samedi 14 septembre 2019

Une attente immobile et silencieuse

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Dans le cadre du retour de nos missions sur la première ligne du front, je repars avec mon SVD, ce fusil de précision avec lequel je travaille habituellement. Et je consacre cette rotation à lister dans mon optique et ma mémoire les positions ukrainiennes qui nous font face ainsi qu'à repérer différents postes d'observation et de tirs en fonction des moments d'éclairage de la journée.


Samedi 14 septembre 2019

Lorsqu'on est "sniper" sur le front du Donbass, la réalité vécue est loin des images imposées par la fiction hollywoodienne, car le travail est à l'image de cette guerre: comateux. 

A Promka, pour continuer à décrire en comparaison notre nouveau secteur de Sasnovko, les positions ukrainiennes, bien qu’enterrées et fortifiées nous offrent par leur proximité suffisamment de détails sur leurs défenses et leurs activités pour intervenir efficacement contre elles. Ici en revanche le billard qu'est la zone fait que les distances sont 3 à 4 fois plus importantes pour des objectifs toujours enterrés dans le sol de la steppe. Et à 1000 mètres l'embrasure d'une casemate n'est plus qu'un minuscule point dans une silhouette informe boursouflant le sol.

Le travail n'en reste pas moins nécessaire et intéressant pour débusquer les positions ennemies et les traces visuelles ou sonores trahissant leurs activités ou leurs cheminements de liaison.

Et pour éviter d'être trop facilement repérable je sors à découvert loin de nos tranchées qui sont connues et accrochent les regards des observateurs ukrainiens. Dès cet instant c'est la lenteur qui devient la maîtresse des faits et gestes cherchant un emplacement idéal pour fouiller du regard les détails d'un paysage encore nouveau...

Les quelques broussailles où j'ai élu domicile pour quelques heures et surtout le filet de camouflage m'offrent un voile d'ombre allégeant le poids d'un soleil qui pèse encore en ce mois de septembre. Devant moi tout est immobile et, qu'elles soient amies ou ennemies, les casemates et les tranchées tout comme le paysage semblent plongés dans un profond coma que seuls semblent trahir les insectes imperturbables qui poursuivent leur destinée au milieu de nos ruines..


Un jeune chiot, sorti certainement d'une tranchée voisine vient vagabonder un moment devant moi, et je m'amuse à piquer sa curiosité avec des sifflements discrets.

Puis c'est le déclin du soleil et surtout la faim qui me ramènent dans la réalité du temps et de l'espace et sur le chemin du retour vers notre casemate enterrée, son thé chaud et sa fraîcheur réconfortante...

Dans quelques instants le soleil tombera derrière l'horizon ukrainien et commencera alors une nouvelle attente, une nouvelle observation à l'abri des parapets et des casemates fortifiés...

Une journée de plus en moins est sur le point de s'achever dans ce nouveau désert des tartares...

Erwan Castel

Fayard, un prisonnier sacrifiable


Le 4 avril dernier, Hubert Fayard qui est le représentant honoraire de la République Populaire de Donetsk en France, était arrêté sur inculpation de proxénétisme et sous une couverture politico-médiatique disproportionnée...juste avant la visite en France de Porochenko et Zelensky, respectivement aujourd'hui l'ancien et le nouveau président ukrainien.  

Depuis 5 mois Hubert Fayard a quasiment disparu dans les geôles macroniennes, où il est maintenu arbitrairement et abusivement en isolement et sans jugement, et pour cause car victime d'une arrestation politique sous couvert d'accusations diffamantes et calomnieuses.

Aujourd'hui le prisonnier politique Fayard est devenu l'otage d'une politique félonne qui sait que sa libération déclenchera de sa part une contre attaque légitime et victorieuse pour que soit lavé son honneur et que les organisateurs politiques de cette parodie judiciaire soient traînés devant un vrai tribunal, s'il en existe encore un digne de ce nom dans cette "démocrature" française.

Hubert Fayard est aujourd'hui en danger physique car les pressions exercées sur lui et sa famille sont de nature à le pousser au suicide, et seule une médiatisation de son incarcération politique abjecte peut aujourd'hui le soutenir et faire plier la justice asservie au politique. 

Emmanuel Leroy est un militant du soutien au Donbass très actif et efficace, et surtout son désintéressement et son éthique le pousse à défendre ici Hubert Fayard et à dénoncer la machination politico-judiciaire dont il est victime. Soit dit en passant cette incarcération politique a eu comme avantage (et certainement le seul) de révéler définitivement l'imposture du réseau Moreau/Brayard/Néant, qui n'écoutant que leur couardise et leurs intérêts personnels se gardent bien de prendre la défense de cet homme qui égratigne leur psychotique besoin d'avoir le monopole du soutien français dans le Donbass. Nul doute que si Hubert Fayard avait fait partie de leur réseau sectaire, les Moreau, Néant et autres Tartuffe et Torquemada propagandistes français dans le Donbass auraient déclenché un tsunami de déclarations indignées sur leurs réseaux officiels et collabos...

