samedi 20 avril 2019

De guerre en guerre


"Saur Moghila" est un haut lieu de la géographie et de l'Histoire du Donbass. Sur cette colline située au Sud de la République de très violents combats se sont déroulés pendant la seconde guerre mondiale et un mémorial soviétique y fut inaugurer en 1967 pour matérialiser la mémoire du peuple du Donbass.

En 2014 lors de l'offensive de l'armée ukrainienne le long des frontières russes, la colline, redevenue point stratégique et verrou des chaudrons organisés par les milices républicaines, fut à nouveau le théâtre de combats très violents.

Sous les bombardements et les combats, la stèle du mémorial, haute de 36 mètres, s'est écroulée tandis que les défenseurs républicains résistaient au milieu des ruines jusqu'au dernier homme et le dernière cartouche.

Leur sacrifice héroïque qui a rejoint sans rougir celui de leurs aînés de la grande guerre patriotique a permis la destruction complète d'un corps blindé ukrainien et la libération des postes frontières.

Aujourd'hui, stigmatisé par le passé autant que le présent, Saur Moghila est devenu le symbole vivant de cette lutte du Donbass pour sa Liberté. Plusieurs fois par an s'y déroulent des cérémonies et des commémorations patriotiques.


Ce 19 avril 2019, la "colline 277" a accueilli un rassemblement solennel "De guerre en guerre" organisé dans le cadre du programme d'intégration du Donbass avec la Fédération de Russie.

Plusieurs invités de marque étaient venus de la Fédération de Russie se joindre aux députés du Conseil populaire de la RDP, aux représentants  (parti politique de feu Zakharchenko et Pushilin), ainsi que des représentants de diverses associations comme l’Union des anciens combattants d'Afghanistan.

Alexei Muratov, président du comité exécutif central du mouvement public «République de Donetsk» a rappelé l'importance cruciale de cette colline 277 dont les combats acharnés pour son contrôle et celui du village voisin de Stepanovka ouvrent la libération du Donbass en 1944 autant qu'en 2014 et sur cette terre gorgée du sang de l'Histoire il a conclu de guerre en guerre que «le prix que nos ancêtres ont payé et que nous avons payé est trop élevé. Nous ne pouvons pas nous permettre d'oublier leur exploit ».



Alexei Muratov, président du comité exécutif central du mouvement public «République de Donetsk»

Au cours de ce rassemblement des combattants ont été décorés pour les services rendus dont mon camarade et ami Abdul Jabar Rafi, "Abdullah", ce volontaire afghan venu depuis 2014 se battre sur le front jusqu'en septembre 2017 où une terrible blessure l'a amputé de ses 2 jambes, mais pas de sa volonté de servir le Donbass inlassablement avec une énergie et une humilité incroyables !

Abdul Jabar Rafi, "Abdullah", volontaire afghan infatigable malgré une terrible blessure au combat qui l'a amputé de ses 2 jambes


Les gens sont allés aussi se recueillir sur les tombes des soldats qui ont défendu jusqu'au dernier homme ce sanctuaire de l'Histoire et point stratégique. Ils sont enterrés au sommet de la colline au pied des débris de la stèle autour de leur chef de section "Medved" tombé au milieu d'eux et du devoir accompli.

Voici une vidéo que j'avais faite le 8 mai 2017
devant les sépultures des défenseurs de Saur-Moghila

La veille, 18 avril, le monde russe célébrait l'anniversaire de sa victoire fondatrice, remportée en 1242 par le prince Alexandre Nevski sur les chevaliers allemands au lac gelé de Peispi cette cérémonie a rappelé la permanence de l'Histoire du Donbass dont les soldats aller encore devoir défendre par 2 fois en moins d'un siècle la russité de leur terre et de leur existence.
Sur ce haut lieu de la seconde guerre mondiale, les forces ukrainiennes allaient une fois encore attaquer violemment une position sur le front Sud de la République, engageant des combats victorieux pour notre défense républicaine mais également malheureusement meurtriers.

Si comme l'a déclaré Vladimir Savelov, le député du Conseil du Peuple de la République "Nous sommes ici pour rendre hommage à nos héros qui, grâce à leur courage et à leur courage, ont pu renverser l’ennemi de notre pays", force est de constater que si l'Histoire ne se répète pas il lui prend parfois l'envie désagrable de bégayer et d'obliger les héritiers à honorer par de nouveaux actes héroïques ceux des anciens, à l'image de Lilia Egamberdieva, cette jeune infirmière militaire de 23 ans qui s'est sacrifiée le soir même de ce 19 avril 2019 pour sauver ses camarades.

Lorsque de l'Histoire, les actes et les lieux, le passé et le présent fusionnent autour du soldat, son devoir qu'il mène parfois jusqu'au sacrifice suprème devient sacré et son exemeple invincible !

Erwan Castel
Article référence : VK



vendredi 19 avril 2019

Flash ! Attaque ukrainienne repoussée


Ce soir, au lendemain de la prétendue "trêve de Pâques" et quasiment au moment du débat entre Porochenko et Zemensky à Kiev des éléments de la 79ème brigade aéomobile ukrainienne ont tenté de rompre la ligne de front républicaine dans le secteur d'Oktyobr sur le front Sud de la République Populaire de Donetsk (secteur Mariupol), L'attaque a été repoussée par la défense républicaine, à la suite d'un combat vif et meurtrier.

