vendredi 19 juillet 2019

Ne plus reculer d'un seul pas !

"Une seule patrie unie pour tous - Russie"
Alexandre Zakharchenko (1976-2018)
Aujourd'hui j'ai trouvé sur le réseau social VKontakte (que je vous invite à rejoindre pour s'émanciper de la censure psychotique d'un Facebook collabo) un clip magnifique dans la chanson et son illustration et qui symbolise avec émotion ce Donbass en rebellion contre l'hégémonie mondialiste. Les images nous emmènent rapidement du centre de cette magnifique ville de Donetsk jusqu'à son quartier martyr d'Oktyabrsky qui enchasse l'aéroport international, tous les deux ruinés par plus de 5 années de bombardements ukrainiens ininterrompus.


Et aujourd'hui, 18 juillet 2019, le quartier d'Oktyabrsky a été une nouvelle fois frappé au coeur par cette haine criminelle qui l'assiège depuis près de 2000 jours et 2000 nuits, avec Elena Orlova, une femme de 68 ans tuée par les obus des mortiers ukrainiens et qui écrit de son sang avec les soldats qui continuent de tomber quotidiennement pour sa défense, une nouvelle page de l'histoire tragique et héroïque du Donbass.

Pendant ce temps et comme partout ailleurs, les politiciens s'affrontent dans des combats physiquement moins dangereux mais moralement mortels, et où il n'y a pas d'innocent, cherchant les uns par la ruse, les autres par la perfidie, et beaucoup par l'hypocrisie à en finir avec cette guerre où Donbass rime avec impasse. Lorsque je suis allé dans le jardin aux statues de Donetsk observer le rassemblement organisée autour de la très critiquée campagne "Le choix du Donbass" je n'avais pas encore d'opinion arrétée, écoutant les uns et les autres dans leurs vérités.

Aujourd'hui je voudrais que le prochain rassemblement du mouvement "le choix du Donbass" affiche aussi le compteur des victimes des bombardements ukrainiens et des soldats morts en défendant justement la liberté pour cette population russe de choisir sa destinée. je voudrais aussi qu'il cesse de parler de ce "statut spécial" qui est incompatible avec notre liberté gagnée par 5 années de souffrance. 


"Notre choix - Russie", la population du Donbass, à l'occasion de la campagne "Le choix de Donbass", que ce soit ses sympathisants ou ses détracteurs reste fidèle à la destinée qu'elle s'est choisie en 2014 face aux canons ukrainiens. 
Photo Svetlana Kissileva.

Car le choix du Donbass est là, depuis les paisibles jardins fleuris de Dontesk, remplis de chants d'oiseaux et rires d'enfants jusqu'aux quartiers et tranchées de sa ligne de front criblées de balles et d'éclats d'obus, et il s'exprime depuis 5 ans, non pas avec de l'encre ou un clavier, mais avec des chants et des prières, du sang et des larmes indélébiles.


L'intégration à la Fédératin de Russie ou dans un premier temps son indépendance reconnue dans sa sphère d'influence, il n'y a pas d'autre alternative pour le Donbass libre et ses territoires à libérer ! 


Le choix du Donbass est une réalité humaine 
et ne peut en aucun cas être l'objet d'une manipulation politique 
quelle que soit son intention finale !

Voilà pourquoi aujoud'hui, si j'accorde toujours ma confiance à la politique menée dans les républiques populaires de Donetsk et Lugansk (même si je ne suis pas toujours d'accord avec les méthodes employées), je reste cependant attentif et surtout à l'écoute du peuple, de ces femmes et ces hommes de la rue, civils et militaires dont j'ai l'honneur de faire partie et qui vivent quodiennement dans leur chair et leur âme cette guerre. 

Ils sont les vrais gardiens du Donbass, de ses espoirs et de ses peurs vécues.

Mais le devoir du soldat me direz vous, n'est-il pas d'obéir et se taire ? Certes mais il ne faut pas oublier que son droit est également de s'assurer que les sacrifices consentis par le peuple, dont il est par essence le bouclier, ne soient pas trahis où se perdent dans les circonvolutions byzantines de discours politiciens calculateurs.

Devant le panneau des votes pour la campagne "Le choix du Donbass", la population par dessus les discours labyrinthiques des politiciens, ne manque pas une occasion de confirmer la volonté exprimée depuis 2014.
Photo Kristina Melnikova.

Et je concluerai par ce très beau texte, écrit par Roger Frey, pour le livre "Les centurions" de Jean Lartéguy et qui imagine une "lettre rapportée par l’écrivain latin Suétone, mort en l’an 160. Elle aurait été écrite voici plus de 18 siècles par le centurion Marcus Flavinius à l’un de ses cousins de Rome, Tertullus, alors qu’il servait à la 2e cohorte de la légion Augusta, au camp de Nambèse, en Numidie, c’est-à-dire dans l’actuel Constantinois".

On peut sans aucune difficulté, en lisant se texte épique, penser au Donbass et à tous ces volontaires venus des quatre horizons pour y aider sa population à défendre son identité et ses traditions russes.


 "Que l’on prenne garde à la colère des légions"


“On nous avait dit, lorsque nous avons quitté le sol natal, que nous allions défendre les droits sacrés que nous confèrent là-bas tant d’années de présence, tant de bienfaits apportés à des populations qui ont besoin de notre civilisation et de notre aide.

Nous avons pu vérifier que tout cela était vrai, et parce que c’était vrai, nous n’avons pas hésité à verser l’impôt du sang, à sacrifier notre jeunesse, nos espoirs.


Nous ne regrettons rien. Mais alors qu’ici cet état d’esprit nous anime, on me dit que dans la ville se succèdent cabales et complots, que fleurit la trahison, et que beaucoup, hésitants, troublés, prêtent des oreilles complaisantes aux pires tentations de l’abandon, et vilipendent notre action.


