vendredi 28 février 2020

"Qui s'y frotte s'y pique"


Dans le Donbass militaire, ce mois de février aura été marqué par la lamentable opération de communication menée par Kiev sue le front de Lugansk et pour laquelle Zelensky a sacrifié inutilement près d'une dizaine de soldats ukrainiens. Je ne reviendrai pas ici sur les détails de cette attaque ukrainienne et les motivations politiques hystériques et non moins pitoyables qui l'ont déclenché mais plus de la contre-attaque républicaine qui l'a immédiatement suivie et qui révèle les capacités opérationnelles actuelles des milices républicaines de Donetsk et Lugansk, autant que la situation psychologique du front.

Lorsque une unité ukrainienne de reconnaissance et sabotage tente de s'infiltrer dans les lignes républicaines ce 18 février 2020 à 6h00 du matin, elle est aussitôt repérée par les avants postes républicains qui ripostent, Suite à ce premier échec les ukrops qui battent en retraite précipitamment se fourvoient dans un secteur miné qui augmente drastiquement leurs pertes. 

Sur fond de duels d'artillerie consécutifs à cette première phase de cette bataille qui vadurer pendant 5 heures, les forces républicaines engagent alors une contre attaque limitée dont l'objectif est de s'emparer d'une position avancée ukrainienne organisée dans cette "zone grise" située entre les belligérants et censée rester démilitarisée.

Prise de la position ukrainienne "Bania" lors de la contre-attaque 
républicaine sur le front de Kirovsk le 18 février 2020.

C'est probablement à partir de cette position ukrainienne avancée, appelée "Bania", que s'était élancé le groupe de combat pour sa reconnaissance offensive vers les positions républicaines défendant le village de Golubovskoye. La neutraliser apparaissait donc comme une réaction minimum et prioritaire à cette attaque de Kiev.

Une unité républicaine a donc créé la surprise en sortant de ses positions pour donner l'assaut à cette position avancée ukrainienne et ce moins d'une heure après de début de l'attaque comme le montre cette image extrait d'un drone de surveillance où onpeut distinguer au milieu de l'image des soldats progressant vers l'objectif.


Sans vouloir verser dans un dythérambe propagandiste des forces de défense républicaines, force est de constater qu' à l'occasion de cette matinée du 18 février elles ont démontré une grande capacité opérationnelle et une discipline de combat exemplaire qui leur ont permis de réagir promptement à l'attaque ukrainienne et d'engager une riposte ciblée et limitée contre des positions identifiées sans toutefois engager une rupture du front et une escalade majeure incontrôlable :
  • Les unités de défense après avoir repoussé les forces ukrainiennes vont engager une contre attaque limitée dans l'espace et le temps pour détruire leu base d'assaut et les dissuader de poursuivre leurs actions offensives.
  • Puis lorsque les ukrainiens entament un bombardement généralisé de ce secteur du front (7 villages seront touchés par l'artillerie lourde de Kiev), l'artillerie républicaine de engage alors rapidement des tirs de contre-batteries efficaces sur les postions de tir repérées.

"Devant nous l'ennemi, derrière nous nos familles"


Mai surtout ce choc du 18 février révèle le niveau psychologique des forces en présence sur ce front du Donbass : 
  • Malgré leur nette supériorité numérique (x 3 à 4) et une modernisation de leurs équipements et entraînements, les soldats ukrainiens ne montrent pas de motivation pour aller mourir sur le front du Donbass. Les problèmes importants d’alcoolisme et de drogues dans leurs rangs, les désertions 'avant et après incorporation) et suicides nombreux sont symptomatiques de cette dépression générale qui règne parmi les forces de Kiev. Et lorsque ces soldats sont confrontés à la dure réalité du combat, le plus souvent, ils se terrent ou s'enfuient dans une panique individuelle incontrôlée.
  • Exception cependant pour les volontaires des bataillons et unités spéciales composées principalement de soldats politiques, repris de justice et autres têtes brûlées qui au contraire veulent en découdre violemment avec les forces pro-russes mais dans une telle excitation qu'ils en perdent souvent le sens des réalités et de la discipline pour foncer dans des actes téméraires suicidaires. 
En résumé, la majorité des soldats ukrainiens savent se battre mais n'en ont pas envie de risquer leurs vies pour Donetsk ou Lugansk, et la minorité des ukrops présents sur le front du Donbass veulent individuellement se battre contre les pro-russes mais ne connaissent pas la discipline qu'impose le combat moderne.
  • En revanche les milices républicaines restent, malgré 6 années de guerre, extrêmement motivées dans leurs missions de combat. De plus l'expérience de la guerre, l'entrainement subi et la modernisation de leurs équipements et procédures d'engagement ont renforcé considérablement leur discipline et leur capacité opérationnelle. 
  • Les miliciens républicains, bien qu'inférieurs en nombre se battent sur des positions défensives le dos à leurs villages ancestraux et cités familiales, ce qui leur donne un avantage tactique compensant justement cette balance numérique et surtout une motivation extrême qui est celle d'un guerrier défendant sa famille et son clan.
Si on rajoute à ce facteur psychologique la configuration physique du front qui est au désavantage de l'assaillant, on comprend mieux pourquoi les forces ukrainiennes se contentent surtout de bombarder les républiques et ne s'aventurent que très rarement à vouloir percer leurs lignes de défense. 
En effet, le front défensif républicain s'appuie soit de grands espaces ouverts de type steppe où peuvent être observés les moindres mouvements lointains, ou alors de tissus urbains et industriels très difficiles à investir et contrôler sans un coût matériel et humain très important (pour attaquer une agglomération défendue, le ratio minimum exigé par la guerre moderne est de 4 contre 1 et d'une logistique x8).

