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samedi 1 février 2020

Ils ne veulent pas lâcher leur proie


Sur fond d'affaire américano-ukrainienne* ayant servi de détonateur à la procédure de destitution du président Trump espérée par les démocrates, Mike Pompéo, le secrétaire d'Etat étasunien ( et ex Directeur de la CIA) est venu visiter à Kiev le président ukrainien Zelensky, cette marionnette occidentale qui vient de relancer une nouvelle escalade militaire meurtrière sur le front du Donbass.

"Le soutien des USA à l'Ukraine ne va pas fléchir" a immédiatement déclaré Pompéo à Zelensky, prouvant s'il en était encore besoin que derrière le théâtre politicien des affrontements entre démocrates et républicains, l'administration étasunienne maintient la cap défini par le pouvoir profond de la ploutocratie mondialiste qui dirige de fait la plupart des pays occidentaux. 
  • Donc les aides militaires étasuniennes à l'effort de guerre contre les russes du Donbass, à la modernisation de l'armée ukrainienne, sa normalisation en vue d'une intégration promise dans l'OTAN, sa participation déjà effective aux opérations de l'alliance occidentale et la création de bases et infrastructures atlantistes en Ukraine vont donc continuer de plus belle !
  • Sur le plan politique, le soutien étasunien - et donc occidental - au régime de Kiev est maintenu dans une doxa belliciste russophobe. Pompéo réitérant à Kiev "l'engagement inébranlable des USA pour son intégrité territoriale et sa souveraineté", Toutefois ce soutien reste dans les faits très prudent et hésite par exemple à livrer des armes offensives à Kiev, ce qui serait un franchissement inacceptable de la ligne rouge fixée par Moscou.
  • Ainsi, l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), oubliant qu'elle n'a aucun pouvoir législatif, semble avoir réintégré la Russie que pour mieux la sommer de rendre la Crimée à l'Ukraine et de cesser de soutenir les séparatistes du Donbass, au milieu d'un fatras de d'accusations de non respect des Accords de Minsk, des Droits de l'Homme, en passant par le MH17, j'en passe et des meilleures...


Et on peut observer, en ces temps de crise systémique générale, la convergence du capitalisme mondialiste, de l'idéologie cosmopolite sans oublier l'universalisme paulinien dans une croisade eschatologique contre la Russie, cette terre du milieu qui résiste à leurs hégémonies coupables de tant de croisades, colonialismes, et guerres modernes qui sèment le chaos depuis des siècles parmi les peuples refusant les esclavages religieux, politiques ou économiques d'un totalitarisme protéiforme d'une pensée unique occidentale malade.

Et dans la folie de son vampirisme mondialiste, le libéralisme occidental moribond entretient sur les marches des empires lui résistant des meutes d'auxiliaires fanatiques, que sont les bandéristes ukrainiens ou les salafistes wahhabites par exemple, qui tirent sur leurs laisses comme des chiens enragés et les idiots utiles qu'ils sont.

Erwan Castel


  • * "affaire politico-judiciaire commencée en septembre 2019, après qu’un lanceur d'alerte de la communauté du renseignement des États-Unis a révélé le contenu d'une conversation téléphonique au cours de laquelle le président américain Donald Trump a demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky de faire déclencher une enquête sur Hunter Biden, fils de Joe Biden, ancien vice-président et candidat à la primaire démocrate en vue de l’élection présidentielle américaine de 2020. Le 24 septembre 2019, Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, lance une procédure de destitution contre le président Trump (impeachment)."

mercredi 8 janvier 2020

Trump accepte le match nul


Trump, pour sortir de la crise, sans perdre la face (et ses chances d'être réélu) a accepté "le match nul" proposé par Téhéran après la riposte à l'assassinat du général Soleimani

Le 08 janvier à 11h30 heure de Washington, le président étasunien Trump a fait une déclaration quelques heures après que l'Iran ait riposté à l'assassinat du général Soleimani en bombardant pendant la nuit des bases américaines en Irak (cf l'article ci après).

De fait Trump, qui s'était fourvoyé totalement en décidant d'assassiner illégalement le dignitaire iranien le plus populaire, a profité de la retenue iranienne et de la porte ouverte laissée par une riposte aussi spectaculaire que volontairement faible dans les dégâts réalisés (missiles vieux et peu nombreux, Irak avant avant l'attaque...).

La modération iranienne que Trump salue lui-même dans sa déclaration publique permet à ce dernier de s'en tenir à ce "match nul" et surtout de tenter de sortir des sables mouvants dans lesquels son erreur stratégique l'avait précipité (voir ici: "le retour de bâton") en plus des critiques vives occidentales et américaines alors qu'il attendait une union atlantiste et nationale autour de sa casquette de commandant en chef des armées.