Je ne puis croire que tout cela soit vrai, et pourtant des guerres récentes ont montré à quel point pouvait être pernicieux un tel état d’âme, et où il pouvait mener.


Je t’en prie, rassure-moi au plus vite, et dis-moi que nos concitoyens nous comprennent, nous soutiennent, nous protègent, comme nous protégeons nous-mêmes la grandeur de l’Empire.

S’il devait en être autrement, si nous devions laisser en vain nos os blanchis sur les pistes du désert… alors que l’on prenne garde à la colère des légions !”.

Volontaire dans le Donbass, peinture de Alexei Kryukov
Aujourd'hui, si son contexte géopolitique est je le reconnais d'une complexité explosive, l'avenir du Donbass est  là: avec une victoire et une Russie à portée de nos mains, et c'est pour cela qu'il nous faut ne pas réaliser un seul compromis qui soit dans les actes une compromission et ne plus reculer d'un seul pas, tant sur le plan éthique, militaire que politique, car comme me le rappelait justement hier une amie en citant Winston Churchill :

"Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur; 
vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre."

Erwan Castel


La chanson originale de Boris Grebenshchikov 


Подмога

Жаль, подмога не пришла, подкрепленье не прислали.
Нас осталось только два, нас с тобою наебали.
Все братушки полегли и с патронами напряжно,
Но мы держим рубежи, мы сражаемся отважно!

Пушка сдохла - все, пиздец, больше нечем отбиваться!
Что ж, закурим, брат-боец, нам от смерти не съебаться!
Жаль, подмога не пришла, подкрепленье не прислали.
Что ж, обычные дела - нас с тобою наебали


Désolé, l'aide n'est pas venue, les renforts n'ont pas été envoyés.
Nous ne sommes plus que deux, on s'est fait baiser.
Tous les frères se sont couchés sous les balles tendues,
Mais nous gardons les frontières, nous nous battons courageusement!

Le Canon est mort - tout, putain, il n'y a plus rien pour se battre!
Eh bien, fumons, frère combattant, nous ne pouvons échapper à la mort!
Désolé, l'aide n'est pas venue, les renforts n'ont pas été envoyés.
Eh bien, comme d'habitude - vous nous avez baisé

jeudi 18 juillet 2019

Flash : une femme tuée à Oktyabrsky !


Les bombardements ukrainiens continuent à frapper les républiques du Donbass, aussi bien les positions défensives de leurs milices que les zones résidentielles où tentent de survivre près du front depuis 5 ans des milliers de familles.

Dans la journée d'hier plus d'une centaine d'obus d'artillerie ont été tirés sur le seul territoire de la République Populaire de Donetsk au cours de 17 violations du cessez de feu, et aujourd'hui les districts Dolomite, Staromikhaylovka et Petrovsky à l'Ouest de Donetsk ont subi pendant 2 heures des bombardements ukrainiens au cours desquels plus de 50 obus de 120mm ont été tirés. 


Et les bombardements ont continué pendant la journée, sur la périphérie de Donetsk et sur les zones habitées comme celles du quartier d'Oktyabrsky, au Nord de Donetsk, où Elena Orlova, une femme de 68 ans, résidant dans mon secteur, a été mortellemnt blessée par des éclats d'obus de mortier tiré depuis les positions ukrainiennes du village de Peski situé à l'Ouest de l'aéroport de Donetsk.

Hospitalisée aux urgences de l'hopital voisin, cette retraitée n'a malheureusement pas survécu à ses blessures... Elle est la deuxième victime civile tuée par l'armée ukrainienne ce mois ci....


En outre en plus des habitations civiles touchées, ce nouveau bombardement ukrainien, qui s'est produit en journée à 17h45, a également endommagé les 2 écoles maternelles №229 №269, du quartier.




Je connais bien la rue Makarenka où ce nouveau bombardement s'est produit, c'est une petite rue de 300 mètres de long environ située à proximité de l'höpital 21, et trop loin des positions républicaines (à plus de 700 mètres pour les plus proches) pour accréditer l'hypothèse d'un dommage collatéral. 

D'ailleurs il suffit de regarder les vidéos publiées sur les réseaux des bombardements ukrainiens pour évaluer la précision de leurs artilleurs qui ne débordent pas les 100 lètres autour de leurs objectifs.

Il s'agit donc ici et sans conteste d'un de ces tirs erratiques sur les zones résidentielles civiles, comme il s'en produit quasiment chaque jour dans ce quartier martyr d'Oktyabrsky, et qui sont destinés à terrorisser la population du Donbass.

A ma connaissance, c'est la troisième fois cette année que la rue Makarenka d'Oktyabrsky (district de Kuybychevsky) est à nouveau frappée par des tirs de mortier ukrainien

Donc, au lendemain de l'annonce d'une prochaine nouvelle trève, qui doit intervenir (sur le papier) le 21 juillet prochain, l' "Opération des Forces Combinées" ukrainienne a donc nonseulement décidé de poursuivre ses bombardements mais même d'utiliser à nouveau des obusiers longues portée de 152mm de type 2S5 "Hyacinthe" (photo entête) en bombardant aujourrd'hui la sous station électrique de la ville d'Irmino, sur le front de la République Populaire de Lugansk (au Nord de Stakhanov). Cette violation caractérisée des accords de paix, en utilisant de l'artillerie lourde, autre violation des dits accords, commet également un violation des conventions de Genève qui interdisent aux belligérants de prendre intentionnellemnt pour cible des infrastructures vitales pour les populations civiles.

Parler dans ce contexte criminel vouloir réscusciter d'éventuels accords de Minsk, et pire évoquer leur projet du "statut spécial" intégré à l'Ukraine pour le Donbass devient non seulement incongru mais même obscène. 

