vendredi 28 janvier 2022

La guerre des nerfs bat son plein


Dernière minute :

Au moment où je publie cet article sur les réseaux sociaux, la ville de Donetsk est paralysée par une série d'alertes à la bombe touchant des bâtiments administratifs, privés, culturels et mobilisant un dispositif important des services de sécurité et de déminage républicains. 
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Dans sa crise sécuritaire qui l'oppose à Moscou, Washington semble décidé à se lancer dans une fuite en avant irrationnelle, belliciste et suicidaire..... pour l'Ukraine où le fantasme propagandiste d'une "invasion russe de Kiev", qui aujourd'hui a supplanté largement la psychose organisée autour du Covid 19, cherche a entrainer les occidentaux dans une guerre des nerfs contre les russes.

1 / Sur le front international

Dans son speech du 27 janvier, John Kirby, le porte parole du Pentagone a déclaré: "les États-Unis observent depuis 24 heures plus d'accumulation de forces de combat crédibles par la Russie dans les régions entourant l'Ukraine, y compris en Biélorussie" sans mentionner bien-sûr la tenue des exercices militaires russo-belarusses dans le Belarus et la mise en alerte de 6000 soldats russes dans le district militaire Sud de la Fédération (en réponse à la mise en alerte de 8500 soldats étasuniens).

Mais la palme d'or des délires politico-médiatiques occidentaux de la journée revient sans conteste à Joe Biden qui, dans  une conversation téléphonique avec son laquais ukrainien Zelensky a tout simplement complétement perdu la raison :

Selon un haut responsable ukrainien du correspondant international principal de CNN, Matthew Chance, Biden a déclaré à Zelensky "une invasion russe de l'Ukraine est désormais pratiquement certaine et que Kiev pourrait être  mise à sac par les soldats russes"  "préparez vous à l'impact" estomaquant un Zelensky qui lui a même demandé de modérer sa rhétorique, en particulier l'utilisation du mot "imminent", car il risque de provoquer la panique et des conséquences économiques négatives pour l'Ukraine.

Il semble que les responsables occidentaux à force de s'enivrer de leurs mensonges soient vraiment atteint d'un délirium tremens collectif où ils prennent leurs fantasmes propagandistes pour la réalité comme cette Sherman, sous-secrétaire d'État US qui également a déclaré que "Washington voyait des signes (dans une boule de cristal ?) indiquant annonçant une offensive russe contre l'Ukraine à la mi-février".

Et les déclarations occidentales de se lancer, tant qu'à dire des conneries, vers les sommets de l'outrecuidance. Restez assis car là c'est du lourd !: 

Alors que l'OTAN est prêt à provoquer une guerre européenne entre Kiev et Moscou pour le droit à se positionner le long des frontières de la Fédération de Russie, Washington, toute honte bue déclare le 27 janvier que "les USA réagiront fermement à une éventuelle présence militaire russe à Cuba" (sur le territoire duquel rappelons le en passant ils ont eux mêmes une base à Guantanamo) !

Bien sûr, tous ces délires occidentaux ne sont que des rabatteurs destinés à pousser l'opinion internationale a accepter l'abattoir de sanctions économiques qui même si elles sont dirigées vers Moscou impacteront gravement l'ensemble de l'économie européenne, et l'occupation militaire renforcée de l'Europe avec notamment un déploiement maximum de troupes sur les frontières de la Russie :

Concernant le volet économique :

  • Sous-secrétaire d'État US Nuland: "Si la Russie envahit l'Ukraine, le projet Nord Stream 2 sera arrêté",
  • 1er ministre britannique Johson: "La Grande-Bretagne se prépare à renforcer les sanctions anti-russes, n'excluant pas les mesures personnelles contre Poutine et la déconnexion de la Fédération de Russie de SWIFT... avec l'aide des États-Unis."
  • Ministre britannique des Affaires étrangères Truss: "nous préparons un projet législatif de nouvelles sanctions plus sévères contre un certain nombre d'entreprises et d'individus en Russie pourrait être présenté dans les prochains jours.",
  • Département d'État US et CIA "il a été présenté en Europe une liste de sanctions contre la Russie en cas d'invasion de l'Ukraine".
  • Union Européenne: "En cas d'invasion de l'Ukraine mais aussi de cyberattaque, de campagne de désinformation (?) et de restriction de l'approvisionnement en gaz, un "paquet de mesures" contre la Russie est en préparation, qui pourrait inclure une restriction sur la conversion des devises, la possibilité d'introduire des mesures de contrôle des exportations, la restriction d'accès au système de paiement SWIFT, ainsi que d'imposer des interdictions d'importation et d'exportation".
Ici il faut relever une divergence entre les menaces des Anglo-étasuniens et celles des européens, par rapport au gaz russe , les premiers enclins à annuler le lancement du gazoduc "North Strream 2" et les seconds demandant au contraire que les sanctions anti-russes ne touchent pas le secteur russe de l'énergie dont ils dépendent (40% de la consommation de gaz de l'UE vient de Russie); rejoignant sur ce point la volonté du Kremlin de ne pas instrumentaliser le marché énergétique qui est vital aux populations.

Concernant le volet militaire :

  • Pentagone: "Les États-Unis commencent à fournir un nouveau programme d'assistance militaire à l'Ukraine, qui comprend à la fois des moyens létaux et non létaux",
  • Pentagone: "De nouvelles unités ont été placées en alerte pour un éventuel déploiement en Europe de l'Est parmi lesquelles la 82ème division aéroportée de Fort Bragg, la 101ème division aéroportée de Fort Campbell, le 18ème Corps aéroporté (Forts Bragg & Campbell), la 4ème division d'infanterie de Fort Carson...",
  • Pentagone: "Les troupes américaines basées en Europe ont également été placées en état d'alerte en vue d'un éventuel déploiement pour renforcer les défenses de l'OTAN", précisant que le général Tod Wolters, Commandant d'EUCOM (Forces des États-Unis en Europe) "peut de sa propre initiative déplacer des forces autour d'intérêts".

2 / Sur le front du Donbass

Les forces ukrainiennes poursuivent sans relâche leur préparatifs offensifs accumulant désormais sur les 480 km de front du Donbass environ 150 000 hommes selon les derniers rapports de l'OSCE synthétisés par son représentant russe, Alexandre Loukachevitch qui relève au passage l'incohérence totale des autorités ukrainiennes qui agitent le fantasme d'une invasion multidirectionnelle mais constituent un groupe militaire uniquement le long de la ligne de contact dans le Donbass. Et le ministère ukrainien de la Défense a annoncé envoyer 11 000 hommes supplémentaires vers son "Opération des Forces Conjointes" déployée dans le Donbass. 


