samedi 23 juin 2018

Une fois n'est pas coutume

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Au milieu de cette escalade des armes observée dans le Donbass et qui inquiète même l'OSCE, la journée d'hier a été dans notre secteur de Yasinovataya au Nord de Donetsk particulièrement calme jusqu'à l'ennui. 


Samedi 23 juin 2018

La journée et nuit de ce 22 juin furent particulièrement calmes à part quelques tirs sporadiques brisant la monotonie d'une journée écrasée parc la chaleur. 

Devant ce silence des armes, les hommes en ont profité pour se reposer mais aussi améliorer le confort des tranchées qui poursuivent lentement, à coups de pioche et de pelle.


Vers 13h00, une série de tirs éclatent dans les tranchées, dirigés vers un étrange aéronef qui dans le ciel promène un drapeau ukrainien. A priori il n'y a pas que nous qui trouvons me temps long...

Après observation dans la lunette de tir, il ne s'agit pas d'un robe l'ais d'une grappe de ballons qui traîne cette provocation dans le ciel.. La distance est élevée (1km environ) et les conditions de tir vers le ciel, très difficiles) je réussis toutefois à éclater un ballon au bout de la 7 ème cartouche avant que le vent n'emporte le drapeau ukrainien au Nord. La récréation est terminé et les danses des pelles et des pioches peuvent reprendre.

Dans ce paysage désolé par les bombardements, les fantômes des arbres semblent observer les hommes devenus des insectes s'enfonçant dans la terre retournée entre leurs racines.


Ailleurs cette même Nature que la guerre des Hommes a martyrisé nous offre des leçons de résistance qui ne cesseront jamais de m'étonner. Entre les oiseaux qui nichent dans la carcasse rouillé d'un char, les renards qui prolongent les cratères des obus en terriers, ou les faisans qui continuent leur vie au milieu des ruines indifférents aux balles qui parfois leurs sont destinées, la Vie naturelle montre ici toute sa puissance. 

Même les plus petites plantes sont capables de prouesses extraordinaires, comme celle de s'extraire des sacs de protection remplis de terre et où leurs graines avaient été enfermées.


Bref, autour de nous entre le jour et la nuit, ça piaille, glappit, criaille tandis que les cerises et les framboises avec les fleurs colorent les arbustes qui tentent de cacher la misère du champ de bataille. 

Le soir "bizarrement" aucun bombardement ukrainien est venu animer la soirée et la nuit fut à l'image de la journée, son silence n'étant perturbé que par le trottinement des rongeurs et le cri des oiseaux nocturnes.

Principalement dûe à des missions du SCKK, le Centre de coordination et de contrôle du cessez le feu puis de l'OSCE cette journée fut presque reposante où pour une fois, la guerre n'a pas joué son habituel d'écorcheuse.

Erwan Castel 


Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

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