lundi 17 janvier 2022

Des forces spéciales ukrainiennes... très spéciales

Lorsque l'on croise les déclarations des responsables occidentaux avec les actions de l'OTAN, on voit émerger plus précisément cette stratégie étasunienne qui cherche à déstabiliser la Russie, politiquement (avec la 5e colonne des Navalny and Co), économiquement (avec les sanctions et embargos anti-russes) mais aussi militairement en formant, équipant et contrôlant des forces militaires ukrainiennes devenues progressivement depuis le Maïdan le proxy zélé, décomplexé et suicidaire, au service d'un Nouvel Ordre Mondial qui lui, veut juste ramasser les marrons du feu allumé sans que l'OTAN se brûle les doigts.

Du côté de l'Ukraine

Insigne des Forces Spéciales ukrainiennes
avec leur devise : "Je viens à toi"

Alors que le renforcement des unités en première ligne se poursuit et que la mobilisation des forces de défense territoriales a commencé, le parlement ukrainien, Verkhona Rada, a enregistré un projet de loi (n ° 6486) afin d'élargir les capacités et les missions des forces spéciales ukrainiennes qui élargira les capacités des forces d'opérations spéciales. Selon le projet de Avec cette loi, le Commandement des forces spéciales "sera autorisé à effectuer des renseignements spéciaux dans l'intérêt de la préparation et de la conduite de ses propres opérations spéciales, combats et opérations spéciales, et de l'organisation d'un mouvement de résistance". Jusqu'à présent ces missions étaient sous l'autorité des "Direction principale du renseignement du ministère de la Défense", le "Service de renseignement étranger", le" Service de sécurité de l'Ukraine et le renseignement du Service des frontières".

Avec cette loi, les Forces spéciales ukrainiennes qui rappelons le sont encadrées par des "instructeurs" de l'OTAN (300 SAS britanniques pour la seule base de la 73e détachement spécial naval basée à Ochakov à l'embouchure du Dniepr) aura le droit de mener à sa propre initiative des activités opérationnelles pour les activités de renseignement et de contre-espionnage à l'intérieur du pays et à l'étranger et n'aura de compte à rendre qu'à l'Etat Major des Forces armées ukrainiennes.

Cela signifie que l'OTAN va disposer, et de façon plus autonome, d'une force militaire auxiliaire ukrainienne qu'elle forme et encadre pour mener par proxy des opérations spéciales dans le Donbass, en Mer Noire voir éventuellement pour réaliser un coup d'Etat militaire à Kiev si le régime politique venait à abandonner son rôle de kamikaze russophobe.

Il faut considérer cette loi comme le prolongement d'un contrôle opérationnel des forces ukrainiennes par le commandement politico-militaire de l'OTAN, qui a accordé une priorité à la normalisation des commandos ukrainiens, dont le 140e centre d'opérations spéciales a été certifié OTAN en tant qu'unité d'opérations spéciales pouvant être impliquée dans la Force de réaction de l'OTAN , la première d'un État non membre de l'OTAN. 

D'ailleurs, les forces spéciales ukrainiennes, en plus des missions réalisées en Crimée et sur le front du Donbass, où par exemple le 5 décembre 2016 une unité du  73e centre naval spécial a subi des pertes (dont un canadien) près de Vodyanoye (front Sud de la République Populaire de Donetsk) sont déjà intervenues aux côtés de l'OTAN, comme août 2021 pour sécuriser l'extraction de ressortissants canadiens d'Afghanistan.  


Du côté de la CIA


Et cette autonomisation militaire, politique et législative des Forces Spéciales ukrainiennes n'est certainement pas sans rapport avec ce "programme de la CIA" révélé cette semaine par des médias occidentaux visant à former des unités paramilitaires à des actions insurrectionnelles et opérations spéciale dans le cas d'un conflit russo-ukrainien. Ce programme lancé en 2015 par le gouvernement Obama, suite à la situation en Crimée où 75% des forces ukrainiennes de la péninsule avaient rejoint les forces russes qui y étaient implantées s'est donné pour objectif d'assurer à la cause de l'OTAN des unités d'élite spécialement formées pour des opérations spéciales (renseignement, sabotage, assassinat et terrorisme) et de subversion (émeutes, propagandes...)

Bien qu'aussitôt démenties par l'administration Biden ces informations concernant ce programme insurrectionnel de la CIA pour l'Ukraine a bien été confirmé par d'autres sources comme par exemple le Mirror ou le New York Times qui rapporte que lors de discussions avec les alliés, de hauts responsables de l'administration Biden ont fait savoir que "la CIA (secrètement) et le Pentagone (ouvertement) chercheraient tous deux à apporter leur aide à toute [éventuelle] insurrection ukrainienne", rapporte ainsi  le 14 janvier.

La présence d'agents de la CIA en Ukraine est attestée depuis le Maïdan et depuis dans plusieurs ministères ukrainiens où l'agence étasunienne avec le Pentagone et la NSA ont implanté des "conseillers spéciaux" et des instructeurs pour encadrer la normalisation mais certainement aussi l'engagement des agents et des forces spéciales ukrainiennes. 

Et, pour "rajouter une couche" à cette stratégie de Washington en Ukraine et qui y est mise en œuvre depuis 8 ans, il faut noter également le retour visible de Sociétés Militaires Privées étasuniennes, dont on sait qu'elles sont pilotées par la CIA et le Pentagone, jusque sur le front du Donbass comme par exemple à Avdeevka où 120 de leurs mercenaires ont été repérés en même temps et lieu que des livraisons d'agents chimiques en décembre 2021.


Du côté de l'OTAN

Les ressources du renseignement de l'OTAN continuent d'effectuer des missions de reconnaissance opérationnelles le long des frontières maritimes et terrestres russes et le long de la ligne de front du Donbass, où ses aéronefs, principalement de l'US Air Force et de la Royal Air Force collectent des renseignements au profit de l'Etat Major de l'OTAN mais aussi, sans l'ombre d'un doute, de l'Etat Major ukrainien.

Le 14 janvier 2022, un  Boeing RC-135V "Rivet Joint" de l'US Air Force, (imm. 63-9792) en 
provenance de la base aérienne de Souda , a effectué une nouvelle mission de reconnaissance 
en mer Noire le long de la côte de la péninsule de Crimée et de la région de Krasnodar. 

Concernant les aides militaires de l'OTAN aux forces armées ukrainiennes

Après que l'administration Obama ait excité les manifestations sur le Maïdan, fomenté le coup d'Etat, engagé le processus d'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN et que l'administration Trump ait autorisé la livraison d'armes aux forces armées ukrainiennes, l'actuelle administration Biden augmente considérablement l'aide financière, l'assistance technique (instructeurs et conseillers), et les livraisons d'armes qui atteindront 500 millions de dollars pour le budget 2022.

