lundi 16 juillet 2018

L'ordre contre le désordre


Aujourd'hui les présidents Trump et Poutine se rencontrent à Helsinki sur fond d'une nouvelle guerre froide pour ne pas dire d'une "paix chaude" au vu des conflits en cours (Syrie Ukraine) opposant leurs 2 visions du monde.

Trump et Poutine ont certes des convergences d'opinions notamment dans leurs discours conservateurs (tant que les valeurs évolutives de l'américain ne sont pas contrariées par les principes intangibles du russe). On peut également avancer le respect mutuel qu'ils ont l'un pour l'autre et des intelligences servies par des caractères hors normes qui leurs permettent de s'imposer en tant que leaders. 

Mais il ne faut pas non plus tomber dans le panneau caricatural tendu par des néo conservateurs paniqués qui décrivent Trump comme l'homme de Poutine (certains poussent le délire jusqu'à prétendre qu'il est même un agent du KGB/FSB !)

Car Trump et Poutine n'ont rien en commun ni dans le style, la personnalité, le comportement ou le discours. Et cette rencontre, entre les traditionnelles courtoisies diplomatiques introductives et les satisfacitions médiatiques conclusives s'annonce être plutôt un bras de fer entre 2 visions du Monde radicalement opposées.

Trump en effet, malgré ses discours anticonformistes qui laissaient espérer une désescalade internationale n'à eu de cesse par ses actes de jeter de l'huile sur les foyers existants (Iran, Ukraine, Jérusalem, Vénézuela etc..) exceptété  peut être en Corée où, pour le moment, une normalisation des relations semble être amorcée.

Aussi cette rencontre risque de tourner en bras de fer certes cordial mais diffcile autour des points de tensions suivants : 

Le Moyen Orient 
  • La guerre en Syrie où Trump malgré un désengagement progressif de ses forces régulières continue de jouer la carte du renversement de Bachar el Assad via le soutien aux forces d'opposition syrienne ainsi que des bombardements ponctuelles.
  • La rupture de l'accord sur le nucléaire avec Téhéran qui avec de nouvelles sanctions économiques relance pour le punir ds son engagement en Syrie une escalade grave contre l'Iran et par extension le Hezbollah libanais qui sont tous deux les cibles de Tsahal. 
  • La décision incendiaire de désigner en violation des résolutions de l'ONU Jérusalem comme capitale d'Israël et qui relance sciamment le conflit israélo-palestinien et les tensions avec le Liban. Ces 3 points risquent de se concentrer prochainement autour du Golan a la jonction de ces 3 pays.

L'Europe 

  • La Crimée où Trump louvoie son attitude concernant la péninsule qui un jour doit être reconnue russe et un autre jour restituée à l'Ukraine. Sujet clivant qu'il s'est gardé d'aborder au sommet de l'OTAN.
  • Le Donbass où Trump jette de l'huile sur le feu en acceptant la livraison d'armes létales à Kiev, aussitôt suivi par ses laquais canadien et français tout en accusant la Russie de soutenir les républiques populaires de Donetsk et Lugansk. 
  • La guerre économique que Trump a déclaré avec les barrières douanières étasuniennes sur l'acier et l'aluminium qui se rajoutent aux représailles économiques ("sanctions") russophobes exponentielles décrétées depuis la crise ukrainienne, et leurs répliques russes (boycott surtaxes etc).

L'OTAN

  • L'extension de l'OTAN vers les frontières de la Russie  et de ses alliés qui se poursuit, malgré les mises en gardes de Moscou, avec notamment l'engagement vers leurs intégrations de la Géorgie la Macédoine du Nord et l'Ukraine.
  • L'installation de nouvelles bases de missiles en Pologne et Roumanie, la présence permanente de manoeuvres interalliées dans mes pays Baltes, en Ukraine ou Mer Noire avec la Russie désignée implicitement comme ennemI. 
  • La création d'ici a 2020 d'une force d'action rapide de 30 bataillons mécanisés, 30 escadrons aériens et 30 navires de combat prêts projetables sur les frontières russes en 30 jours.
  • L'augmentation des effectifs de l'OTAN en Pologne, Roumanie, Bulgarie et pays Baltes qui sont passés de 2 000 à 15 000 hommes et prévoient d'arriver jusqu'à 60 000. Ce renforcement vers l'Est se concrétise un nouveau quartier général stratégique en Pologne.
  • L'escalade de l'armement qui s'en suit et dont chacun rejette sur l'autre la responsabilité avec par exemple de nouvelles armes nucléaires tactiques étasuniennes et des armes russes hypersoniques et sous-marines.
Il faudrait aussi rajouter à cette liste tectonique déjà longue le "Russian gate" cette accusation d'ingérence russe dans les élections étasuniennes de 2016 ou celle plus récente de l'empoisonnement au Novitchok de citoyens britanniques et qui empoisonnent toutes deux et réellement les relations entre Washington et Moscou. 



Dans une interview accordée le 11 juillet  au média italien "Il Giornale" le Ministre russe de la Défense Shoigou a donné filtre diplomatique la vision de Moscou en matière de sécurité nationale et internationale. 

Il a relevé :
  • L'incohérence de la politique étasunienne en Syrie sabotage toute forme de coordination antiterroriste
  • Le danger de voir Washington quitter le traité "INF" concernant les armes nucléaires à portée intermédiaire 
Dans cet entretien le ministre Choïgou accuse sans ambages "l'élite politique américaine" de détériorer les relations entre Washington et Moscou en matière de sécurité. Il dénonce également le chaos organisé par l'hégémonie étasunienne et ses alliés au sein des pays qui refusent s'aligner sur la vision unipolaire de la City et de Wallstreet, notamment via des "guerres hybrides".

Sergueï Choïgou considère l'extension et le renforcement de l'OTAN vers l'Est comme une menace offensive des occidentaux contre la Fédération de Russie.

