samedi 22 février 2020

La mesure du temps de guerre

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Photo Kristina Melnikova

Bien que toujours enfermé dans un carcan d'acier retenant mon bras et ma personne dans une oisiveté hospitalière, je n'ai pas vu arriver ce mois de février 2020 qui sonne ma cinquième année d'engagement dans le Donbass...

Déjà 5 ans ! et pourtant j'ai l'impression parfois que je suis arrivé hier à Donetsk tant l'intensité des événements, bons ou mauvais restent brûlante à mon esprit. Mais c'est aussi certainement due à cette relation singulière entre l'Homme et le dieu Chronos, imposée par toute guerre vécue et qui plonge les vivants dans un autre sablier du temps où la Mort devient la mesure première d'un fleuve devenu torrent.

Samedi 22 février 2020

C'est en regardant la photo de la stèle dédiée à Oleg Mamaiev, le commandeur de Piatnashka tué au combat en mai 2018, et parue dans l'article de Zvezda relatif à mon engagement dans le Donbass que je me suis pris à mesurer ce temps de guerre qui passe tel un torrent sauvage, étrangement et irrégulièrement au rythme des morts qu'on dépose sur ses berges noyée noyées de larmes.

Car, dans ce maelstrom de passions homicides qui conduisent les hommes, même les plus justes, à se déchirer à force baïonnettes, balles ou obus dans l'inconnu d'un instant présent capricieux, rares sont les moments où l’âme peut poser le sac remplis des devoirs à nourrir et des fatigues à étancher pour profiter des rares eaux calmes de sa destinée. 

De mon côté je vis, depuis ma blessure et ma mise entre des parenthèses hospitalières, dans cet état particulier entre les morts et les vivants où je suis dans ce courant de la guerre, à la fois un spectateur vivant de ses berges mortes et un nageur inerte entraîné dans son courant intense.

Et dans ce courant particulier de la guerre qui alterne celui d'un marais inconnu avec celui d'un torrent fou, le glas des morts devient étrangement le seul carillon qui scande et inscrit dans les mémoires la danse du temps, surtout au milieu de la dramatique et immobile monotonie d'une guerre de tranchée sans fin. Et devant le souvenir des camarades tombés dans nos tranchées, où des civils innocents fauchés dans nos rues, la fonction matricielle de la guerre prend toute sa dimension métaphysique, fusionnant la Mort et la Vie  dans cette expérience intérieure de l'âme si brillamment décrite par Ernst Jünger, jusqu'à les rendre consubstantielles l'une à l'autre, car comme l'écrivait Georges Bataille, "la vie a sa plus grande intensité au contact de son contraire"...

Il y a  2 ans, le 17 avril 2018, Mamaï était venu sur la première ligne de Promka nous visiter, et partager gâteaux et sourires avec ses hommes . Il allait être tué 1 mois plus tard à quelques centaines de mètres de là, sur ce front funeste de Yasinovataya.

Oleg Mamaïev était de ces soldats authentiques, incarnant cette figure intemporelle et mythique du Chevalier; et qui traverse les âges avec comme panache la force de l'exemple, comme qualité l'humilité du courage et comme noblesse l'intelligence du coeur. A son contact quotidien, particulièrement lors de ces moments partagés aux avants postes de Piatnashka, sur ce front funeste de Promka qui devait l'engloutir, nous ressentions déjà toute l'initiation silencieuse de sa personnalité, humble et attentive et toujours à l'écoute de ses hommes, et beaucoup disions déjà qu'il était un père pour la famille de son bataillon. 
A sa mort, Mamaï a comblé l'immense vide de son absence en legs déposé dans la mémoire et le coeur de chacun de ceux qui l'avaient côtoyé et compris. Il est une stèle à la fois heureuse et triste dans la mesure du temps qui nous entraîne au fil tumultueux de cette page d'Histoire européenne qui s'écrit depuis 6 ans dans le Donbass. Et sa stèle élevée sur la voie des héros au coeur de la cité est devenue pour les mémoires un phare qui guide nos actes et nos pensées présentes...

Le Chevalier, la Mort et le Diable de Albrecht Dürer illustre en 1513 siècle cette
relation particulière de l'Homme avec le temps à travers la figure du chevalier
stoïque cheminant vers sa destinée volontaire, au milieu de la Mort et du Diable . 

Ce ne sont donc pas seulement 5 années qui se sont écoulées autour de moi mais surtout par leur souvenir vif, plus d'une douzaine de disparitions de camarades connus, tombés en chemin parmi les milliers disparus dans cette guerre oubliée au coeur de l'Europe. 

Et devant le souvenir de Mamaï immortalisé dans le bronze et dans les coeurs, je suis tenté de plagier Georges Bernanos qui écrivait qu' "on ne meurt pas chacun pour soi, mais les uns pour les autres, ou même les uns à la place des autres (Le Dialogues des Carmélites) et de penser tout haut que la guerre cette mère des Hommes nous enseigne que pour ne pas être esclave du temps et sentir ses griffes lacérer nos rêves, on ne doit pas vivre chacun pour soi, mais les uns pour les autres, ou même les vivants à la place des morts pour que leur souvenir soit la force de ceux qui chemine sur les chemins d'une éternelle jeunesse...