Ces aides militaires étasuniennes parviennent aux forces ukrainiennes par voie maritime pour les "gros colis", parfois par voie terrestre via les bases de l'OTAN en Europe, et souvent par voie aérienne, par gros porteurs militaires:

Le 15 janvier, un transporteur C-17 de l'US Air Force en provenance d'Helsinki avec un 
chargement militaire est arrivé à Kiev, alors que la Finlande vient de déclarer finalement 
ne pas vouloir intégrer l'OTAN avec une cargaison inconnue. C'est le deuxième C17 US
qui est repéré arrivant à Kiev avec un chargement militaire depuis le début de l'année

Et, à ces livraisons directes de l'industrie militaro-industrielle étasunienne il convient aussi de rajouter celles des pays de l'OTAN, qui sont également en augmentation exponentielle, comme les patrouilleurs français ou les drones d'attaque turcs par exemple.

Ainsi cette semaine, l'Agence d'approvisionnement de l'OTAN a annoncer vouloir organiser le transport maritime de trois hélicoptères Mi-17 depuis Veracruz (Mexique) jusqu'à Odessa (Ukraine). Conformément aux termes de référence, la cargaison sera prête au plus tôt le 7 février et sera livrée à Odessa 2 semaines plus tard. Il s'agit probablement des 3 hélicoptères Mi 17 de l'armée de l'air afghane signalés en août 2021 en Ouzbékistan (pays d'Asie centrale pro-OTAN) et récupérés en novembre 2021. 


Il est significatif d'observer que ces aides militaires accélérées et multiples étasuniennes (dont la rallonge de 200 millions de dollars accordée par le Pentagone en décembre 21) interviennent précisément au moment où les tensions autour de la militarisation de l'Ukraine par l'OTAN entre Maison Blanche et Kremlin sont à leur comble, et alors que Biden avait pourtant déclaré en novembre 2021 sur CNN qu'il craignait que "l'envoi supplémentaires d'armes à l'Ukraine risquait de provoquer une montée des tensions avec Moscou". Encore une preuve que ces mondialistes ne sont que des menteurs et des incendiaires !

Et ailleurs sur "le front de l'Ouest"

Sur les autres frontières occidentales de la Russie, les forces de l'OTAN ne sont pas en reste et mènent aussi des manœuvres et déploiements qui dans le cadre des revendications sécuritaires russes et des pourparlers internationaux du moment montrent clairement leur dimension provocatrice à l'encontre de Moscou.

Aujourd'hui 17 janvier 2022, un avion de la République allemande est arrivé à Kiev avec une délégation diplomatique dont la Ministre des Affaires Etrangères et des généraux allemands.


Plus au Nord, l'Estonie envisage le déploiement de 5000 hommes supplémentaires de l'OTAN sur son territoire. 

Du côté de la Russie

De son côté, la Fédération de Russie prend acte des activités provocatrices de l'OTAN et y répond symétriquement comme par exemple son intention de déployer des bases à Cuba et au Vénézuela ou de lancer pour février des exercices militaires conjoints entre troupes de la Fédération de Russie et celles de la Biélorussie.

Commentant ce 17 janvier l'annonce d'un éventuel déploiement supplémentaire de troupes de l'OTAN en Estonie le Kremlin a déclaré que "c'est la preuve que nos préoccupations sont justifiées et que ce n'est pas la Fédération de Russie qui intensifie les tensions".

Aussi, les forces russes maintiennent leurs mouvements dissuasifs de convois militaires vers les frontières occidentales de la Fédération soulignant que les demandes de Washington cherchant interdire aux forces russes de se déplacer sur leur propre territoire fédéral sont autant arrogantes que stupides, surtout quand les forces étasuniennes se déploient en Europe de l'Est, à 8000 km de leur territoire :


Les mouvements des troupes russes vers le front occidental sont pour la plupart la
première étape de vérification du groupement régional de troupes et qui se terminera 
en février par l'exercice frontalier biélorusse-russe "Allied Resolve-2022" 


On voit ici que Washington a développé en Ukraine des forces auxiliaires, tout gardant les forces de l'OTAN loin d'un engagement armé direct et sa responsabilité loin de la juridiction internationale.
  • paramilitaires néos-nazis, les idiots utiles
  • forces armée régulières, les consommables
  • forces spéciales infiltrées, les incendiaires
  • mercenaires des sociétés privées, les saboteurs
  • auxquels ils espèrent rajouter des partisans locaux, les kamikazes 
En conclusion, le veneur étasunien tout en restant lui même à l'abri des coups excite ses clébards ukro-atlantistes, leur formate les cervelles, leur aiguise les crocs et remplit leurs gamelles pour mieux les lâcher contre l'ours, dont il n'attend qu'un grognement pour pouvoir le confiner économiquement.

Erwan Castel

dimanche 16 janvier 2022

Quand un false flag peut en cacher un autre !

Chaque jour, dans une russophobie hystérique croissante les faucons de guerre occidentaux nous bombardent d'allégations toutes plus fantaisistes les unes que les autres mais unies dans cette volonté on ne peu plus claire de conditionner l'opinion publique à une nouvelle en Europe, en incriminant bien évidemment le "diable" russe ! 

Dans le précédent article, j'avais déjà évoqué les fantasmes de la propagande ukro-atlantiste concernant l'invasion russes de l'Ukraine, les attaques contre l'Ukraine par des hackers forcément russes, un false flag chimique russe qui serait imminent, comparant ces hallucinations à un delirium tremens idéologique qui, au vu des nouvelles informations se révèle être un doux euphémisme cachant une véritable schizophrénie collective de l'administration étasunienne.

Maintenant les opérations sous faux drapeau ukrainien qui vont être menées par des russes dans le Donbass évoluent vers des actes de sabotages et des attentats à l'explosif !:

  • le 13 janvier, Jake Sullivan, conseiller spécial du président Joe Biden déclarait que Washington  "dispose d'informations indiquant que la Russie a déjà prépositionné un groupe d'agents pour mener des opérations sous fausse bannière dans l'est de l'Ukraine", mais sans toutefois dévoiler une seule de ces "informations"...
  • le 14 janvier, Jen Psaki, la porte parole de la Maison blanche a déclaré "La Russie a dépêché en Ukraine des agents chargés de mener des opérations de "sabotage" afin de créer un "prétexte" pour une invasion" et que "L'armée russe prévoit de commencer ces activités plusieurs semaines avant une invasion militaire, qui pourrait commencer entre mi-janvier et mi-février", mais sans apporter aucune preuve...
Jen Psaki, le 14 janvier 2022
  • le 14 janvier, l'amiral John Kirby, le porte parole du Pentagone déclarait que Washington "dispose d'informations indiquant que la Russie a déjà prépositionné un groupe d'agents pour mener des opérations sous fausse bannière dans l'est de l'Ukraine", et que "ces agents sont entraînés à la guérilla urbaine et à l'utilisation d'explosifs pour mener des actes de sabotage contre les forces alliées de la Russie (les milices pro-russes), en se faisant passer pour des Ukrainiens"
Jon Kirby, le 14 janvier 2022

Dès lors, tous les clébards occidentaux s'en donnent à coeur joie, rejoignant avec zèle et excitation la meute aboyante étasunienne qui pourtant leur ressert mais avec une sauce ukrainienne le même plat que Colin Powell avait agité en 2003 devant l'ONU au sujet des armes de destruction massives irakiennes ou celui de Sarkozy en 2011 au sujet d'une menace libyenne contre Benghazi.