Il dénonce également la malhonnêteté des médias occidentaux qui ne présentent de cette nouvelle guerre froide que la réaction russe légitime, inversant ainsi la responsabilité de l'escalade ainsi attribuée à Moscou.

Enfin le ministre de la Défense relève également la direction et la maîtrise étasuniennes dans cette stratégie russophobe de l'alliance atlantique qui est rapppelons le sous commandement étasunien, entre autres exemples cités par le Ministre russe : 
  • Le nouveau quartier général de l'US Army OTAN installé à Poznan en Pologne,
  • La base logistique de Powidz en Pologne pour desservir les fronts de l'Europe du Nord et des pays Baltes,
  • Les nouveaux stocks prépositionnés de l'Armée américaine en Europe, avec 5 sites en Pologne Pays Bas et Belgique et 2 autres en Allemagne,
  • L'augmentaton des effectifs de l'US Army dans une Norvège qui se dote de chasseurs bombardiers étasuniens F35 à capacité nucléaire.
  • Le "bouclier antimissile"(convertible en bases offensives) installé en Roumanie Pologne et prochainement étendu à la Norvège qui est sous commandement US.
  • L'alliance militairE en mer du Nord entre USA, Finlande et Suède 
Etc.

Le jour même de la rencontre Trump Poutine  débute à Odessa l'exercice maritime de l'OTAN "Sea Breeze 2018" destinée à marquer son ambition territoriale devant la flotte russe de Sébastopol.

L'orsque l'imprévisible Trump déboule au sommet de l'OTAN la semaine dernière à Bruxelles, les plus naïfs pensaient qu'il allait signer l'arrêt de mort de l'OTAN et même s'en retirer. 

Or il n'en est rien, au contraire à travers ses coups de gueule sur les dépenses budgétaires insuffisantes des États membres, le président Trump tput en évitant les sujets clivants s'est imposé comme le vrai patron de l'organisation traitant avec condescendance à la limite du mépris ses soldats européens. "Les payeurs sont les décideurs"

Trump a profité de cette réunion pour tirer à boulets rouges sur le projet gazier North Stream signé entre la Russie et l'Allemagne accusant cette dernière d'être sous la coupe économique de Moscou.

A Bruxelles, Trump s'est donc couronné d'une casquette étoilée et cela sans conteste, dans la perspective de cette rencontre avec Poutine.
Trump veut arriver en force à Helsinki pendant que ses troupes cette année enchaînent exercice sur exercice comme "Sea Breeze 2018" qui se déroule actiellement en Mer Noire ou le monstrueux "Anakonda 2018" qui en novembré accueillera 100 000 soldats, 5 000 véhicules, 150 avions et hélicoptères, et 45 navires de guerre des membres de l'OTAN et bien sûr leurs partenaires renforcés tel que l'Ukraine ou la Géorgie qui viennent avec la Moldavie de créer une alliance militaire ouvertement déclarée anti-russe.. 

Car l'alliance reste le fer de lance du désordre mondial organisé  par des USA qui se moquent du droit international, des traités internationaux, comme des résolutions de l'ONU. En face de cette stratégie du chaos la Russie est procédurière, cherchant au maximum à respecter la volonté des peuples, la souveraineté des gouvernements et l'accord des instance internationales à ses actions.

De fait, la vision multipolaire proposée par la Russie et ses alliés propose un ordre réel du monde fondée sur le respect mutuel la franchise et des règles partagées alors que cette entité ultralibérale qui s'autoproclame "nouvel ordre mondial" ne répand depuis des décennies que destruction, mort, chaos et désordre sur laque destruction, mort, chaos et désordre sur la planète.

Trump peut dire ce qu'il veut, à Washington ou Bruxelles, jouant de provocation en boufonnerie son rôle de trublion imprévisible, il est certain que devant de maître du Kremlin il devra jouer cartes sur table et avancer sur le grand échiquier plus d'actes que de paroles.

Il faudra certainement attendre plusieurs jours après les communiqués officiels qui jailliront de cette rencontre pour savoir ses résultats et qui de la Paix ou de la Guerre va se lever à l'horizon.

Pour ma part en tant que simple volontaire engagé sur le front du Donbass, le seul et vrai résultat de cette rencontre dont je prendrai acte ce sera le terrain qui me le donnera.  

En attendant et pour l'espérance de paix, je reste plutôt pessimiste. .

Erwan Castel 

Tout un symbole : dans la nuit du 15 au 16 juillet, sur le front de Yasinovataya, les ukrainiens ont hissé le drapeau étasunien en face de nos positions républicaines  (à moins que ce soit un contractor yankee comme il s'en trouve ici)

dimanche 15 juillet 2018

Le beurre et l'argent du beurre...


Dans la droite ligne de la collaboration occidentale au totalitarisme criminel de Kiev, dont les USA et le Canada étaient jusqu'à présent les parangons, la France a désormais rejoint les fournisseurs des soudards de Kiev qui bombardent le Donbass depuis 4 ans. 

Rien d'étonnant de la part de ce pays en pleine décroissance gouverné par un "young leader" qui trahit une nouvelle fois les engagements de la république par une soumission à la thalassocratie anglo-américaine et une mendicité économique amorale.

Cette livraison d'hélicoptères qui était annoncée depuis plusieurs semaines a donc été  confirmée ce 14 juillet, date symbole de la préemption définitive du pouvoir parisien par la bourgeoisie au service de la marchandise.

C'est le service de presse du conseil des ministres à Kiev qui a fait la déclaration suivante : 

"Le gouvernement ukrainien et la compagnie française "Airbus hélicoptères" ont signé un accord sur la livraison de 55 hélicoptères pour 
  • les ressources des situations d'urgence,
  • la fonction publique, 
  • la police nationale, 
  • la garde nationale
  • le service des frontières, 

l'accord a été signé dans la maison du gouvernement en présence du Premier ministre de l'Ukraine Vladimir Groisman "


Cette livraison à  l'Ukraine concerne :
  • 21 hélicoptères H225, 
  • 10 hélicoptères H145 
  • 24 hélicoptères H125. 
  • La formation des pilotes et l'assistance technique 
4 premiers "super puma" (H225) devraient être livrés dès cette année à l'Ukraine.