Erwan Castel


" Que le souvenir des morts soit la force des vivants "

Dominique Venner

Les honneurs de Zvezda

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Si mon combat armé s'est temporairement arrête suite à une blessure reçu le 23 septembre 2019 sur le front de Novoazovsk, en revanche celui de l'information, non moins important, continue, pour que la Vérité sur le Donbass gagne inexorablement du terrain sur les mensonges d'une propagande occidentale complice des crimes de guerre perpétrés depuis 6 ans en Ukraine et dans le Donbass.

Février 2020 sonne pour moi ma 5ème année d'engagement militaire sur le front du Donbass (avec 7 mois d'interruption en 2016) et même si je ne le recherche pas, l'intérêt porté sur mon engagement aux côtés de la population du Donbass est de plus en plus grand, et j'en accepte de bon gré les rencontres et interviews consécutives dans la mesure où elles traduisent plus le regard que je porte sur le Donbass que celui qui est porté sur ma personne.

Samedi 22 février 2020

Je ne publie pas systématiquement ci tous les articles ou reportages me concernant, ne voulant pas passer pour un narcissique que je crois ne pas être; mais lorsqu'en janvier 
"Zvezda", le média du Ministère de la défense russe  me contacte pour une entrevue, je ne peux m’empêcher d'éprouver une certaine fierté de recevoir ses honneurs, n'en déplaise aux Brayard, Néant and Co, ces insectes rampants de la bande à Moreau qui me calomnient sous la cape depuis 5 ans.

Zvezda ("étoile" en russe et dans de nombreuses langues slaves) est un réseau de télévision national russe appartenant au ministère russe de la Défense. Média officiel, à la ligne éditoriale ouvertement patriotique et anti mondialiste, Zvezda, qui diffuse depuis l'année 2000 procède à des analyses quotidiennes de l'actualité militaire mais aussi politique, sociale, économique et culturelle dans la Grande Russie et à travers le Monde.  
C'est ainsi que Zvezda rend compte très régulièrement de la situation dans le Donbass


Zvezda dispose de plusieurs vecteurs d'information dont une chaîne de télévision d'un magazine papier et  journal diffusé sur internet

En janvier 2020, je suis donc sorti de mon cocon hospitalier, où je ronge mon frein entre chacune des multiples opérations en cours, pour rencontrer Kristina Melnikova, correspondante de Zvezda ainsi que Katia Katerina qui, au fil de leurs reportages sur les avant postes de la brigade Piatnashka (qui constitue aujourd'hui le 2ème bataillon des forces spéciales du Ministère de l'Intérieur), sont devenues des amies fidèles.

Après un premier reportage télé le 30 janvier 2020  (minutes 20'40 à 56" et à partir de 26"40), Zvevda m'a consacré un article ce 19 février 2020, (voir ci après).

Cet article est signé Kristina Melnikova, cette jeune et talentueuse reporter de guerre qui ne cesse d'arpenter sentes et tranchées du Donbass à la rencontre des ses gens et défenseurs. Je tiens ici à remercier Kristina pour ce bel article qui me fait rougir, mais aussi pour tout le travail photographique et d'information qu'elle même inlassablement. Son travail que je vous invite à découvrir via son réseau social par exemple (FB et VK) est à la fois éthique et esthétique, original et professionnel, et surtout toujours élevé par des qualités humaines sincères, généreuses et authentiques.

Erwan Castel 

Lien de l'article : Zvezda


Un tireur d'élite français protège le Donbass. 
Rencontre dans les tranchées

Ervan Castel (indicatif d'appel "Alawata") - Volontaire français, tireur d'élite de l'unité internationale "Pyatnashka", 
qui depuis janvier 2015 combat dans les rangs de la milice du Donbass

Kristina Melnikova ,19 février 2020

Ervan Castel (indicatif d'appel "Alavata").© Photo tirée des archives de Kristina Melnikova

Toutes ces années, un ancien officier de l'armée française et, dans sa nouvelle vie, un tireur d'élite, passe la plupart de son temps en première ligne du front..

Où le gars rencontre t-il la tristesse du Donbass? ..
Il s'est en fait installé aussi sur le front, dans le village bombardé d'Oktyabrsky, près de l'aéroport détruit, de sorte que lors de rares permissions, il reste proche des personnes victimes de bombardements, qu'il est venu défendre.
  • Erwan dit souvent qu'il a vécu de nombreuses vies qui seraient suffisantes pour écrire des histoires pour plusieurs films d'aventure.
Dans le passé, il était le capitaine de l'armée française, à qui l'on a appris à penser que l'Union soviétique et la Russie sont des ennemis. Après le service, il était lutteur et a interprète de chansons traditionnelles bretonnes.
  • Puis Castel change de continent et s'installe en Guyane française (Amérique latine), où, non loin du célèbre Cayenne, il s'installe au contact des populations d'Amazonie comme la tribu amérindienne  Wayana et y passe plus de dix ans.
© Photo tirée des archives de l'auteur

Qu'y a t-il fait ? Il a organisé et accompagné des expéditions scientifiques et touristiques en forêt amazonienne, a beaucoup lu et a continuer de suivre les événements qui se déroulaient sur la planète.

