vendredi 22 juin 2018

Un patriotisme supra communautaire


A l'heure où l'OTAN, ce bras armé de la ploutocratie mondialiste presse ses unités sur les marches d'un empire russe qui refuse de se soumettre à sa dictature de la marchandise, les peuples d'Europe devraient se souvenir de l'exemple et du sacrifice des ses peuples pour leur Liberté.

Car, du 22 juin 1941 au 9 mai 1945 la Russie va montrer l'exemple de son unité et de son patriotisme et le sacrifice de 25 millions de ses citoyens va être la contribution majeure à la liberatio  de l'Europe et l0a défaite du nazisme.

Pendant la guerre froide qui a suivi ce conflit mondial, la propagande de guerre antisovietique occidentale va tenter de minimiser cette action déterminante des peuples russes,  ainsi que leur sacrifice et engagement présentés comme des contraintes imposées de force par une dictature soviétique criminelle.

La réalité est autre, car si le commandement militaire soviétique s'est parfois montré dur et exigeant envers ses soldats (comme tout commandement en guerre digne de ce nom et habité par le "culte de la mission"), on doit cette immense victoire russe à la relation charnelle du citoyen russe à cette empire qui a su traverser tout au long de l'Histoire ses déclinaisons tsariste, soviétique ou fédérale. 

Le 22 juin 1942 au déclenchement de l'opération "Barbarossa", les peuples de Russie répondent "Présent" à l'appel de Staline. Si l'idéologie et l'appareil politique soviétiques vont savoir stimuler et diriger jusqu'à la victoire la défense de la Russie et de l'Europe, il n'en reste pas moins vrai que cet appel sera entendu parce que, qu'ils soient européens, caucasiens, asiatiques, sibériens, mongols etc, ce sentiment indéfinissable et métaphysique que l'on appelle patriotisme est enraciné dans le coeurs des peuples composant cette immense pays "où le soleil ne se couche jamais".

Non seulement ce patriotisme exemplaire des peuples de Russie n'est pas qu'un mythe cultivé dans les officines propagandistes, mais une réalité et qui existe toujours aujourd'hui par delà les appartenances communautaristes de chacun ou les directives idéologiques du moment.

Ce dynamisme patriotique russe exceptionnel, et qui nous offrira, après 4 ans de souffrances et sacrifices inouïs, la victoire et la liberté est toujours là par delà les vents de l'Histoire, immuable roc d'une Russie invaincue.


Et il s'exprime toujours avec force sur cette terre noire du Donbass qui est aujourd'hui aux avants postes de sa Liberté :



Quand en 2014 le coup d'Etat du Maïdan organisé par les occidentaux est suivi d'une campagne d'agressions de masse dirigées contre les russophones d'Ukraine, de très nombreux russes ressentent cela comme une nouvelle opération "Barbarossa" commanditée par le nouveau totalitarisme occidental.

Sans qu'il y ait eu de la part du Kremlin  un seul appel à une résistance armée au coup d'Etat, on voit les peuples de Russie se révolter contre cette agression opérée en Ukraine. A commencer par les peuples de Crimée (russes ukrainiens, tatars) qui vont obtenir par référendum le retour de leur péninsule vers la "Mère patrie".

Pour les oblats de Donetsk et Lugansk, la situation dégénère rapidement en conflit armé et disproportionné lorsque Kiev envoie ses chars et avions de combat contre les barricades des fédéralistes les poussant dans séparatisme survivaliste.

Et dans ce conflit européen l'ombre de Barbarossa plane d'autant plus au dessus du Donbass que les sentences politiques du nouveau pouvoir kiévien et l'idéologie symbolisée des bataillons spéciaux qui sont lancées contre les russophones reprennent sans honte ceux du 3ème Reich nazi.

De tout le monde slave et de tous les horizons de la Fédération de Russie, des hommes et des femmes vont alors affluer vers la ligne de front du Donbass pour prêter main forte aux miliciens qui s'opposent à l'assaut des blindés ukrainiens.

On ne connaîtra probablement jamais leurs effectifs exacts, mais avancer sur les quatre années de conflits réalisées le chiffre de plusieurs dizaines de milliers de volontaires étrangers au Donbass n'est pas exagéré. 

Les groupes d'autodéfense des jeunes Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk devenues depuis bataillons qui toutes reflètent tous cette dimension internationale de la rébellion contre ces marionnettes étasuniennes installées à Kiev par une stratégie expansionniste n occidentale agressive.


Alors que les nationalistes occidentaux,  influencés par des pensées unique aux idéologies centralisatrices (religieuse, économique, culturelle...), associent généralement le patriotisme à un communautarisme fermé (ethnie, religion,  territoire), dans le monde russe au contraire ce sentiment se révèle très souvent supracommunautaire.

Dans cette observation apparaît nettement la différence entre un impérialisme de conquête au service d'un système esclavagiste (idéologique, militaire ou économique) et une notion d'empire qui rassemble les différences sans les altérer dans leurs identités existencielles. 

En Russie le résultat de cette "civitas imperium" volontaire qui a traversé les siècles et ses déclinaisons tsariste, soviétique et fédérale peut s'observer aujourd'hui dans le Donbass dans toute sa puissance intemporelle.

En effet venant parfois des antipodes des Républiques de Donetsk et Lugansk, des volontaires russes, bouriates, ouzbeks, ukrainiens, kazakhs, tatars, caucasiens, ainous, coréens, tchétchénes etc. qu'ils soient orthodoxes, païen, musulmans, juifs ou athées, sont venus dans le bassin du Don défendre avec leur sang la liberté d'une population européenne skave et orthodoxe. 
Et on ne peut pas dire que c'est l'appât du gain le pouvoir politique  ou les conditions de vie qui les ont motivé !

A ce titre, la "Brigade internationale Piatnashka" reste fidèle à cette éthique accueillant toujours les volontaires de tous pays désireux de combattre pour la liberté du Donbass, y compris des volontaires occidentaux dont la conscience et le sens du devoir les conduisent à tout abandonner pour rejoindre Donetsk. 

Ce patriotisme russe qui répond présent le 22 juin 1941 reste un exemple immortel de l'amour éternel  porté par les Hommes à leur sanctuaire au delà de toute les idéologies éphémère.


Erwan Castel volontaire breton à Piatnashka  



Le minotaure de Promka

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Le secteur où notre Brigade Piatnashka est engagée entre Yasinovataya et Avdeevka est certainement l'un des plus difficiles du front. Et c'est pourquoi entre autres critères j'ai voulu intégrer cette unité.

Ces 2 derniers jours nous avons subi des bombardements au mortier lourd principalement en soirée. Mais ce sont les snipers qui restent le principal danger, opérant nuit et jour dans cette guerre de position où chaque position est connue et épiée par l'ennemi.


Vendredi 22 juin 2018

Il semblerait qu'un minotaure moderne erre dans le labyrinthe de nos tranchées, réclamant régulièrement sa part de sang. 

Avant hier, le 20 juin, un camarade du bataillon Vostok avec qui nous partageons la défense du secteur avait été grièvement blessé à la tête par un sniper ukrainien lors d'une attaque et un bombardement survenus en soirée. 

Le lendemain, "Donskoï" est décédé à l'hôpital de Donetsk, des suites de ses blessures...


Cette fois le bombardement ukrainien du 20 juin a réussi à endommager une partie de nos casemates, aujourd'hui réparées.

Au mileu des tranchées bousculées par les obus de 120mm un silence froid est venu se rajouter à celui d'un front écrasé par la chaleur.

Le soir le feu solsticial a brûlé en sa mémoire. Paix à son âme !

Si la journée d'hier a été plutôt calme et certainement à cause de la présence dans le secteurs d'observateurs du CSKK, le "Centre de contrôle et coordination du cessez le feu" qui travaillent avec ceux de l'OSCE, en revanche les ukrainiens se sont rattrapés dès le soir venu.