Cela dit Trump reste Trump et tout comme l'Iran qui se félicite de la riposte réalisée, le président des USA s'est fendu pendant son discours télévisé singulièrement court et modéré de rodomontades arrogantes et hypocrites :
  • "L'Iran a reculé" dit-il oubliant qu'après la riposte de Téhéran, c'était à lui de réagir et il a refusé de poursuivre l'escalade militaire qu'il avait lui-même provoqué le 3 janvier.
  • Trump persiste et signe dans le mensonge en décrivant le général Soleimani comme "un terroriste qui soutenait Daesh". La réalité est exactement l'inverse de ses paroles:
Quand CNN rendait hommage à Soleimani, il y a 3 ans, 
pour les victoires obtenues contre les terroristes de Daesh
  • Trump assure pour justifier l'arrêt de l'escalade que "les bombardements iraniens n'ont fait aucune victime", masque la réalité confirmée par des témoignages irakiens et hospitaliers. Je pense que certaines morts ou blessures seront différées dans le calendrier.
Image  satellite de la base Al Assad où sont visibles des impacts sur les bâtiments occupés par les soldats étasuniens
  • Trump salue le peuple iranien dont il espère une amélioration de la qualité de vie mais promet, à défaut de poursuivre l'escalade militaire une augmentation des sanctions économiques qui l'étranglent depuis des années !...
On pourrait aussi trouver des raisons non évoquées par Trump dans sa déclaration publique mais qui ont du peser dans la longue réunion avec son Etat Major qui l'a précédé comme par exemple:

La déstabilisation de l'Irak choqué par l'assassinat de Soleimani sur son sol et qui va même demandé via son parlement le départ inconditionnel des forces américaines et occidentales de son sol. Or l'Irak est une pièce majeure de l'échiquier étasunien et occidental au Moyen Orient pour organiser des bases arrières contre la Syrie et l'Iran en plus de la main mise sur ses ressources énergétiques par son complexe militaro-industriel. La crise déclenchée par Trump a continuer à faire glisser Bagdad vers Téhéran jusqu'à envisager l'installation de bases iraniennes en Irak.


Zone d'influence iranienne avec notamment les populations chiites du Moyen Orient

Egalement, la réaction violente de l'ensemble du monde chiite à l'assassinat de Soleimani dont l'immense popularité était certainement sous estimé par les responsables étasuniens enivrés par leur propagande de guerre.

Au lendemain de la mort de Soleimani des réactions anti-américaines virulentes ont embrasé toute le Moyen Orient jusqu'au Pakistan, avec des levées de milices pour combattre les présences occidentales partout où elles se trouvent.
Or en cas de guerre ouverte avec l'Iran, les forces américaines n'auraient pas seulement à gérer un conflit déjà difficile avec son armée, mais seraient confrontées aussi à des harcèlements sur leurs bases arrières par des milices lourdement armées et motivées. Trump a dû, devant l'ampleur des réactions hostiles s'apercevoir qu'il avait "donné un coup de pied dans une fourmilière".



En résumé, beaucoup de blabla en surface de part et d'autre de cette ligne de tension levantine dans cette chorégraphie médiatici-stratégique car ni l'Iran ni les USA n'ont intérêt à s'enliser dans une guerre et Trump qui n'a pas provoqué un consensus autour de l'assassinat du général Soleimani, doit se débarrasser au plus vite de cette erreur stratégique lourde et ses conséquences incontrôlables , surtout pour sa course électorale qui commence.

Cependant si l'escalade a été stoppée la confrontation reste intact entre Téhéran et Washington et derrière les discours des officines diplomatiques, la menace reste intacte sur le terrain où les milices pro-iraniennes veulent toujours en découdre avec les forces étasuniennes qui viennent de recevoir en renfort 12 000 hommes supplémentaires. 

La confrontation risque donc de continuer (surtout en Irak) par des proxy difficilement contrôlables (surtout depuis la disparition de Soleimani qui était le parrain des milices pro iraniennes) et lorsque les compteurs de l'actuelle crise auront été remis à zéro, Trump pourra reprendre l'agenda d'occupation transmis par ces prédécesseurs qui reste toujours d'actualité malgré ses discours de campagne populistes.

Erwan Castel



Articles publiés sur FB et VK le 8 janvier matin:

L'Iran propose un quitte ou double à Trump


Comme prévu les forces iraniennes ont riposté cette nuit à l'assassinat par les USA du général Soleimani. 

D'après les premières infos,  2 vagues de missiles FATH-313 (portée 500 km) et peut-être aussi S3 ont été tirés cette nuit par l'Iran sur des cibles étasuniennes en Irak: 19 missiles balistiques auraient frappé des bases militaires étasuniennes en Irak (10 sur la base d'Al Assad, 1 sur la base d'Erlib. 4 ayant été interceptés), et 5 autres  le camp Taj, base logistique étasunienne en Irak (certaines sources parlent de roquettes)

Le bilan est en cours mais déjà sont déjà évoqués 30 américains blessés à Al Assad (CNN) et des soldats irakiens tués (source irakienne).


Pour le moment la situation reste confuse. Les forces armées de la région sont en état d'alerte maximale et on signale une forte activité aérienne américaine au-dessus de Bagdad et iranienne près de la frontière.

Côté USA, Trump s'est montré rassurant affirmant dans une nouvelle rodomontade: "tout va bien, nous avons l'armée la plus puissante du Monde".
Des responsables de la Maison Blanche ont estimé que les USA vont à leur tour riposter.

Le Pentagone quant à lui a déclaré: "Nous sommes en train d'évaluer la gravité de la situation et d'adapter notre réponse."

Mais le plus important à mon avis sont les actions et déclarations iraniennes qui offrent å Trump, au milieu de leurs attaques, une sortie de crise claire: 

En effet tout d'abord en ciblant exclusivement des bases US en Irak (et principalement celles impliquées dans l'attaque au drone ayant tué Soleimani) l'Iran confirme bien ses bombardements comme la "riposte ciblée et proportionnelle"  annoncée et qui limite ses objectifs et sa durée.
Et surtout il y a cette déclaration de Tėhėran qui promet "une 3ěme vague de missiles sur des objectifs étendus SI Washington riposte aux 2 premières".

