mardi 17 septembre 2019

En mémoire de Promka

366


Dans le calme dominical nous revenons à Donetsk pour quelques heures de repos avant de repartir pour de nouvelles missions, juste le temps de "faire dormir les yeux" et nettoyer le barda couvert de cette terre des tranchées qui, boue ou poussière, nous colle aux corps, armes, treillis et matériels avec un zèle tenace et méticuleux...


Lundi 16 septembre 2019

Ce lundi 16 septembre alors que je profite de la saveur des fruits colorant les ruelles et jardins du quartier d'Oktyabrsky où je réside, je suis appelé à la base "Sarmat" de la brigade Piatnashka pour y recevoir une nouvelle décoration, lié à mon action réalisée sur le front de Yasinovataya au Nord de Donetsk entre 2017 et 2019.

Cette médaille a été réalisée spécialement cette année pour récompenser ceux qui ont marqué la défense de ce secteur du front du Donbass où les belligérants s'affrontent dans des positions quasiment au contact les unes des autres et au milieu d'un chaos semi urbain, semi lunaire...


Pour moi, les quelques grammes métalliques de cette médaille sont chargés de très nombreux souvenirs nés au milieu des ruines de "Promka", cette zone industrielle située entre Yasinovataya (républicains) et Avdeevka (ukrainiens), et en premier lieu ceux des camarades tués au milieu de ce chaos où se côtoient, s'invectivent et s'affrontent depuis plus de 5 ans des hommes qui hier encore partageaient les mêmes bancs d'école ou de stade de football.

C'est sans nul doute ces camarades de notre unité tombés à "Promka", "Filin", "Sever", "Pauk" et "Mamaï" notre "Com'Bat'", comme tant d'autres des unités voisines , qui méritent plus que moi cette décoration du front de "Promka", et si je l'accepte aujourd'hui c'est aussi pour mieux témoigner de leur sacrifice.


Dans mon parcours réalisé dans le Donbass, "Promka" reste mon expérience la plus longue et certainement la plus intense, celle de 2 années de rotations, accroché aux ruines d'un ancien bâtiment industriel, dans celles des datchas voisines ou dans les tranchées de cette zone pulvérisée par 5 années  de combats et de bombardements.

C'est dans ce décor qu'avec mes camarades nous avons certainement le plus croisé la Camarde, un jour sifflant à nos oreilles, frappant les murs derrière nous, ou d'autre jours traversant des embrasures que certains occupaient seulement quelques secondes auparavant. Mais, tout comme dans un accident de la route évité de justesse par chance ou par réflexe, ce n'est qu'après coup que l'âme mesure l'intensité et la gravité de ce moment où la Mort nous a invité à danser. 

"Promka" est aujourd'hui indissociable de l'histoire de la brigade Piatnashka, car ses volontaires en ont tracé une grande partie des lignes de défense qu'ils ont maintenu pendant des années face aux pressions offensives ukrainiennes, et c'est aussi ici, au coeur de ce front bouillant que "Mamaï" notre commandeur a été tué au combat le 17 mai 2018. 


Ma contribution à la défense de ce secteur du front de Yasinovataya pourrai se résumer à ces quelques chiffres: 245 jours et nuits de missions,17 tirs revendiqués dont 8 confirmés s'il n'y avait pas aussi et surtout cette charge émotionnelle donnée par les attaques ukrainiennes, la camaraderie, et ce décor dantesque au milieu duquel il nous semblait parfois n'être que des fantômes perdus entre deux mondes. 

J'espère un jour retrouver le chemin de ces postions perdues au milieu de nulle part entre Yasinovataya et Avdeevka pendant ou après cette guerre initiatrice du Donbass.


Et si demain je ne devais accrocher qu'une seule médaille à ma veste, sans hésitation ce serait celle ci tant elle symbolise aujourd'hui mon engagement sans retour pour cette terre du Donbass.

Erwan Castel


samedi 14 septembre 2019

Une attente immobile et silencieuse

365


Dans le cadre du retour de nos missions sur la première ligne du front, je repars avec mon SVD, ce fusil de précision avec lequel je travaille habituellement. Et je consacre cette rotation à lister dans mon optique et ma mémoire les positions ukrainiennes qui nous font face ainsi qu'à repérer différents postes d'observation et de tirs en fonction des moments d'éclairage de la journée.


Samedi 14 septembre 2019

Lorsqu'on est "sniper" sur le front du Donbass, la réalité vécue est loin des images imposées par la fiction hollywoodienne, car le travail est à l'image de cette guerre: comateux. 

A Promka, pour continuer à décrire en comparaison notre nouveau secteur de Sasnovko, les positions ukrainiennes, bien qu’enterrées et fortifiées nous offrent par leur proximité suffisamment de détails sur leurs défenses et leurs activités pour intervenir efficacement contre elles. Ici en revanche le billard qu'est la zone fait que les distances sont 3 à 4 fois plus importantes pour des objectifs toujours enterrés dans le sol de la steppe. Et à 1000 mètres l'embrasure d'une casemate n'est plus qu'un minuscule point dans une silhouette informe boursouflant le sol.

Le travail n'en reste pas moins nécessaire et intéressant pour débusquer les positions ennemies et les traces visuelles ou sonores trahissant leurs activités ou leurs cheminements de liaison.