Le champ de bataille illuminé par le flash des explosions des obus et roquettes ukrainiennes

Entre 21h00 et 22h00 les tirs ukrainiens, qui avaient commencé en fin d'après midi, se sont vus renforcés par des tirs de mortiers de 120mm, lance grenades automatique AGS et lance roquettes RPG qui nous ont visé pendant presque une heure.

Sur cette courte vidéo (30"), au mileu des tirs d'armes légères on distingue aux 8e et 15e secondes 2 tira de roquette RPG frappant nos positions jumelles.

Si le calme est revenu vers la minuit, les tirs ukrainiens n'ont pas pour autant cessé complètement et lorsque je reprends mon poste au mur Nord de "Forteruine", des tirs isolés de snipers et lance grenades automatiques continuent à hacher le silence du matin.

Erwan Castel



Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

jeudi 21 juin 2018

Entre les feux de Mars et ceux de Kupala

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Depuis cette semaine, le niveau d'alerte à encore augmenté sur la première ligne du front mais également à l'arrière et jusque dans le coeur de la cité de Donetsk où notre brigade s'est vu confié des missions de surveillance, patrouilles et contrôles pendant la nuit.

Peu de place pour le repos donc, entre les services, le front, les patrouilles , les entraînements etc. 

Car la guerre continue et commande aux hommes...



Jeudi 21 juin 2018

Après avoir été brièvement la veille sur nos potions pour accompagner une équipe de reporters russes venus faire un documentaire sur la Brigade Piatnashka et "Mamaï", son chef tué au combat le 17 mai dernier, nous sommes à nouveau déployés depuis ce matin sur nos positions enterrées entre Yasinovataya et Avdeevka, au Nord de Donetsk.

En débarquant  du véhicule,  mous sommes accueillis par des détonations environnantes et qui semble nous inviter à remonter leurs trajectoires  jusqu'à la première ligne


Après un cheminement dans les boyaux du labyrinthe enterré depuis plus d'un an entre le remblais de la route Donetsk-Gorlovka et nos avant postes dans les ruines de la zone industrielle de Promka, l'unité se sépare sur les 2 positions jumelles tenues par la Brigade dans ce secteur.

Les snipers ennemis font toujours entendre les claquements secs de leurs armes. La veille "Donskoï", un camarade d'un bataillon avec nous tenons ensemble la position voisine a été sérieusement blessé le 30 juin à 19h30 à la joue gauche par le tir d'un sniper ennemi alors qu'il observait depuis sa tranchée et avec un périscope ! Hospitalisé immédiatement sur Donetsk, son pronostic vital est engagé.

Immédiatement, tandis que les groupes des barbus disparaissent à leur tour dans les tranchées et le chemin du repos, ceux qui sont rasés de près se dirigent vers leurs postes, les uns aux créneaux et meutrières du combat, les autres aux tranchées et corvées de la vie quotidienne sur le front.


Le soleil quant à lui, indifférent aux tribulations dramatiques des insectes humains, poursuit l'ascension de son orbe souveraine qui aujourd'hui est au faîte solsticial de sa puissance avant d'entamer un nouveau et lent déclin vers son pôle jumeau et hivernal.

Cette année encore les feux de la guerre se mêleront aux feux de Litha ou Kopala et ils nourrir ont ensemble le feu de l'âme qui invite le soldat à défendre la liberté cette flamme qui éclaire les chemins des rebelles.


Erwan Castel

Avant ce nouveau  départ vers le front avec Mourka - photo Kristina Meliknova.


Publié sur FB ce 21 juin 2018

NOURRIR LE FEU DE SON ÂME 

Cette année le grand solstice coïncide exactement avec les "feux de la Saint Jean", cette tentative de christianiser cette célébration païenne des cycles de la Vie.

Dans toute l'Europe les peuples expriment, durant cet événement solaire entre semailles et moissons une appartenance civilisationnelle partagée. Les feux s'allument de colline en montagne tandis que dévalant les pentes, les roues enflammées invitent les communautés à danser et célébrer la Vie et la fertilité. 

Cette année encore pour moi les feux de Litha, Kupala... vont se mêler à ceux de la guerre qui a leur manière les défendent également et nourrissent avec eux le feu de l'âme. 

Erwan

Philippe Conrad, mieux que moi décrit le sens de cette Tradition intemporelle et immortelle.

LE SENS DE LA FÊTE:

"L'homme moderne a perdu le sens de la fête. Arraché à son environnement géographique et humain, isolé au milieu des villes "anorganiques", il a oublié ses origines et ne connaît plus rien de ces fêtes que pouvaient produire les communautés de jadis.

Au détriment des traditions acestrales, généralement transformées et figées en "folklore", s'est imposée la fête foraine, c'est-à-dire la fête artificielle et étrangère. Au rythme régulier des fêtes saisonnières qui accordaient l'homme à son milieu naturel, s'est substitué le hoquet des musiques exotiques. Les hystrions de la radio et de la télévision ont remplacé les grands créateurs du passé. Aujourd'hui nombreux sont ceux qui doivent subir les divertissements factices qu'impose le conformisme ambiant. Le succès du "folksong", c'est-à-dire du chant populaire, s'explique en partie par le désir confus d'une certaine jeunesse d'échapper à l'ahurissement et de renouer avec les grandes liturgies collectives d'autrefois.

Célébrer le solstice d'été, c'est avant tout renouer avec une fête ancestrale et plusieurs fois millénaire. Mais il ne s'agit pas de procéder à la façon des archéologues et des ethnographes. Cette célébration n'est pas une reconstitution. Elle doit être vivante et joyeuse, en harmonie avec le temps présent.

Renouer, c'est retrouver le fil perdu. C'est revenir aux sources de notre communauté de culture et de civilisation. À cet égard, le solstice d'été possède une valeur exemplaire. Durant plusieurs siècles, il a subi une tentative d'étouffement de la part du christianisme, puis il a été toléré sous la forme des fêtes de la Saint-Jean. Pourtant, un peu partout, sur les terres d'Europe, les feux solsticiaux se maintiennent et renaissent, témoignant de l'attachement de nos peuples à une certaine conception du monde. La fête solaire réinsère l'homme dans son cadre cosmique. Renouer avec cette fête de la plus vieille Europe, c'est affirmer notre fidélité à l'héritage ancestral et par lá-même à notre identi

Célébrer le solstice d'été, c'est avant tout renouer avec une fête ancestrale et plusieurs fois millénaire. Mais il ne s'agit pas de procéder à la façon des archéologues et des ethnographes. Cette célébration n'est pas une reconstitution. Elle doit être vivante et joyeuse, en harmonie avec le temps présent. 

Renouer, c'est retrouver le fil perdu. C'est revenir aux sources de notre communauté de culture et de civilisation. À cet égard, le solstice d'été possède une valeur exemplaire. Durant plusieurs siècles, il a subi une tentative d'étouffement de la part du christianisme, puis il a été toléré sous la forme des fêtes de la Saint-Jean. Pourtant, un peu partout, sur les terres d'Europe, les feux solsticiaux se maintiennent et renaissent, témoignant de l'attachement de nos peuples à une certaine conception du monde. La fête solaire réinsère l'homme dans son cadre cosmique. Renouer avec cette fête de la plus vieille Europe, c'est affirmer notre fidélité à l'héritage ancestral et par lá-même à notre identité".


Philippe Conrad




Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

mercredi 20 juin 2018

Chasse à l'Homme dans le Donbass


Actuellement une information rebondit de réseau social en site d'information concernant des "safaris" organisés sur la ligne de front du Donbass par les ukrainiens, et nombreux sont qui dans leurs commentaires se demandent si ce n'est pas un "fake" propagandiste.

Malheureusement je ne peux que confirmer la réalité hallucinante de cette pratique ignominieuse organisée par certaines unités ukrainiennes sur le front du Donbass qui, bien qu'anecdotique pour le moment, révèle une mentalité dégénérée et criminelle qui est la caractéristique de cette mentalité qui a pris le pouvoir sur le Maïdan en 2014.