Comme le dit "Alawata" lui-même (il doit son indicatif à la période guyanaise de sa vie - nom donné aux singes rouges d'Amazonie qui "vivent dans les arbres et chantent constamment"), c'est durant cette période de sa vie que ses croyances et ses opinions sur la politique mondiale se sont formées.

Et c'est là, dans la jungle latino-américaine, loin de l'agitation de la civilisation occidentale, qu'il a réalisé que de nombreuses guerres étaient déclenchées à l'initiative des aspirants à l'hégémonie mondiale aux États-Unis.

Chemin vers l'Est

Les événements sur le Maïdan et la guerre qui a alors commencé dans le Donbass l'ont profondément choqué.
  • «Quand tout a commencé, j'étais en Guyane française et j'ai suivi de près les événements géopolitiques mondiaux. Les événements d'Odessa et le bombardement de Lugansk m'ont incité à une action décisive. J'avais compris malgré que les médias occidentaux ont montré la crise ukrainienne contre le Donbass, c'était de la propagande, un élément de la guerre de l'information », explique Castel.
Arrivé dans le Donbass, Castel participe aux batailles de Debaltseve qui se déroulaient à cette époque. Depuis lors, il a toujours été à l'avant-garde - seules les orientations de première ligne changent.

© Photo tirée des archives de l'auteur

Arrivé dans le Donbass, Castel participe à la fin des combats de Debaltseve qui se déroulaient à cette époque.

«Je suis parti pour le Donbass le 15 janvier, puis, après plusieurs jours d'attente, j'ai rejoint un détachement qui a participé aux derniers jours de la bataille de Debaltsevo, bataille, qui fut ma première expérience dans la guerre du Donbass. Après avoir passé deux semaines du côté de Lugansk, je me suis dirigé vers Donetsk, où j'ai rejoint le quatrième bataillon de la garde républicaine de la DPR. Dans le cadre du renseignement, j'ai été envoyé au front dans la région de Marinka. Le 15 juillet, je me suis retrouvé dans un bataillon de chars, mais là j'ai attendu en vain le départ vers le front, car les premiers accords de Minsk avaient déjà été signés. Après avoir attendu un mois, j'ai rejoint la 5ème brigade qui était alors déployée sur le front dans la région d'Elenovka et de Dokuchaevsk », explique Alavata.

Note :
Depuis fin 2017, Castel fait partie de la brigade internationale "Pyatnashka" sous le commandement du légendaire Commandant Oleg Mamiev "Mamai", décédé en mai 2018 au combat. Leur unité se trouve sur l'un des secteurs les plus intenses du front - dans la zone industrielle Avdeevsky, où la distance à l'ennemi est inférieure à 100 mètres.

Au monument à Oleg Mamiev, décédé en mai 2018 au premier plan.© Photo tirée des archives de l'auteur

«Nous appelons la guerre notre destin, mais - c'est de la science! - terminer ce combat contre les petits-enfants, finir les petits-enfants ... "
Parlant de l'armée ukrainienne, Castel dit que maintenant elle est devenue plus disciplinée qu'au début de la guerre. Cependant, à son avis, elle n'atteindra jamais le niveau de motivation que la milice a, car les défenseurs du Donbass qui repoussent l'agression se battent pour leurs maisons: «En regardant l'armée ukrainienne face à face, je suis parvenu à la conclusion qu'ils ont augmenté leur niveau professionnel, sont devenus plus disciplinés.
  • "Mais, malgré tout cela, le principal atout des forces républicaines est leur motivation - la motivation des gens qui protègent leur terre, leurs idéaux, leur désir pour la Russie. "Les unités ukrainiennes sont moins motivées pour cette guerre, moins courageuses et ne pensent qu'à protéger leur vie sur le front du Donbass".
À son avis, il n’existe pour l’instant aucune condition préalable à la paix, et cela ne vaut pas la peine d’espérer quoi que ce soit de Zelensky, car il ne justifie plus la réputation du soldat de la paix qu’il avait utilisée avant les élections. «Porochenko a affirmé son autorité en poursuivant les opérations militaires. Comme je l'ai dit plus tôt, l'armée ukrainienne n'est pas très motivée par la guerre dans le Donbass, pas prête à sacrifier sa vie. Et leurs familles ne veulent d’autant plus voir leurs maris et leurs fils revenir dans les tombes.

Zelensky a été élu par des promesses de paix, élu par des promesses de changement et des efforts pour mettre fin à ce conflit. Maintenant, il est clair que rien n’a changé après l’élection du nouveau président ukrainien. Au cours des deux dernières semaines - fin janvier - les bombardements se sont à nouveau intensifiés et de manière plus agressive. Ainsi, ces actions sont devenues une suite logique de la politique terroriste de Porochenko », est convaincu le volontaire.

Note: 
En septembre 2019, Alawata lui-même a été victime d'une politique «conciliante» de la partie ukrainienne, blessé sur le front sud. Il a couru dans une mine ukrainienne, a réussi à reculer, à se cacher derrière le tournant de la tranchée, mais n'a toujours pas sauvé sa main gauche.

