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dimanche 26 juillet 2020

Photo du 26 juillet

Svetlana et la petite Luna

Dans ce Donbass il est fréquent d'y faire des rencontres singulières mais aussi symboliques de ce peuple libre protégeant sa nature autant que ses traditions...

Nous sommes loin du débilisme de nos sociétés occidentales castrées où par exemple l'ONCFS interdit à quelqu'un de sauver et soigner un animal dit "sauvage"...

En Russie il n'est pas rare de voir des personnes en compagnie de loups, d'ours, de rapaces, de renards, etc...

Un rapport à la nature.... naturel !

Erwan Castel

lundi 23 mars 2020

Solidarité et discipline

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Magasin "Moloko" près du Donbass Arena au centre de Donetsk. 23/03/2020 16h00

Publié sur les réseaux sociaux le 23 mars

Dans notre petite République Populaire de Donetsk, malgré les difficultés liées à la guerre et au blocus déclenchés par l'Ukraine contre les russes du Donbass, la vie continue avec de nouvelles précautions supplémentaires imposées par la pandémie du coronavirus Covid19.

Lundi 23 mars 2020

A ce jour aucune infection n'a été détectée à Donetsk et Lugansk, mais les autorités anticipent la menace avec par exemple un confinement des élèves et étudiants, une fermeture des frontières, une mise en alerte et équipement spécialisé des personnels de santé, et une information auprès de la population.

Ici les gens suivent de près, mais sans émotion particulière l'évolution de la pandémie, et les masques se sont déjà répandus dans tous les lieux et services publics et magasins.

La Russie est à la fois attentive et confiante et ses populations solidaires et disciplinées.

Erwan Castel


mardi 28 janvier 2020

Photo du 28 janvier

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Après 4 mois d'hospitalisation et en attendant les prochaines opérations du bras, je m'en suis retourné vers mes camarades de Piatnashka qui m'ont réservé un accueil fraternel.


Mardi 28 janvier 2020

En attendant de prochaines opérations du bras gauche, je suis revenu dans la caserne de ma compagnie de Piatnashka, située au centre de Donetsk, et aussi aux activités d'information et de rencontres avec des reporters et journalistes visitant le Donbass. 

Ce portrait a été réalisé par le photographe français Jacques Pion lors d'un de ses reportages à Donetsk, ici dans la mosquée d'Oktyabrsky, dont la communauté, majoritairement tatare nous a réservé un accueil chaleureux. 

Ce n'est pas la première fois que je viens à la rencontre des communautés religieuses de mon quartier, que ce soit celle de l'église orthodoxe située près de l'aéroport ou celle de la mosquée située près du front de Peski à l'Ouest d'Oktyabrsky. J'avais d'ailleurs écrit un article sur cet "oasis de sérénité au milieu des ruines" dont l'action réalisée sous les bombardements de son est exemplaire et illustre bien cette fraternité humaine qui règne entre les communautés de Donetsk.

Erwan Castel

mardi 9 juillet 2019

La photo d'un jour de l'engagement d'une vie

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Mardi 9 juillet 2019

Ce 9 juillet 2019, les algorythmes de ce réseau Facebook qui sait se rendre aussi insupportable qu'utile, m'ont proposé de partager un souvenir en choisissant une photo prise le 23 octobre 2017 sur le front de Yasinovataya et que j'ai choisi ensuite pour être le bandeau de mon profil sur plusieurs réseaux sociaux.

Une occasion rapide de mesurer le temps écoulé depuis cette matinée ensoleillée sur notre position défensive de Yasinovataya et le début de la publication d'extraits de mon journal du front sur ce blog et les réseaux du net...


Au moment de cette photo, que j'ai prise pour m'amuser en octobre 2017, je venais à peine de commencer à mettre en ligne des extraits de ce "journal du front" que je tiens depuis mon arrivée dans le Donbass, entre autre pour répondre à de plusieurs personnes qui me demandaient de plus "personnaliser" mes témoignages sur cette guerre à laquelle je participe et d'autres qui me pressent d'écrire un livre sur le Donbass...