En 2015, sur le front de Marinka puis en 2016 sur le front de Staromikahilovka avaient déjà circulé des informations convergentes sur la présence de "clients" fortunés en mal de sensation forte qui venaient faire un carton dans le Donbass après avoir alimenté le caisse noire de leurs hôtes ukrainiens qui les invitaient dans leur unité.


Il faudrait également rajouter les "coutumes" lises en place avec les journalistes qui peuvent acheter des tirs et bombardements provocateurs pour faire un scoop pendant leurs reportages. Ceci a été avéré plusieurs fois à Avdeevka où sont souvent invités des reporters de guerre.

Et pour s'assurer que leurs clients assassins puissent rentrer chez eux et même revenir jouer dans le Donbass, ce sont vers des cibles civiles désarmées que se réalisent ses safaris abjects.

Erwan Castel




Quelques articles rapportant les faits :

- Novorossiya Today
Stalkerzone



Source de l'article : Russie Politics 


Ukraine: Des safaris humains contre les civils du Donbass?

Karine Bechet Golovko

Comme dans un film d'horreur, l'on apprend que l'Ukraine organiserait des safaris humains pour riches occidentaux en mal de sensations fortes contre les civils du Donbass. Rien de personnel, c'est juste du business. Et comme la dépravation de l'homme ne connaît d'autre limite que sa mort, ce business peut être lucratif.


La République de Donetsk donne l'alerte, ou plutôt sonne le glas, comme le révèle en français le site Novorossia Today. Ainsi, le porte-parole, le capitaine D. Bessonov a déclaré aux journalistes:
  • début juin quatre personnes d’origine étrangère avaient payé les militaires ukrainiens pour pouvoir faire du « safari » en zone du conflit. Moyennant une certaine somme, ceux qui le souhaitent sont admis sur les positions ukrainiennes et peuvent faire de la « chasse » contre les civils
  • « Nos services de renseignement disposent des données fiables que ce genre de « safari » ont lieu chez les soudards des unités de la 30e brigade en zone de Mariinka et de la 93e brigade en zone de Dokoutchaïevsk. Le profit de ces « safari » va dans la poche de non seulement des militaire qui l’organisent, mais est aussi partagé entre les chefs des unités et de membres de l’état-major de l’OFU (NDT : Opération des Forces Unies dans le Donbass) », - a ajouté le capitaine Bessonov.

En plus des sources venant des services de renseignements, DNR a également recueilli des témoignages d'habitants. Des faits qui avaient déjà eu lieu en 2014, notamment confirmés par des déclarations dans les réseaux sociaux de riches "participants" occidentaux se vantant de partir dans le Donbass faire du tir contre les combattants.

La première réaction, saine et autoprotectrice, est le déni, le refus, le rejet. Comment peut-on organiser un business où la chasse à l'homme est le but ? Ensuite, l'on se souvient que de tels crimes existent, de nos jours, en Afrique par exemple, où la chasse aux éléphants ne semble plus satisfaire les instincts meurtriers de riches dégénérés. Sans compter le récent scandale de l'Inde.

Ensuite, l'on se souvient que la guerre est toujours le lieu de business douteux, qui répond aux pires pulsions de nos cerveaux reptiliens, que la civilisation a parfois du mal à contenir. La pulsion de mort, la pulsion de meurtre fait partie de l'homme, qui normalement doit la contrôler. Ces guerres "hors règles" permettent à certains, en toute liberté, de laisser libre cours à ces pulsions. Dès le début du conflit, l'on a remarqué des annonces dans les réseaux sociaux proposant des "circuits touristiques" sur la ligne de front, évidemment sans aucune garantie de sécurité. 

Ensuite, les enchères sont montées et l'Ukraine a proposé des circuits plus "intéressants" : les guerriers du dimanche aux poches bien remplies pouvaient tirer contre les positions des combattants. Les tarifs variaient selon qu'ils voulaient tirer depuis un tank, un lance-roquette ou autre chose. Tout est possible, ce n'est qu'une question de prix.

Mais ce n'est plus suffisant, les plus bas instincts peuvent être satisfaits en tirant sur des civils, qui ne peuvent se défendre. Et ce, dans les zones contrôlées par l'armée ukrainienne.

Pour qu'un homme se mette en chasse contre un autre homme, il faut qu'il puisse ne plus le considérer comme un homme, il faut qu'il puisse lui-même ne plus être un homme. Qu'il devienne un "surhomme", détenant un pouvoir de vie et de mort sur les autres.

Les politiques ukrainiens déclarent souvent que les habitants du Donbass sont des "sous-hommes", alors pourquoi ne pas les chasser contre argent comptant? La guerre peut aussi être un business rentable. Rien ne doit arrêter la liberté d'entreprendre.

mardi 19 juin 2018

Nous sommes devenus "millionnaire"


Lorsque la crise ukrainienne éclate sur le Maïdan, je commence dès novembre 2013, à relayer une réinformation qui cherche à briser la propagande de guerre occidentale et démasquer les dessous de cette nouvelle tentative de préemption de l'Ukraine par le système mondialiste occidentale 10 ans après l'échec de la "Révolution orange".

Malheureusement, les événements vont donner raison à l'analyse "conspirationniste" des événements et la crise ukrainienne, dans un dérapage contrôlé par les services secrets étasuniens, va devenir un coup d'Etat portant au pouvoir un totalitarisme nationaliste ethnocentré servant la stratégie russophobe étasunienne et sa volonté de mieux soumettre l'Europe à sa domination militaro-industrielle.

Lorsque le massacre d'Odessa intervient le 2 mai 2014, je décide d'ouvrir et de transférer les articles "Ukraine" sur un blog spécialement dédié à cette crise européenne majeure et en particulier au Donbass dont la rébellion contre le coup d'Etat du Maïdan prend déjà le chemin d'une guerre civile cristallisant une nouvelle confrontation entre la Russie et les Etats Unis. 

Le blog "Soutien à la rébellion du Donbass" était né ! et avec lui une série de pages et de groupes sur les réseaux sociaux dont le groupe Facebook éponyme par lequel je fais connaitre ses mises à jour. 

Durant ces 4 années, j'ai réussi à garder cette fenêtre sur le Donbass ouverte, malgré un engagement personnel très prenant sur le front du Donbass, les problèmes informatiques et surtout les censures répétées, piratages et blocages organisés par des réseaux pro-ukrops mais aussi les français psychos venus s'échouer dans l'équipe de Doni press obsédés par le monopole de l'information et leurs calomnies mensongère et qui sont parvenus à fermer temporairement le blog pendant 6 mois.

Depuis j'ai repris la main sur ce vecteur virtuel d'information mais aussi d'écriture, les articles bloqués ont été rajoutés et le suivi de l'actualité peut continuer jour après jour ainsi que celui de mon "journal du front" dont je publie ici régulièrement des extraits. 
Le blog désormais reprend tranquillement sa vitesse de croisière, dépassant à nouveau la barre des 2000 lectures quotidiennes.

Ce matin j'ai découvert à mon réveil que le compteur des statistiques avait franchi la barre symbolique du 1 000 000 de vues, ce qui constitue une agréable surprise pour le petit blogueur que je suis et surtout pour le Donbass que les médias occidentaux cherchent à bâillonner, surtout dans les pays dont l'information est dictée par la ploutocratie mondialiste commanditaire du Maïdan et complice de la guerre à caractère génocidaire déclenchées contre les russophones du Donbass.

Je tiens ici à remercier vivement tous les lecteurs de ce blog, francophones et non francophones qui font l'effort de regarder à travers cette petite fenêtre la réalité et le dessous de cette guerre qui fait rage dans le cœur de l'Europe 75 ans après ce qu'on pensait être la défaite du nazisme.

Ces 1.000.000 de vues ne m'appartiennent pas: ils sont la marque indélébile d'un réseau de soutien qui chaque jour grandit un peu plus malgré le blocus médiatique, et dont chaque lecture est un encouragement à continuer la lutte pour la Liberté et entretient l'espérance dans le cœurs de ceux qui ont choisi de rester debout au milieu du chaos.