Et pour éviter d'être trop facilement repérable je sors à découvert loin de nos tranchées qui sont connues et accrochent les regards des observateurs ukrainiens. Dès cet instant c'est la lenteur qui devient la maîtresse des faits et gestes cherchant un emplacement idéal pour fouiller du regard les détails d'un paysage encore nouveau...

Les quelques broussailles où j'ai élu domicile pour quelques heures et surtout le filet de camouflage m'offrent un voile d'ombre allégeant le poids d'un soleil qui pèse encore en ce mois de septembre. Devant moi tout est immobile et, qu'elles soient amies ou ennemies, les casemates et les tranchées tout comme le paysage semblent plongés dans un profond coma que seuls semblent trahir les insectes imperturbables qui poursuivent leur destinée au milieu de nos ruines..


Un jeune chiot, sorti certainement d'une tranchée voisine vient vagabonder un moment devant moi, et je m'amuse à piquer sa curiosité avec des sifflements discrets.

Puis c'est le déclin du soleil et surtout la faim qui me ramènent dans la réalité du temps et de l'espace et sur le chemin du retour vers notre casemate enterrée, son thé chaud et sa fraîcheur réconfortante...

Dans quelques instants le soleil tombera derrière l'horizon ukrainien et commencera alors une nouvelle attente, une nouvelle observation à l'abri des parapets et des casemates fortifiés...

Une journée de plus en moins est sur le point de s'achever dans ce nouveau désert des tartares...

Erwan Castel

vendredi 13 septembre 2019

Tempête en surface !

364


Sur ce front du Donbass immobilisé dans l'espace depuis 5 ans, les hommes sont autant terrassiers que soldats, creusant sans cesse sous leurs pieds pour enterrer leurs vies à l'abri des orages d'acier qui griffent quotidiennement la surface de la terre où ils s'accrochent. 
Et notre nouvelle position n'échappe pas à cette haine ukrainienne piétinant les accords de paix et les cessez le feu signés depuis 5 ans. Tirs de mitrailleuses, de lance roquettes automatiques ou de mortiers rythment les journées et surtout les soirées...


Vendredi 13 septembre 2019

La nuit précédente, les "ukrops" nous ont gratifié pendant plus d'une heure d'un "spectacle son et lumière" où est intervenu le panel de leurs armes lourdes de 1er échelon : Mitrailleuses Utios de 12.7mm, bitube antiaérien de 23mm et mortier de 82mm. 

A 23h30 après des tirs provocateurs de mitrailleuses lourdes une "Zouchka" ukrainienne a tracé dans le ciel plusieurs pointillés lumineux que la vitesse supérieure des obus traçants  fait à nos sens précéder les crépitements de leurs départs.


Tirs de ZSU 23/2 ukrainien (distance:  environ 1 500m)


Peu de temps après des sifflements suivis d'explosions de 82mm sourdes et brèves annonçant l'entrée dans cette ce concert nocturne d'un mortier ukrainien surgirent de la direction Ouest. Obus après obus le 82mm a martelé le secteur pendant près d'une demi heure visant particulièrement une casemate voisine occupée également par notre unité. Au total 42 obus ont été tirés sur nos positions qui heureusement n'observèrent aucun tué ni blessé mais juste des dégâts matériels réparables sur les structures de 2 casemates.

Pendant tout ce bombardement martelant la steppe endormie, nous restons dans nos abris, surveillant l'horizon par les encoignures de nos embrasures, tout en comptant les secondes entre les départs des coupes assourdis par la distances et les impacts résonnant dans l'obscurité inondée de poussière. Une vingtaine de secondes entre départ et arrivée dont la cadence va s'accélérer après la fin des réglages par un chevauchement des séquences ou un deuxième mortier venu faire un duo nocturne.

A l'issue de ce "concert" nocturne un silence est retombé sous l'oeil unique de la lune projetant sur le sol labouré les ombres de chouettes revenus après le vacarme...

Au loin vers le Sud un autre bombardement continue à se faire entendre, confirmant que cette tactique d'épuisement menée par les forces ukrainiennes est générale sur l'ensemble du front...



Et vers 01h00 du matin, c'est le froid qui désormais s'abat dans le silence du front tandis que sur le côté de notre casemate enterrée la lune passe d'arbre en arbre comme un ballon que des géants décharnés se passeraient dans un mouvement ralenti dans une trajectoire Est-Ouest poursuivant l'orbe solaire disparue...

Je finis ma garde et rejoint au pied d'une mitrailleuse en dormition la chaleur de mon sac de couchage et la fuite de mes pensées vagabondes...


Erwan Castel

jeudi 12 septembre 2019

La force fragile

363


Dans les tranchées su Donbass, entre les observations tendues pendant les missions et les regards curieux pendant les repos, la moindre trace de vie dans ce paysage dévasté réveille l'esprit du soldat, surtout quand il est enlisé dans une attente silencieuse et immobile.


Jeudi 12 septembre 2019

Au milieu des replis terreux du front du Donbass, nous ne sommes pas les seuls êtres vivants à couler dans ces veines étranges et sinueuses que sont les tranchées. Ainsi de ce petit rongeur de le steppe (peut-être un mulot), zigzaguant d'un bord à l'autre d'une tranchée au fond de laquelle il s'était retrouvé, surgissant de nulle part au pays des géants que nous sommes.