«Le 23 septembre, j'ai été grièvement blessé au bras par une mine antipersonnel ukrainienne. Actuellement, je récupère dans une série d'opérations. Cette expérience est assez difficile et douloureuse, mais elle ne m'a pas fait regretter mon arrivée dans le Donbass - au contraire, elle a renforcé mes sentiments pour les habitants du Donbass et nous a rapprochés encore plus. Si j'avais su ce qui m'arriverait, j'aurais refait le même choix! » - dit Castel.

En septembre 2019, Castel a été blessé sur le front sud.. © Photo tirée des archives de l'auteur

Alawata dit qu'il a trouvé ici sa vraie patrie ici, et appelle les habitants du Donbass «des gens exceptionnels»: «Je parle non seulement du courage des militaires, mais aussi - ce qui a été une grande découverte pour moi! - sur le courage de la population civile. J'habitais le quartier Oktyabrsky, bombardé depuis six ans. Mes voisins étaient des grands-mères qui ont été laissées seules après que leurs familles aient quitté la zone de bataille! Ces femmes plus âgées n'abandonnent pas, bien qu'elles vivent sous des bombardements quotidiens! C'est la partie la plus courageuse du Donbass - des gens non armés, des martyrs qui restent sur leur terre pour exprimer leur amour pour leur terre. "
  • Il a répété à plusieurs reprises qu'il ne pouvait pas y avoir deux patries, et maintenant, n'ayant pas la possibilité de percer sur le front, il prévoit d'apprendre enfin la langue russe, d'obtenir un passeport de la DNR, puis la Russie.
© Photo tirée des archives de l'auteur

De plus, Alawata continue de mener la résistance sur le front de l'information, pour dire la vérité sur ce qui se passe dans le Donbass, sur son blog, dans ses articles en français et dans son livre, qu'il prévoit de terminer pendant sa réhabilitation.

Involontairement, je me souviens d'une autre guerre et d'autres personnes qui ont trouvé leur destin et leur ligne de tir très loin de la terre sur laquelle ils ont vu le jour:

"J'ai quitté la hutte - je suis allé me ​​battre,
Pour donner la terre de Grenade aux paysans!
Au revoir, ma chère! Au revoir amis!
Grenade, Grenade. ma Grenade!"

Mikhail Svetlov, "Grenade" 

Kristina Melnikova

mercredi 19 février 2020

Fidèles au milieu des ruines

Cette photo résume à elle seule la détresse du Donbass bombardé par l'armée ukrainienne depuis 6 ans: Sur une voie de Zaitsevo, village situé au Nord de Lugansk, Devant un trou d'obus que les canalisations détruites remplissent d'eau, un chien apeuré regarde s'éloigner une vieille femme quittant sa maison définitivement détruite par un nouveau bombardement ce 18 février 2020.

C'est en 2014 que Zaitsevo, ce petit village anonyme du Donbass, est entré tristement dans l'Histoire lorsque la ligne de front où s'affrontent sur plus de 460 kilomètres les forces ukrainiennes pro OTAN et les forces républicaines pro-russes coupe en deux cette communauté située au Nord de Lugansk (Nord de la République Populaire de Donetsk). 

Depuis 6 ans, Zaitsevo comme tant d'autres secteurs de ce front du Donbass, vit sous des orages d'acier quasi quotidiens et aujourd'hui plus de la moitié du village est détruite et seules quelques familles et retraités s'accrochent à leur terre au milieu les décombres. 
Avant d'évoquer les derniers bombardements importants en date du 18 février, qui ont occasionné de nouvelles destructions importantes, il est nécessaire d'expliquer pourquoi cette communauté paisible est victime d'un tel acharnement de la part des forces ukrainiennes.


L'importance stratégique de Zaitsevo


Avant la guerre, Zaitsevo était un village paisible et typique du Donbass, peuplé par 3500 habitants partagés essentiellement entre les secteurs miniers et agricoles qui dominent l'économie de cette région. Mais lorsque la guerre s'abat en 2014 sur le Donbass et que le front se stabilise, ce petit village tranquille non seulement se retrouve en première ligne mais aussi occupe une position stratégique cruciale pour la défense de Gorlovka, cette ville minière et industrielle majeure de la République Populaire de Donetsk et qui est de surcroît  la charnière d'une ligne de front de 460 kilomètres partagée avec sa république jumelle de Lugansk.

De plus, sur le plan tactique, Zaitsevo qui est à cheval sur un vallon monte vers les hauts de Gorlovka qui dominent au Nord l'ensemble de la cité. Le contrôle de ce plateau via Zaitsevo donnerait aux ukrainiens un avantage important pour mieux assiégé la ville.

Voilà pourquoi depuis 6 ans, alors que les combattants se sont enterrés sur leurs positions respectives les bombardements ukrainiens n'ont jamais cessé de frapper ce village, occasionnant chaque années, et malgré la mascarade de Minsk, de nombreuses victimes civiles et militaires. Aujourd'hui, à part quelques bâtiments et un quartier situé sur le plateau, le village a été quasiment entièrement détruit.


