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samedi 25 juillet 2020

"Comediante, tragediante !"


Le président ukrainien Zelenskiy a souhaité cette semaine que les garants des accords de Minsk se réunissent et décrètent un nouveau cessez-le-feu dans le Donbass. Une manière grossière de la marionette étasunienne de Kiev de reprendre la main dans les discussions du "format Normandie" (Ukraine, Russie, Allemagne, France) et remettre sur le tapis les propositions de Kiev de modifier à son avantage les accords de paix signés à Minsk en septembre 2014 puis février 2015. 

"Comediante, tragediante !" pourrait-on résumer cette déclaration, paraphrasant le pape Pie VII répondant à un Napoléon enjôleur et hypocrite qui en 1813 voulait s'attirer les faveurs de l'Eglise pour mieux imposer sa dictature dans l'Histoire qui d' "empire" n'a que le nom.


Et pour revenir au conflit du Donbass, il n'y a pas eu moins d'une vingtaine de cessez le feu décrétés au fil de ces 6 années de combats et de bombardements continuels, à commencer par l'article premier du protocole signé à Minsk et qui impose en préalable sine qua non au processus de paix qu'un cessez le feu (appelé "régime du silence") soit strictement appliqué. 
Or depuis 5 ans, on ne compte plus le nombre de violations quotidiennes du cessez le feu, majoritairement initiées par les forces ukrainiennes et de plus en plus nombreuses et violentes depuis que ces dernières ont engagé mètre après mètre une occupation de la zone neutre dite 'grise" séparant théoriquement les belligérants (ce qui, par le contact physique des positions adverses (moins de 500 mètres), rend techniquement impossible le cessez le feu)

Aussi, telles des matriochka, ces poupées russes s’emboîtant les unes dans les autres, a pu t-on observer au cours depuis l'hiver 2014, une succession de cessez le feu calendaires tentant de rappeler celui des accords de paix et tous plus pathétiques les uns que les autres car systématiquement rompus par Kiev avant que leur encre n'ait séché : trêve de Noël, de Pâques, du Pain, de l'Ecole etc...

Jusqu'au 17 juillet 2019 ou le groupe de contact chargé de piloter les accords de paix a convenu d'un énième cessez le feu mais défini comme "illimité" à partir du 21 juillet suivant à 00h01.

Quel est le bilan de cette année de cessez le feu à la mode Zelensky ? Malheureusement rien qui puisse affirmer que le nouveau maître de Kiev ait abandonner la feuille de route confiée par les services américains à ces prédécesseurs (Turtchinov puis Porochenko) au lendemain du coup d'Etat du Maïdan (février 2014) :

" Au total, pour la période du 21 juillet 
2019 au 20 juillet 2020, 3879 violations du 
cessez-le-feu ont été détectées, dont plus 
d'un tiers avec l'utilisation de l'artillerie et 
des mortiers. 34189 munitions ont été tirées 
contre le territoire de la République ".

 Bilan du Centre Commun de Contrôle et de Coordination du régime du 
Cessez-le-feu (STKK), pour la seule République Populaire de Donetsk.

Aucune amélioration donc pour la paix, et loin s'en faut car les tirs ukrainiens en direction des populations civiles ont même connu une augmentation sensible depuis de début de l'année comme le souligne ce rapport du STKK qui rappelle que depuis le 1er janvier 2020 et pour la seule RPD, 5 civils ont été tués et 60 autres blessés sous les tirs des forces armées ukrainiennes qui ont endommagé ou détruit également 790 bâtiments d'habitation, 121 infrastructures collectives vitales et 17 véhicules.