Et je n'ai pas résisté à l'envie de le ramasser pour le remettre en liberté dans l'infini de sa steppe... Au moins jusqu'au prochain canyon abyssal creusé par des intrus humains....

Après l'émotion partagée du premier contact, la minuscule boule de poil à détendu ses quelques grammes de vie au creux de ma main, certainement surprise de n'avoir pas encore senti des griffes, un bec ou des dents éteindre les battements de son coeur dans l'impitoyable mais équilibrée loi de la Nature.

Quels étranges choix que de pouvoir un jour ôter la vie d'un congénère plus lourd que soi et un autre jour de sauver celle d'un être si minuscule que sans la gravité humaine de la guerre il n'aurait pas attiré l'attention même après avoir été écrasé par un godillot arrogant.

Et dans la matrice au milieu de la nuit, l'ombre projetée par la lune d'une chouette en chasse m'invite à fusionner dans mes pensées la proie du matin et le prédateur du soir, tout deux perpétuant souverainement le cycle invincible de la vie.

Cette Nature que l'Homme veut détruire ou asservir survit malgré tout, mais non sans dégâts, à notre espèce suicidaire qui aujourd'hui n'a de "sapiens" que le nom et dont les actions ne sont plus que mort, folie et désolation tant elle s'est séparée de la vraie vie dans un anthropocentrisme arrogant délirant et suicidaire.

A 00h39 un bombardement ukrainien au mortier de 82 mm frappant nos positions me fait troquer le stylo contre un fusil d'assaut et je repousse une nouvelle fois mes pensées à l'horizon lointain de mes espérances.

Erwan Castel

mercredi 11 septembre 2019

Sur position

362


Enfin de retour sur la première ligne du front, après 4 mois de missions de sécurisation de zone, d’entraînements au polygone et de services dans notre nouvelle caserne de compagnie au coeur de Donetsk.

Cette fois, c'est sur le front Sud bien malmené en ce moment que notre unité de la brigade Piatnashka est déployée, face à des positions ukrainiennes certes un peu plus éloignées que celles précédemment combattues sur le front de Yasinovataya, mais qui produisent beaucoup plus de bombardements et de missions de reconnaissances offensives.


Mercredi 11 septembre 2019

Au milieu d'un matin calme après un déplacement nocturne nous relevons nos camarades déployés sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk.

Ce front de Sasnovko sous une apparence coutumière de tranchées et casemates en réseaux est cependant différent de celui de Promka où nous étions précédemment engagés au Nord de Donetsk. 
  • Tout d'abord le paysage : alors qu'entre Yasinovataya et Avdeevka c'est une zone industrielle qui est le cadre des affrontements (Promka). Espace semi urbain et très cloisonné qui domine, ici nous sommes au milieu d'une steppe ouverte sur de vastes horizons légèrement vallonnés et au milieu desquels courent de maigres "zilonkas" (haies séparatrices arborées) et chemins de terre désertés.
  • Ensuite la situation militaire : Tandis qu'à Promka oles belligérants sont au contact les uns des autres (entre 100 et 500m), les avants postes ukrainiens ici se sont arrêtées à environ 500 mètres des positions républicaines, Si cette distance réduit le danger des tirs au armes légères, elle permet en revanche aux ukrainiens de réaliser plus souvent des bombardements sans risquer des dommages collatéraux.


C'est dans ce paysage morne d'où la vie semble s'être enfuie que nous réalisons dans le secret des tranchées et des casemates notre passage des consignes et des comptes rendus d'observation, géolocalisation des positions ennemies, déballage des conserves et rations. 

Et tandis que les silhouettes de nos camarades cheminant vers un repos mérité s'évanouissent dans les méandres des tranchées, commence notre première garde au créneau de l'empire, et que frémit sous les flammes d'un réchaud enchâssé dans la paroi de la tranchée le premier café sous un soleil amoureux caressant la steppe où les nuances des verts sylvestres et des jaunes agricoles alternent sous l'azur lumineux d'un été tenace.

Erwan Castel

mardi 10 septembre 2019

Passage rapide à Donetsk

361


De retour d'une mission dans le secteur de Gorlovka au Nord de la République Populaire de Donetsk, et avant de repartir vers le Sud dans le secteur de Novoazovsk, je profite de quelques heures de repos pour écraser ma fatigue dans l'insouciance d'une cité animée et festive profitant des dernières belles journées ensoleillées d'un été qui se retire doucement sur la pointe de ses crépuscules.


Mardi 10 septembre 2019

Et loin des crétins utiles et autres Brayard arrivistes léchant les culs d'affairistes aMoreau qui sèment le Néant dans les réseaux de soutien pro-russe qui ne sont pas libéraux comme eux, je savoure une bonne bière en compagnie de véritables amis...

Avant de rejoindre la caserne et le départ vers nos nouveaux avants-postes du front Sud, je passe saluer le président Alexandre Zakharchenko et Oleg Mamaiev, le commandeur de Piatnashka tous deux tués par cette guerre du Donbass et qui ont bien mérité de festoyer ensemble au Whalala.