Ce que l'on sait :

A 18h00, alors que la trêve de Pâques avait été annoncée par Kiev la veille, 2 groupes de reconnaissance ukrainiens ont tenté de s'infiltrer dans la ligne de défense républicaine. 
  • Dans un premier temps, un premier groupe ukrainien qui progressait dans la zone "grise" s'est engagé imprudemment dans un champ de mines et a subi rapidement des pertes importantes (2 tués et 3 blessés).
  • Dans un deuxième temps, sous les tirs de couverture d'un obusier de 152mm et de l'appui feu réalisé par le deuxième groupe de reconnaissance, les ukrainiens ont tenté d'évacuer les morts et les blessés.
  • Au cours des combats qui ont suivi avec les défenseurs républicains, le deuxième groupe ukrainien qui tentait d'occuper une des nos postions a également subi des lourdes pertes (4 tués et 5 blessés).
Au cours du combat, le sergent chef Lilia Egamberdieva, infirmière de l'unité qui s'était portée au secours de camarades grièvement blessés pendant le bombardement ukrainien mais s'est retrouvée isolée au milieu des combats en cours. Elle a dû engager alors le feu toute seule avec une mitrailleuse contre des soldats ukrainiens qui tentaient de déborder par le flanc les positions républicaines. le sergent Egamberdieva s'est éloignée des blessés pour trouver une position de tir efficace mais le temps de repousser le groupe de reconnaissance ukrainien, le commandant de la compagnie, le lieutenant Pchenitchny et le sergent chef Jildzov n'ont pas survécu à leurs blessures, et elle même a été tuée par un sniper ukrainien lors de son action défensive héroïque !


Lilia Egamberdieva, 23 ans dont le courage égalait sa beauté, tuée au combat le 19 avril 2019
Ainsi malheureusement, au cours de ces combats les forces républicaines ont également subi des pertes en défendant héroïqueent leurs positions et on pleure ce soir 3 tués parmi les volontaires républicains.

Une fois de plus, Kiev a montré ici sa détermination à rompre les trêves par des actions meurtrières et des provocations suicidaires dont les pertes subies serviront juste leur propagande a tenter d'accuser les forces républicaines de l'initiative des combats.

Un premier compte rendu urgent du combat a été réalisé par le service de communication de l'armée de la RPD 

A suivre...

Erwan Castel


Les pestiférés de la bien pensance


J'apprends récemment qu'il est question que madame Hélène Richard Favre, une personne active dans les réseaux de réinformation et observatrice pertinente de la crise ukrainienne et guerre dans le Donbass, après soit disant faire partie des "réseaux du Kremlin", qu'elle fréquente aujourd'hui des "mercenaires" (qui travaillent pour les mêmes réseaux bien sûr) opérant dans le Donbass aux côtés des séparatistes pro-russes et parmi lesquels se trouvent des volontaires français servant dans des forces républicaines de Donetsk, dont votre serviteur.

Cette remarque a été faite par l'avocat d'une certaine Cécile Vaissié auteure d'une étude intitulée "Les Réseaux du Kremlin en France" (Les Petits Matins, 2016), et dont on peut trouver sur le site d'Olivier Berruyer, ici, de nombreux extraits permettant au premier venu de mesurer le niveau du fantasme délirant qui a maquillé en étude ce qui n'est qu'un réquisitoire partial dont la conclusion précède le travail et impose un simplisme manichéen "apeurant" émaillé d'un ensemble de diffamations sorties d'une propagande de guerre occidentale grossière et mensongère.

De fait les diffamations portent atteinte à la probité de 6 analystes indépendants (Djordje Kuzmanovic et de son épouse, Véra Nikolski, haut fonctionnaire, les blogueurs Olivier Berruyer, Hélène Richard-Favre et Pierre Lamblé, et l’enseignant Gueorgui Chepelev) ont provoqué de leur part une plainte argumentée à l'encontre de Cécile Vaissié pour diffamation auprès de la 17ème chambre correctionnelle. Et c'est au cours de ce procès que la défense des Tartuffe et Torquemada qui voient la "main de Moscou" partout où leur pensée unique n'est pas respectée, que Hélène Richard Favre a été accusée de "fréquenter des mercenaires" !

Si la liberté d'expression doit être un principe souverain dans une société qui se prétend civilisée, elle ne peut en revanche déresponsabiliser ceux qui en profitent pour profèrer des accusations calomnieuses portant atteinte à l'honneur et à l'éthique de personnes nommées. Et je pense, sans me vanter, pouvoir jauger cette lâcheté et malhonneteté intellectuelle qui sied aux pervers en manque d'arguments, étant accusé depuis le Donbass d'être un agent de Poutine ou des services français, un fasciste ou un stalinien, un voleur, un déserteur, un tueur de serbes, un terroriste etc. (j'en passe et des meilleures) par les débiles pro Kiev comme ceux du réseau B.Grua ou les non moins débiles pro Donbass comme ceux du réseau C.Néant par exemple.

Donc ici l'avocat de Cécile Vaissié, que j'invite à venir me rencontrer dans le Donbass entre autres témoins, acteurs et victimes du conflit, prétend que les volontaires venus dans le Donbass seraient des  "mercenaires". 

Un affirmation qu'il faut examiner ici de plus près :

Mézigue sur le front de Yasinovataya... terroriste, mercenaire ou tout simplement volontaire ? - Photo Guillaume Chauvin, mars 2019

"Un mercenaire est un combattant étranger aux parties en conflit, "spécialement recruté dans le pays ou à l'étranger" et qui "prend une part directe aux hostilités". Ce combattant doit également avoir un "avantage personnel" à participer à ce conflit, qui doit prendre la forme d'une rémunération "nettement supérieure à celle de ses homologues de l'armée régulière"


Examinons donc ce texte du Comité internationale de la Croix Rouge qui malgré sa couleur n'est pas me semble t-il l'émanation d'une doxa soviétique ayant survécu à l'effondrement de l'URSS ! :

Article 47 [ le lien ici ] - Mercenaires

1. Un mercenaire n'a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre.
  • Ce point est peut-être le plus intéeressant car il expliqu pourquoi les volontaires étrangers dans le Donbass sont souvent qualifiés par la partie ukrainienne (qui n'a pas obtenu pour les républiques la qualification de "terroristes" par l'ONU ) de "mercenaires". En effet les conséquennces juridiques lié au statut de "mercenaires" restreignant considérablement les droits des intéressés, Kiev cherche ainsi à les palcer hors du cadre des accords de Minsk qui prévoit une amnistie et pas seulemant pour la poignée d'occidentaux venus dans le Donbass mais aussi pour les russes, les serbes, les ossètes, les abkhazes etc et qui sont pléthore depuis 2014.

