samedi 6 avril 2019

Zelensky, le changement dans la continuité

Le candidat Zelensky en visite sur le front du Donbass auprès des ukrops bombardant les populations de Donaetsk et Lugansk

De tous les problèmes auxquels l'Ukraine maïdanite est confrontée (économiques, sociaux, démographiques, politiques, écologiques etc...), la guerre qui fait rage dans le Donbass en est certainement la pierre angulaire, à la fois symptôem de l'effondrement du pays, de son asservissement à l'hégémonie atlantiste mais aussi de la doxa russophobe fanatique qu'essaye d'imposer à ce pays majoritairement slave les pantins que les USA y ont mis au pouvoir.

Aujourd'hui, l'Ukraine va devoir choisir (si tant soit peu que les jeux ne soient pas déjà faits), dans 2 semaines entre le criminel Porochenko et l'inconnu Zelensky pour désigner qui sera le prochain gouverneur de cette colonie étasunienne en Europe qu'est devnue l'Ukraine, ou du moins ce qu'il en reste !

Autant dire, vu du Donbass, que les ukrainiens ont à "choisir entre la peste et le choléra" !

Car au vu des déclarations de campagne du candidat "Ze", le comédien reste bien aligné sur la même doxa atlantiste russophobe que son concurrent et président Porochenko, à savoir que la réintégration en Ukraine de la Crimée et du Donbass reste une priorité de son programme politique... et ce "par n'importe quel moyen !"

Et ce discours belliciste et surtout électoraliste a été confirmé cette semaine encore par ce clown-candidat et homme de paille de l'oligarque Kolomoisky qui rappelons-nous a financé nombre de bataillons paramilitaires nationalistes engagés contre le Donbass et coupables de nombreux crimes de guerre que même la justice ukrainienne devant leur gravité et elur fréquence a été obligé elle-même de reconnaitre (comme par exemple avec les bataillons "Aïdar" et "Tornado").

Par exemple, ce 4 avril, lors d'un entretien accordé à "Radio Liberty", le candidat Zelensky après avoir martelé que "la Crimée, c'est l'Ukraine. C'était, c'est et ce sera" et dont il refuse de reconnaître le référendum de 2014, a dit à propos du Donbass que "les russes nous ont arraché le territoire....mais ce n'est que temporaire". De plus, fidèle à son rôle de comique, Volodymir Zelensky a même prévenu le Kremlin qu'il exigerait de Moscou, après la restitution de la Crimée et du Donbass à l'Ukraine, une indemnisation de la Russie qui a aidé la milice "dans toute sa terrible, cruelle et dégoûtante voie". 

Et cette réthorique du "Ze" de reprendre (et souvent en langue russe s'il vous plaît) cette haine fanatique de la Russie et cette admiration servile de l'Occident, ces 2 piliers d'une Ukraine fantasmée sortie d'un nationalisme bandériste (mais qui défend en passant l'héritage territorial soviétique), ce qui n'est pas pour déplaire aux parrains du Maïdan. 
Ainsi le comédien-candidat de 41 ans a-til déclaré entre autre preuve de sa servitude volontaire à l'aliénation de la marchandise occidentales que "tout le monde sait que la vie la plus confortable est dans les pays scandinaves. Mais la vie la plus intéressante, à mon avis, se trouve toujours aux États-Unis"

Donc, le programme que défend Zelensky au niveau international reste fidèle à la feuille de route imposée par WAshington en échange de son soutien au coup d'Etat du Maïdan : l'hypnose par l'Union Européenne, la dépendance au FMI et l'asservissement à l'OTAN.

"Les gars, je m'incline devant vous pour que vous nous protégiez de toutes sortes de racailles . Merci beaucoup. Vous êtes beau, applaudissements, vous êtes le peuple le plus courageux de notre pays. Si le courage reste dans notre pays, alors est vous " Volodymir Zelensky lors d'une visite électorale sur le front du Donbass

Et concernant la guerre du Donbass en elle même Zelensky adopte un discours plus guerrier encore que celui d'un Porochenko qui persiste encore à cacher ses décisions criminelles sous le masque des accords de  Minsk et auxquels il apporte comme ses mentors occidentaux un soutien hypocrite.