Je rappellerai ici encore cette légende amazonienne du colibri, car chaque personne qui participe à cette réinformation ou la relaie autour d'elle lance une goutte d'eau au dessus de l'incendie du monde :

"Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. 
Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu.
Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : 
« Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? »

« Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part » .

Merci à toutes et à tous ! 

Erwan Castel 


PS: Vous pouvez vous abonner au publications du blog, soit en devenant membre soit par mailing (c'est gratuit)


lundi 18 juin 2018

Une invasion de chenilles dans le Donbass


Ces dernières semaines les alertes concernant l'imminence d'une offensive ukrainienne dans le Donbass se sont multipliées et ont été confirmées par les renseignements obtenus sur la ligne de front mais également à l'arrière où de très fortes concentrations de matériels militaires ukrainiens sont accumulés depuis plusieurs jours par la toute nouvelle "Opération des Forces Combinées" qui doit mettre en oeuvre le processus de "réintégration du Donbass" par la force.

Quelle sera la physionomie de cette offensive, son ampleur et ses objectifs ? Offensive générale, coup de poing vers les frontières, encerclement de Donetsk et Lugansk, attaque localisée etc. Il encore est trop tôt pour le dire mais les analystes s'orientent plutôt vers une offensive localisée mais violente visant un objectif secondaire proche pour assurer une capitalisation politique de l'opération.

Et finalement peu importe la nature de cette offensive militaire, le fait est que sa menace est réelle est suffisamment grave pour avoir générer une réunion du "Format Normandie" exhortant Kiev à reprendre le chemin des négociations tracé par Minsk 2 et une mise en garde du Président Poutine menaçant une offensive de Kiev dans le Donbass de graves conséquences pour toute l'Ukraine. 

Sur le terrain, les forces ukrainiennes maintiennent leurs pressions sur de très nombreux secteurs du front où leur artillerie redéployée au plus près a repris ses régulières campagnes de bombardement à la fois sur les postions républicaines qu'elles essayent d'affaiblir que sur la population civile que Kiev veut terroriser.

Dans la partie du Donbass occupée par l'armée ukrainienne, les observations d'arrivées de matériels d'assaut lourds sont faites chaque jour comme ce convoi ferroviaire "shooté" le 13 juin matin avec un téléphone portable par un passant à Zaporodje, soit à moins de 200 km du front vers lequel se dirigeaient les convois ferroviaires militaires.


On peut donc voir que ces préparatifs d'une nouvelle offensive ukrainienne dans le Donbass ne sont pas le fruit d'une propagande russe paranoïaque mais bien la réalité d'un immense déploiement offensif en vue de relancer la guerre. 

De leur côté les forces républicaines de Mariupol à Lugansk sont en état d'alerte maximum sur l'ensemble de la profondeur de leur dispositif de défense.

Et pendant ce temps là, l' "opinion publique internationale" reste scotchée sur les écrans de ses téléviseurs, aux écrans aussi plats que son sens critique, pour suivre nuit et jour les matchs d'un Mondial de foot retransmis par des médias appartenant aux marchands d'armes et autres commanditaires de ces guerres de conquête post coloniales.

Erwan Castel

Reportage d'Eurasia Daily

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Kristina Melnikova à Forteruine le 18 avril 2018
Le 18 avril 2018, nous avons reçu la visite de Katia Katina de l'agence News Front et de Kristina Melnikova de l'agence russe "Eurasia Daily" venues faire des reportages sur la ligne de front de Yasinovataya. 

J'ai ensuite rencontré une deuxième fois Kristina Melnikova le 15 mai suivant à Donetsk pour un deuxième entretien en compagnie de Alex Siguida un camarade francophone de notre compagnie de "Piatnashka" qui s'est dévoué pour le difficile travail de traducteur. 

Ce 15 juin 2018, une longue interview de mézigue a été publiée sur ce média russe, reprenant des extraits de nos différents entretiens réalisés entre le front et Donetsk. Au delà des petites confusions biographiques, je tiens à remercier de tout mon cœur Kristina qui a su restituer l'essentiel de ma pensée au sujet de cet engagement réalisée dans le Donbass depuis plus de 40 mois.

Merci donc à Krsitina et Zakhar de m'avoir offert cette tribune et leur temps...

Erwan Castel


Source de l'article : Eurasia Daily


Combattant français en RPD: 
l'Europe ne peut être sauvée que par le monde russe

Photo par Kristina Melnikova / EADaily.

Erwan Castel (indicatif "Alavata") est un volontaire français servant dans les rangs des forces armées de la RPD, ayant rencontré personnellement Ernst Junger et Alain de Benoist (ndlr : pour AdB j'ai assisté à 2 de ses conférences et l'ai contacté concernant le Donbass) Le tireur d'élite de la brigade internationale "Pyatnashka", demeurant presque constamment au front de la guerre, dans ses temps libres écrit des articles et des livres sur le Donbass. Mais ce n'est qu'une de ses vies. Dans le passé, il a été capitaine de l'armée française et a servi au fameux 13ème Régiment de Dragons Parachutistes (ndlr : 2ème des 3 régiments où j'ai servi dans le renseignement militaire), qui pendant de nombreuses années espionnait les bases soviétiques en Europe de l'Est, a défendu les intérêts de la France en Afrique, pour former des légionnaires français en Corse (ndlr : concernant la légion, en Corse j'étais stagiaire, c'est en Guyane que j'étais instructeur en tant que Chef de mission en forêt équatoriale), qui a combattu dans la Birmanie (Myanmar) du côté de la milice locale (la milice karen KNU). Puis - lutteur (lutte traditionnelle bretonne le Gouren), artiste breton chansons populaires et combattant pour l'indépendance de la Bretagne celtique. Suivant sa vie - la vie d'un ermite (euh pas vraiment) dans le village d'une petite tribu indienne wayana en Guyane française. Ici, il a organisé les expéditions scientifiques et touristiques de l'Amazonie pendant plus de dix ans, jusqu'à ce qu'il décide enfin de venir au Donbass. Comme il le dit « Alavata » (son appel est connecté à la période Guyane de la vie - ce qu'on appelle des singes rouges amazoniennes, qui, selon Erwan, « vivent dans l'arbre et chante en permanence »), il est venu ici dans le but de métapolitique. A cette fin, nous avons parlé avec Erwan,de la guerre dans la région du Donbass, le rôle de la Russie dans le monde et beaucoup d'autres choses lorsque nous l'avons rencontré et commencé notre conversation dans zone industrielle Avdiivka directement, où se déroulent de lourds combats et où le combattant français peut s'engager encore plus que partout que partout ailleurs.


Parlez nous de vous. Qu'avez-vous fait avant de venir au Donbass?

J'ai vécu plusieurs vies. L'un d'entre eux est la vie d'un officier français dans l'armée de l'OTAN ... Je suis né en France, dans une famille militaire il y a 55 ans. connaissance très tôt avec le métier de son père et se dirigea ses pas, a terminé le plus haut du bras militaire école Inter appartenant à l'école de Saint-Cyr (diplômé de Saint-Cyr était, en particulier, le Charles de Gaulle -. environ EADaily ) à « officier du renseignement » (ndlr : en fait il y a ici une confusion logique plusieurs écoles d'officiers se trouvant aussi sur le site de l'Ecole Spéciale militaire Interarmes de Saint Cyr, c'est l'illustre nom de cette dernière (dont je ne suis pas issu) qui est retenu souvent à l'étranger)  . Ensuite, je suis devenu parachutiste au 13ème parachutistes-dragons. C'est les forces spéciales françaises. Pendant longtemps servi dans l'intelligence, a participé à l'observation des bases soviétiques en Tchécoslovaquie, en Pologne et en Allemagne de l'Est ...


Oh, c'est très curieux, pourrions-nous en parler plus en détail?