A nous désormais de mériter des valeurs humaines et de combat qu'ils nous ont laissé en héritage.

Erwan Castel


lundi 9 septembre 2019

Dans les feux du Monde

360

Il y a 2 ans commençait mon déploiement sur le front de Yasinovataya au sein de la Brigade Piatnashka,

Depuis 2 jours nous sommes repartis sur ce front du Donbass où, loin des rodomontades masturbatoires des politiciens assis sur leurs tas de grains et de leurs chiens de garde médiatiques couchés devant leurs gamelles, des femmes et des hommes tombent chaque jour en défendant leur liberté et leurs traditions.


Dimanche 8 septembre 2019

Ce dimanche, le front de Gorlovka est pour une fois assez calme, son silence dérangé que par quelques tirs erratiques de mitrailleuses lourdes couvrant les rafales d'un vent d'automne.

Pendant les quelques heures de repos passées sur notre camp de base sylvestre à l'arrière des positions, j'ai eu un échange très intéressant avec un journaliste chinois à qui j'ai accordé une longue interview.
Nous avons échangé beaucoup au sujet des manifestations de Hong Kong où de la situation politico-militaire du Donbass, et j'ai été agréablement surpris par la clairvoyance de cet homme des antipodes concernant le dessous des cartes, le cynisme des discours politiques et notamment la trahison contenue dans les accords de Minsk.

Quelques instants plus tard un chien, compagnon d'infortune errant dans les ruines de la folie humaine, dans un rituel timide et quotidien, est venu de son vieux trottinement quasi aveugle mendier quelques caresses et morceaux de viandes avant de repartir vers ce nulle part d'où il surgit à chacune de nos arrivées.


Et dans la nuit qui recueille les premiers frimas de la saison je songe devant la danse des flammes à tous ces feux qui brûlent le monde: incendies des forêts nourricières, cocktails Molotov des manifestations, bombardements des guerres, mais aussi les feux souterrains des trahisons humaines qui brûlent la confiance et l'Honneur pour que triomphent la cupidité et la haine.

Mais fort heureusement, il y a aussi les feux de l'âme et du coeur, ceux qui transcendent les pensées et actes des hommes en chanson de geste sublimes ou héroïques.
Ces feux aujourd'hui ne brûlent plus dans les palais, les rois actuels ayant abandonné les chemins périlleux de l'Honneur héroïque pour se vautrer avec leurs courtisans à breloques dans les ravines pestilentielles des honneurs superficiels.

Je songe alors à ces hommes et ces femmes croisés quotidiennement sur le front ou dans les quartiers bombardés du Donbass, veillant de leurs yeux cernés de fatigue sur le silence d'une tranchée menacée ou le sommeil agité d'un enfant dormant à l'abri d'une cave. Loin des théâtres tragiques où se jouent les comédies des princes et des clercs gonflés d'arrogance, de certitudes et de mensonges, ces femmes et ces hommes sont à mon coeur le vrai peuple humain dans toute sa noblesse et sa tragédie.

Au loin, la gueule d'une mitrailleuse lourde crache son feu dans le noir silence d'un nuit sans lune tandis que chuchote la relève de sentinelles invisibles.

Et ces humbles anonymes de l'Histoire deviennent par leur sacrifice amoureux et désintéressé les forgerons héroïques de l'âme humaine, sublimant ces feux du monde dans lesquels ils sont jetés en athanor d'où ils extraient avec leur sueur, leurs sang et leurs larmes toute l'éthique et l'esthétique de l'existence vraie.

Les temps viendront j'en suis persuadé où le piétinement des peuples libérés fera s'écrouler les palais, les églises et les banques dans leurs propres feux de leurs pensées uniques esclavagistes. Alors les tyrans avec leurs courtisans et leurs larbins iront purifier leurs impostures criminelles dans le feu des bûchers populaires.

Mais avant que ne surgisse ce nouveau solstice de l'Histoire il sera nécessaire, comme l'enseignent les dieux anciens des mythes éternels, de passer d'abord par le brasier d'un chaos maturant. Et les survivants pourront alors allumer sur les ruines de notre vanité anthropocentrique de nouveaux feux naturels éclairant dans la nuit spatiale l'aventure humaine.

Erwan Castel


samedi 7 septembre 2019

Zakharchenko, un commandeur toujours vivant


La fin de ce mois d'août a été marquée par le premier anniversaire de l'assassinat du président Zakharchenko. A l'occasion de ce triste souvenir des commémorations diverses ont été organisées sur Donetsk et dont les échos ont retenti dans les conversations et les infos transmises jusque sur la ligne de front où j'étais avec mon groupe déployé au Nord de Gorlovka.

Répondant à un précédent article publié ici sur la disparition de Zakharchenko, plusieurs messages de pro ukrops dans des insultes qui ne révélaient que leur crétinisme haineux se sont réjouis de la mort de celui que les gens aiment à appeler "Batia" (le père). N'en déplaisent à tous ces pauvres débiles se cachant derrière l'écran de leur ordinateur et des pseudos anonymes, Alexandre Zakharchenko n'est pas mort car il continue à vivre à vovre dans les coeurs plus fort et plus haut chaque jour.