Comme précédemment avec les USA et le Canada les contrats industriels francais avec l'Ukraine ouvrent la porte de la collaboration militaire et participation au conflit du Donbass sur fond de politique d'intégration à l'OTAN.

Une opinion publique trompée

A l'évocation initiale de ce contrat il était question d'une destination non militaire des hélicoptères : fonction publique, police, sécurité civile etc...

Or l'annonce du 14 juillet concerne également "la garde nationale" et le "service des frontières", ce qui ouvre la possibilité d'un engagement des hélicoptères français sur le front du Donbass.

Cette hypothèse à d'ailleurs été confirmée par le président ukrainien lui même qui a demandé que le contrat initial soir modifié pour autoriser une ventilation d'une partie de la livraison au profit de l'armée ukrainienne avec les modifications techniques adéquates.


Les contribuables français volés 

Là où cela devient cocasse et typiquement français c'est lorsqu'on découvre que les 555 millions d'euros que le gouvernement ukrainien doit payer sont en grande partie avancé sous formes de "crédits a moyen terme" financés par des banques privées et lecTresor public francais en d'autre terme le contribuable.

L'orque l'on connaît l'insolvabilité de l'Ukraine dont l'endettement ne cesse d'augmenter, il est probable que Kiev paie ces hélicoptères avec des tubes de vaseline.


Les accords de Minsk trahis

Lorsque le processus de resolution diplomatique du conflir est engagé, la France intègre alors ce "format Normandie" (parce que lancé le 6 juin 2014 à Caen) avec la Russie, l'Allemagne et l'Ukraine, en tant que "garant des accords de paix signes à Minsk".

Je ne voit pas comment un pays qui plus est se prétendant "défenseur des droits de l'Homme" peut prétendre participer à un processus de paix tout en alimentant le même conflit en livrant du matériel miitaire participant aux bombardements d'une population civile.

Bref le gouvernement francais ne fait que confirmer ici sa servitude volontaire amorale aux anglo-américains, sa cupidité on  sans limites, son goût pour la collaboration criminelle, sà russophobie psychotique et la trahison de ses engagements politiques et éthiques.

Mais le pire reste certainement la veulerie des "mougeons" qui se laissent plumer, trahir leurs valeurs républicaines et entraîner dans une collaboration abjecte à un gouvernement totalitaire et criminel.

Erwan Castel

Sur le sujet :

Slatker zone

samedi 14 juillet 2018

Convergences totalitaires

Pendant le Maïdan début 2014, les représentants US vont venir soutenir le coup d'Etat néo nazi, du vice président Biden au sénateur Mac Cain,  ici en compagnie de Oleg Tianebock le co-fondateur du Parti Social Nationaliste Ukrainien (remettre dans l'orde svp) devenu depuis Svoboda...

En octobre 2017 au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, les USA ont voté contre une résolution condamnant la peine de mort pour "l'apostasie, le blasphème, l'adultère et les relations entre personnes du même sexe". Ce vote avait souligné l'alliance des USA avec les Émirats  salafistes du Golfe, qui révèle une convergence idéologique dépassant celle, plus pragmatique, d'intérêts économiques partagés.

L'opinion publique d'alors avait été choquée par une position aussi radicale de la part d'un pays "défenseur des droits de l'Homme". Cette anecdote onusienne n'est pas isolée et il suffit (sans remonter au financement du 3ème Reich) de se souvenir du soutien de Washington aux dictatures latinio-américaines (à rapprocher de la politique France Afrique postcoloniale) ou des alliances contemporaines réalisées avec le Pakistan ou l'Ukraine par exemple. 

Dans l'article suivant l'auteur dénonce cette politique de "l'ennemi de mon ennemi est mon ami" mais je pense personnellement que la convergence d'intérêts finit par fusionner et devenir ideologiquement un "qui s'assemblé se ressemble"

Quoiqu'il en soit ces alliances de démocraties droitdelhommistes avec des régimes ouvertement totalitaires et criminels ne font que confirmer : 
  • L'illusion de la démocratie parlementaire occidentale, dictature contrôlant le peuple via des assemblées soumises,
  • La dictature d'une pensée unique qui ne dit pas ce qu'elle pense et fait le contraire de ce qu'elle dit. 
  • La naïveté imbécile de l' "opinion publique" qui croit aux fausses libertés agitées en spectacle.
Ce vote étasunien, autorisant de facto la répression maximale pour des choix appartenant au domaine privé, est finalement très cohérent avec l'idéologie esclavagiste occidentale qui veut contrôler les esprits et les corps. Depuis le XXeme siècle le mondialisme de l'idéologie judéo-protestante conduit la thalassocratie anglo-américane vampirique a collabirer avec les pires totalitarismes de tous bords, salafisme, nazisme et sionisme par exemple.

Cette "démocrature" occidentale c'est la rencontre fusionnelle et logique de la dictature de la pensée unique avec celle la marchandise et qui donne naissance aujourd'hui à des monstres tel que l'Union Européenne, l'OTAN ou cette Ukraine néo-nazie par exemple.

Ce qui est choquant en revanche c'est que cette même "opinion publique" avale la propagande mensongère droitdelhommiste sans broncher, celle par exemple qui accuse la Russie de persécuter l'homosexualité (alors qu'elle ne fait qu'interdire son prosélytisme), l'Iran d'être une dictature religieuse criminelle (alors que tous les cultes y sont tolérés et protégés) ou l'Ukraine d'être une démocratie libérale agressée par la Russie (alors qu'elle est en réalité un bélier atlantiste lancé contre les russes de la mer Noire).

