dimanche 30 avril 2017

Le Donbass apprend à vivre sans Kiev

Un regard occidental hors de la doxa propagandiste

Voici un article du Monde Diplomatique sur le Donbass qui est intéressant est relativement honnête même si la conclusion historique laisse transparaître un positionnement opposé ou au moins sceptique de l'auteur quant au devenir des Républiques de Donetsk et Lugansk.

Personnellement je trouve dommage que Loïc Ramirez fasse le déplacement jusqu'à Donetsk pour se cantonner seulement à un centre ville quasi épargné par la guerre et dont la vie est organisée pour l'oublier, et qu'il n'ait pas entraîné son guide Miquel Puertas qui connait bien le Donbass, à venir rencontrer la population des quartiers de la ligne de front de Petrovsky, Staromikhailovka, Spartak ou Oktyabrsky par exemple où j'habite.

Cela lui aurait donné une vision complète de la situation de la ville de Donetsk où désormais 2 mondes se côtoient à 15 minutes l'un de l'autre : d'un côté une ligne de front aux maisons bombardées et aux chiens abandonnés errants au milieu de vielles personnes fouillant dans les poubelles et de l'autre côté un centre ville rutilant qu'il décrit si bien dans son article...

J'ai moi-même accompagné ce mois-ci un photographe français à Donetsk, sur des zones militaires et civiles, urbaines et péri-urbaines à la rencontre des civils vivants dans des caves ou s'amusant dans des bars, des quartiers silencieux et calcinés ou des avenues bruyantes et illuminées, tout cela dans la même ville de Donetsk, extraordinaire jusqu'au surréalisme...

Car il y a bien aujourd'hui 2 lignes dans Donetsk : la ligne de front et la limite du centre-ville, l'une est une barrière militaire, l'autre économique...Mais il est important et remarquable de noter que cette fracture sociétale n'a pas entamé la cohésion sociale de la population de Donetsk soudée dans la guerre qui continue a frapper aux portes de sa cité. Malgré les disparités économiques impressionnantes existantes entre la périphérie et le centre (un café par exemple est entre 7 et 10 fois plus cher dans le centre ville qu'à Oktyabrsky), le Donbass reste uni dans la résistance et la défense de ses libertés.

Cela dit, et reconnaissant que "la critique est facile quand l'art est difficile" je lui reconnais un témoignage intéressant et honnête à travers lequel on peut apprécier la patte originale de Miquel Puertas, un volontaire espagnol venu s'installer à Donetsk et qui l'a accompagné dans les rues de la ville.

Merci donc à Loïc Ramirez et Miquel Puertas de lever un pan du voile que les propagandistes occidentaux ont jeté sur Donetsk.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article : Le Monde diplomatique de mai 2017



Cette région séparatiste que ne reconnaissent ni l’Ukraine ni la Russie

Photographies prises par Loïc Ramirez dans la ville de Donetsk en février-mars 2017. 
«Ils ont tiré sur l’immeuble dans la nuit du 3 au 4 février, nous avons rouvert le magasin le 20, cette semaine. » Emmitouflée dans sa belle écharpe et son manteau, la vendeuse nous montre les dégâts provoqués par l’armée ukrainienne, avant de s’en aller accueillir les clients. Sa boutique a été privée de fenêtres à cause du souffle des explosions. Comme toute la périphérie de la ville de Donetsk, le quartier Kievski porte les stigmates du conflit qui oppose le gouvernement de Kiev aux milices séparatistes du Donbass officieusement soutenues par Moscou. Bâtiments éventrés et façades balafrées par les éclats d’obus rappellent l’intensité d’une guerre qui a coûté la vie à près de dix mille personnes depuis avril 2014. « Jusqu’au dernier moment, je ne pensais pas que notre propre armée serait capable de nous tirer dessus ! », s’exclame Sacha, un habitant de Donetsk, tout en se frayant un chemin au milieu des cratères qui trouent les rues du quartier. Alors que les deux camps comptent leurs morts, les perspectives d’une réintégration des « Républiques populaires » autoproclamées de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR) dans le giron de Kiev s’éloignent. Et avec elles l’objectif ultime des accords de paix de Minsk, signés en février 2015, entre la Russie, l’Ukraine et ses deux soutiens occidentaux, la France et l’Allemagne. D’autant que, dans les territoires séparatistes, la vie reprend son cours, sous perfusion de Moscou et loin de la capitale.