C'est la période des années 80, la fin de la guerre froide. Mon régiment était un régiment de renseignement stratégique. Les militaires russe nous espionnaient, et nous espionnions le Pacte militaire de Varsovie (ndlr : le verbe "espionner" est ci erroné car c'est de missions militaires d'observations en uniforme qu'il s'agissait et non de missions d'infiltrations en milieu civil comme le mot le suggère). A la guerre, les meilleures armes sont données aux meilleures unités. Et les meilleures unités sont positionnées sur les axes majeures de l'attaque dans les premiers jours de la confrontation. Si vous savez où les meilleures armes, les meilleurs approvisionnements militaires, munitions, alors vous savez où l'unité d' élite, qui ira en premier dans l'attaque. La spécialisation de mon régiment était à la recherche et la détection des matériaux militaires d'élite des pays du Pacte de Varsovie (nous parlons de renseignement militaire de sources ouvertes, notamment la détermination de la présence des unités d'élite de l'ennemi potentiel sur la base des données sur le support matériel d'une armée étrangère -. Environ EADaily). En cas de guerre, mon régiment devait être parachuté loin à l'arrière d'un ennemi potentiel.


Y avait-il une volonté psychologique de se battre contre les Russes, compte tenu de l'expérience négative précédente?

Un militaire est une personne qui obéit aux ordres de son commandement. Les questions historiques existentielles s'avèrent secondaires. Bien sûr, je veux dire dans le moment du combat lui-même.

Si nous parlons des missions de l'armée française actuelle, elles ont à mon avis, gardé les caractéristiques du patrimoine colonial africain. La France était un empire, l'armée française a défendu avant tout le territoire de l'empire. L'armée française est presque partout présente en Afrique. Mais elle ne protège plus l'empire, elle protège les intérêts industriels. C'est-à-dire qu'aujourd'hui l'armée française est devenue une arme entre les mains des commerçants. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai quitté le service.


Cela vient immédiatement à l'esprit en Libye ... Quels étaient les objectifs de la France?

La France est maintenant un bataillon avancé de mondialisme (idéologie et projet pour la création d'un gouvernement mondial unique - EADaily ), pour lequel la Libye représentait un grand danger. Bien sûr, les intérêts pétroliers étaient ici en jeu, mais pas seulement. Mouammar Kadhafi avait des projets ambitieux pour établir sa propre monnaie, soutenu par l'or pour l'ensemble de l' Afrique.

Il est intéressant de noter que le pouvoir colonial français a disparu politiquement du point mais il reste encore dans le domaine économique. Et bien que la France ait reconnu l'indépendance des pays africains, elle les a laissés dans le système du franc (le franc CFA). Ces francs sont imprimés en France, et l'économie du continent du continent qui en dépend est ainsi contrôlée. Kadhafi voulait que l'Afrique possède ses propres réserves d'or et de devises, ce qui détruirait le système colonial européen. Kadhafi a gouverné le pays de la position de la politique de non-alignement, d'une existence en dehors de la zone du pétro-dollar. Plusieurs acteurs puissants ont été intéressés par sa chute. Les Etats-Unis - à cause du pétrole, la  France - pour des raisons financières et Israël - pour des raisons idéologiques. Et par conséquent, la France a envoyé ses soldats contre Kadhafi au service de l'impérialisme.

Connaissez-vous l'histoire du Golem ou de Frankenstein? Celle du scientifique qui crée un monstre, lequel se retourne ensuite contre son créateur ? Lorsque les pays occidentaux jouent avec le terrorisme international, il leur revient, tout comme il était avec le Golem de Prague ou le monstre de Frankenstein. Pour renverser Kadhafi, la France a armé les djihadistes. Après le renversement de Kadhafi, ces mêmes rebelles ont attaqué le nord du Mali et depuis sont en guerre contre les français.

En Afrique sub-saharienne il y a un problème commun à Ukraine. C'est le problème de frontières. Les limites ont été définies par zones d'intérêts économiques ou par des conquêtes militaires. Ces frontières n'ont pas pris en compte les caractéristiques linguistiques ou ethniques. Les insurgés touaregs, armés par les français en Libye, ont envahi le Mali. La guerre en Libye était sous Sarkozy, et la guerre au Mali commençait déjà à la Hollande. Hollande a déclaré que la France intervenait au Mali pour sauver les femmes qui étaient battues par les musulmans. C'était un mensonge. Bien sûr, des cas de violence contre les femmes ont eu lieu. Mais la France a décidé d'envahir le Mali, car les insurgés djihadistes menaçaient surtout les gisements d'uranium contrôlés par la société française Areva.

Je peux dire que dans tous les cas, qu'il s'agisse de l'Afrique, du Donbass ou de toute autre région, le mondialisme repose sur la propagande de la guerre. Cette guerre de propagande utilise cinq piliers (ndlr "rendons à César..." , cette description de la propagande de guerre est de Michel Collon): 
  • Le premier est l'art de cacher les vrais objectifs de l'intervention. Vous pouvez parler de n'importe quoi - des droits de l'homme, de la lutte contre le terrorisme, de la démocratie ... Et tout simplement pour attaquer des pays riches en gisements de pétrole et de gaz.
  • Le second pilier la diabolisation de l'ennemi pour justifier l'invasion. Il fut un temps où Kadhafi a été déclaré leader dans le monde du terrorisme. Puis le même statut avait été accordé à Ben Laden et à Saddam Hussein .
  • Cette vision du monde manichéenne a un troisième pilier: l'angélisation, le sacrifice de soi et la victimisation. Nous pouvons maintenant observer ce processus dans l'exemple de la russophobie hystérique. Quoi qu'il arrive, en Occident, on dit que c'est la faute de Poutine. D'une part, ils sont en train de diaboliser la Russie, d'autre part, ils se positionnent comme une victime.
  • Le quatrième pilier est le mépris, l'ignorance de l'histoire. Récemment, nous avons parlé du colonialisme en Afrique. J'ai personnellement participé à une opération militaire au Tchad. Étant présent au Tchad, nous n'avons jamais pris en compte ses caractéristiques historiques. Le Tchad ne peut pas exister dans les frontières actuelles, parce que ce sont des frontières coloniales. Dans le nord vivent les nomades arabes, anciens esclavagistes, musulmans . Et dans le sud vivent des Africains, sédentaires, anciens esclaves et chrétiens. Ni l'histoire, ni la vie sociale de ces parties du pays ne sont les mêmes. Il y a incompatibilité lorsqu'il est impossible de répartir équitablement le pouvoir. C'est ainsi que les médias occidentaux refusent toujours de parler de l'histoire de la péninsule de Crimée, de la façon dont elle s'est rendue en Ukraine. Ce mépris de l'histoire leur permet de voir tel ou tel phénomène historique dans leur idéologie.
  • (5ème pilier) Nous remarquons que dans la société moderne, dans la société du spectacle, les mass media deviennent le pouvoir réel, et vice versa. Le Mondialisme se paie les grandes compagnies de la presse. En France, presque tous les médias officiels, les journaux, les magazines, la radio, la télévision appartiennent à cinq milliardaires qui investissent à la fois dans l'armement et dans l'industrie. Ces gens sont des agents actifs du système mondialiste, et ils peuvent imposer leur vision du Monde au peuple ... 
Ce sont mes petites parenthèses sur les cinq piliers du mondialisme. Mais ils sont importants pour comprendre ce qui se passe dans le Donbass.


Alors, quels sont les objectifs de l'Occident ici dans le Donbass?

Le Donbass est bordé par la Russie et est l'une des régions les plus développées économiquement. Mais le "Maïdan" en Ukraine, à la suite duquel les sbires occidentaux sont arrivés au pouvoir, n'a pas répondu à toutes les attentes de Washington. La Crimée est rentrée chez elle, et Donbass s'est rebellé. Cependant, l'OTAN n'est pas dirigée par des idiots. Quand le soulèvement a eu lieu dans le Donbass, ils ont décidé de déclencher une longue guerre, d'ouvrir un deuxième front, et de le maintenir un petit feu couvant, afin de pouvoir commencer une escalade au bon moment pour eux.