Donc  le seul choix qui s'offre à l'Etat major ukrainien est de provoquer, toujours et encore les forces de défenses républicaines en espérant qu'elles tombent dans le piège d'une riposte disproportionnée qui serait exploitable sur le plan diplomatique par Kiev pour imposer des exigences et des sanctions nouvelles et démesurées contre la Russie.

Mais depuis 6 ans les femmes et les hommes du Donbass qui méritent chaque jour de l'ancien nom de leur cité minière ("Stalino") ont appris à "faire le dos rond" quand éructent les canons ukrainiens mais aussi de monter à l'assaut avec courage lorsque des ukrops osent venir se frotter à leurs lignes de défense.


La force morale qui anime la grande majorité des milices républicaines qui, contrairement aux conscrits ukrainiens, ne sont composées exclusivement que de volontaires pourtant peu rémunérés est sans conteste l'expression de ce lien indescriptible qui lie un homme à sa patrie charnelle, et ceci au delà de toute considération idéologique ou communautariste restrictive, car c'est la terre et l'Histoire physique d'un pays qui définit son peuple d'appartenance par rapport à tous ceux qui adoptent sa culture native, travaillent et se battent pour lui à l'image des différentes communautés de la Grande Russie qu'on retrouve dans les galeries de mines de charbons ou dans les tranchées du Donbass.

Et si d'aventure Zelensky, poussé par l'OTAN et le contexte international (Syrie notamment) venait à lancer une grande offensive dans le Donbass, c'est toute l'Ukraine qui vivrait alors sous la réponse vive des forces républicaines mai aussi, à cette occasion, des forces russes, le même destin funeste que celui  de son unité de reconnaissance sacrifiée le 18 février dernier devant les défenses de la République Populaire de Lugansk.

Erwan Castel

Ceinture de feu autour de Donetsk


Poursuivant son escalade militaire dans le Donbass, Zelensky qui a définitivement jeter à la poubelle ses belles promesses électorales de respecter le cessez le feu signé par l'Uraine en février 2015, laisse désormais son armée mener cette guerre d'attrition qui quotidiennement terrorise les populations du Donbass et saigne leurs défenseurs.

Ainsi pour les seules dernières heures l'artillerie ukrainienne a engagé des attaques croissantes sur la périphérie Ouest et Nord de Donetsk, bombardant les positions républicaines et les zones résidentielles aussi bien la nuit qu'en journée. Voici quelques exemples de cette nouvelle escalade militaire initiée par Kiev à travers des courtes vidéos réalisées par des résidents de Donetsk :

27 février, en fin d'après midi, bombardement ukrainien 
dans l'Ouest de Donetsk . Secteur de Staromikhailovka

28 février, après minuit, bombardement ukrainien 
dans le Nord de Donetsk . Secteur Kuybishevsky

28 février, 01h30, bombardement ukrainien dans le Nord
 et l'Ouest de Donetsk . Secteurs Staromikhailovka et aéroport

Plusieurs messages de militaires et d'observateurs ont signalé durant la nuit au vu des rafales d'explosions l'utilisation probable de Lance Roquettes Multiples ukrainiens de type "Frad" de 122 mm). Si cette info vient à être confirmée cela constituerait une étape grave dans l'escalade militaire exponentielle engagée par Kiev depuis plus d'1 mois maintenant.

Pendant la nuit plusieurs amis vivant au centre de Donetsk où les explosions étaient audibles ou sur le front  nord de la cité m'ont envoyé des messages d'alerte certains depuis leurs caves où ils s'étaient à nouveau réfugiés avec leurs enfants. Plusieurs ont décrit des tirs d'obusiers e 152mm ukrainiens.

Quoiqu’il en soit, cette nuit les "ukrops" ont monté d'un cran dans leur campagne de terreur de la population de Donetsk, ce qui correspond à une certaine logique suite aux déclarations bellicistes d'un président Zelensky (qui désormais ne se différencie de son prédécesseur Porochenko que par une moindre alcoolisation quotidienne) ou le nouveau blocage délirant organisé par les représentants ukrainiens aux réunions de Minsk qui, en plus des modifications inacceptables demandées dans le calendrier séquentiel du processus de paix, veulent maintenant y irajouter le dossier de la Crimée et le fantasme de son intégration dans l'Ukraine !