Plusieurs indices importants rapportés par le renseignement militaire confirment les préparatifs ukrainiens à une offensive contre les républiques populaires de Donetsk et Lugansk:

  • Arrivée de convois logistiques importants apportant d'importants stocks de carburant, lubrifiant et munitions près de la première ligne du front, notamment dans les secteurs de Krasnoarmeysk, Druzhovka, Zachatovka, pour les secteurs des 25e, 56e, 54e, 53e et 36e brigades ukrainiennes vers lesquels les approvisionnements sont effectués de nuit vers des dépôts disséminés en campagne à 15-20 km du front.
  • Dans les hôpitaux militaires de campagne, des secteurs de Konstantinovka, Kurakhovo, Volnovakha et Mariupol, les patients sous traitement sont renvoyés d'urgence vers leurs zones de déploiement pour y finir leurs soins. Des stockages des dons de sang de pansements et matériels médicaux ainsi que des lits supplémentaires sont organisés.  Des points d'accueil de tri et ventilation des blessés sont aménagés en amont des hôpitaux. 
  • Les dirigeants des administrations militaro-civiles des régions du Donbass occupées par les forces ukrainiennes ont ​​reçu l'ordre de vérifier les plans d'évacuation des résidents vivant dans les zones résidentielles proches de la première ligne, ainsi que de vérifier les véhicules et les installations destinés à leur transport et hébergement. 
  • Dans les centres de recrutement de Kharkov, Tserkov, Kherson, Dnipropetrovsk, les organisations nationalistes ukrainiennes ont activé un rappel accéléré des volontaires ayant une expérience militaire, pour les diriger vers des camps d'entraînement militaires tandis que des collectes de fonds sont réalisées pour compléter leur équipement. 
A noter que, dans le contexte de la menace de sabotages ukrainiens contre des centres vitaux, les forces républicaines de sécurité et du contre espionnage redoublent d'attention, invitant également la population à relever des activités suspectes. C'est ainsi qu'une cache contenant du TNT et des grenades a été découverte non loin de Dokuchaeîvsk (30 km Sud de Donetsk).

Sur la première ligne du front les forces de Kiev continuent leurs provocations dont certaines meurtrières: 

Défenseur de Donetsk tué à Staromikhaïlovka

  • Près de Staromikhaïlovka (Ouest de Donetsk), le 27 janvier, un groupe de reconnaissance ukrainien venant de Krasnogorovka, au cours d'une infiltration a poignardé un soldat républicain avant de l'abandonner dans une zone boisée.
  • Sur le front de la République Populaire de Lugansk, à 15h50 le 27 janvier, un bombardement de Veselogorovka (partie Ouest de l'autoroute de Bahmutka) par une unité de la 30ème brigade ukrainienne (cdt Zinevich) avec des canons sans recul SPG 9 et des mitrailleuses lourdes ont tué un autre défenseur républicain.

Sur le front, on observe de plus en plus de combattants occidentaux, 

  • mercenaires de sociétés militaires privées comme par exemple "Academi" signalée cette semaine sur le front de Lugansk (qui n'est autre que l'ex "Blackwater" dissout pour crime de guerre en Irak) et "Forward Observations Group",
  • instructeurs étasuniens, britanniques ou canadiens qui, loin de leur zone de travail (dans des bases à l'Ouest du Dniepr), viennent de plus en plus souvent sur la ligne de front du Donbass,
  • nationalistes radicaux, volontaires dans les bataillons spéciaux ukrainiens dont la plupart revendiquent une filiation idéologique nazie et bandériste, comme par exemple ces 2 britanniques rencontrés sur le front Sud, à Shirokino (au bord de la mer d'Azov).

3 / Du côté de l'Ukraine

Les rats continuent à quitter le navire comme le plus gros milliardaire ukrainien, l'oligarque Rinat Akhmetov qui est parti se réfugier à bord de son jet privé (avec de lourdes valises à roulettes" à Dubaï où il a organisé une infrastructure de secours pour continuer ses "affaires".

Kiev multiplie les actes de mendicité auprès des anciennes RSS d'Europe de l'Est pour que soient transférés en urgence aux forces armées ukrainiennes leurs vieux stocks de pièces et munitions d'artillerie soviétiques, à l'exemple de la Tchéquie qui envoie à l'Ukraine 4000 obus de 122mm.

Le gouvernement de Kiev quant à lui continue de refuser d'emprunter le chemin de la Paix à l'exemple de son Ministre des affaires étrangères Kuleba qui réaffirme que "l'Ukraine ne négociera jamais avec les organisations de Lugansk et Donetsk", ce qui, selon lui est "une question de principe". De tels propos reviennent tout simplement à déclarer une sortie des accords de Minsk qui prévoient au contraire de négocier avec les représentants de Donetsk et Lugansk la tenue d'élections, la définition d'un statut spécial, l'échange des prisonniers, l'application de l'amnistie etc.

4 / Du côté de l'OTAN

Les forces ukrainiennes continuent à être formées en urgence par des instructeurs britanniques à l'utilisation du système polyvalent (antichar et anti fortification) NLAW livré ces derniers jours à Kiev par Londres.

Une réunion de sécurité doit se tenir ce 28 janvier en Pologne pour faire un point de situation sur la crise internationale entre OTAN et Russie les aides militaires à l'Ukraine et le déploiement sur ses frontières orientales des unités de combat de l'Alliance.

En plus des transferts d'armes aux forces ukrainiennes par les pays baltes, un 4ème avion d'aide militaire en provenance de la base de Douvres aux États-Unis est arrivé à Kiev tandis qu'un 9ème Boeing C-17A Globemaster III de l'armée de l'air britannique atterrissait à Lvov (Ouest de l'Ukraine), soit pour renforcer l'assistance britannique et canadienne sur la base de Yavoriv, soit pour livrer une nouvelle cargaison d'armes.



Récapitulatif des aides militaires britanniques envoyées par gros porteurs C17 à Kiev

Le jour même Washington remettait ses réponses écrites aux propositions russes de sécurité collective européenne pas moins de 5 aéronefs de reconnaissance reniflaient la ligne de front et les régions frontalières russes :

Avions de reconnaissance électronique RC-135W Rivet Joint, CL600 ARTEMIS, 
EP-3E ARIES II et drone RQ-4A Global Hawk, de l'US Air Force ont recopié ce
26 janvier 20222 dans le ciel pontique la réponse de Washington à Moscou

Ces missions de surveillance aérienne de l'OTAN qui peuvent être également des missions de  de guerre électronique en appui d'une offensive ukrainienne (brouillage des radars de défense, géolocalisation des cibles...) sont quotidiennes depuis plusieurs semaines  augmentant leurs durée et se rapprochant toujours plus de la ligne du front du Donbass.