2. Le terme «mercenaire» s'entend de toute personne :

a) qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l'étranger pour combattre dans un conflit armé ;
  • Ici il n'y a aucun "réseau de recrutement" organisé recrutant et accompagnant les volontaires venant combattre dans le Donbass. Au contraire il s'avère que pour les occidentaux, c'est plutôt "la croix et la bannière" pour arriver jusqu'à Donetsk et ensuite trouver un bataillon. et seules des cooptations individuelles et des infos directes et personnelles permettent aux intéressés de faire le trajet jusqu'à Donetsk et Lugansk, et à leurs frais. Ceci expliquant entre autres les faibles effectifs observés des occidentaux ainsi que les très nombreux cas de refoulement à la frontière russe pour ceux qui n'ont ni visa double entrée ni contact sur place.

b) qui en fait prend une part directe aux hostilités ;
  • Sur ce point de la participation aux hostilités, d'accord, en notant toutefois que la dimension médiatique des volontaires occidentaux a souvent incité dans les premiers temps de la guerre les autorité locales à ne pas exposer trop dangereusement ces étrangers particuliers pour éviter l'exploitation diplomatico-juridique qu'aurait immanquablement provoqué leur mort au combat (voir l'exemple des djihadistes étrangers tués ou capturés en Syrie par exemple)

c) qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d'obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ;
  • Après être arrivé à Donetsk au début de l'année 2015, je me suis engagé dans la milice républicaine, sans intégration administrative et sans salaire, en tant que volontaire. Puis ce fut à partir de mars 2015 au sein du 4ème bataillon de la "Garde Républicaine" où, avec d'autres français après avoir servi bénévolement plusieurs mois nous avons perçu notre première solde de 2000 hryvnias (un peu plus de 50 euros). Au fil des mois et des mutations mon salaire mensuel a augmenté jusqu'à la barre actuelle des 15000 roubles (200 euros), ce qui correspond sans aucune prime spéciale au même salaire en vigueur dans l'armée républicaine. Personnellement je n'appelle cela (pour l'avoir vécu dans le passé) une rénumération de "mercenaire".

d) qui n'est ni ressortissant d'une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ;
  • Sur ce point particulier, je dirai oui et non, car si les volontaires occidentaux arrivent effectivement dans le Donbass en tant que ressortissants étrangers, en revanche (pour ceux qui ne sont pas venus y faire des safaris-selfies) une normalisation administrative est engagée pour ceux qui s'intégrent et s'inscrivent dans la durée : livret militaire, certificat de résidence et passeport national. Le volontaire devient alors un citoyen à part entière de la République où il vit et travaille.

e) qui n'est pas membre des forces armées d'une Partie au conflit ;
  • Les volontaires étrangers dans le Donbass sont intégrés et dispersés individuellement dans les unités régulières du Corps de la milice ou du Ministère de l'Intérieur des républiques de Donetsk et Lugansk. Il n'y a pas dans le Donbass indépendant des Sociétés Militaires Privées style "Blackwater" comme il en existe du côté de Kiev, où d'unités spécialisées dans l'accueil des volontaires étrangers comme les bataillons spéciaux autonomes ukrainiens, par exemple.

f) qui n'a pas été envoyée par un Etat autre qu'une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit Etat.
  • Non le volontariat dans le Donbass est une décision individuelle personnelle qui ne correspond aucunement à une politique étatique et pour parler de la Russie qui est accusée d'organiser ce "mercenariat" dans le Donbass, il suffirt de regarder pour s'en convaincre le nombre de faits de justice où les tribunaux russes renvoient en Ukraine des anciens miliciens en situation irrégulière (ce que je trouve scandaleux eu égard aux risques mortels qui les attendent dans les prisons ukrainiennes) . Et pour ne parler que des volontaires français étant venus dans le Donbass, parmi ceux qui sont repartis en France via la Russie après expiration de leur visa d'entrée initial, ils ont écopé après leurs interpellations d'une amende, d'une expulsion juridique, d'une interdiction de territoire de 5 ans et même pour certains d'une peine d'emprisonnement à Rostov de plusieurs mois. On ne peut pas vraiment pas parler ici de réseau du Kremlin en soutien aux défenseurs du Donbass ! (depuis une procédure a été organisée aux ministères des affaires étrangères de Donetsk et Lugansk pour demander sur place un visa de transit auprès des services consulaires de Rostov)

Donc, pour en revenir à Cécile Vaissié et aux délires russophobes et hystériques de la meute des pro-ukrops psychotiques à laquelle elle appartient, voilà encore un bel exemple de cette propagande occidentale qui en prenant ses auditeurs et lecteurs pour des cons prétend faire passer les mensonges de sa vision partiale et manichéenne, pour des vérités absolues et des arguments juridiques souverains.