Ce conflit du Donbass continue donc de patauger dans une impasse sanglante où sont piégées les populations de Donetsk et Lugansk, cependant il est possible que la situation se débloque cette année du fait d'une autre escalade militaire en cours qui se déroule se l'autre côté de la Mer Noire, entre les forces russes et les forces turques déployées en Syrie. Mais cela ne risque pas de se faire en faveur de la Paix...
Car dans l'hypothèse où cette escalade militaire levantine déboucherait sur un conflit ouvert entre Moscou et Ankara, l'OTAN qui ne risquera certainement pas ses soldats occidentaux en 1ère ligne pour sauver les miches d'un sultan fou, risque cependant d'être tentée d'ouvrir un ou plusieurs deuxième's) front(s) sur le flanc russe via la Géorgie par exemple et surtout l'Ukraine, ces pays soutenus par l'alliance mais qui n'en faisant pas partie n'engage pas sa responsabilité en cas de guerre déclarée contre la Russie.
Et ceci est à mettre également en perspective d'une crise économique systémique mondiale dont l'arrivée certaine est aujourd'hui accélérée par l'épidémie du Covid19. Or comme par le passé la ploutocratie mondialiste, devant un bug général de son système économique n'aura pas d'autre choix que de tenter à nouveau son redémarrage via le "reset" de la guerre.

2020 s'annonce une année plutôt brûlante !

Erwan Castel

jeudi 27 février 2020

Gens polis et soldats d'élite


Ce 27 février est la journée des "Forces des Opérations Spéciales" russes. Ces forces spéciales appelées "SSO" (Силы Cпециальных Oпераций), ont été conçues et sont entraînées pour faire face aux situations extrêmes mais aussi être déployées dans les conflits de nouvelle génération, notamment les guerres asymétriques, coups d'Etat, ou révolutions colorées organisés à travers le Monde par les services occidentaux, les forces de l'OTAN ou leurs auxiliaires terroristes.

Les SSO sont nées en plusieurs étapes : tout d'abord, dans le programme de la grande réforme militaire entamée en 2008, des commandos d'intervention sélectionnés  de la Direction générale du renseignement (GRU) plus connus sous le nom de "spetsnaz" ont été regroupés dès l'année suivante, et en 2012 Le commandement des forces d'opérations spéciales a été mis sur pied et annoncé officiellement en mars 2013 par le chef d'état-major général Valery Gerasimov . 



Les SSO sont des unités spécialisées d'échelon stratégique, et spécialisées dans les opérations extérieures au territoire de la Fédération de Russie. Leurs missions principales sont le renseignement, e sabotage et les opérations anti-terroristes. Polyvalentes dans leurs missions équipements et entraînements, les SSO n'appartiennent à aucune branche des forces armées russes et sont également distinctes des Forces spéciales de la Direction générale de l'état-major général des forces armées russes. Les SSO russes sont des professionnels ayant grades d'officiers.
Le premier déploiement opérationnel de SSO a eu lieu en Crimée en février-mars 2014, lorsque la population veut organiser son référendum d'indépendance sous la menace des forces ukrainiennes et des paramilitaires ukrainiens. Cette opération a été un franc succès où pratiquement aucun coup de feu a été tiré par ces unités dispersées dans tous les centres névralgiques de la péninsule pour en assurer la protection. Le slogan «gens polis» s'est instantanément répandu à travers le pays et le monde précisément grâce au professionnalisme de ces spécialistes.

A cours de cette opération de Crimée, les SSO, ces "petits hommes verts", cagoulés, sans insigne et veillant avec discrétion et professionnalisme sur la sécurité des habitants de Crimée, n'ont pas seulement réussi avec brio leur mission de maintien de l'ordre mais sont entrés aussi dans l'histoire de la grande Russie sous le surnom de "gens polis" (вежливые люди).  

Et le 27 février est devenu par décret du président de la Fédération de Russie no 103 en date du 26 février 2015.,"la journée des Forces d'Opérations Spéciales" qui répond à de nombreux appels de citoyens à leurs députés pour célébrer les hommes des SSO..


Aujourd'hui ces forces d'élite russes aux formations universitaires et linguistiques aussi poussées que leur spécialisations techniques ou leurs entraînements au combat sont engagées notamment sur le théâtre d'opérations syrien à la pointe des offensives menées conjointement avec les forces syriennes pour la libération de leur territoire.

Et je ne pense pas qu'à Idlib par exemple, où ont été capturées ces images, que les djihadistes terroristes les appellent ici "gens polis" . Ces images dévoilant le travail des SSO sont publiées exceptionnellement par le commandement russe à l'occasion justement de cette journée qui leur est dédiée.
Un avant de ce qui attend les ukropithèques s'il demain leur prenait l'envie de vouloir capturer le Donbass....

Erwan Castel



Une Ukraine bornée... au service de la Russie !


Comme prévu la situation sur le front s'est détériorée sous le bombardements ukrainiens à la veille d'une nouvelle réunion du groupe de contact tripartite chargé d'accompagner l'application des accords de Minsk 2, ce processus de paix signé il y a 5 ans, mort-né, mais que les diplomaties tentent désespérément d'opposer depuis à une reprise radicale des combats entre Ukrainiens et républicains, laquelle semble chaque de plus en plus inévitable.

Et depuis le retour une nouvelle fois bredouilles des représentants de ces accords de plus en plus désaccordés, les provocations meurtrières de Kiev dans le Donbass continuent de ravager les 460 kilomètres de ligne de front, occasionnant de nouvelles pertes parmi les défenseurs républicains et de nombreuses destructions dans les zones résidentielles se trouvant à sa proximité. Voici 3 très courtes vidéos filmées par des habitants (sur)vivant sur le front.

