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vendredi 30 septembre 2022

"Casus Belli" de l'OTAN en mer Baltique !

La "guerre des tubes" sous tend et même initie nombre des conflits modernes de l'Asie centrale à l'Europe en passant par le Moyen Orient, et aujourd'hui elle refait surface en mer Baltique sur fond d'un conflit russo-ukro-atlantiste.

3 explosions, suivies d'une quatrième ont gravement endommagé les gazoducs russes "North Stream I" et "North Stream II" en mer Baltique dans le secteur de l'île danoise de Bornholm. Ce sabotage constitue une étape majeure dans l'exacerbation de la confrontation Est-Ouest dont l'épicentre ukrainien traditionnel est entré en 2014 dans une phase éruptive exponentielle gravissime. 

Cet événement est en effet majeur à plus d'un titre :
  • sur le plan politique, c'est un nouvel acte de représailles russophobe répondant au processus de rattachement référendaire organisé dans les régions du Donbass et de la Novorossiya, dans la communication occidentale habituelle de l'inversion accusatoire,
  • sur le plan économique l'attaque des gazoducs russes coupe un des derniers fils géoéconomiques reliant la Russie à l'Europe, précipitant cette dernière dans la dépendance du gaz de schiste nord-américain, 
  • Sur le plan militaire enfin, dans la conduite du conflit russo-ukrainien, c'est la première attaque "100% OTAN" réalisée militairement contre une ressource stratégique russe, et qui plus est, en dehors du théâtre d'opérations ukrainien.
Le 27 septembre, au moment où s'achevaient les référendums irrédentistes dans les régions à l'Est de l'Ukraine, les gazoducs entre la Russie et l'Allemagne ont été sabotés dans un espace maritime sous contrôle des autorités occidentales et dans lequel opéraient des forces navales de l'OTAN. Cette opération sous-marine effectuée entre 50 et 100 mètres de profondeur n'a pu être organisée qu'avec des moyens et des spécialistes militaires (sous marin)  que seules des armées nationales possèdent.



1 / Un nouveau délire occidental


La propagande occidentale accuse la Russie d'avoir miné 
les gazoducs "North Stream I & II" lors de leur construction

Une enquête a été immédiatement ouverte par la Russie et les pays riverains de la zone maritime concernée, mais tous s'accordent déjà sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un accident ni même d'un attentat terroriste artisanal.

Mais déjà on observe la propagande occidentale de l'absurde s'envoler vers de nouveaux sommet de l'hystérie russophobe, affirmant que c'est la Russie (qui contrôle le robinet du gaz) a détruit ses propres gazoducs lesquels sont le fleuron de l'exportation de sa puissance économico-stratégique ! Un délire occidental qui depuis plusieurs années est entré dans une dimension psychiatrique et, depuis le crash du MH17 en juillet 2014, est devenue incurable !

Il faudra ici aussi probablement attendre des années pour confirmer l'identité des auteurs de cette attaque majeure.


2 / Un feu vert pour le "projet des trois mers"

L'une des conséquences économiques majeures de cette attaque va être la mise en oeuvre urgente au seuil de l'hiver du projet énergétique étasunien pour l'Europe appelé "Trois mers" car il relie les mers Baltique, Adriatique et Noire avec un réseau de gazoducs devant distribuer le gaz de schiste Nord américain.

Ce projet énergétique mondialiste, appelé "Trimorye",  "Three Seas Initiative" (ITM) ou encore  "Balto-Adriatic-Black Sea Initiative" (BACHI), regroupe 12 pays d'Europe de l'Est, qui sont pays de l'OTAN, et rejoint bien sûr en tant que "partenaire" par le dernier laquais régional de l'Oncle Sam: l'Ukraine !

Autriche, Bulgarie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie,
Slovénie, Slovaquie, Croatie, Tchèquie, Estonie et maintenant Ukraine 

Il s'agit pour la ploutocratie mondialiste d'organiser un réseau d'acheminement et de distribution du gaz de schiste nord-américain et bien sûr d'en assurer le monopole ! Tandis que des terminaux gaziers sont construits en urgence en Pologne, en Lituanie, en Croatie, en Grêce et en Bulgarie, des gazoducs les reliant aux consommateurs se multiplient comme le "Baltic Pipe" polonais par exemple. Et bien sûr la viabilité de ce projet qui doit imposer un gaz de schiste beaucoup plus cher que le gaz russe ne peut être réalisé que par l'éviction pure et simple de ce dernier du marché européen.

Et ici l'Ukraine, malgré son statut juridique subalterne de "partenaire" au projet s'avère en réalité en être la pierre d'angle principale car l'Ukraine qui était le principal transitaire du gaz russe dispose d'un réseau opérationnel de gazoducs important desservant les pays de l'Est et du Sud-Est européen et surtout d'immenses installations de stockage souterrain situées dans l'ouest de l'Ukraine estimé à 25,6 milliards de mètres cubes qui seraient vitales pour la période hivernale. La veille de la destruction des gazoducs russes maritimes, e 26 mars, le ministre ukrainien de l'Énergie, German Galushchenko, a fait la proposition suivante :


"L'Ukraine dispose d'une importante capacité de stockage de gaz naturel - nos réserves souterraines sont les plus importantes d'Europe. Dans notre initiative RESP, nous proposons d'utiliser nos installations UGS pour créer une réserve de gaz stratégique pour les pays d'Europe."

Mais ce projet énergétique nord américain n'est pas seulement une bataille de l'hégémonie mondialiste contre concurrence économique russe mais aussi un moyen pour augmenter l'endiguement de la Russie, et la vassalisation des pays européens.

Cette stratégie occidentale qui sera modernisée et nommée « containment » par Georges Kennan en 1945 est ancienne: elle remonte au minimum à la fin du XVIIIème siècle lorsque la libération des territoires russes de la Mer Noire occupés par les ottomans a ouvert la concurrence russe à la thalassocratie britannique laquelle organisait alors sa suprématie dans les mers chaudes via la "route des Indes". Depuis, les énergies fossiles ont démultiplié les enjeux et les menaces et exacerbé la confrontation entre les super-puissances étasunienne, russe et chinoise. 