Donc, l'Iran propose ici à Trump d'en rester là, chacun ayant frappé l'autre sans le mettre à genoux et surtout sans perdre la face.

La balle est donc dans le camp étasunien ce qui n'est pas sans susciter des inquiétudes connaissant les pressions bellicistes des faucons de guerre (qui risquent d'utiliser le crash du Boeing 737 ukrainien en partance de Téhéran (167 morts) pour accabler l'Iran) et l'imprévisibilité d'un Trump qui de toute évidence a un sérieux "pète au casque" !

A suivre...

Coïncidence, bévue ou false flag?



Ce matin, à 06h20 soit 5 heures après la riposte iranienne en Irak, un avion de ligne ukrainien en partance vers Kiev s'est crashé à proximité de Téhéran juste après son décollage . Les 267 passagers et membres d'équipage de ce boeing 737 sont morts dans cette tragédie.

Avant même que les premiers enquêteurs soient arrivés sur le site, les spéculations allaient bon train, accusant notamment l'Iran d'avoir abattu par erreur cet avion de ligne civil.

3 hypothèses cependant existent :

1 / Un incident technique survenu lors de cette phase délicate qu'est la montée suivant le décollage. Dans ce cas il ne s'agirait d'une coïncidence avec la riposte iranienne.

2 / Une bévue de la défense anti-aérienne iranienne terrestre ou aérienne, ce qui est à mon avis peu probable vu que le Boeing était en partance et non en approche et que son IFF visible sur tous les radars de tir l'identifiait comme aéronef civil. On peut cependant se demander pourquoi dans le contexte du moment l'activité aérienne civile n'était pas suspendue par précaution ?

3 / Un false flag étasunien (ou israelien) qui avec la destruction d'un objectif civil attribuée à Téhéran veut radicaliser le discours belliciste et engager plus en avant les occidentaux vers la guerre contre l'Iran .

Quoiqu'il en soit, ce n'est pas la 1ère fois qu'un avion de ligne est abattu dans un contexte d'affrontement entre Washington et Téhéran, ainsi de ce vol 655 de l'Iran Air abattu par l'USS Vincennes au dessus du Golfe Persique le 3 juillet 1988 (290 morts).

Donc il est important de "savoir raison garder" et de ne pas céder aux passions propagandistes manichéennes dans ce genre d'événements comme par exemple celles qui entourent le crash en Ukraine du MH 17 au dessus du Donbass en guerre en juillet 2014.

Erwan Castel

mardi 7 janvier 2020

Du côté du Levant


En faisant de lui un martyr, Trump a fait du général Soleimani un adversaire des USA bien plus dangereux mort que vivant

"Il n'y a de grand parmi les hommes que le poète, le prêtre et le soldat, 
l'homme qui chante, l'homme qui bénit, l'homme qui sacrifie et se sacrifie."

Charles Baudelaire

Aujourd'hui se terminent les 3 jours de deuil national iraniens avec l'inhumation à Keman du général Qassem Soleimani, assassiné sur ordre de Trump le 3 janvier par une attaque de drone à Bagdad. Entre 6 et 9 millions d'iraniens sont venus pour saluer une dernière fois leur martyr que des imbéciles en Occident persistent à voir comme un terroriste écrasant son peuple, tant ils sont soumis à la propagande de guerre étasunienne, ou une islamophobie psychotique, 

A Donetsk, l'histoire des communautés constituant le Donbass, l'éducation de la population, l'agression occidentale subie via l'Ukraine font que les événements levantins trouve un écho inquiet dans les coeurs et une place importante dans les conversations. Ici la réalité de l'Histoire et la culture générale des citoyens ont balayé depuis longtemps tous les slogans communautaristes agités par les propagandes mensongères...

Pour commencer, un petit rappel :

Voilà ce que révélait en 2007 le général US Westley Clark concernant la stratégie étasunienne au Moyen Orient :