Il est temps que l' "opinion publique" se réveille.

Erwan Castel (exécutable sûr pour apostasie, "terrorisme" pro-russe, certainement pour adultère et probablement pour blasphème selon certaines moralines fondamentalistes)


Source de l'article : La gazette du citoyen



Les Etats-Unis renforcent les Nazis en Ukraine



Par Ben Norton pour The Real News Network 
le 12 juillet 2018

Les États-Unis aident les néo-nazis ukrainiens à se battre contre la Russie. Un responsable de l'ex-administration Bush, Larry Wilkerson, a déclaré que c'était le plus dangereux genre de politique s’appuyant sur l’adage "l'ennemi de l'ennemi est mon ami". 
BEN NORTON: Des milices néo-nazies mènent une campagne de terreur à travers l'Ukraine, attaquant des minorités ethniques, incendiant des villages roms, agressant des civils innocents, uniquement à cause de leur origine raciale. Et certaines de ces organisations fascistes ont reçu un financement direct de l'Etat ukrainien. La milice suprématiste blanche C14 et le parti d'extrême droite Svobota ont reçu des subventions du ministère ukrainien de la Jeunesse et des Sports.
Mais ce n'est pas seulement Kiev qui soutient ces dangereuses forces néo-nazies. Les États-Unis supportent également les fascistes en Ukraine. Le journaliste Max Blumenthal a rapporté pour The Real News Network comment les Etats-Unis ont armé le bataillon néo-nazi Azov, qui est intégré à la garde nationale ukrainienne et combat les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine. Le bataillon Azov a publié des photos sur son site Web montrant ses combattants nazis rencontrant des officiers militaires américains et canadiens.
The Real News s'est entretenu avec Larry Wilkerson, un ancien haut fonctionnaire de l'administration de George W. Bush, qui est depuis devenu un critique acerbe de la politique étrangère des États-Unis. Wilkerson a fermement condamné cette politique bipartisane des États-Unis qui consiste à soutenir les extrémistes de droite en Ukraine au nom de la lutte pour contrer la Russie.

LARRY WILKERSON: J'ai regardé cette situation, et l'une des choses curieuses à ce sujet est le fait que les Etats-Unis, à commencer par Barack Obama et Hillary Clinton, ont commencé à se taire et à soutenir ceux qui s'opposaient aux Russes, notamment ces groupes nazis et fascistes en Ukraine. Et ailleurs en Europe aussi, mais principalement en Ukraine à cette époque. Et c'était très dérangeant pour nos deux pays (Ukraine et Etats-Unis), parce que nous ne voyions cela que comme un moyen d'habiliter un groupe qui, en fin de compte, n'a pas besoin d'être autonomisé en Europe. Nous avons été là, fait cela, vu cela et avons joué au jeu de balle. Nous n'avions pas besoin d'autonomiser les fascistes au cœur de l'Europe. Et c'est pourtant ce que nous faisons.

BEN NORTON: En juin, l'American Foreign Policy Society a accueilli le fasciste ukrainien Andriy Parubiy au Sénat américain. Parubiy, qui a déjà fondé deux organisations néo-nazies, le Parti national social et le Patriote d'Ukraine, est maintenant le président du parlement ukrainien, la Rada. The Real News Network a demandé à Larry Wilkerson pourquoi il pensait que les Etats-Unis soutenaient de telles forces politiques ouvertement extrémistes. Wilkerson, un colonel à la retraite de l'armée américaine qui était chef de cabinet de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell, a déclaré que certains politiciens américains considéraient simplement les extrémistes d'extrême droite ukrainiens comme un moindre mal par rapport à la Russie.

LARRY WILKERSON: Encore une fois, cela reflète en quelque sorte la politique de "l'ennemi de mon ennemi est mon ami". Il y a ce sentiment viscéral parmi de nombreux membres du Congrès, sénateurs et représentants, et plus profond avec d'autres qui pensent que la Russie est le monstre du monde. Et ces gens pensent toujours que la Russie est la première menace pour ce pays. Maintenant, elle a des armes nucléaires. Cela représente une menace. Nous devrions parler. J'applaudis le fait que Poutine et Trump aillent discuter à Helsinki le 16 juillet. Je ne pense pas que Trump va accomplir beaucoup de choses, il ne semble pas pouvoir le faire. Mais je pense toujours que nous devrions parler.
Donc, c'est ce qui motive beaucoup de ces gens. Est-ce qu'ils vont soutenir n'importe quel ami ou n'importe quel ennemi qui déteste la Russie, n'importe qui qui a l'air d'être un disciple ou un soldat allié dans ce combat y compris les fascistes, et se joindre à eux pour combattre la Russie, en particulier dans un endroit aussi critique que l'Ukraine? Personnellement, je pense que c'est la pire façon de voir les choses. Mais c'est ainsi qu'ils les voient.
Et j'ai écouté des membres du Congrès dans leurs moments de révélation alors que je leur parlais de la guerre au Yémen, expliquant qu'il fallait essayer de nous sortir de cette guerre, leur disant comment c'était brutal, et pourquoi nous n'avions pas besoin d'être si proche de l'Arabie Saoudite, et que d'ailleurs nous n'avions pas besoin d'être aussi proches des fascistes en Ukraine non plus. Ils me répondaient: "Oh non, vous ne comprenez pas, c'est sérieux. C'est vraiment sérieux. Nous devons soutenir ces gens

Benjamin Norton



Ben Norton est producteur et reporter pour The Real News. Son travail se concentre principalement sur la politique étrangère des États - Unis, le Moyen - Orient, la critique des médias et les mouvements pour la justice économique et sociale. Ben Norton était auparavant rédacteur en chef à Salon et AlterNet. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @BenjaminNorton.
Lien de l'article en anglais:



jeudi 12 juillet 2018

En route pour une 18ème rotation

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Voici une photo du champ de ruines dans lequel nous nous battons sur la ligne de front de Yasinovataya au Nord de Donetsk. La photo est suffisamment ancienne pour que je la publie, car des modifications et renforcements ont été réalisées depuis sur notre système de défense : nouveaux bunkers, nouvelles tranchées etc...