Mais cette guerre économique des puissances marchandes de la Mer contre les puissances traditionnelles de la Terre (voir le travail socio-anthropologique de Zigmunt Baumann à ce sujet) ne peut être mis en œuvre par la lointaine thalassocratie étasunienne, devenue chef de file de l'hégémonie capitaliste, qu'avec la complicité des pays européens. Cette servitude volontaire occidentale a été obtenue par la domestication des populations européennes par les totalitarismes étatiques capitalistes, leur vassalisation logique au marché mondial et la fracture impérative entre Occident et Eurasie. On observe cette dernière stratégie de clivage du continent européen s'opérer dès la moitié du XIXème siècle avec notamment la guerre de Crimée qui place déjà la Mer Noire et l'Ukraine en première ligne de la confrontation Est-Ouest. 

Plus tard le Etats capitalistes occidentaux n'auront de cesse que de briser toutes les tentatives de coopération politique, économique ou militaire entre la Russie et l'Europe de l'Ouest, notamment l'Allemagne. Parmi les géostratégies russophobes cherchant à isoler de l'Europe occidentale la Russie  figure celle du polonais Jozef Piłsudski et nommée "Intermarium"  et dont le projet énergétique des "Trois mers" n'est que la déclinaison actuelle initiée par la production du gaze de schiste, avec, en plus de nourrir le complexe industriel étasunien, les mêmes objectifs initiaux: affaiblir la Russie et l'Allemagne qui sont les moteurs potentiels d'une puissance économique concurrente au marché mondial.


3 / Une attaque directe de l'OTAN contre la Russie

Les 4 explosions au total qui ont été enregistrées contre les gazoducs "North Stream I & II" ne peuvent être dues qu'à une opération militaire importante et que seules des forces armées modernes et dotées d'équipement et commandos marines spécialisés peuvent réaliser. 

Les sabotages ont été révélés car du gaz était resté dans les gazoducs et il est venu bouillonner en surface juste après que les sismographes danois aient enregistré plusieus explosions sous marines. 

Les quatre sabotages ont été réalisés entre 50 et 130 mètres de profondeur contre des structures réalisées avec des tubes de 12 mètres de long, 1.2 m de diamètre, pesant 24 tonnes et fabriqués dans un acier ultra résistant de 15 cm d'épaisseur capable de résister à la pression sous marine et celle du gaz, et enveloppés dans un sarcophage de béton .

Le polonais Radek Sikorski, député européen et 
ancien ministre polonais des affaires étrangères  a
 supprimé un tweet de remerciement pour l'attaque
contre les gazoducs russes en mer Baltique.


Jusqu'à présent les forces de l'OTAN avaient limité leur cobelligérance à une stratégie d'équipement militaro-industriellle, une stratégie d'engagement par proxy ukrainien ou privé ou une stratégie de renseignement opérationnel via leurs satélittes d'observation et aéronefs de guerre électronique. 
Ce 27 septembre, même si l'écusson national des forces spéciales ayant réalisé cette attaque n'est pas encore connu il est évident qu'il s'agit d'un acte mené par l'Etat Major de l'OTAN et confié à ses grenouilles étasuniennes, britanniques ou françaises par exemple qui ont toutes les capacités à mener ce type de mission

Voilà ce que promettaient les faucons de guerre étasuniens concernant les "North Stream" :

Victoria Nuland, le 27 janvier 2022 : "Si la Russie
envahit l'Ukraine, le North Stream II s'arrêtera,
d'une façon ou d'une autre !"

Jo Biden le 7 février: "si des chars russes traversent
la frontière ukrainienne alors, il n'y aura plus de 
North Stream . Nous y mettrons fin et je vous promets
que nous avons les moyens de le faire" 

Pour le moment les russes qui restent fidèles à leur intelligence diplomatique de ne jamais accuser avant les conclusions des enquêtes en cours (contrairement aux hyènes occidentales) n'ont pas engagé de riposte mais, nul doute qu'elles interviendront symétriquement dès que l'écusson des grenouilles de l'OTAN aura été confirmé.

Car cette attaque est de facto et de jure un casus belli !

Pour conclure provisoirement ce chapitre il est également à noter qu'au même moment et au même endroit se déroulaient des exercices navals de l'OTAN avec mise en situation de commandos marines.


En conclusion

Réparer à court terme les gazoducs russes de la Baltique me semble difficile, tant sur le plan technique que contextuel et je pense même que d'autres attaques vont intervenir sur les gazoducs russes, ici ou ailleurs.

Cette attaque qui pénalise bien sûr la Russie mais aussi et surtout les pays européens va à court terme augmenter leur dépendance servile vis à vis des USA, fragiliser l'économie allemande qui était le bouclier de leur indépendance économique et renforcer l'Ukraine dans son partenariat stratégique avec l'OTAN.


Pour la Russie, une fois encore en train de subir la stratégie belliciste mondialiste, une réaction militaire totale s'impose de plus en plus pour sauver son existence en tant que puissance indépendante et après le front de la Mer Noire, de se préparer à affronter également l'OTAN sur le front de la Mer Baltique que les anglo-étasuniens viennent d'ouvrir avec cette attaque sur les gazoducs "Northstream".

Reste l'inconnue de la réaction de Berlin, car cette attaque est aussi un coup direct porté contre la puissance industrielle allemande, mais je doute que cela déclenche une mutinerie au sein de la meute atlantiste.

Chaque jour les mondialistes surfant sur l'onde de choc grandissante du Maïdan précipitent un peu plus la Russie et les peuples d'Europe vers un chaos total !