Du côté de la Russie

Maintenant que la volonté belliciste étasunienne a été actée par sa réponse écrite transmise le 26 janvier, les réactions en Russie s'accélèrent et autour d'une solidarité totale envers les républiques populaires de Donetsk et Lugansk dont les principales initiatives sont :

  • La proposition présentée par le parti communiste de Gennady Zyuganov à la Douma de reconnaissance officielle des républiques de Donetsk et Lugansk et déjà soutenue par d'autres partis qui sera étudiée début février,
  • La proposition unanime présentée par Andrey Turchak du parti "Russie unie" de fournir aux forces de Défense de Donetsk et Lugansk des armes adaptées aux nouveaux effectifs et armements des forces ukrainiennes sera soutenue rapidement.

Et dans le district militaire Sud, les exercices d'alerte de combat terrestres ou maritimes et les manœuvres avec les forces bélarusses continuent à monter en puissance, posant clairement les capacités militaro techniques de la Fédération de Russie à défendre les populations du Donbass (dont plus de 90 000 citoyens russes) ainsi que sa zone d'influence  sécuritaire occidentale.

Mise en alerte de combat de la 150ème brigade 
mécanisée du District Sud, région de Rostov sur
le Don sur les frontières avec la République de
Donetsk et à 40 km seulement de la ligne de front

En déployant ses forces de défense sur son flanc occidental, la Fédération de Russie marque concrètement sa zone d'influence sécuritaire et les lignes rouges qu'elle tente de faire comprendre depuis plusieurs années aux faucons de Washington.

Couverture aérienne des systèmes de missiles modernes antiaériens russes S 400 
déployés sur le flanc occidental de la Fédération de Russie etre Baltique et Mer Noire

Et pour finir en riant... 

Pressée depuis plusieurs semaines par le mendiant ukrainien de bien vouloir lui jeter quelques armes et matériels de guerre pour sa guerre contre les russes, l'Allemagne a finalement cédé au harcèlement ukropithèque et Christine Lambrecht, la ministre allemande de la Défense a donné l'ordre d'envoyer aux forces ukrainiennes un lot de... 5000 casques, ce qui risque de provoquer des érections nostalgiques du côté des bataillons spéciaux ukrainiens héritiers des collabos bandéristes de tonton Adolf !


Quant aux invincibles armadas blindées de l'oncle Sam, il n'y a pas que leur camouflage levantin qui n'est pas adapté au "front de l'Est":

Char de combat Abrams des forces étasuniennes
se déployant sur les frontières orientales polonaises.

A suivre...

Erwan Castel

jeudi 27 janvier 2022

Les membres masqués de l'OTAN


Depuis la disparition de l'URSS et avec elle celle du Pacte de Varsovie, on observe un expansionnisme exponentiel et de plus en plus agressif de l'OTAN vers les frontières de la Fédération de Russie, piétinant au passage les promesses occidentales de préserver une neutralité des anciennes républiques socialités soviétiques ainsi que de la fonction dite "défensive" de l'Alliance, qui déjà dans sa chronologie est contestable puisqu'elle précède en réalité (avril 1949) et provoque la création du Pacte de Varsovie (mai 1955) et non l'inverse comme le pense la plupart des occidentaux formatés par la propagande de guerre victimaire de l'Oncle Sam.

Aujourd'hui, l'OTAN est confronté aux puissances militaire et diplomatique restaurées de la Fédération de Russie grâce auxquelles Moscou peut faire valoir à nouveau ses préoccupations sécuritaires et imposer atour de son espace vitale des lignes rouges à ne pas franchir par ses adversaires potentiels (ces lignes rouges étant de plus en plus importantes au fur et à mesure qu'augmentent les capacités des armements modernes).

Certains diront ici que la Russie en demandant l'instauration d'une "glacis" stratégique neutre devant ses frontières outrepasse le droit des Etats à choisir librement leurs propres alliances militaires, ce que Stoltenberg, le secrétaire Général de l'OTAN a encore voulu nous présenter comme un droit inaliénable lors de sa dernière conférence de presse du 26 janvier.

Or l'histoire même des relations internationales étasuniennes nous rappelle que refuser l'expansion militaire d'un adversaire potentiel dans sa "zone d'influence" frontalière est légitime et il suffit pour exemple de se souvenir de la crise des missiles de Cuba en 1961. Et ce droit à garantir un glacis sécuritaire autour de ses frontières est même, comme l'a rappelé Sergeï Lavrov  le Ministre russe des Affaires Etrangères, dans le droit international par les "Déclarations d'Istanbul et d'Astana de l'OSCE" qui en 2010, ont inscrit l'obligation de tout pays de ne pas renforcer sa sécurité aux dépens d'autres États (accords votés par les 56 États participants et de 12 partenaires de l'OSCE) :

  • "La sécurité de chaque État participant est indissociable de celle de tous les autres. Tous les États participants sont égaux en droit en matière de sécurité. Nous réaffirmons le droit inhérent à chaque État participant d’être libre de choisir ou de modifier ses dispositions en matière de sécurité, notamment les traités d'alliance, à mesure qu’ils évoluent. Chaque État a également le droit à la neutralité. Les États participants respecteront les droits de tous les autres à cet égard. Ils ne renforceront pas leur sécurité au détriment de celle des autres."

Mais voilà, conscient que cette légitimité sécuritaire fait obstacle à son expansion hégémonique, l'OTAN a inventé des statuts bâtards d' "alliés non intégrés" qui lui permettent d'avancer factuellement ses pions, ses exercices et contrats d'armement militaires sans marquer juridiquement ses nouveaux territoire; "partenaire pour la Paix", "partenaire "nouvelle opportunité"", "partenaire renforcé" etc...

Aujourd'hui dans la turbulence géopolitique Est-Ouest que la crise ukrainienne, organisée par Washington a provoqué, l'OTAN vient de faire encore évoluer en catimini sa définition identitaire : 

En janvier, l'OTAN évoque la possibilité de mettre en œuvre l'article 5 (assistance militaire mutuelle des membres) à un "espace global" élargi aux partenaires et justement à une zone d'influence sécuritaire qu'elle refuse aujourd'hui à la Russie:


Lors de sa conférence de presse du 26 janvier, Stoltenberg confirme cette distorsion du cadre des prérogatives juridiques de l'Alliance, lorsqu'il déclare: "Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre tous les alliés". Là, il n'est plus question seulement des "membres" contractuels mais aussi des partenaires sans obligation dont par exemple la Finlande qui est "partenaire renforcé" ou l'Ukraine qui est "partenaire nouvelles opportunités" depuis juin 2020.