Entérinée par référendum le 11 mai 2014, la DNR n’est reconnue par aucun pays membre de l’Organisation des Nations unies (ONU), pas même la Russie. La « République », comme on l’appelle ici, prend pourtant chaque jour davantage de consistance. Sur le fronton des édifices publics, le drapeau bleu et jaune ukrainien a cédé la place à celui de la DNR : un fond noir, bleu et rouge sur lequel trône l’aigle à deux têtes qu’arborent aussi les armoiries russes. « Avant la guerre il y avait 800 élèves, contre 665 aujourd’hui », explique M. Andreï Oudovienko, directeur de l’école 61 dans le quartier de Kievski. Dans le hall d’entrée sont exposées les photographies de vétérans et « héros » morts durant la « grande guerre patriotique » contre l’Allemagne nazie (1941-1945), aux côtés de quelques visages jeunes de miliciens tués durant le récent conflit. « Tous d’anciens élèves de cette école, précise le directeur. Au plus fort des combats, entre 2014 et 2015, les jeunes ont suivi des cours par correspondance pendant six mois. L’école avait été touchée par des bombardements. Ce sont donc les parents et nous autres les professeurs qui avons bénévolement participé à la reconstruction », explique encore M. Oudovienko, avec un doux sourire qui contraste avec son imposante carrure. « Les professeurs recevaient une simple aide de la DNR, 3 000 hryvnias de septembre 2014 à avril 2015 [entre 130 et 180 euros selon le cours, qui a fortement fluctué durant cette période], contre 4 000 hryvnias avant la guerre [350 euros au cours en vigueur au 1er janvier 2014]. Aujourd’hui, la DNR nous verse un vrai salaire, entre 10 000 et 12 000 roubles par mois [entre 170 et 200 euros]. »

Dans le centre-ville de Donetsk, les amoureux flânent main dans la main, les enfants circulent dans les parcs au guidon de leur tricycle en plastique. Sur quelques murs, des inscriptions rudimentaires où l’on lit « abri » suivi d’une flèche troublent l’apparente atmosphère de paix. Soudain, une détonation, puis une autre. Le claquement des coups de feu rappelle que le front n’est qu’à une poignée de kilomètres. Depuis le début de l’année, on enregistre une recrudescence des affrontements sur fond de blocus commercial entre Kiev et les régions séparatistes (lire « Punir ou séduire, le dilemme ukrainien »). Cet hiver, les tensions se sont concentrées autour de la station de filtration d’eau de Iassinovataïa, dans la banlieue de Donetsk, reprise par l’armée ukrainienne le 27 février. L’installation alimente des quartiers situés de part et d’autre de la ligne de contact.

La nuit tombée, les rues se vident. Le couvre-feu interdit la circulation aux civils de 23 heures à 6 heures, laissant les échos des déflagrations seuls maîtres de la ville. Le matin, le trafic des voitures et des autobus ranime les avenues, ne laissant rien paraître des combats de la veille. À l’heure du déjeuner, les cafétérias se remplissent de jeunes étudiants, garçons et filles. Le nez collé à l’écran de leur téléphone, ils profitent d’une pause avant de retourner en cours.

Une ascension sociale permise par la fuite des cadres

« Pendant la guerre, 30 % des étudiants et des professeurs ont quitté l’établissement. Les étudiants sont revenus, mais ce n’est pas le cas de tous les professeurs », se souvient Mme Larissa Kastrovet tout en nous offrant une tasse de thé. Rectrice de l’académie de gestion et d’administration, où elle nous accueille aujourd’hui, Mme Kastrovet s’est vu propulser à ce poste en novembre 2014 en raison du départ de son prédécesseur. Pourquoi d’autres choisissent-ils de rester ? À cette question, deux étudiantes interpellées dans leur salle de cours lâchent comme une évidence : « Parce que c’est chez nous ici. »