Kiev est devenu un état psychiatriquement malade qui non seulement justifie chaque jour le séparatisme du Donbass, mais également réclame que la justice de ses armées lui soit rendue en retour de son idéologie criminelle incurable.

Erwan Castel



La raison du coeur

Le mardi 17 juillet 2019 a eu lieu la cérémonie annulele d'hommage aux victimes du MH17, au village de Grabovo. Photographies Svetlana Kissileva.

Le 17 juillet 2014, le MH17, un avion de ligne civil de la Malaysian airlines, était abattu dans le ciel au dessus d'une ligne de front qui s'étendait à l'époque à l'Est de Donetsk, et ses 298 passagers et membres d'équipage en disparaissant dans son crash près de Torez allaient précipiter cette guerre du Donbass sur l'avant scène internationale d'un spectacle politico-médiatique occidental abject qui tente depuis 5 ans d'instrulentaliser l'enquête pour accuser la Russie et les séparatistes du Donbass d'être responsables de cette tragédie aérienne, la plus meurtrière depuis le 11 septembre 2001.

Je partage ci-après un point de situation sur cette enquête toujours en cours mais politiquement faussée par la propagande russophobe occidentale et qui connait cette année une nouvelle exacerbation avec l'enlèvement de Vladimir Tsemakh, un ex officier de la milice républicaine par les services spéciaux ukrainiens et l'accusation de 4 ex responsables militaires de la RPD, Igor Guirkin (Strelkov), Sergueï Doubinsky, Oleg Poulatov, et Léonid Kartchenko.

De leur côté et dans leurs coeurs les habitants du Donbass, et particulièrement celles et ceux qui furent les témoins directs de cette tragédie, se souviennent avec émotion de cette minute où le paisible petit village de Grabovo et son millier d'habitants sont entrés dans l'histoire douloureuse européenne.


Comme chaque année, un hommage a été organisé ce 17 juillet sur les lieux du crash pour témoigner avec une compassion sincère de la  sa solidarité de la population du Donbass avec les familles des victimes. 5 années n'ont rien effacé, bien au contraire car cette page dramatique qui reste ouverte dans les mémoires et dans les coeurs, est lue et relue à douloureusement à chaque épisode de la farce politico judiciaire qui s'est emparé de l'émotion suscitée pour servir une propagande de guerre amorale. 

Aucune de ces personnes ne se souvient d'un lancement de missile vers le ciel ce jour là, en revanche certains se rappellent bien d'un petit avion qui suivait le boeing de la Malaisian Airlines, confirmant par leurs témoignages désintéressés l'hypothèse initiale de la présence sur zone de l'aviation de chasse ukrainienne, tout comme sera démontrée ensuite celle de systèmes antiaériens ukrainiens du type "Buk" incriminé dans le crash. Mais ces évicence seraont balayées d'un revers de main par les enquéteurs occidentaux pour mieux ouvrir tressé la corde pour l'accusé russe.  


Car dans cette affaire où l'humanisme et la vérité sont encore sacrifiés sur l'autel d'une russophobie psychotique et criminelle, il ne faut pas oublier que d'une part les forces de défense républicaines n'avaient aucun moyen d'abattre,même accidentellement, un aéronef volant à plus de 2000 -3000 mètres (le MH17 volait à plus de 10 000 mètre) et que d'autre part la Russie qui n'a jamais pratiqué ou soutenu de telles méthodes terroristes n'avait vraiment aucun intérêt à ce qu'un avion civil soit abattu dans le Donbass... 

Contrairement aux ukrainiens qui disposaient en juillet 2014 dans ce secteur de moyens aériens et antiaériens adaptés et l'absolution d'un pouvoir néoconservateur occidental pour qui la destruction d'un avion de ligne civil pour provoquer une crise internationale fait partie des recettes de son bellicisme hégémonique comme le prouvent les très nombreux falses flags organisés au cours de l'histoire impérialiste américaine, comme par exemple pour rester dans le sujet le crash du vol 655 d'Iran Air, le 3 juillet 1988 et qui avait fait 290 morts. Les USA, responsables de sa destruction attendront près de 10 ans de mensonges pour reconnaitre leur culpabilité et indemniser l'Iran et les familles des victimes en 1996.

J'attends avec impatience que la vérité éclate enfin sur le MH17 et que les vrais responsables soient enfin sanctionnés et les russes, ceux du Donbass ou de Russie, lavés de tout soupçon. Alors seulement les plaies des âmes, tout en restant douloureuses pourront se refermer dans la paix des coeurs.

Erwan Castel 





De nombreux articles ont été publiés concernant ce crash aérien et l'enquête qui continue sur un front autant politique que judiciaire. Voici celui de RT qui est interssant car synthétiqe et surtout qui apporte des témoignages étrangers à la Russie ou aux occidentaux , comme celui du 1er ministre malaisien qui témoigne de la partialité d'une enquête dont le seul objectif, avant même qu'elle ne démarre est d'accuser la Russie et ses partisans du Donbass d'avoir commis ce crime de guerre.  

Source de l'article : RT



Crash du MH17 en Ukraine : 
cinq ans après, que retenir de l'enquête en cours ?

Le mystère reste entier sur le crash du Boeing 777 de Malaysia Airlines. L'enquête internationale pilotée par les Pays-Bas se poursuit et la Russie en dénonce la partialité, reprochant aux enquêteurs de négliger les éléments qu'elle fournit.

Le 17 juillet 2014, le Boeing 777 assurant le vol 17 de Malaysia Airlines, parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur, a été abattu au-dessus de l'est de l'Ukraine, avant de s'écraser dans la partie du pays tenue par les rebelles. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais, et les 15 membres de l'équipage à son bord ont péri. La majorité de l'épave de l'appareil a été retrouvée près du village de Grabove située dans le Donbass. Cette région était alors, et est encore, le théâtre de combats sporadiques entre l'armée ukrainienne et les rebelles qui refusent de reconnaître le gouvernement issu du coup d'Etat de 2014. Un contexte compliquant la reconstitution du drame.