24 février 2020, destructions causées par l'artillerie ukrainienne au 
Nord de Gorlovka ( nord de la RPD)
26 février 2020, bombardement ukrainien sur l'Ouest de Donetsk
Secteur Trudovsky. Ici des tirs fusants de ZSU 23/4
27 février 2020, bombardement ukrainien sur le front de Lugansk
Secteur du village de Donetskoye


Et cette situation ne risque pas de s'améliorer avec l'arrivée du printemps et surtout ces négociations entre parties que Kiev, à chaque réunion, enterre de plus en plus profondément au fond de leur impasse.

Car le jeu des représentants ukrainiens depuis 5 ans est très simple: devant les bocages rencontrés pour enfin amorcer concrètement le processus de paix, au lieu de chercher à résoudre les problèmes, ils rajoutent des exigences supplémentaires encore plus irréalisables ou acceptables par les représentants russes et républicains : abandon à l'Ukraine des territoires des républiques occupés par son armée, déploiement de casques bleus, participation d'autres "partenaires" occidentaux aux discussions, contrôle ukrainien des frontières avec la Russie avant les élections locales, etc autant de revendications qui relèvent autant du fantasme que de la provocation.

Et maintenant, les ukropithèques, entre autres nouvelles lubies délirantes, veulent intégrer leurs revendications sur la Crimée aux négociations des accords de Minsk sur le Donbass !!! Autant demander la Lune au Kremlin.

Du coup il apparaît que Moscou est en train de changer de stratégie concernant le Donbass comme en témoigne les émissions et analyses politiques dans les médias russes sur le sujet qui parlent de moins en moins de Minsk et de plus en plus de l'intégration du Donbass au sein de la Fédération de Russie.

Cette radicalisation de la position du Kremlin est à mettre en perspective avec le blocage obstiné et exponentiel opéré par Kiev qui, à défaut de "faire avancer le schmilblick", rend même aujourd'hui le dialogue impossible. Et d'autre part, le limogeage du conseiller spécial du Kremlin pour la région, le libéral Surkov, jugé souvent trop conciliant avec la partie ukrainienne, va également certainement débrider le processus d'intégration du Donbass dans la Fédération de Russie qui est la seule alternative possible et souhaitée par les populations au plan de paix naufragé.

Dimitri Kozak, le nouveau conseiller spécial de Vladimir Poutine pour la région du Donbass 
Tout en prenant acte de la polarisation des positionnements russe et ukrainien concernant le règlement diplomatique du conflit dans le Donbass, le Kremlin a tenu a confirmer par la voix du président Poutine un discours conciliant à l'opposé des éructations russophobes et bellicistes prononcées par le régime ukrainien. 

Ainsi dans un entretien accordé à  Andreï Vandenko de l'agence Tass, visible aussi sur le site du Kremlin, le président Poutine a rappelé les liens historiques et culturels qui unissaient, par delà les spasmes historiques de la géopolitique, les peuples russe et ukrainien.

Extraits : (pour l'intégralité de l'entretien voir la traduction ici : Donbass Insider)
  • "Comme je l'ai mainte fois répété russes et ukrainiens ne formons q'un seul et même peuple. Que cela plaise ou non aux ukrainiens, mais si vous regardez l'histoire, c’est la réalité. Voyez vous, avant les XI-XIIIe siècles, nous n’avions pas de différence de langue, et ce n’est qu’après la polonisation qu’une partie des Ukrainiens, qui vivaient sur le territoire polono-lituanien, que les premières différences linguistiques sont apparues, environ au XVIe siècle si je me souviens bien.
  • Les ukrainiens étaient ceux qui vivaient sur les frontières de l'empire russe. Il y avait des ukrainiens à Pskov, les gens qui défendaient les frontières Sud contre les attaques du khan de Crimée étaient des ukrainiens. Il y avait aussi des ukrainiens dans l’Oural.... des Ukrainiens il y en avait partout. Et nous n’avions aucune différence de langue. Qui plus est, à cette même époque, avant les XIV & XVème siècles, ces gens, slaves de l’Est, qui vivaient sur le territoire de l’Union de Pologne-Lituanie (à la fois en Moscovie et Pologne) étaient appelés russes. Les premières différences linguistiques sont apparues beaucoup plus tard…
  • Pour parler d’aujourd’hui et de demain, nous devons connaître l’Histoire. Nous avons besoin de savoir qui nous sommes, d’où nous venons, ce qui nous unit.

Puis le chef du Kremlin a relevé ce qui aujourd'hui séparait la Russie de l'Ukraine, soulignant que cela était principalement le fait de nationalistes dont le discours initial a été détourné vers une russophobie de plus en plus contre productive et étrangère à la réalité des peuples. 