La fuite de nombreux cadres a laissé un vide qui a eu pour résultat l’arrivée soudaine de novices à des postes-clés dans l’administration. Ce phénomène d’ascension sociale rapide a profité à plusieurs personnes, parmi lesquelles le président de la DNR lui-même, M. Alexandre Zakhartchenko, électricien de métier. Ancienne institutrice, Mme Maïa Peragova écrivait des articles dans la presse « pour [son] plaisir », avant que l’« opération antiterroriste » contre les insurgés prorusses, déclenchée en mai 2014 par le gouvernement issu de la « révolution de la dignité », bouleverse son existence. Désormais directrice d’un département du ministère de l’information, elle résume bien la reprise en main improvisée des institutions durant les deux premières années du conflit, notamment dans le secteur des médias : « Quand la direction de la chaîne de télévision locale K61 [désormais Premier canal républicain] s’est enfuie, les opérateurs ont récupéré le matériel. Même cas de figure dans les journaux : les rédacteurs en chef sont partis, laissant les journalistes reprendre les publications, sans aucune rémunération. Au début, ils distribuaient même les journaux eux-mêmes aux habitants, car la poste avait cessé de fonctionner. »

Selon le ministère de la politique sociale ukrainien, 1,6 million de résidents de Crimée ou du Donbass ont fui les combats. Difficile d’estimer la population restée dans les républiques autoproclamées. Celles-ci couvrent les zones les plus urbanisées d’une région où vivaient 6,5 millions d’habitants avant la guerre et qui, selon les Nations unies, compterait actuellement 2,3 millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire.


Pour faire face aux difficultés, nombreux sont ceux qui ont appris à vivre un pied de chaque côté de la ligne de front. Après avoir coupé en novembre 2014 le versement des pensions de retraite aux résidents de Crimée et des territoires non contrôlés par Kiev, le gouvernement ukrainien a instauré une procédure spéciale pour les personnes déplacées (1). « Certains retraités avaient alors pris l’initiative de s’enregistrer chez un parent resté vivre du côté ukrainien et touchaient deux pensions, l’ukrainienne et celle de la DNR. Cette pratique se fait de plus en plus rare, car les autorités ukrainiennes ont renforcé les contrôles. Il faut désormais une présence physique tous les trois mois au guichet pour retirer sa pension », explique M. Andreï k., un jeune salarié d’une entreprise de construction. En tout, de 800 000 à 1 million de personnes, officiellement déplacées, traversent régulièrement l’un des cinq points de passage, toujours bondés, soit un flux quotidien de 20 000 à 25 000 personnes. Fin mars, ce chiffre est passé à près de 42 000 en raison d’une campagne de vérification du lieu de résidence des retraités et des bénéficiaires des aides sociales.

« Je suis l’un des rares étrangers à en posséder une ! », s’exclame, hilare, M. Miquel Puertas, de nationalité espagnole, en exhibant une des 500 000 nouvelles cartes bancaires estampillées « Banque centrale républicaine » mises en circulation et utilisables uniquement sur le territoire de la DNR. Blogueur hostile à la « révolution de la dignité » qui a conduit au renversement du président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch en février 2014, M. Puertas a quitté la Lituanie pour rejoindre Donetsk à l’été 2016. Enseignant, il exerce désormais son métier à l’Université nationale technique de Donetsk. « Avant, on me payait en liquide. Je vais maintenant pouvoir directement retirer en roubles ou même me payer une bière au bar en utilisant la carte ! »

Dès le mois de mai 2014, face à l’instabilité de la situation, les banques ukrainiennes implantées à Donetsk ont commencé à fermer leurs agences, avant de cesser définitivement de fonctionner dans toute la région séparatiste. Les habitants ne disposant pas d’un laissez-passer pour le territoire ukrainien devaient se rendre dans des « banques clandestines » improvisées qui ponctionnaient 10 % sur la transaction (2). « Pour obtenir du liquide, il fallait passer par des agents privés : contre un transfert d’argent par Internet, ils te fournissaient la somme en liquide après avoir pris leur commission et retiré l’argent en territoire ukrainien », se rappelle M. Andreï k.

En réponse, la DNR a fondé la Banque centrale républicaine (BCR) le 7 octobre 2014. Y transitent notamment les charges d’immeubles ainsi que les pensions de retraite, délivrées en roubles. Au printemps 2015, près de 90 % des transactions économiques s’effectuaient dans la monnaie russe. En mai 2015, la BCR, comme son homologue de Lougansk, a ouvert un compte international dans une banque d’Ossétie du Sud, une république sécessionniste de Géorgie reconnue depuis 2008 par Moscou, qui fait probablement transiter son aide financière par ce canal.