Et le plus cocasse dans cette histoire c'est que, comme le rappelle Hélène Richard Favre qui est attaquée, c'est à Genève que se trouve une des résidences du milliardaire ukrainien Igor Kolomoisky qui en 2014 finança la création, l'équipement et l'entretien de bataillons spéciaux nationalistes autonomes attirant avec des salaires attractifs, des idéologies extrèmistes et des réseaux de recrutement dans plusieurs pays d'Europe, dont la France, des volontaires étrangers qui vont par la suite s'illustrer dans des crimes de guerre (que condamnent même les tribunaux de Kiev comme pour le bataillon Tornado par exemple), des menaces de coup d'Etat etc...

Pour le coup si cela n'est pas du mercenariat, alors c'est du terrorisme tout simplement !

Et merde!, j'avais oublié que depuis le Maïdan, Kiev appartient au royaume immaculé de cette bien pensance occidentale et droitdelhommiste pour laquelle égorger en Syrie ou bombarder dans le Donbass des civils désarmés ne peut en aucun cas être considérer comme un acte criminel et encore moins terroriste, les méchants aux yeux de l'opinion autoproclamée internationale, ce sont les volontaires qui défendent les familles bombardées de Donetsk et Lugansk tel que définis dans le script hollywoodien écrit par la ploutocratie mondialiste.

Mais "un jour viendra où les traitres paieront".

Erwan Castel

Voici 2 articles sur le sujet signés Hélène Richard Favre :

Source de l'article : Voix



En ce vendredi saint...

Hélène Richard Favre


En ce vendredi saint, qu’il est triste de lire ce qu’écrit Erwan Castel depuis le Donbass! Autant reste-t-on affecté par les flammes qui ont dévoré Notre-Dame, autant pleure-t-on depuis bien trop longtemps la guerre fratricide qui déchire l’Ukraine.

Lors des audiences qui se sont tenues au TGI de Paris, les 14 et 15 mars derniers et desquelles il a été rendu compte ici dans plusieurs sujets, l’avocat de la partie adverse m’a vue entretenir une relation avec un mercenaire (voir le deuxième article ci après). Et cela, du seul fait que j’avais targué son nom sous une de mes publications partagées sur Facebook.

Je ne connais personnellement ni ce « mercenaire » avec lequel j’entretiendrais une relation, pas davantage Erwan Castel que j’ai plusieurs fois cité ici. Je tiens, par contre et il est vrai, à partager ce dont ils rendent compte depuis le Donbass où ils se sont engagés comme volontaires.

Pourquoi?

Tout simplement pour apporter un autre point de vue sur cette guerre qui, jamais, n’aurait dû commencer tant elle est meurtrière pour les Ukrainiens comme pour les Russes qu’elle divise au coeur même des unions que les uns et les autres ont contractées de longue date.

Cependant, tout cela n’intéresse pas les fins stratèges qui ne voient, de responsable à cette tragédie, que « la Russie de Poutine ». Pour vous montrer en quoi elle le serait, je vous suggère de lire cet article d’Errant Castel et vous en aurez la confirmation.

Pendant ce temps-là, nous autres Genevois et Suisses, méditions aussi à qui nous accordons nos statuts de résidents fiscaux. Et interrogeons-nous tout autant sur qui est proche de qui, comment et avec quelles conséquences sur la vie d’autant de femmes, d’hommes et d’enfants, ce sera tout cela d’épargné pour de potentielles et prochaines victimes que compte déjà cette guerre!


Complicité des uns, complicités des autres

Hélène Richard Favre



Il est toujours intéressant de constater comment les agressions commises par les uns ne seraient pas semblables à celles commises par les autres.

Et de fait, comment la complicité des uns ne serait pas celles des autres.

Avant-hier, je me suis entendue signifier par la défense des prévenues dans le cadre du procès qui m’a opposée à Cécile Vaissié et à son éditrice, que je « fréquentais »  des « mercenaires ».

Oui, tout simplement parce qu’on a constaté que, sur Facebook, je « taguais » le nom d’un volontaire  dans le Donbass.

Je tague, donc je fréquente.

Il va de soi que celui qui ne s’est jamais caché financer le bataillon Azov, n’est pas un « mercenaire ». Mieux ou pire, à choix, il n’a pas été précisé par la partie adverse que lui, je ne le « fréquentais » pas. 

Et pourtant, il a été, l’est-il encore, on ne peut pas le savoir, il a en tous les cas été résident genevois au bénéfice d’un forfait fiscal.

La « femme au foyer » que Madame Vaissié me déclare être dans son « enquête fouillée » qui est « installée au bord du Lac Léman » comme elle l’a dit à la barre, n’aurait pourtant pas eu des centaines de kilomètres à parcourir pour le « fréquenter ».

Non seulement je ne me suis jamais rendue dans le Donbass mais je suis marraine d’une association caritative en faveur des enfants de cette région du sud-est de l’Ukraine.

Alors oui, pour la complicité d’actes de violence mais pas selon des sélections obligées."

Hélène Richard Favre


"Française par sa mère, Suissesse par son père, Hélène Richard-Favre vit à Genève. Licenciée ès lettres, elle a étudié les langues et littératures russe, allemande et française avant de se spécialiser en linguistique pour se consacrer à la recherche.
Tout en menant des travaux en épistémologie et en histoire de la linguistique, elle a enseigné le français à la faculté des Sciences politiques de l’université de Turin, puis au collège, à l’école d’Ingénieurs et au Service des classes d’accueil et de réinsertion de Genève.
Depuis 2004, Hélène Richard-Favre ne se consacre plus qu’à l’écriture et intervient sur différents sites et revues en ligne. Elle tient son propre blog sur le site de La Tribune de Genève : http://voix.blog.tdg.ch"


jeudi 18 avril 2019

Sur le front, encore des tués, et des américains


Au milieu des visages disparus ces derniers mois et qui remontent à la surface de l'information (voir par exemple les mises à jour des tués pour les mois de février et de mars), de nouveaux noms et visages nous parviennent chaque jour de ce front du Donbass qui, dans l'ombre des accords de paix signés à Minsk et du silence des médias occidentaux qui refusent d'admettre l'abjection criminelle des guerres que leurs payeurs initient, financent et cautionnent, a pris la forme d'une hémorragie quotidienne lente mais qui, sur le moyen terme risque d'être fatale aux Républiques du Donbass et à la Paix en Europe.