Derniers événements majeurs du jour de la crise Iran / USA

Au moment où je boucle ce nouvel article sur la crise USA/Iran qui ne cesse de gonfler à une vitesse énorme, j'apprends la visite surprise à Damas du président russe Poutine et de son ministre de la Défense Choigou pour s'entretenir avec leurs homologues syriens.
C'est dire, n'en déplaise aux optimistes incurables qui refusent de regarder le danger en face, que cette visite exceptionnelle confirme à la fois l’extrême gravité de la crise et en même temps apporte une lueur d'espoir car si il existe encore peut-être un homme capable de sauver la colombe de la paix dans cette région, c'est bien Poutine !
  • L'Iran et l'Irak, à l'initiative de Bagdad négocient pour que les gardiens de la Révolution établir un centre de commandement & de contrôle ainsi que 2 bases militaires près de Bagdad et dans l'Ouest du pays.
  • La Grande Bretagne envoie en Irak et Iran des équipes d'évacuation d'urgence de ses ressortissants militaires & civils non indispensables.
  • L'US Air Force envoie 6 bombardiers stratégiques B52 sur la base de Diego Garcia, dans l'océan Indien qui reste hors de portée des missiles iraniens.
  • Des frappes aériennes, vraisemblablement israéliennes, ont eu lieu près de la frontière avec la Syrie sur des positions irakiennes pro-Iran.  
  • 1er Cafouillage côté USA: Washington dément un retrait des troupes américaines d'Irak évoqué dans un document de l'Etat Major. Trump précise qu'il est "hors de question de retirer les troupes américaines, sauf si l'Irak rembourse tout ce que les américains ont fait pour eux" (?!?).
  • En Arabie Saoudite, gros affrontements entre des émeutiers et la police de Qatif, une ville de 500.000 habitants proche de Bahrein où 95 % de la population est chiite.
  • La Chine se dit prête à apporter une aide logistique et militaire à l'Irak en cas d'attaque des USA .
  • 2ème cafouillage étasunien:  le Secrétaire de la Défense Esper, contredisant Trump qui promet d'attaquer des sites culturel iraniens, dit de son côté que les USA "ne frapperont pas de sites culturels" tandis que Lindsey Graham, sénateur à la commision de la Défense précise "Nous ne sommes pas en guerre contre la culture iranienne, mais contre sa théologie".
  • La Russie a décidé de fournir à l'Irak plusieurs complexe de missiles antiaériens S 400, pour "protéger sa souveraineté". 
  • L'Iran confirme son intention de riposter à l'assassinat de Qassem Soleimani de façon proportionnelle (allusion aux menaces de Trump promettant des "attaques disproportionnées" sur l'Iran). Téhéran précise que 13 scénarios ont été proposés et promet que "même le moins pire" sera "l'un des pires cauchemars et une véritable catastrophe" pour les américains.
  • Des foules immenses (entre 6 et 9 millions de personnes) se sont rassemblées dans les rues iraniennes pour les obsèques du général Soleimani. Des bousculades ont provoqué au moins 50 morts et des dizaines de blessés à Keman, ville où est enterré Soleimani.
  • Le Pentagone envoie les deux frégates, l'USS "New York" et l'USS "Oak Hill" au en Méditerranée transportant  2000 marines et des forces spéciales. étasuniennes.
  • D'importants mouvements de troupes iraniennes vers leurs frontières ont été détectés, sans déterminer s'ils sont dans un dispositif défensif ou offensif.
  • Le parlement iranien a voté une loi en urgence qualifiant toutes les forces US de "terroristes".
  • Les États-Unis avertissent tous les navires naviguant dans les secteurs "périlleux" comme le détroit d'Ormuz qu'une attaque iranienne sur des bateaux militaires ou commerciaux américains est "hautement probable". 
  • L'Allemagne retire la majorité de ses troupes déployées en Syrie et en Irak.
  • Visite surprise à Damas du président russe Vladimir Poutine et de son ministre de la Défense Chuigou pour s'entretenir avec le président Assad de la situation Iran/USA. Un déploiement de missiles S400 en Iran a été évoqué.
  • Selon CNN 2 officiels étasuniens affirment qu'une "attaque massive" est "imminente"


Publié sur FB & VK le 6 janvier :


LE RETOUR DE BÂTON



Trump en décidant arbitrairement de tuer le général Soleimani se retrouve sous une avalanche de réactions qu'il avait probablement sous estimé, et qui sont complètement contre productives pour les USA et lui-même :
  • Loin de mettre à genoux l'Iran, l'assassinat de Soleimani a créé une union nationale exceptionnelle autour du pouvoir de Téhéran et une indignation anti-américaine dans toute la zone d'influence chiite, du Liban au Pakistan.

  • En Irak qui a perdu également des hauts responsables chiites dans l'attaque étasunienne, le parlement dans sa majorité a voté le départ des forces américaines et occidentales du pays et l'interdiction pour elles de transiter par son espace aérien et terrestre.

  • Les forces armées étasuniennes dans le Golfe sont entrées en mode panique : état d'alerte maximum, renforts précipités, évacuation d'urgence du porte avion Harry Truman du Golfe persique etc...

  • L'Iran a décidé de sortir complètement de l'accord nucléaire (que Trump avait dénoncé en premier) et de ne plus fixer de limite dans sa production d'uranium dont l'enrichissement était auparavant plafonné à 20 %.

  • Pour des raisons de sécurité les opérations anti terroristes des occidentaux en Irak ont été suspendus, pour le pus grand bonheur de leurs incontrôlables djihadistes qui risquent de restaurer une partie de leur puissance et territoire.

  • Trump, piégé par sa propre surenchère verbale et ses menaces, disproportionnées et illégales, est obligé au moment de la probable riposte iranienne de répliquer à son tour dans une fuite en avant suicidaire, ou de perdre la face, hypothèse inconcevable pour ses fonctions, ses ambitions électorales et sa personnalité.

  • Des critiques de moins en moins voilées dénonçant la politique hasardeuse de Trump apparaissent dans le camp occidental (à part chez les toutous mondialistes comme Macron par exemple).

L'Iran, à la fois prudent et déterminé a confirmé une riposte militaire prochaine (il y va de sa crédibilité étatique) contre des forces et intérêts étasuniens, certainement après la période de deuil et un choix de cible(s) mûrement réfléchi dont les délais vont augmenter les tensions et peurs des américains.

En attendant, les milices chiites irakiennes ont commencé à opérer des attaques contre des positions de l'armée étasunienne et son ambassade à Bagdad qui a encore essuyé des tirs de mortiers cette nuit, blessant des soldats américains.

De son côté Trump persiste et signe, promettant des "représailles disproportionnées" sur l'Iran en cas de riposte de Téhéran et des sanctions contre Bagdad suite au vote du parlement irakien demandant le départ de la coalition occidentale.

Conclusion, en tuant Soleimani, Trump dans son coup de poker électoraliste s'est surtout tiré une balle dans le pied et dans celui de l'arrogante et criminelle hégémonie étasunienne ... et on ne va pas s'en plaindre !