Erwan Castel

jeudi 13 février 2020

Un mondialisme infecté par le Covid19



Le virus COVID19 poursuit exponentiellement son expansion malgré les efforts surhumains des autorités chinoises et le sacrifice de nombreux personnels médicaux :

Pour la seule journée du 12 février, 242 morts et 14280 nouveaux cas ont été signalés. 

Soit au total : 
  • 60 016 cas dans le monde 
  • 16 067 cas suspects 
  • 1355 décès 
  • 8070 dans un état grave/critique 
  • 5611 sortis d’hôpital
  • Majorité des cas en Chine 
  • 25 pays signalent des cas

Cette épidémie majeure qui n'est que dans sa phase initiale va certainement remuer beaucoup de choses et si elle continue dans le temps il risque s'y avoir un "avant" et un "après" Covid19, tant sur le plan humain que systématique.

Primo, le Covid19 est en train de sortir l'Homme post moderne de la coquille égoïste de son individualisme, ce grand paradoxe d'un temps où la mondialisation des échanges et communications a rétréci la planète a chacun de nos horizons. Bien sûr il reste des imbéciles qui pérorent qu'ils ne sont pas concernés tant que le virus n'arrive pas dans leur petit univers égoïste, ou des crétins peureux qui accusent la Chine dans une sinophobie hystérique.
Et je ne parlerai pas, pour rester poli, de ceux qui se réjouissent de cette crise sanitaire car elle diminue le prix des carburants ou de la population chinoise. Le Covid19 dans les réactions qu'il provoque achève de révéler l'infini  désespérant de la connerie humaine.

Secundo, ce virus montre la fragilité du système mondialiste et de sa perpétuelle recherche de profit illimité. Avant même que le virus n'impacte les autres pays, l'économie mondialiste commence à vaciller et certains spécialistes évoquent déjà une chute prochaine du PIB mondial de 5 à 6 % minimum. Par exemple le géant de l'automobile Hyundai (4ème producteur mondial) vient de mettre à l'arrêt sa production par pénurie de câbles fabriqués en Chine.

Mais le mondialisme peut aussi parier sur la détresse des pays sous-développés ou émergents qui, ne pouvant lutter avec la même efficacité contre le virus vont devoir augmenter leur dépendance vis à vis des pays industrialisés qui vont y déployer des aides humanitaires intéressées. Mais pour le moment tous les pays sont vulnérables et dans l'inconnu ayant aux moyens efficaces d'endiguer l'épidémie, à l'exemple du Japon qui peine à dépister les 3000 et quelques passagers d'un navire de croisière infecté.

Il serait temps d'en finir avec ce système inhumain d'un mondialisme amoral développant un individualisme consumériste égoïste, et revenir à des localismes forts à partir desquels peut rayonner une solidarité universelle et une empathie humaine responsables.

En attendant il ne faut pas oublier que cette épidémie et presque pandémie, avant toute considération économique mondialiste, est d'abord un drame humain majeur qui doit mobiliser notre fraternité et solidarité vis à vis du peuple chinois qui est aujourd'hui en première ligne pour combattre ce virus qui nous menace tous.

Erwan Castel

mardi 28 février 2017

Nationalisation des actifs ukrainiens

Kiev est maintenant obligé de choisir 
entre une défaite militaire et une défaite politique

Au coeur de Donetsk, le "Donbass arena" de l'oligarque ukrainien Akhmetov et qui peut accueillir 50 000 personnes vient d'être nationalisé 
Le blocus du Donbass a mis plus de 30 jours a démarré, jetant semaine après semaine des barrages nationalistes sur les voies ferrées et les routes reliant l'Ukraine au Donbass libre. Loin de s'essouffler, le mouvement s'est même durci, encouragé par les réactions molles et de principes d'un gouvernement ne sachant comment se débarrasser de ces radicaux turbulents mais qui se sont rendus influents au point de devenir indispensables à la survie de la folie russophobe du Maïdan qui seule alimente les discours des pantins de Kiev.

La réaction des Républiques après avoir patientées pendant 1 mois, n'aura duré quant à elle que 3 jours, le temps d'envoyer un ultimatum clair au gouvernement ukrainien qui par volonté ou opportunisme est responsable du prolongement de ce blocus illégal et violant les accords de Minsk.

Aujourd'hui les services de la République de Donetsk ont commencé à saisir différents actifs ukrainiens dont ceux appartenant à l'oligarque Rinat Akhmetov. Certains diront qu'il y a perfidie d'anticiper de quelques heures la procédure de nationalisation annoncée dans l'ultimatum pour 00h00 seulement. 

Je pense que la raison principale est montrer que l'ultimatum n'est pas un vain mot et aussi de prévenir la destruction de documents (comptables par exemple) ou même de fournitures et machines servant au bon fonctionnement des sociétés. De toute manière ma réponse des radicaux sur les barrages avait déjà était donnée : "Niet" donc autant assurer la sauvegarde du potentiel économique de la région le plus vite possible ! 

Donc aujourd'hui plusieurs sociétés économiques importantes pour le Donbass et qui menaçaient de fermer à cause du blocus des ultra-nationalistes et la complicité de Kiev ont été saisies, parmi lesquelles le "Groupe Komsomolskiy Mining," la société "Lux" et le "Donbass-Arena" le stade de football du mythique "FK Chakhtior Donetsk".