Extraits :
  • "Aujourd'hui, beaucoup de choses nous séparent. Mais nous ne devons pas oublier ce qui nous unit. Et nous ne devons pas détruire ce que nous avons en commun. Par exemple, l’Église. Pourquoi faudrait-il détruire l’unité de l’Église orthodoxe russe ?
  • Du temps a passé. Et parce que que les gens vivaient sur la frontière avec le monde catholique, avec l’Occident, une communauté particulière relativement indépendantes de l’État russe a commencé à émerger. Comment devons-nous nous réagir à cela ? Je l’ai déjà dit : nous devons respecter cette réalité Mais nous ne devons pas pour autant oublier notre identité commune".
L'évolution de l'Ukraine: une histoire 100 %... russe !
Puis le président Poutine de continuer de rappeler des évidences des liens fraternels unissant naturellement russes et ukrainiens, mais en mettant progressivement en avant une stratégie russophobe manipulant, via des radicaux nationalistes, cette région tiraillée entre Occident et Eurasie.
  • "L'entité ukrainienne, en particulier, a commencé à être utilisé à la veille de la Première Guerre mondiale par le service de renseignement autrichien. Pourquoi ? C’est un cas bien connu : « diviser pour mieux régner ». C’est une chose tout à fait compréhensible.
  • Nous devrions partir de la réalité, mais sans oublier qui nous sommes et d’où nous venons. Et d’ailleurs, les pères fondateurs du nationalisme ukrainien eux-mêmes n’ont jamais dit qu’il fallait se quereller avec la Russie. Aussi étrange que cela puisse paraître, mais leurs principaux ouvrages du XIXe siècle disent bien que l’Ukraine est : primo: multiethnique et devrait être un État fédéral, et secundo, doit nécessairement établir de bonnes relations avec la Russie. Les nationalistes d’aujourd’hui semblent avoir oublié cela. Je vais vous dire pourquoi ils l’ont oublié. Savez-vous pourquoi ? Parce que les intérêts du peuple ukrainien ne sont pas la principale question à leur ordre du jour.
Le président Poutine aborde ensuite le coeur de la réalité et de son message :
  • Quel est aujourd'hui l’intérêt du peuple ukrainien si, à la suite de la rupture des relations avec la Russie, la construction de missiles, de navires, d’avions et de moteurs est perdue, et que le pays est en fait désindustrialisé ? Quel est l’intérêt ?
  • La Banque mondiale exige la fin des subventions croisées. Qu’est-ce qu’il y a de bien là-dedans ? Ou bien ils vont les forcer à exporter le bois des Carpates. Bientôt, les Carpates seront complètement chauves.
  • Et où est l’argent ? Dans les banques étrangères. Qu’est-ce qu’ils doivent faire pour cela ? Montrer qu’ils sont au service de ceux qui ont cet argent.
  • Alors, la seule chose que les ukrainiens peuvent vendre c'est la russophobie. Parce que certains aiment à vouloir séparer l’Ukraine de la Russie, ils pensent que c’est une mission très importante."



Poutine en conclusion rejoint alors le constat développé dans son essai "Le grand échiquier" par Zbigniew Brzezinski, le faucon anti-russe de nombreuses présidences américaines :
  • "Parce que toute union de la Russie et de l’Ukraine, ainsi que de leurs capacités et de leurs avantages respectifs, conduirait à l’émergence d’un concurrent, de niveau international pour l’Europe et le reste du monde. Personne n’en veut. C’est pourquoi ils feront tout pour nous séparer."
A partir de là il n'est pas délirant de supposer que la position de Vladimir Poutine est à la fois de protéger le Donbass, de l'accompagner étape par étape vers son retour en Russie mais sans créer si possible une rupture historique brutale et définitive avec l'Ukraine qu’entraînerait un conflit ouvert.

Et le développement sociétal des 2 républiques du Donbass orienté sur une optimisation du bien être de leurs populations peut devenir à moyen terme un exemple de réussite politique pour les ukrainiens qui vivent depuis l'indépendance un naufrage progressif de leur Etat, qui depuis le Maidan s'est transformé en chaos socio-économique généralisé.

Ansi les Républiques du Donbass pourraient, simplement par l'exemple de leur réussite devenir une source d'inspiration et de motivation pour une population ukrainienne de plus en plus fatiguée et appauvrie par tant d'années de corruption et d'asservissements au profit d'intérêts oligarchiques ou étrangers.

Carte de 1921: "Donbass, coeur de la Russie"
En observant les actions du régime de Kiev on ne peut que constater que dans leurs extrémisme borné et leur russophobie hystérique, ils servent en fait ce discours du Kremlin qui en cheminant entre fermeté et réconciliation évite les dérapages bellicistes de KIev sans toutefois crisper ses relations avec Moscou.

Pendant 5 ans, les accords de Minsk, en plus de calmer les opérations militaires dans le Donbass, ont poussé Kiev dans les derniers retranchements de son absurdité pro-occidentale et son refus de regarder sa réalité russe incontournable. Aujourd'hui Zelensky a démontré que non seulement il n'avait ni les moyens, ni surtout la volonté de mettre en œuvre ces "accords de Minsk" approuvés par le Conseil de sécurité de l'ONU, mais qu'il augmentait à chaque discussion leur faisabilité préférant pour sortir de cette guerre civile que son prédécesseur a perdu. 
Et le nouveau président ukrainien de continuer une fuite en avant suicidaire, à l'image de cette lamentable opération du 18 février qui a délibérément sacrifié des soldats ukrainiens uniquement pour servir une propagande russophobe délirante qui est devenue la seule raison d'être du pouvoir kiévien depuis le Maïdan.