Quand ce moment peut-il arriver, pour lequel l'Occident a besoin stratégiquement d'un conflit constant?

Il y a un dicton - "C'est quand un monstre se noie, qu'il soulève les plus grosses vague". Le système économique imposé par l'Occident meurt, et il ne survit qu'à travers les guerres, il se nourrit de ses propres crises. Si nous nous tournons vers l'Histoire, nous verrons que les signes de la maladie du système ont eu lieu à la veille de la Première et à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Et après ces conflits, au contraire, l'âge d'or est revenu. La guerre a permis d'effacer les dettes, et d'encourager le développement de l'économie ...

Si la première raison que j'ai décrite est économique, alors la seconde est idéologique. Le système du mondialisme est un système impérialiste, il a besoin de la capture de nouveaux territoires. Et dans ce système la guerre entre en scène, quand l'un ou l'autre peuple, tel ou tel territoire lui oppose une résistance, refuse l'esclavage commercial, la vie à crédit. Dans les médias occidentaux, de tels états sont appelés "non-alignés".


Après la défaite de la guerre froide, la Russie est-elle un pays non aligné?

Pour moi, le choix des mots est important. Je pense qu'il est nécessaire de distinguer entre l'Occident et l'Europe. Tout comme il est nécessaire de distinguer entre la Russie et l'URSS, même si elles sont liées les unes aux autres. Après la chute de l'Union soviétique, la Russie a failli disparaître. Mais Poutine est venu et a réussi à la défendre. Maintenant, nous pouvons dire avec confiance que la Russie est un pays non aligné. Cependant, il a toujours été un pays qui ne rejoint pas la domination de l'Occident.

Et cette domination peut être vue sous différents aspects. Je pense que l'un d'entre eux est l'hégémonie de la pensée unique. Parce que l'hégémonie de l'Occident était à l'origine religieuse. Le christianisme, installé à Rome, a inventé le concept d'une seule pensée agressive, dérivé des principes de la guerre religieuse. Puis ce même principe de pensée unique s'est manifestée dans l'impérialisme économique, avec l'ouverture au Nouveau Monde au XVe siècle, les sociétés commerciales ont pu gagner plus de pouvoir que les politiciens. Cela a marqué le début du libéralisme, avec lequel la pensée unique est ensuite passée dans le plan politique. Son point culminant était l'émergence du colonialisme au XIXème siècle. Ensuite, elle a pénétré dans la culture. Maintenant, nous portons tous les mêmes vêtements, écoutons la même musique, mangeons la même nourriture.


Mais en Russie, essentiellement la même politique néolibérale est poursuivie économiquement. Économiquement, la Russie joue selon les règles établies par l'Occident ...

Je n'ai pas analysé la politique économique russe. Cependant, je pense que la Russie maintient ses principes historiques inhérents. Je veux dire l'état d'esprit, la mentalité. Quand les païens de l'Europe de l'Ouest furent écrasés et détruits par l'Église romaine, ici, en Russie, l'orthodoxie, l'islam et les croyances païennes coexistèrent pacifiquement.


Autrement dit, la Russie peut-elle jouer un rôle réconciliateur dans le monde à cause de ces qualités?

Oui, la mentalité russe est une mentalité d'avenir pour toute l'humanité. Comme je l'ai dit, un système unipolaire est venu avec le catholicisme. Mais pour survivre, l'adaptation est nécessaire, et pour l'adaptation, la diversité. Ce n'est pas compatible avec une idéologie qui vous oblige à prendre les armes et à tirer sur tous ceux qui ne sont pas d'accord avec vous. C'est la mentalité du vampire, et il est très populaire parce que le vampire a besoin de sang. En Russie, tout est complètement différent. La Russie est tolérante dans le vrai sens du terme, elle n'a pas de politique colonialiste agressive.


Donc vous soutenez l'idée d'un monde multipolaire?

Oui pour moi, la multipolarité est la diversité, surtout une variété de peuples


Partagez vos impressions personnelles sur le Donbass?

Je suis venu au Donbass avec un objectif métapolitique. Avant, je n'étais pas allé en Russie, et quand je suis arrivé ici, j'ai réalisé que c'était un pays incroyable. Je viens de Bretagne, mais mon père m'a beaucoup parlé de l'histoire de l'Europe. En allemand et en français, les concepts de la patrie sont différents. Pour moi, la patrie, le pays des pères, c'est la Bretagne. Une autre patrie au sens le plus large est l'ensemble de l'Europe. Parce que tout le monde, vous et moi sommes issus d'une seule et même civilisation.

Ici, dans le Donbass, j'ai découvert des gens avec les valeurs de ma mère, mes grands-pères et arrière-grands-parents, grand-mères et arrière-grand-mères. Pour moi, les habitants du Donbass sont de véritables héros de l'Europe. J'ai vécu dans la zone la plus pauvre à Oktyabriasky, parce que je voulais être dans l'épicentre des événements. C'est un secteur de première ligne, mais il y a beaucoup de gens qui restent - des femmes avec des enfants, des personnes âgées. Malgré tout, ils ont continué à vivre dans cette zone - à 500 mètres de l'aéroport sous des bombardements réguliers. Pour moi, c'était incroyable. Une fois près de Maryinka, je suis allé à une pizzeria avec mon ami de France, et bientôt des explosions très proches ont commencé. Mais la serveuse a continué à travailler. J'ai demandé: "N'avez-vous pas peur?". Elle dit: "Non, c'est bon." J'imagineune situation similaire en France : 80% des personnes disparaîtraient immédiatement.


Eh bien, pourquoi? Lors de la Seconde Guerre mondiale en France, il y avait une forte résistance ...

Je suis désolé, mais c'est juste une belle légende. Seulement 1% de la population de la France a rejoint la série de résistance. Bien sûr, ce sont des Français héroïques, mais seulement un pour cent.


Quelles étaient les idées sur la Russie avant de venir?

Comme je l'ai dit, la première partie de ma vie était, comme on dit, de l'autre côté des barricades, et mes idées sur la Russie ont été élaborées sur la base de la propagande de l'OTAN. J'ai travaillé pendant 15 ans dans cet environnement, et dans mon esprit, la Russie a toujours été un ennemi. Après la fin de la guerre froide, j'ai commencé à suivre la situation géopolitique, les guerres en Serbie et en Afrique, puis j'ai découvert la vérité. J'ai découvert que j'étais du côté du mal pendant de nombreuses années. Quand je suis arrivé au Donbass, mon analyse a été confirmée. Maintenant, je comprends que la civilisation européenne ne peut être sauvée que par la Russie, le monde russe.

Photo par Kristina Melnikova / EADaily.

Quel est le monde russe dans votre compréhension? A-t-il des limites géographiques?

Je peux expliquer le phénomène du monde russe sur l'exemple de l'éthologie - la science du comportement animal. Le père de l'éthologie est le zoopsychologue autrichien Konrad Lorenz. Son travail est très intéressant. Selon lui, pour survivre, il faut être capable de s'adapter. Et pour l'adaptation, la diversité est nécessaire. L'humanité, son organisation politique, économique et étatique perd aujourd'hui sa diversité. Et c'est dangereux pour toute la race humaine. Je pense que la Russie a réussi à préserver la diversité du monde. Je partage la conviction que dans la civilisation européenne, il y a une place pour les Bretons, et les Français, pour les Anglais, pour les Allemands, pour les Polonais et pour les Russes. Sur les gravures trouvées dans les grottes de la Scandinavie à la Méditerranée, de l'Atlantique et de l'Oural, on peut trouver des images générales qui prouvent que, malgré la différence de tous les groupes ethniques, elles appartiennent à une même souche  civilisationnelle, une même identité. Et cette civilisation a créé nos valeurs. Par exemple, le culte des ancêtres, le culte de la famille, l'amour de la Patrie, les grandes légendes et les mythes. Tout cet héritage de la civilisation disparaît aujourd'hui sous le joug de la dictature commerciale. Cependant, en Russie, il vit toujours dans le cœur des gens. Il n'y a pas si longtemps, nous avons célébré le 9 mai. J'admire que dans le monde russe ce jour n'est pas seulement une cérémonie standard, mais une véritable expression des sentiments de cœur de chaque personne. Et la manifestation la plus vivante du patriotisme russe que j'ai jamais vu dans ma vie est le Régiment Immortel. Cette action est une manifestation claire de l'engagement russe envers nos valeurs communes, l'héritage de notre civilisation européenne commune. 