Cette accusation de false flag russe qui exacerbe l'accusation d'une "invasion russe" imminente de l'Ukraine encourage et même protège désormais toute acte criminel ukrainien en direction des républiques de Donetsk et de Lugansk car c'est Moscou qui sera aussitôt sentencié dans l'opinion publique par un "on vous l'avez bien dit !" de la Maison Blanche, qui libérera aussitôtet sans vergogne ses tsunamis économiques contre la Fédération de Russie et ses aides militaires à ses kamikazes ukrainiens.


Mais selon moi, au vu des activités militaires "habituelles" du front, le plus probable qu'il puisse arriver pour faire péter le détonateur militaire ukrainien d'une guerre économique étasunienne, c'est la répétition d'un scénario du type de celui de 2103 à la Goutha en Syrie (avec ou sans arme chimique) pour pouvoir accuser à chaque étape de sa mise en œuvre les pro-russes républicains et les forces spéciales russes :

  1. les ukrainiens initieraient des bombardements suffisamment meurtriers pour les forces républicaines afin de les pousser à réagir, 
  2. au cours des ripostes républicaines, un "false flag" ukrainien pourra alors facilement viser des populations civiles avoisinantes dans une frappe ou un attentat meurtrier,
  3. les pertes subis par les civils mobiliseront et conditionneront alors l'opinion internationale autour des sanctions occidentales et/ou une attaque ukrainienne majeure. 

Kiev maintenant n'attend que le feu vert de Washington pour partir se suicider et seul dans la steppe du Donbass, car pas une seule botte de l'OTAN ne veut venir se faire trouer la peau pour Donetsk, Lugansk et encore moins Sébastopol, d'où l'arrivée de plus en plus importante des têtes inertes du "Secteur Droit" et autres idiots utiles néo-nazis de la ploutocratie mondialiste, qui iront même en chantant rejoindre en enfer leur gauleiter Bandera. 

Après comment évoluera l'escalade militaire en elle-même, plusieurs scénarios sont possibles, depuis une offensive ponctuelle pour déstabiliser la défense républicaine à un retour à cette guerre d'attrition qui dans le rapport de force de 5 contre 1 favorisera à terme l'Ukraine, même à pertes égales, en passant par une offensive générale tentant d'enlever coûte que coûte le Donbass en quelques jours.

Quoiqu'il en soit, la Fédération de Russie, une fois les sanctions dites "infernales" déclenchées contre elle n'aura rien à perdre de plus que de traiter une bonne fois pour toute ce furoncle ukrainien et de libérer toute la Novorossiya !

Erwan Castel


Delirium tremens ukro-atlantiste

"Les russes arrivent !"
 

Le problème avec les propagandistes de tout pays (y compris la Russie et particulièrement les français convertis), c'est qu'ils finissent par croire à leurs mensonges et leurs diffamations. Et ceci est particulièrement éclatant avec les médias ukro-atlantistes dont les prétendus journalistes ne sont que des journalopes sachant lire sur leurs prompteurs ou recracher mot pour mot les fantasmes d'une idéologie dogmatique dont ils ne comprennent même pas les véritables objectifs mais qui leur a confié la mission sacrée de manipuler les foules au côté des programmes scolaires et des affiches culturelles faisant la promotion d'une pensée unique manichéiste progressiste portée par un consumérisme de la marchandise aliénant.

Dans ce domaine de la manipulation des foules, la russophobie hystérique que l'on peut observer dans tous les domaines de la communication occidentale peut selon moi être apparentée à un délirium tremens d'une pensée unique mondialiste qui, dans une dépendance vitale des délires hallucinatoires produit par sa propagande de guerre, est devenue aujourd'hui complétement irrationnelle.

Depuis la restauration de la puissance internationale du Kremlin, qui a évité que la Russie ne disparaisse dans l'effondrement du système soviétique, la ploutocratie internationale, enragée de voir la voir échapper aux rets de son Nouvel Ordre Mondial" mène depuis l'arrivée à sa barre de Vladimir Poutine une véritable croisade de diabolisation et d'actions de plus en plus agressives contre la Fédération de Russie au sacro-saint nom des "droits de l'homme" via une l'OTAN qui, selon son Secrétaire Général Stoltenberg ne serait qu' "une organisation défensive répandant la démocratie". Et depuis le coup d'Etat du Maïdan fomenté par les officines atlantistes, ce délirium tremens occidental semble être arrivé à un paroxysme tel qu'il menace aujourd'hui de plonger le Monde dans un nouveau conflit mondial.

A l'issue des récentes réunions diplomatiques entre Moscou et Washington au sujet de l' Ukraine et de l'OTAN, les ukro-atlantistes non seulement n'ont pas décidé de "marquer le pas" face à une détermination russe claire, mais semblent même vouloir accélérer leur fuite en avant vers un chaos général.

Ainsi parmi les délires hallucinatoires politico-médiatiques observés cette semaine on peut relever: 


1 / Le fantasme de l'invasion russe de l'Ukraine

Ce fantasme grandissant existe depuis 8 ans: 

  • Depuis le retour référendaire de la Crimée en Russie (2014), alors que le contingent russe de la base de Sébastopol y est présent depuis le XVVIIIe siècle et que sa présence (jusqu'à 25000 hommes) était même autorisée dans la constitution de l'Ukraine indépendante (1991) à laquelle elle n'avait été intégrée arbitrairement par Kroutchev que depuis 1954.
  • Depuis le séparatisme des populations du Donbass (2014) ayant donné naissance aux Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk lesquelles résistent depuis aux bombardements de Kiev, alors que pas une seule fois les 600 observateurs de l'OSCE ont constaté la présence d'unités militaires russes régulières ou privées sur les 500 kilomètres du front.
  • Depuis le printemps 2021, lorsque pour créer un écran de fumée sur les renforts et préparatifs offensifs ukrainiens sur le front du Donbass, les ukro-atlantistes hurlent à l'imminence d'une "invasion de l'Ukraine" lorsque les forces armées russes effectuent des exercices militaires, il est vrai démonstratifs et dissuasifs, mais sur leur propre territoire fédéral.
  • Et depuis cet hiver 2021-2022, le même scénario se répète dans une hystérie ukro-occidentale exponentielle qui accuse encore et toujours Moscou de vouloir envahir l'Ukraine, alors qu'en réalité et confirmée par les rapports de l'OSCE, ce sont bien les forces ukrainiennes au milieu desquelles sont visibles de plus en plus de "conseillers" de l'OTAN, qui initie sur le front une escalade militaire active.
Parmi les derniers des délires en date de cette propagande de guerre 
occidentale, l'infographie du Financial Times sur les forces russes.