Zelensky, dont on peut se demander sérieusement s'il n'est pas en train de croire lui même à son personnage présidentiel de la série télévisée "le serviteur du peuple" et dont la fiction est en train de berner la majorité de son électorat, a promis après son élection d'y mettre fin en utilisant tous les moyens possibles si nécessaire (tiens ça me rappelle le discours d'un ivrogne chocolatier il y a 5 ans).
  • "Il est impossible d'arrêter la guerre", a-t-il déclaré aux journalistes de Radio Liberty. "Vous gagnez ou perdez la guerre. Et nous pouvons gagner par la diplomatie, la croissance économique et le renforcement de l'armée."
Et lors de sa tournée des popotes du front réalisée dans sa course présidentielle, le candidat Zelensky a félicité les combattants ukrainiens déployés sur les 400 kilomètres d'un front qu'ils bombardent quotidiennement, et dont d'ailleurs il conteste l'appellation d' "Opération des Forces combinées" ukrainienne, lui préférant celle de "guerre" en déclarant: 

Mais la sémantique guerrière de cet homme de 41 ans, surtout destinée à gratter les voix des nationalistes, ne résiste pas 5 minutes aux questions des journalistes et, tout en tenant l'argument militaire dans sa main il ressort de sa manche comme le président candidat Porochenko la carte de "négociations de paix inévitables avec la Russie" pour vouloir obtenir avec l'appui des institutions internationales et des pressions occidentales une restitution diplomatique des territoires (il a le droit de rêver le bouffon).

On le voit bien, entre Porochenko et Zelensky, pour les russes de Crimée et du Donbass, c'est du "bonnet blanc et blanc bonnet" et, à part quelques nuances superficielles comme la politique linguistique où Zelensky n'est pas favorable à l'ostracisation violente du russe (qu'il utilise d'ailleurs principalement dans ses discours), nous risquons de ne pas voir la situation se débloquer rapidement sur le front, sauf si les nationalistes ulrainiens réussissent un nouveau coup d'Etat et remobilisent la guerre 

Cette continuité de la politique ukrainienne pro-atlantiste et par là de son asservissment aux néo-conservateurs anglo-américains qui la dirigent est même confirmée par Dmitry Razumkov, l'un des consultants politiques du candidat Zelensky, qui en confirmant la nécessité de rejoindre l'UE, l'OTAN et la coopération avec le FMI. déclare comme nuance avec Porochenko que "nous considérons cette intégration non pas comme un objectif, mais comme un mécanisme". Quant à Irina Venediktova, la conseillère juridique de Zelensky elle a déclaré le 3 avril à la chaîne de télévision Gromadska que la politique étrangère de Zelensky, s’il le gagnait, serait "100% pro-européenne", et qu'il avait même contacté plusieurs représentants des diplomaties occidentales pour les rassurer à ce sujet (comme quoi les résultats de l'élection ne dépendent pas que de la décision des ukrainiens !) 

Et pour conclure écoutons Pavel Klimkin, le ministre ukrainien des Affaires étrangères qui a déclaré à la chaîne de télévision américaine CNBC que l'intégration de Kiev dans l'UE et dans l'OTAN était (selon lui) irréversible même avec la victoire de Zelensky: 
  • «Je suis presque sûr qu’il n’y aura pas de renversement complet, un virage à droite ou à gauche en politique étrangère. La société ukrainienne ne permettra tout simplement à personne de quitter l'orientation générale de la politique étrangère ukrainienne. Et nous parlons du chemin qui mène à l’UE et à l’OTAN »

En bref, qu'il garde la même enseigne "Chez Piotr" ou qu'il en mette une nouvelle "Chez Volodymir", le restaurant ukrainien servira la même merde préparée dans les cuisines de Washington...

Erwan Castel


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