Voici par contre un des entretiens fraternels et désintéressés accordés aux médias russes concernant Hubert Fayard, par Emmanuel Leroy à l'occasion de sa mission d'observateur aux élections à Moscou.

Erwan Castel

Source : Rambler

Un politologue français a commenté l'arrestation 
du chef du bureau de représentation de la RDP  


MOSCOU , 13 septembre - RIA News. 

"Le cas de Hubert Fayard, responsable de la représentation de l'autoproclamée  République Populaire de Donetsk en France, incarcéré à Marseille, est un cas politique. Son arrestation a été provoquée, entre autres, par le mécontentement des autorités françaises face à la décision du tribunal de refuser de fermer le centre de représentation du DNR, a déclaré à RIA Novosti le secrétaire général du Mouvement International de la Souveraineté populaire, et fondateur de l'association humanitaire "Urgence enfants du Donbass", le politologue Emmanuel Marc Andre Leroy.

Hubert Fayard, chef de la représentation de la RDP à Marseille, a été arrêté en France en avril. Il a été rapporté qu'il avait été arrêté pour soupçon de proxénétisme.

"Hubert Fayard est en prison à Marseille depuis plus de six mois. Son cas est absolument politique. Je pense que M. Fayard a été arrêté par les autorités françaises pour plusieurs raisons, dont la première est son courage d'ouvrir un bureau de représentation de la République populaire de Donetsk en France", a déclaré Emmanuel Leroy .

Selon l'expert, la décision prise ultérieurement par la ville d'Aix-en-Provence, dans le Sud de la France, de ne pas fermer le centre de représentation a «frappé» les autorités françaises. "Fayard a gagné le procès et les autorités françaises l'ont arrêté", a déclaré le politologue.

La deuxième raison de la détention de Fayard, selon Leroy, est «symbolique et importante». "Fayard a été l'un de ceux qui ont participé au jumelage de la ville de Marignane, dans la banlieue de Marseille, et de la ville d'Eupatoria, en Crimée. Les maires de ces deux villes se sont rencontrés en Crimée en mai 2018 pour établir des relations amicales entre Marignan et Eupatoria. Cela a été largement rapporté dans la presse et a suscité beaucoup de colère chez les autorités françaises, ainsi que chez les Ukrainiennes", a expliqué Leroy.

L’interlocuteur de l’agence a souligné que l’histoire des soupçons de proxénétisme de Fayard était une invention. "Fayard est un citoyen modèle que les autorités françaises ont mis en prison. Il a eu le courage d'agir en tant que représentant des habitants du Donbass, qui ont été sous les bombes jour après jour. Les informations que j'ai pu obtenir sur cette affaire indiquent que nous parlons d'un plan rusé", a déclaré Leroy.

Le centre de représentation de la RPD a été inauguré à Marseille en septembre 2017. Son chef a rappelé que sa mission était d'informer les habitants de la France de la situation réelle dans le Donbass. Le centre RPD en France est le cinquième bureau de représentation de ce type en Europe occidentale. Des bureaux similaires étaient auparavant ouverts en Finlande, en République tchèque, en Grèce et en Italie.

Comme Fayard l'a expliqué précédemment, le bureau de la DPR à Marseille est un organisme public créé conformément au droit français. Le centre est appelé à coordonner l'aide humanitaire, les échanges d'étudiants et à effectuer des tâches d'information. Il est financé par des dons privés volontaires. 
L'ouverture du centre de la DPR à Marseille a provoqué une réaction négative du pouvoir à Paris. Comme l’a déclaré à l’époque le ministère des Affaires étrangères de la République, la France, qui "reste attaché à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et ne reconnaît pas la formation des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk", n’a pas l’intention de reconnaître le statut diplomatique à ce centre.

Le bureau du procureur régional d'Aix-en-Provence, en France, a demandé la fermeture du centre de représentation du DNR, mais le tribunal a décidé de refuser la plainte du procureur."

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vendredi 13 septembre 2019

Tempête en surface !

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Sur ce front du Donbass immobilisé dans l'espace depuis 5 ans, les hommes sont autant terrassiers que soldats, creusant sans cesse sous leurs pieds pour enterrer leurs vies à l'abri des orages d'acier qui griffent quotidiennement la surface de la terre où ils s'accrochent. 
Et notre nouvelle position n'échappe pas à cette haine ukrainienne piétinant les accords de paix et les cessez le feu signés depuis 5 ans. Tirs de mitrailleuses, de lance roquettes automatiques ou de mortiers rythment les journées et surtout les soirées...


Vendredi 13 septembre 2019

La nuit précédente, les "ukrops" nous ont gratifié pendant plus d'une heure d'un "spectacle son et lumière" où est intervenu le panel de leurs armes lourdes de 1er échelon : Mitrailleuses Utios de 12.7mm, bitube antiaérien de 23mm et mortier de 82mm. 