Aujourd'hui, j'avoue être surpris par les réactions positives à cette écriture souvent baclée, fatiguée et pleine de fautes et de coquilles. Déjà plus de 340 extraits publiés ici grâce aux soutiens fidèles et encouragements de nombreuses personnes ici et ailleurs qui m'aident à surmonter les difficultés, la fatigue et aussi les trahisons subies.

Je continuerai donc modestement, tant que je suis debout sur ce front, à tacher d'encre mes petits carnets et à user les touches fatiguées de mon ordinateur pour que la cause du peuple du Donbass et son combat ne tombent pâs dans les culs de basse fosse de la censure médiatique occidentale ou les débilismes des propagandes qui s'affrontent par dessus les tranchées.

Et si je persévère dans cette action, c'est uniquement grâce aux partages innombrables et arborescents réalisés sur les réseaux par des gens qui, depuis plus de 5 ans pour certains, soutiennent mon action et mon engagement pour le Donbass éternel au milieu duquel je ne veux être que cette ombre chinoise, impersonnelle et éphémère...

Merci donc et encore à toutes et à tous de votre intérêt et votre soutien indéfectibles pour la cause commune que j'essaye de défendre ici dans les tranchées du Donbass et dans celles d'Internet !

Erwan Castel

Les autres extraits de mon journal du front, le lien ici : Journal du front


mardi 7 mai 2019

Photo du 7 mai

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"Comme dans le roman de Cervantès, les éoliennes ressemblent à des dragons... Morts. Et les chevaliers errent a pied, démunis de leur espoir autrefois vivant."

commentaire FB d'un ami brésilien, Abrahão Consolação


Mardi 7 mai 2019

Rappelé à Donetsk le temps des cérémonies du 9 mai, je remonte la ligne de front vers le Nord en traversant un champ étrange d'immenses éoliennes tendant leurs pales immobiles vers les dieux comme pour implorer la fin de la guerre qui a interrompu entre terre et ciel leur danse avec Eole.

La guerre a en effet interrompu cette production d'énergie, la ligne de front coupant les éoliennes de la ville de Mariupol à laquelle elles sont raccordées, et qui est occupée par les forces de Kiev depuis exactement 5 ans, lorsque le bataillon spécial Azov (devenu régiment) avait lancé ses blindés à l'assaut de la ville pendant les commémorations du 9 mai 2014, faisant une centaine de victimes parmi les manifestants.

Depuis ce front Sud de la République Populaire de Donetsk est devenu un des secteurs les plus bombardés avec les Nord de Donetsk et Gorlovka.

Le camion Kamaz du bataillon avale lentement le ruban d'une route devenue lépreuse au fil de l'abandon post soviétique puis des bombardements ukrainiens.

Plus tard les premiers terrils bornant le territoire industriel de Donetsk se profilent à l'horizon de ces 100 kilomètres mais 2 heures et demi se trajet cahoteux...

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

samedi 4 mai 2019

Photo du 4 mai

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Opération "chachliks" !
Le temps d'une pause avec une partie du "Staff", "Green " de l'Etat Major du bataillon, "Snak" le commandant de Compagnie et la "Starchina" venus nous rendre visite sur le front et partager, sur notre base arrière désormais opérationnelle pour les grillades, un repas au soleil....

Comme quoi le front ce n'est pas toujours les tranchées, les bombardements, la boue ou le gel.....

Erwan Castel

mardi 26 mars 2019

Photo du 26 mars

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Hier soir, je regardais se confondre dans une vitre les éclats du soleil et ceux de la guerre dans ce nouveau printemps qui recommence dans le Donbass à éclairer un nouveau cycle d'incertitudes et de violences mais aussi à réchauffer les espérances d'une population qui depuis 5 ans vit le destin tragique d'un peuple coincé entre un bélier atlantiste fou et des murailles russes verrouillées.