Ou cette autre infographie du média néerlandais NRC, qui détaille par où 
et comment la Russie "va envahir et vaincre l'Ukraine" en 30 à 40 minutes" !


2 / Le fantasme des hackers russes 

Alors que les ingérences électroniques étasuniennes tous azimuts ne sont plus à prouver y compris auprès de leurs "alliés" (comme par exemple les écoutes par la NSA des gouvernements et hommes politiques occidentaux), il est de bon ton d'accuser la Russie d'être derrière tout dysfonctionnement systémique, toute défaite électorale (élection de Trump), toute manifestation anti-gouvernementale (comme celle des "Gilets Jaunes") et bien sûr tout piratage informatique. Ainsi par exemple de cette attaque informatique ayant visé 70 sites gouvernementaux ukrainiens et qui immédiatement, dans le contexte actuel, a été immédiatement et viscéralement incriminée aux hackers gouvernementaux russes: 

Voilà ce qui apparaissait sur les réseaux ukrainiens piratés ce 14 janvier 2022 :
"Ukrainiens, toutes vos données personnelles ont été téléchargées dans le réseau public
Toutes les données sur l'ordinateur sont détruites, et impossible à restaurer (...) 
Ayez peur et attendez vous au pire (...) à cause de vous, de votre passé, présent et avenir
pour la Vohlynie, pour Oun UPA, pour la Galicie, pour les terres historiques"
 

Alors que les références du message concerne plutôt les contestés polono-ukrainiens, les médias ukro-atlantistes, pour mieux se focaliser obsessionnellement sur le Kremlin, ont balayé d'un revers de communiqué les hypothèses qu'il s'agit peut-être d'une riposte de hackers suite à des contremesures gouvernementales ukrainiennes contre des sites pirates en Pologne, ou d'une attaque informatique organisée par des partisans de Porochenko qui est actuellement en grave conflit avec Zelensky, ou d'une attaque informatique du Kazakhstan pour punir l'implication des réseaux ukrainiens dans la tentative de coup d'Etat récente menée contre lui, ou d'un false flag des services occidentaux cherchant à accuser la Russie...

Evidemment les réactions des faucons occidentaux ne se sont pas faites attendre accusant puis rebondissant tellement vite et haut sur l'événement qu'on peut vraiment se demander si ce ne sont pas effectivement leurs services spéciaux qui sont à l'origine de cette attaque informatique, par exemple :
  • Alexander Schallenberg, le ministre autrichien des Affaires étrangères, s'est dit préoccupé par le fait que les échecs diplomatiques ne se termineraient probablement pas par des cyberattaques. "Certains disent que la cyberattaque pourrait être le prélude à d'autres activités, des activités militaires",
  • Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l'Union Européenne en condamnant ces attaques a déclaré "Nous allons mobiliser toutes nos ressources pour aider l'Ukraine à faire face à cela. Malheureusement, nous savions que cela pouvait arriver », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « C'est difficile de dire [qui est derrière ça]. Je ne peux blâmer personne car je n'ai aucune preuve. Mais on peut imaginer.",
  • Et dans la foulée, le Secrétaire Général de l'Otan, Jens Stoltenberg, déclaré que l'OTAN et l'Ukraine signeraient dans les prochains jours un accord sur une coopération renforcée en matière de cyber. "Kiev aurait accès à la plate-forme de partage d'informations de l'OTAN sur les logiciels malveillants".
Et hop !, un autre pas supplémentaire de l'OTAN en Ukraine.

Aux dernières nouvelles, c'est maintenant vers le Belarus, allié de la Russie, que se portaient les accusations de Kiev concernant ce piratage informatique.


3 / Et maintenant, le fantasme d'un false flag russe


Ici on entre dans les méandres les plus tordus des cervelles ukro-atlantistes qui s'enivrent d'inversions accusatoires délirantes et sans limite. Jugez plutôt:

Selon les services de renseignement ukrainiens, pour justifier son invasion de l'Ukraine, la Russie a prévu d'organiser un "opération sous faux drapeau" sur le front du Donbass pour accuser les forces ukrainiennes d'un massacre. et même de préciser que des conteneurs contenant des produits chimiques (ammoniac) ont été livrés sur la base de l'entreprise Stirol à Gorlovka (au Nord de la République Populaire de Donetsk), et repérés car "ils fuient déjà dans l'atmosphère, en raison d'un problème d'étanchéité". 

Et bien sûr, cette théorie fumeuse est relayée aussitôt et avec zèle par les chiens de garde médiatiques occidentaux et même l'administration Biden dont les services sont probablement à l'origine de cette "intox":  "Nos renseignements indiquent également que les acteurs d'influence russes commencent déjà à fabriquer des provocations ukrainiennes dans les médias d'État et sociaux pour justifier une intervention russe et semer la division en Ukraine" a ainsi déclaré ce vendredi 14 Jen Psaki, la porte parole de la Maison Blanche.

Que peut-on dire concernant cette accusation qui a été aussitôt réfutée par Sergeï Lavrov, le ministre russe des Affaires Etrangères ?
  • Primo, que la production d'urée et de nitrate d'ammonium de l'usine chimique Stirol de Gorlovka, interrompue à cause de la guerre, a repris comme l'avait annocé en août 2021 Artyom Kramarenkodu, le chef du ministère de l'Industrie agricole de la RPD. Il est donc logique que des conteneurs d'ammoniac soient stockés sur le site et quoique hautement improbable possible qu'un problème d'étanchéité survienne (si cela avait été le cas, une alerte et une intervention des services spécialisés auraient été diffusées).
  • Secundo que ce type d'information concernant un false flag chimique possible a déjà été diffusée en décembre par les renseignement républicains et russes qui démontraient l'arrivée sur le front ukrainien d'agents chimiques militaires ainsi que de mercenaires d'une société militaire privée étasunienne dans le secteur d'Avdeevka et Krasny Liman (au Nord de Donetsk).Qui plus est la possibilité d'une telle attaque de la part des forces ukrainiennes assistées a également été confirmée par Vasily Prozorov, un ancien lieutenant-colonel du SBU, les services spéciaux ukrainiens.
Dans un entretien à la Deutsche Welle, Andras Racz, chercheur principal du programme de sécurité et de défense du Conseil allemand des relations étrangères, a déclaré: "L'utilisation d'opérations sous fausse bannière comme outil et comme prétexte de guerre ne serait en effet pas étrangère aux pratiques russes de guerre" (?!)...