Dans un gouvernement populaire comme celui des Républiques du Donbass il est normal et légitimes que les orientations économiques des sociétés qui font vivre le pays suivent la direction choisie par la volonté du peuple, et l'exemple extrême (et même surréaliste) offert par ce blocus du Donbass et un business surfant à contre courant d'une guerre ouverte nous rappelle ici la nécessité d'imposer une cohérence entre le peuple, le pouvoir et l'économie, ce que le Donbass est en train de réaliser aujourd'hui en nationalisant les intérêts de ceux qui bombardent quotidiennement ses familles !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Des centaines de wagons de charbon bloqués à Donetsk

Mon article sur le sujet :

Source de l'article : Novorossiya Today

Les Républiques larguent les dernières amarres avec Kiev

Immédiatement après,l'annonce de la nationalisation républicaine des avoirs ukrainiens dans le Donbass, des milliers de citoyens sont descendus (10000 à Donetsk) dans plusieurs villes pour apporter leur soutien  à leur gouvernement
On connaissait déjà “le bras de fer”, on vit désormais dans le Donbass un “blocus de fer” entre Kiev qui est pris en otage par un “maïdan du rail” du parti de la guerre et ses idiots utiles (radicaux nationalistes mais aussi Avakov,  Kolomoisky, Timochenko, Turtchinov etc… qui soutiennent le principe d’un blocus). Ainsi, les vétérans des bataillons spéciaux, de voie ferrée en voie ferrée, de route en route veulent bloquer progressivement depuis janvier 2017 tous les échanges économiques entre les Républiques de Donetsk et Lugansk et l’Ukraine.

Dans cette logique de guerre, les radicaux ukrainiens veulent avec ce blocus “faire d’une pierre 2 coups”, en cherchant d’une part à étouffer les populations russophones du Donbass et continuer l’escalade sabotant les accords de Minsk et d’autre part déstabiliser également le pouvoir oligarchique de Kiev (Porochenko, Akhmetov etc..) pour l’affaiblir et lui faire porter la responsabilité de l’effet boomerang de ce blocus sur l’Ukraine. En effet, de nombreuses entreprises privées possèdent encore de nombreux actifs économiques dans les régions de Donetsk et Lugansk et la consommation énergétique ukrainienne dépend encore en grande partie des livraisons d’anthracite du Donbass.

Jusqu’à présent le régime de Kiev,  tout en émettant des protestations véhémentes contre les barrages illégaux des vétérans de l’ATO, laisse de facto le blocus s’organiser tranquillement autour du Donbass. Parce que, empêtré dans ses échecs multiples et pris en otage par ses radicaux nationalistes il leur a donné certainement une procuration secrète…Ce blocus commence à faire ses effets surtout du côté de Kiev avec la fermeture progressive d’entreprises et l’état d’urgence énergétique décrété le 15 février par Igor Nasalyk, le Ministre ukrainien de l’énergie.

Dire que le blocus ne grève pas l’économie des Républiques du Donbass serait un mensonge car en plus de la vente du charbon, de nombreuses entreprises privées dépendent aussi de produits importés d’Ukraine (comme par exemple l’usine métallurgique de Donetsk qui reçoit des fournitures du port de Mariupol). MAIS,  solidement adossées à la Fédération de Russie qui les soutient, les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, dans une convergence économique et politique ont organisé rapidement adaptation et riposte intelligentes, transformant ce blocus des “ukrops” en  coup d’épée dans l’eau…. sauf peut-être pour l’économie ukrainienne !


Donetsk, Lugansk mais aussi Moscou, en ripostant reprennent l’initiative 

En réaction au blocus les Présidents des Républiques du Donbass Igor Plotnitsky (Lugansk) et Alexander Zakharchenko (Donetsk) le 27 février 2017, lancent un ultimatum à Kiev.
En réaction au blocus les Présidents des Républiques du Donbass Igor Plotnitsky (Lugansk) et Alexander Zakharchenko (Donetsk) le 27 février 2017, lancent un ultimatum à Kiev.
Devant la duplicité perverse du gouvernement de Kiev qui d’un côté condamne officiellement le blocus (le 1er ministre ukrainien, Groysman, l’a même qualifié de «crime») mais n’engage aucun moyen coercitif adéquat pour obtenir sa levée, les Républiques du Donbass ont décidé, après avoir patienté plus d’un mois en observant l’évolution croissante des barrages (hier c’était la route Donetsk-Mariupol) de lancer un ultimatum et dès le 1er mars d’amorcer une nationalisation des actifs ukrainiens ainsi que d’autres mesures, pour certaines déjà engagées :
  • transfert des sociétés ukrainiennes dans le Donbass sous la juridiction de gestion des Républiques.
  • réorientation de tous les échanges économiques avec Kiev vers la Fédération de Russie.
  • officialisation du rouble (déjà factuelle) comme monnaie nationale faite déjà par la LNR et bientôt la DNR etc…
A ces mesures on doit rajouter aussi la récente reconnaissance administrative des Républiques du Donbass réalisée par la Fédération de Russie (via la validation temporaire des passeports DNR et LNR) et qui n’est pas sans rapport avec la reprise des bombardements violents sur leurs populations, mais aussi le maintien et la radicalisation de ce blocus.

Alors qu’un “blocus” par définition cherche à affaiblir celui qui le subit, on ne peut que constater que celui du Donbass, bricolé par le parti de la guerre ukrainien et ses ultras nationalistes décérébrés, n’a fait que renforcer la cohésion des Républiques populaires et accélérer leur séparation totale et définitive de l’Ukraine.

La seule victime de ce siège économique est donc aujourd’hui ce pouvoir oligarque ethnocentré de Kiev, assis sur un siège éjectable et qui doit maintenant, dans un effondrement global du pays, faire face à une nouvelle crise économique et un nouveau séisme politique. Ainsi ce 28 février, à la”Verkhona Rada, parlement ukrainien, un débat houleux a été lancé entre les députés pro-oligarques qui réclamaient le levée immédiate du blocus tout en cachant leurs motivations cupides derrière le prétexte fallacieux des accords de Minsk, les radicaux qui réclamaient son maintien en dénonçant la nationalisation républicaine des entreprises comme un “casus belli” etc…  De son côté, le Ministre ukrainien de l’intérieur Avakov,  ménageant le chèvre et le chou propose quant à lui le maintien du siège économique des Républiques… sauf bien sûr pour le charbon qui est vital à l’Ukraine, tandis que Iulia Timochenko (qui est favorable et certainement co-initiatrice du blocus), tel un vautour observant une agonie, attend patiemment le moment d’entrer en scène…

Car si le blocus est levé le gouvernement Porochenko sera accusé de trahison, et s’il est maintenu il sera accusé de faiblesse…, et dans les 2 cas cela accélérera son renversement via un coup d’état ou plus vraisemblablement un vote pour des législatives anticipées qui déclencheront à leur tour des présidentielles anticipées.