A 23h30 après des tirs provocateurs de mitrailleuses lourdes une "Zouchka" ukrainienne a tracé dans le ciel plusieurs pointillés lumineux que la vitesse supérieure des obus traçants  fait à nos sens précéder les crépitements de leurs départs.


Tirs de ZSU 23/2 ukrainien (distance:  environ 1 500m)


Peu de temps après des sifflements suivis d'explosions de 82mm sourdes et brèves annonçant l'entrée dans cette ce concert nocturne d'un mortier ukrainien surgirent de la direction Ouest. Obus après obus le 82mm a martelé le secteur pendant près d'une demi heure visant particulièrement une casemate voisine occupée également par notre unité. Au total 42 obus ont été tirés sur nos positions qui heureusement n'observèrent aucun tué ni blessé mais juste des dégâts matériels réparables sur les structures de 2 casemates.

Pendant tout ce bombardement martelant la steppe endormie, nous restons dans nos abris, surveillant l'horizon par les encoignures de nos embrasures, tout en comptant les secondes entre les départs des coupes assourdis par la distances et les impacts résonnant dans l'obscurité inondée de poussière. Une vingtaine de secondes entre départ et arrivée dont la cadence va s'accélérer après la fin des réglages par un chevauchement des séquences ou un deuxième mortier venu faire un duo nocturne.

A l'issue de ce "concert" nocturne un silence est retombé sous l'oeil unique de la lune projetant sur le sol labouré les ombres de chouettes revenus après le vacarme...

Au loin vers le Sud un autre bombardement continue à se faire entendre, confirmant que cette tactique d'épuisement menée par les forces ukrainiennes est générale sur l'ensemble du front...



Et vers 01h00 du matin, c'est le froid qui désormais s'abat dans le silence du front tandis que sur le côté de notre casemate enterrée la lune passe d'arbre en arbre comme un ballon que des géants décharnés se passeraient dans un mouvement ralenti dans une trajectoire Est-Ouest poursuivant l'orbe solaire disparue...

Je finis ma garde et rejoint au pied d'une mitrailleuse en dormition la chaleur de mon sac de couchage et la fuite de mes pensées vagabondes...


Erwan Castel

jeudi 12 septembre 2019

La force fragile

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Dans les tranchées su Donbass, entre les observations tendues pendant les missions et les regards curieux pendant les repos, la moindre trace de vie dans ce paysage dévasté réveille l'esprit du soldat, surtout quand il est enlisé dans une attente silencieuse et immobile.


Jeudi 12 septembre 2019

Au milieu des replis terreux du front du Donbass, nous ne sommes pas les seuls êtres vivants à couler dans ces veines étranges et sinueuses que sont les tranchées. Ainsi de ce petit rongeur de le steppe (peut-être un mulot), zigzaguant d'un bord à l'autre d'une tranchée au fond de laquelle il s'était retrouvé, surgissant de nulle part au pays des géants que nous sommes.

Et je n'ai pas résisté à l'envie de le ramasser pour le remettre en liberté dans l'infini de sa steppe... Au moins jusqu'au prochain canyon abyssal creusé par des intrus humains....

Après l'émotion partagée du premier contact, la minuscule boule de poil à détendu ses quelques grammes de vie au creux de ma main, certainement surprise de n'avoir pas encore senti des griffes, un bec ou des dents éteindre les battements de son coeur dans l'impitoyable mais équilibrée loi de la Nature.

Quels étranges choix que de pouvoir un jour ôter la vie d'un congénère plus lourd que soi et un autre jour de sauver celle d'un être si minuscule que sans la gravité humaine de la guerre il n'aurait pas attiré l'attention même après avoir été écrasé par un godillot arrogant.

Et dans la matrice au milieu de la nuit, l'ombre projetée par la lune d'une chouette en chasse m'invite à fusionner dans mes pensées la proie du matin et le prédateur du soir, tout deux perpétuant souverainement le cycle invincible de la vie.

Cette Nature que l'Homme veut détruire ou asservir survit malgré tout, mais non sans dégâts, à notre espèce suicidaire qui aujourd'hui n'a de "sapiens" que le nom et dont les actions ne sont plus que mort, folie et désolation tant elle s'est séparée de la vraie vie dans un anthropocentrisme arrogant délirant et suicidaire.

A 00h39 un bombardement ukrainien au mortier de 82 mm frappant nos positions me fait troquer le stylo contre un fusil d'assaut et je repousse une nouvelle fois mes pensées à l'horizon lointain de mes espérances.

Erwan Castel

mercredi 11 septembre 2019

Sur position

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Enfin de retour sur la première ligne du front, après 4 mois de missions de sécurisation de zone, d’entraînements au polygone et de services dans notre nouvelle caserne de compagnie au coeur de Donetsk.

Cette fois, c'est sur le front Sud bien malmené en ce moment que notre unité de la brigade Piatnashka est déployée, face à des positions ukrainiennes certes un peu plus éloignées que celles précédemment combattues sur le front de Yasinovataya, mais qui produisent beaucoup plus de bombardements et de missions de reconnaissances offensives.


