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mercredi 29 juillet 2020

La mémoire de la glèbe

Artisan potier de Donetsk - photo Svetlana Kissileva

La mémoire de la glèbe


Sous une frondaison percée par une estivale lumière
Annonçant les feux païens de la Kupala solsticiale,
Là, au milieu des rires, des chants et des danses,
Un homme est assis, immobile comme la pierre.  
Noblement penché au dessus de son savoir ancestral
Il attire les passants qui  sitôt succombent à son silence.

Et du coeur de ses mains aguerries jointes en prière
Comme par magie, naît et se forme une vie minérale 
Sur les berges d'une Kalmius aux douces fragrances.
Potier incarne cette Tradition des peuples de la Terre,
Fusion créatrices des règnes animal, végétal & minéral,
Et l'argile entre ses doigts noueux prend forme et s'élance.

Alors, pour celui qui sait dans le coquillage écouter la mer
Il entendra du vase éclos une glèbe aux souvenirs de métal
Lui narrer les histoires qu'elle a porté, guerres ou romances
 qui sans cesse ont martelé ou caressé cette steppe millénaire.
Et la céramique  du feu confiera alors à la lueur des étoiles 
L'écho de ces cavalcades l'abreuvant du sang des lances.

Car d'aussi loin que les potiers sont, le Donbass est en guerre:
Des rêves de Iaroslav le Sage, aux hordes mécanisées du mal
Le sang des cavalcades a nourri la terre et écrit ses stances.
Scythes, varègues, et russes, de la Rus de Kiev les pères,
Horde d'or mongole, tatars ottomans ou cosaques à cheval,
Sur cette terre pontique, les combats donnent la cadence...

Mais la terre du potier peut aussi vous conter ces houillères
Creusées à force pioche et pic dans les profondeurs infernales
Et leurs gueules noires bâtissant au soleil des cités de romances.
Depuis cet âge les mines sèment sur la steppe des collines fières,
Et les forgerons d'art offrent à Donetsk sa réputation mondiale,
Tandis que dans les champs de blés les outils paysans dansent.

Hélas, le temps des combats est revenu sur cette noire terre, 
Rouverte par l'acier, les tranchées guerrières et sépulcrales, 
Et dans la glèbe blessée, revient cette éternelle souffrance.
Sur cette steppe, l'Histoire vit à nouveau une éruption sévère
Qui plonge les coeurs et les corps dans des peines abyssales,
Exigeant encore et toujours du peuple, courage et résilience.

C'est cela que je lis dans les veines et reflets de cette matière
Que tant de sang, de sueur et de larmes versés ont fait sacrale.
Et les doigts sculptés du potier, avec l'argile en connivence 
Ne créent pas seulement un objet des entrailles de la Terre,
Ils rappellent par le savoir faire, la longue mémoire alluviale
De nos origines glébeuses jusqu'à nos plus folles espérances...

Alawata


Le 6 juillet dernier se déroulait sur les berges de la rivière Kalmius au coeur de Donetsk la nuit de la Kupala, cette fête solsticiale païenne du calendrier Julien, précédée dans l'après midi d'ateliers de danses et d'un marché artisanal C'est à cette occasion que j'ai rencontré ce potier de Donetsk, dont les créations aux couleurs naturelles ne sont pas sans me rappeler celles des amérindiens wayanas de Guyane. 

Quand les peuples de la Tradition se rejoignent dans leurs rapports aux terres charnelles...

Erwan Castel

Contrairement à un Occident gangrené depuis toujours par les communautarismes 
ethniques ou religieux, en Russie, les croyances, et communautés cohabitent 
dans la transmission des traditions partagés et convergent leurs regards 
vers un avenir aux espérances communes. 

lundi 13 juillet 2020

Le coeur qui bat...