Il reste cependant à Porochenko une marge très étroite de manœuvre, hasardeuse et dangereuse, qui est de se lancer dans une fuite en avant politique par une offensive militaire majeure contre le Donbass et pour laquelle son armée est prête et n’attend que le feu vert. C’est vraisemblablement ce que veulent tous les fanatiques du Chaos, des néoconservateurs étasuniens en mal de revanche contre Trump au dernier volontaire du régiment Azov lui aussi en mal de revanche contre l’armée rouge.

D’ailleurs, l’Ukraine s’est déjà engagée dans cette voie belliciste comme le montrent les récentes réactions du gouvernement au projet de nationalisation des Républiques et qui n’hésitent pas à étaler une nouvelle fois une mauvaise foi cynique coutumière vis à vis des accords de Minsk. En effet, alors que le blocus du Donbass réalisé par les ultra nationalistes avec la complicité passive du pouvoir ukrainien constitue vraiment une violation flagrante des accords de Minsk (point n°8 : “Mettre fin au blocus économique du Donbass”), la réaction légitime des Républiques de Donetsk et Lugansk nationalisant les entreprises ukrainiennes pour éviter leur fermeture est dénoncée avec des cris d’orfraie par Kiev comme une violation de ces mêmes accords de paix, alors qu’elle n’existe ici que dans leur imagination.

Hier, les ultra nationalistes, appuyés par les membres du parti de la guerre et la sympathie d’une partie des unités engagées dans le Donbass, ont  refusé de lever leurs barrages et de négocier avec le gouvernement, poussant ainsi ce dernier à réagir et s’exposer dangereusement. De leur côté, les Républiques,  soutenues par des rassemblements importants de citoyens dans plusieurs villes ont achevé tous les préparatifs pour exécuter, dès le 1er mars 2017, les nationalisations des sociétés et entreprises ukrainiennes.

Alors que les combats et les bombardements reprennent crescendo sur la ligne de front depuis le début de l”année, ce blocus, qu'il soit logique de guerre ou folie suicidaire,  risque fort d’être le détonateur qui provoquera une nouvelle explosion dans cette crise ukrainienne, et dont on ne sait pas encore si elle aura lieu à Kiev ou dans le Donbass et quelles en seront les répercussions nationales et internationales.

Erwan Castel pour Novorossiya Today


Autres articles sur le sujet :

- DONI press, le lien : ICI

Le 19 février les mêmes mouvements ultra-nationalistes ukrainiens qui font le siège économique du Donbass ont provoqué des émeutes devant les bureaux de l’oligarque Akhmetov le magnat du Donbass et de l’administration Porochenko, montrant bien le double objectif (Donbass et pouvoir) de leur blocus.
*
*   *

S'il vous plaît, pour m'aider dans ce travail de réinformation

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 

Erwan





mercredi 28 septembre 2016

Quand le FMI enlève son masque

Source de l'article, le lien, ici : le Saker Francophone

Suicide du FMI en Ukraine :
une décision mémorable


A Momentous Decision About Ukraine: The Suicide of the IMF

Par Valentin Katasonov – Le 21 septembre 2016 – Source Strategic-Culture

Le Fonds monétaire international était perché sur une branche précaire qu’il a coupée. Le Conseil d’administration du FMI s’est réuni à Washington le soir du 14 septembre 2016. La grosse question dans leur agenda était de savoir s’il fallait faire un chèque de $1 milliard à l’Ukraine. Et ils l’ont fait. Sauf l’administrateur représentant la Russie, qui a voté contre le paiement.

Ce ne fut pas un événement ordinaire, mais il aura un impact, d’abord et avant tout, sur le sort du Fonds monétaire international.

L’argent en question fait partie d’un accord avec le FMI pour fournir à l’Ukraine $17,5 milliards de dollars en prêts, en vertu d’un programme de quatre ans pour soutenir l’économie ukrainienne, qui a été étudié avec la participation active du FMI. Le financement étranger pour ce programme, y compris le prêt du FMI, totalise $40 milliards de dollars. Dans le cadre de ce programme Kiev a reçu sa première tranche de $5 milliards de dollars, suivie par une seconde de $1,7 milliard, et attend de nouveaux décaissements. Cependant, le troisième versement, prévu fin 2015, n’est jamais arrivé. Le processus s’est arrêté.

L’explication officielle était centrée autour du fait que l’Ukraine a été incapable de respecter ses engagements. C’était particulièrement vrai surtout quand il s’est agi de diverses réformes promises dans le système d’imposition, la sécurité sociale, les tarifs des services fournis par des entreprises commerciales du secteur, et ainsi de suite. Le FMI a également cité le manque de progrès dans la privatisation, la lutte contre la corruption, etc. Cette liste de griefs a été mise à jour et modifiée presque tous les mois.

Pour mémoire, l’Ukraine a jusqu’à présent réussi à tirer un total d’environ $20 milliards du FMI depuis 1994. Un coup d’œil sur la documentation de ces années montre que l’Ukraine n’a jamais respecté ses obligations dans leur intégralité, mais l’argent du FMI n’a cessé de couler. Donc, quelque chose d’autre a dû se passer.

Lorsque l’Ukraine devint un sujet mondial brûlant au début de 2014, les États-Unis ont commencé à utiliser Kiev pour faire pression sur la Russie – et des changements radicaux ont commencé à prendre place dans la vie du FMI. Oncle Sam est le plus gros actionnaire du fonds – il a une majorité de blocage dans le capital et les droits de vote de cette institution financière internationale – et avec une impudeur totale, il a commencé à instrumentaliser le FMI comme outil pour faire avancer sa propre politique ukrainienne. La décision du FMI d’émettre le dernier emprunt remonte au début de l’année dernière, suite à une pression sans précédent de son plus gros actionnaire. Mais cette décision a été prise contre la loi, et tous les membres du Conseil d’administration du Fonds, y compris la directrice générale Christine Lagarde, le savaient.