Aujourd'hui le sabotage ukrainien des accords de paix pour le Donbass est une évidence pour beaucoup, y compris pour de plus en plus de partenaires occidentaux qui perçoivent dans les incohérences de Zelznsky la preuve d'une hypocrisie vis à vis d'accords de Minsk loués par devant et poignardés par derrière.

Certes les relations entre Russie et Ukraine vont continuer dans la mesure du possible et surtout des intérêts économiques partagés comme par exemple les accords commerciaux sur le transit gazier, frontaliers et maritimes, mais il est fort à parier que désormais le processus d'intégration du Donbass va non seulement continuer mais probablement s'envoler vers la Russie et ce du fait des dernières trahisons ukrainiennes de leurs engagements qui ont définitivement libéré le lest de Minsk qui freinait l'espérance des populations de Donetsk et Lugansk.

Erwan Castel



mardi 25 février 2020

Un pays qui n'existe plus...ou presque !



En rapportant dans mon dernier article "le défilé pour un vétéran" qui s'est déroulé hier à Donetsk m'est revenue en mémoire les paroles du "Vieux soldat" de Jean Pax Mefret...

Mais cela c'était hier et avant hier car aujourd'hui en France, les vétérans meurent prématurément dans la mémoire de l'immense majorité des citoyens amnésiques. 

La preuve ? la population française laisse aujourd'hui ses libertés, pour lesquelles les anciens ont tout sacrifiés jusqu'à leurs vies, être détruites. Et ce ne sont ni les manifestations pacifiques dans les rues ou les indignations violentes sur les réseaux sociaux qui vont donner quelque chose, pas même une bonne conscience à leurs acteurs lorsque bientôt il sera trop tard...

Les peuples de Russie quant a eux, n'ont jamais oublier leur passé, leurs traditions et libertés et aussi leurs devoirs...

Erwan Castel

Photo du 25 février


Dans le cadre des célébrations du 75ème anniversaire de la victoire de 1945, une opération "Défilé pour un vétéran", a été organisé dans le quartier Budyonnovsky à Donetsk, où plus d'une centaine de futurs officiers de l'école des cadets de Donetsk sont venus saluer Alexei Yunda, un vétéran de la grande guerre patriotique. 

Défilé au son d'un orchestre militaire, chants patriotiques se sont enchaînés devant le domicile de ce vétéran décoré 


Ce "défilé pour un vétéran" se fait l'écho de ceux qui ont commencé dans la Fédération de Russie à Oufa, Kostroma, Rostov-sur-le-Don, Bogoroditskoye,(Smolensk), ou Staroe Baturino (Riazan).

En entendant les hymnes martiaux, une foule est venue assister et se joindre à l'hommage national réalisé dans ce petit quartier populaire, démontrant que dans le monde russe, l'expression du patriotisme n'est pas une scénographie cérémonielle organisée régulièrement par des autorités soucieuses de s'inscrire dans une continuité historiques mais un véritable élan du coeur collectif d'un peuple ayant gardé en mémoire les sacrifices d'hier de sa liberté d'aujourd'hui.

Et dans la république jumelle de Lugansk, des hommages similaires ont été également réalisés lors de visites amicales et reconnaissantes à des vétérans de la guerre.
On est loin de ces pompeuses mais tristes cérémonies occidentales où devant des badauds goguenards souvent venus que pour le spectacle, défilent à l'abri de cordons de policiers suspicieux des militaires qui apparaissent de plus en plus étrangers pour ne pas dire étranges aux yeux d'une population en amnésie historique profonde (sauf quand il s'agit d'auto-flagellation mémorielle bien sûr) . 

Ici la reconnaissance et la communion sont encore sincères et volontaires et le souvenir des anciens est d'autant plus fort que les regards sont tournés vers l'avenir dont les inconnues exigent au coeur d'avoir des repères éthiques pour mieux les traverser.

Erwan Castel 


Offensive rampante dans l'ombre de l'OTAN


Sur le front du Donbass, la pression offensive des forces ukrainiennes continue, comme par exemple pendant la journée du 24 février où les violations ukrainiennes ont continué dans le secteur de Kirovsk en République Populaire de Lugansk et aussi sur le territoire de la République Populaire de Donetsk où une centaine d'obus ont été tirés, notamment sur le secteur de Nord de Gorlovka.

23 février, échanges de tirs sur le front de Lugansk
secteur de Stakhanov 

23 février, bombardement ukrainien au Sud Ouest de Donetsk
secteur de Trudovsky

Le 26 février doit se tenir une nouvelle réunion du groupe de contact chargé de piloté l'application des accords de Minsk et les autorités républicaines s'attendent comme de coutume à cette occasion à de nouvelles provocations militaires de la part de Kiev pour préparer les arguments des blocages ou revendications qui seront présentés par la partie ukrainienne à Minsk.

Les attaques ukrainiennes contre les positions défensives républicaines se sont à nouveau diversifiées: outre les provocations habituelles aux armes légères d'infanterie et les bombardements réguliers des mortiers et obusiers d'artillerie, les "ukrops" ont réengagé leurs postes de tir antichars pour détruire des casemates républicaines. 