Une enquête partiale ?

Très vite, avant même le début de l’enquête internationale devant révéler les circonstances de cette tragédie, les médias occidentaux ainsi que les autorités ukrainiennes, ont pointé du doigt la responsabilité directe de la Russie, qui réfute catégoriquement toute implication dans le drame. Le principal argument invoqué est le suivant : le missile sol-air ayant abattu l'avion, un BUK, est de fabrication russe. L’accusation est reprise en septembre 2016 par l’équipe d'enquête commune (JIT) pilotée par les Pays-Bas et constituée d’experts néerlandais, belges, australiens, malaisiens et ukrainiens. Ces mêmes enquêteurs réitèrent leurs accusations en mai 2018 en affirmant que le missile provenait de la 53e brigade anti-aérienne de l'armée russe. La Russie, nous allons le voir, a apporté des éléments contredisant ces allégations.

L’Ukraine, qui avait décidé de ne pas fermer son espace aérien dans une région en conflit, échappe quant à elle aux condamnations internationales. L'organisation de l'aviation civile internationale (OACI) avait pourtant signalé, avant la catastrophe, que l’itinéraire emprunté par le Boeing pouvait représenter un risque sérieux. Un manque de précaution d'autant plus alarmant que l'armée ukrainienne a, par le passé, abattu un avion de ligne : le 4 octobre 2001, le vol 1812 de la compagnie aérienne russe Siberia Airlines, qui reliait Tel-Aviv à Novossibirsk, a ainsi été frappé au-dessus de la mer Noire, provoquant la mort de 78 personnes.


Une coopération russe négligée par les enquêteurs

La Russie, qui a fait part de ses inquiétudes concernant la partialité de l'enquête dès son déclenchement, n’a eu que peu des possibilités pour contribuer à faire la lumière sur cette affaire. L’enquête a en effet prêté peu d’attention aux données fournies par les autorités russes, qui ont accepté de remettre toutes les informations en leur possession afin de parvenir à une compréhension complète de ce qu'il s’était passé en juillet 2014 dans l’espace aérien ukrainien.

En automne 2016, l’autorité aéronautique russe, Rosaviatsia, a même fourni des données de radar montrant qu’aucun missile n'avait été tiré depuis les zones contrôlées par les rebelles le jour du crash. Quelques mois plus tard, en janvier 2017, les autorités néerlandaises ont répondu qu’elles n’étaient pas capables de déchiffrer les données car elles étaient fournies dans un «format atypique». Bien que la Russie ait expliqué qu’elle avait utilisé le format ASTERIX pour présenter les données brutes, les Néerlandais ont déclaré que le radar russe était incapable de repérer un objet relativement petit de la taille d’un missile. En réponse, Oleg Stortchevoï, chef de Rosaviatsia, a rejeté cette affirmation en précisant que la station radar pouvait détecter des objets beaucoup plus petits qu’un missile BUK.

Plus récemment, en septembre 2018, le ministère russe de la Défense a présenté en conférence de presse des documents démontrant que le missile à l’origine du drame appartenait à l'Ukraine et avait été produit en 1986. Selon l'enquête internationale menée par les Pays-Bas, deux numéros de série ont été retrouvés sur des fragments du missile. La Russie a affirmé avoir pu reconstituer l'historique de ceux-ci jusqu'à un missile portant le numéro de série 8868720. Celui-ci aurait été produit dans une usine de la région de Moscou en 1986, avant d'être livré à une unité militaire ukrainienne, selon des documents présentés par la Défense russe. Ici aussi, ces éléments avancés par l’armée russe n'ont guère été pris en considération.

«La Russie n'a pas été en mesure de participer à l'enquête malgré un intérêt exprimé dès le début et des tentatives d'y prendre part», déclarait en juin dernier le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.


Trois Russes et un Ukrainien soupçonnés d'être «complices» de meurtre

Le 19 juin, les enquêteurs internationaux ont révélé publiquement les noms et visages de quatre suspects (trois Russes et un Ukrainien) – présumés innocents jusqu'à l'ouverture de leur procès, qui débutera le 9 mars 2020 aux Pays-Bas. Ils sont accusés d'avoir transporté le système ayant servi à envoyer le missile sur l'avion, mais ne sont pas, selon les enquêteurs, ceux qui «ont appuyé sur le bouton».

«Le bureau du procureur néerlandais soupçonne que c’est en raison d’actions de ces personnes que l’avion du vol MH17 a été abattu. Bien que ce ne soient pas ces personnes précises qui aient appuyé sur le bouton, on sait qu’elles ont été impliquées directement dans les activités ayant visé à faire venir sur le territoire ukrainien des systèmes antiaériens BUK dont un a abattu l'avion», a expliqué un responsable de l'équipe internationale conduite par les Pays-Bas lors d'une conférence. Les enquêteurs ont précisé espérer retrouver les coupables.

Ces nouvelles accusations ont été rapidement battues en brèche par le ministère russe des Affaires étrangères qui a regretté une volonté de «discréditer» la Russie.


La Malaisie dénonce une enquête politiquement motivée visant à accabler la Russie

Moscou n'est pas seule à juger l'enquête peu impartiale. «Nous sommes très mécontents parce que depuis le tout début, [le crash du vol MH17] est devenu une question politique, sur comment accuser la Russie de méfaits. Même avant qu'ils n'examinent [l'affaire], ils parlaient déjà de la Russie» : cité par le journal Malaysia Mail, le Premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, a en effet fait part de ses doutes le 20 juin dernier quant aux accusations visant les autorités russes. 