Et malgré les discours populistes et optimistes que l'on entend ici et là, comme récemment du Président Pushilin ou de la députée russe Plokonskaya de passage à Donetsk martelant que le Donbass tout comme la Crimée en 2014 redeviendra une terre russe à part entière, force est de constater que cet avenir radieux n'est pas pour demain et que le chemin risque d'être long et douloureux pour que soit achevée la réhabilitation historique de ce peuple russe qui en 1918 a été jeté dans une Ukraine, certes soviétique, mais qui aujourd'hui non seulement n'existe plus mais lui a même déclaré la guerre depuis 5 ans.

Soldats du front, nous sommes loin de ces discours de politiciens et encore plus de ceux de leurs chiens de garde dont les propagandes veulent "être plus royalistes que le roi". 

En tant que gibier, nous sommes attentifs aux fumées s'échappant des casemates ennemies, au bruit des moteurs que les équipages de blindés invisibles allument dans la nuit pour se réchauffer, à la boue de nos tranchées qui cache peut-être un piégeage nocturne, aux détonations et sifflements qui déchirent l'air au dessus de nos casques. 
En tant que gibier, nous n'aimons pas quand nous interpelle le silence des autres...

En tant que chasseur, chacune de ces empreintes visuelles ou sonores devient également un indice qui nous conduit vers la nature et les intentions de l'ennemi dont nous anéantissons les secrets ces garants de l'effet de surprise victorieux, et parfois aussi les imprudents et téméraires qui oublient que le soldats n'est pas invisible ni immortel.
En tant que chasseur, nous aimons nous dissimuler dans le silence des nôtres...

La semaine passée de cette cynique "trêve de Printemps", 10 de nos miliciens minimum ont encore été tués par des tirs ukrainiens, fauchés par des obus d'artillerie, des missiles antichars ou des balles de snipers. 10  "200" comme il est dit dans le jargon militaire russe ("300" désignant les blessés). Et à chaque revue de presse que j'effectue sur les réseaux de l'internet je découvre chaque jour avec tristesse de nouveaux noms et visages de ces femmes et ces hommes héroïques qui sont doublement sacrifiés sur le front militaire et dans le silence des médias.

Notre bataillon, qui poursuit sa métamorphose au sein des forces spéciales du Ministère de l'Intérieur, par des entraînements, de nouveaux équipements, ne nous laisse pas le temps de souffler surtout que de nouvelles missions et positions à défendre supplémentaires viennent de nous être attribuées dans la tradition de la Brigade Piatnashka, toujours aux avants postes de la ligne de défense de la République. 

Le soleil s'est maintenant enfui dans les plis de l'horizon découpé par les ombres des terrils et des mines de charbon, mais ses derniers rayons de lumière restent accrochés à cette fenêtre brisée comme reste accrochée dans les coeurs des femmes et des hommes du Donbass la promesse de retour d'un autre type de "Printemps russe", plus chaud et joyeux que le plus beau des étés....


Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

jeudi 21 mars 2019

Photos du 21 mars

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Dans le Donbass, nombreux sont les jouets déposés au pied de cénotaphes et sur les tombes de jeunes blés fauchés trop tôt par la guerre. Et dans chaque district des orphelinats témoignent aussi de la souffrance morale et psychologique, moins médiatisées que les disparitions et blessures physiques mais tout aussi traumatisante pour ce peuple bombardée depuis 5 ans par les forces ukrainiennes.

Silencieusement les enfants témoignent avec leurs crayons de couleur et leurs coeurs meurtris de cette folie qui un jour de 2014 s'est abattue sur leurs maisons, écoles et jardins d'enfant créant des champs de ruines et des forêts d'absences autour d'eux.