Erwan Castel

dimanche 5 janvier 2020

Le Levant entre en ébullition


Suite de l'article précédent


Au lendemain de l'assassinat étasunien à Bagdad du général iranien Soleiman et de Abou Mahdi Mohandes le commandant en second des miliciens pro iraniennes en.Irak (voir article précédent), toute la région du Moyen Orient est entrée en ébullition.

Il semble bien pour reprendre une expression qu'en ordonnant l'assassinat de ce haut dignitaire iranien, "Trump a jeté un bâton de dynamite,dans une poudrière" dont voici quelques uns des premiers éclats observés au cours des 36 dernières heures:
  • Dès la confirmation de l'attaque étasunienne du 3 janvier et la mort du général Soleiman, l'Iran a promis une riposte sanglante et de nombreuses forces armées dans la région sont mises en état d'alerte (Occidentaux, Iran Israël etc.).
  • L'Iran déploie des chasseurs F14 sur ses frontières Sud, Israël renforce sa frontière avec le Liban.
  • D'importantes manifestations anti-américaines ont lieu dans les pays majoritairement chiites et des millions de personnes manifestent leur colère en Iran.
  • Washington annonce l'envoi de 3500 hommes pour renforcer ses positions en Irak, et invite ses ressortissants à quitter le pays.
  • Dans la nuit du 3 au 4 janvier, 5 gros porteurs C130 de l'US air force quittent l'Europe en direction de l'Irak, après des ravitailleurs KC135R de la base de l'OTAN d'Incyrlik en Turquie.
  • Une nouvelle attaque de drone étasunien visant un convoi de miliciens pro-iraniens au Nord de Bagdad tuant 6 membres du mouvement Assaib Ahl al-Haq soutenu par les Gardiens de la Révolution iraniens, dont son Commandant, Qais al Khazail. 
  • Des chasseurs israéliens survolent régulièrement le Sud Liban
  • Le Général iranien Gholamali Abuhamzeh des Gardiens de la Révolution annonce que 35 positions américaines et israéliennes ont été ciblées et peuvent être frappées à tout moment.
  • Attaque avec 3 roquettes de l'ambassade américaine à Bagdad probablement par des éléments de la milice chiite Hachd Al Chaabi. 3 civils irakiens blessés
  • Simultanément une seconde attaque à la roquette vise la base de Balad où sont stationnées des troupes étasuniennes.
  • Une autre frappe aérienn de l'US air Force frappe le long de la frontière syro-irakienne fait 5 morts dans une unité de la milice Kata'ib du Hezbollah.
  • Des rassemblements et manifestations anti-guerre contre la politique de Trump sont organisés devant des ambassades étasuniennes et aux USA .
  • Des sources non confirmées indiquent que plusieurs sites de l'armée américaine ont été la cible de tirs de mortiers.
  • Dans le Golfe persique, la Royal Navy britannique renforce ses navires de protection des pétroliers.
  • Les premières unités blindées américaines arrivées en renfort via le Qatar font route vers l'Irak
  • Un drone d'observation  l'US Air force a été abattu à Abar en Irak par la milice Hachd Al Chaabi
  • Des chasseurs étasuniens survolent Babel au Sud de Bagdad
  • La milice chiite Kata'ib du Hezbollah demande à la population irakienne de s'éloigner minimum de 1 kilomètre de toute position étasunienne à partir de dimanche soir.
  • Trump menace à son tour Téhéran, promettant de "frapper très rapidement et très durement" 52 sites "de très haut niveau et très importants pour l'Iran et la culture iranienne"  si des américains sont attaqués.
Même s'il ne s'agit pas ici d'une attaque militaire j'ai volontairement souligné les propos de Trump car ils sont à mon avis d'une gravité exceptionnelle surtout dans la bouche du leader de démocraties occidentales qui agitent l'étendard des droits de l'homme sur tous leurs champs de bataille. Car menacer de "frapper très rapidement et très durement des sites nationaux très importants de la culture iranienne"  ne constitue pas seulement une déclaration de guerre  mais aussi une préméditation de crimes de guerre, tels que définis par les conventions de Genève qui interdisent de cibler des lieux civils et religieux.

Avec cette menace hallucinante, le chef de la Maison Blanche confirme le caractère terroriste de la politique étrangère étasunienne dont l'assassinat du général Soleiman il y a 2 jours est une preuve éclatante. 

Il n'est donc pas étonnant que les séides de l'impérialisme étasunien se croient tout permis dans leurs zones d'actions, que ce soient les actuels putschistes boliviens ou le pouvoir ukrainien porté par le coup d'Etat du Maïdan par exemple qui, soutenus par Washington, pratiquent en toute impunité un terrorisme d'Etat vis à vis de leurs populations.


La journée de ce dimanche 5 janvier commence donc dans une confusion totale et des menaces lourdes sur toute cette région du Moyen Orient déjà explosive en temps "normal". Et l'attitude hystérique de Trump - qui est exactement à l'opposé de ses déclarations de campagne sur la politique américaine dans cette région levantine - n'augure rien de bon pour espérer une désescalade rapide de la situation. 

On n'a jamais été aussi proche d'un conflit ouvert entre les USA et l'Iran.


Retour sur un assassinat... et une perfidie abjecte !


Concernant les circonstances de la mort du Général Soleiman, tué par une attaque de drones US le 3 janvier à l'aube, de nouvelles informations révèlent aujourd'hui l'ampleur de la fourberie de Washington :

Selon une source de la sécurité irakienne, les responsables militaires américains connaissaient précisément le lieu et le moment où frapper Soleimani pour la simple raison qu'ils avaient été officiellement prévenus de son arrivée à l'aéroport en sa qualité d' "émissaire diplomatique" iranien !