Ceci revient à dire que si le statut de "membre" est un marqueur d'une intégration juridique de son territoire dans l'OTAN, le statut de "partenaire" est quant à lui le marqueur d'une intégration factuelle de l'OTAN dans son territoire.

Autrement dit c'est "bonnet blanc et blanc bonnet" pour la Russie qui observe cet espace global atlantiste arriver en butée de ses frontières fédérales !

Erwan Castel

Voici un article pertinent de Karine Bechet Golovko évoquant justement que la psychose hystérique d'une prétendue invasion russe est organisée entre autres mesures russophobes pour accélérer le rapprochement militaire de ces "partenaires" dont certains, voisins de la Russie, hésitent entre l'engagement et la neutralité...


Source de l'article: Russie Politics


L'OTAN veut s'élargir vers la Suède et la Finlande : 
la neutralité n'est plus de mise grâce à la "menace russe"

La question de l'élargissement de l'OTAN est plus que jamais à l'ordre du jour et le recours au mantra de la "menace russe" est un prétexte fabriqué sur mesure. En ces temps troublés, cette structure est dans l'obligation de prouver sa force et avec la fin de la Guerre froide, elle doit prouver l'importance de son existence par l'importance d'un "nouvel-ancien" ennemi. Bref, l'on est soit avec elle, soit contre elle. Et cette question va bien au-delà de l'Ukraine ou de la Géorgie, elle touche même, dans sa radicalisation actuelle, principalement les pays qui pensent pouvoir rester neutres. Et dans son combat pour la globalisation, le monde Atlantiste ne peut plus se permettre l'existence d'une neutralité et la Russie est utilisée comme catalyseur.

L'OTAN fait clairement passer le message : la neutralité n'est plus possible aujourd'hui. Et pour cela, la pression est à nouveau dirigée vers deux pays symboliques et autrement plus intéressants que l'Ukraine et la Géorgie, à savoir la Suède et la Finlande.

Ainsi, le Secrétaire général de l'OTAN d'insister, car ces déclarations ont déjà été faites par Victoria Nuland : les portes de l'OTAN sont grandes ouvertes à la Finlande et à la Suède. Ce 24 janvier, une rencontre au siège de l'OTAN a été organisée avec les ministres des Affaires étrangères suédois et finlandais, concernant le renforcement de la coopération "face à la menace russe". Un peu plus tard, le ministre des Affaires étrangères suédois a déclaré que, pour l'instant, la Suède n'est pas prête à demander son entrée dans l'OTAN.

Cette rencontre s'inscrit parfaitement dans la ligne américaine concernant les garanties de sécurité demandées par Moscou, puisque le porte-parole du Département d'Etat, Ned Price, a déclaré dans son point presse, que les Etats-Unis ne feraient aucune concession. Or, la question, fondamentale pour la Russie, de la fin de l'extension de l'OTAN a été refusée d'emblée par les Américains.

Si finalement une réponse écrite promet d'être envoyée ces jours-ci, rien ne dit qu'elle permettra de changer la donne. La situation est, en fait, parfaitement claire : nous sommes dans une phase de conflit actif. 

Karine Bechet-Golovko

Le "fuck off !" de Washington

La crise ukrainienne, pourtant initiée par la subversion de Washington en 2014 et entretenue depuis par le bellicisme de Kiev dans le Donbass, est non seulement en train d'échapper définitivement au contrôle de l'OTAN (qui pensait y récupérer la base stratégique russe de Sébastopol), mais devient même aujourd'hui l'occasion pour la Russie de marquer son territoire avec force, d'imposer à ses "partenaires occidentaux" la nécessité d'un rééquilibrage de l'architecture de la sécurité en Europe. 

Après avoir tergiverser pendant un mois, refusant de répondre à la proposition russe de restaurer une confiance mutuelle et une sécurité collective européenne respectant tout sila zone d'influence de la Fédération de Russie, Washington a finalement rendu ce 26 janvier 2022 à 19h30 sa réponse bicéphale (Maison Blanche & OTAN) aux propositions russes de désescalade de la crise sécuritaire qui secoue l'Europe via John Sullivan, son ambassadeur en Russie.

Une réponse sans surprise arrogante et qui peut se résumer en deux mots: "Fuck off !" 

A 20h00, l'ambassadeur des Etats Unis quitte le 
Ministère russe des Affaires Etrangères après
avoir remis la réponse écrite de Washington aux
propositions russes de sécurité collective.

Immédiatement après le départ sans commentaire de l'ambassadeur US John Sullivan, les salles de rédaction et les canaux des réseaux sociaux sont entrés en effervescence, d'autant plus que les faucons de guerre ont annoncé dans la foulée 2 conférences de presse urgente de l'OTAN et du département d'Etat étasunien, au cours desquelles les points fondamentaux du traité de sécurité collective européenne proposé par Moscou, non seulement vont être rejetés sans ambages mais de surcroit ensevelis sous des exigences arrogantes occidentales inacceptables tel que le retrait russe de Crimée, Transnisstrie, Abkhazie et Ossétie. 

1 / Discours d'Anthony Blinken / Maison Blanche

Le premier à s'exprimer a été Anthony Blinken, le chef de la diplomatie étasunienne dans une conférence de presse aussi laconique qu'agressive où il a refusé en bloc la quasi totalité des propositions russes, piliers d'une nouvelle sécurité collective européenne.