Pour l'avoir vécu chez moi à Oktyabrsky, j'ai vu des enfants labourer nerveusement pendant des mois des feuilles avec des crayons noirs, avant de pouvoir dessiner à nouveau avec de la couleur. Mais toujours dans les premiers dessins explicites apparaissent presque toujours l'ombre de la guerre, toits éventrés, larmes et feu comme des cris impuissants lancés vers le ciel.


Jeudi 21 mars 2019

Au cours d'une mission dans Donetsk, en renfort à la sécurité d'un bâtiment militaire, je découvre accrochés à un mur encore des dessins d'enfants du Donbass.

Et chacun d'eux de résumer le drame de la guerre en général à travers l'effroi vécu ici par ces innocents, depuis 5 ans de bombardements ukrainiens.

Voir ces dessins d'innocents sur les murs d'une caserne n'est pas incongru, bien au contraire, il rappellent chaque jour aux soldats en armes qui passent devant eux pourquoi et pour qui ils se battent sur le front. Ils témoignent du sens sacré de l'engagement. 




1: "Les enfants veulent la Paix"

2: "Non à la guerre" 

3: "Guerre et Paix"

4: "Non à la guerre"

Dans la langue et donc dans l'âme russe, "мир" (Mir) désigne à la fois la Paix et le Monde.

Une homonymie et des dessins qui se passent de commentaire...

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front



dimanche 3 mars 2019

Photo du 3 mars

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Pour une fois c'est mon observateur qui a tiré, et vers moi pour ce portrait au moment d'une pause dans une tranchée entre 2 observations de positions ukrainiennes. 

Malgré les accords de Minsk, les forces ukrainiennes continuent de bombarder la ligne de front et même les zones résidentielles du Donbass. 
Ainsi avant hier un résident de 73 ans a été tué dans un bombardement de Gorlovka et hier matin à 10h00 c'est le secteur Nord de Donetsk (Volvo Center et Oktyabrsky) qui a été pris pour cible.

Dans notre secteur, le 2 mars à 16h00, au milieu des tirs réguliers des mitrailleuses lourdes et lance grenades automatiques, l'artillerie lourde ukrainienne a aussi bombardé des positions républicaines défendant la route Donetsk-Gorlovka, avec des obusiers de 122mm... et sous l'oeil d'un drone de l'OSCE !

Une guerre qui continue dans l'indifférence d'une "opinion (autoproclamée) internationale" qui soutient un régime ukrainien méprisant les accords internationaux et les peuples pour le plus grand intérêt d'une ploutocratie mondialiste criminelle et amorale.

Erwan Castel

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samedi 2 mars 2019

Photo du 2 mars

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Hier soir, 1er mars 2019, sur le front au Nord de Donetsk, un ciel d'avant tempête couvrait l'horizon accentuant l'ambiance dantesque des ruines ou n'en finissent pas de tomber des orages d'acier depuis 5 ans.

Entre les 12,7mm d'une mitrailleuse lourde Utios hier soir et les grenades autopropulsées d'un AGS 17 ce matin, les roquettes antichars et rafales de fusil d'assaut rythment notre vie dans "Forteruine"....

Ce matin gros bombardement dans la lisière Nord de Donetsk vers 10h00....

Puis, à nouveau l'arrière garde de l'Hiver à force flocons de neige et vent glacé lance une de ses dernières offensives sur la steppe.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

jeudi 28 février 2019

Photo du 28 février

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Dans le crépuscule, riposte au fusil d'assaut sur une position ukrainienne située à 250 mètres.

Ce 28 février, notre secteur s'est brusquement réchauffé vers 12h00 lorsque les positions ukrainiennes voisines ont pris à partie le Sud de notre ligne de défense avec des tirs nourris de mitrailleuses, lance grenades automatiques, appuyés par un ou deux véhicules de combat d'infanterie BMP 1, aux aboiements de 73mm caractéristiques.