Si le Kremlin ne reconnaît aucune des deux républiques séparatistes, le président russe Vladimir Poutine a fait un pas supplémentaire vers la normalisation de ces territoires en signant, le 18 février dernier, un décret qui officialise la reconnaissance « temporaire » des passeports, plaques d’immatriculation, certificats de naissance ou de mariage et autres documents émis par les autorités, tant que les accords de Minsk ne seront pas appliqués.
La russification du territoire se loge dans les détails

De la monnaie au fuseau horaire, désormais aligné sur celui de Moscou, la russification de ce territoire se loge dans les détails de la vie quotidienne. Y compris à l’école, où la langue russe domine plus que jamais. « Dès la rentrée de septembre 2014, le gouvernement de Kiev a refusé de nous envoyer les nouveaux manuels scolaires. Nous avons donc travaillé avec des manuels russes, raconte M. Oudovienko. Nous avons augmenté les heures de langue russe et, désormais, l’examen final d’études secondaires comprend une épreuve de russe obligatoire, et non plus d’ukrainien. Nous avons accru la part d’auteurs russes dans les études littéraires, sans pour autant supprimer les auteurs ukrainiens. En géographie, nous avons ajouté des cartes du Donbass. » La DNR reconnaît les deux langues, le russe et l’ukrainien, bien que le statut officiel de cette dernière ait failli être supprimé en 2015 (3). Il appartient aux parents de choisir la langue dans laquelle leur enfant étudie. « Dès octobre 2014, le nombre de cursus en ukrainien a chuté à 4 %, contre 15 % auparavant. À la rentrée 2016, sur quatre-vingts élèves de première [7 ans], seul un élève souhaitait poursuivre en ukrainien. Nous lui avons donc proposé d’aller dans une autre école, pas loin, où une classe adaptée à son choix était ouverte », affirme notre interlocuteur. Quand on lui demande si une réintégration à l’Ukraine est possible à ses yeux, M. Oudovienko répond : « Pas avec le gouvernement actuellement aux commandes à Kiev. »


« Ici, le chef, c’est le peuple », peut-on lire sur de grands espaces publicitaires dans le centre-ville. Sur l’avenue principale, le visage de Mikhaïl Tolstykh, mieux connu sous le pseudonyme de Givi, s’étale par centaines d’exemplaires. Le commandant, qui s’était illustré durant la bataille de l’aéroport de Donetsk de l’automne 2014, a péri dans un attentat le 8 février dernier. Tout en glorifiant ses héros, le jeune « État » se pare des attributs de la souveraineté. Dans la rue, des voitures de police, à la carrosserie impeccable, arborent les couleurs du drapeau de la DNR, tout comme les écussons des uniformes des agents. Dans les magasins, certains produits, comme les biscuits ou la charcuterie, sont estampillés d’un « fabriqué en dnr », aux couleurs du drapeau.

Même si l’aide économique versée par Moscou, un secret de Polichinelle, reste essentielle pour que fonctionnent les institutions, les nouvelles autorités ont cherché rapidement à prélever quelques ressources sur le territoire. Enfoncé dans son fauteuil, M. Luis Hernando Muñoz, chef d’une entreprise d’importation de café colombien installé à Donetsk depuis trente ans, assure que, durant la première phase de la guerre en 2014 et 2015, plusieurs magasins ont été réquisitionnés pour former la nouvelle chaîne des « supermarchés républicains », devenue très populaire en raison de ses prix accessibles. « Je sais que les recettes de ces magasins ont été envoyées à des fonds utilisés pour payer toute une série de choses, dont les pensions. Un moyen pour stabiliser la situation », prétend M. Muñoz tout en restant discret sur les bénéficiaires directs et les autres usages de ce rudiment de fiscalité. Dans un second temps, le pouvoir a ciblé les petites et moyennes entreprises. « Depuis l’été 2016, elles subissent de fortes pressions pour se réenregistrer auprès des autorités et payer leurs impôts à la République », assure la responsable d’un programme de développement de l’ONU établie jusqu’en décembre 2016 à Donetsk, qui souhaite garder l’anonymat.