Concernant le document :
  • "Les États-Unis ne publieront pas de réponses aux propositions russes de garanties de sécurité et attendent la même chose de Moscou",
  • "La réponse américaine a été "entièrement coordonnée" avec l'Ukraine et nos alliés européens",
Points d'accord :

  • "Les États-Unis sont prêts à poursuivre le dialogue avec la Russie dans les domaines où la coopération est encore possible"
  • "Les États-Unis et la Russie peuvent coopérer sur les systèmes de missiles de frappe, la transparence des exercices, le contrôle des armements",
  • "Nous comprenons les préoccupations de sécurité de la Russie, nous avons les nôtres. Mais nous sommes prêts au dialogue. Voyons ce que dira Moscou",
  • Blinken "prévoit de discuter avec Lavrov de la situation avec la réponse américaine sur les garanties de sécurité dans les prochains jours",

Points de désaccord :

  • "Les États-Unis affirment que  l'Ukraine continuera d'avoir son propre choix quant à son adhésion ou non à l'OTAN",
  • "Nous continuons à défendre et n'abandonnerons pas le principe des "portes ouvertes" à l'OTAN"
  • "non seulement les États-Unis renforcent les capacités militaires de l'Ukraine – et continueront de le faire – mais ils cherchent également des moyens de stimuler son économie",
  • "Les États-Unis livreront un nouveau lot d'aide à la sécurité à l'Ukraine dans les prochains jours"
Points divers :
  • "Les recommandations aux Américains de quitter l'Ukraine ne signifient pas que les États-Unis sont convaincus que la Russie lancera une invasion",
  • "Les États-Unis veilleront à ce que l'approvisionnement énergétique mondial ne soit pas interrompu en cas d'action russe",
Et après ?
  • "Nous sommes prêts à ce que la Russie choisisse la voie de l'agression",
  • Blinken dit qu' "il reste à la Russie de décider comment réagir : nous sommes prêts dans tous les cas",
  • Blinken ajoute que "Washington veut emprunter la "voie diplomatique... Nous sommes prêts dans tous les cas".

2 / Discours de Jens Stoltenberg / OTAN
 
Quelques minutes plus tard, c'était au tour de Jens Stoltenberg, le secrétaire Général de l'OTAN de s'exprimer depuis Bruxelles, au sujet des réponses de l'Alliance aux propositions russes dans un ton également agressif et arrogant.


Concernant le document:
  • "La réponse de l'OTAN sur les garanties de sécurité a été remise à l'ambassadeur de Russie à Bruxelles",
  • "l'alliance avait transmis ses réponses écrites à la Russie "en parallèle avec les États-Unis"
  • "Le document avec notre réponse à la Russie est soutenu par tous les alliés, il a été formulé conjointement". 
Points d'accord:
  • "L'OTAN invite la Russie à reprendre les séances d'information sur les exercices, ainsi que le dialogue sur le contrôle des armements, les missiles et les armes nucléaires et l'espace",
Points de désaccord... et d'arrogance:
  • "L'OTAN rejette la demande de la Russie de ne pas s'étendre",
  • "La Russie doit retirer ses troupes de ses frontières, de l'Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie",
Une exigence de l'OTAN qui sent l'ultimatum
  • "L'OTAN est une alliance défensive et ne cherchera pas la confrontation" ("Ben voyons !")
  • "Nous avons clairement indiqué que nous ne transigerons pas sur nos principes fondateurs, chaque nation a le droit de choisir sa propre voie",
  • "L'OTAN renforce sa présence dans les régions de la mer Baltique et de la mer Noire",
  • "Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre tous les alliés",
  • "l'OTAN respecte la décision de la Géorgie et de l'Ukraine, qui souhaitent devenir membres de l'alliance, mais aussi de la Suède et de la Finlande, qui souhaitent rester partenaires",
  • "Pour déployer la Force de réaction de l'OTAN, nous avons besoin d'une décision du Conseil de l'Atlantique Nord. Cette décision sera prise si nécessaire et nous nous déploierons si nécessaire".
Points divers
  • "Nous sommes confrontés à un moment critique de la sécurité euro-atlantique",
  • "L'OTAN propose à la Russie de rétablir les missions à Moscou et Bruxelles",
  • "L'OTAN invite la Russie à établir une ligne de communication directe et à tirer le meilleur parti des contacts militaires pour éviter les incidents",
  • "L'OTAN propose à Moscou de tenir une série de consultations sur la sécurité au sein du conseil Russie-OTAN, a déclaré le secrétaire général de l'alliance",
  • "Nous avons augmenté la préparation au combat de nos forces. La Force de réaction avancée de l'OTAN se compose de 5 000 soldats qui peuvent être déployés en quelques jours"
Et après ?
  • "Alors que nous travaillons pour une bonne solution, nous sommes également préparés au pire". Nous avons des plans en place que nous pourrions exécuter dans un délai très court. Certains de ces plans datent de l'invasion russe de l'Ukraine en 2014 ",
  • Jens Stoltenberg au sujet de l'OTAN et de la Russie déclare: "Ce n'est pas un secret, nous sommes loin l'un de l'autre, c'est pourquoi il est encore plus important d'examiner les propositions et d'identifier les domaines dans lesquels travailler ensemble"

3 / Les premières réactions 

En attendant que Moscou donne sa conclusion, les réponses sans surprise occidentales et les commentaires acerbes de Blincken et Stoltenberg où l'arrogance perçait sous l'intransigeance ont immédiatement suscité des réactions de part et d'autre du nouveau rideau de fer qui s'abat sur l'Europe.

En Russie, le sénateur Dzhabarov a déclaré à Ria Novosti :
  • "La réponse américaine aux garanties de sécurité proposées par Moscou ne peut pas satisfaire la Russie, elle ne peut être acceptée. La réponse américaine aux propositions russes indique que Washington entre dans une confrontation directe et entame une confrontation mondiale".
En Allemagne, DPA, la plus grande agence de presse conclut:  
  • "La réponse de l'OTAN aux propositions de Moscou concernant les garanties de sécurité indique que les principales exigences de la Russie sont inacceptables".

Au vu de la gravité des réponses occidentales, la Fédération de Russie se donne quelques jours pour sa réponse conclusive, pendant lesquels elle va engager des consultations avec ses alliés, dont la Chine qui faut-il le rappeler est aussi dans le collimateur de la ploutocratie mondialiste.


Parallèlement à ce retour de courrier des occidentaux, 2 réunions autour des accords de Minsk (format Normandie et groupe de contact tripartite) essuyaient, comme d'habitude, des échecs totaux et dans une addiction à une réunionite stérile leurs représentants se donnaient, comme d'habitude, d'ultérieurs rendez-vous sans illusion.


En attendant à Moscou, le temps des décisions concrètes et des actes forts est (enfin) arrivé, comme par exemple les décisions prochaines de livrer des armes défensives adéquates aux Républiques populaires de Donetsk et Lugansk qui voient arriver en face de leurs milices des tonnes d'armes de l'OTAN, et même d'envisager sérieusement leur reconnaissance officielle en tant que républiques indépendantes, ce qui autoriserait dans la continuité des échanges économiques signés l'année dernière la mise en place d'une coopération militaire réellement dissuasive...


Conclusion

La réponse écrites bicéphale de Washington (Maison Blanche & OTAN), n'a apporté aucun élément nouveau et a confirmé ce qui avait déjà été dit par ses représentants lors des divers pourparlers présidentiels et diplomatiques entre les Etats-Unis et leurs laquais et la Fédération de Russie.