Ces violations ukrainiennes du cessez le feu sont bien l'expression d'une volonté politique de Kiev de saboter perpétuellement les accords de paix afin de forcer leur révision à son avantage. Et pour preuves entre autres exemples de cette stratégie cynique et meurtrière,  
  • les escalades des bombardements ukrainiens observées systématiquement juste avant chaque réunion du groupe de travail ou du format Normandie,
  • l'impunité dont bénéficient leurs auteurs alors que cet accord de juillet 2019 stipule l'application de mesures disciplinaires en cas de violation du cessez-le-feu,
  • la poursuite par Kiev d'actions de reconnaissance offensive sur le front et notamment pour faire disparaître cette zone tampon indispensable au cessez le feu, 
  • le redéploiement (et l'emploi) d'armes lourdes (aux calibres supérieurs à 100 mm) sur la première ligne alors qu'ils doivent théoriquement en être retirés à plus de 30 km,
  • l'utilisation permanente de drones d'observation, de réglage et de bombardement sur des objectifs militaires mais aussi civils, 
  • le déploiement de points de tir d'unités de combat dans les réseaux résidentiels pour utiliser les civils comme boucliers humains,
  • Etc.

Même si de leur côté, les forces de défense républicaines restent dans leurs tranchées et appliquant des sanctions disciplinaires sévères aux officiers qui initient des ruptures du cessez le feu (3 sanctions minimum cette année) les violations ukrainiennes du cessez le feu et notamment lorsqu'elles visent les zones résidentielles civiles entraînent logiquement et légitimement des ripostes républicaines ciblées et sévères.


Voici maintenant l'analyse contextuelle de ce bilan annuel du cessez le feu, signée Karine Bechet Golovoko et qui souligne parfaitement ce jeu de dupe et criminel mené par Kiev dans le Donbass

Erwan Castel


Source de l'article: Russie Politics


Le Donbass ou l'impossibilité 
d'épuiser les conflits post-modernes

Karine Bechet Golovko

Le 17 juillet 2019, le groupe de contact de Minsk était parvenu à tomber d'accord sur l'importance d'un cessez-le-feu entre Kiev et le Donbass, qui devait, formellement, entrer en vigueur le 21 juillet 2019 au matin. Un cessez-le-feu pour une période illimitée, c'est une tentative de mettre fin de facto à un conflit. Faire taire les armes pour ensuite trouver une solution. Dès le lendemain de l'accord, l'armée ukrainienne a repris les hostilités et les données publiées par la jeune république de Donetsk (DNR) soulignent à quel point l'on ne peut mettre un terme à un conflit lorsqu'il n'est pas épuisé, dans ses diverses dimensions. L'on ne peut qu'épuiser la population, en le laissant traîner, devenir une nouvelle normalité pour des enfants, qui déjà ont passé 6 ans de leur vie sans connaître la paix. Certains d'entre eux n'ont jamais rien connu d'autre. Combien de temps encore va-t-on confortablement se cacher derrière un discours de paix pour ne pas avoir à assumer une réalité dérangeante? Ni Kiev, ni ses curateurs, n'ont besoin d'une paix dans le Donbass; ils mènent une politique de terreur et d'usure contre la population civile.
Un an après, DNR publie un compte-rendu de ce cessez-le-feu, en voici les grandes lignes en français.

Il y a un an, le groupe de Minsk avait décidé de l'importance pour les parties au conflit, à savoir Kiev et le Donbass, de formaliser un cessez-le-feu, de sanctionner les violations qui auraient lieu, de s'abstenir de toute mesure offensive et de placer de l'artillerie lourde dans les villages et à proximité des écoles, hôpitaux et ouvrages civils.

Le 20 juillet 2019, DNR a adopté une déclaration de cessez-le-feu, ce qui n'a pas été fait par Kiev. Comme nous le voyons, les cessez-le-feu unilatéraux ne sont pas viables.


Selon le schéma, en orange la quantité d'armement interdit par les accords de Minsk utilisés et en bleu le nombre de violations du cessez-le-feu. A savoir, du 21 juillet 2019 au 20 juillet 2020 l'on compte en tout l'utilisation de 10 102 armements interdits et 3879 violations du cessez-le-feu, dont plus d'un tiers avec recours à l'artillerie et aux lances-mortier. Cela sans compter le recours aux blindés (9316 unités) ou encore l'artillerie légère. En tout, l'on compte, l'utilisation de 34 189 munitions de divers calibres et natures. 