Des cérémonies, des concerts, des offices religieux d'hommage et de souvenir ont rythmé ces dernières journées la ville de Donetsk, et des dizaines de milliers de personnes sont venues témoigner de leur affection et remerciements pour l'oeuvre et le sacrifice accomplis par Alexandre Zakharchenko pendant ces 4 ans où il a offert sa vie pour le Donbass et fondé la République Populaire de Donetsk.

Ici dans les rues de Donetsk, point de mise en scène encadrée et orchestrée par la propagande et les services de l'Etat, point de grandiloquence dans les discours, ou de dramaturgie politicienne mais juste une émotion populaire simple et pure venant déposer au café Separ de son martyr, ou au cimetière de son repos éternel, des pluies de fleurs et de larmes silencieuses.


"Toute l’histoire de la Russie a été créée et s’articule autour d’un pilier. 
Un pilier qui correspond à aux désirs simples d’une personne ordinaire. 
C’est l’amour pour la mère patrie, l’amour pour la famille, l’amour pour la terre. 
Et c'est autour de ce pilier que l’État a été construit. 
Et puis les principes ont été adoptés et nous les formulons depuis longtemps: 
liberté, conscience, justice, égalité. 
C’est pour tout cela que, probablement, cela vaut la peine de construire un bon État."

Alexandre Zakharchenko


Parmi les manifestations organisées en hommage au Président Zaharchenko la pianiste internationale Valentina Lisitsa est venue donner un concert devant plusieurs milliers de personnes accompagnée de l'orchestre philharmonque dirigé par Vladimir Zavodilenko, et les chanteurs de l'Opéra de Donetsk. l'intégralité du concert ici :





Ce café Separ où "Batia" fut victime d'un lâche attentat terroriste est à 5 minutes de ma nouvelle caserne et je passe souvent devant le bâtiment griffé par l'Histoire et fleuri par le souvenir. Lorsque les gens viennent se restaurer, s'amuser où boire un verre entre amis sur ce beau boulevard Pouchkine où s'écoule la vie sociétale festive de Donetsk , il est fréquent de voir des gens venir se recueillir quelques minutes devant le café Separ pour y déposer des fleurs ou simplement des prières et parfois même au milieu de la nuit et du couvre feu.

Pour moi, ce sont ces marques d'amour et de respect profond, quotidiennes et anonymes, qui révèlent la dimension réelle et populaire que tient définitivement cet homme dans les coeurs et l'Histoire du Donbass. Car au delà de ses qualités et ses défauts que son travail accompli ou inachevé, Zakharchenko incarne l'espérance, le courage et la liberté du Donbass.


Aujourd'hui, celui qui guida l'espérance de tout un peuple pendant plus de 4 ans est devenu un phare dans les mémoires de millions de personnes qui ont volontairement héritées de sa vision idéologique, politique et sociétale, empreinte de devoirs autant que d'humanisme. Et ceux qui ont cru assassiner le "Printemps russe" en tuant celui qui était le gardien de sa flamme se sont lourdement trompés car en enterrant "Batia" le peuple du Donbass n'a pas mis en terre la dépouille inerte d'un homme, mais il a planté dans le terreau de son histoire une graine d'espérance et de courage qui bourgeonne à présent dans les coeurs de celles et ceux qui préfère les chemins escarpés et dangereux menant à la liberté que les ravins moelleux conduisant à l'esclavage.

De son vivant, Alexandre Zakharchenko trouvait toujours le temps de venir rencontrer et écouter les femmes et les hommes du Donbass, il disait y puiser toute la force morale et le courage nécessaires pour continuer à assumer ses devoirs d'homme, de président, de commandeur de la jeune République Populaire de Donetsk.

Aujourd'hui c'est au tour des femmes et des hommes du Donbass d'écouter les paroles de ce personnage hors du commun qui semblait sortir d'une forge du Donbass et pourtant au coeur tellement humain.


"Tôt ou tard, nous ferons à nouveau partie de notre grande patrie. 
Mais c’est une chose de tomber dans l’euphorie, 
et une autre est de passer par de telles épreuves"

Alexandre Zakharchenko


Pour répondre à ces collabos 2.0 qui se réjouissent de la mort de Zakharchenko, je dirais simplement que la partie la plus importante de sa vie a commencé ce 31 août 2018, quand la bombe d'un lâche a semé son exemple dans le coeurs de chacun d'entre nous qui continuons à avancer, avec une arme, un outil, ou un clavier sur le chemin qu'il a ouvert par son sacrifice. 

En pensée et en actes, nous sommes ses héritiers...

... et nous sommes des millions !

Merci à vous commandeur pour tout ce que vous avez fait autour de nous et tout ce que vous continuerez à nous montrer dans nos coeurs !

Erwan Castel

Merci à Svetana Kissileva pour ses photos belles et émouvantes.


"Vous avez probablement remarqué vous-même 
que je ne suis pas une personne qui pleurniche. Cependant, pendant cette guerre, 
il y avait des moments où les larmes ne pouvaient pas être retenues. 
Et non."

AlexandreZakharchenko


vendredi 6 septembre 2019

Au milieu des ruines !