Un village rayé de la carte


Ce 18 février, en même temps que le secteur de Kirovsk de la République Populaire de Lugansk; l'artillerie lourde ukrainienne va également pilonner violemment ce village de Zaitsevo, occasionnant de multiples destructions importantes dont 5 maisons d'habitation qui vont être complètement détruites rue Karbyshev (n°101, 103, 104, 107 et 109)

Fort heureusement cette fois à Zaitsevo, aucune victime n'est a déplorer car les survivants qui s'accrochent à leur terre ancestrale ont pris l'habitude de se réfugier immédiatement dans les caves dès les premiers grondements de l'artillerie. Mais les dégâts matériels occasionnés restent très importants, aggravant la désolation du lieu et la détresse des habitants. 






Parmi les survivants à cet enfer qui s'abat quotidiennement sur Zaitsevo depuis 2000 jours et 2000 nuits, des animaux restent là également, fidèles à leur sanctuaire et à leurs compagnons humains parfois disparus. Ainsi de ce chien qui erre dans les ruines fumantes de sa maison qu'il ne veut pas quitter.



Le pire est que des dizaines de villages et districts du Donbass et des milliers de familles vivent la même situation dramatique que Zaitsevo sur cette ligne de front du Donbass, aussi interminable dans ses dimensions que dans sa durée, 

Alors que les politiciens se gargarisent autour d'une table à Minsk, les femmes et les hommes du Donbass tombent et souffrent en silence au milieu des ruines, accrochés à leur terre et leur espérance jusqu'à la mort.

Erwan Castel


mardi 18 février 2020

Trop c'est trop !


Depuis plus de 3 semaines, le front de la République populaire de Lugansk subit d'incessantes provocations de la part des forces ukrainiennes, dont l'artillerie en bombardant les positions défensives républicaines mais aussi les zones résidentielles civiles a provoqué de nombreuses destructions et plusieurs blessés civils mais aussi des pertes de plus en plus importantes et inacceptables parmi les soldats tenant la ligne de front. Au début de ce mois de février, la situation s'est encore aggravée, les forces de défense de Lugansk ayant eu, lors de violations répétés du cessez le feu par Kiev, encore 8 tués au minimum, dans le secteur de Kirovsk.

Et ce 18 février matin, de 6h00 à 9h00, 1 tentative d'infiltration et pas moins de 7 bombardements utilisant des armes de gros calibres ont été réalisés par les unités ukrainiennes positionnées à Kryakovka, Krymskoye, Novotoshkovskoye, Orekhovo contre les villages de Smelye, Sokolniki, Donetsk, Golubovskoye sur le territoire de la République Populaire de Lugansk.
  • A 6 heures, un groupe de reconnaissance et destruction ukrainien a tenté une percée du front dans le secteur de Golubovskoye, attaque qui a été repérée par les unités défensives républicaines puis s'est échouée dans un champ de mines où au moins 2 soldats ukrainiens ont été tués et 3 autres blessés. 
  • Puis l'artillerie ukrainienne a réalisé 7 bombardements intensifs, en utilisant des mortiers et des obusiers lourds, dont les tirs étaient corrigés par des drones d'observation, dont l'un a été abattu par les soldats républicains.A nouveau de nouvelles victimes sont à dénombrer lors de ces agressions ukrainiennes dont 1 homme civil âgé du village de Golubovskoye qui a été blessé, ainsi que de nombreuses destructions d'habitations et d'infrastructures collectives.
Bombardements ukrainiens à l'artillerie lourde
au lever du jour,18 février 2020 secteur Kirovsk
  • Enfin, pour cette première phase des affrontements qui ont duré 5 heures, les forces républicaines de Lugansk, après avoir fait "le dos rond" depuis 3 semaines ont décidé de riposter à leur tour pour faire taire les bouches à feu ukrainiennes.Et suite à ces ripostes républicaines, au minimum 1 soldat ukrainien a été tué et 4 autres blessés et des informations évoquent même qu'une position aurait été prise par les forces de Lugansk (à confirmer).
Ripostes ciblées républicaines sur des positions
ukrainiennes repérées, front de Kirovsk le 18 février 20.

Cette inattendue riposte républicaine semble donc avoir surpris autant les militaires qui ont appelé des renforts dans ce secteur que les politiques ukrainiens qui eux, ont convoqué en en poussant des cris d'orfraie une réunion du Conseil National de Défense et de Sécurité de l'Ukraine. Et probablement que Zelensky, puis Macron and Co dans le contexte d'une nouvelle crise de russophobie hystérique et en commençant leur chronologie des faits seulement à partir de la réaction républicaine, ne manqueront pas d'accuser la Russie d'avoir organisé une violation meurtrière des accords de Minsk.


Ce secteur de Lugansk n'a pas été le seul secteur du front du Donbass a avoir été pilonné par les forces ukrainiennes, et en République Populaire de Donetsk par exemple, les villages de Trudovsky (Sud Ourst Donetsk) et Zaitsevo (Nord Gorlovka) ont été également dès le matin, la cible de mortiers ukrainiens et d'autres armes d'infanterie.

Erwan Castel

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samedi 15 février 2020

Quand haine rime avec lâcheté !


Prenez de la haine, de la stupidité et de la lâcheté, avec un zest de russophobie, mélangez le tout et vous obtenez un cocktail ukrainien servi quotidiennement sur le front du Donbass depuis 6 ans !