Enfin la route vers le front se déroule à nouveau devant nous après 2 semaines de repos et de services à notre caserne entre Donetsk et Makeevka. 

A 07h00 nous embarquons dans notre camionnette pour partir relever nos camarades déployés sur le front de Promka. 

La terre et le ciel retiennent encore la fraîcheur apportée par les pluies de la veille.



Jeudi 12 juillet 2018

Nouvelle roration et nouveaux visages dans ce groupe où désormais je fais partie des anciens après 8 mois dans les rangs de la Brigade internationale Piatnashka, dont plus de moitié sur ce front de Promka.

A 7h00 après avoir genou en terre consacré la traditionnelle minute de silence à la prière, pensée familiale ou autre concentration choisies par le uns et les autres, nous embarquons dans la petite camionnette réquisitionnée qui nous assure des liaisons rapides et discrètes vers le front.



Dès notre arrivée sur "Forteruine", les ukrops nous acccueilent avec quelques tirs de grenades à fusil, histoire de planter l'ambiance pour les nouveaux venus qui découvrent dans une visite guidée le décor apocalyptique où ils vont vivre et peut être se battre pendant les jours qui viennent.

Dans notre secteur, cette première journée s'écoulé dans une chaleur lourde et silencieuse que viennent juste perturber le vrombissement des mouches et quelques tirs éparses.

Les ukrops continuent quant à eux a exhiber leur collection de drapeaux, griffes vraisemblables de ces nationalistes occidentaux nostalgiques d'une "Neue Europa" brune et venus échouer leur haine dans les tranchées face aux patriotes du Donbass. Car la différence principale entre les "nationalistes" et les "patriotes" dans l'expression de leurs idéologies est bien que les premiers sont animés par une haine des autres quand les seconds sont habités par un amour des siens.

AinsI, après les drapeaux polonais, étasunien, géorgien sans oublier bien sur l'ukrainien ou celui des néo nazis de Prayvi Sector, c'est au tour du drapeau italien de venir marquer une position ennemie située à 130 mètres de la nôtre.



De source sûre il y a des membres de Prayvi Sector, dont 5 repèrés sur les réseaux sociaux, qui sont en face de nous dont certainement cet italien venu goûter aux munitions "al dente" de nos armes. 

Même si aujourd'hui nous sommes peu nombreux, les étrangers engagés de chaque côté de cette ligne de front du Donbass, nous témoignons cacun dans notre choiw métapolitique (à part les mercenaires attirés par les dollars transitant en Ukraine) de la dimension internationale du conflit dont les enjeux et les menaces échappent malheureusement à la majorité des troupeaux européens.

Car le Donbass est bien ce territoire russe qui depuis 2014 subi le premier choc militaire occidental dirigé contre la Federatuon de Russie, tout comme l'Iran est l'objectif finak de la guerre en Syrie.

"Forteruine" est donc à nos coeurs beaucoup plus qu'un simple bâtiment industriel détruit devenu un récif devant la marée simple bâtiment industriel détruit devenu un récif devant la marée ukrainienne, il est cet avant poste défendant la République Populaire de Donetsk contre l'armée ukrainienne et, par delà ses horizons, l'empire eurasiatique contre l'impérialisme occidental, nos valeurs civilisationnelles européennes contre l'amoralité mondialiste, la liberté des peuples contre la dictature de la marchandise...
Erwan Castel


Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front 



mardi 10 juillet 2018

Photo du 10 juillet

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Avant de repartir sur le front de Yasinovataya et au sortir d'une permission passée à la maison, les journées et nuitées en caserne alternent préparations, repos, gardes et corvées diverses...

Parmi ces servitudes militaires, le "KPP", poste de garde de la caserne où sont effectués les contrôles des personnes et véhicules entrant et sortant ("Kontrol Propusk Punkt") et pour le service duquel les compagnies s'y collent à tour de rôle.

C'est l'occasion en été de profiter du beau temps crépusculaire et d'échanger quelques mots avec des soldats d'autres unités que l'on ne voit quasiment jamais.

Autour de la base, proche de la zone militaire du front, et coincée entre espace vert, usine et rocade désertée, l'activité humaine décroît en même temps que la lumière du jour, laissant la place à celles des oiseaux de nuit, des chats et même des renards qui se croisent dans leurs traques aux rongeurs.

Vers 21h00, au delà de l'horizon Nord de Makeevka se font entendre les rumeurs sourdes d'un front toujours éveillé tandis qu'au Sud un halo lumineux résistant à l'obscurité naissante marque la direction de Donetsk, la cité rebelle et joyeuse.

Le chant des batraciens finit par assiéger la base de Piatnashka tandis que s'engage le quotidien combat entre les projecteurs du périmètre et l'obscurité rampante. 
Bientôt, seuls quelques véhicules militaires, revenant ou montant vers le front, perturberont le calme nocturne où les pas et les regards des sentinelles vagabondent autour des bâtiments gagnés par la fatigue des hommes au repos.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front

"Je t'aime..., moi non plus !"


Le 9 juillet s'est tenu à Bruxelles la réunion UE/Ukraine, la 1ère des 3 rencontres internationales de cette quinzaine de juillet (avec les prochains sommet de l'OTAN et rencontre Poutine-Trump) qui vont peser sur l'évolution du dossier ukrainien, de la Crimée et de la guerre dans Donbass.

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'entre l'UE affamée et l'Ukraine mendiante vé n'est plus vraiment l'histoire d'amour mise en scène sur le Maïdan.

Et si ce couple improbable a su danser dans tomber au bal bruxellois la valse de l'hypocrisie cupide c'est surtout par soumission commune à leur maître étasunien qui dirige l'orchestre européen.