Le fait que cette position étasunienne est couchée sur le papier démontre l'hypocrisie de ses intentions de "poursuivre le dialogue" ad vitam aeternam et sa volonté nuire aux intérêts sécuritaires et économiques de la Fédération de Russie et ses alliés quitte à s'engager vers une confrontation radicale avec des options militaires indirectes voire directes.

Preuve en est que pendant cette journée des papiers de l'arrogance étasunienne, dans le ciel du Donbass pas moins de 5 aéronefs stratégiques de l'OTAN (drone et avions de reconnaissance électronique) fouillaient la ligne de front et les régions frontalières russes tandis que décollait des Etats Unis vers Kiev une 4ème livraison d'armes américaines aux forces ukrainiennes et qu'un autre gros porteur C17 "Globemaster" effectuait une liaison sur Lvov (Est Ukraine) pour y renforcer l'assistance militaire canadienne. 


Ces réponses écrites occidentales qui excluent formellement toute négociation des discussions possibles confirment l'échec d'une diplomatie internationale qui ne pourra être restaurée malheureusement qu'après une redistribution militaire des cartes.

"Accrochez vos ceintures, nous risquons de rentrer dans une zone de turbulence..."

Erwan Castel

mercredi 26 janvier 2022

Le stratégie du chaud et du froid


Dans la crise Est-Ouest actuelle qui secoue l'Europe et menace le Monde on pourrait résumer la stratégie des ukro-atlantistes en disant que l'OTAN est prête à faire la guerre à la Russie... jusqu'au dernier ukrainien et que Washington en armant sa catapulte économique excite ses marionnettes kiéviennes tout en invitant Moscou à une "incursion militaire" en Ukraine".

Cette stratégie occidentale du chaud et du froid, Washington l'a rodé depuis longtemps, il suffit de ne citer que la période qui a précédé la première intervention de l'OTAN contre l'Irak, où les occidentaux ont fait semblant de se désintéresser du sort du Koweit, incitant ainsi Saddam Hussein à le réintégrer à l'Irak, pour mieux déclencher ensuite contre son pays un embargo économique maximum aux conséquences humanitaires et militaires dramatiques que l'on connaît. 

"Un pas en arrière, deux pas en avant"

Parlons tout d'abord des parlotes ukro-occidentales qu'on pourrait aussi décrire la dynamique belliciste occidentale par "un pas en arrière, deux pas en avant" conduisant, étape par étape la crise, et tout en se donnant bonne conscience, vers une action militaire dans le Donbass qui n'est pour Washington que le détonateur d'une guerre économique à outrance contre Moscou (du moins l'espère t-il).

1 / deux pas en avant... 

Une russophobie occidentale hystérique jusqu'au ridicule en parallèle du jeu hypocrite des responsables occidentaux manipule depuis plusieurs semaines l'opinion publique pour la conditionner à désigner aveuglément la Russie si un false flag intervient en Ukraine ou même si les forces ukrainiennes engagent un coup de force direct sur le front du Donbass. 

Quelques unes des cartes infantiles des médias occidentaux dont
les "journalopes" bien sûr ne se posent même pas la question de
savoir pourquoi, si c'est la Russie qui va attaquer l'Ukraine au Nord
(par le Belarus), au Sud (par la Crimée), à l'Est et même à l'Ouest (par
la Transnistrie), Kiev concentre la plus grande partie de ses unités de
combat dans le Donbass (60%) sur 500 km de front, face aux milices
de Donetsk et Lugansk, inférieures en nombre et moins bien équipées.

Ici il faut se souvenir du matraquage réalisé au sujet de la menace d'une attaque chimique par les forces syriennes contre les opposants et qui fut validée par l'opinion dite "internationale" quelques minutes après l'attaque au gaz sarin de La Goutha (août 2013), étouffant par avance les enquêtes ultérieures prouvant que les tirs des roquettes provenaient d'un secteur tenu par les djihadistes salafistes (le même "bashing" contre le gouvernement ukrainien préparera l'opinion internationale a avaler le false flag des "snipers du Maïdan" pour pousser à Kiev les manifestations de février 2014 vers un coup d'Etat, alors qu'il a été prouvé depuis qu'ils étaient du côté de la place tenue par les émeutiers).hystérie collective 

Appuyant cette hystérie collective, il faut rajouter les évacuations des ambassades occidentales, les renforcements interalliés de l'OTAN en Europe de l'Est, les analyses économiques alarmistes etc.

 

2 / ... puis un pas en arrière

A côté de ses descriptions apocalyptiques manipulant les foules occidentales, les responsables occidentaux, parfois, se fendent de déclarations apaisantes, voire rassurantes, mais qui cherchent juste en réalité à parer leur communication d'une bonne conscience et de préparer une doxa victimaire qui jaillira au premier coup de force militaire qu'ils préparent avec leurs auxiliaires ukrainiens.

Ainsi, alors que l'on observe une escalade militaire factuelle sur les fronts du Donbass et de l'OTAN, a t-on pu entendre ces derniers jours par exemple :

  • Les déclarations dilatoires des représentants de Washington et de l'OTAN, repoussant de réunion en réunion, leur promesse de fournir des réponses écrites précises et juridiques aux propositions russes de sécurité collective en Europe (qu'ils doivent transmettre normalement aux dernières nouvelles cette semaine), et tout en réaffirmant sans cesse leur "intention" de maintenir sincèrement un dialogue pour la paix ouvert et franc avec Moscou, 
  • Les déclarations récentes des autorités de Kiev qui déclarent, à contre courant de l'hystérie collective russophobe occidentale que rien, dans les manœuvres russes à leurs frontières, n'indique les préparatifs d'une offensive contre l'Ukraine. Ces discours mièvres comme celui de Zelensky qui demande de rester calme et pas s'inquiéter sont surtout motivé par la peur de voir les investissements occidentaux évacuer le pays tout comme leurs ambassades,
  • Ainsi du propre ministre de a Défense ukrainienne Reznikov qui déclare le 24 janvier: "Nous évaluons la situation à une distance de 200 kilomètres de la frontière. Ils (les russes) sont constamment en train de remonter, puis de retirer des troupes, de mener des exercices. Je peux absolument dire avec certitude : à ce jour, les forces armées russes n'ont pas créé de groupe de frappe qui pourrait mener à bien une invasion violente de l'Ukraine".
  • Même le commandement militaire étasunien admet qu'il recherche en vain les signes d'une "incursion imminente" de la Russie en Ukraine: "Nous sommes conscients des choses que les Russes pourraient faire qui pourraient nous donner des indications sur une sorte d'incursion imminente. Nous n'en sommes pas encore là, mais nous surveillons ces indicateurs de très près." a ainsi déclaré le porte-parole du Pentagone John Kirby. 
  • Même Jen Psaki, cette pathétique porte parole de la Maison Blanche qui confond le Liban avec la Lybie, la Fédération de Russie avec l'URSS a admis à contrecœur que "Les Etats Unis ne peuvent pas prédire si la Russie a l'intention d'envahir l'Ukraine ou non"...
  • Etc

 

3 /... et encore deux pas en avant !