Après sa réorganisation administrative et les modifications d'organigramme qui ont suivi l'intégration de notre régiment au sein des forces Spéciales du Ministère de l'Intérieur, notre compagnie est sur le point d'être déployée sur de nouvelles positions que la situation actuelle commande de renforcer.

En effet, comme en février, une nouvelle rotation du régiment Azov s'est signalée par une recrudescence d'attaques menées contre nos positions avec de l'artillerie, des lances roquettes antichars mais aussi des tirs de snipers ukrainiens qui, en général sur les 400 kilomètres du front de Lugansk à Mariupol, se sont signalés par une augmentation sensible de leurs actions offensives.

Au total, au minimum une quinziane de défenseurs républicains ot été tués depuis le début du mois d'avril sur le front du Donbass.

Bombardement ukrainien d'une position défensive républicaine 
 sur le front de Donetsk, par mortier avec un drone d'observation 

Tir d'un sniper du régiment Azov sur un républicain à côté 
d'une casemate touchée par un lance roquette 3 "shmel" 
(thermobarique) - 1 tué 3 blessés graves selon la source

Par ailleurs des éléments de l'armée américaine dont je signalais il y a quelques jours ici l'arrivée d'une unité de la 101ème airborne chargée officiellement d'instruire des unités ukrainiennes dans l'Ouest de l'Ukraine viennent d'arriver dans le Donbass et sur le front d'Avdeevka, juste en face des positions tenues, entre autres bataillons républicains, par notre brigade Piatnashka.

Et pour ne pas me faire taxer d'affabulateur, voici quelques photos de le visite des mentors yankees sur le front du Donbass, vous savez cette zone de guerre où depuis 5 ans les chiens de garde occidenatux hurlent qu'il y a une invasion de l'armée russe !:


La 93ème Brigade mécanisée ukrainienne est une unité en charge d'un secteur important du front situé  au Nord Donetsk en direction de Gorlovka, et elle vient de recevoir un groupe de militaires étasuniens pour, selon le lieutenant-colonel Dmitry Bryzhinsky commandant la brigade, y être informés "des méthodes de guerre dans le Donbass" et recevoir l'expérience de l'armée ukrainienne dont les forces sont ici "sont actuellement à l'avant-garde, et résiste avec succès à un ennemi plus puissant et plus numérique depuis cinq ans." (encore un qui finit par prendre les mensonges de sa propagande pour le vérité !)



Et dans l'hypothèse très probable de la victoire de Zelensky aux présidentielles ukrainiennes qui s'achèvent ce week-end, la situation ne risque pas de changer à entendre les déclarations récentes de ce poulain de Kolomoisky le finaceur des bataillons néo-nazis. D'ailleurs le "Ze" a remis une couche de pommade sur les nationalistes excités et autres russophobes décérébrés  ainsi que leurs parrains occidentaux qui veulent continuer et même intensifier la guerre contre les russes du Donbass, de Crimée et même Moscou.

Ainsi dans une interview à RBC-Ukraine, Zelensky at-il déclaré : "Poutine est un ennemi", "Bandera est un héros et c'est cool" mais également concernant le Donbass : "les régions des régions de Donetsk et de Lougansk occupées aujourd'hui ne devraient pas bénéficier d'un statut spécial". En outre, il a déclaré qu'il ne signerait pas la loi d'amnistie pour les militants s'il devenait chef de l'Etat. 

La situation ne semble donc pas prêt de se débloquer et même risque t-elle de s'empirer au lendemain des élections ukrainiennes, d'où le projet de Moscou de permettre aux citoyens de Donetsk et Lugansk d'acquérir un passeport russe et d'officialiser ainsi l'identité de la région et la légitimité d'une éventuelle intervention de l'armée russe en cas d'escalade majeure du conflit.

En attendant les ukrainiens qui pointent leurs armes vers l'Est semblent bien heureux d'être les caniches de Washington, prouvant qu'ils ne connaissent pas plus la mentalité étasunienne, que l'Histoire de la Russie invincible

Erwan Castel

"nationalistes" ukrainiens....  :"no comment !"

mercredi 17 avril 2019

Dans l'ombre de Notre Dame !

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Depuis son cimetière bombardé lui aussi, le squelette de l'église du monastère d'Iversky, au Nord de Donetsk

Bien sûr l'émotion que nous vivons autour du terrible incendie qui a frappé Notre Dame de Paris est légitime et compréhensible, et moi-même j'ai partagé ici ma tristesse devant le martyr d'un des joyaux de l'art gothique européen.

Dès le lendemain du drame, une mobilisation exceptionnelle s'est manifestée spontanément en France mais aussi dans le Monde pour soutenir la restauration de ce patrimoine de l'humanité... et tant mieux pour Notre Dame et aussi cette empathie humaine universelle et cette solidarité que sa souffrance a réveillé...






Mercredi 17 avril 2019

Quelques jours avant l'incendie qui a ravagé notre Dame, j'avais accompagné un journaliste français sur le site du monastère orthodoxe d'Iversky dont le squelette calciné signale à l'horizon de ce quartier où je réside depuis 3 ans, la présence depuis 5 annnés aujourd'hui d'une guerre meurtrière aux portes de la cité. 