Tout d’abord, l’offre précédente du FMI d’étendre son crédit à l’Ukraine en 2014 n’était plus en vigueur. La raison en est très simple : l’emprunteur n’est pas solvable. On pouvait penser que cela aurait fermé le chapitre des relations du FMI avec son client. Cela avait été la réponse du FMI à de nombreux pays depuis des décennies. Mais quelque chose sans précédent s’est produit : ce client insolvable s’est vu offrir un nouveau contrat de prêt au printemps 2015, à des conditions beaucoup plus favorables que le précédent.

La deuxième difficulté, encore plus significative, est le fait que le fonds n’est pas autorisé à émettre des emprunts pour des raisons politiques. Les règles de cette organisation sont clairement écrites, noir sur blanc : les prêts ne sont pas octroyés à des pays en guerre. Il faudrait être aveugle pour nier le fait qu’une guerre sanglante faisait rage en Ukraine au printemps 2014. Toutefois, Mme Lagarde et d’autres fonctionnaires du FMI ont reçu l’ordre du plus gros actionnaire du fonds d’obéir aveuglément. Voilà l’environnement dans lequel ils ont pris leur décision au sujet d’un accord de prêt à l’Ukraine.

Le FMI a toujours été une institution politisée et un outil important de la politique étrangère américaine. Cependant, Washington et le fonds ont, tous deux, observé des normes minimales de bienséance, agissant selon les règles qui avaient été formellement approuvées par tous les membres de l’organisation. Parfois, ils ont essayé de changer ces règles pour mieux répondre à leurs besoins, mais ils l’ont fait dans le cadre des procédures existantes.

Aujourd’hui, aucun sens des convenances n’a prévalu. Un accord de prêt de $3 milliards, signé en décembre 2013, entre la Russie et l’Ukraine a expiré en fin d’année dernière. Selon les termes du prêt, la Russie utilisait l’actif de son propre Fonds national de santé pour acheter des obligations en euros émises par le Trésor de l’État ukrainien. Bien avant la date d’échéance, le gouvernement ukrainien – aiguillonné par Washington – a commencé à annoncer que le prêt ne serait pas remboursé, exigeant que Moscou restructure la dette de la même manière que Kiev avait réussi à restructurer d’autres dettes étrangères en Euro Bonds au cours de l’été 2015.

Mais cette restructuration de la dette en Euro Bonds concernait des titres achetés par des investisseurs privés. La Russie est dans une catégorie différente. La dette de Kiev à Moscou, pour $3 milliards, est un exemple classique de dette souveraine. Kiev répugne à l’admettre, en essayant d’assimiler celle-ci à une dette due aux détenteurs privés d’obligations en euros. Le FMI prétendait que le différend entre Moscou et Kiev ne le concernait pas.

Mais en même temps, Christine Lagarde et d’autres responsables du fonds étaient bien conscients que ce problème de la dette pourrait avoir un impact sérieux sur l’avenir de l’institution financière internationale. Après tout, un refus catégorique de remboursement, de la part de Kiev, pour une dette à Moscou signifierait un défaut complet. Arrivé à ce point, le programme entier pour ressusciter l’économie ukrainienne, grâce à l’accord sur le prêt le plus récent, serait sorti des rails. Et ce serait inacceptable, puisque le plus gros actionnaire insiste pour que le FMI soutienne le régime de Kiev sans condition.

Mais l’an dernier, le fonds a été obligé d’ admettre que un plus un font deux, c’est à dire que la dette de l’Ukraine à la Russie est une dette souveraine. Sous la pression de Washington, le FMI a simultanément fait un pas supplémentaire. Il a apporté des changements révolutionnaires à ses règles de prêt, «juste pour l’Ukraine». Les nouvelles règles assurent qu’il est possible de continuer à étendre le crédit à un pays, même s’il fait complètement défaut sur sa dette souveraine. Cependant, une provision a été incluse disant que le prêt ne pourrait continuer que si le pays débiteur démontrait un «effort de bonne foi» pour parvenir à un accord avec son pays créancier.

Après cela, tout s’est déroulé sans accroc. En décembre 2015, Kiev a officiellement déclaré qu’il ne paierait pas sa dette à la Russie. Cela signifie un défaut complet sur sa dette souveraine. Mais personne au FMI n’a noté que cela était arrivé ! Même les agences de notation mondiales – qui ajustent généralement leurs évaluations chaque fois qu’un pays débiteur éternue – «n’ont pas remarqué».

Et Kiev a commencé à se comporter avec une audace sans précédent une fois qu’elle se sentait en toute sécurité sous l’aile de l’Oncle Sam, en clamant que la dette à la Russie ne serait jamais remboursée. Il n’y eut même aucune tentative de fabriquer l’apparence que la nation débitrice agissait de «bonne foi» pour résoudre ses problèmes de dette avec le pays créancier. Moscou a porté la question de la dette de l’Ukraine devant un tribunal international, mais il semble que ce dernier va prendre tout son temps pour se prononcer sur la question.

Il ne serait pas exagéré de dire qu’il y a eu une révolution dans la finance mondiale à la fin de 2015. Au fil du temps, elle va envoyer une puissante vague de chaos dans le système financier mondial. Ce système a été privé des règles et des lignes directrices les plus rudimentaires qui avaient auparavant sauvegardé les marchés mondiaux en évitant l’entropie des finances.

La vie n’a pas été facile l’année dernière pour Christine Lagarde, la directrice général du fonds. Elle est bien consciente que le nihilisme qui prospère actuellement au FMI pourrait mal finir pour cette institution. Elle a résisté à la pression de son plus gros actionnaire comme elle le pouvait, mais l’Oncle Sam a eu recours à des moyens de pression éprouvés sur les fonctionnaires publics.