Erwan Castel

Source de l'article : Sputnik

UE-Ukraine, le couple vacille mais tient bon... pour le moment 
Fabien Buzzanca

Le 9 juillet se tenait à Bruxelles le 20ème sommet entre l’Union européenne et l’Ukraine. Une rencontre où il a notamment été question de corruption, de prisonniers politiques, des tensions entre Varsovie et Kiev et du projet de gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne. Sputnik France était sur place.

«Ces quatre dernières années, nous avons fait plus ensemble que les vingt précédentes. Ceci témoigne des efforts du peuple ukrainien et du président Porochenko et montre que l'Union européenne continuera à soutenir l'Ukraine et à se tenir à ses côtés.» À en croire Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, tout va bien entre le président ukrainien et Bruxelles. Ce lundi 9 juillet 2018 se tenait dans la capitale belge le 20ème sommet entre l'Union européenne et l'Ukraine, le premier depuis l'accord d'association entré en vigueur le 1er septembre 2017. D'après le président de la Commission européenne, le commerce bilatéral entre Kiev et Bruxelles a grimpé d'environ 25% depuis l'année dernière et la mise en place de la zone de libre-échange entre les deux parties.

Mais le processus de rapprochement est loin d'être terminé. Afin d'aider l'Ukraine à se réformer selon les standards bruxellois, l'Union européenne a déjà débloqué plus de 11 milliards d'euros sur les 12,8 prévus par le programme d'aide. Récemment, le Parlement européen a donné son feu vert à une nouvelle aide d'un montant maximal d'un milliard d'euros dans le but de soutenir la stabilisation financière et les réformes structurelles ukrainiennes.

Regain de tensions

Reste que cette aide est soumise à conditions. La lutte contre la corruption qui frappe l'Ukraine est notamment revenue à plusieurs reprises dans les débats. Les leaders européens ont rappelé que sa poursuite était une condition sine qua none pour le déblocage de ces nouveaux fonds. Jean-Claude Juncker s'est ainsi exprimé sur le sujet:
  • «Je ne peux pas qualifier l'Ukraine de pays corrompu mais il y a beaucoup de corruption, comme dans d'autres pays d'ailleurs. C'est pour cela que nous accordons beaucoup d'importance à cet aspect des réformes.»

Bruxelles a insisté sur la nécessité d'intensifier les efforts afin d'achever la phase de transition instituant la Haute Cour anti-corruption. Cette dernière, qui se veut libre et indépendante, doit venir renforcer l'arsenal de lutte contre la corruption. Petro Porochenko s'est voulu rassurant envers ses collègues européens:
  • «La lutte contre la corruption n'est pas abstraite. Depuis des années nous avons instauré des agences nationales pour lutter contre la corruption, notamment dans les secteurs publics et de l'énergie. Le Parlement a soutenu en majorité mon initiative de créer la Haute Cour anti-corruption.»

Une initiative que Jean-Claude Juncker a qualifiée de «test de sincérité et d'efficacité».

L'histoire d'amour entre l'Union européenne et l'Ukraine connaît quelques frictions. Depuis plusieurs mois, de vives tensions éclatent régulièrement entre l'Ukraine et la Pologne: une loi votée par Kiev renforçant l'enseignement de l'ukrainien à l'école, un texte de loi voté par Varsovie et qui punit d'amendes ou de peines de prison toute personne faisant un lien entre Pologne et Shoah, ou encore des tensions au sujet des massacres commis par les nationalistes ukrainiens pendant la Seconde guerre mondiale… Ces points de discordes entre un pays membre de l'Union européenne et l'Ukraine inquiètent à Bruxelles. Le Polonais Donald Tusk, président du Conseil européen, a appelé à calmer le jeu:
  • «J'aimerais faire un commentaire personnel concernant la relation entre Kiev et Varsovie. Il faut adopter une approche nouvelle de procéder. […] Seuls des adversaires ou des fous politiques veulent qu'éclate un conflit entre nous. Seule la solidarité pleine et entière nous permet de consolider nos relations.»

Autre point de désaccord au sein de l'Union européenne: le projet Nord Stream 2. Ce dernier consiste en la construction d'un nouveau gazoduc reliant la Russie et l'Allemagne par la mer baltique. Défendu par certains pays européens, Allemagne en tête, il fédère d'autres nations du Vieux Continent contre lui. Ses détracteurs craignent qu'il ne renforce la position de la Russie et ne rende l'Europe davantage dépendante de Moscou pour sa fourniture en énergie.

L'Ukraine est, sans surprise, vent debout contre ce projet, comme l'a rappelé Petro Porochenko:
  • «Je veux souligner l'impact négatif du projet Nord Stream 2. Sa raison d'être est géopolitique et destinée à nuire à la sécurité énergétique de l'Ukraine et de l'Union européenne. J'appelle les pays européens à ce qu'ils fassent arrêter ce projet.»

Un appel qui a peu de chance d'être suivi d'effet. L'Allemagne a soutenu la construction du Nord Stream 2, tandis que la Suède et la Finlande ont déjà accordé toutes les autorisations nécessaires à sa construction. En outre, des préparatifs ont déjà été réalisés pour la pose des premiers tronçons au fond de la mer Baltique. Les défenseurs du projet semblent déterminés à profiter d'une nouvelle source d'énergie à prix compétitifs au-delà des considérations géopolitiques. «Certains états membres ne sont pas d'accords pour faire arrêter ce projet», a d'ailleurs rappelé Donald Tusk.