Ah bon ?  Ce serait donc les russes qui sont entre autres falses flags derrière: 
  • les incidents du golfe du Tonkin en 1964, imputés au Nord Vietnam, 
  • le massacre de Račak en Yougoslavie en 1999 imputé aux serbes, 
  • la fausse info sur présence de Ben Laden en Afghanistan en 2001, 
  • la fausse info sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein en 2002,
  • la menace de répression libyenne sur Benghazi en 2011,
  • les attaques chimiques de La Goutha en Syrie en 2013 imputées au gouvernement,
  • les assassinats du Maïdan en février 2014, imputés au gouvernement...
De toute évidence nous assistons ici à une flagrante inversion accusatoire de la propagande de guerre occidentale mais qui révèle cependant une réalité à savoir faire porter le chapeau coûte que coûte à la Russie pour l'accuser d'être à l'origine de toute nouvelle escalade militaire sur le front du Donbass. 


En conclusion,


Et dans le théâtre de la psychose de cette propagande ukro-occidentale, le Centre international de renseignement stratégique (ICSI) a introduit pour l'Ukraine un niveau de danger "rouge" (qui est l'avant dernier sur son échelle d'alertes) signalant ainsi qu' "une crise ou un conflit grave est extrêmement probable" et par conséquent qu' "un voyage dans ce pays n'est pas recommandé".  
Le niveau d'alerte du danger a été relevé à la suite de l'échec des pourparlers diplomatiques entre l'OTAN et la Russie, ainsi que ceux des renseignements sur les plans d'espionnage et un renforcement des troupes en cours. 

Selon l'ICSI, des affrontements militaires majeurs sur le territoire de l'Ukraine sont possibles d'ici deux semaines. 

On voit ici que toute la machinerie de communication de la propagande de guerre occidentale organise une véritable psychose russophobe autour de la crise réelle qui oppose Washington à Moscou par delà les tranchées du Donbass où s'affrontent les ukrainiens pro-atlantistes et les séparatistes pro-russes. 

Que par idéologie, engagement ou intérêt certains décident de rallier une cause ou l'autre c'est un droit que je ne peux renier à personne, mais que ces choix soient influencés, instrumentalisés par des mensonges propagandistes éhontés et des manipulations mentales criminelles, c'est quelque chose qui me fait vomir, tout comme cette indifférence égocentrique de millions de consuméristes qui refusent de voir ce Nouvel Ordre Mondial criminel et dont le chaos final, balayant leurs petits plaisirs ou soucis minables et narcissiques, va les réveiller... mais trop tard !

Erwan Castel

samedi 15 janvier 2022

SITREP du 15 janvier

Le 14 janvier, un autre soldat républicain a été tué sous un bombardement ukrainien 

Au cours de la semaine écoulée (au cours de laquelle se déroulaient les pourparlers Est-Ouest), les forces ukrainiennes ont violé 20 fois le cessez le feu sur le front de la République Populaire de Lugansk et 18 fois sur celui de la République Populaire de Donetsk (bombardement notifiés par les observateurs de l'OSCE). Outre une augmentation du nombre des provocations ukrainiennes à l'encontre des positions défensives républicaines autant que des zones résidentielles proches du front, on constate une augmentation des calibres utilisés, notamment avec des mortiers de 82 et 120mm.

Ainsi, le 14 janvier 2022:

  • A 12h45. Bombardement ukrainien de Spartak (Est aéroport de Donetsk) depuis les positions de Peski. 1 obus de mortier de 82 mm, et des grenades AGS 17 tirés. 
  • A 13h05. Bombardement ukrainien de Donetskoye (Nord Ouest de du front de Lugansk) depuis les positions de Novotoshkivske. 4 obus de mortier de 82mm tirés, provoquant la mort d'un soldat de la RPL. Suite au bombardement ukrainien, des tirs de riposte républicains ont été engagés sur les points de tir ennemis: 1 tué et 2 blessés côté ukrainien. 
Les forces ukrainiennes ne s'en prennent pas qu'aux milices et habitants des républiques mis aussi entravent de façon de plus en plus importante les missions d'observations de l'OSCE, en interdisant à ses patrouilles et ses drones d'accéder à certaines zones où des renforts et des armes lourdes sont en cours de déploiement. 
Ainsi cette semaine et pour le seul front de Lugansk, des groupes mobiles du 20ème bataillon ukrainien de guerre électronique ont brouillé les réseaux de guidage des drones de l'OSCE dans les secteurs de Zolote 4, Vershina, Krinichnoye, Vozdvizhenka et Lugansk, afin d'empêcher le travail des observateurs internationaux.

L'Etat major ukrainien continue également à déployer des groupes de volontaires radicaux sur la première ligne du front comme par exemple ces trois binômes de tireurs d'élite formés par des instructeurs lituaniens et qui sont arrivés dans la zone de responsabilité de la 30e brigade mécanisée ukrainienne (limite entre les républiques de Donetsk et Lugansk), dans le secteur de "l'arc Svetlodarsk".

Alors que les combats directs n'ont pas encore repris, les "ukrops", comme d'habitude, continuent de subir des "pertes hors combat" en plus de celles occasionnées par les tirs de riposte républicaine. Ainsi par exemple pour le seul "groupe Nord de l'Opération des Forces combinées" qui correspond au front de la République Populaire de Lugansk, l'Etat Major ukrainien déplore entre les 8 et 15 janvier 2022 :

8 janvier au 15 janvier 2022 Au cours de la semaine écoulée, les pertes hors combat de l'OTG "Sever" se sont élevées à CINQ personnes, dont DEUX sont décédées, TROIS: ont subi diverses blessures et blessures, notamment: 
  • 30e brigade ukrainienne : 1 "300" (blessé) Lors d'une inspection des positions 12 janvier, le commandant du bataillon a battu le sergent Dekhtyar DEKHTYAR:  blessure cranio-cérébrale fermée et des côtes cassées. 
  • 24e brigade ukrainienne : 1-"200" (mort), 2-"300" (blessés) Le 9 janvier, lors d'une bagarre avec des résidents de Popasnaya, 2 militaires ont été blessés, et le11 janvier, un militaire s'est suicidé avec une mitrailleuse légère près du village de Novoaleksandrovka. 
  • 79e brigade ukrainienne : 1-"200" (tué) le 13 janvier, un soldat est mort d'une overdose de drogue.
Un petit aperçu du niveau moral et de discipline de nombreux ukropithèques déployés sur le front... Et c'est pareil sur les autres secteurs du front et les autres jours. Depuis l'été 2020, ce ne sont pas moins de 460 "pertes hors combat" qui ont été ainsi déclarées officiellement par l'Etat major ukrainien, sans compter celles qui sont maquillées en accidents civils, désertions ou pertes au combat. 

