédure a été bloquée.
Comme nous l'évoquions à l'époque, et cela s'est confirmé, Constantinople dont le rayonnement est pour le moins ramené à son minimum vital par les autorités turques, peut utiliser les ambitions de l'Ukraine pour porter atteinte à l'unité de l'Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou, voire, si cela ne se passe pas comme prévu, prendre possession de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine. Et c'est justement ce qui est en train de se passer. Après avoir bradé l'Etat, Poroshenko brade l'Eglise.
La presse ukrainienne a donné l'information après une diffusion de la première page du Statut adopté par Constantinople fin novembre sur le site orthodoxe grec. Ainsi, une certaine Eglise orthodoxe d'Ukraine serait mise en place non pas avec un Patriarche à sa tête, ce que permettrait l'autocéphalie, mais avec un métropolite, dans le cadre du Patriarcat de Constantinople, avec une liberté moindre que celle dont dispose l'Eglise orthodoxe canonique du Patriarcat de Moscou en Ukraine.
Cette Eglise ukrainienne semi-autonome ne plaît pas au renégat Filaret, qui attendait avec impatience d'être reconnu comme l'égal du Patriarche de Moscou. Par ailleurs, le synode envisagé n'est pas sacré et permanent, il est composé de 12 membres et sera renouvelé tous les ans. En cas de vacance du poste de Métropolite de Kiev ou de conflit, c'est le Patriarche de Constantinople qui règle la situation. Donc, l'Ukraine, non seulement, n'aura pas d'autonomie, mais elle perd toute indépendance - également sur le plan religieux.
D'autres dispositions soulèvent des questions. Ainsi, le statut prévoit qu'automatiquement tous les croyants seront rattachés à cette Eglise. Si l'on comprend l'envie de Constantinople de faire main-basse sur l'Ukraine, des conflits sont inévitables avec l'Eglise canonique, qui reste la plus importante et refuse la fusion. Cela pose aussi, en terme politique, des problèmes à Poroshenko, l'Etat ukrainien n'ayant plus le droit de décider des Eglises sur son territoire.
Et pour aller encore plus loin, le Statut prévoit que cette Eglise n'a pas le droit d'ouvrir de nouveaux diocèses à l'étranger et les diocèses se trouvant à l'étranger dépendront directement de Constantinople. Cela va même jusqu'à l'interdiction de canoniser les saints de manière autonome. Sans oublier que les huiles saintes devront être achetées à Constantinople.
Ce qui est proposé par Constantinople est tout simplement humiliant pour l'Ukraine. Mais Poroshenko fait semblant de ne pas remarquer et met une pression incroyable pour que ce Statut et cette parodie orientale d'autocéphalie soient approuvés par la réunion du synode mi-décembre.
C'est pour cela que des dizaines de prêtes orthodoxes sont convoqués en masse par le SBU (ex-KGB) - en qualité de témoins. Que des perquisitions sont perpétrées non seulement dans les bâtiments des églises, mais également au domicile des prêtres. Le fait qu'une décision de justice puisse permettre ces perquisitions pour incitation à la haine sociale et religieuse et extrémisme est un signe particulièrement dangereux. Mais les perquisitions dépassent le cadre légal et sont poursuivies, sans autorisation, aux domiciles.
Les répressions sont en cours et personne n'élève la voix. Il est vrai que la religion chrétienne n'est déjà pas très à la mode dans ce monde néo-trotskyste, alors quand ces répressions ont le double mérite et d'affaiblir l'Eglise orthodoxe, qui reste très / trop fervente, et de porter atteinte au patriarcat de Moscou, en effet, pourquoi réagir ...