samedi 30 mars 2019

Le criminiel, la mafieuse et le clown

Porochenko, Timochenko et Zelensky

Demain, 31 mars se jouera (et sertainement dans le sens d'une farce théatrale) le 1er tour des élections présidentielles ukrainiennes, pour lesquelles les 3 candidats "sérieux" (sur les 26 qui sont en lice sortent du peloton tout en portant à travers les sondages toute l'impopularité dont souffre la classe politique ukrainienne, corrompue depuis des années et qui a été le terreau dans lequel Washington a planté les graines de la prétendue "Révolution de la dignité" maquillant le coup d'Etat du Maïdan de février 2014.

En effet nous avons un criminel, une mafieuse et un clown qui abordent demain la première étape du scrutin présidentiel qui désignera le prochain gouverneur de la colonie "Ukraine" des USA Et les derniers pronostics donnent le trio dans l'ordre suivant :
  1. Zelensky, l'acteur et marionnette de l'oligarque Kolomoisky avec 26,6% sur lequel nombre d'Ukrainiens ont reporté leur choix par réaction d'une classe politique à laquelle il n'appartient pas (encore).
  2. Timochenko, l'égérie de la Révolution Orange de 2004 avec 17.2% certes expérimentée mais surtout détestée pour son banditisme en col blanc, ses magouilles, corruptions répétées (pour lesquelles elle a était condamnée et emprisonnée).
  3. Porochenko, l'oligarque etprésident sortant avec 17,2%, responsables de problèmes socio-économiques exponentiels,de la guerre meurtrière dans le Donbass et dont la côte de popualrité ne cesse de décroitre au rythme de l'effondrement ukrainien.
La question se porte donc sur le duel Porochenko/Timochenko vu qu'il est probablement acquis de l'avis de tous les sondages, d'avoir Zelensky au 2ème tour. 

Ex aequo avec Porochenko, Yulia Timochenko va certainement essayer de faire oublier son passé judiciare en surfant sur le changement espéré par la population, sur son image féminine relookée et occidentalisée et sur son expérience politique. Elle a bonne image à l'étranger héritée de la propagande occidentale de  la Révolution Orange et du Maïdan et dispose d'appuis au sein des nationalistes ukrainiens qui veulent à tout prix dégager Porochenko et aussi celui du Ministre de l'Intérieur Avakov qui va certaienemnt surveiller de très près la légalité du scrutin.

Porochenko, que beaucoup désigne comme le grand perdant de ce scrutin a cependant encore des cartes cachées dans sa manche : D'une part il dispose, de par sa fonction présidentielle, des ressources les plus importentes pour tricher et se placer pour le second tour. En effet le SBU qui contrôle les systèmes de vote électronique lui est acquis et déjà on a observer des trucages dans les listes électorales comme la présence de personnes décédées et/ou résidant en Crimée et dans le Donbass (dont le président Zakaharchenko et le Chef de bataillon "Givi" assassinés !).

En 2014, Porochenko avait été élu de justesse avec 53% de voix et ce grâce au départ des voix russes de Crimée et du Donbass et de nombreuses abstentions dans les régions russophones, et cette année pour essayer de gagner encore malgré son impopularité les élections, le Président sortant a déjà engagé une fraude électorale en refusant d'ouvrir des bureausx de vote dans les ambassades d'Ukraine en Russie pour ses ressortissants y résidant (soit 2.5 millions d'électeurs majoritairement pro-russes auxquels il faut rajouter envisron 500 000 réfugiés ukrainiens). A cette irrégularité intentionnelle qui justifierait normalement l'invalidité du scrutin il faut rajouter les fraudes locales qui déjà ont commencé à se mettre en place. Malgré la volonté écrasante des ukrainiens d'en finir avec cet oligarque criminel, ce dernier a encore de grandes chances de pouvoir tricher et accéder au 2ème tour du scrutin.

Quoiqu'il en soit aucun de ces 3 candidats n'a de solution et même un vrai programme pour sortir l'Ukraine de son naufrage et achever cette guerre civile meurtrière contre la population russe du Donbass, bien au contraire, car ils appartiennent tous les trois malgré leurs rivalités à la mouvance pro-occidentale qui veut transformer l'Ukraine en colonie économique et en bélier militaire contre Moscou. 


Du côté de l'opposition qui veut en finir avec le délire russophobe suicidaire du Maïdan et renouer des relations normales avec Moscou nous trouvons Boyko, le seul candidat en lice (avec 7.1% d'intentions de vote) qui vient de faire l'objet de poursuites pénales par le procureur de la Républisue à son retour d'une rencontre à Moscou avec le 1er ministre Medvedev concernant des projets pour apaiser la région en cas de changement de régime à Kiev. Et le procureur ukrainien, n'ayant pas peur du ridicule d'accuser le candidat de la Paix de "franchissement illégal de la frontière" alors que son passage autorisé par ses documents personnels a été dûment enregistré par les services douaniers ukrainiens et russes.

Concernant ce parti de l'opposition qu'on pourrait appeler "pro-russe" tant il veut conserver des relations harmonieuses et productives avec son voisin géographique et partenaire historique, il suffit de regarder les élections présidentielles qui se sont déroulées en ukraine avant les séparations de la Crimée et de l'Ukraine pour constater la partition Est-Ouest du pays tout autant que la réalité humaine et politique de la Novorossiya, cette entité historique russe allant de Kharkov à Odessa. Malheureusement, amputé des voix de Crimée et du Donbass (ainsi que de celles de la diapora ukrainienne de Russie), ce parti de la paix, comme en 2014 a peu de chance de l'emporter sur le parti de la guerre... quoique les sondages étant souvent trompeurs, on ne sait jamais !




Quoiqu'il en soit, qu'il soit dégagé ou toujours présent dans la course électorale dont le 2ème tour est pour le 21 avril et l'investiture le 31 mai, Porochenko, qui vient de se voir attribuer la médaille de Judas par la population bombardée du Donbass, est encore à la barre pour 2 mois soit 60 jours où le pire est possible sur le front, surtout s'il n'a plus rien à perdre. Et quand bien même, il est peu probable que celui des deux autres challengers élu fasse en sorte que la situation change en mieux pour les enfants, les femmes et les hommes de Donetsk et Lugansk mais ausssi celles et ceux des territoires occupés par l'armée ukrainienne et qui vivent quotidiennement une occupation militaire humiliante et violente.

J'espère juste que Poutine n'aura pas cette fois la naiveté de reconnaitre, comme pour l'élection de Porochenko en 2014 (par rapport à ses promesse de "mettre fin à la guerre contre le Donbass dans les 3 semaines suivant son investiture") le prochain président ukrainien, que les fraudes et irrégularités déjà repérées dans l'organisation du scrutin rendent sa victoire d'ores et déjà illégitime.


Erwan Castel 

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