Depuis quelques semaines, sur fond d'élections présidentielles ukrainiennes, le front se réchauffe progressivement. Mais sur le terrain, si les ukrops affichent nettement une "envie d'en découdre", leurs actions restent statiques, essentiellement limitées à des bombardements et des mitraillages de 1er échelon depuis leurs positions.

Les échanges de tir, qui se sont poursuivis par intermittence jusqu'au soir, nous ont aussi convié au festival après qu'une vingtaine de grenades autopropulsées (AGS 17) et des balles de snipers nous aient pris à notre tour pour cible.

Erwan Castel

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dimanche 17 février 2019

Photo du 17 février 2019

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Si dans notre secteur entre Yasinovataya et Avdeevka, la situation du front du Donbass s'est calmée, les provocations ukrainiennes restent cependant à l'ordre du jour, avec des tirs brefs mais réguliers de roquettes antichars (RPG 7), grenades autopropulsées (AGS 17) et mitrailleuses lourdes sur les positions défensives républicaines.

Lorsque les tirs ennemis s'intensifient ou se prolongent, nous engageons alors des ripostes proportionnelles pour les interrompre.

Et pendant que les armes légères de l'infanterie dévoilent, détournent et fixent l'attention ennemie, les snipers et tireurs RPG tentent de neutraliser les tireurs à partir de positions décalées et toujours renouvelées.

Ici, un tir de lance roquette antichar RPG 7 sur une mitrailleuse ukrainienne embossée à 200 mètres seulement dans un abri de tranchée.

Le tout sous un soleil printanier précurseur et rieur !

Erwan Castel

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vendredi 21 décembre 2018

Photo du 21 décembre

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A notre arrivée sur la position tenue par la brigade Piatnashka sur le front de Yasinovataya au Nord de Donetsk j'ai commencé par refaire l'inventaire dans un tour d'horizon des positions ukrainiennes pour repérer les changements réalisés depuis la dernière mission.

Et voilà que je découvre, à proximité des ruines d'anciens garages de la zone industrielle de Promka aujourd'hui complètement détruite par 4 années de combats et bombardements, les campements ukropithèques se sont entichés d'un nouveau drapeau aux couleurs de la République Fédérale d'Allemagne. 

"Das ist ein gag, ach so !" aurait pu dire Louis de Funes revenant de sa grande vadrouille... Et pourtant, après plusieurs drapeaux étasuniens, un drapeau italien, des drapeaux du "Secteur Droit", quelques drapeaux ukrainiens quand même, voilà que maintenant les immatures d'en face nous offrent en guise d’anémomètre pour nos snipers les couleurs allemandes, signalant soit une piètre provocation soit un volontaire teuton non moins piètre dans les rangs ukrainiens qui nous font face.

Une belle collection de couleurs en tout cas qui montre bien la superficialité de l'engagement et le peu d'estime que ces soudards portent au drapeau du pays pour lequel ils se battent et qui remplit leurs gamelles au passage. Dans la légion étrangère française si les soldats gardent en leur cœur le souvenir de leurs patries, ils servent, se battent et meurent pour les 3 couleurs qui flottent en tête de leur régiment et décorent leurs uniformes. Moi même tout en portant le drapeau breton en mon cœur et dans mes quartiers, c'est l'aigle bicéphale de la République Populaire de Donetsk et nul autre symbole national que je défends avec mes armes.

Enfin positivons cela colore un peu le paysage à défaut d'égayer la chancelière Merkel !

Erwan Castel

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jeudi 15 novembre 2018

Photo du 15 novembre

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A 05h30 les rafales courtes d'une mitrailleuse lourde ukrainienne "Utios" déchirent sur le front de Promka le silence gelé de la nuit. Des balles traçantes prétentieuses après avoir inutilement frappé le pont voisin de notre position ricochent misérablement vers les étoiles.

Dans les couloirs de "Forteruine", les pas des buveurs de thé résonnent au milieu du silence envahi par une odeur de charbon brûlé.