Vidéo ukrainienne d'un tir de missile antichar sur une position républicaine 
à priori un lance grenades automatique AGS 17. Ce genre de missile antichar
et très coûteux est cependant rarement efficace sur des positions enterrées.

Sur les lignes de défenses républicaines, des miliciens continuent donc de tomber sous les tirs ukrainiens, tués ou blessés et les civils qui se réfugient toujours dans leurs caves voient des destructions quotidiennes des maisons et infrastructures collectives de leurs lieux d'habitations.

Un front où rien ne semble évoluer à l'inverse de la militarisation de l'Ukraine "aux normes de l'OTAN' c'est à dire d'un tapis rouge pour l'intégration de l'Ukraine dans l'organisation, ce qui permettra même l'arrivée future d'unités occidentales le long des frontières russes tout comme aujourd'hui dans les pays baltes.

L'Ukraine poursuit aussi son effort de guerre, tournant bien sûr ses armes vers son voisin russe diabolisé par une propagande occidentale russophobe qui joue le premier rôle au théâtre de Kiev. Et dans la perspective de devenir membre de l'OTAN (ce qui est factuellement déjà le cas) les forces ukrainiennes mettent les bouchées doubles pour se moderniser et se renforcer. Ainsi Kiev achètera en 2020 3 000 unités de tirs de nouvelles générations de missiles, destinées à son armée déployée sur les frontières russes et le front du Donbass.



Après les instructeurs et conseillers, les livraisons de matériels et d'armes, les ressources de renseignement mis à disposition, les manœuvres et exercices de l'OTAN s’enchaînant tout au long de l'année en Ukraine et Mer Noire et donnant naissance à des infrastructures logistiques permanentes, Kiev continue d'ouvrir ses portes aux petits soldats de l'Oncle Sam.

A ce titre Kiev a annoncé dans sa programmation militaire la construction de 2 bases de type OTAN, à Mariupol (Sud de Donetsk) et Severodonetsk (Nord de Gorlovka) soit en territoire occupé de la République Populaire de Donetsk et à quelques dizaines de kilomètres seulement du front.

Alors qu'initialement l'application prévue des accords de Minsk était définie sur les territoires des anciens oblasts de Donetsk et Lugansk. on observe aujourd'hui de la part de Kiev un mépris total de leurs clauses initiales et une volonté de déplacer les débats sur l'actuelle "ligne de démarcation", ce doux euphémisme désignant la ligne de front.

Ceci pour provoquer, saboter les discussions, rendre la situation sur le terrain invivable et déchirer systématiquement toute forme de résolution internationale signée par Kiev pour le Donbass.

En résumé rien ne change en Ukraine et la sortie de l'impasse ne pourra se faire que si les ukrainiens eux mêmes changent leur lassitude en colère et réalisent enfin à Kiev un vraie révolution populaire qui reversera l'imposture du Maïdan qui n'a que trop duré...

Ou alors une guerre qui sort de ses tranchées et qui provoque avec l'aide de la Russie la libération des territoires occupés par Kiev et la chute de son régime. Et si l'entrée dans l'OTAN sera la ligne rouge qu'il ne fallait pas franchir, en revanche vu le contexte international actuel, cela m'étonnerait que Washington veuille envoyer ses GI's mourir pour Donetsk...

Erwan Castel

Une parenthèse de charme

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Avant de retourner dans les salles de torture therapeutique du centre de rééducation de Petrovsky, j'ai profité du retour au positif de la température pour un après midi placé sous le signe de l'amitié... et du charme....

De quoi me faire oublier un instant, autour d'un verre et des sourires, les griffures de la guerre.

Lundi 24 février 2020

Avec cette fin du mois de février, l'Hiver semble vouloir également tirer sa révérence après une prestation qui cette année fut des plus éphémères. Et cette fin de semaine débordant sur le lundi nous permet de mieux profiter des rayons de soleil devant lesquels la neige s'enfuit aussi vite qu'elle était venue.

A l'occasion de ce repos festif passé à Donetsk autour de la journée du défenseur de la patrie, j'ai eu le plaisir de rencontrer à nouveau Kristina et Svetlana autour d'une bonne table du boulevard Pouchkine ainsi que Svetlana (encore !), une charmante jeune femme (encore !) qui, avec son mari et leurs nombreux animaux, ont fui la ville d'Avdeevka lorsque les forces ukrainiennes l'ont investi en 2014.

Lorsque les bombardements de Kiev s'abattent sur cette cité industrielle située au Nord de Donetsk, deux de leurs chevaux sont tués et leur ranch gravement endommagé. Puis c'est l'horreur des bataillons spéciaux qui vont terroriser et piller les habitants d'Avdeevka. Svetlana est agressée et blessée lors d'une razzia de nationalistes ukrainiens. La famille décide alors pour survivre de rejoindre Donetsk, de l'autre côté du front, et d'y ramener progressivement leurs chevaux survivants mais aussi leurs renards, chiens, serpents et autres animaux qui les accompagnent depuis des années.

Photo Svetlana Kissileva

Naturellement, cet après midi nos conversations vont aussi vers cette commune passion pour les animaux en général et  les serpents 
particulièrement que je partage avec cette singulière sylphide du Donbass, et c'est l'occasion pour moi de participer avec 5000 roubles aux frais d'alimentation et de soins de ses chevaux, que l'hiver rend plus onéreux. 