Ainsi ce matin du 15 février 2020 un autre civil de la République Populaire de Donetsk, un homme âgé de 60 ans du village de Trudovskya été blessé au dos dans le tir intentionnel d'un sniper ukrainien. 

Depuis les premières heures de la matinée, des snipers ukrainiens, positionnés à Marinka ont harcelé la zone résidentielle de Trudovsky, village minier situé sur la lisière Sud Ouest de Donetsk, s'en prenant particulièrement à ce civil qui a été grièvement touché au dos et au bras aux environs de 9h00. 

Non contents d'avoir abattu un civil âgé et désarmé, les ukropithèques ont continué leurs tirs sur zone du village de Trudovsky, empéchant pendant une heure et demie les secours de s'approcher de leur victime afin de l'évacuer. Et le représentant de la République auprès du STKK, l'organisme chargé de contrôler et de coordonner l'application du cessez le feu sur le front a du appeler 5 fois les responsables de la partie ukrainienne pour faire cesser les tirs et garantir un environnement sécurisé permettant d'évacuer le blessé.

L'homme blessé a finalement pu être secouru et évacué en fin de matinée dans un état grave vers un hôpital de Donetsk.

Tandis que l'augmentation des violations ukrainiennes du cessez le feu se confirme (85 obus en 12 bombardements sur la RPD pour la seule journée du 14 février), ce nouveau crime de guerre ukrainien (qui n'est pas le premier dans son genre) est révélateur de la mentalité qui domine les tranchées ennemies où la lâcheté et la haine poussent des sadiques qui ne sont ni capables ni motivés pour se battre dans des combats réguliers, mais qui en revanche s'en prennent à des civils désarmés. 

Erwan Castel

Donetsk sur le chemin de l'oubli

Photo Jacques Pion
Au cours du mois de janvier, j'ai eu le plaisir de rencontrer le photographe Jacques Pion et le vidéaste Alex Chellali, reporters indépendants membres du studio Hans Lucas. Un tandem d'êtres chaleureux et complémentaires et dotés d'un regard indépendant et humaniste qu'ils portent avec professionnalisme sur les petites histoires individuelles comme sur cette grande Histoire collective qui aspirent parfois les gens comme des fétus de paille dans la tempête. Avec Svetlana Kissileva les 2 compères ont sillonné Donetsk et ses environs à la rencontre des petites gens du Donbass qui dans les tranchées ou les rues bombardés, expriment avec leurs armes ou leurs larmes leur amour pour leur patrie russe, et très souvent en dehors de toute considération politique.

Jacques Pion et Alex Chellali - Photo Svetlana Kissileva

Il est rare de rencontrer des reporters qui ont cette intelligence, à la fois professionnelle et humaine, de ne pas tomber dans les ornières fétides des doxas propagandistes et de ne regarder que la dimension humaine des conflits qui secouent de plus en plus le Monde post-moderne. 

Ces qualités professionnelles et humaines me rappellent Guillaume Chauvin, un autre reporter et ami venu plusieurs à la rencontre du Donbass. Et lui aussi est membre du Studio Hans Lucas.... il n'y a pas de hasard !



Le 10 février, j'en profite pour réaliser ma première "sortie terrain" depuis septembre pour accompagner Jacques et Alex à la rencontre des musulmans qui se retrouve chaque vendredi à la mosquée d'Oktyabrsky. Là, dans l'intimité d'une communauté accueillante. nos 2 reporters accompagnés par Yulia, une voisine, ont été accueilli à bras ouverts par les femmes et les hommes vivant dans ce quartier durement bombardé depuis 6 ans, et les sourires ont parfois laissé la place aux larmes lorsque des souvenirs encore brûlants jaillissaient des coeurs.


Depuis, Jacques a publié sur le site du studio Hans Lucas un premier reportage photo sur son périple à Donetsk, et en attendant les suivants, ainsi que ceux d'Alex, je partage ici quelques unes de ses photos....

Un grand merci à Jacques et Alex de mettre leur professionnalisme et humanisme au service de la Vérité pour que le Donbass cesse de se perdre sur le chemin de l'oubli !

Erwan Castel


Le site web de Jacques Pion : ici 


Source de l'article : Hans Lucas

"En février 2015, les accords de Minsk 2 ont arraché après de longues heures de négociations un cesser le feu applicable le 15 du même mois et qui prévoyait notamment le retrait des armes lourdes sur la ligne de front entre l'Ukraine et les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. Mais qu'en est-il au quotidien ? 

La réalité en ce début d'année 2020 est malheureusement bien différente.
Malgré une courte période d'accalmie pendant les dernières fêtes de fin d'année, les tirs ukrainiens ont repris contre la population de la république «séparatiste». Des mortiers de 120 mm et des obusiers d'artillerie lourde bombardent toujours les zones périphériques de la ville de Donetsk. 

La stratégie d'harcèlement employée par le gouvernement de Kiev semble assez claire. Sur le plan militaire elle vise à vider progressivement de toute présence humaine civile les zones proches de la ligne de front pour permettre une avancée éventuelle aujourd'hui impossible. 
Sur le plan politique intérieure à calmer les partisans de la guerre et sur le plan extérieur à provoquer une révision des accords de Minsk au profit d'un scénario de type Croate, voire leurs abandons. 