Comment croire ces faucons, et vrais cons de la diplomatie occidentale lorsque dans le même temps, les mêmes responsables de fendent de déclarations alarmistes profèrent des menaces historiques à l'encontre de la Russie ?

Quelques exemples :
  • Les diplomaties étasunienne, britannique, allemande, japonaise, australienne demandent à leurs ressortissants de quitter ou de ne pas venir en Ukraine et ont engagé l'évacuation des familles et personnels non essentiels de leurs ambassades de Kiev,
  • Des compagnies aériennes ne se rendant pas en Ukraine l'évite ou refuse d'y stationner longtemps tandis que son espace aérien oriental, où le fantôme du MH17 attend toujours que ses vrais meurtriers soient désignés, est même fermé aux vols civils. 
  • Les responsables occidentaux justifient le renforcement des troupes de l'OTAN en Europe de l'Est (Pays Baltes, Pologne, Roumanie) pour "contrer l'invasion russe", avec entre autres, 8500 soldats supplémentaires envoyés par les USA en Europe...
  • Les manœuvres et exercices en cours de l'OTAN, terrestres ou maritimes, ont été renforcés et leurs scénarios et zones géographiques réorientée vers les frontières occidentale russes, en particulier celles du district militaire Sud.
  • Londres (peut-être inspiré par le Maïdan) sur la base de renseignements étasuniens (mais bien sûr sans les montrer) affirme que Moscou s'apprête a provoquer un changement de régime à Kiev, pour y installer un gouvernement fantoche pro-russe,
  • Malgré les  analystes économiques qui déclarent que l'arrêt du projet gazier russe "North Stream 2" ou pire du système de transactions financière SWIFT, impacteraient tout le marché mondial, Washington refuse de les exclure des sanctions préparées.
  • Les États-Unis viennent d'avertir le président Loukachenko que si la Biélorussie assiste l'invasion russe de l'Ukraine une réponse "décisive" sera lancée contre elle, tandis que Biden menace qu' "une escalade militaire autour de l'Ukraine changera le Monde". 
  • Etc.
Et la synthèse de cette communication incohérente est certainement cette déclaration du président Biden qui dans une rhétorique apparemment ambiguë nous révèle à demi mots toute la perversité de cette stratégie belliciste occidentale, tant de fois appliquée depuis 30 ans (Serbie, Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie etc...) :

Biden a ainsi déclaré, commentant les réactions occidentales préparées pour étrangler économiquement la Russie:

" C'est une chose s'il s'agit d'une incursion mineure… Mais s'ils font 
réellement ce qu'ils sont capables de faire, ça va être un désastre 
pour la Russie… Le coût, en termes de pertes de vies physiques
il ne pourra s'imposer dans la durée. Mais ça va être lourd."

Faudrait savoir ! Hier les USA promettait un apocalypse économique dès la première botte russe en Ukraine, aujourd'hui il est question de différencier une "incursion mineure" d'une "invasion massive". 

Exactement le même discours que celui entendu avant la première guerre en Irak, sauf qu'ici ce sont les soldats ukrainiens qui joueront les idiots utiles sacrifiés pour provoquer une réaction militaire russe dans le Donbass, laquelle sera alors décrite n'en doutons pas une seconde comme une invasion de l'Europe par la nouvelle horde rouge de Poutine...

Janvier 1937, Janvier 2022, le fantasme russophobe de la propagande de guerre 
occidentale n'a pas vraiment évolué à part que l'Ukraine a remplacé l'Allemagne.

De son côté la Russie reste cohérente et franche tant au niveau des actes (déploiement de forces militaires défensives sur les frontières ukrainiennes) que des paroles lorsque par exemple Konstantin Gavrilov, son représentant permanent à l'OSCE déclare: 

"La Russie prévient qu'elle ne tolérera pas que Kiev et l'Occident 
procèdent à une provocation dans le Donbass et attaquent les Russes."

Pour démêler l'écheveau de ces déclarations occidentales contradictoires il suffit pourtant, comme d'habitude, de regarder le terrain des actions concrètes pour comprendre les intensions réelles des uns et des autres :

Sur le front du Donbass

Les forces ukrainiennes poursuivent leurs préparations offensives comme par exemple la mise en alerte leurs unités dans les régions de Kharkov, Dnipropetrovsk, Odessa et Tchernihiv tandis que sur le front se poursuivent des provocations offensives et coordonnées contre les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk.


Ainsi dans la journée du 25 janvier sur l'ensemble de la ligne de front les forces ukrainiennes ont réalisé le même type de provocations (armes et nombre de munitions utilisées), ce qui correspond à des actions existantes dans les préparations offensives et destinées à évaluer les réactions précises des forces adverses (délais positions moyens):

  • 11h25, bombardement ukrainien de Octyabr (Sud RPD) depuis Pischchevik. 3 grenades automatiques AGS tirées.
  • 12h10, bombardement ukrainien de Spartak (Nord Doetsk) depuis Peski. 3 obus SPG 9 et 3 roquettes RPG tirés.
  • 12h42,  bombardement ukrainien de Octyabr (Sud RPD) depuis Pischchevik. 2 obus SPG 9 tirés.
  • 13h20, bombardement ukrainien de Trudosvsky (Sud Ouest Donetsk) depuis Marinka.  2 obus SPG et 6 grenades AGS tirées. 
  • 14h10, bombardement ukrainien de Belaya Kamenka depuis Starognatovka. 1 roquette RPG et 5 grenades AGS tirées. 
  • 15h38, bombardement ukrainien de Dzerjinskoïe (Sud DPR) depuis Shirokino. 3 grenades automatiques AGS tirées.
  • 15h56, bombardement ukrainien de Vasilievka depuis Verkhnetoretskoye. 3 obus SPG 9 et 3 roquettes RPG tirés.
  • 19h55, bombardement ukrainien d'Aleksandrovka (Sud Donetsk) depuis Novomikhailovka. 2 roquettess RPG tirées.