Mercredi 11 septembre 2019

Au milieu d'un matin calme après un déplacement nocturne nous relevons nos camarades déployés sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk.

Ce front de Sasnovko sous une apparence coutumière de tranchées et casemates en réseaux est cependant différent de celui de Promka où nous étions précédemment engagés au Nord de Donetsk. 
  • Tout d'abord le paysage : alors qu'entre Yasinovataya et Avdeevka c'est une zone industrielle qui est le cadre des affrontements (Promka). Espace semi urbain et très cloisonné qui domine, ici nous sommes au milieu d'une steppe ouverte sur de vastes horizons légèrement vallonnés et au milieu desquels courent de maigres "zilonkas" (haies séparatrices arborées) et chemins de terre désertés.
  • Ensuite la situation militaire : Tandis qu'à Promka oles belligérants sont au contact les uns des autres (entre 100 et 500m), les avants postes ukrainiens ici se sont arrêtées à environ 500 mètres des positions républicaines, Si cette distance réduit le danger des tirs au armes légères, elle permet en revanche aux ukrainiens de réaliser plus souvent des bombardements sans risquer des dommages collatéraux.

C'est dans ce paysage morne d'où la vie semble s'être enfuie que nous réalisons dans le secret des tranchées et des casemates notre passage des consignes et des comptes rendus d'observation, géolocalisation des positions ennemies, déballage des conserves et rations. 

Et tandis que les silhouettes de nos camarades cheminant vers un repos mérité s'évanouissent dans les méandres des tranchées, commence notre première garde au créneau de l'empire, et que frémit sous les flammes d'un réchaud enchâssé dans la paroi de la tranchée le premier café sous un soleil amoureux caressant la steppe où les nuances des verts sylvestres et des jaunes agricoles alternent sous l'azur lumineux d'un été tenace.

Erwan Castel

mardi 10 septembre 2019

Passage rapide à Donetsk

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De retour d'une mission dans le secteur de Gorlovka au Nord de la République Populaire de Donetsk, et avant de repartir vers le Sud dans le secteur de Novoazovsk, je profite de quelques heures de repos pour écraser ma fatigue dans l'insouciance d'une cité animée et festive profitant des dernières belles journées ensoleillées d'un été qui se retire doucement sur la pointe de ses crépuscules.


Mardi 10 septembre 2019

Et loin des crétins utiles et autres Brayard arrivistes léchant les culs d'affairistes aMoreau qui sèment le Néant dans les réseaux de soutien pro-russe qui ne sont pas libéraux comme eux, je savoure une bonne bière en compagnie de véritables amis...

Avant de rejoindre la caserne et le départ vers nos nouveaux avants-postes du front Sud, je passe saluer le président Alexandre Zakharchenko et Oleg Mamaiev, le commandeur de Piatnashka tous deux tués par cette guerre du Donbass et qui ont bien mérité de festoyer ensemble au Whalala.

A nous désormais de mériter des valeurs humaines et de combat qu'ils nous ont laissé en héritage.

Erwan Castel


La reculade du Kremlin

Une partie des prisonniers libérés par Kiev lors de cet échange du 7 septembre 2019

Le 7 septembre, dans le cadre des accords de Minsk, un échange de prisonniers a été réalisé entre l'Ukraine et la Russie. Cet événement positif important n'est pas une première, mais il a pris une dimension internationale particulière du fait de la libération par Moscou du prétendu cinéaste Nenstsov mais réel terroriste (qui n'a commis qu'un court métrage de d'une qualité bien plus mauvaise que les explosifs découverts chez lui) et des 24 marins ukrainiens arrêtées lors du coup de force organisé par Porochenko dans le détroit de Kertch en novembre 2018.

35 personnes ont donc été échangées de part et d'autre, incluant un effectif important libéré par Moscou (24 marins + Sentsov)

Le cas de Vladimir Tsemakh est révélateur de l'absurdité de la nouvelle équipe de Kiev qui après avoir fin juin kidnappé chez lui, en territoire de la RPD, cet ancien officier de la défense antiaérienne républicaine dans une opération risquée du SBU le libère maintenant après avoir voulu en faire un témoin clé dans le crash du MH17 en juillet 2014 dans lequel l'hystérie occidentale persiste à vouloir accuser la Russie.

Certes on ne peut que se réjouir de la libération de ces prisonniers politiques et militaires  détenus dans les geôles du SBU, mais cette opération ne doit pas devenir un arbre cachant la forêt, car il reste au minimum 255 personnes qui sont incarcérées en Ukraine pour leur engagement pro-russe, dont 152 est généralement détenues dans des prisons secrètes et dont on est sans nouvelle depuis plusieurs années pour certaines d'entre elles. Parmi elles de nombreux volontaires du,Donbass, ukrainiens, russes et même étrangers qui sont venus défendre les républiques de Donetsk et Lugansk.