En effet, lors des émeutes precedentes devant l'ambassade des USA, le général Qassem Soleimani était intervenu auprès des organisations chiites irakiennes pour calmer les manifestants et organiser leur dispersion. C'est donc dans le cadre de cette gestion de crise entre Washibgton et Téhéran que Soleimani arrivait à Bagdad ce 3 janvier au matin, et sa mission étant connue des américains !

Cette assassinat n'est donc pas seulement le fruit d'une attaque étasunienne illégale contre le dignitaire d'un Etat souverain mais aussi une trahison du droit international concernant les émissaires diplomatiques.

Bref l'abjection et la lâcheté occidentales dans toute leur perfection !

Erwan Castel

jeudi 29 novembre 2018

La girouette Trump dans le vent de la guerre


Si les conseillers en communication de Macron semblent totalement inaptes et dépassés par l'hybris délirant de leur patronn revanche ceux de Trump ressemblent plus à des geôliers à moins que le locataire de la Maison Blanche ne soit finalement qu'une girouette sans sans cervelle.

En effet, face à l'incident de Kertch dont tous les éléments recueillis attestent que c'est bien une provocation préméditée ukrainienne dans les eaux territoriales russes et en complète violation avec le droit maritime international, le Président étasunien nous a gratifié de déclarations successives changeantes et même contradictoires, pour finalement se ranger dans le camp des bellicistes néo-conservateurs qu'il prétend combattre et qui dans cette affaire ne semble pas étrangers à l'organisation de cette provocation ukrainienne en mer d'Azov.
  • Le 25 novembre, Trump ne réagit pas publiquement à l'incident.
  • Le 26 novembre, dans un premier temps, Trump déclare à une journaliste qui lui demandait son ressenti au lendemain de l'incident "Je ne suis pas content du tout. Nous n'aimons pas ce qui se passe de toute façon. Et j'espère que tout sera réglé", mais à ce moment là, le Président des USA refuse de condamner le Russie .
De leurs côtés, Jens Stoltenberg, secrétaire général de OTAN et Nikky Halley, représentante US à l'ONU, dont on sait qu'ils appliquent toujours et avec zèle la stratégie et le discours russophobes des néo-conservateurs réagissent quant à eux à l'incident en condamnant violemment la Russie en promettant d’accélérer et même de renforcer la militarisation de l'Ukraine.




L'Union Européenne sous la coupe de l'hégémonie militaro-industrielle étasunienne rentre dans la meute avec son Président Donald Tusk qui  "condamne le recours à la force par la Russie dans la mer D'Azov. Les autorités russes doivent rendre les marins et navires ukrainiens et s'abstenir de nouvelles provocations."
  • Le 27 novembre, Trump tout en ne le souhaitant pas évoque l'annulation possible de sa rencontre avec Poutine qui doit avoir lieu à Buenos Aeres dans le cadre du G20.
    Pendant ce temps là, la meute hurlante autour du Kremlin grossit d'heure en heure à l'image de Heather Nauertl la porte-parole de la diplomatie américaine accuse la Russie d'être responsable d'une "escalade grave et dangereuse" de la confrontation entre Moscou et Kiev, sans parler des ukrops de Kiev qui viennent d'instaurer la loi martiale dans leurs régions pro-russes et évoquent comme le Président Porochenko par exemple une "guerre totale avec Moscou".

    Le 28 novembre, alors que les raisons électoralistes de la loi martiale décrétée par Porochenko candidat impopulaire à sa propre succession sont évoquées unanimement stratégie occidentale d'étouffement économique de la Russie s'invite aussi dans la crise de Kertch (à moins qu'elle n'était déjà embarquée dans les bateaux chargés de la provocation) apportant d'autres éléments de réponses pour comprendre pourquoi une telle dramatisation est organisée autour d'un incident somme toute prévisible et mineur par rapport aux événements de 2014. 
    Ainsi l'ancien premier ministre ukrainien post Maïdan Arseni Iatseniouk tendant sa sébile exhorte que "l'UE doit en faire plus pour soutenir l’Ukraine" tandis que la porte-parole US Heather Nauert demande "Une chose que nous aimerions, c'est que nos alliés européens fassent davantage pour assister l'Ukraine" et la représentante de la diplomatie érasunienne d'évoquer le projet "North Stream" destiné à faire contourner l'Ukraine aux livraisons de gaz russes et dont on sait qu'il est un point de désaccord entre les européens et les USA qui n'en veulent pas. 
    Et le même jour, les occidentaux commencent à évoquer de nouvelles sanctions économiques contre Moscou... on connaît la musique !
    • Et le 29 novembre, Trump après avoir annoncé en embarquant dans le vol aérien vers le G20 que sa rencontre avec Poutine se déroulerait comme prévu à un «moment très opportun finit par changer de cap en annulant à son arrivée à Bueno Aeres sa rencontre avec son homologue russe mais tout en déclarant: "J'ai hâte (de participer) de nouveau à un sommet constructif (avec M. Poutine) dès que la situation sera résolue !"
    A ce stade des déclarations contradictoires et même incohérentes du Président de la 1ère puissance mondiale on peut vraiment se demander s'il lui reste encore un pouvoir décisionnel ou même une marge d'initiative, ou si la Maison Blanche n'est pas devenue tout simplement une annexe de Disney Land où Donald n'est qu'une marionnette. 