Jusqu’à ce que Kiev en perde le contrôle, la plupart des mines et des industries étaient enregistrées officiellement en Ukraine et y reversaient leurs impôts pour continuer à avoir accès au marché national. Un enjeu particulièrement important pour la filière métallurgique, dont les produits — du minerai de fer à l’acier, en passant par le charbon — circulaient, jusqu’à une date récente, de part et d’autre de la ligne de démarcation. Devant l’impuissance du gouvernement ukrainien à lever des blocages organisés par des militants nationalistes, M. Zakhartchenko, le président de la DNR, a annoncé, le 1er mars, la réquisition de quarante-trois entreprises, pour l’essentiel des mines et des actifs du secteur métallurgique possédés par M. Rinat Akhmetov. Oligarque originaire du Donbass (4), M. Akhmetov a soutenu le camp séparatiste quelque temps, avant de se ranger du côté de Kiev. Le propriétaire de la société System Capital Management (SCM) Holding a également perdu le stade Donbass Arena, où il distribuait régulièrement de l’aide humanitaire, un gage d’influence auprès des habitants de Donetsk. Selon les données collectées par une députée auprès de l’administration fiscale, huit entreprises de la liste des réquisitions versaient à elles seules près de 1,3 milliard de hryvnias (45 millions euros) d’impôts par an.

Vu de Donetsk, le rapprochement avec Moscou semble moins motivé par un élan nationaliste que par les initiatives de Kiev pour approfondir le fossé avec les républiques autoproclamées. « Nationaliser [les grandes entreprises], ce n’est ni une bonne ni une mauvaise chose : c’est une nécessité pour sauver les emplois et l’activité », argumente Mme Iana Khomenko, professeure au département d’économie internationale à l’Université nationale technique de Donetsk. « À cause du blocus, il nous faut écouler la production vers la Russie », explique-t-elle, sous le regard approbateur de sa cheffe, Mme Loudmila Chabalina. Et cette dernière de conclure : « C’est l’Ukraine qui nous a obligés à répondre au blocus. » Au commencement du conflit, en 2014, M. Muñoz payait 10 000 dollars par camion pour traverser les postes-frontières des milices nationalistes. Avec le renforcement des contrôles en 2015, « impossible de faire entrer quelque chose », affirme-t-il. Désormais, ses produits « passent par la Russie, légalement ».

Éphémère République de Donetsk-Krivoï-Rog

Le 14 mars 2017, les autorités de la DNR ont annoncé l’acheminement des premiers convois de charbon en direction de la Russie, alors qu’au même moment le gouvernement ukrainien communiquait sur l’importation d’anthracite d’Afrique du Sud. Sixième producteur mondial de charbon, le voisin russe n’a aucun besoin d’importer ce combustible. « C’est une décision purement politique. Le but est d’éviter que tout s’effondre ici et que la Russie hérite d’une situation chaotique à sa frontière », présume M. Muñoz. Une partie du charbon du Donbass pourrait retrouver, en faisant un détour par la Russie, le chemin de... l’Ukraine. Une enquête du site de Radio Svoboda a révélé que le charbon utilisé par le combinat métallurgique Azovstal, installé à proximité de Marioupol (en territoire contrôlé par Kiev), transitait désormais par des barges venues de Russie, mais qu’il proviendrait, selon une source locale, des mines des territoires séparatistes (5).

Loin de freiner l’autonomisation de la DNR, la politique de l’Ukraine pousse celle-ci vers l’est. L’immense voisin slave semble offrir une solution de rechange raisonnable pour retrouver la stabilité, tandis que Kiev se fait chaque jour un peu plus lointain pour les gens du Donbass. Sur l’immense bâtiment du gouvernement de la DNR, anciennement siège du gouvernement régional, se détache encore la forme, plus claire, du trident, symbole de l’armoirie ukrainienne pourtant arraché de la façade. « On en apprend beaucoup sur un peuple en voyant ses statues. Ici, celle du poète ukrainien [Taras] Chevtchenko côtoie celle, plus grande, de Lénine. Mais celle d’Artiom est plus importante encore », explique M. Puertas en sortant de l’amphithéâtre où il vient de donner un cours. De son vrai nom Fiodor Andreïevitch Sergueïev, ce révolutionnaire bolchevique est considéré comme le fondateur de l’éphémère République de Donetsk-Krivoï-Rog, qui vit le jour en février 1918, dans la foulée de la révolution d’Octobre à Petrograd. Épisode d’une guerre civile qui déchira l’Ukraine entre l’Armée rouge, les troupes du nationaliste ukrainien Simon Petlioura, les armées blanches du général Anton Denikine, l’armée insurrectionnelle paysanne de l’anarchiste Nestor Makhno, cette république autonome fut finalement rattachée à la république socialiste soviétique d’Ukraine en février 1919, cette dernière étant à son tour intégrée dans l’URSS en 1922. « Les choses, ici, viennent de loin », conclut malicieusement M. Puertas.