Ici, comme dans des dizaines d'autres églises et d'innombrables autres bâtiments et habitations du Donbass, le feu ne s'est d'abord pas élevé vers le ciel, implorant le pardon de morts et le secours des vivants, mais il en est d'abord tombé, craché par les canons et chasseurs bombardiers d'une armée ukrainienne enivrée par haine et la folie.

Bien sûr, je n'ai nullement l'intention de comparer l'incendie de Notre Dame avec les guerres qui détruisent depuis 5 ans des dizaines d'églises dans le Donbass, mais aussi en Syrie ou ailleurs, car évidemment nous ne sommes pas en face du même type de tragédie et contexte (même lorsqu'il s'agit d'attentat terroriste), ce serait insulter les victimes des guerres. 
Car en effet, entre Donetsk et Lugansk, pour prendre l'exemple du Donbass où je vis et me bats depuis plusieurs années, c'est sa population dans son immense majorité russe que le nouveau pouvoir de Kiev veut faire disparaître intentionnellement, dans sa réalité ethnique, culturelle, spirituelle, et même physique.


Et les lieux sacrés (églises, monastères, mosquée, cimétières, mémorials) qui flambent ne sont pas que des destructions civiles parmi d'autres comme en connaissent malheureusement toutes les guerres modernes mais ils sont, pour être très souvent intentionnellement visés, les martyrs de pierre rappelant aux hommes et aux dieux le caractère génocidaire de cette guerre. 

Et cette guerre est aujourd'hui (comme celle du Yemen par exemple) aussi abjecte que le silence médiatique qui l'entoure est obscène et donne l'impression que les quasi 20 000 tués de ce conflit sont massacrés une deuxième fois par l'indifférence de cette opinion internationale qui sait pourtant si bien se mobiliser en d'autres occasion.

Depuis 2014 les églises et monastères du Donbass sont visés délibérément 
par l'artillerie et l'aviation ukrainienne comme ici le bombardement
du monastère d'Iversky dans le Nord de Donetsk en octobre 2014

Et jusqu'en 2019 Kiev continue à vouloir détruire l'église othodoxe russe
comme ici Lyubotin, dans l'Ouest de l'Ukraine où une nouvelle église 
a été incendiée ce 15 avril par les nationalistes ukrainiens.

Voilà pourquoi, au lendemain de la tragédie de Notre Dame, je m'interroge sur les racines de l'empathie humaine et la liberté de conscience des individus, qui semblent aujourd'hui toujours soumises au mainstream médiatique officiel, malgré le nouveau panorama ouvert par les réseaux et médias alternatifs et indépendants auxquels presque tout le monde aujourd'hui est connecté.

Et ici je ne parle pas ici d'aides financières qui par définition sont contraintes et limitées, mais bien de cette prise de conscience et de cette capacité d'indignation qui peut et doit l'accompagner jusqu'à une dynamique populaire et politique, pour que la compassion individuelle devienne à nouveau, comme par le passé, cette arme collective faisant reculer les tyrannies et les injustices.

5 années de guerre dans le Donbass, et chaque jour et chaque nuit, des bombardements, des combats, du sang et des larmes, c'est déjà un martyr dont l'intensité physique et psychologique est telle qu'il est difficile même de décrire la souffrance et le courage de ce peuple dans toute leur plénitude.
Mais 5 années d'une guerre meurtrière subie dans l'indifférence générale d'une "opinion internationale" dont la majorité des européens eux-mêmes ne savent pas situer sur une carte où se situent les champs de ruines du Donbass, c'est tout simplement insupportable !

L'église orthodoxe de Krasny Partisan, entre Donetsk et Gorlovka 
plusieurs fois bombardée par les forces ukrainiennes brûe en 2015

Il parait que la compassion qui est par définition sans limite et sans frontières, est commune à l'espèce humaine (et même chez de nombreux animaux), et je veux bien le croire pour l'avoir observé sur les 4 continents où j'ai trainé mon sac à dos, mais son expression dont la nature est sans conteste universelle sans ne peut s'épanouir pleinement que dans le cadre d'une réelle liberté de conscience individuelle. 

Or, aujourd'hui l'humanité est devenu l'esclave des doxas politico-médiatiques et en particulier celle de la propagande occidentale qui dans une aliénation à sa marchandise veut diriger ses esclaves jusque dans leurs sentiments les plus intimes même lorsque leurs objets méritent naturellement attention et secours. 
Et lorsque cette ploutocratie mondialiste cherche à contrôler les dynamiques émotionnelles à travers des orchestrations et mises en scène du type "Je suis Charlie", elle le fait pour 2 raisons majeures:
  • Pouvoir capitaliser l'événement à son profit, c'est la stratégie de choc décrite par Naomie Klein et qui va même jusqu'à pousser parfois le pouvoir a provoquer les événements pour consolider sa popularité ou légitimer ses actions futures.
  • Pouvoir, grâce au contrôle des médias, sélectionner l'objet de l'attention de l'opinion et donc de la soumettre par une saturation médiatique aux censures et apologies de sa propagande et d'occulter ainsi ce qui ne sert pas sa vision manichéenne.
Aussi j'aimerais voir enfin cette conscience compassionnelle humaine vivre enfin sa vraie liberté plustôt que de suivre comme un papillon les lumières des projecteurs d'une pensée unique qui parfois ne braque avec intensité ses projecteurs sur un événement ou un sujet particulier que pour mieux en garder d'autres, et avec eux le sens critique des individus, dans l'ombre de sa propagande.

Car cela rendrait service à l'Humanité, à tous les peuples en guerre, au Donbass et même à Notre Dame...