D'une manière générale, l'on observe deux pics d'activité dans cette période. Le premier, en octobre 2019, correspond à la préparation d'un sommet à Paris avec les dirigeants français, allemand, russe et ukrainien dans le cadre du Format Normandie et la relance du discours sur un statut spécial pour le Donbass. Alors des manifestations sont organisées à Kiev "contre la capitulation devant Moscou", parallèlement à la reprise de l'offensive. Le second pic d'activité se situe en mars-avril 2020, lorsqu'une tentative de sortie pacifique est faite et que l'espace d'un instant Kiev entrevoit la possibilité d'un discours direct avec les représentants du Donbass. Autrement dit, à chaque fois qu'une légère avancée politique surgit à l'horizon, le conflit militaire s'intensifie sur le terrain.

L'OSCE a noté la présence, lors de cette période, de 1937 unités d'artillerie lourde, comme des tanks ou lance-missiles. Rien qu'au printemps 2020, l'on compte plus de 500 unités situées en violation de la ligne de séparation.

Les pertes humaines affichées pour cette 6e année de conflit sont relativement peu importantes, car la technique utilisée n'est pas celle d'une guerre classique : 5 morts, 60 blessés. Cela est particulièrement significatif des conflits post-modernes : il n'est médiatiquement pas jouable de mener des opérations avec d'importantes pertes civiles, surtout que les images peuvent fuiter. Nous sommes à l'époque des guerres médiatiques et "propres", presqu'humanitaires. Les guerres post-modernes ne tuent plus, elles "sauvent". C'est en tout cas la soupe, même refroidie, régulièrement resservie par les médias en appui des politiques. C'est plus une guerre d'usure qui se mène.

Les pertes matérielles sont plus importantes, surtout si l'on se souvient que le cessez-le-feu est en vigueur. 37 habitations ont été détruites, 753 touchées, 121 sites d'infrastructures civiles vitales et 17 moyens de transport.

Lorsque l'on voit ces chiffres, l'on comprend parfaitement que Kiev dans le Donbass mène une politique de terreur contre la population. Par ailleurs, l'on ne peut qu'être d'accord avec la conclusion de ce rapport quant à l'absence totale de volonté de l'Ukraine à trouver un compromis. L'Ukraine post-Maïdan, et surtout ses curateurs, ont besoin de faire traîner le conflit, car sur le plan géopolitique, c'est une épine dans le pied de la Russie. C'est un des éléments de la construction de l'image de l'ennemi, indispensable au conflit primaire pour un monde unilatéral ou multilatéral, dont découle celui du Donbass.

Karine Bechet Golovko

mercredi 22 juillet 2020

Une menace concernant toute l'Europe



Tandis que se profile chaque jour un peu plus la sortie prochaine de Kiev des accords de Minsk, les forces ukrainiennes poursuivent leur guerre d'attrition contre les positions défensives républicaines et leur terrorisme contre les populations civiles des républiques de Donetsk et de Lugansk. 

Ainsi par exemple de ce quartier en ruine de Veseloye, à l'Est de l'aéroport de Donetsk dans le quartier d'Oktyabrsky, qui a été à nouveau bombardé le 21 juillet par des mortiers de 120 mm ukrainiens. Sous les bombardements qui n'ont heureusement pas fait de victime parmi les familles restantes dans ce quartier bombardé, une maison a été frappé de plein fouet et a été détruite par l'incendie provoqué.

A minuit, les pompiers continuaient, sous la menace de nouveaux tirs ukrainiens à lutter contre le feu.






21 juillet, Incendie d'une maison bombardée par les forces
ukrainiennes à Veseloye, dans le quartier d'Oktyabrsky.

De nombreux secteurs résidentiels républicains sont ainsi pilonnés quotidiennement par l'artillerie ukrainienne qui force les familles à se précipiter plusieurs par jour et nuit, dans leurs caves. Depuis leurs habitats, les résidents de Golubovkoye, Aleksandrovka, Sakhanka, Dokuchaiesvk, Yasinovataya, Elenovka partagent chaque semaine sur les réseaux sociaux des vidéos et témoignages des bombardements et mitraillages subis. 