Tandis que dans les tranchées glaces du front une ambiance "désert des tartares" impose tensions et attentions accrues, à l'arrière, les forces armées perfectionnent par des entrainements au combat hivernal leurs capacités opérationnelles :

Côté ukrainien, des chars de combat aux couleurs des nationalistes radicaux
ont mené des exercices d'attaque dans le Donbass occupé par Kiev.

Coté républicain, les unités de chars et d'infanterie des républiques de Donetsk 
et Lugansk ont mené également des entrainements au combat.

Du côté de Rostov sur le Don, des unités de chars de combat russes ont
également mené des exercices opérationnels et médiatisés.

Du côté de l'Ukraine

Le député ukrainien Fyodor Venislavsky, membre du Comité de la Verkhona Rada sur la sécurité nationale, la défense et le renseignement a annoncé sur une chaîne de télévision ukrainienne que le 15 janvier les forces de défense territoriale dans les régions frontalières de l'Ukraine devraient recevoir des armes et des informations sur leur déploiement, et le ministère de la Défense prévoit de distribuer ainsi des armes dans toutes les autres régions d'ici la fin de l'hiver. 


Cette action insensée de Kiev est effectuée dans l'application de la loi votée à la Verkhona Rada, le parlement ukrainien, «Sur les fondements de la résistance nationale» et rentrée en vigueur le 1er janvier de cette année. Selon cette loi, pour libérer le maximum des effectifs opérationnels des forces armées, l'organisation et l'accomplissement des tâches de défense territoriale de l'Ukraine sont confiés aux "Forces de défense territoriales des Forces armées ukrainiennes". (STO) qui sont sous les ordres du général Yuri Galushkin. Cette mesure vise à impliquer et former le maximum de civils dans la "lutte contre l'agresseur russe" (formation interarmes, équipements), par zones territoriales de défense, lors de périodes rémunérées.

Le personnel concerné est en premier lieu le corps des réservistes mais aussi selon la loi votée, des citoyens âgés de 18 à 60 ans, hommes et femmes, avec ou sans expérience militaire, pouvant être recrutés dans les rangs de la STO, 

Les observateurs russes mais aussi ukrainiens, font remarquer que les volontaires ukrainiens pour les forces de réserve ou le recrutement spontané sont d'abord des personnes appartenant aux mouvements radicaux nationalistes ou des asociaux et têtes brulées souvent animés par une motivation politique radicale et une russophobie hystérique.

Armer encore plus d'ukropithèques est un risque de voir survenir encore plus de "dérapages" criminels contre les populations russophones du Sud et de l'Est de l'Ukraine mais cela représente aussi et surtout un pari risqué pour le pouvoir, dont l'impopularité présidentielle est de plus en plus vive parmi les nationalistes radicaux, lesquels veulent entre autres actions politiques, soutenir l'ex-président Porochenko dans le collimateur d'une justice instrumentalisée par une guerre de clans oligarques .

Du côté de l'OTAN

Tandis que circulent dans le camp occidental des fantasmes plus délirants les uns que les autres (invasion russe de l'Ukraine, false flag chimique russe sur le front de Gorlovka...), les forces de l'OTAN continuent concrètement d'intensifier leurs activités au plus près de la ligne de front du Donbass et des frontières russes régionales.

Le 14 janvier une nouvelle mission d'observation et d'appui électronique au profit des 
forces ukrainiennes, a été réalisé par un Boeing E-8C Joint STARS de l'US Air Force 
effectuant plusieurs aller-retour en parallèle de la ligne de front du Donbass.

Par ailleurs un ancien officier du renseignement américain a révélé aux médias étasuniens, l'existence d'un programme de formation pour les responsables de la sécurité et les agents du renseignement ukrainiens d'élite aux États-Unis mené par la CIA. Ce programme, créé sous la présidence Obama a ensuite été élargi par l'administration Trump et plus encore par l'administration Biden. 



Ce programme, qui initie les services spéciaux ukrainiens à des missions d'infiltration, de sabotage et d'assassinats, est réalisé à partir d'une base de la CIA aux USA, de camps d'entrainement en Ukraine ainsi que des missions d'assistance technique sur le front lui-même. Selon les médias, ces proxys ukrainiens de la CIA  devraient jouer un rôle clé en cas d'une escalade majeure du conflit avec une riposte russe qui sera sans nul doute décrite comme "l'invasion russe" tant fantasmée par les ukro-atlantistes.

Du côté de la Russie

Sur ordre présidentiel, une alerte de combat inopinée a été lancé pour les forces armées russes stationnées dans la région occidentale pour tester et évaluer les capacités de déploiement lointain de forces opérationnelles. "Le message du ministère de la Défense note que les troupes des Forces de défense aérienne, lors du test à distance, effectueront des tirs réels et élaboreront également un large éventail de tâches pour organiser un soutien complet. Il est précisé que l'événement se déroule en préparation des exercices stratégiques de commandement et d'état-major Vostok-2022". Mais tout le monde aura compris le message dissuasif adressé à cette occasion au régime de Kiev dont l'armée piaffe d'impatience et de froid sur le front du Donbass...


En conclusion...

La météo depuis la soirée du 14 janvier, avec des tempêtes de neige calme un peu les ardeurs des ukropithèques mais sans aucun doute, dès que la visibilité terrestre et aérienne sera revenue les provocations de Kiev continueront de plus belle ou pire encore...

"Il suffira d'un signe..."

Alors que les bruits de bottes emplissent les horizons du Monde, un vent hivernal, venant du Nord 😉 a déployé les drapeaux russes et républicains du Donbass rebelle... et déchiré le drapeau ukrainien de Kharkov. 

Au sortir du nouvel traditionnel russe, le Dieu ancien Stribog a donné sa sentence ! L'heure de la victoire approche !

"Ура, ура, ура !"

Erwan Castel 

vendredi 14 janvier 2022

Russie / USA, 3ème round

Clôturant un triathlon diplomatique autour de la sécurité collective en Europe réalisé d'abord  les 10 et 12 janvier à Genève et Bruxelles, les représentants de Moscou et Washington (étasuniens ou occidentaux qui ne sont que leurs "alignés") se sont rencontrés à Vienne sous les hospices de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) à l'occasion d'une de ses réunions régulières.

Alexandre Loukachevitch, le représentant permanent de la Russie à l'OSCE a rencontré les responsables de cette organisation composée de 57 pays européens et eurasiatiques, dont la présidence tournante vient de passer à la Pologne depuis le 1er janvier.