Pour le chef du gouvernement de Malaisie, il est «très difficile» pour les autorités de son pays de prendre pour argent comptant les accusations des enquêteurs internationaux, qui affirment que l'avion a été abattu par les rebelles de l'est de l'Ukraine avec l'aide de la Russie. «Nous voulons la preuve de la culpabilité [de la Russie]. Mais pour l'instant, il n'y a aucune preuve, seulement des rumeurs», a-t-il en outre affirmé.

Une voix discordante qui semble témoigner, cinq ans après le drame, de la difficulté des experts internationaux à mener une enquête indépendante.

RT

mercredi 17 juillet 2019

Une russophobie reflet de sa propre image


La nouvelle est tombée sur les prompteurs des agences de presse ce lundi 15 juillet : la police italienne a démantelé un réseau néo-nazi et saisi à l'occasion un important stock d'armes militaires. Anecdote policière de plus en plus fréquente malheureusement dans la dérive de notre monde post-moderne.

Ce qui est édifiant en revanche c'est le traitement médiatique qui tente de faire de ce fait divers italien un événement politique inteernational. En effet, et avant même que l'enquête n'est donnée ses conclusions, les médias mainstream occidentaux se sont précipités sur ce coup de filet de la police italienne pour dénoncer des individus "«d'idéologie extrémiste» ayant combattu au côté de rebelles prorusses contre les troupes ukrainiennes dans le Donbass" (Le Figaro). Et cette affirmation d'être répétée en cascade par toutes les "chiens de garde" du système (BFM TV, L'Obs, 20 Minutes, Le Point  RFI etc.), ceux qui se torchent le cul avec la déontologie journalistique (vérifier l'information, ne pas diffamer, etre indépendant etc...) dès qu'il s'agit d'accuser la Russie et ses alliés mais qui poussent des cris d'orfraie lorsqu'on dénonce en retour les mensonges de leur système, allant même jusqu'à initier cette ridicule loi "antifake news"... ce qui, venant de leur part relève d'une inversion accusatoire hallucinante et suicidaire.


Il faut bien sûr mettre le détournement médiatique de ce fait divers en perspective :
  • de cette propagande occidentale complétement possédée par une russophobie psychotique aussi délirante que débile eexcitant des "journalopes" repoussant toujours plus loin les limitres de la malhonnéteté intellectuelle, à se jetter comme des clébards enragés sur toutes les occasions de diffamer la Russie et ses alliés.
  • du calendrier de l'anniversaire de la tragédie du crash du MH17, abattu au dessus de Donbass il y a 5 ans et dont les occidentaux veulent faire porter le chapeau aux pro-russes et à la Russie bien sûr, accusation alimentée pour les non initiés par  la saisie d'un missile air-air Matra (de fabrication française).

Dans la réalité des pedigrees, cette accusation m'a laissé sceptique, car les nationalistes radicaux européens qui sont venus combattre du côté des séparatistes du Donbass sont une infime minorité qui relève du même niveau anecdotique que les russes venus se battre dans les rangs de l'armée ukrainienne.

En revanche, les néo-nazis européens venus gonfler les rangs des bataillons spéciaux ukrainiens sont nombreux et en 2015 on compte par exemple une cinquantaine de français présents dans le bataillon néo-nazi Azov déployé dans le secteur de Marioupol (pour comparaison seulement 1 français se déclarant "national-socialiste" est venu s'échouer un temps dans la République Populaire de Donetsk, avant d'aller se faire aussi virer du Kurdistan irakien puis... de l'armée américaine). 

Il y aurait beaucoup à dire sur cette fracture de la mouvance nationaliste européenne provoquée par la crise ukrainienne et que la guerre du Donbass a exacerbé, avec d'un côté les "réactionnaires" nostalgiques des nationalismes ethnocentrés fascistes et nazis qui ont rejoint les marches aux flambeaux des bandéristes ukrainiens, et de l'autre côté les nationalistes conservateurs (non moins ethnocentrés pour certains) et qui en fantasmant sur la Russie poutinienne (telle que décrite d'ailleurs par la propagande russophobe), ont rejoint les rangs des séparatistes pro-russes.

Concernant les néo-nazis italiens, je sais que plusieurs spécimens ont rejoint également les bataillons spéciaux ukrainiens mais les trois que j'ai croisé dans le Donbass étaient plutôt issus de l'extrême gauche révolutionnaire que de la mouvance fasciste italienne. 

Si les liens de ce groupe néo-nazi italien avec la guerre du Donbass sont confirmés il ne peut s'agir que de leur implication dans les rangs des activistes radicaux ukrainiens, qui disposent aussi de réseaux de trafic d'armes en Europe de l'Ouest, contrairement à leur "homologues" pro-russes.



D'ailleurs, dès le lendemain de l'information, cette diffamation russpohobe, aussi grossiére que stupide s'effondre et on apprend que le réseau néo-nazi italien démantelé est en fait pro ukrops... oups ! 

Je me marre !



Même le média propagandiste mondialiste Euronews, évoquant l'hypothèse d'un attentat possible préparé contre le ministre italie de l'Intérieur Matteo Salvini, admet finalement dès le 16 juillet qu'il s'agit en fait "d'individus, adeptes d'une idéologie extrémiste, auraient combattu en Ukraine dans le Donbass contre des rebelles pro russe.

Evidemment cette vérité ne risque pas de faire le même buzz médiatique que l'annonce initiale chez les journalopes de France, qui devraient être sanctionnés pour cette "fake news" caractéristique et même présenter des excuses aux Républiques de Donetsk et Lugansk dont les milices ont été à nouveau diabolisées à l'extrême par cette double accusation mensongère de nazisme et terrorisme.