Depuis une semaine le quartier Komsomolets de Gorlovka est 
quotidiennement bombardé par l'artillerie lourde ukrainienne

Sur le front militaire, les forces ukrainiennes continuent le bombardement systématique des positions défensives républicaines, au cours desquels leurs unités d'infanterie poursuivent le déplacement de leurs postes avancés dans la zone neutre dite "grise" située entre les 2 lignes belligérantes (et que les accords de Minsk demandent à ce qu'elle reste démilitarisée sur une largeur minimale de 2 km). Aujourd'hui environ 70% de cette zone grise ont été grignotés par les forces de Kiev le long des 460 kilomètres du front, provoquant de multiples zones de contact avec les défenses républicaines (moins de 500 mètres) où le cessez le feu est techniquement impossible à réaliser.

Juillet 2020, bombardement ukrainien d'une position défensive 
républicaine sur le secteur de Donetskoye (front de Lugansk).
Localisation du bombardement ukrainien

"Retour d'expérience" de l'incident de Zaitsevo

Ces pressions offensives de l'artillerie ukrainienne s'accompagnent ponctuellement d'opérations au sol menées par des groupes de reconnaissance ukrainiens tentant d'approcher les avant-postes républicains. Au cours de la première quinzaine de juillet 2 missions de reconnaissance offensive ont ainsi été menées  par des "DRG" (groupe de diversion et reconnaissance) ukrainiens dans les secteur de Zaitsevo (Nord Gorlovka) et Shirokino (Ouest Novoazovsk). Les 2 missions ukrainiennes se sont soldées par des échecs sanglants (3 morts à Zaitsevo, 2 morts à Shirokino), mais où la propagande de Kiev a tenté d'inverser la responsabilité sur les forces républicaines accusées même de crime de guerre dans l'incident de Zaitsevo que je rapportais ici le 17 juillet dernier 

Or depuis les aboiements diffamatoires de Kiev - et qui ont bien entendu trouvé un écho jusque dans l'UE - accusant les républicains d'avoir tué un "médecin" sur le front, la vérité a rapidement été révélée lors de l'évacuation des corps des soldats du champ de mines où ils sont tombés le 13 juillet soir. 

Sur les trois "ukrainiens" tués il y a donc bien un mercenaire étasunien, Sean Fuller,  et un mercenaire du Belarus naturalisé estonien, Nikolaï Ilyin, qui tenait (peut-être) aussi les fonctions de "médic" en plus de celles d’éclaireur du groupe de reconnaissance piégé dans le champ de mines devant Zaitsevo. Nous sommes bien loin de la version ukraino-occidentale du "médecin sciemment assassiné par des terroristes pro-russes" et pour preuves de sa fonction militaire première, son armement et équipement de combat camouflé qui sont incompatibles avec ses prétendues qualité et mission médicale décrites par Kiev.

Après 2 premiers corps récupérés les 15 et 17 juillet
le troisième corps des tués ukrainiens à Zaitsevo a
été récupéré pour sa restitution par les républicains.
Observer au passage qu'ici les secouristes de la RPD 
ne sont pas armés et identifiés par des gilets et 
marquages vestimentaires réglementaires.

Parallèlement à cet incident militaire marquant une nouvelle violation ukrainienne des accords de paix et démontrant le mensonge éhonté de la propagande de guerre ukraino-occidentale, la qualité étrangère des soldats de la 35ème brigade ukrainienne tués ce 13 juillet à Zaitsevo souligne l'implication occidentale dans le conflit du Donbass, notamment via les mouvances nationalistes radicales qui envoient leurs militants faire des safaris contre les républiques de Donetsk et Lugansk pour un retour sur expérience.

Regardons qui était cet innocent "médecin ukrainien" victime d'un crime de guerre républicain sur le front de Zaitsevo :

Un "médic" bardé de perfusions calibre 5,45mm et qui se révèle être en fait un mercenaire occidental venu dans le Donbass mettre au bout d'un fusil son suprématiste blanc au service d'une stratégie atlantiste russophobe. 