Dans le précédent article je rendais compte de la violence des bombardements réalisés ce matin 6 septembre 2019 sur Kachkarskoye, un village pourtant éloigné du front du Donbass et qui est situé dans le Sud de la République Populaire de Donetsk. Dès le premier obus la communauté, qui commençait à peine à se réveiller, s'est précipitée dans les caves de leurs maisons aux murs épais et pleins, évitant ainsi une tragédie humaine. Une femme a cependant été gravement blessée par des éclats d'obus et évacuée vers l’hôpital. Moins d'une heure plus tard ce bombardement aurait fait vraisemblablement un carnage parmi cette population agricole matinale.

Voici une petite vidéo réalisée par des observateurs à partir d'un drone quelques heures après le pilonnage de ce village agricole paisible. 


Des villages ou districts urbains réduits en cendre par l'artillerie ukrainienne comme Kachkarskoye, il y a en a des dizaines sur les 400 kilomètres de la ligne de front du Donbass. Certains sont soumis à des tirs quotidiens depuis 5 ans comme Sahanka, Shirokino, Trudovsky, Zaitsevo, Oktyabrsky où Kominternovo un autre village situé dans le Sud de la République Populaire de Donetsk et qui a été également bombardé fortement aujourd'hui.

Voici quelques images de ce village d'Europe martyrisé en ce début du XXIème siècle dans une guerre haineuse et absurde déclarée contre le monde russe et dans une indifférence occidentale organisée et criminelle.










Pour ces bombardements les forces ukrainiennes utilisent des munitions incendiaires et des munitions à fragmentation pour faire le maximum de dégâts et de rayonnement mortel. chaque attaque de l'artillerie ukrainienne est précédée de vols de drones d'observation qui géolocalisent les cibles et d'autres vols qui observent et corrigent les tirs pendant les bombardements. Donc il est impossible d'identifier ces destructions d'habitats civils comme des "dommages collatéraux" à des combats militaires. Ce sont ouvertement des opérations destinées à tuer, terroriser et faire fuir une population civile. 

Au cours de la semaine écoulée, minimum 8 soldats ont été tués et 2 femmes civiles ont été blessées.

Mais malgré la mort qui rôde en permanence au dessus de leurs têtes, de nombreuses familles, par choix mais aussi par obligation restent sous les orages d'acier. Et lorsque la nuit tombe sur les champs de ruines du Donbass il n'est pas rare de voir s'allumer au milieu des maisons éventrées de petites lumières tremblantes comme autant de cris de vie crevant l'obscurité macabre du front. Et ces étoiles terrestres allumées nuit après nuit depuis 5 ans dans une roue de la steppe aux rigoureux hivers, témoignent de la foi et de l'espérance invaincues de ce peuple russe hors du commun. 

Le Donbass c'est aussi et surtout cela : une capacité de résilience et un courage incroyables d'une population démunie et assiégée par la haine depuis plus de 5 ans.

Erwan Castel


Bombardements ukrainiens lourds


Aujourd'hui l'artillerie ukrainienne a redoublé l'intensité de ses bombardements sur les territoires de la République Populaire de Donetsk. Cette escalade qui est coutumière des veilles de réunions du groupe de travail Minsk2 a été particulièrement violente sur le Front Sud, dans le secteur de Novoazovsk. 

En effet les forces de Kiev ont utilisé des obusiers de calibre 152mm pour tirer sur Kachkarskoye un village agricole pourtant situé à 10 kilomètres à l'arrière de la ligne de front dès 05h45 du matin dans des bombardements divers qui se sont poursuivi dans la matinée.

Ainsi ce sont 30 obus de 152 mm, 8 obus de mortier de 120 mm et 7 de 82 mm qui se sont abattu sur cette localité, provoquant d'importantes destructions. 1 femme a été blessée, 4 maisons détruites et le jardin d'enfant et l'école endommagés, ainsi que des terres agricoles brûlées.


C'est la première fois depuis l'instauration d'une nouvelle trêve illimitée (évitons de rire!) le 21 juillet dernier que le commandement ukrainien de l'Opération des Forces Combinées emploie l'artillerie lourde de 152mm... et en plus sur des objectifs civils !!

Parallèlement à ce terrorisme d'Etat, l'armée ukrainienne continue sa guerre de harassement contre les lignes de défense républicaines où tombent quotidiennement, tués ou blessés des soldats. Ainsi,la veille, un soldat de la république avait encore trouvé la mort et un autre des blessures lors de nouveaux bombardements de Kiev sur le front de Gorlovka et qui accompagnaient une reconnaissance offensive ukrainienne qui a été repoussée en subissant des pertes importantes.

Fidèle à leur vantardise habituelle, les "ukrops" publient le lendemain au plus tard les vidéos de leurs drones d'observation corrigeant les tirs sur les positions républicaines. Ainsi par exemple cette vidéo où des tranchées et casemates défendant le secteur de Novoazovsk sont pilonnées par des mortiers de 120mm  et des obusiers de 122mm ukrainiens.



Pendant ce temps là, pris en otage par le théâtre cynique d'une géopolitique internationale mais aussi la promesse d'un prochain échange important de prisonniers, les diplomates des républiques populaires de Donetsk et Lugnask continuent à jouer le rôle pathétique des dindons de la farce de Minsk...