Ce nouveau coup d'épée dans l'eau de la propagande de guerre occidentale soutenant la guerre ukrainienne contre le Donbass ne fait que révéler, dans une inversion accusatoire flagrante, la vraie nature du totalitarisme de sa pensée unique et de son 4ème pouvoir qui est devenu à la fois son bouclier par la censure et son glaive par la diffamation.

Erwan Castel
   

mardi 16 juillet 2019

Pour mieux claquer la porte de l'Ukraine ?

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Aujourd'hui s'est déroulé, dans le cadre de la campagne "le choix du Donbass", un rassemblement dans le jardins aux sculptures près de la mairie de Donetsk, action qui continue de susciter des méfiances et critiques acerbes autant que des enthousiasmes et des soutiens populaires.

Je me suis rendu sur place pour regarder de plus près cet évenement créant au sein de la société du Donbass des débats passionnés pour ne pas dire passionnels...


Mardi 16 juillet 2019

A 11h45, je m'approche du podium installé derrière la mairie de Donetsk en traversant un parc aux sculptures déjà rempli, malgré une pluie fien et persistante, d'une foule compacte portant à bout de bras une forêt de drapeaux et de pancartes patriotiques.
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Sur le côté de l'immense panneau ou s'égraine le compteur des signature de la pétition "Le choix du Donbass" des groupes de jeunes artistes de la République se succèdent dans des styles différents pour animer l'événement avec des chansons. L'ambiance est festive et autour de moi les slogans et les symboles confirment tous unanimement que la Russie reste le choix de ce peuple du Donbass qui a pris en main sa destinée en 2014 face aux blindés et avions de combat de l'armée ukrainienne.

Pourtant, sur les réseaux et même parmi des amis, cette campagne menée par le nouveau gouvernement de la République populiare de Donetsk continue de faire grincer les dents de de celles et ceux qui n'y voient qu'un cheval de Troie au service du projet d'intégrer à nouveau le Donbass dans l'Ukraine, en agitant devant lui la carotte du "statut spécial" prévu par les accords de Minsk.

Je ne reviendrai pas sur ce que je pense de ces accords qui ne sont selon mois qu'une capitulation déguisée des républiques du Donbass, j'ai essayésouvent ici de m'expliquer à leur sujet et récemment dans l'article récent ici : "Le diable se cache dans les détails" ou j'évoque d'ailleurs aussi cette campagne "Le choix du Donbass".

Concernant une action, surtout si elle est politique, il convient pour mieux la comprendre et même la critiquer de dépassionner les débats et distinguer dans l'analyse la forme utilisé et le fond exprimé. 

Le Donbass est une terre qui a gagné sa liberté et defende bec et ongles ses traditions et son identité russes par sa sueur et son sang et des sacrifices sans limite que peu d'européens peuvent imaginer aujourd'hui encore devoir exister au XXIème siècle pour faire valoir ses droits les plus élementaires. 

Kiev a franchi depuis longtemps des lignes rougies du sang versé et le point de non retour de cette terre russe du Donbass qui lui fut pourtant confiée pendant près d'un siècle par l'Empire soviétique. Plus de 5 années de guerre fratricide abjecte organisée par l'hégémonie occidentale ont définitivement brisé la réunion historique artificielle de ces 2 peuples slaves. Et aujourd'hui, à Donetsk ou Lugansk, faire réference à un projet - le statut spécial - dont le cadre - Minsk 2- cherche à réintégrer une population meurtrie auprés de ses assassins peut logiquement être interprété comme une insulte envers les souffrances endurées et une trahison envers ce "Printemps russe" qui a libéré la Crimée et une partie du Donbass.

Le fait est que dans sa définition, l'intégration du Donbass au sein de la fédération de Russie est tout simplement incompatible avec celle d'un "statut spécial" qui s'inscrit dans un cadre ukrainien.

Voilà pourquoi je comprends les inquiétudes exprimées, même si je suis convaincu que l'intention finale des autorités de Donetsk et Lugansk, et quelles ont maintes fois exprimé, reste cette intégration du Donbass au sein de la Fédération de Russie (dans les limites des anciens oblasts de Donetsk et Lugansk) et que leur utilisation risquée du terme "statut spécial" a pour objectif de pousser Kiev à la faute.

Je pense, sans prétention ni jugement de personnes, que la politique de communication pour cette campagne a commis des erreurs pédagogiques, n'expliquant pas assez clairement que stratégiquement, cette référence au "statut spécial" des accords de Minsk n'est en aucun cas une acceptation de leur conclusion mais, comme l'a très bien illustré Ivan Prikhodko, le chef de l'adminsitration de Gorlovka, la saisie d'une porte ouverte par les accords félons de Minsk pour mieux pouvoir la claquer au nez de Kiev.
  • "Les gens ne veulent pas retourner en Ukraine. Nous ne retournerons pas en Ukraine ... Nous harmonisons notre législation avec celle de la Fédération de Russie. Nos institutions gouvernementales sont intégrées à la Russie. L'action "Choice of Donbass" est une porte qui claque avant un divorce. Toutes les exigences de l’action correspondent à ce qui est énoncé à Minsk, dans la partie politique de Minsk, que Kiev a si peur de remplir. L'événement "Choice of Donbass" est le dernier clou du cercueil de la politique ukrainienne. C'est une façon de partir et de ne pas revenir de Nenko-Ukraine. Montrez au monde qu'un million de personnes veulent vivre en paix. Zelensky, remplissez les conditions ! Donnez à Donbass le droit de vivre en paix!"

Lorsqu'on écoute la propagande russophobe, la rébellion du Donbass 
est présenté souvent comme le soubresaut ultime de nostalgiques d'un empire 
soviétique révolu. Or, dans la réalité de la rue ou celle du front, il n'en est rien car 
la majorité des activistes, militaires ou civils sont des jeunes résolument tournés 
vers l'avenir et qui d'ailleurs, n'étaient même pas nés lorsque l'URSS a disparu. 