Et sur le corps de ce Nikolaï Ilyin, on a retrouvé et son armement et ses papiers et même son téléphone (ce qui montre le niveau professionnel 0 du de ce "spécialiste") dont les données téléphoniques offrent aux services républicains non seulement des infos militaires (dont la liste nominative des effectifs du bataillon) mais aussi son idéologie et ses motivations. 

Ainsi, apprend t-on via le réseau Telegram "Joker" que ce crétin est venu dans le Donbass faire la guerre "contre un troupeau de porcs ukrainiens, qui doit être mis à l’étable. Ce sont des putains de dégénérés. Ils ont besoin d’un maître blanc."

Il serait malhonnête de réduire cette mentalité à un "néo nazisme" seulement condamné. Car elle est malheureusement celle de la majorité des nationalistes radicaux européens qui fleurissent à nouveau dans des réactions, primaires, viscérales et surtout débiles aux crises migratoires et religieuses organisés par une ploutocratie mondialiste qui reste ainsi hors de portée d'une rébellion sociale globale (voir à ce sujet l'article précédent)

Associer ce type de mentalité détestable et criminogène aux seuls occidentaux qui viennent se battre aux côtés des "ukrops" contre les républiques du Donbass est une connerie propagandiste que certain français(e) autoproclamés "journalistes" pour ne pas éclabousser leurs sponsors communautaristes français dont certains affairistes sont même venus à Moscou défendre une vision libérale revendiquée. Parmi ces nationalistes francais ayant choisi d'être russophile par pure poutinolâtrie fantasmée ("ce blanc despote éclairé sauveur de la blanche chrétienté") certains sont même venus échouer pendant un temps leur jacobinisme, racisme, islamophobie et autre pensées uniques dans les tranchées du Donbass, avant d'en repartir déçus et dépités...

Car, tout comme la guerre, le danger ici appelé populairement "fasciste" n'est absolument pas limité à l'Ukraine et, à moyen terme, la nuisance de ces nationalistes radicaux occidentaux sera internationale (tout en restant dans la logique de la marchandise mondialiste) et pour beaucoup d'entre eux, et parfois même du côté républicain, le front du Donbass n'est qu'un terrain d'entrainement pour leur "combat de demain". 

Ce qu'explique très bien ici ce Nikolaï Ilyin à son interlocuteur Patrick sur FB:

"Mikola : Viens ici. Nous devons mettre ici les choses en ordre. Globalement, c’est l’endroit idéal pour s’entraîner et acquérir une expérience du combat.

Patrick : Bien effectivement, cela nous serait utile…

Mikola : Nous allons les mettre au pas, puis nous filerons d’ici. Nous avons des choses à faire. Il faut affronter les Noirs" 

Voilà à quoi sert aussi le projet mondialiste en Ukraine depuis les hooligans du Maïdan jusqu'aux mercenaires du Donbass : exciter le retour des nationalismes radicaux pour les faire jouer à leur tour dans les jeux de cirque des crises migratoires et religieuses clivantes et dont le chaos consécutif permettra d'instaurer des gouvernements policiers sous la dictature des quels tous seront perdants ! 

Erwan Castel

vendredi 17 juillet 2020

Le minotaure du Donbass


Sur le front du Donbass, malgré le cessez le feu moult fois rappelé depuis 5 ans, la guerre, tel un nouveau minotaure errant dans le labyrinthe de ses tranchées vient quotidiennement prélever sa part de sang dans les territoires des républiques de populaires de Donetsk et Lugansk, frappant par la folie ukrainienne les civils et les soldats qui s'y accrochent...

Ainsi, ce 16 juillet 2020 lors de nouveaux bombardements ukrainiens sur le front de Donetsk, encore 2 civils ont été blessés par des éclats d'obus dans le village de Trudovsky situé à l'Ouest de la cité républicaine :
  • 1 femme de 59 ans. résidant au 13a de la rue Bakiya, 13a, blessé à la jambe,
  • 1 homme de 33 ans, résidant au 3a de la rue Bezlesnaya, 3a, blessé au dos.
Depuis une semaine seulement, le nombre de civils blessés par des tirs ukrainiens s'élève donc à 4 après ceux du bombardement du village d'Aleksadrovka le 14 juillet dernier, sur ce même front de Donetsk.