Quand je suis arrivé ici, j'ai été surpris par la beauté des femmes, des enfants et des hommes. Ce sont trois types différents de beauté. La beauté des enfants est dans leur pureté et leur innocence. Les hommes sont masculins. Et la beauté des femmes est dans la grâce et l'élégance. Je pensais que ce peuple n'est pas différent des Français ou des Bretons. En Occident, les hommes sont aussi courageux, les femmes sont élégantes et les enfants innocents. Mais là, ils sont tous inondés d'un flot de culture américaine, ils portent les mêmes vêtements dans le style «unisexe». Ils disparaissent. Et ici, les hommes restaient semblables aux hommes, aux enfants aux enfants et aux femmes aux femmes.

En français, l'éthique et l'esthétique sont semblables dans la phonétique des mots. À mon avis, le concept de civilisation repose sur une double base, éthique et esthétique. Dans la philosophie de la Grèce antique, la recherche de la beauté était aussi une recherche de la vérité. Dans l'art des anciennes civilisations de l'Antiquité, il existe un culte du corps et un culte de la beauté. Alors que la civilisation occidentale actuelle soutient le culte de la laideur. Les choses anormales, les exceptions aux règles, deviennent les normes Je suis un païen dans mes convictions, pour moi l'ordre naturel des choses est important. Et l'ordre naturel des choses présuppose l'existence des mâles et des femelles. Je ne suis pas homophobe, je suis contre la persécution des homosexuels. Mais je suis tout simplement opposé à ce que l'homosexualité devienne une norme sociale. La société doit d'abord reconnaître la valeur de la famille, et les valeurs familiales sont le père et la mère.

L'Occident a essayé de protéger les minorités, et c'est vraiment un devoir de l'État. Mais je suis sûr qu'il est nécessaire de protéger les minorités, sans mépriser la majorité. La politique actuelle du pouvoir d'État en Occident s'avère destructrice des valeurs créées plus tôt par le même Occident, tandis que la Russie reste un exemple de société équilibrée qui préserve ses racines tout en acceptant la diversité. Bien sûr, cette harmonie doit être préservée, et pour la préserver, un fort pouvoir est nécessaire. Il est possible de reprocher à Vladimir Poutine , à Bachar Assad ou à Kadhafi d'être autoritaires. Peut-être, à certains égards, ils peuvent même être appelés dictateurs. Mais il vaut mieux être un dictateur, défendant votre peuple, qu'un démocrate qui détruit ses murs défensifs.


Nous parlons déjà beaucoup du Donbass, mais jusqu'ici nous n'avons pas compris comment vous, l'officier de l'armée française dans le passé, avez décidé de venir ici?

Après mon départ de l'armée, je suis retourné en Bretagne, qui est une région celtique en France. Ma langue maternelle est le breton. Je suis finalement revenu à mes racines. A cette époque, je lis beaucoup, beaucoup de philosophes occidentaux non conformes - Nietzsche, Heidegger, Carl Schmitt, replonge dans les œuvres des grands écrivains de l'antiquité, je m'éloigne de l'héritage catholique et commence à me concentrer sur la religion païenne, parce que ces religions permettent de renouer avec l'ordre naturel. Cette période m'a beaucoup changé. Puis j'ai commencé à m'identifier à la direction de la pensée libre. À ce moment-là, j'avais plusieurs activités. J'ai travaillé un lutteur sportif et animateur culturel dans les chants traditionnels de Bretagne. Politiquement, durant cette période je me suis battu pour l'indépendance de la Bretagne. Donc je suis aussi séparatiste. C'est à cette période que j'ai commencé à avoir des problèmes avec les autorités françaises.

Après sept ans en Bretagne, je suis allé en Guyane française. C'est une ancienne colonie, qui a reçu le statut de département d'outre-mer. 80% du territoire c'est la jungle amazonienne. Là, j'ai été guide pendant 15 ans, accompagnant des groupes scientifiques et touristiques, de voyageurs, qui vivaient dans un petit village indien de Tuenke de la tribu Wyeian sur le fleuve Maroni avec une population de pas plus de 50 personnes. Mais même dans la jungle, j'ai continué à observer le monde depuis une petite fenêtre, un peu comme l'écran de mon ordinateur portable. Et à partir de cette fenêtre, j'ai vu des manifestations dégoûtantes de la propagande militaire mondialiste. La guerre en Géorgie en 2008, les printemps arabe. Tout cela m'intéressait et m'inquiétait. Lorsque le "Maïdan" a commencé en 2013, j'ai réalisé que ce n'était pas une révolution ukrainienne, mais un coup d'Etat occidental. J'ai vu que les médias occidentaux soutiennent l'opposition ukrainienne, et ne montre pas une image complète de ce qui se passait. Puis j'ai décidé d'ouvrir un blog de soutien à la rébellion du Donbass. Depuis quatre ans, j'ai écrit des milliers d'articles.

En 2014, la crise ukrainienne s'est transformée en une guerre civile. Pendant ce temps, il y a eu des événements qui m'ont choqué.  Ma décision finale de venir dans cette guerre je l'ai prise au lendemain du massacre à Odessa. Ces 48 morts sont un drame non seulement pour l'Ukraine, mais pour toute l'histoire européenne. Ce qui m'a vraiment choqué, c'est le silence des médias occidentaux. Ils n'ont généralement pas voulu couvrir cette tragédie de quelque façon que ce soit, ce qui prouve une fois de plus leur conspiration, et confirme la participation de l'Occident à ce massacre. A cette époque, j'ai déjà contacté des gens de Donbass, correspondait avec une habitante de Lugansk Inna. Le 2 juin, Lugansk a été bombardée et cette femme a été blessée aux jambes (ndlr : il s'agit de Inna Kukuridza qui a été tuée devant l'administration de Lugansk lors de ce bombardement de l'aviation ukrainienne). Permettez-moi de vous rappeler que le dernier cas, lorsque le pays a bombardé son propre peuple en Europe, s'est produit pendant la guerre d'Espagne entre les républicains et Franco.

Après cela, j'ai décidé de venir dans le Donbass. Comme je l'ai mentionné, à l'époque j'étais responsable de ma société et il était difficile pour moi de partir immédiatement. J'avais certaines obligations avec des expéditions programmées jusqu'en novembre 2014. En novembre 2014, je suis venu en France, mais à ce moment-là, mon père est mort et pendant un moment je suis resté à la maison pour soutenir ma mère. En conséquence, je suis arrivé en Russie seulement à la fin de janvier 2015.