Erwan Castel
Kominternovo, une autre village de ce front Sud
quasiment rayé de la carte par les forces ukrainiennes

jeudi 5 septembre 2019

D'un combat à un autre


Le 25 août dernier, j'informais de l'état de santé d'un volontaire et camarade tchèque, grièvement blessé dans l'explosion d'une mine antipersonnelle le 16 août sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk.

Aujourd'hui, Pavel est toujours entre les mains des chirurgiens de l'hôpital de traumatologie de Donetsk qui poursuivent leurs opérations successives pour stabiliser la jambe amputée. Ces opérations (déjà 3 réalisées), cherchent à limiter au maximum l'amputation jusqu'à ce que les risques d'infections aient disparu.

Même si il faut attendre des délais importants avant d'engager une rééducation, la recherche d'une prothèse adaptée à la morphologie athlétique de Pavel a déjà commencé et des collectes de dons ont été engagées pour permettre l'acquisition d'une prothèse sportive. 

Cet homme passe d'un combat à l'autre sans faillir, sur le ring, le champ de bataille ou dans un lit d'hôpital il continue à défendre les valeurs de l'existence qui font la dignité humaine. 

Pavel, un camarade, un ami et un exemple de courage et de fidélité.

Erwan Castel

Si vous voulez participez à l'achat de cette prothèse, vous pouvez le faire sur la cagnotte leetchi suivante en mentionnant "Pour Pavel" en commentaire :


Voici ci après un article du média russe Eurasia Daily qui a fait un reportage auprès de Pavel au sortir de sa troisième opération. La journaliste Kristina Melnikova est allée à la rencontre de cet homme humble et courageux qui ne regrette rien de son engagement pour défendre la Liberté du Donbass.


Source de l'article : Eurasia Daily

Le champion tchèque de boxe thaïlandaise
ne regrette pas d'avoir perdu sa jambe
 dans les batailles du Donbass

Pavel Botka. Photo d'une page personnelle du réseau social.

Kristina Melnikova 

Dans le Donbass, Pavel Botka, un volontaire tchèque qui était auparavant un athlète professionnel de MMA, champion d'Europe de boxe thaïlandaise a été blessé . Le 16 août, il a explosé sur une mine antipersonnel et a perdu une jambe. Mais malgré cela, Pavel Botka ne regrette pas son choix et déclare que, même en sachant d'avance ce qui s'était passé, il resterait tout de même volontaire pour soutenir les habitants de Donbass. Un correspondant d’ EADaily est venu à l’hôpital chez Pavel et lui a expliqué pourquoi il avait décidé que la guerre dans le Donbass était sa guerre.

Pavel Botka. Photo d'une page personnelle du réseau social.
Nous rencontrons Pavel à la traumatologie régionale de Donetsk quelques heures après l'opération. Il s'agit de la troisième opération, car la jambe amputée sous le genou doit être coupée de plus en plus haut afin d'éviter un empoisonnement du sang. Que cette opération soit la dernière ne sera connu qu'après quelques jours. Pavel est soutenu par des amis et des camarades. Un volontaire slovaque, Martin, m'a parlé de sa blessure. À l'hôpital, j'ai rencontré son ami de la République tchèque, Yuri Urbanek, avec l'indicatif d'appel "Begemot", avec lequel il a servi au front. Yuri est toujours avec son ami, préparant des shakes protéinés pour lui, et l'épouse russe Yuri, qui a servi également avec lui dans la milice, ramène les déjeuners à la maison à l'hôpital.

Le courage et la volonté de Pavel ne peuvent qu'être enviés - il n'a pas l'air épuisé, donne calmement les interviews, déclare soit s'être relevé, il va passer devant. Mais pour se tenir debout, il a besoin d'une prothèse sportive qui ne limite pas une personne en mouvement. Aujourd'hui, Pavel est aidé par le volontaire français Erwan Castel et Alexei Smirnov du Bataillon Angel. La seule fois où Pavel se permet de montrer la faiblesse de sa sentimentalité et dans son refus de prévenir sa famille. Il ne veut pas inquiéter sa mère et quand elle l'appelle, Pavel lui dit qu'il est maintenant en vacances.

- Pavel, raconte-nous comment tu t'es retrouvé dans le Donbass?

- Je viens de la République tchèque et en 2014, avec mon ami Yuri, nous sommes allés en Ukraine pour voir de nos propres yeux ce qui s'y passe. Nous voulions comprendre si cela valait la peine de croire à la télévision russe, si c'était vrai ou juste de la propagande russe. En Ukraine, alors que nous étions à Kiev et dans les villes voisines, nous étions convaincus que la télévision russe ne mentait pas et parlait de la situation en Ukraine.

- Qu'est-ce qui t'a impressionné là-bas?

-  Nous avons vu de nos propres yeux des Nazis qui n'ont pas hésité à se saluer avec des cris de «zig heil». Leurs grands-pères et leurs grands-mères dans le passé ont repoussé les nazis pendant la guerre et, après de nombreuses années, ils n’ont pas hésité à lever la main pour le salut nazi. Tout ce que la «propagande russe» nous a dit, nous l'avons vu de nos propres yeux. Et ensuite, nous avons décidé d'aller dans le Donbass pour aider le peuple contre lequel l'Ukraine avait déclenché la guerre. Début avril 2015, nous sommes arrivés à Donetsk, enrôlés dans la brigade internationale Pyatnashka, puis dans la 100ème brigade, combattant dans la région d'Abakumov, dans la région de Maryinsky, dans la région du Krasnei Partizan. Récemment, je servais  sur le front de Mariupol, dans le secteur de Sahanka.