Côté militaire, les positions défensives républicaines continuent elles aussi à subir des bombardements ukrainiens meurtriers, tirs d'obusiers, de mortiers ou de roquettes antichars qui appuient la perpétuelle lente invasion de la zone neutre dite "grise" séparant les belligérants et qui depuis 2016 a été grignotée à 70% par les forces de Kiev à force de "sauts de crapauds" chèrement payés...

Un exemple de bombardement ukrainien au mortier de 120 mm
sur une position républicaine au courant du mois de juillet 2020

Dans de nombreux secteurs la ligne de front est en zone urbaine, dans les zones industrielles, les banlieues des cités et parfois les tranchées coupent en 2 les villages. Depuis l'invasion de la zone neutre dite "grise" jusqu'aux premières positions républicaines par les troupes ukrainiennes, les échanges de tir sont inévitables et quotidiens. Et cette situation déjà périlleuse pour les familles qui tentent de survivre dans ces secteurs urbains devient dramatique lorsque l'artillerie ukrainienne, en violation de tous les accords existant, de Genève à Minsk décide de bombarder leurs zones résidentielles.

Autre exemple de bombardement ukrainien en périphérie urbaine de
Dokuchaievsk (25km Sud Donetsk) au courant du mois de juillet 2020
Localisation du bombardement de Dokuchaievsk

Côté ukrainien, les pertes enregistrées au sein de l'  "Opération des forces Combinées" sont sensibles: outre les pertes hors combat toujours importantes (suicides, rixes, accident, tirs fratricides etc...) nombre de soldats ukrainiens tombent au combat, tués ou blessés lors des ripostes républicaines à leurs bombardements ou pendant des missions d'occupation e la zone grise censée restée neutre.



Ainsi de l'accrochage survenu sur le front de Zaitsevo le 13 juillet, où ce n'est pas 1 mais 3 ukrainiens qui sont morts dans un champ de mines au cours d'une tentative d'infiltration vers des positions républicaines d'un groupe de reconnaissance du 137ème bataillon de la 35ème brigade ukrainienne (6 soldats).
Et cet incident fait grand bruit actuellement sur les réseaux et jusque dans les officines diplomatiques car un médecin militaire ukrainien aurait été tué lors d'une tentative d'évacuation des corps et des blessés, chaque partie rejetant sur l'autre la responsabilité de son décès. 

J'ai eu maintes fois l'occasion de participer ou d'observer des conflits militaires pour pouvoir dire haut et fort l'évidence que les actions et réactions sur le front ne sont pas toujours aussi claires que les combattants voudraient qu'elles le soient et surtout dans le contexte d'une guerre de positions rapprochées comme celle du Donbass où les belligérants sont trsè souvent imbriqués sur le terrain (entre 100 et 300 mètres) et dans une tension extrême et permanente. Le combat n'est pas une science exacte et prévisible et souvent sur les champs de bataille, la chance, la nervosité côtoient la tension et la peur, et il n'y a que les propagandistes aux uniformes immaculés qui énoncent des conclusions manichéennes et péremptoires là où la vérité elle même ne sait plus où elle est. 

La réalité pour Zaitevo est qu'une fois de plus un groupe de reconnaissance ukrainien a rompu le cessez le feu en tentant une infiltration vers des positions républicaines au cours de laquelle il est tombé dans un champ de mines, et que lors de la tentative d'évacuation sanitaire d'autres soldats armés ont voulu continuer leur progression. 
Mais, lorsqu'un accrochage comme celui-ci, somme toute assez anodin sur un front militaire, se déroule dans le cadre d'enjeux géostratégiques internationaux, et particulièrement sur fond d'échec ukrainien à vouloir modifier à son avantage des accords de paix que Kiev n'a jamais respecté, les réactions sont ici aussi disproportionnées, partiales et incongrues. Ainsi de l'Union Européenne qui demande à la Russie (dont les forces armées sont toujours absentes du Donbass) d'assumer sa responsabilité dans le décès du médecin !