Le plan de paix semble s'effriter chaque jour un peu plus sans qu'aucune voix officielle ne s'élève. Il faut souligner que le contexte politique en ce début d'année 2020 est très instable entre une pression nationaliste extrême en Ukraine qui ne veut rien lâcher et un possible futur changement de gouvernement en Russie qui pourrait modifier l'orientation politique de Moscou dans le Donbass. 
En attendant un hypothétique règlement du conflit, la population souffre encore et encore. Cette guerre européenne a déjà fait entre 10 000 et 20 000 morts.

A Donetsk, des quartiers entiers et des villages proches du front, parfois coupés en deux, se vide progressivement provoquant un exil vers des zones plus «calmes» ou à l'étranger, des maisons brulent, des murs s'effondrent, des fenêtres volent en éclats laissant les dernières babouchkas et les familles qui refusent de quitter leurs maisons, seules au milieu de quartiers déserts.

Chaque semaine apporte son lot d'enterrements de civils innocents ou de combattants souvent très jeunes qui s'engagent dès l'âge venu dans les forces de défense à l'exemple de ces 4 jeunes de 20 ans tués en ce mois de janvier 2020 sous les bombardements ukrainiens.
Le bilan est encore lourd : 328 soldats républicains ont été tués en 2019 et déjà une vingtaine depuis le début de l'année 2020.

La plupart des enfants qui vivent ou ont vécus proche de la ligne de front sont traumatisés. La perte d'un papa trop tôt disparu, les bombardements qui résonnent encore dans leurs têtes et qui réveillent leur anxiété à chaque détonation sourde. C'est toute une génération qui n'aura connu que la guerre et dont il faudra s'occuper un jour.

Sur tous les visages rencontrés qui n'ont rien de bien «terroristes» - ce qualificatif est encore employé par le gouvernement de Kiev - j'ai pu lire le désarroi, la lassitude, la tristesse, la fatigue et la souffrance. Mais malgré cela et le nombre de désillusions vécues dans l'espoir d'une fin proche du conflit, rien ne semble vouloir entamer la volonté de ce peuple fier et solidaire à vouloir décider de son propre destin."

Jacques Pion

Voici quelques unes des 47 premières photos publiées par Jacques Pion 
et que je vous invite à regarder sur le lient suivant : Hans Lucas 

Photo Jacques Pion
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vendredi 14 février 2020

Une guerre qui explose !


Illustrant la complexité explosive du conflit syrien, des véhicules russes américains et syriens au milieu de milices se retrouvent  mêles à un accrochage  entre ces dernières et une unité américaine le 11 février 2020.

Bien que d'intensité différentes, on peut considérer les conflits syrien et ukrainien comme des jumeaux dans le sens où ils sont la conséquence d'une même stratégie d'expansion territoriale de l'OTAN, via des auxiliaires qu'il soutient (ukrainiens et djihadistes) depuis des mouvements de contestation armés organisés par les occidentaux dans le but de faire tomber des gouvernements refusant leur allégeance au mondialisme.

Voilà pourquoi je pense intéressant de suivre attentivement ce conflit levantin, sachant que des enjeux nombreux y sont communs avec celui du Donbass.

Publié sur Facebook le 10 février 2020

Depuis quelques jours la situation militaire dans le Nord de la Syrie est de plus en plus meurtrière et inquiétante.

Dans une offensive éclair, l'armée syrienne avec l'appui des forces russes et des milices chiites est sur le point de libérer Idlib, le dernier bastion des djihadistes salafistes et le verrou stratégique de cette importante province au Nord de la Syrie.

Or, l'armée syrienne dans son avancée est arrivée au contact des forces turques que les ambitions post-ottomanes d'Erdogan ont projeté cette région clef.

Et c'est maintenant que les masques tombent :

Les derniers terroristes salafistes pro-ccidentaux essayent de s'accrocher à Idlib, soutenus par les turcs qui envoient des renforts blindés très importants.

Les forces turques qui refusent de céder leurs positions à l'armée syrienne et engagent le combat contre elle en renforçant leur soutien aux groupes terroristes salafistes.

Les occidentaux qui, soutenant les terroristes islamistes, se rangent derrière la détermination turque à ne pas laisser les forces syriennes libérer leur territoire.

En ce moment, des combats et bombardements violents font rage au cours desquels sont signalées des pertes importantes suriennes, turques mais aussi russes Aujourd'hui, la menace d'une guerre ouverte entre Damas et Ankara est de plus en plus forte, sans compter une augmentation des bombardements de la coalition occidentale et d'Israël également qui pourrait même chercher à ouvrir un 2ème front au Sud.

Bre, un cocktail explosif comme seul le Levant en a le secret, mais qui ici prend de.scabreuses proportions telluriques internationales.

Voir le SITREP du 11 février et son analyse ici : Strategika 


Publié sur Facebook le 12 février 2020

Le sac de nœuds syrien 

Ce matin lors d'une attaque syrienne contre des djihadistes retranchés dans Idlib, 14 soldats turcs ont été tués et 45 autres blessés.