La Russie a bien sûr occupé une partie des débats. Le président ukrainien s'est félicité de la récente reconduction des sanctions économiques contre la Russie par Bruxelles. Petro Porochenko a remercié l'Union européenne de son soutien et les dirigeants de cette dernière ont rappelé la nécessité de l'application des accords de Minsk afin de mettre fin au conflit armé qui frappe l'est de l'Ukraine. Dans le communiqué joint diffusé à l'issue du sommet, l'Union européenne et le président ukrainien ont notamment appelé Moscou à libérer immédiatement «les citoyens ukrainiens détenus illégalement en Crimée et en Russie».
  • J'ai conscience de l'image positive que la Russie dégage en ce moment et je rends hommage à Vladimir Poutine pour son organisation de la Coupe du Monde de football. Cependant, il ne faut pas éluder les vraies questions essentielles dans nos relations avec la Russie. La libération de prisonniers en fait partie», a déclaré Donald Tusk.



​Un appel qui ne concerne pas les soldats séparatistes détenus par Kiev. Ni Kirill Vychinski, journaliste russo-ukrainien, rédacteur en chef de l'agence de presse russe RIA Novosti en Ukraine. Détenu depuis le 15 mai par les autorités de Kiev, il est accusé de haute trahison. Dans le communiqué joint de l'Union européenne et de l'Ukraine, les deux parties réaffirmaient pourtant «leur engagement envers le pluralisme des médias».

Photo du 23 octobre

Suite de la nouvelle rubrique "Photo du jour" de mon journal du front, choix d'une photo illustrant la journée, un moment fort vécu ou une esthétique ressentie ...

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Une fois n'est pas coutume la photo publiée n'a pas été prise ce jour de juillet, mais lors de la première rotation effectuée sur la position tenue par notre compagnie de Piatnashka sur le front de Yasinovataya. 

A cette époque nous découvrions ce champ de ruines apocalyptique et qui allait devenir notre sanctuaire à la fois physique et métaphysique.

"Autoportrait en ombre chinoise"

23 octobre 2017, sur Promka les premiers rayons du soleil, par les trous béants des murs explosés, s'infiltrent dans les pièces obscures et humides de notre "Forteruine" en projetant sur les murs lépreux les silhouettes des sentinelles venues saluer le lever de l'étoile et se baigner dans sa lumière chaleureuse.

Depuis cette photo "Forteruine" a changé, au rythme des 4 saisons de la steppe et sous l'action des bombardements ukrainiens quotidiens, des murs se sont effondrés, d'autres se sont renforcés de sacs de sable et de poutres de sapin. Les balles et les éclats d'obus ont continuent à écrire leur histoire sur les murs tandis que de nouveaux fantômes de camarades disparus hantent désormais la solitude des longues veilles aux remparts de la République Populaire de Donetsk. 

En regardant 8 mois plus tard cette ombre qui pourrait-être celle d'un autre soldat, elle semble m'avertir de cette transmutation de l'esprit qui s’opère dans cet enchevêtrement de pierres, de béton et de poutrelles éclatées qui se révèlent aujourd'hui être un athanor pour les âmes dénudées par la guerre. 

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du front 

Porochenko dans l'impasse, Timochenko en embuscade


Après le coup d'Etat du Maïdan, le Président Poutine a entrepris de reprendre la main et l'avantage sur le grand échiquier et mettre en échec sans devoir les affronter frontalement les stratégies de préemption territoriale engagées en Syrie et en Ukraine par les néo-conservateurs étasuniens et leurs auxiliaires, terroristes et occidentaux. 

A Kiev, si Piotr Porochenko est toujours là, il est plus que jamais assis sur un trône éjectable qu'il doit désamorcer de toute urgence. Et tandis qu'il louvoie, menace ou bluffe pour conserver son pouvoir lucratif le plus longtemps possible, la stratégie atlantiste en Ukraine s'enlise dans les échecs et l'impopularité de sa marionnette.

Ce début de juillet 2018 l'Ukraine est autant au milieu d'un carrefour qu'au pied d'un mur et tandis que la situation générale du pays et celle du Donbass en particulier sont suspendues aux résultats de la réunion prochaine entre Trump et Poutine (16 juillet à Helsinki) Porochenko vient verser ses larmes de crocodile et agiter sa sébile devant ses parrains occidentaux aux sommets Ukraine-UE (9 juillet) et OTAN (11 et 12 juillet) qui se déroulent tous les deux à Bruxelles.
Depuis plusieurs années et bien que n'en faisant pas partie, l'Ukraine est invitée régulièrement intégrée aux stratégies de ces 2 organisations occidentales qui eux surtout s'invitent de plus en plus sur son territoire géostratégique aux confins de l'Occident et l'Eurasie, confirmant par là les commanditaires et objectifs réels du coup d'Etat du Maïdan de février 2014.

Les Euro-maïdan, s'il ont réussi leur coup d'Etat n'ont cependant pas réussi a atteindre leurs objectifs ayant provoqué un démembrement de l'Ukraine moderne et une dérive dictatoriale sur fond de corruption, effondrement économique et guerre meurtrière et coûteuse dans le Donbass.
Sur cette ligne de front, les préparatifs de l'Opération des Forces Combinées ukrainiennes pour une nouvelle offensive se poursuivent ainsi que les provocations contre la ligne de défense républicaine, même si globalement depuis le commencement de la calendaire  "trêve du pain" elles ont perdu en intensité. 

Mais c'est à Kiev que se déroule en ce moment la plus grande agitation, alors que le pays est officiellement entré en campagne pour les prochaines élections présidentielles (mars 2019).

En effet Porochenko ne contrôle plus le parlement ukrainien où jusque dans son propre parti il est de plus en plus contesté. Fait marquant de cette nouvelle crise politique ukrainienne, la composition de la Commission Électorale Centrale (CEC) n'a pas pu être votée. Porochenko, qui ne s'est pas encore prononcé sur sa candidature éventuelle à son propre poste, aurait même envisagé de dissoudre le parlement pour débloquer la situation.

Depuis 4 ans Porochenko a adopté la politique de l'indifférence, laissant les feux de paille de l'opposition et des radicaux clignoter régulièrement autour de son palais, mais aujourd'hui, avec la course présidentielle engagée, les enjeux et les menaces de cette nouvelle crise politique ne peuvent plus risquer le "laisser faire" des dernières années. 