Loïc Ramirez
Journaliste. 

Notes :

(1) « Humanitarian response plan 2017 - Ukraine », rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Unocha), novembre 2016.
(2) Stéphane Jourdain, « À Donetsk, les habitants condamnés au système D face aux banques fermées », Agence France-Presse, 1er mars 2015.
(4) Lire Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin, « Ukraine, d’une oligarchie à l’autre », Le Monde diplomatique, avril 2014.




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samedi 29 avril 2017

"Nous avons besoin d'une victoire"

Nous attendons un incendie mortel, et pourtant impuissant

"Le régiment des immortels", certainement une des expressions les plus intenses du patriotisme des peuples de Russie et de cette mémoire éternelle qui anime la foi et l'amour pour cette terre invaincue  

Inévitablement, à l'approche des cérémonies du 9 mai (8 mai en Occident) le parallèle entre le passé et le présent s'impose dans les esprits conscients de la menace d'un nouveau cataclysme militaire mondial...

video


Il y a 75 ans les peuples de Russie après ceux d'Espagne, de France, d'Angleterre... ont subi le choc des armées allemandes lancées contre leurs libertés par un régime totalitaire ayant basculé dans la folie hégémonique...
Plus de 23 millions de morts ont conduit l'URSS vers la victoire contre le nazisme, mais aujourd'hui soviétisme et nazisme résonnent à nouveau comme des échos du passé qu'un nouveau combat de titans réveille brutalement.

Car le Monde est redevenu fou, soumis autant à la nouvelle dictature d'une pensée unique mondialiste qu'à l'aveuglement servile des peuples d'Europe qui semblent atteints d'une amnésie historique suicidaire.

Nous sommes entrés définitivement dans un nouveau paradigme post-moderne signalant une fin de cycle inévitable, et la course électorale française, où les partis "classiques " d'une gauche et d'une droite dégénérées ont disparu des radars, le prouve : il s'agit aujourd'hui d'un affrontement mondial entre une vision globaliste transformant l'Homme en esclave consumériste et une vision multipolaire respectant la diversité des identités humaines...

Les peuples d'Europe, fidèles à leurs trahisons et leurs individualismes égocentriques, sont entrés depuis 40 ans dans une servitude volontaire, refusant d'écouter les vraies voix européennes comme celle par exemple celle du Général De Gaulle qui toute sa vie durant protégea la souveraineté de son pays contre le totalitarisme nazi puis l'hégémonie mondialiste.
Cette dernière, par l'intermédiaire des USA, s'est imposée en Europe via ses chevaux de Troie, l'UE et ses traités esclavagistes, l'OTAN et ses bases agressives, les révolutions colorées et leurs coups d'Etats déguisés (mai 68 fut certainement une), son universalisme culturel agressif et sa société du spectacle...

Aujourd'hui cet impérialisme sans racines est arrivé sous les murailles d'un empire russe qui refuse de lui ouvrir les portes de son sanctuaire en négociant la liberté de ses peuples contre des intérêts militaro-industriels apatrides et amoraux.
La corde des libertés individuelles et collectives sur laquelle tire un Nouvel Ordre Mondial hystérique est sur le point de rompre, et il lui faut aujourd'hui lâcher prise ou rompre définitivement l'équilibre du Monde.

Dans le Donbass, un peuple européen s'est dressé contre l'agression militaire insensée et disproportionnée lancée par les valets atlantistes de cette ploutocratie mondialiste qui veut transformer l'Ukraine en base militaire et provoquer Moscou sur ses frontières. 
Contre toute attente, les ouvriers mineurs, les étudiants, les mères et les fils du Donbass ont stoppé cette offensive à caractère génocidaire et ont fondé des Républiques populaires libres, soutenues par leur mère patrie russe... 

Mais la guerre aujourd'hui menace d'être relancée par l'Ukraine par choix mais surtout par obligation d'un pays exsangue dont la seule carte qui lui reste à jouer, comme tous les régimes totalitaires en fin de cycle, est celle de la guerre totale...