Pavel Botka (à l'extrême gauche). Photo d'une page personnelle du réseau social.

- Que faisais tu dans la vie civile ?

- J'étais un athlète professionnel, engagé dans les arts martiaux, j'étais le champion tchèque en MMA, le champion d'Europe en boxe thaï. Puis j'ai commencé une carrière de garde du corps. Avec mon ami Yuri, nous avons ouvert une entreprise de sécurité à Chypre. Et nous avons beaucoup voyagé en Afrique et en Amérique du Sud.

- Comment avez-vous entendu parler de la guerre dans le Donbass?

- Quand le Maïdan a commencé, j'étais en Amérique du Sud et, de là, j'ai regardé ce qui se passait. Sur le Maïdan, la police a commencé à être brûlée, ils ont été bombardés avec des cocktails Molotov. Je ne protège pas toujours la police, mais je n'ai pas aimé ce que j'ai vu là-bas. Il y a eu ensuite Odessa, où ils ont brûlé des gens, sans épargner ni les femmes ni les adolescents. Et jusqu'à ce jour, personne n'a été puni pour cela.

- Avez-vous été mécontent de ce qui se passe en Ukraine? Quelle humeur régnait là-bas à votre arrivée?

- Indifférence ou peur. Les gens peuvent parler, mais personne ne voulait agir. Je crois que cela ressemble plus à l'indifférence qu'à la peur.

- En République tchèque, les gens sont-ils au courant de cette guerre, s'y sont-ils intéressés?

- Nous avons essayé de créer un centre de représentation de Donetsk en République tchèque. Nous avons parlé à des personnes, des journalistes de la République tchèque, nous les avons informé de ce qui se passe dans le Donbass. Au niveau de l'Etat la république tchèque soutient le régime de Kiev, à l'exception du président qui a sa propre opinion personnelle.

- Qui est responsable de ce que cette guerre a commencé?

- Tout d'abord, les Ukrainiens qui font preuve d'indifférence. S'ils s'étaient s'opposés immédiatement aux nazis, rien ne se serait passé ici. Et d'un point de vue géopolitique, les Américains et l'Occident sont à blâmer.

- Qu'avez-vous ressenti pour le passé de nos États? L'URSS et la Tchécoslovaquie étaient des alliés.

- Depuis l'école, on nous a appris à nous méfier de la Russie. Et je n'ai pas aimé la Russie. Mais lorsque j'ai commencé à voyager à travers le monde, j'ai remarqué que la Russie aidait de nombreux pays. Cela a été vu en Afrique, en Amérique du Sud. Ils sont bien traité par la Russie.

- Maintenant tu veux aller en Russie?

- Oui, je veux aller dans le Caucase, il y a une très belle nature. Il y a beaucoup de beaux endroits en Russie.

- Était-il difficile de trouver une langue commune la première fois que vous êtes arrivé dans le Donbass? Est-ce que la mentalité diffère?

- Au début, je ne parlais pas du tout le russe, mais 80% de ce qu'ils m'ont dit j'ai compris. Notre mentalité est très similaire. De plus, nous avons fait une cause commune qui a réuni tout le monde.

- Comment as-tu été blessé et est-ce le premier?

- Le 16 août, j'ai marché sur une mine antipersonnel sur le front Sud au cours d'une mission. Aujourd'hui c'était la troisième opération. Son succès sera connu dans quelques jours. En 2016, j'avais déjà été blessé à la jambe par un shrapnel à Trudovsky. Ensuite, l'APU a tiré pendant deux heures.


- A votre avis, Zelensky va t-il changé quelque chose sur le front ?

Il parait qu'il a déclaré "vouloir mettre fin à la guerre." Mais cent jours se sont écoulés et je n'ai pas remarqué d'amélioration de la situation militaire. Depuis le début de l'année, nous avons beaucoup de blessés et de morts.

-  De quelle type de votre prothèse avez vous besoin ?

- J'aimerais vraiment une prothèse sportive pour pouvoir faire de l'haltérophilie. Je pratique le sport professionnel depuis plus de 10 ans, une prothèse sportive me permettrait de poursuivre mes études. De plus, je veux revenir au premier plan. Cette prothèse est comme une seconde jambe, avec elle, il n’y a pratiquement aucune restriction de mouvement.

- Quels sont les volontaires qui t'aident  maintenant ?

- Erwan Castel m'aide, c'est un volontaire français et une très bonne personne. Egalement Alexei Smirnov du bataillon "Angel" m'aide. La nutrition sportive est fournie par le Sportmaster Fight Club.

- Peut-être que tu aimerais dire quelque chose sur toi-même?

- J'ai été gravement blessé, ce qui est difficile à prévoir. Mais je peux dire que je ne regrette pas d'être venu ici pour aider les gens.

Kristina Melnikova