Erwan Castel 


Devant le monastère détruit d'Iversky en septembre 2016

mardi 16 avril 2019

Un drame effroyable !



Ce matin, plus d'une vingtaine de camarades du bataillon sont venus me saluer, m'exprimant leur tristesse d'avoir appris par les médias l'incendie ravageant Notre Dame de Paris et les amis de Donetsk m'on transmis également par messages leur émotion partagée. Ces témoignages fraternels illustrent autant la notoriété internationale de ce monument symbolique que le sentiment francophile du peuple russe qui ne cesse de me surprendre dans sa connaissance de l'Histoire de France, ce pays d'Europe qui appartient à une destinée civilisationnelle commune. Malheureusement, la réciprocité n'existe pas, bien au contraire !


Depuis hier soir je suis sous le choc devant l'agonie de Notre Dame de Paris. !

Ce vaisseau de pierre vivant qui a traversé quasiment 1000 années d'Histoire (et bien plus si on consière le site sacré celtique des Nautes sur lequel il naviguait) semblait immortel tant il avait survécu à tant de tempêtes de l'Histoire, ses guerres, révolutions, incendies etc.

Ce soir, ce n'est seulement un temple chrétien, un monument  historique et un symbole de l'identité fraçaise qui brûle, c'est cet objet unique,digne de cette appelation de "patrimoine de l'Humanité", et qui savait faire naître dans les coeurs même les plus impies, ce vertige émotionnel indescriptible créé en des temps immémoriaux par des milliers de tailleurs de pierre, maitres charpentiers et maitres verriers du Moyen âge. Ces mains inconnues, en formatant la pierre, le bois et le verre avaient su donner chair au sacré symbolique de l'univers, et nous offrir bien au delà de la fonction religieuse du lieu, un symbole majeur des regards interrogateurs que nous portons au delà de notre ciel et de nos vies sur notre errance dans le cosmos...

Du sanctuaire celtique des Nautes à l'héroïne romanesque Esmeralda, en passant par le sanctuaire chrétien millénaire, Notre Dame est beaucoup plus qu'un livre de pierre ouvert sur l'Histoire de France, elle est le miroir de l'âme identitaire d'un peuple mais aussi d'une civilisation européenne. c'est vers elle qu'en 1314 Jacques de Molay tourne son dernier regard le jour de son martyr, et c'est vers elle que converge la joie de la population lors de la libération de Paris en 1945.

Ce drame historique effroyable est égalemnt effrayant, car il n'est pas seulemnt un symbole de l'effondrement de notre présent mais il est aussi, je le crains, le signe des temps à venir...

Erwan Castel




lundi 15 avril 2019

5 années entre destin et destinée

"Notre choix - Russie !"

Au moment où sonnent les 5 années de la guerre et de la création, sous des orages d'acier des républiques de Donetsk et Lugansk, dans la ville de Donetsk une immense banderole rappelle le choix et le cap maintenu contre vents et marées par ce peuple russe coincé entre le marteau occidental et l'enclume russe. 

5 années, c'est le temps qu'il faut à un enfant pour naître, grandir, marcher, parler et commencer à forger sa personnalité dans le creuset de son environnement, de son héritage, de ses expériencee, de ses larmes et des ses rires. 

5 années pour des républiques naissantes, ce n'est rien mais c'est aussi un temps déterminant et très long, surtout lorsqu'elles sont assiégées par une armée en furie qui ne cesse de bombarder leur population depuis près de 2000 jours et 2000 nuits. Il y a 3 jours, 2 soldats républicains ont encore été tués sous les bombardements ukrainiens et ce matin c'est une fillette de 12 ans qui a été sérieusement blessé par un obus de mortier lors du bombardement par Kiev de son village de Zoloto 5, près de la ville de Lugansk.

A la veille des cérémonies traditionnelles de mai, les personnes regardent le chemin parcouru par la rébellion et bien qu'il n'ait pas atteint tous ses objectifs, comme la libération des territoires occupées, la paix avec Kiev et au minimum la reconnaissance des républiques par Moscou, personne aujourd'hui ne regrette, malgré les larmes et le sang, le choix exprimé au printemps 2014 d'en finir avec cette folie russophobe qui s'est emparée de l'Ukraine depuis le coup d'Etat du Maïdan.

Ce peuple du Donbass depuis 5 années est à la fois libre et captif, heureux et déçu, car s'il a pu au prix d'immenses souffrances qui continuent, prendre en main sa destinée, il subit aussi malgré lui le destin de son territoire que les vents injustes de l'Histoire ont placé entre les feux de nouvelles tensions Est-Ouest, et que tout ceux qui sont venus ne serait-ce qu'une demi-journée sur le front militaire et même du Donbass ne peuvent pas être appelées "guerre froide 2.0" mais plutôt "paix chaude" et même bouillante !

Une femme du Donbass sur le seuil de sa maison bombardée par l'artillerie ukrainienne
Depuis plus de quatre ans je suis dans le Donbass au milieu des ruines, celles du front ou celles du quartier d'Oktyabrsky où j'ai décidé de vivre loin des alcôves ministérielles, des vitrines scintillantes et des rédactions propagandistes qui pérorent à longueur de temps que tout va bien, qu'on est les meilleurs, les invincibles et que demain... ou après demain les habitants de Donetsk et Lugansk seront des citoyens russes à part entière comme l'étaient leurs aïeux au début du siècle dernier.