Si la coïncidence de cette échange de prisonniers avec les commémorations de la libération de Donetsk par l'armée rouge il y a 75 ans est considérée comme un symbole fort par la Ministre Morozova en charge des Droits de l'Homme dans la RPD, je pense pour ma part qu'il est important de rapprocher plutôt cet échange avec la prochaine réunion du Format Normandie (Russie Ukraine Allemagne France) qui doit avoir lieu dans quelques jours. 

Car de toute évidence Vladimlir Poutine, en libérant notamment les marins ukrainiens arrêtés lors de la provocation de Kertch a voulu offrir un cadeau royal à un Zelensky pressé de solder l'héritage Porochenko de sa politique et peut-être aussi un gage de bonne volonté pour la résolution diplomatique du conflit du Donbass... Certains de considérer que ce geste d'apaisement du Kremlin a pour conséquence d'amener la Russie en position de force à la table des négociations de Minsk où toutes les parties prenantes organisent depuis 5 ans une procrastination à le fois de l'escalade militaire mais aussi du naufrage diplomatique européen provoqué par ce coup d'Etat du Maidan qui a libéré une stratégie russophobe criminelle occidentale. 


A Lugansk comme à Donetsk les commémorations des libérations des cités du Donbass par l'armée rouge il y a 75 ans ont été une nouvelle occasion pour la population de renouveler son attachement à la Russie et sa volonté de s’intégrer à la fédération. 

Pour ma part je ne partage pas du tout cet optimisme mécanique des propagandistes serviles qui exhibent à la moindre occasion leurs idolâtries stupides. Pour plusieurs raisons je pense même que cet échange de prisonniers est plutôt favorable à Kiev et constitue une reculade de Moscou. 

Mais tout d'abord peut-on vraiment parler d' "échange de prisonniers" ?

Car en toute logique un échange de prisonniers est réalisé entre les 2 belligérants d'une guerre et concerne des combattants militaires ou éventuellement politiques engagés dans le conflit. Or ici nous observons : 
  • Un échange réalisé entre Kiev, certes belligérant du conflit et Moscou qui en revanche ne l'est pas et intervient seulement en tant que signataire des accords de Minsk.
  • D'un côté Kiev libère des prisonniers politiques et militaires impliqués dans le conflit et de l'autre Moscou libère des criminels et des terroristes qui ont été arrêtés ailleurs.
Je vois deux conséquences à cette dissymétrie de l'opération :
  1. Moscou en étant un acteur décisionnel de l'échange se présente désormais comme partie prenante au conflit au même niveau que Kiev
  2. Les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk qui sont déjà écartées des négociations sont ici le dindon de la farce 
Et surtout, cet échange est un tube de vaseline présentée pour mieux faire passer le retour des négociations de Minsk sur l'avant scène internationale, accords de paix qui, rappelons le, organisent surtout sous couvert de cessez le feu et d'actions humanitaires une capitulation des Républiques via ce "statut spécial" qui sous entend un retour en Ukraine. Ce retour en Ukraine revient après 5 années d'un conflit meurtrier et inachevé à conduire les populations pro-russes de Donetsk et Lugansk vers l'abattoir dans leurs territoires redevenus oblasts où, à part le droit de pleurer en russe, elles n'auront ni droit de référendum ou de veto, ni armée, ni contrôle des frontières etc... et donc seront à la merci d'une épuration russophobe des services de sécurité ukrainiens, répression qui est déjà annoncée par de nombreux responsables politiques à Kiev.

Une amie de Kharkov vivant aujourd'hui en Russie, me disait justement il y a quelques jours: "Le Donbass ne peut être vaincu mais il peut être trahi "


Moreau ou l'art de se montrer quitte à dire n'importe quoi 

Dès l'annonce de cet échange de prisonniers qualifié d' "historique" par les certains (alors que ce n'est pas le premier) on a pu assister dans les studios feutrés des médias à toutes sortes de logorrhées insipides d'experts autoproclamés, tel ce Xavier Moreau à qui on devrait donner l'indicatif de "Girouette" tant ses analyses versatiles révèlent autant un syndrome du larbin qu'une absence totale de colonne vertébrale idéologique (sauf si on considère l'ultra libéralisme d'intérêts affairistes personnels comme une idéologie métapolitique). 

C'est ainsi que cet intriguant qui recherche par un réseau de censeurs et calomniateurs le monopole pour éviter l'analyse contradictoire a soutenu tour à tour depuis 5 ans le projet Novorossiya, et les accords de Minsk, et le statut spécial, et l'intégration dans la Fédération de Russie et nous parle aujourd'hui d'une "autonomie" (terme plus rassurant que statut spécial sauf qu'il n'est pas mentionné dans ces accords de Minsk pour la simple raison qu'il est inacceptable pour KIev et les occidentaux du fait de son pouvoir constitutionnel, son droit de veto et référendum. 

