vendredi 12 juillet 2019

Ukraine, le royaume de l'absurde


Déjà "naviguer à vue" en politique est un mode de gouvernance risqué et peu productif, mais qui peut, lorsqu'il fait face à des facteurs extérieurs dominants être à la limite l'expression acceptable d'une realpolitik survivaliste. Mais lorsque le "capitaine" à la barre montre qu'il ne sait même pas naviguer, qu'il n'a pas de colonne vertébrale idéologique et se révèle être le plus faible dans une jugle du plus fort, on s'engage alors vers un scénario catastrophe du type Titanic.

Zelensky était, est et restera ce clown incapable de faire autre chose que de lire un script aujourd'hui écrit entre Washington et Bruxelles, et qui lui fait endosser plus le rôle d'un Judas ukrainien que le télévisuel rôle du "serviteur du peuple" qui a largement contribué à lui attirer la sympathie de ses électeurs. De plus il semble être, encore plus que son prédécesseur Porochenko, influencé par les radicaux nationalistes menaçants qui depuis le Maïdan rèvent de passer du statut de chiens de garde à celui de maîtres du pays.

Alors qu'il avait fait de l'arrêt des tirs ukrainiens contre le Donbass le leitmotiv de ses promesses politiques, depuis le 20 mai, jour de l'investiture de Zelensky, sous les bombardements de son armée, 1 femme a été tuée 24 autres civils ont été blessés, dont 3 enfants et 9 femmes et des dizaines de sodats ont été tués ou blessés en défendant la ligne de front. En outre plus 285 maisons, 3 jardins d’enfants, 3 écoles et 2 hôpitaux ont été endommagés ou détruits sur le seul territoire de la RPD 

De l'avis de nombreux observateurs et habitants de la ligne de front, il faut revenir en arrière aux premiers mois de la guerre en 2014-2015, pour retrouver une telle intensité de bombardements ukrainiens sur le Donbass.


Cette détérioration grave de la situation pourrait côté ukrainien encore déraper ces prochains jours jusqu'à échapper complétement au contrôle du Président Zelensky qui est de plus en plus impopulaire au sein de son armée.

Et si on regarde du côté de Kiev on s'aperçoit mieux de l'incompétence de ce nouveau gouverneur de la colonie Ukraine, dont les actions ou réactions dans la sphère politique kiévienne sont ni plus ni moins qu'absurdes et sans horizon...

Erwan Castel


Source de l'article : Russie Politics

Ukraine : Zelensky acte l'échec de la Révolution du Maïdan


Karine Bechet Golovko

"Le nouveau Président ukrainien, dans une de ses sorties médiatiques dont il a l'habitude, vient, peut-être sans le vouloir, d'acter l'échec de la Révolution du Maïdan, qui a coûté la Crimée au pays, le plongeant depuis plusieurs années dans une guerre civile sans fin, ayant détruit l'Etat, remis les clés du pays aux puissances étrangères. Zelensky annonce la nécessité d'élargir la loi d'épuration pour liquider tous ceux qui sont venus au pouvoir après le Maïdan. Au même moment, l'UE, elle aussi sans s'en rendre compte,  vide le Maïdan de son sens en levant l'incrimination de détournement de fonds publics contre l'ancien Président ukrainien, Yanukovitch. Au pays de l'absurde, les clowns sont rois.

Zelensky a publié cette vidéo, dans laquelle il s'adresse aux Ukrainiens :



Il déclare ainsi qu'il est nécessaire d'élargir la loi sur l'épuration, dite loi de lustration, adoptée après le Maïdan contre l'ancienne élite politique (pré-révolutionnaire) à toutes les personnes ayant eu des fonctions sous Poroshochenko, à toutes les personnes issues du Maïdan. Quand la Révolution ne peut que s'emballer et conduit à la destruction, a toujours besoin de plus de sang :
  • "Nous proposons de renforcer l'épuration. Nous avons préparé un projet de loi élargissant le domaine de la loi sur l'épuration du pouvoir. Je propose d'ajouter dans la liste des fonctions tombant sous le coup de l'épuration le Président ukrainien, tous les députés ukrainiens, le président de la Rada Suprême (le Parlement), les membres du Gouvernement, le Procureur général, le directeur du SBU (ex-KGB), les dirigeants du Comité anti-monopole, du Fonds des biens publics, les dirigeants du Service fiscal et douanier, le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine, la direction de toutes les entreprises militaires, de toutes ces personnes qui occupaient leurs fonctions du 23 février 2014 au 19 mai 2019."
A sa manière, Zelensky propose de décapiter la Révolution du Maïdan, d'aller encore plus loin. Mais comme chaque époque est une parodie de la précédente, l'on ne verra pas la guillotine tourner à plein régime comme lors de la Révolution française, l'on n'exécutera pas sommairement comme à la Libération. Les prisons ne vont pas non plus se mettre à déborder de ces nouveaux prisonniers politiques. Il y a de fortes chances que, finalement, l'on ne fasse pas grand-chose. Mais l'on fait peur. L'on est en campagne électorale et l'on joue l'intimidation, le jusqu'auboutisme. L'on pousse à l'absurde, car tout cela n'a plus aucun sens.

La Révolution du Maïdan a mis l'Ukraine à genoux, l'a dépossédée de son territoire (en partie physiquement et entièrement sur le plan politique), de ses intérêts nationaux, elle a remis les clés de l'Etat entre les mains de puissances étrangères, qui décident quels secteurs de l'économie doivent être cédés aux amis américains, comme au fils de Biden, et à quelles conditions, s'il est nécessaire que les combats sur le front de l'Est soient réactivés, où et quand, de quel tribut les habitants du pays doivent pays "l'occupant-libérateur" pour qu'il puisse mener à bien sa mission de "démocratisation".

En annonçant, même s'il s'agit d'une réponse à Porochenko qui sous-entendait que le nouveau Président n'était pas assez porté sur la purification du pays, Zelensky vient de démontrer que ce Maïdan n'a profondément rien changé, qu'il est encore une fois nécessaire, comme à l'époque, d'épurer le paysage politique, faire peau neuve, pour laisser la place à la nouvelle élite qui doit s'installer. Donc le Maïdan n'a pas permis de lutter contre la corruption, de relancer l'économie, de renforcer la justice, la police, il n'a pas permis - et ne pouvait pas - permettre de consolider l'Etat ukrainien. 

Ce Maïdan est un échec. C'est acté. Il n'a fait que détruire le pays et l'Etat, un pays vidé de ses forces, exsangue, mis en esclavage géopolitique.

C'est en plus un échec qui n'avait, dès le départ, aucun sens, en tout cas si l'on en croit l'étonnante décision de la Cour de justice de l'UE. Celle-ci vient non seulement de lever les sanctions adoptées contre l'ancien Président ukrainien Yanukovitch et toute une série de dirigeants avec lui, alors prises sur le double fondement de détournement de fonds publics et de l'enquête pénale menée en Ukraine contre eux après le Maïdan. Mais sur recours de Yanukovitch, la Cour vient également de modifier l'incrimination, ôtant le détournement de fonds publics, ne laissant plus que l'enquête pénale en Ukraine. Leurs fonds ne sont plus gelés.

Quel était finalement le sens de cette Révolution du Maïdan qui a entraînée la chute du pays? Manifestement, cela n'avait rien à voir avec les intérêts nationaux du pays."

Karien Bechet Golovko

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