Puis, j'ai mis les pieds sur le sol russe, réalisant que moi, un ancien officier qui travaillait pour l'OTAN, je venais de passer soudainement à l'Est. J'ai été frappé par la grandeur de Moscou, où j'ai passé environ cinq jours. Les grandes rues et les bâtiments, le sublime métro, les belles femmes ... Je me promenais dans les musées, marchais autour de la Place Rouge, regardais ce que je n'avais vu que sur des cartes postales. Puis via Rostov je suis venu à Donetsk, découvrant une ville d'une beauté exceptionnelle. Je suis arrivé la nuit, trouver le transport était difficile, et j'ai dû utiliser l'auto-stop. C'est vrai, j'ai réussi à arrêter seulement l'armée "Ural". J'ai donc immédiatement rencontré l'armée. A ce moment-là, je me battais pour Debaltsevo et, deux jours plus tard, un détachement de Cosaques m'a envoyé quelque part aux environs d'Uglegorsk. C'était la fin du chaudron de Debaltsevo, et pendant dix jours j'ai participé à cette bataille. Ce premier baptême du feu dans le Donbass fut assez épique. Puis je suis retourné à Donetsk et, avec quelques Français qui étaient là , nous avons rejoint le 4ème bataillon de la Garde républicaine. Nous avons occupé des positions près de Marinka dans l'ouest de la ville, participé aux combats pour Marinka en juin 2015. Ensuite, j'ai servi dans une section de reconnaissance d'un bataillon de chars, puis dans la 5ème Brigade, où nous nous sommes battus au sud de Donetsk dans la région de Dokuchaeivsk. En 2016, je me suis battu à Spartak, dans la zone de l'aéroport, et l'année suivante, je suis entré dans le "Pyatnashka". Et je suis toujours dans les rangs de cette unité, où nous occupons maintenant des positions dans la zone industrielle d'Avdeevka. 


Vous avez vu beaucoup de guerres, vous connaissez beaucoup d'hommes militaires de différents pays. Le légendaire soldat russe est-il différent?

Il y a beaucoup de différences, mais aussi de nombreuses similitudes. Lorsque j'ai participé aux opérations militaires de l'armée française, j'ai parfois dû travailler avec la milice. Par exemple, au Liban. En tant que volontaire, j'ai combattu en Birmanie du côté de la milice populaire Karen en 1994-1995. Dans le Donbass, je me bats aussi dans la milice. Je pense que la milice du Donbass est la plus grande aventure à laquelle j'ai jamais participé.

Au contact de ces miliciens, je découvre pleinement la mentalité russe. Je comprends pourquoi auparavant Donetsk s'appelait Staline (ndlr : de 1924 à 1961, Donetsk s'appelait "Stalino" en référence à Staline mais aussi à l'acier de cette capitale de la métallurgie). Parce que les locaux ont des têtes fortes (souriant, se tapant la tête d'un geste expressif ). Je pense que le soldat russe est proche de la nature, il est rustique, il peut se passer de tout confort, tolérer les mauvaises fournitures, servir jour et nuit. Sa simplicité est impressionnante. Et son courage dans la bataille frise parfois l'imprudence. Un soldat russe ne se considère pas en danger.

Avec humour, mais par rapport l'expérience vécue dans la milice locale, je peux lui donner une description en seulement quatre mots russes. En vérité, l'un d'eux ne peut pas être prononcé devant les dames. Le premier mot est "Zavtra". "Demain, demain, demain.", c'est l'attente, il faut attendre. Après cela, "Davaï !" "allez, allez, allez." où il faut se dépêcher  Puis "Hourra" ou il faut se battre Et le dernier est "Pizdiet" la fin  C'est dans ce rythme même que formule ces  quatre mots que j'ai finalement réussi à comprendre la mentalité russe.

J'ai également remarqué que la milice du Donbass il n'y a pas de haine et de volonté consciente à la destruction totale de l'ennemi. Il y a de la tristesse dans le fait que nous avons sombrer dans une guerre civile, mais il n'y a pas de haine cruelle et inconciliable qui se traduise par de mauvais traitements et des tortures de prisonniers de guerre, comme ce qui peut être observé du côté ukrainien. La milice du Donbass n'a pas l'esprit fanatique des croisés.

Bien sûr, les pertes pendant cette guerre ont séparé à jamais le Donbass de l'Ukraine. Mon amie à Oktyabrsky connaît plusieurs langues - anglais, français, russe et ukrainien. Mais elle ne peut plus parler l'ukrainien et commence à pleurer. Je vois la souffrance et la souffrance du peuple Donbas, mais je vois aussi sa dignité et sa noblesse. Car cette douleur ne grandit jamais en haine.


Comment cette guerre se terminera-t-elle pour l'Ukraine, à votre avis?

Je pense que l'Ukraine va revenir à son état naturel. Cette terre à l'origine slave, berceau de la Russie, était divisée par des frontières artificielles. Lénine a remis le Donbass à l'Ukraine, l'accord Molotov-Ribbentrop a annexé des terres occidentales appartenant à la tradition catholique polonaise. Plus tard, Khrouchtchev a donné la Crimée. La crise ukrainienne a montré à quoi devrait ressembler l'état naturel du pays. La Crimée est déjà revenue à la patrie. Nous voyons qu'aujourd'hui d'autres morceaux artificiellement cousus en Ukraine commencent à tomber. Je pense que progressivement l'Ukraine diminuera ou disparaîtra complètement soit sous l'influence d'une nouvelle, et cette fois d'une véritable révolution populaire, soit à cause d'une guerre avec la Russie qui n'a pas encore eu lieu, soit à cause de la perte de soutien de l'Occident et de l'effondrement économique. Aucun pays ne peut supporter la gravité d'une guerre de positon permanente. Même si tout le monde est intéressé par cette guerre.


Qui est "tout"?

La guerre dans le Donbass n'est pas seulement une guerre civile, c'est aussi la guerre américaine contre la Russie. Washington est content de cette guerre, car c'est un ulcère proche de la Russie. L'OTAN est rentable pour rapidement militariser l'Ukraine avec l'aide de ses bases. Nous voyons que des exercices militaires ont lieu presque tous les mois, malgré le fait que "Minsk" l'interdit. Au cours de ces exercices, l'OTAN affirme de plus en plus son influence sur le territoire de l'Ukraine.

Kiev est également intéressé par cette guerre. Alors qu'il y a une guerre, il peut excuser tous ses échecs économiques. Et cette guerre, intéresse aussi Moscou car tant qu'elle dure, le gouvernement de Kiev s'affaiblit.

Cette guerre intéresse aussi les autorités locales, car elle forme une alliance sacrée autour du gouvernement. Je ne vais pas juger l'un ou l'autre. Je déclare simplement qu'aujourd'hui tout le monde essaie de trouver son propre bénéfice dans cette guerre.

Cependant, je pense que l'Ukraine ne peut désormais s'emparer du Donbass par des moyens militaires. Mais elle peut essayer d'augmenter la pression et provoquer l'arrivée des "casques bleus". Kiev veut voir se déployer dans le Donbass 30,40 000 "casques bleus", jusqu'au contrôle des frontières. Après cela, Kiev a l'intention de mener l'opération sous le scénario yougoslave, ayant commencé le nettoyage ethnique avec la connivence des «gardiens de la paix». Mais je crois qu'aujourd'hui la Russie ne permettra pas que ce scénario se réalise.


Peut-être que vous voulez dire quelque chose d'important, que j'ai oublié de demander?

Je suis arrivé ici, guidé par des motifs différents. En raison de mon désir de participer à la guerre de l'information, je suis même devenu écrivain. Pour moi, quatre aventures - militaire, vie, métapolitique et l'aventure de l'écriture - se sont entrelacées dans le Donbass. Mais il y a aussi une aventure intérieure. Cela commence toujours en moi. Peut-être que j'aurai une cinquième vie quand je quitterai Donbass. Le Donbass est pour moi le laboratoire de la société européenne de demain. La République, malgré tous ses défauts, donne de sérieux espoirs. Je veux retrouver la flamme même de Novorossia. Le concept de Novorossia est un concept métapolitique. Ici naît la réalité historique du nouvel idéal européen. Je voudrais que les frontières des États soient détruites, pour que l'Europe soit construite sur des principes et ses peuples naturels,

Photo par Kristina Melnikova / EADaily.

Interviewé par Kristina Melnikova , Donetsk


Source de l'article https://eadaily.com/ru/news/2018/06/15/francuzskiy-boec-dnr-evropa-mozhet-byt-spasena-tolko-russkim-mirom


Merci à Kristina pour son intérêt vis à vis de cet engagement 
occidental anti-conformiste aux côtés du peuple russe du Donbass

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