Et dans un discours dithyrambique à l'égard de Zelensky, Moreau en nous présentant le retour du Donbass en Ukraine via le statut spécial nous montre ici la vacuité de son argumentaire idéologique. En effet, peu lui chaut l'avis de la population du Donbass dont il approuve que sa destinée soit décidée dans un huis clos à Minsk. Lorsque l'on soutient en 2014 référendum populaire de Crimée face au coup d'Etat du Maïdan c'est aussi pour défendre le "droit des peuples à disposer d'eux mêmes" qui est un droit universel et inaliénable, et qui ne doit pas être agité ou ignoré en fonctions au gré de la cupidité ou de la servilité des analystes. Je suis sûr que si demain les autorités grâce auxquelles il fait son business entre France et Russie lui demande de porter un slip bleu banane, nul doute que Moreau le mettra sur sa tête avant que de courir vers les caméras de RT ou de TV Libertés !


Moreau est un français que j'ai appris à découvrir au fil de ces années dans le Donbass à travers ses interventions et surtout de son réseau de calomniateurs et d'intrigants. "Expert" autoproclamé vivant à Moscou mais toujours enlisé dans un jacobinisme papiste et un anticommunisme primaire, Moreau jette dans les vents changeants de ses intérêts personnels des écrans de fumée pro-russes pour cacher la réalité de son réseau d'affaires collabo. Dans cet interview il nous offre la consternante réalité d'une vision manichéiste et d'une servilité pitoyables qui aujourd'hui le mène à avoir envers Zelensky, un angélisme au moins égal à sa précédente diabolisation de Porochenko.

Car, après la programmation d'un nouveau sommet  "Format Normandie", la réalité de cet échange n'est pas comme le prétend Moreau "gagnant gagnant", mais consacre d'abord et surtout la légitimité présidentielle de Zelensky alors qu'il n'est rien d'autre qu'une nouvelle marionnette occidentale et un impuissant incapable de faire respecter le cessez le feu à ses troupes déployées sur le front du Donbass. 

Car avant de se masturber sur les rodomontades du nouveau maître de Kiev et l'idolâtrie d'accords de Minsk stériles, encore faudrait-il que l'officier Moreau prenne le temps de regarder la faisabilité technique de leur application. Car pour arriver à un vrai cessez le feu il faudrait que Kiev :
  • Libère la zone grise que ses troupes envahissent depuis 2016 jusqu'au contact avec les défenses républicaines
  • Retire les pièces d'artillerie supérieures à 100 mm conformément aux accords 
  • Cesse les tirs de provocation et les vols de drones
  • etc...
Il faudrait aussi que les signataires des accords mettent en place des moyens coercitifs pour les faire respecter comme par exemple le gel des subventions accordées à Kiev  après chaque bombardement des populations du Donbass...

Et je parie que on va nous resservir bientôt le joker des casques bleus en force d'interposition et qui sera applaudi par les Moreau and Co si jamais le Kremlin réalise encore une nouvelle reculade diplomatique. Ce déploiement de casques bleus dans le contexte de la guerre civile du Donbass ouvrirai la porte au scénario croate qui par leur intermédiaire a autorisé dans le passé un processus d'épuration ethnique criminelle à l'encontre des populations serbes.

Les femmes et les hommes du Donbass ne sont pas dupes et savent pertinemment que les accords de Minsk cherchent à imposer leur capitulation, tout comme les passeports russes leur offrent une sortie de secours. A part les courtisans et les vautours d'un centre ville artificiel qui s'en iront à nouveau de Donetsk (comme en 2014) pour protéger leurs petits culs de bourgeois, l'immense majorité de la population restera devant leurs maison les armes à la main pour défendre leur liberté et leur indépendance.  

Vraisemblablement le président Pushilin de la République Populaire de Donetsk, bien qu'il accepte dans un certaine mesure le jeu incontournable des diplomaties internationales rappellera bientôt une nouvelle fois qu'elles ne peuvent décider seules de la destinée du Donbass sans l'accord de sa population, laquelle a cette année encore, à l'occasion de la polémique autour du "flash mob maladroit" adressé à Zelensky, réaffirmé sa volonté d'être définitivement séparée de l'Ukraine et d'intégrer la Fédération de Russie, physiquement ou par alliance.

Pour finir, j'invite Xavier Moreau pour sa prochaine visite dans le Donbass à sortir des salons feutrés des ministères et des hôtels de luxe de Donetsk pour passer, non pas une heure sous l'oeil des caméras, mais quelques jours au milieu de sa population vraie, celle dont les discours et les sentiments ne sont pas travestis par les rodomontades propagandistes et les duperies diplomatiques qu'à force de les fréquenter il finit par prendre pour la réalité.

Et reste à espérer que cette reculade du Kremlin n'a été réalisée finalement que pour mieux acculer Kiev au mur de ses engagements et lui sauter ensuite à la gorge...

A bon entendeur salut !