Cette troisième réunion de Vienne, confirmant les 2 précédentes n'a pas été vraiment l'occasion de réels pourparlers" mais plutôt un constat de blocage grave des relations entre Washington (et ses larbins de l'OTAN) et Moscou au sujet de la Sécurité collective en Europe.

Sans vouloir me faire l'apôtre de ce manichéisme que je hais par dessus tout, force est de constater que dans cette crise majeure des relations russo-étasuniennes que beaucoup d'analystes considèrent plus grave que celle des missiles de Cuba qui était en 1961 du même registre sécuritaire, le rôle des Etats Unis et de l'OTAN n'est que de jeter de l'huile sur le feu en méprisant les revendications de la Fédération de Russie que même un enfant penché sur une carte de l'Europe comprendrait aisément  qu'elles sont légitimes.

En fait, la partie occidentale a montré au cours de ces trois réunions qu'elle refusait de discuter des clauses mêmes du traité de sécurité collective proposé par Moscou le 17 décembre dernier et qui pourtant était l'ordre du jour de ce triathlon diplomatique. Et pire que cela, les occidentaux ont profité de ces rencontres pour multiplier leurs ultimatums et menaces antirusses autour de l'escalade militaire observée dans le conflit du Donbass, dont ils sont pourtant bien plus partie prenante que la Russie avec leurs conseillers et instructeurs, leurs moyens de reconnaissance, leurs livraisons d'armes, leur logistique etc...

Extrait de la conférence de presse de Alexandre Loukachevitch, 
le représentant permanent de la Russie à l'OSCE, qui acte le
blocage des discussions Est-Ouest au sujet de l'OTAN et de 
l'Ukraine et ses conséquences catastrophiques potentielles 
pour la sécurité collective en Europe et dans le Monde.

Même la secrétaire générale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Helga Schmid a déclaré que "la situation dans la région est périlleuse", pendant l’ouverture de ce Conseil permanent. 

  • "Il est impératif de trouver, par la voie diplomatique, un moyen d’enrayer l’escalade et de commencer à rebâtir la confiance, la transparence et la coopération... c'est un besoin urgent face à un environnement imprévisible"
Je veux bien la croire mais comment l'OSCE, qui certes est une plateforme d'échanges internationale où Russie et USA sont sur un pied d'égalité juridique mais n'a aucun pouvoir décisionnel et encore moins coercitif pourrait forcer l'OTAN à s'engager vers une désescalade en Europe de l'Est ? Sans remonter jusqu'à la crise yougoslave où en 1999 l'OSCE a même collaboré à l'agression de l'Alliance atlantique contre la Serbie (via les mensonges de Walker, son directeur de mission, au sujet du massacre de Račak), il suffit d'observer son impuissance actuelle face aux violations ukrainiennes quotidiennes des accords de Minsk dans le Donbass dont elle rend compte pourtant à chacun de ses rapports d'observation.

Pour résumer ma pensée, l'OSCE n'est qu'un arbitre sans cartons rouge et jaune, sans sifflet et de plus corruptible ! Et le fait que sa présidence tournante (1 année) est depuis 2022 confiée à la Pologne réputée pour être un des pays les plus russophobes de l'Union Européenne n'augure pas une amélioration de son rôle; même si son représentant actuel, le ministre polonais des Affaires étrangères Zbigniew Rau a déclaré en façade: "Il semble que le risque de guerre dans la zone de l’OSCE n’ait jamais été aussi intense au cours des 30 dernières années. C'est un défi de taille pour l’Organisation dont le but est précisément de bannir la guerre d’Europe."

Alexandre Loukachevitch, représentant permanent russe à l'OSCE 

Malgré ces belles déclarations l'issue de cette réunion, Alexandre Loukachevitch a exprimé une nouvelle fois "la déception" et "le manque d'optimisme" de la partie russe de n'y avoir pas vu d'avancées significatives, et de positionnements véritablement indépendants de la part des pays occidentaux dits "souverains".

Alors que "les occidentaux avaient largement le temps d'étudier les lignes directrices des propositions russes, aucune réponse approfondie n'a été formulée et nous allons essayer d'accélérer la diplomatie" a déclaré Alexander Loukachevitch lors de sa conférence de presse. Sans ambages et tout en restant strictement sur le terrain diplomatique ouvert, le représentant russe à l'OSCE, regrettant que les recommandations passées du "groupe des sages" visant améliorer le fonctionnement de  l'organisation n'est pas été prises en compte, constate:

  • "Le pire c'est que nous avons perdu l'habitude de nous écouter les uns les autres et de se mettre d'accord, donc il y a une confrontation ouverte qui se fait contre la Russie, et cela est un grand problème. Il faut renoncer à cette logique vicieuse qui consiste à considérer la Russie comme un adversaire". A. Loukachevitch
  • "La gravité du problème c'est que la dégradation des instruments de contrôle des armements (abandon étasunien du traité INF) et les activités militaires (extension de l'OTAN) sont allés tellement loin que se sont effondrées toutes les barrières de la stabilité stratégique. Par l'action des américains et de l'OTAN l'architecture de  sécurité en Europe a été détruite". A. Loukachevitch

La Russie demande donc que les occidentaux d'envoyer rapidement une réponse écrite à ses propositions de garanties juridiques solides concernant la Sécurité collective à ses frontières et en attendant ne juge pas utile de poursuivre des discussions stériles et d'où ne sort qu'une agressivité russophobe occidentale.

  • "C'est pour cela que nous avons demandé la formulation juridique et de façon contraignante pour éviter tout scénario militaire de cette démarche de l'OTAN contre les intérêts de la Fédération de Russie". A. Loukachevitch
  • "Cette situation en elle même, la vitesse avec laquelle les territoires sont conquis (par l'OTAN) et sur lesquels des armements peuvent être installés pouvant touchés très rapidement des intérêts de la Fédération de Russie, est à mon sens factuelle". A. Loukachevitch
  • "Dire que l'Alliance a un caractère défensif c'est faux ! Cela fait longtemps que ce n'est plus le cas, je dirai même de façon beaucoup ferme s'agissant de l'extension de l'OTAN qu'il s'agit en réalité d'une expansion de la présence de l'OTAN en Europe et c'est le coup le plus fort qui a été donné contre son propre système de défense ! Il s'agit donc de bloquer cela de façon juridique". A. Loukachevitch
Concernant la souveraineté des Etats européens et l'indépendance des décisions prises au sein de l'OSCE le représentant russe a constaté:
  • "On a l'impression que la Fédération de Russie ne travaille pas avec des Etats souverains qui sont membres de l'OSCE, mais avec les membres différents groupes et alliances, et donc les représentants sont groupés autour de cette discipline euro-atlantique, et ils parlent et s'expriment de la même façon (...) c'est une érosion du décalogue d'Helsinki, et on s'éloigne de la Sécurité Européenne. Même lorsque les documents sont préparés nous avons ces instruments de sujétion qui sont mis en place et qui ne correspondent pas aux intérêts nationaux et cela est dangereux". A. Loukachevitch