Autour de nous, tandis que la pizza collective arrive sur notre table, le restaurant bat son plein et, me souvenant des rues désertées de février 2015 lorsque j'y débarquais, je suis heureux à la fois de voir Donetsk profiter aujourd'hui pleinement et joyeusement de la vie. Mais je ne peux m’empêcher, malgré la chaleur émolliente du lieu, de penser à celles et ceux qui vivent isolés dans les quartiers bombardés où à mes camarades de Piatnashka qui se préparent à une nouvelle rotation dans les tranchées de Promka, tous à moins de 30 minutes de ces "nappes trop blanches aux poissons ruisselants". 

Et en levant mon verre avec ma charmante compagnie, je ne peux m’empêcher d'entendre l'appel de la guerre autant que celui de la forêt.
Aussi, le Donbass bien sûr est aussi au centre de nos conversations et regards, surtout ceux de Svetlana et Kristina, ces deux reporters aux photos capturant avec délicatesse et respect les émotions du Donbass pour mieux libérer la Vérité que beaucoup trop, par honte ou intérêts, cherchent à étouffer. 

Svetlana, Kristina, Svetlana, 3 femmes audacieuses qui sont venues à Donetsk pour témoigner chacune à sa manière de la force des gens de Donetsk et Lugansk dont l'amour de leurs traditions et de leur patrie charnelle continue de les guider dans les tempêtes de l'Histoire vers leur Liberté Et loin, très loin de ces revendications féministes occidentales diluant les identités de sexe, d'ethnie, de culture et de conscience dans un grand magma individualiste où tout se confond jusqu'à disparaître, ces 3 femmes comme l'immense majorité des femmes du monde russe revendiquent justement avec force leur féminité que pour mieux être des femmes libres. 

Donetsk c'est aussi et surtout cela: des rencontres humaines chaleureuses voire magiques avec des gens de passion, passionnés et passionnants qui aiment profondément cette terre du Donbass qui protègent leurs rêves autant que leurs traditions ainsi qu'une éternelle jeunesse . 
Erwan Castel


dimanche 23 février 2020

Émotion et fierté !

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Émotion 

Aujourd'hui 23 février est célébré dans la grande Russie "le jour du Défenseur de la Patrie", et j'ai choisi pour illustrer cette fête un dessin que m'a offert hier un garçon de Donetsk, âgé de 7 ans, au milieu d'un carton de friandises diverses colorées et sucrées....


Et le singulier du mot "défenseur de la Patrie" me rappelle ici qu'à travers celles et ceux qui portent des armes pour la défendre jusqu'au sacrifice de leurs vies, nous célébrons et honorons aussi la figure du Soldat telle que Ernst Jünger l'a défini comme l'un des quatre piliers garantissant la bonne santé d'une nation (avec le Travailleur, l'Anarque (penseur libre) et le Rebelle).


Dimanche 23 février 2020

C'est donc la 6ème fois que je célèbre avec mes camarades et amis cette journée du défenseur de la patrie qui résonne particulièrement dans ce Donbass en guerre comme le rappelle quotidiennement cette artillerie ukrainienne éructant aux portes de la cité libre encore et toujours comme ce matin dès le lever du soleil: 

23 février matin, tirs de l'artillerie ukrainienne sur les lisières
 Sud Ouest de Donetsk, à Trudovsky et Staromikhailovka.

Depuis ce matin, les " Shasliva prazniki" ("bonnes fêtes") fusent de toutes parts sur les réseaux sociaux des combattants du Donbass comme dans les couloirs et salles de notre caserne où je suis retourné pour ce long week-end de 3 jours et, avec mes camarades de Piatnashka nous avons sérieusement attaqué le colis de friandises reçus la veille ! 

Cette journée du défenseur de la Patrie est l'héritière de ses aînées soviétiques appelées "jour de l'Armée rouge" puis "jour de l'armée et de la marine de l'Union soviétique" et elle est l'occasion de féliciter la fonction social du soldat dans le souvenir de celles et ceux qui sont tombés par le passé pour la défense de leurs patries et valeurs.

A l'occasion de cette journée j'ai eu aussi l'honneur de recevoir une lettre de félicitations de la République Populaire de Donetsk, et qui complète, sans toutefois en atteindre l'émotion, cette reconnaissance exprimée par les enfants de Donetsk: 

Fierté

Mais aujourd'hui mes pensées vont prioritairement à tous mes camarades disparus au combat et celles et ceux qui pendant ces réjouissances sont de service au front défendant au fond des tranchées et casemates gelées nos libertés et traditions. dans le Donbass mais aussi en Syrie où les soldats russes sont en première ligne aux côtés de leurs frères d'armes syriens... 

Car aujourd'hui, la patrie que nous défendons par delà les frontières géopolitiques du moment c'est celle des peuples luttant contre cette hégémonie libérale mondialiste qui veut anéantir leurs identités collectives pour lieux asservir les individus à l'esclavage de sa marchandise et sa pensée unique.

Bonnes fêtes donc à tous les combattants de la Liberté, ces femmes et ces hommes qui défendent avec les armes la patrie de leurs traditions !

Erwan Castel