vendredi 8 juin 2018

Les 5 actions sur l'ennemi

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Entre 2 positions dans un buisson d'un parapet de tranchée, à la recherche d'un sniper ennemi 

Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes, plus ou moins amicalement, me demandent ce que cela fait de tuer des personnes, certaines oubliant avec une naïveté forcée que c'est la conséquence dramatique mais nécessaire de la guerre et non son objectif.

Dans un acte de guerre, on ne tue pas une personne mais on neutralise un ennemi, et ceci n'est pas un doux euphémisme destiné à minimiser la gravité de l'acte mais un rappel du contexte "autorisant" l'acte.

Cela ne diminuent pas la réalité que tirer sur un être humain est un acte qui n'est pas anodin et me concernant qui ne procure aucune excitation particulière, juste la satisfaction d'un devoir accompli qui ici participe à protéger la vie des civils et des volontaires qui vivent dans le Donbass leur Liberté.


Vendredi 8 juin 2018

Cet après midi, j'ai loupé un tir sur un sniper ennemi qui harcelait un groupe travaillant à l'amélioration d'une tranchée, l'obligeant toutefois à abandonner sa position.

Souvent lorsque les gens pensent "soldat" et surtout sniper, ils s'imaginent que la mort de l'ennemi est le résultat idéal d'un tir déclenché contre lui.

Au risque de décevoir les fans des héros hollywoodiens qui dégomment à tout va ou les anti-militaristes qui ne voient sous l'uniforme que des assassins légalisés, tuer n'est pas toujours la meilleure conséquence d'un tir de guerre.

Je m'explique :

1er résultat : FAIT PRISONNIER
Les tirs peuvent neutraliser un ennemi qui est ensuite capturer : - Mise hors de combat prolongée 
- Récupération sur lui ou pendant son interrogatoire de renseignements.
- Exploitation de sa capture à des fins de propagande
- Monnaie d'échange contre ses propres prisonniers

2ème résultat : BLESSÉ GRAVEMENT
Un blessure grave occasionné à un ennemi à pour conséquences : 
- Mise hors de combat prolongée 
- Mise hors de combat temporaire des camarades qui l'évacuent 
- Mobilisation de ressources logistiques et sanitaires coûteuses 
- Impact psychologique de longue durée sur lui, ses camarades, sa famille, ses voisins et amis.

3ème résultat : TUÉ

Malgré les protections modernes de plus en plus efficaces (gilet pare balles, casque, blindage etc.) encore beaucoup de tirs sont s'avèrent mortels. Dans ce cas si le sort pour l'individu est définitif en revanche les conséquences de sa mort sont limitées dans le temps et les personnes affectées. Et son décès peut même nourrir la propagande guerre ennemie (culte du héros).

4ème résultat : BLESSÉ LÉGÉREMENT

Une blessure légère occasionné à un ennemi va avoir les mêmes conséquences que lorsqu'elle rst grave mais dans de moindres proportions et durées.

5ème résultat : REPOUSSÉ

Enfin un tir posé type sniper qui échoue soit juste à côté, soit sur les équipements protégeant un ennemi, incite souvent celui ci a décrocher de sa position voir l'abandonner définitivement et donc de cesser momentanément le combat.

Ici, le tir interrompt celui du sniper ennemi repéré à 200 mètres,
mais sans avoir pu déterminer à quel degré il a été neutralisé.

Ensuite et pour conclure, lorsqu'on tire sur un ennemi hostile prioritaire on (dans sa définition collective) se défend d'abord contre une arme qu'il faut neutraliser avec le maximum de précision et dans l'immédiateté du combat. La nature de l'individu neutralisé et les conséquences du tir quoique très importants restent secondaires à cette mission initiale de neutralisation.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

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