Et Alexandre Loukachevitch de rappeler aussi certaines positions étasuniennes trahies:
  • Le 5 février 1990, lors du mémorandum sur la réunification allemande, le représentant étasunien James Baker déclarait : "En réponse à Monsieur Gorbatchev, concernant la réunification de l'Allemagne et la possible extension de l'OTAN, "si vous acceptez une présence de l'OTAN en Allemagne qui une part de l'OTAN, il n'y aura pas une extension de l'OTAN d'un pouce vers l'Est et c'est ma promesse" (extrait de la transcription des pourparlers - Archives du Pentagone).
  • Le 12 février 1990, lors de la conférence sur le traité "Ciel ouvert" James Baker à Edouard Chevardnadzé  "Et si l'Allemangne unie rentre dans l'OTAN, nous devrons faire attention à ce qu'il n'y ait pas d'extension de l'OTAN vers l'Est".

En Russie, le vice ministre des Affaires Etrangères Sergueï Ryabkov, qui avait dirigé la délégation russe à Genève est arrivé aux mêmes conclusions:

  • "Les négociations avec les États-Unis et l'OTAN sur les garanties de sécurité sont au point mort, et ni Washington ni Bruxelles ne sont prêts à discuter des exigences de la Russie". S. Ryabkov.
  • "Les pourparlers ont montré que les États-Unis et l'OTAN ne sont pas prêts à discuter des principales exigences de la Russie, ils ne les perçoivent tout simplement pas. Dans le même temps, ils expriment leur volonté de ne discuter que des questions qui leur conviennent. Ainsi, les prédictions sur l'absence de surprises dans les négociations se sont confirmées." S. Ryabkov.
  • "Par conséquent, s'il n'est pas possible de parvenir à un accord, d'autres méthodes et techniques seront utilisées pour tenir compte des besoins de la Russie. Jusqu'à présent, rien ne garantit que les États-Unis feront des concessions, mais les contacts entre les pays se poursuivront selon diverses orientations. Dans le même temps, il n'y aura pas de nouveau cycle de négociations entre la Russie et les États-Unis. S. Ryabkov.
Concernant particulièrement l'Ukraine et le Donbass, le vice ministre russe des Affaires Etrangères a déclaré :
  • "L'Ukraine se délecte de l'illusion de la vengeance Les choses les plus impensables peuvent arriver à la tête des autorités ukrainiennes, il faut mettre un terme à cela. Nous mettons fermement en garde l'Ukraine, l'OTAN et les États-Unis contre les attaques contre les habitants de Donetsk et de Lougansk. Nous appelons l'Ukraine à revenir à la mise en œuvre du paquet de mesures des accords de Minsk L'hystérie anti-russe totale règne au Congrès américain, la volonté de torpiller les moindres germes de bon sens dans les relations avec la Fédération de Russie domine". S. Ryabkov.

Et Sergueï Ryabkov de rappeler à l'occasion quelques exemples du "2 poids, 2 mesures" de la vision étasunienne du droit international. 

  • "Il semble que les États-Unis défendent le droit des pays de choisir leurs propres arrangements de sécurité uniquement lorsque ces arrangements profitent aux États-Unis eux-mêmes. S'ils vont à l'encontre des intérêts américains, les États-Unis feront tout pour les faire dérailler. 

• Angela Merkel pensait que North Stream 2 était bon pour la sécurité énergétique allemande. Mais les États-Unis voulaient vendre leur GNL, alors ils ont fait (et font encore) un long chemin pour arrêter le projet. 

• La Turquie et l'Inde veulent acheter des systèmes d'armes russes. Mais les États-Unis veulent augmenter leurs propres ventes d'armes et menacent donc ces pays de sanctions. 

• Le Brésil voulait renforcer sa sécurité médicale avec des vaccins russes. Mais les États-Unis veulent leur vendre leurs propres produits, alors ils les pressent ouvertement de ne pas coopérer avec la Russie. 

Et ce ne sont là que quelques exemples très récents. Quoi que vous pensiez des exigences russes pour que l'Ukraine ne rejoigne pas l'OTAN, ne vous laissez pas berner par des déclarations hypocrites sur des principes et des droits sacrés.". S. Ryabkov.

Pour rester optimiste malgré tout, je pense que les USA ont été surpris de la fermeté de la position russe et surtout de la rapidité de ses réactions et dans ce domaine sécuritaire, le paquet de garanties juridiques proposés en décembre, la réaction fulgurante et internationale des forces de l'OTSC au Kazakhstan et la détermination de la diplomatie russe aux 3 réunions des derniers jours.

C'est pour le moins un coup d'arrêt à l'arrogance étasunienne qui est d'autant plus surprise qu'elle a du mal à définir précisément, quels sont les types de réactions et les secteurs où pourrait être déclenchées les mesures militaro-techniques de la défense russe, qui peuvent âtre multiples et internationales comme l'a laissé entendre Sergeï Lavrov, le Ministre russe des Affaires Etrangères; en lançant le 13 janvier après midi que la Fédération de Russie autorise le déploiement de son armée et de ses infrastructures au Venezuela et à Cuba "en réponse à l'expansion de l'OTAN vers l'Est"

Que les réactions russes, même les plus radicales, s'exercent sur le continent européen dont les populations sont quantité négligeable pour les USA, comme l'ont prouvé les dizaines de villes européennes rasées par leurs bombardiers il y a 75 ans, c'est une chose, mais qu'elles mettent le pied dans leur pré carré latino-américain, c'est autre chose qui va piquer sérieusement les pieds de l'Oncle Sam.

Aussi, Washington vient-il de promettre une réponse écrite et fouillée au propositions russes dans la semaine (laquelle sera étudiée par le ministre russe de la Défense pour rapport au Président), tandis que Stoltenberg demandait instamment à la Russie de maintenir le dialogue diplomatique... La machine de guerre occidentale à priori n'est pas équipée de vision nocturne ni de gilet pare balles efficaces.

En attendant la réponse écrite de Washington (qui pour moi ne changera rien et cherchera encore à gagner du temps), un grand coup de chapeau aux représentants de la diplomatie russe qui donnent à leurs "partenaires" occidentaux une nouvelle leçon d'éthique et de culture politique internationale, franche et ferme, sans agressivité ni langue de bois. Cela change des Blinken, Le Drian et autres laquais aboyeurs de la ploutocratie mondialiste !  

Erwan Castel

Conférence de presse de Alexander Loukachevitch
le 13 janvier 2022 au siège de l'OSCE, à Vienne.