Depuis ce 14 juillet, les soldats républicains en charge de la défense du secteur ont décidé de récupérer les corps des soldats ukrainiens abandonnés dans la zone grise (espace neutre entre les lignes) pour restituer à l'Ukraine puis les corps des soldats sacrifiés et tirer plus au clair les événements survenus. 



2 des corps ont déjà été récupérés et les recherches pour le 3ème sont en cours :
  • Le premier corps récupéré le lendemain est celui d'un mercenaire étasunien, Sean Fuller, (photo ci dessus) à l'indicatif d'appel "Texas", connu pour ses opinions radicales de droite. Il a auparavant servi en Irak en tant que spécialiste du génie de combat. Son corps a été transféré aux  forces armées ukrainiennes.
  • Le 2ème corps récupéré le 16 juillet est cette fois celui Nikolaï Ilyin (photo ci dessous), indicatif "Estonian", un biélorusse naturalisé estonien en 2006 et qui avait ses papiers sur lui ainsi que son téléphone personnel avec des renseignements sur son unité (vraiment pas professionnel pour une mission de combat !).

Dernière minute ... Le corps du 3ème soldat ukrainien a été trouvé ce 17 juillet à 18h50 et les procédures de son rapatriement vers l'Ukraine immédiatement engagées comme pour les 2 autres corps déjà restitués.

«Il est arrivé en Estonie en 2006 en tant qu'érudit dans le cadre d'un projet et avait le statut de réfugié» a confirmé le ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Reinsalu

Ce qui est intéressant est que plusieurs éléments démontrent que ce Nikolaï Ilyin avait aussi une fonction médicale au sein de son unité (voir photo ci dessous) et que ce mercenaire étranger et le "médecin" tué à Zaitsevo ce jour là ne sont en fait que la même personne. Et la qualité médicale tenue par l'estonien était dans ce cas là bien une fonction secondaire exercée dans le groupe de reconnaissance comme en témoigne l'armement trouvé autour de lui.

En effet, sur le terrain avec les corps ont été récupérés des armes et équipements coûteux produits par les pays de l'OTAN, et utilisés par des forces spéciales et des groupes de sabotage et de reconnaissance (fusil d'assaut AKS-74 n°6428029, casque léger MICH / ACH-CCO (FAST), gilet pare-balles LBT6094, vision nocturne AN / PVS-14 fabriqué aux USA, un masque par balles ESS Crossbow, une lampe de poche tactique infrarouge...) 

Vidéo de l'explosion mortelle d'une mine filmée par 
une caméra de casque "Contour ROAM  HD", utilisée 
par le groupe de reconnaissance ukrainien à Zaitsevo.
Localisation de l'incident de Zaitsevo

Voilà donc la réalité dévoilée par les premiers éléments recueillis sur le terrain de l'incident de Zaitsevo que Kiev a cherché a métamorphoser en incident diplomatique avec la Russie, Alors que c'est plutôt avec l'Estonie qu'il y a un problème, cette dernière n'ayant signé aucun accord autorisant ses ressortissants a participer au conflit du Donbass (Selon la législation estonienne les citoyens ne peuvent agir dans le cadre d'unités militaires d'autres pays qu'avec l'autorisation du gouvernement. Or, selon le ministre estonien son pays n'a pas délivré de tels permis pour l'Ukraine).

Et il en va ainsi de nombre de mercenaires servant côté ukrainiens et essentiellement recrutés parmi les mouvances radicales des droites nationalistes et dont l'effectif total passé sur le front du Donbass depuis 6 ans est de 17 000 ! Mais il faut au moins leur reconnaitre ce courage ou cette inconscience, d'être souvent les seuls au milieu de conscrits ukrainiens frileux à mourir pour les beaux yeux de l'OTAN à oser sortir de leurs tranchées pour mener des opérations suicidaires.

Erwan Castel

Nikolaï Ilyin, mercenaire estonien, combattant et "medic" dans une unité de reconnaissance de la 35ème brigade ukrainienne, tué au combat à Zaitsevo le 14 juillet 2020 mais dont la mort est instrumentalisée aujourd'hui par Kiev et les occidentaux pour tenter d'accuser de crime de guerre une Russie pourtant éloignée du front.