Par ailleurs l'imprévisible Trump fait régner une incertitude et même une peur parmi les timoniers néoconservateurs mis en place en Europe par ces prédécesseurs. La ploutocratie mondialiste, dans la rafale de réunions de cette première quinzaine de juillet (UE, OTAN et Poutine) est aux aguets et Porochenko sait que si le vent tourne il sera le premier sacrifié et ça m'étonnerait que l'actuel Président Trump se mouille et défende une quelconque immunité pour le pantin installé à Kiev par l'administration Obama..

Cette situation n'échappe pas à ceux qui veulent la peau de l'oligarque chocolatier à commencer par sa rivale Ioulia Timochenko qui voudrait bien reconquérir la première place à Kiev, le cœur des ukrainiens et les affaires avec les occidentaux.  Et l'égérie de la révolution orange de 2004 a d'ailleurs entamer contre le maître de Kiev une campagne de dénigrement qu'elle espère voir se transformer en destitution politique et économique à laquelle l'oligarque risque de ne pas échapper même si il perd les élections régulièrement. Car pour sortir l'Ukraine de son isolement tout en assurant un changement dans la continuité, le successeur de Porochenko exhibera sa tête (corruption, crimes de guerre...) pour sortir Kiev de l'ornière et pouvoir engager un nouveau dialogue avec les partenaires occidentaux, russes et même pourquoi pas avec ceux du Donbass. 

Porochenko doit se radicaliser pour ne pas disparaître

  • Au vu de sa côte de popularité Porochenko qui survivait jusqu'ici à sa politique de l'autruche, planqué derrière la durée de son mandat présidentiel, n'a que très peu de chance d'être réélu en 2019. 
  • Par ailleurs, la situation actuelle du pays ne lui laisse aucune chance de pouvoir réaliser une sortie en douceur à l'issue de sa défaite électorale. Il sera le fusible condamné pour réinitialiser le système.
Donc, à moins d'un miracle électoral, Porochenko sera sacrifié en 2019 , éjecté de la scène politique, privé de son empire financier car probablement condamné dans une tentative de sauver les paris occidentaux  engagés sur le Maïdan...

Le Président ukrainien n'a donc que 3 options pour sauver sa tête, son pouvoir et sa fortune avec un ordre croissant de contrôle sur leur mises en oeuvre :
  1. Espérer capitaliser des victoires militaires pour remporter le scrutin présidentiel à venir...  beaucoup de si, mais après tout il a le droit de rêver.
  2. Par des élections législatives anticipées, démissionner tout en conservant l'immunité diplomatique parlementaire... mais que la justice peut lever.
  3. Etre maintenu constitutionnellement au pouvoir suite à une annulation pure et simple des élections présidentielles de 2019. 
Cette dernière option pourrait être simplement déclenchée par l'instauration de la loi martiale consécutive à par exemple une escalade militaire dans le Donbass. C'est donc une solution constitutionnelle à la fois simple et risquée pour annuler un scrutin (ce qui est prévu dans la majorité des pays). Or l'évolution vers cette situation radicale a déjà été largement amorcée cette année par l'approbation de cette "loi de restitution du Donbass" qui instaure un cadre juridique simplifié autorisant justement l'instauration de la loi martiale en Ukraine.

Et c'est ici que l'offensive ukrainienne en préparation depuis la mise en oeuvre de la toute nouvelle "Opération des Forces Combinées" dévoile, à côté d'un objectif militaire de premier plan (la reddition des Républiques de Donestk et Lugansk) son objectif politique, qui est peut-être le plus important et bientôt le plus urgent aux yeux du pouvoir apparait au grand jour : annuler le système démocratique et instaurer officiellement une dictature militaire en Ukraine. 


Le joker Timochenko



C'est ce que vient de confirmer justement Timochenko en déclarant que Porochenko, en provoquant une escalade militaire dans le Donbass "veut que des territoires supplémentaires soient occupées, que tout brûle, que la guerre prenne de l’ampleur et atteigne son plus haut niveau", afin de pouvoir instaurer une loi martiale ce qui annulera constitutionnellement les élections à venir et le maintiendra au pouvoir.


Ce faisant Timochenko ne se présente pas comme une contemptrice de la politique mise en oeuvre par les occidentaux via leur marionnette Porochenko mais juste pour une ambitieuse qui veut prendre la place et les avantages du calife de Kiev. Il suffit de réécouter ses déclarations concernant les russophones d'Ukraine et les russes en général pour se convaincre qu'elle est de la même veine psychopathe que l'actuel Président. Ainsi de cette conversation téléphonique du 18 mars 2014 où elle déclarait au député du Parti des régions Nestor Shufrych :"Il est temps de prendre nos armes et d’aller tuer ces maudits Russes, ainsi que leur leader"


Aujourd'hui, la séductrice Timochenko qui a tenté de se refaire une virginité politique après ses condamnations, et jusqu'à adopter un look plus occidental que celui de sa coiffure tressée traditionnelle, est le candidat le plus populaire pour ces élections autant que l'ennemi juré de Porochenko, son complice du Maïdan qu'elle est prête à poignarder pour retrouver son aura orange auprès de la ploutocratie mondialiste dont les bailleurs de fonds sont de plus en plus exaspérés par l'ivrogne Porochenko. 

Pour les parrains néo-cons du Maïdan, Timochenko c'est l'espérance d'assurer leur stratégie en Ukraine car soit Porochenko reste et c'est l'application rapide et dure de leur politique russophobe, soit c'est Timochenko qui prend la relève et c'est le changement dans la continuité...

A condition toutefois pour ces faucons de Washington de maîtriser l'imprévisible Trump...

Et pour ce dernier point essentiel la réponse va être donnée rapidement !

Erwan Castel
Articles référence : Ukrainia.ru, Sputnik