Depuis cette semaine les sentinelles se relaient plus rapidement aux créneaux des murs venteux pour venir se réchauffer auprès des poêles à bois ou charbons installés aux quatre coins du bâtiment.

Ces sources de chaleur physique et psychologique sont souvent des bricolages réalisées à partir de vieux chaudrons récupérés dans les datchas en ruine qui bordent nos tranchées.

Et les hommes et leurs rêves, les chats et leurs faims, et parfois même les rongeurs et leurs craintes convergent alors dans le secret des corridors renforcés de sacs de terre et de poutres vers ces lueurs rougeâtres dansant sur percussions des armes.

Erwan Castel

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mercredi 14 novembre 2018

Photo du 14 novembre

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Cet après midi je m'en suis retourné dans le cimetière des datchas bordant notre ligne de front entre Yasinovataya et Avdeevka. Ces maisons éventrées offrent de multiples et discrètes embrasures d'où peuvent être à nouveau observées et tirées les positions ennemies environnantes, surtout depuis le dépouillement hivernal des végétaux des haies et des jardins.

Après plus d'une heure à observer depuis une ruine la petite embrasure d'une position ukrop ornée d'un drapeau en lambeau du secteur droit néo-nazi, une silhouette m'a enfin offert une seconde d'imprudence que j'ai remercié d'un tir ajusté.

Immédiatement, des rafales énervées et généreuses ont répondu à mon unique balle et tandis que je changeais de position les ruines des datchas ont été fouillées par les roquettes de 73mm de 2 "sapog" ukrainiens (canon sans recul SPG9) venus en renfort pendant 5 petites minutes de danse avec la Mort.

Peu de temps après je savourais un thé au miel, à la santé et beauté de Freyja, dans la chaleur d'un feu de bois faisant danser les ombres rieuses des soldats de "Forteruine" !

Mission accomplie.

Erwan Castel

mardi 13 novembre 2018

Photo du 13 novembre

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17h00, un silence ouaté enveloppe "Forteruine" au sortir de mon repos. Pas un bruit extérieur ne vient perturber le ronronnement régulier du chaton "Blin" lové sur mes genoux.

Sur le front de Yasinovataya au Nord de Donetsk les positions sont écrasées par un silence inhabituel, pas un seul coup de feu ne vient déchirer l'air froid qui entre en chuintant par les fissures et embrasures du mur Est de notre position.

Après la traversée des couloirs obscurs de "Forteruine" où chuchotent des ombres devant les cicatrices rougeâtres de poêles à charbon improvisés, un paysage blanchi sous un léger blanc manteau m'attend en silence à l'entrée d'une tranchée.

Première neige marquant dans les esprits la venue définitive du Général Hiver qu'accompagnent un brouillard et un vent complices. Et sous les mains que ne quittent plus les gants, l'acier des armes compense désormais le feu de leurs canons.

Depuis 2 jours et surtout 2 nuits, le vent d'Est au milieu des premières températures négatives nous apportait l'odeur de la neige...

Le voilà donc arrivé le premier soupoudrage hivernal, celui qui ouvre la saison des bottes et des tenues de camouflage blanches, du ronronnement des poêles à bois et charbon et des éclaboussures glacées d'un soleil froid assiégeant notre position aux agonies des nuits sépulcrales.

5ème hiver dans le Donbass, et malgré une accoutumance certaine, toujours aux premières morsures du gel (-8° la nuit dernière au poste d'observation), le réveil des souvenirs nostalgiques d'un hamac se balançant au bord d'une crique chaude dans la chaleur moite et les chants d'oiseaux souverains de la forêt guyanaise.

Erwan Castel

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lundi 12 novembre 2018

Photo du 12 novembre

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100 ans après la victoire de 1918, d'autres français se battent dans des tranchées aux côtés de volontaires du monde russe défendant le peuple du Donbass.