Au milieu de l'effondrement global d'un paradigme occidental fondé sur une pensée unique protéiforme et articulée autour d'une fusion hors sol de la puissance de l'argent et du pouvoir politique, les guerres lancées à travers le Monde par l'impérialisme étasunien ressemblent aux derniers spasmes d'un Nouvel Ordre Mondial moribond tentant par le chaos de survivre à sa propre folie.

Tandis que les populations occidentales sombrent dans des aliénations consuméristes ou des communautarismes crispés tout aussi suicidaires que stupides, aux confins de l'Occident et de l'Eurasie, le peuple du Donbass en refusant ce chaos organisé, mène depuis 6 ans une rébellion armée contre la ploutocratie mondialiste.

Et depuis 6 ans, les martèlements d'une artillerie ukrainienne servant un mondialisme esclavagiste de la marchandise tentent d'étouffer les battements de coeur d'un peuple européen qui défend sa liberté dans une idée d'empire forgeant une destinée commune dans une diversité d'identités solidaires.

Lorsque j'ai ouvert ce blog de "soutien à le rébellion du Donbass" je l'avais sous-titré de cette intuition d'un "jour où le coeur de l'Europe s'est remis à battre" et, 6 ans plus tard, ce rêve de Liberté est toujours là et bien vivant dans l'existence et la résistance réelles des jeunes Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. 

Et ce conflit du Donbass n'est pas à observer à travers le seul prisme d'une guerre civile ukraino-ukrainienne aux menaces et enjeux internationaux mais bien comme une rébellion contre la dictature de la marchandise et qui offre à tous les peuples qui lui sont asservis l'espérance qu'un nouveau printemps européen peut et doit surgir au bout de la nuit occidentale qui vient de commencer.

Il est vain, stupide et même suicidaire que les seuls dissidents que l'on entend gueuler au milieu des troupeaux que le mondialisme de la marchandise mène à l'abattoir se réfèrent à des idéaux abscons et des communautarismes fantasmés qui non seulement sont coresponsables de l'effondrement actuel de leur civilisation mais même accélèrent, par les clivages qu'ils organisent sous l'influence d'un conditionnement émotionnel instrumentalisé par le média-système lui-même, la mise en esclavage finale des populations européennes.

Dans le Donbass, des populations et des volontaires internationaux aux communautés diverses se sont unis dans une résistance armée contre cette hégémonie militaro-industrielle qui se cache (de moins en moins) dans le cheval de Troie d'une marchandise mondialiste et aliénante qui n'est qu'imposture consumériste.

Et leur histoire, toujours en mouvement depuis 6 ans de guerre, devrait servir de référence aux autres populations désireuses de reconquérir leurs libertés anciennes et de se réinventer dans un paradigme nouveau...

Erwan Castel

12 juillet 2020, front de Stakhanov en république de Lugansk
pilonnage de l'artillerie lourde ukrainienne dès l'aube 

Don bass,    Don bass,    Don bass...

Aux lueurs de l'aube, l'hirondelles salue l'étoile 
mordorant les champs brûlés d'une steppe pontique,
où se cachent, contre un antique tumulus royal,
les dernières ombres d'une nuit toujours mythique.

Quand soudain tonne à l'entour un choc surnaturel.
Puis, dans le temps, l'espace et les sens alertés, 
un sifflement déchire le silence et le ciel
mourant dans un nouveau fracas qu'Il annonçait.

Jusque dans la nuit, ces battements vont continuer.
Depuis plus de 2000 jours d'une infernale stance,
la haine frappe le Donbass au coeur de sa Liberté
mais sans tuer les battements de son espérance.

Car ici un peuple est entré en rébellion
payant sans compter le prix de sa Liberté,
de son identité russe et de ses traditions.
et, par son sang et ses larmes de réveiller...

...le coeur en dormition de l'Europe des peuples !

Alawata


Pardonnez l'imperfection et la maladresse de ces vers, 
mais c'est la première fois que je tente le poème...

...juste par amour de l'Inconnu.