Certes, il subsiste toujours un risque, celui par exemple que Kiev cherche à respecter ses engagements signés à Minsk, mais il est hautement improbable (à moins d'un changement radical de l'ordre mondial exsitant) car il provoquerait et sans l'ombre d'un doute une révolution de palais appuyée par un nouveau "Maïdan" encore plus violent des nationalistes et surtout un sabotage du processus de paix par les USA qui veulent que continue cette guerre du Donbass qui leur offre l'opportunité de militariser l'Ukraine vers l'OTAN et de poursuivre les sanctions éconimiques contre la Russie. 

La population du Donbass ne peut être trahie comme l'a été celle de Kiev pendant le Maïdan, car elle a pris les armes et gagné sa liberté contre toute attente au prix de sacrifices et de souffrances inouies (et qui continuent) scellant à jamais sa volonté souveraine de rejoindre la Russie qui est la terre de ses racines. Les choix du Donbass ne sont pas motivés par le scintillement des miroirs aux alouettes agités par une Union Européenne assistante de l'OTAN, mais ils sont les conséquences assumées et désintéressées d'une conscience identitaire et d'une maturité politque qui ont permis de résister militairement à l'Ukraine tout en bâtissant des nouvelles républiques populaires audacieuses.

Le peuple du Donbass sait faire la différence entre un compromis politique et une compromission morale et les inquiétudes actuelles qui fusent autour de la campagne "le choix du Donbass" doivent être considérées comme une réaction logique et légitime d'une volonté populaire qui tient a garder entre ses mains les cartes de sa destinée. 

En rajoutant en post scriptum d'un texte consensuel la référence clivante du "statut spécial", les initiateurs de cette campagne "le choix du Donbass", ont certainement choisi d'affronter Kiev sur son propre terrain pour mieux démasquer la perfidie de sa politique mais aussi  en déclenchant les polémiques (car les réactions populaires étaient prévisibles), ils signifientt ainsi indirectement à l'ennemi que la population du Donbass refusera toute compromission ouvrant les portes de la trahison.


Aucune ambiguité quant à l'objectif final du choix du Donbass : La Russie !

Et je considère alors les débats passionnés naissant autour de cette campagne "le choix du Donbass" plutôt intéressants et surtout symptomatiques de la bonne santé de cette conscience collective de la population et que 5 années de bombardemenst ukrainiens n'ont pas réussi à émousser. 

Il n'y a pas selon moi d'affrontement idéologque mais juste une divergence des cheminements et méthodes employées mais pour arriver au même résultat: 
  • D'un côté des personnes s'exprimant avec une passion et un coeur ouvert sur un présent douloureux et une espérance pour laquelle ils ont tout donné.
  • De l'autre côté des responsables qui, pour débloquer la situation ont choisi dans une real politik très poutinienne de battre l'ennemi sur son propre terrain en lui répondant.
Mais les uns comme les autres avec des méthodes certes très différentes veulent bien "in fine" la même chose: que le Donbass (et dans la totalité de son territoire) puisse décider de sa destinée et choisir de faire partie de la sphère russe, soit comme république intégrée à la Fédération de Russie ou, en première étape, comme un état indépendant et reconnue par elle.

Il y a ceux qui suivent la campagne "le choix du Donbass" avec confiance et optimisme (tout en gardant les yeux bien ouverts) et ceux qui, en exprimant sans ambages leurs inquiétudes et même leurs peurs, lui rappellent les limites à ne pas franchir et au delà desquelles le gouvernement qui doit les représenter serait désavoué par son peuple souverain.

Et cela s'appelle la démocratie...

Erwan Castel




Les vampires ne lâchent pas leur proie


Fait notable, le président ukrainien Zelensky, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, sont venus visiter la ligne de front du Donbass ce 13 juillet 2019, sous les projecteurs des caméras. Oh bien sûr cette visite éclair ne s'est pas faite sur les 90% de la ligne de front où est déployée, en violation totale des accords de paix, une artillerie ukrainienne pilonnant la population du Donbass, mais sur l'exception du moment que constitue Stanitsa Luganskaïa un block post situé au Nord de Lugansk et qui vient d'être (enfin) démilitarisé pour y permettre la reconstruction du pont détruit par la guerre. Par ce passage dangereux et pénible ont lieu les allers retours réguliers de milliers de personnes traversant la ligne de front, principalement des rétraités allant quérir leurs pensions à travers le blocus de Kiev.


Dans cette rarissime opération bilatérale réalisée aujourd'hui à Stanitsa Luganskaïa sous contrôle de l'OSCE et avec l'aide du Comité International de la Croix Rouge (mais qui est très loin d'y instaurer un statu quo ante bellum), il ne faut malheureusement pas jubiler et y voir l'amorçage d'une désescalade militaire engageant concrétement le processus de paix signé à Minsk, mais plutôt la considéter avec réalisme d'abord et surtout comme une opération de communication menée de concert par une Union Européennne mandatée par les USA pour confirmer ses ambitions en Ukraine et un président ukrainien en perte de vitesse qui veut donner l'illusion qu'il tient ses promessses de paix. Et le calendrier de cet événement fortemenet médiatisé confirme bien les objectifs réels de ses acteurs: en effet il est organisé juste avant des élections législatives qui vont confirmer ou infirmer le pouvoir de la nouvelle marionnette kiévienne et donner plus ou moins d'impulsion à la feuille de route étasunienne pour l'intégration de l'Ukraine au sein de l'UE et de l'OTAN (et probablement chronologiquemenent l'inverse).