Sur le front de Yasinovataya, j'ai reçu par messages, appels ou accolades pas moins d'une trentaine de congratulations et amitiés mémorielles à l'occasion du centenaire de la victoire de 1918.

Ces amis ou camarades, Donbassiens mais aussi russes, serbes, ukrainiens, brésiliens, ossétes, arméniens etc. .. m'ont tous remercié pour mon engagement sur le front du Donbass.

Par contre pas un seul message de la part des français qui pourtant pour certains connaissent ce conflit et ces volontaires français au point de venir régulièrement à Donetsk y quérir poignées de mains ministérielles et notoriété narcissique.

Des volontaires français combattant pour la République Populaire de Donetsk ou de Lugansk il y en a depuis 2014 jusqu'à aujourd'hui et d'autres sont attendus. 
Et nous continuerons à servir sur le front, malgré l'indifférence et même le mépris des français qui, depuis Donetsk ou Moscou prétendent relayer l'information francophone sur la situation dans le Donbass...

Mais quelque part tant mieux car je me sentirai sali d'être cité par ces arrivistes, imposteurs et calomniateurs qui ne sont que des vautours venus glaner à Donetsk quelques honneurs et selfies dans les alcôves dorées des ministères...

Loin des princes et des clercs et de leurs courtisans à breloques qui cherchent à reproduire en microcosme cette société du spectacle propagandiste qu'ils dénoncent en France, nous essayons d'accomplir au mieux notre devoir avec comne seul maître notre Honneur de défendre la liberté d'un petit peuple anonyme qui lui sait nous connaître, nous reconnaître et nous aimer.

Et ceci est notre plus belle récompense !

Erwan Castel

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dimanche 11 novembre 2018

Photo du 11 novembre

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"A voté !"

11 novembre.... alors que les nations devraient se recueillir sur la fin de la grande guerre de 14-18, ici les ukropithèques sponsorisés et parrainés par les anciens acteurs des 2 dernières guerres mondiales, excitent leurs armes à l'occasion du scrutin présidentiel qui anime les villes rebelles de la République Populaire de Donetsk.

Tirs de fusils d'assaut, mitrailleuses légères, lancés grenades et surtout des lances roquettes qui viennent depuis le milieu de journée frapper en vain nos positions accrochées entre Yasinovataya (territoire républicain) et Avdeevka (occupé par l'armée ukrainienne.

Nous répliquons coup pour coup, aux tirs ukrainiens, rappelant avec nos armes la destinée choisie par le peuple du Donbass qui refuse la dictature de la marchandise portée par le coup d'Etat du Maïdan et l'agression téléguidée depuis Washington de ses marionnettes kiéviennes.

Ici sur la photo, depuis une tranchée, Oleg au RPG 7 riposte avec un lance roquette antichar au tir d'une casemate ukrainienne... 

Erwan Castel

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samedi 10 novembre 2018

Photo du 10 novembre

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Aujourd'hui, les ukropithèques ont retrouvé leur nervosité coutumière tirant à tort et à travers, même à travers l'opacité d'un brouillard givrant persistant.

Depuis les postes d'observation attitude dans le mikado de béton et de ferrailles des étages supérieurs détruits, nous faisons l'inventaire des positions ennemies actives, repérables grâce aux fumées de leurs feux de vie ou aux parapets de terre fraîchement retournée ourlant les tranchées.

Immobiles dans un enchevêtrement sans nom de pierres, briques béton, ferrailles nous fouillons à travers nos optiques ce paysage devenu familier depuis plus d'une année d'observation, à l'affût du moindre indice révélant une présence ennemie.

Et les ferrailles du pylône tombé sous les bombardements qui forment une chevelure hirsute sur la crête ravagée de "Forteruine" sont devenues au fil des bombardements et des combats d'étranges dentelles travaillées par 4 années de guerre...

Erwan Castel

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