Hélas, entre destin et destinée il y a une montagne difficilement franchissable quand ce n'est pas un gouffre abyssal, et si pour la Crimée, "l'affaire a été pliée" en 3 semaines et sans un coup de feu, pour le Donbass en revanche le retour vers la mère patrie est entravé par des menaces de plus en plus vives qui pèsent sur Moscou et qui l'empèche, pour le moment souhaitons le, d'exaucer la volonté irrédentiste et légitime de cette terre russe de sang, de culture, d'Histoire et de coeur.

En réalité, le chemin parcouru pendant ces 5 années d'aventure républicaine reste exceptionnel et héroïque, car ce sont aussi 5 années de bombardements et 5 années de solitude où les joies de la liberté gagnée sont assombries par les peines d'une guerre sans fin, et où les espérances alternent avec les déceptions. 
Et pourtant, cette population n'a jamais cédé pour autant au désespoir et opppose aux désirs criminels qui rôdent aux portes de ses cités une volonté farouche de vivre, portée par une capacité de résilience qu'il est difficile de décrire ici sans être taxé de menteur par celui qui ne connaît pas cette mentalité russe ou n'est jamais venu ici.

Et preuve en est ce contraste impressionnant existant entre le front, cette zone linéaire de 400km et complétement ravagée par des combats et bombardements incessants, et les centres villes où la vie continue "normalement"; contraste qui est d'autant plus surréaliste que les restaurants et les théâtres bondés ne sont souvent qu'à vingt minutes à peine des casemates et des maisons bombardées.

Ainsi par exemple ces deux "faits divers" pris cette semaine dans la chronologie du Donbass (et pour regarder la réalité inimaginable de cette vie dans la guerre, voir le lien suivant sur FB par exemple: "Novorossiya News")

L'OSCE constate les dégaits provoqués par un bombardement ukrainien du village de Zoloto 5 sur le front de Lugansk
...et pendant ce temps là , à  portée des canons ukrainiens, un spectacle est donné par l'université de danse de Gorlovka
Voilà selon moi le miracle du Donbass où, malgré la guerre et ses innombrables victimes et destructions, l'effondrement de la production économique, le blocus avec l'Ukraine (économique mais aussi administratif, social etc), le déchirement des familles et des amis, la dépression financière professionnelle, universitaire etc..., les femmes et les hommes du Donbass ont continué a rester debout dans les vents de l'Histoire et à maintenir dans la tempête de l'Histoire le cap de leurs espérances.

Il ne faut pas croire pour autant que le peuple du Donbass est naïf ou fanatique, bien au contraire, et je suis même surpris par la clairvoyance de son analyse, la justesse de ses mécontentements ou de ses craintes, mais qui n'ont d'égal que sa fidélité au projet commun et sa discipline morale volontaire qu'il met au service d'une foule de devoirs quotidiens, collectifs et individuels où fusionnent harmonieusement la solidarité et l'obéissance citoyenne. 
Ainsi voit-on par exemple et jusqu'à quelques centaines de mêtres du front, les services de l'Etat fonctionner mais aussi les us et coutumes perdurer jusqu'au au milieu des ruines, comme l'entretien collectif par la population des abords et espaces publics ...


Aussi, il faut comprendre que cette banderole "Notre Choix - Russie !" qui avec d'autres et nombreuses affiches qui fleurissent dans Donetsk pendant ces prépartatifs des cérémonies de mai (victoire de 1945 et référendum de 2014) est un message de la population qui est autant adressée à Kiev où l'avenir du Donbass est au coeur du débat électoral en cours, qu'à Moscou où le Kremlin tente de trouver un compromis entre une real politik internationale qui veut éviterla guerre et le devoir patriotique de protéger ce peuple russe du Donbass qui en subit un des prémices, et des plus abjectes.

Certes le Kremlin ne joue pas sur la ligne de front du Donbass, ni militairement ni même politiquement, tout juste intervient-il à Minsk à la table non moins difficile des négociations diplomatiques. 

Et ces accords de l'impossible sont enlisées depuis 5 ans justement parce que les enjeux et le menaces qui prennent leur envol depuis le champ de bataille du Donbass vont beaucoup plus loin que son horizon ceinturé de terrils. Au moins les princes d'en haut y gagnent encore du temps avant la guerre, mais à quel prix pour le peuple des terrils.

Mais peu importe, malgré les morts, les mutilés les blessés, les torturés et des prisonniers, malgré les déplacés et les réfugiés... ce peuple du Donbass fait savoir chaque jour à Moscou qu'il est son enfant, que sa voix et la voie qu'il s'est choisi en 2014 n'ont pas changé et que son amour pour la Russie reste toujours l'essence de son existence, que ce soit avec Zakharchenko, Pushilin ou un autre, car ce "choix de la Russie" qui est celui d'une destinée héroïque et légitime, en réaction à la folie occidentale du Maïdan n'est pas une réaction politique mais bien l'expression d'un "sens commun", cet "inconscient collectif" décrit par Le bon, Jung ou Orwell entre autres et qui forme les racines profondes des peuples. C'est un choix identitaire naturel, historique et culturel et son expression est populaire. 

Et 5 ans de solitude, de larmes et de sang sont plus que ce qu'un peuple ordinaire peut supporter, et les Républiques de Donetsk et Lugansk, en renouvelant leur confiance et leur projet d'avenir avec la Russie rappellent à Kiev, malgré les coups reçus, que le divorce est définitivement consommé et à Moscou, malgré les déceptions vécues, que par la terre fraîche réouverte quotidiennement dans leurs cimetières

Plus que jamais les républiques du Donbass ont démontré qu'elles méritent de la Russie, leur vraie Patrie, tant par le sang recu que par le sang versé jusqu'à aujourd'hui.

Erwan Castel

Un père et son fils, tués au combat en 2014, à 4 jours d'intervalles, 
en défendant cette terre du Donbass dans laquelle ils reposent désormais côte à côte.