    Dans le gestion de la crise de Kertch, le Président des USA a montré son inutilité et surtout son impuissance. Déception pour la paix car si il y a bien un moment ou le dialogue s’avère justement crucial, c'est bien au cœur des conflits, mais sans surprise car cela prouve une fois de plus que Trump est pieds et poings liés dans le jeu du grand échiquier toujours tenu par les néoconservateurs bellicistes et russophobes .
    Car refuser un dialogue pendant une confrontation majeure entre 2 pays tiers, c'est bien fermer la porte à toute chance de médiation et de résolution pacifique du conflit mais donner un blanc seing à l'escalade dangereuse souhaitée par ceux là mêmes qui ont initié la provocation. 

    Et les buts des occidentaux sont clairs et confirmés dans leurs réactions viscérales à l'incident de Kertch dont les conséquences et objectifs sont de :
    • Militariser l'Ukraine et les mers Noire et Azov (Jens Stoltenberg de l'OTAN)
    • Relancer de nouvelles représailles économiques contre la Russie (Union Européenne)
    • Renforcer l'isolement politique de la Russie (ONU et USA)
    • Prolonger la vie présidentielle de Porochenko 
    • Exciter la guerre dans le Donbass sur le cadavre des accords de Minsk
    Si le droit est bien du côté de la Russie et de ses forces de sécurité qui à Kertch ont simplement rempli leur devoir (et avec beaucoup de retenue), en revanche ce sont les occidentaux, perdant en Syrie, qui en trichant en Ukraine ont repris la main dans cette confrontation avec Moscou où, à l'exemple des ses 3 bateaux  sacrifiés dimanche dans le détroit de Kertch, il veulent utiliser l'Ukraine , une fois sa militarisation achevée,comme un bélier contre la Russie.

    Et le spectre d'une nouvelle guerre de Crimée d’apparaître à l'horizon de la nouvelle année 2019, en plus de celle qui dans le Donbass se réchauffe à nouveau.

    Erwan Castel

    lundi 22 octobre 2018

    Step by step the war is coming

    L'urluberlu Trump, confirmant qu'il n'est que le valet (volontaire ou otage ?) des incendiaires néo-conservateurs mondialistes vient d'annoncer le retrait des USA du traité concernant les armes nucléaires intermédiaires.

    Cela signifie une course aux armements débridée et le développement de cet arsenal qui pourra être vectorisé à partir des bases de l'OTAN qui s'installent aux frontières de la Fédération de Russie.



    Pas à pas l'hiver européen arrive !

    Erwan Castel

    Source de l'article : RT

    Trump confirme le retrait américain d'un traité 
    sur les armes nucléaires avec la Russie



    Donald Trump a confirmé que les Etats-Unis sortaient du traité INF sur la réduction des armes nucléaires de moyenne portée, conclu avec Moscou durant la Guerre froide. Le président a aussitôt annoncé que Washington allait développer de telles armes.

    «La Russie n'a pas respecté le traité, nous allons donc mettre fin à l'accord», a déclaré le 20 octobre le président américain Donald Trump devant des journalistes, à propos du traité INF («Intermediate Nuclear Forces Treaty») sur les armes nucléaires de portée intermédiaire. Et le locataire de la Maison Blanche d'ajouter que les Etats-Unis allaient désormais «développer ces armes».

    Ce traité a été signé en 1987 par les présidents américain et soviétique de l'époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. En abolissant l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5 500 km, il avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires, ciblant les capitales occidentales.

    En réaction, une source au ministère des Affaires étrangères russe citée par l'AFP a déclaré : «La motivation principale est le rêve d'un monde unipolaire. Deviendra-t-il réalité ? Non.»

    Lire aussi
    Un missile Trident II D5 lancé à partir du sous-marin USS Maryland Les Etats-Unis prêts à riposter avec l'arme nucléaire... même en cas d'attaque conventionnelle
    Le 19 octobre, le journal britannique The Guardian rapportait que le conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, poussait justement le président des Etats-Unis à quitter ce traité.

    La Russie a déclaré à plusieurs reprises qu'elle continuerait à respecter scrupuleusement le traité INF aussi longtemps que les Etats-Unis le feraient. Pour autant, le président russe Vladimir Poutine avait prévenu en octobre 2017 que tout retrait de Washington de l'accord provoquerait une mesure équivalente de la part de Moscou.

    Au printemps dernier, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait rappelé que Moscou n'avait pas l'intention de se lancer dans une course aux armements avec les Etats-Unis et ne violait aucun traité international, après des accusations portées par Washington, qui accusait la Russie de se soustraire à ses obligations internationales.

    mardi 17 juillet 2018

    Les néo-cons enragent !

    Le Sénateur Mac Cain, 81 ans et très malade mais tiujours aussi virulent et guidé par une russophobie psychotique

    Je crains que cette rencontre Trump Poutine reste sans suite pour la Paix dans le Monde (et celle de Trump) et qu'elle soit résumée à un  "C'était trop beau pour être vrai !"

    Au sortir de la rencontre bilatérale d'Helsinki dont beaucoup de commentateurs s'accordent à dire que Poutine a dominé les débats avec Trump, les néocons étasuniens sont entrés en croisade contre le locataire indiscipliné de la Maison Blanche, allant même jusqu'à parler de "trahison".

    Et pourtant, comme prévu derrière les poignées de main diplomatiquement cordiales et leur conférence de presse commune consensuelle, des points de divergence majeurs restent en travers de la rencontre entre les présidents des deux plus importantes puissances nucléaires du Monde..