Par ailleurs les unités de surveillance électronique des milices républicaines ont repéré une forte augmentation des communications radios et téléphoniques dans de nombreuses zones du front ukrainien qui, comme par hasard, sont interdites d'accès aux observateurs de l'OSCE.

D'autres groupes des forces spéciales ukrainiennes ont été repéré arrivant sur les garnisons de Lisichansk en arrière du front de Lugansk, tandis que le niveau d'alerte concernant une potentielle attaque sur des sites industriels de la région reste maintenue.

A noter aussi une réorganisation de nombreux hôpitaux à l'arrière du front ukrainien pour libérer des lits et rajouter des lits  

Concernant la levée des "bataillon de défense territoriale" (1 brigade par région ukrainienne) l'organisation de celui d'Odessa confirme bien que les radicaux nationalistes risquent bien d'être aux commandes de ces force militaires ukrainiennes car cette unité sera  dirigée par le lieutenant-colonel Yevgeny Miroshnichenko, indicatif "Sever", un vétéran de la guerre dans le Donbass où il était le chef d'état-major du bataillon spécial "Uragan"

lieutenant-colonel Yevgeny Miroshnichenko

Les cadeaux de l'Oncle Sam continuent d'inonder l'Ukraine

Le Pentagone l'avait annoncé, après le pont aérien militaire britannique de la semaine dernière (8  C17) un troisième gros porteur 747 étasunien est arrivé à Kiev ce 25 janvier en provenance des Etats Unis apportant un nouveau chargement d'armes et de munitions aux forces ukrainiennes, essentiellement des systèmes d'armes antichars et anti fortifications.

Le 3e gros porteur étasunien de la semaine, un Boeing 747-412 (BCF), au décollage de la base aérienne Dover AFB, USA, est arrivé dans l'après midi du 26 janvier à l'aéroport de Borispol, à Kiev par un vol de la National Airlines à bord d'un Boeing affrété par le commandement USTRANSCOM, avec à son bord 80 nouvelles tonnes de fret militaire, dont 300 autres missiles pour système antichar "Javelin".


Au même moment des instructeurs des forces spéciales britanniques arrivés avec les vols précédents ont commencé l'instruction accélérée sur l'emploi du système polyvalent (anti fortification et antichar) NLAW, au 184e centre de formation de l'Académie nationale des forces terrestres ukrainiennes.


Du côté de l' OTAN

Là aussi on peut observer une dichotomie de l'OTAN, entre des déclarations et des actions pas vraiment convergentes:

Alors que Stoltenberg, le Secrétaire général de l'Alliance atlantique vient encore de déclarer au média CNN que "L'OTAN n'enverra pas de troupes de combat en Ukraine" et que si il ne peut garantir la non-expansion de l'alliance, en revanche, l'entrée de nouveaux pays d'Europe de l'Est n'est "pas à l'ordre du jour", on observe un accroissement très important des forces occidentales sur le flanc oriental de l'OTAN et jusqu'aux frontières russes :

D'ailleurs sur son site internet officiel, l'OTAN reconnait qu'elle "renforce sa présence en Europe de l'Est en lien avec la situation autour de l'Ukraine.

  • Transferts divers de forces terrestres, de navires, d'avions de combat et des forces supplémentaires de leurs bases vers l'Europe de l'Est "pour contenir la Russie".
La Bundeswehr déploie des chars jusqu'à la frontière polono-ukrainienne . Un
autre convoi allemand avec des chars Leopard-2 et des véhicules de transport 
de troupes TPz.1 "Fuchs" traverse l'Inowroclaw polonais vers l'Ukraine.

  • 8500 hommes avec leurs matériels ont été mis en état d'alerte aux Etats Uni et dirigés vers les ports d'embarquement du Golfe du Mexique d'où ils doivent rallier l'Europe. 
Même outre Atlantique des réserves stratégiques des bases de stockage 
du Texas et d'Oklahoma ont été mobilisées pour l'Europe ! Des centaines 
de véhicules blindés et équipements lourds sont emmenés par voie ferrée 
vers le golfe du Mexique pour embarquer vers le "Vieux Continent". 

Et sur la région pontique, les ressources stratégiques du renseignement militaire de l'OTAN continuent quotidiennement leurs missions de reconnaissance électronique sur la ligne de front du Donbass mais aussi les régions frontalière russes.

Ici un "Rivet Joint de la Royal Air Force en mission de surveillance
des régions frontalières russes de la Mer Noire, le 25 janvier 2022.

A noter cependant qu'au sein de l'Alliance la cohésion n'est pas si parfaite que les déclarations de ses responsables. Ainsi, deux jours après le clash du vice amiral allemand Shoënbach (qui lui a couté sa démission), voilà que le Président croate Zoran Milanovic déclare ce mardi 25 janvier, lors d'une visite à l'entreprise Kraš. : "La Croatie, en cas de conflit entre la Russie et l'Ukraine, retirera ses militaires des forces de l'OTAN dans la région. S'il y a une escalade, nous nous retirerons jusqu'au dernier soldat croate. Cela n'a rien à voir avec l'Ukraine, mais avec la politique de Biden, dans laquelle je vois des incohérences et des dangers".

On n'est pas loin d'une désertion...


Du côté de la Russie

Le ministère de l'Intérieur de la Russie a élaboré un projet de loi pour pouvoir gérer au maximum un afflux inattendu de réfugiés comme celui vécu à l'automne 2014. Cette loi "sur l'asile sur le territoire de la Fédération de Russie" dans une situation de crise résoudra rapidement la question de l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile temporaire pour les citoyens républicains et ukrainiens, et prévoit une "protection temporaire" et "un moyen d'urgence d'assurer la protection des citoyens étrangers arrivés en masse en Russie".

L'Etat major russe, en réaction de la mobilisation des forces étasuniennes vers l'Europe a mis en alerte 6 000 militaires russes dans son district militaire Sud, en plus des exercices avec le Belarus qui se poursuivent et des renforts arrivés sur ses frontières avec l'Ukraine.

Convoi russe avec systèmes de missiles tactiques 
traversant Bryansk vers la frontière avec l'Ukraine

Dire qu'il ne reste plus une chance à la paix serait idiot et irresponsable, et les dirigeants qui organisent cette en urgence une nouvelle réunion du "format Normandie" espèrent peut-être encore une voie diplomatique, même si je doute que que ce soit dans le cadre de ces accords de Minsk irréalisés et irréalisables qu'elle puisse être trouvée.

Mais il est sûr qu'en ce début d'année, le réalisme n'invite pas à l'optimisme !

A suivre
Erwan Castel