Plusieurs rapports, photos et vidéos confirment chaque heure le soutien actif de la Turquie aux terroristes salafistes positionnés dans cette province Nord de la Syrie. Les turcs qui viennent de dépêcher de nouveaux renforts blindés du 4ème corps d'Armée d'Anatolie (après ceux du 3ème CA) NON SEULEMENT APPUIENT LES GROUPES TERRORISTES MAIS LEUR FOURNISSENT AUSSI MATÉRIELS ET VÉHICULES DE COMBAT.

Tandis que son armée profite de l'embrasement militaire pour ecraser des groupes kurdes, Erdogan a promis d'attaquer l'armée syrienne "partout" et a accusé l'armée russe de commettre des massacres dans ses bombardements d'Idlib...

Le sultan d'Ankara a vraiment oublié dans ses délires post-ottoman qu'à Idlib son armée n'est pas chez elle et qi'il n'a même pas été invité à y intervenir par Bachar el Assad dont l'armée ne fait que reprendre légitimement le contrôle de son territoire national.

De leur côté et malgré de lourdes pertes, les forces gouvernementales syriennes appuyées par les milices et l'armée russe réussissent à libérer village après village, quartier après quartier les zones occupées par les groupes islamistes. Devant l'appui feu et logistique important des forces turques venues,à leur secours, les derniers groupes terroristes se regroupent et tentent de lancer des contre offensives contre les forces syriennes

Sur le terrain les différents protagonistes sont arrivés au contact les uns des autres et le feu de l'action débridant leurs sentiments on assiste à des scènes qui préfigurent un dérapage complet de la situation comme ici des milices pro Assad à côté du véhicule russe qui tirent sur des véhicules étasuniens situés à moins de 200 mètres et qui comme les turcs n'ont rien a foutre en Syrie.

Accrochage entre syriens et américains



Extension des attaques turques

Publié sur Facebook le 12 février 2020

Erdogan fidèle à ses délires ottomans et aussi aux ambitions occidentales dans la région est entré dans un.conflit ouvert contre les forces syriennes en train de libérer leur pays des griffes terroristes salafistes.

Le jeu d'équilibriste joué par Poutine où la Russie réussissait à contenir les ardeurs des uns contre les autres tout en soutenant l'éradication de la gangrène terroriste de la Syrie, semble aujourd'hui menacé par une extension du conflit asymétrique syrien en conflit symétrique régional entre Damas et Ankara.

Et ce conflit est particulièrement dangereux car il.entrainera probablement par intérêt ou alliance d'autres forces dans le séisme sachant qu'elles sont déjà engagées régulièrement sur le terrain comme Israel par exemple qui bombarde continuellement et.en toute impunité le Sud de la Syrie, et les occidentaux qui dispose toujours d'une coalition déployée sur le terrain.

Erdogan qui dispose de moyens de pressions sur les occidentaux a d'ailleurs demandé aujourd'hui à l'OTAN de lui apporter un soutien militaire contre Assad.

Autant dire qu'une nouvelle guerre majeure risque de naître au Moyen Orient dans les prochains jours si Moscou ne réussit pas à calmer le sultan fou et le faire rentrer dans sa niche.

Ici au milieu de djihadistes salafistes, un lance roquette multiples turc 
en train de tirer sur des positions syriennes à l'Ouest d'Alep 
(ville libérée située au Nord d'Idlib).

Et toujours et encore Israël

Publié sur Facebook le 14 février 2020

En Syrie des chasseurs bombardiers israéliens ont encore frappé cette nuit la banlieue de Damas, tandis que dans le Nord au.milieu des combats qui se poursuivent, la Turquie (membre de l'OTAN) continue de déployer d'importantes unités d'assaut blindées.

A Bagdad, le gouvernement soumis à la laisse économique occidentale, a donné son autorisation à un renforcement de l'OTAN en Irak.

De son côté, Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN, confirmant l'engagement de l'Alliance aux côtés des terroristes islamistes, a déclaré :"la situation dans Idlib est très grave. Nous lançons un appel au régime syrien soutenu par la Russie pour mettre fin aux attaques".

Nous assistons donc contrairement aux fumeuses déclarations de Trump à un renforcement de l'occupation occidentale au Moyen-Orient qui aujourd'hui, toute honte vue, affiche désormais ouvertement son soutien militaire aux terroristes islamistes.

Les germes occidentaux qui ont provoqué et entretenu le conflit asymétrique syrien sont en train d'éclore et de vouloir le faire évoluer vers une guerre symétrique ouverte entre Damas et l'OTAN via son porte avion turc ancré dans le Moyen-Orient.

De nombreuses inconnues vont cependant peser ces prochains jours dans l'évolution du conflit et principalement:

Action de la Russie, alliée de la Syrie, qui tente d'imposer un cessez le feu pour des négociations.

Action de l'Iran et du Hezbollah libanais qui ont menacé Israël si leurs bases en Syrie continuent d'être bombardées.

Entre l'Australie, l'Irak, le Covid19, la Syrie, la Bolivie, la Libye etc... l'année 2020 démarre décidément sur les chapeaux de roue... mais pas dans la bonne direction !

Riposte de la défense antiaérienne de Damas sur des 
missiles air-sol israéliens visant des dépôts de munitions 
de la 1ère Division syrienne, dans la soirée du 13 février.


Erwan Castel