Dans cette aventure occidentale en Ukraine sous commandement étasuinien, l'Union Européenne, qui s'est enfermée dans une collaboration avec Kiev, tout comme ce dernier l'est dans une dépendance économique, tente aujourd'hui de profiter de sa position en Ukraine pour sauver les apparences du poids politique d'un euro-atlantisme qui n'est plus, devant la puissance des USA et la faiblesse des gouvernements européens, qu'un fantasme moribond...

Le 8 juillet s'esttenu à Kiev le sommet annuel UE/Ukraine pour lequel la capitale ukrainienne a vu débarquer de brain trust de l'asservissement de l'Europe à la ploutocratie mondialiste : JC Juncker le président de la Commision Européenne, D Tusk le président du Conseil Européen, F Mogherini la haute représentante de l'Union européenne pour la politique de sécurité, et J Hahn le commissaire européen chargé de la politique de voisinage et de l'élargissement. 

Ces vautours de l'UE ont été accueillis bien sûr à bras ouverts par les responsables ukrainiens qui ressemblaient à des mendiants devant la sortie d'une messe. Ainsi du président Zelensky qui espérait recevoir une enveloppe supplémentaire de 10 milliards d'euros "pour la reconstruction du Donbass" (que son armée continue de détruire chaque jour) tandis que tous s'attendaient à des prises de positions radicales exigeant l'arrêt de la construction du gazoduc russe "Nord Stream-2" ou la libération des marins ukrainiens captués à Kertch  par les gardes côtes en novembre dernier lors de leur intrusion dans les eaux territoriales russes., 

Et les ukrainiens sont restés sur leur faim, ce contentant des enveloppes déjà promises et Zelensky qui comptait transformer ce sommet en victoire économico-électoraliste a du se contenter de remercier ses invités pour leur "volonté de fournir à l'Ukraine la deuxième tranche de l'assistance macrofinancière d'un montant de 500 millions d'euros", ce qui est déjà une entorse à l'accord signé qui stipulait que les aides européennes (programme de 11 milliards de 2014 à 2020) ne pouvaient se réaliser qu'en contrepartie de l’adoption par l'Ukraine d’une loi sur la lutte contre le blanchiment d’argent, la création d’un système réellement efficace de contrôle des déclarations électroniques, l’introduction d’opérateurs économiques agréés et autant d'autres mesures qui n'ont pas été réalisées.

On observe donc que les représentants de l'UE continuent de soutenir à Kiev le successeur de Porochenko non par naïveté mais bien parceque sa politique derrière un discours superficiel de rupture avec les agitateurs du Maïdan est restée fidèle aux objectifs définis par leurs parrains occidentaux.

L'UE ne lâchera jamais l'Ukraine entre autres raisons : 
  • Par obéissance à Washington qui depuis le Maïdan lui a signé une procuration pour représenter ses intérêts en Ukraine, ce que confirme le refus de Trump d'intégrer  le "format Normandie" des accords de Minsk, "faisant confiance" aux partenaires français et allemands qui y sont déjà.
  • Mais aussi pour essayer en aidant l'Ukraine au maximum (et augmenter sa dette dépendante au passage), à "tirer leur épingle du jeu" tant en décrochant des futurs contrats militaro-industriels dont les récents deals entre Paris et Kiev ne sont qu'un avant goût, que pour redorer son poids diplomatique sur la scène internationale.

Et pour mieux séduire le nouveau maître de Kiev et préserver son influence en Ukraine, les émissaires de l'UE, avant de quitter prochainement leur gouvernance, lui ont promis 10 millions d’euros d’aides au titre du "Soutien à la société civile et à la culture", une rallonge de 22,9 millions pour "renforcer la lutte contre la corruption aux niveaux national et local" ainsi que 40 autres millions d'euros "pour financer des mesures en vue de la mise en œuvre de la réforme de la décentralisation et du soutien des communautés unies".  Autant dire un bakchich de plus de 70 millions d'euros qui va huiler les rouages de l'administration Zelensky (et remplir au passage quelques poches).

Nous voyons ici que l'UE en tant que fidèle succube de Washington applique les mêmes méthodes que son maître, arrosant ses interlocuteurs et implantant dans leurs pays des chevaux de Troie culturels, économiques ou médiatiques pour mieux ancrer l'idéologie capitalisme libérale et mondialiste par une stratégie subversive auprès des populations.
Ainsi par exemple ce réseau de centres d'information de l'Union européenne en Ukraine dont le dernier a été ouvert il y a 4 ans à Marioupol à proximité de la Russie (et de la ligne de front du Donbass) et qui vient de recvoir un budget de fonctionnement de 60 millions d'euros !

De leur côté les représentants ukrainiens qui espéraient plus d'aides financières ont contre mauvaise fortune fait bon coeur car l'un des objectifs principaux de cette rencontre était de gagner les recommandations des dirigeants actuels de l'UE à leurs successeurs concernant le renouvellemnt du soutien à l'Ukraine. 
  • "Pourquoi les rencontrons-nous ?, a argué Nikolaï Tochitsky, le représentant ukrainien à l'UE, mais le fait est que chaque commissaire européen écrit une lettre de recommandation à son successeur. Par conséquent, il est important pour l'Ukraine que Tusk, Juncker, Mogherini et Khan recommandent à leurs successeurs de travailler avec l'Ukraine."
Et dans le cadre de cette coopération économique et collaboration politique, l'UE a tenu à montrer ses préoccupations pour ce conflit du Donbass qu'elle entretient dans une perversité amorale qui consiste à soutenir à la fois les espérances de paix des populations et les volontés de guerre du pouvoir profond occidental.

L'Union Européenne est donc bien ici dans son rôle de cheval de Troie de l'OTAN et chargé d'amarrer le navire ukrainien en perdition au quai des mendiants aliénés de la marchandise mondialiste.


Erwan Castel

Articles référence :  Gorlovka Today, Top war