Erwan Castel



lundi 9 septembre 2019

Dans les feux du Monde

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Il y a 2 ans commençait mon déploiement sur le front de Yasinovataya au sein de la Brigade Piatnashka,

Depuis 2 jours nous sommes repartis sur ce front du Donbass où, loin des rodomontades masturbatoires des politiciens assis sur leurs tas de grains et de leurs chiens de garde médiatiques couchés devant leurs gamelles, des femmes et des hommes tombent chaque jour en défendant leur liberté et leurs traditions.


Dimanche 8 septembre 2019

Ce dimanche, le front de Gorlovka est pour une fois assez calme, son silence dérangé que par quelques tirs erratiques de mitrailleuses lourdes couvrant les rafales d'un vent d'automne.

Pendant les quelques heures de repos passées sur notre camp de base sylvestre à l'arrière des positions, j'ai eu un échange très intéressant avec un journaliste chinois à qui j'ai accordé une longue interview.
Nous avons échangé beaucoup au sujet des manifestations de Hong Kong où de la situation politico-militaire du Donbass, et j'ai été agréablement surpris par la clairvoyance de cet homme des antipodes concernant le dessous des cartes, le cynisme des discours politiques et notamment la trahison contenue dans les accords de Minsk.

Quelques instants plus tard un chien, compagnon d'infortune errant dans les ruines de la folie humaine, dans un rituel timide et quotidien, est venu de son vieux trottinement quasi aveugle mendier quelques caresses et morceaux de viandes avant de repartir vers ce nulle part d'où il surgit à chacune de nos arrivées.


Et dans la nuit qui recueille les premiers frimas de la saison je songe devant la danse des flammes à tous ces feux qui brûlent le monde: incendies des forêts nourricières, cocktails Molotov des manifestations, bombardements des guerres, mais aussi les feux souterrains des trahisons humaines qui brûlent la confiance et l'Honneur pour que triomphent la cupidité et la haine.

Mais fort heureusement, il y a aussi les feux de l'âme et du coeur, ceux qui transcendent les pensées et actes des hommes en chanson de geste sublimes ou héroïques.
Ces feux aujourd'hui ne brûlent plus dans les palais, les rois actuels ayant abandonné les chemins périlleux de l'Honneur héroïque pour se vautrer avec leurs courtisans à breloques dans les ravines pestilentielles des honneurs superficiels.

Je songe alors à ces hommes et ces femmes croisés quotidiennement sur le front ou dans les quartiers bombardés du Donbass, veillant de leurs yeux cernés de fatigue sur le silence d'une tranchée menacée ou le sommeil agité d'un enfant dormant à l'abri d'une cave. Loin des théâtres tragiques où se jouent les comédies des princes et des clercs gonflés d'arrogance, de certitudes et de mensonges, ces femmes et ces hommes sont à mon coeur le vrai peuple humain dans toute sa noblesse et sa tragédie.

Au loin, la gueule d'une mitrailleuse lourde crache son feu dans le noir silence d'un nuit sans lune tandis que chuchote la relève de sentinelles invisibles.

Et ces humbles anonymes de l'Histoire deviennent par leur sacrifice amoureux et désintéressé les forgerons héroïques de l'âme humaine, sublimant ces feux du monde dans lesquels ils sont jetés en athanor d'où ils extraient avec leur sueur, leurs sang et leurs larmes toute l'éthique et l'esthétique de l'existence vraie.

Les temps viendront j'en suis persuadé où le piétinement des peuples libérés fera s'écrouler les palais, les églises et les banques dans leurs propres feux de leurs pensées uniques esclavagistes. Alors les tyrans avec leurs courtisans et leurs larbins iront purifier leurs impostures criminelles dans le feu des bûchers populaires.

Mais avant que ne surgisse ce nouveau solstice de l'Histoire il sera nécessaire, comme l'enseignent les dieux anciens des mythes éternels, de passer d'abord par le brasier d'un chaos maturant. Et les survivants pourront alors allumer sur les ruines de notre vanité anthropocentrique de nouveaux feux naturels éclairant dans la nuit spatiale l'aventure humaine.

Erwan Castel


samedi 7 septembre 2019

Zakharchenko, un commandeur toujours vivant


La fin de ce mois d'août a été marquée par le premier anniversaire de l'assassinat du président Zakharchenko. A l'occasion de ce triste souvenir des commémorations diverses ont été organisées sur Donetsk et dont les échos ont retenti dans les conversations et les infos transmises jusque sur la ligne de front où j'étais avec mon groupe déployé au Nord de Gorlovka.

Répondant à un précédent article publié ici sur la disparition de Zakharchenko, plusieurs messages de pro ukrops dans des insultes qui ne révélaient que leur crétinisme haineux se sont réjouis de la mort de celui que les gens aiment à appeler "Batia" (le père). N'en déplaisent à tous ces pauvres débiles se cachant derrière l'écran de leur ordinateur et des pseudos anonymes, Alexandre Zakharchenko n'est pas mort car il continue à vivre à vovre dans les coeurs plus fort et plus haut chaque jour.