L’an dernier, un tribunal français a commencé à enquêter de façon inattendue sur Mme Lagarde pour d’éventuels abus de pouvoir alors qu’elle était ministre française des Finances. Cependant la poussière est vite retombée sur cet épisode juridique, signalant que la directrice générale du FMI a succombé aux «arguments» avancés par son plus gros actionnaire.

Pendant quelques mois, Lagarde a traîné les pieds comme elle pouvait, en essayant d’éviter le cauchemar qui s’est néanmoins produit le 14 septembre à la réunion du conseil d’administration du FMI. La raison pour laquelle la décision de fournir à l’Ukraine le prochain versement du prêt était reportée continuellement n’est pas parce que Kiev «ne remplit pas» quelques conditions – ce pays n’est pas en mesure de remplir quoi que ce soit – il s’agissait seulement d’un peu de théâtre chorégraphié par Mme Lagarde. Mais finalement le metteur en scène – Oncle Sam – est intervenu et a dit à la bureaucrate d’arrêter de foutre la merde. Oncle Sam se moque de la «reprise économique» de l’Ukraine, mais les États-Unis ont besoin de ce pays – sous son régime actuel – comme un outil pour continuer à mettre la pression sur la Russie. Donc, la contrainte politique et militaire n’est pas suffisante, il faut y ajouter la financière. Le FMI est essentiel pour arriver à ces fins.

Le récent comportement irresponsable de Washington envers le FMI rappelle Érostrate – le pyromane légendaire de la Grèce antique – mettant le feu au temple d’Artémis. Pendant sept décennies, le fonds a été un outil utile de politique étrangère pour les États-Unis, mais maintenant ces jours heureux s’achèvent pour Washington. La grande majorité des membres du FMI en a marre de la mainmise de l’Amérique. Et finalement le mécontentement a conduit au début du processus de réforme du fonds, surtout en ce qui concerne la révision des quotas de parts de capital et des voix attribuées à ses pays membres. Dans un proche avenir cela pourrait entraîner une perte de la participation majoritaire des États-Unis dans le capital et le pouvoir de vote du FMI. Ce n’est pas ce genre de FMI dont Oncle Sam a besoin.

Ce n’est pas la Russie qui a pris le plus gros coup lors de la session de vote du 14 septembre au conseil d’administration du FMI. La principale victime est le fonds lui-même. Ainsi que le système financier global qui a évolué au cours des sept décennies depuis la Seconde Guerre mondiale.

Valentin Katasonov

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

dimanche 28 août 2016

La force de la Vie contre la Mort

Sous le feu, Donetsk célèbre ses mineurs


Depuis plus de 2 ans l'armée ukrainienne frappe le Donbass, semant la mort et la désolation sur cette terre noire à la croisée de l'Europe et de l'Eurasie, mais le terrorisme d'Etat des nouveaux maîtres de Kiev n'a pas entamé la détermination de ce peuple forgé dans les feux de l'Histoire à vouloir vivre libre dans l'héritage de ses traditions. Bien au contraire, les orages d'acier des soudards de Kiev ont révélé la force et la noblesse de ce peuple purifiées et transmutées comme le feu d'un athanor.

Il y a dans la langue bretonne des racines étymologiques qui révèlent un héritage culturel et même spirituel de ce peuple celte. Ainsi les mots "ANken" (l'angoisse), ANkoun (l'oubli) et ANkou (la Mort) s'associent-ils pour illustrer le terrible fardeau de la destinée humaine: "La peine de l'homme (anken) condamné à l'oubli (ankoun) va le jeter à la mort personnifiée (Ankou)" rappelait  l'écrivain régionaliste Anatole Le Braz. 

Naturellement toutes les sociétés traditionnelles vont lutter dans des rêves d’éternité contre cette angoisse et cet oubli pour que la Vie soit plus forte que Mort et certaines d'entre elles par leurs traditions et leur Histoire vont illustrer avec grandeur cette force de vivre qui élève l'âme humaine vers un enchantement perpétuel du Monde, même au coeur des pires épreuves de souffrance.

Le peuple russe du Donbass est à ce titre exceptionnel, et il incarne avec noblesse ces valeurs de courage et d'espérance qui donnent aux hommes libres la capacité de rester debout dans les épreuves de la Vie et les tempêtes de l'Histoire. Lorsqu'on vient dans le Donbass, on est stupéfait de voir la vie continuer dans toute sa beauté malgré les feux des canons qui embrasent son horizon immédiat et animent quotidiennement les hôpitaux et les cimetières. Des transports en communs qui assurent leurs services jusqu'au tranchées, aux commerces qui restent ouverts sous les bombardements, ce qui de prime abord pourrait-être considéré comme de l’insouciance suicidaire, révèle en fait une capacité de résilience et un courage magnifiques qui caractérisent ce peuple héroïque.

Ce comportement exemplaire qui a offert la victoire aux Républiques du Donbass peut en partie être expliqué par l'identité naturelle, culturelle et historique de cette région. 
En effet la force qui permet aux miliciens et leurs familles de résister à l'agression génocidaire de Kiev est alimentée par l'Histoire d'un pays durement touché par les guerres du passé, par la Foi orthodoxe qui garde l'espérance intacte au fond des coeurs meurtris, et par cette Nature aussi dure que généreuse qui impose aux hommes sa loi au rythme de ses saisons...

Mais de toutes ces sources du courage il y a en a une qui certainement joue un rôle majeur dans l'identité du Donbass et qui a donné à son peuple cette mentalité invincible : ce sont les mines...

Un pays de "gueules noires"

Les "terricons" bornes géographiques, historiques et cultuelles du peuple du Donbass
Du blason de la ville de Donetsk à la bande sable du drapeau de la République éponyme, les mines sont omniprésentes dans l'Histoire de ce pays comme leurs terrils dans son paysage de steppe... Ici, chaque famille connait depuis des générations les sillons de sueur et parfois de larmes creusant les masques de charbon ou de sel sur les visages des mineurs remontant du Royaume d'Hadès.