    Ainsi du dossier iranien qui est un sujet majeur de discorde et connecté à tous les autres points de tensions levantins...

    Donc, en admettant la sincérité de Trump et surtout son pouvoir réel, ce rapprochement important entre Washington et Moscou pour transformer l'essai d'Helsinki en actes géostratégiques concrets a de sacrés obstacles à franchir comme la dépendance de l'économie étasunienne à son hégémonie militaro-industrielle et ses partenaires sionistes et wahabbites.

    Même si elle est loin du changement de cap espéré, la stratégie étasunienne est au moins en roue libre depuis les doutes et les méfiances provoquées par l'électron libre Trump.

    La contre attaque des néo cons et de leurs alliés à travers le Monde pour reprendre à 100 % le contrôle de leur machine ne va pas tarder et sur le chemin de retour de Moscou l'ombre de Trump ressemble de plus en plus à la silhouette de JFK...

    Erwan Castel

    Source de l'article : Radio Canada

    Donald Trump et Vladimir Poutine au sommet d'Helsinki. Photo : Associated Press/JUSSI NUKARI

    « Honte » et « trahison » : 
    le choix de Trump de croire Poutine fait réagir à Washington

    Des critiques extrêmement sévères s'élèvent aux États-Unis après la conférence de presse commune de Donald Trump et Vladimir Poutine, lundi, à Helsinki.

    RADIO-CANADA AVEC AGENCE FRANCE-PRESSE, ASSOCIATED PRESS ET CNN

    La première et peut-être la pire est celle du sénateur républicain John McCain, qui considère cette rencontre comme « l'un des pires moments de l'histoire de la présidence américaine ».

    Il a ajouté qu’il s'agissait de l'« une des performances les plus honteuses d'un président américain ». « Il est évident que le sommet d'Helsinki était une erreur tragique », a renchéri dans un communiqué le sénateur de 81 ans, retiré depuis plusieurs mois en Arizona.

    Le chef de file des républicains au Congrès américain, Paul Ryan, lui a fait écho en appelant Donald Trump à « prendre conscience que la Russie n'est pas [leur] alliée ».

    Lors de la conférence de presse à Helsinki aux côtés du maître du Kremlin, Donald Trump s'en est pris à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle qui l'a porté au pouvoir, et a semblé mettre sur le même plan les accusations du renseignement américain en ce sens et les dénégations de Vladimir Poutine.

    « Il n'y a pas de doute, la Russie a interféré dans notre élection et continue à tenter de fragiliser la démocratie ici et dans le monde », a affirmé de son côté Paul Ryan.

    Dans un tweet qu'il a publié un peu plus tard, le président Donald Trump a tenté de calmer le jeu à la suite de la volée de critiques de ses partisans comme de l'opposition et du renseignement.
    • Comme j'ai dit aujourd'hui et à plusieurs reprises dans le passé, j'ai une GRANDE confiance en MES services de renseignement. Toutefois, je reconnais aussi que pour bâtir un avenir plus prometteur, nous ne pouvons pas seulement nous concentrer sur le passé. Étant donné que nous sommes les deux plus grandes puissances nucléaires, nous devons nous entendre. - tweet de Donald Trump

    L'opposition démocrate a aussi vivement condamné le comportement du président des États-Unis. « Irréfléchi, dangereux et faible », a attaqué son chef au Sénat, Chuck Schumer.

    Selon lui, « la Maison-Blanche est maintenant devant une seule et sinistre question : qu'est-ce qui peut bien pousser Donald Trump à mettre les intérêts de la Russie au-dessus de ceux des États-Unis? » « Des millions d'Américains vont continuer à se demander si la seule explication possible à ce comportement dangereux est la possibilité que le président Poutine possède des informations nuisibles sur le président Trump », a-t-il ajouté.

    La communauté du renseignement est également montée au créneau.

    L'actuel directeur du renseignement, Dan Coats, a défendu dans un bref communiqué les évaluations « claires » de ses services en ce sens (l'ingérence russe, NDLR) et sur les « efforts en cours » de Moscou pour « saper » la démocratie américaine.

    « Une trahison »

    Les anciens chefs du renseignement qui ont servi sous le président Barack Obama ont aussi eu des mots cinglants pour le président.

    L'ancien directeur de la CIA, John Brennan, témoigne devant la commission du Renseignement du Sénat américain, le 23 mai 2017.

    L'ancien directeur de la CIA John Brennan. Photo : Reuters/Kevin Lamarque

    John Brennan, qui a occupé le poste de directeur de la CIA de 2013 à janvier 2017, a qualifié les commentaires du président de « trahison ».

    « La performance de la conférence de presse de Donald Trump à Helsinki augmente et dépasse le seuil des "crimes et délits élevés". Ce n'était rien de moins qu'une trahison. Les commentaires de Trump n'étaient pas seulement imbéciles, il est entièrement dans la poche de Poutine. Patriotes républicains, où êtes-vous? », a twitté John Brennan.

    James Clapper, qui était directeur du renseignement national sous la présidence d'Obama de 2010 à 2017, a décrit les remarques de Trump comme « vraiment incroyables ».

    « Sur la scène mondiale, devant le monde entier, le président des États-Unis a essentiellement capitulé et semble intimidé par Vladimir Poutine, a déclaré Clapper à CNN. C'était incroyable et très, très perturbant. »

    James Clapper a décrit Poutine comme un « ennemi juré des États-Unis » qui cherche à saper la démocratie du pays et ses élections. « Il faut qu'il soit sur le chemin du retour à Moscou. »