Des cérémonies, des concerts, des offices religieux d'hommage et de souvenir ont rythmé ces dernières journées la ville de Donetsk, et des dizaines de milliers de personnes sont venues témoigner de leur affection et remerciements pour l'oeuvre et le sacrifice accomplis par Alexandre Zakharchenko pendant ces 4 ans où il a offert sa vie pour le Donbass et fondé la République Populaire de Donetsk.

Ici dans les rues de Donetsk, point de mise en scène encadrée et orchestrée par la propagande et les services de l'Etat, point de grandiloquence dans les discours, ou de dramaturgie politicienne mais juste une émotion populaire simple et pure venant déposer au café Separ de son martyr, ou au cimetière de son repos éternel, des pluies de fleurs et de larmes silencieuses.


"Toute l’histoire de la Russie a été créée et s’articule autour d’un pilier. 
Un pilier qui correspond à aux désirs simples d’une personne ordinaire. 
C’est l’amour pour la mère patrie, l’amour pour la famille, l’amour pour la terre. 
Et c'est autour de ce pilier que l’État a été construit. 
Et puis les principes ont été adoptés et nous les formulons depuis longtemps: 
liberté, conscience, justice, égalité. 
C’est pour tout cela que, probablement, cela vaut la peine de construire un bon État."

Alexandre Zakharchenko


Parmi les manifestations organisées en hommage au Président Zaharchenko la pianiste internationale Valentina Lisitsa est venue donner un concert devant plusieurs milliers de personnes accompagnée de l'orchestre philharmonque dirigé par Vladimir Zavodilenko, et les chanteurs de l'Opéra de Donetsk. l'intégralité du concert ici :





Ce café Separ où "Batia" fut victime d'un lâche attentat terroriste est à 5 minutes de ma nouvelle caserne et je passe souvent devant le bâtiment griffé par l'Histoire et fleuri par le souvenir. Lorsque les gens viennent se restaurer, s'amuser où boire un verre entre amis sur ce beau boulevard Pouchkine où s'écoule la vie sociétale festive de Donetsk , il est fréquent de voir des gens venir se recueillir quelques minutes devant le café Separ pour y déposer des fleurs ou simplement des prières et parfois même au milieu de la nuit et du couvre feu.

Pour moi, ce sont ces marques d'amour et de respect profond, quotidiennes et anonymes, qui révèlent la dimension réelle et populaire que tient définitivement cet homme dans les coeurs et l'Histoire du Donbass. Car au delà de ses qualités et ses défauts que son travail accompli ou inachevé, Zakharchenko incarne l'espérance, le courage et la liberté du Donbass.


Aujourd'hui, celui qui guida l'espérance de tout un peuple pendant plus de 4 ans est devenu un phare dans les mémoires de millions de personnes qui ont volontairement héritées de sa vision idéologique, politique et sociétale, empreinte de devoirs autant que d'humanisme. Et ceux qui ont cru assassiner le "Printemps russe" en tuant celui qui était le gardien de sa flamme se sont lourdement trompés car en enterrant "Batia" le peuple du Donbass n'a pas mis en terre la dépouille inerte d'un homme, mais il a planté dans le terreau de son histoire une graine d'espérance et de courage qui bourgeonne à présent dans les coeurs de celles et ceux qui préfère les chemins escarpés et dangereux menant à la liberté que les ravins moelleux conduisant à l'esclavage.

De son vivant, Alexandre Zakharchenko trouvait toujours le temps de venir rencontrer et écouter les femmes et les hommes du Donbass, il disait y puiser toute la force morale et le courage nécessaires pour continuer à assumer ses devoirs d'homme, de président, de commandeur de la jeune République Populaire de Donetsk.

Aujourd'hui c'est au tour des femmes et des hommes du Donbass d'écouter les paroles de ce personnage hors du commun qui semblait sortir d'une forge du Donbass et pourtant au coeur tellement humain.


"Tôt ou tard, nous ferons à nouveau partie de notre grande patrie. 
Mais c’est une chose de tomber dans l’euphorie, 
et une autre est de passer par de telles épreuves"

Alexandre Zakharchenko


Pour répondre à ces collabos 2.0 qui se réjouissent de la mort de Zakharchenko, je dirais simplement que la partie la plus importante de sa vie a commencé ce 31 août 2018, quand la bombe d'un lâche a semé son exemple dans le coeurs de chacun d'entre nous qui continuons à avancer, avec une arme, un outil, ou un clavier sur le chemin qu'il a ouvert par son sacrifice. 

En pensée et en actes, nous sommes ses héritiers...

... et nous sommes des millions !

Merci à vous commandeur pour tout ce que vous avez fait autour de nous et tout ce que vous continuerez à nous montrer dans nos coeurs !

Erwan Castel

Merci à Svetana Kissileva pour ses photos belles et émouvantes.


"Vous avez probablement remarqué vous-même 
que je ne suis pas une personne qui pleurniche. Cependant, pendant cette guerre, 
il y avait des moments où les larmes ne pouvaient pas être retenues. 
Et non."

AlexandreZakharchenko