Le Donbass est une des régions métallurgiques les plus importantes d'Europe et nombre de villes et de villages sont nés autour de ses puits de mines qui entraînent quotidiennement les ouvriers à des profondeurs vertigineuses (près de 1000 mètres). L'Histoire économique mais surtout les difficultés et les dangers de ce métier infernal ont forgé la mentalité des individus et des familles mais surtout l'identité collective d'un peuple dont l'activité industrielle, vitale pour l'économie a été légitimement glorifiée pendant les décennies de l'ère soviétique.


Lorsque sur les bords de la Mer Noire sont découvertes les première mines de charbon en 1820, ce territoire des Cosaques du Don et de Zaporodje va voir l’ère industrielle transformer complètement son destin. La ville de Donetsk est fondée quelques années plus tard en 1869 autour d'un centre industriel créé par un gallois du nom de John James Hughes,  dont le patronyme inspire le premier toponyme donné à cette ville minière : "Iouzovka". En 1920, au début de l'ère soviétique cette ville, devenue le chef lieu de l'Oblast prend le nom de "Stalino", nom qu'elle conservera jusqu'en 1961 ou elle prendra le nom de Donetsk.

Iouzovka, la future Donetsk au début du XXème siècle
Pendant la Seconde guerre Mondiale, la ville (rebaptisée Jusowka par l'occupant nazi) est très durement éprouvée par l'occupation (de 500 000 sa population passe à moins de 200 000 habitants). Un ghetto (liquidé en 1942) et un camp de concentration vont stigmatiser la ville dont de nombreux hommes ont rejoint les rangs de l'Armée rouge. La région sera le théâtres de violents combats de chars avant d'être libérée en septembre 1943.

L'activité minière qui avait été ralentie pendant la guerre reprend à la libération sa croissance et fait de Donetsk la première région industrielle et économique à l'intérieur de l'Ukraine administrative. A la fin du XXème siècle, et malgré l'effondrement post soviétique de l'Ukraine, Donetsk, qui atteint 1 million d'habitants, maintient une croissance économique qui en fait la première ville en terme d'investissements financiers.

La ville de Donetsk aujourd'hui une ville moderne aérée et parcellée de jardins et d'espaces verts
Quand le coup d'état du Maïdan asservit l'Ukraine aux USA et l'oriente vers l'Union Européenne mais surtout vers un rejet viscéral et haineux du monde russe auquel pourtant la majorité de sa population appartient, les régions du Sud Est vont s'opposer à cette russophobie violente et réclamer une fédéralisation du pays. Plus tard, lorsque Turtchinov puis Porochenko envoient l'armée bombarder les manifestants du Donbass, ceux-ci deviennent séparatistes, prennent les armes et s'érigent naturellement en Républiques autoproclamées de Donetsk et Lugansk.


Lors des premiers combats à Slaviansk, Lugansk et Donetsk, nombre de mineurs vont rejoindre alors les rangs de la milice, troquant les outils contre les armes récupérées dans les casernes qui ont dès les premiers jours rallié la rébellion. Beaucoup de ses "gueules noires", animées par un courage hérité dans l'antre profond de leur sanctuaire et forgé dans le feu des hauts fourneaux, vont stopper au prix de lourds sacrifices les chars qui menacent leurs familles dans cette guerre absurde menée par des criminels aux ordres de Washington (l'"Opération spéciale antiterroriste" sera lancée le lendemain de la visite du Directeur de la CIA à Kiev)

Depuis, beaucoup des mineurs sont retournés rejoindre leurs camarades restés dans les galeries et les usines, car la vie économique ici doit continuer pour vivre et survivre à la guerre. Et ces mineurs déjà menacées dans leur quotidien par les accidents, les "coup de grisou" et les maladies professionnelles continuent depuis leur travail sous les bombardements, luttant à leur manière contre l'agression génocidaire des chiens enragés du Maïdan. 

Cette mentalité à la fois dure et généreuse est une caractéristique de l'harassant travail d'équipe imposé aux mineurs depuis les profondeurs obscures de la Terre jusqu'aux flammes des forges métallurgiques, mais c'est surtout une force invincible qui est transmise de génération en génération à toutes les familles jusqu'à l'ensemble de cette population vivant à l'ombre des terrils.

Aussi, chaque dernier week-end du mois d'août, la population de Donetsk célèbre ses mineurs, fondateurs de leur belle ville et artisans de la Victoire, et aujourd'hui, à travers cet hommage à la fois solennel et festif, le Donbass offre aux criminels qui se massent devant les remparts de leur cité toute la force et leur joie de vivre que nul ne pourra jamais vaincre.


C'est pourquoi, dans les districts bombardés de la ville de Donetsk, la vie continue, avec ses peines mais aussi ses joies comme ici dans le quartier de Lenninsky, lors d'une fête de quartier réalisée la veille de celle donnée dans le centre ville en l'honneur des mineurs du Donbass.

Aujourd’huiBeaucoup de mines sont bombardées par les ukrops, mais malgré les obus qui les menacent directement ou indirectement en détruisant les équipements vitaux comme les ventilations des galeries, ces mineurs continuent à extraire l'or noir qui nourrit leurs familles... Et si demain l'armée ukrainienne relance une offensive générale sur le Donbass, nul doute que ces hommes resurgiront de la terre, comme des diables pour envoyer, aux côtés de leurs camarades de combat, les assassins de Porochenko en Enfer....

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

A Trudosky dans l'usine bombardée quotidiennement, le mineur reste debout à son poste
Hier


Aujourd'hui

Des dizaines de milliers de citoyens de la République de Donetsk sont venus ce 28 août au parc Shcherbakova assister aux festivités données en l'honneur de leur ville et de ses mineurs.