La ploutocratie mondialiste, comme un marathonien fatigué cherche un deuxième souffle, en achevant la mise au pas du trublion Trump et en renforçant en Europe la soumission du pilier français en imposant un homme de paille sorti des alcôves complotistes de la banque Rothschild...
Lorsque cette stabilisation sera réalisée, le système militaro-industriel mondialiste nous entraînera alors vers le dernier acte de sa fuite en avant, à savoir une guerre mondiale inévitable.

Sauf, si aux USA, en Ukraine, en France, en Syrie une victoire décisive intervenait contre les forces mondialistes, provoquant l'effondrement d'une stratégie suicidaire avant le chaos final...

Il s'agit pour les français abêtis par un cirque électoral misérable de se débarrasser enfin des orgueils partisans morts et des lieux communs trompeurs et désuets pour ne considérer que le danger mondialiste veut atomiser (au propre comme au figuré) les peuples en consommateurs individualistes soumis sacrifiant leur bonheur et leurs libertés contre des plaisirs et des appétits insatisfaits.
Aujourd'hui Marine Le Pen est (malheureusement) le seul barrage existant au suicide français. S'il doit exister, au delà des identités idéologiques, un front républicain au deuxième tour c'est bien contre Macron qu'il doit se dresser, car la menace que fait peser une victoire de ce succube de la ploutocratie mondialiste dépasse largement le cadre économique d'une France décadente mais concerne la sécurité de tous les peuples d'Europe.

L'Homme cesse d'être un esclave lorsque son rêve devient volonté et fait de lui le surhomme maître de sa destinée et de sa victoire...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Нам нужна одна победа

Здесь птицы не поют,
Деревья не растут.
И только мы к плечу плечо
Врастаем в землю тут.
Горит и кружится планета,
Над нашей Родиною дым.
И, значит, нам нужна одна победа,
Одна на всех. Мы за ценой не постоим!

Припев:
Нас ждет огонь смертельный,
И все ж бессилен он.
Сомненья прочь:
Уходит в ночь
Отдельный
Десятый наш
Десантный батальон.


Лишь только бой угас,
Звучит другой приказ.
И почтальон сойдет с ума,
Разыскивая нас.
Взлетает красная ракета,
Бьет пулемет, неутомим.
И, значит, нам нужна одна победа,
Одна на всех. Мы за ценой не постоим!


От Курска и Орла
Война нас довела
До самых вражеских ворот.
Такие, брат, дела...

Когда-нибудь мы вспомним это,
И не поверится самим,
А нынче нам нужна одна победа,
Одна на всех. Мы за ценой не постоим!


Припев:
Нас ждет огонь смертельный,
И все ж бессилен он.
Сомненья прочь:
Уходит в ночь
Отдельный
Десятый наш
Десантный батальон.

Cette chanson d’Akoudjava a été rendue célèbre par le film soviétique d’Andrei Smirnov, 
"La gare de Biélorussie", (1970) où elle est interprétée par Nina Urgant

Traduction française :

Nous avons besoin d'une victoire 

Ici, les oiseaux ne chantent pas,
Les arbres ne poussent pas
Il n’y a que nous épaule contre épaule
Ici on prends racine.
La planète tourne et brûle,
Au dessus de notre patrie il y a de la fumée.
Et cela signifie que nous avons besoin d’une victoire!
Une pour tous, nous ne regarderons pas au prix.
Une pour tous, nous ne regarderons pas au prix.


Refrain:
Le feu mortel nous attend,
Et pourtant, il est impuissant.
Dissipons les doutes, 
sortir de nuit 
un par un
Notre dixième bataillon de parachutistes,
Notre dixième bataillon de parachutistes


Seulement à la fin des combats –
On entend un ordre différent.
Et le facteur devient fou
Nous recherchant de partout .
Une fusée rouge monte dans le ciel,
L’infatigable mitrailleuse fait feu.
Et cela signifie que nous avons besoin d’une victoire!
Une pour tous, nous ne regarderons pas au prix.
Une pour tous, nous ne regarderons pas au prix.


De Koursk et Orel
La guerre nous a trimbalé
Jusqu’aux portes de l’ennemi,
Voilà, frère, comment c’était.
Un jour, nous nous souviendrons de cela

Et on le croira pas soi-même.
Mais maintenant nous avons besoin d’une victoire!
Une pour tous, nous ne regarderons pas au prix.
Une pour tous, nous ne regarderons pas au prix.


Refrain:
Le feu mortel nous attend,
Et pourtant, il est impuissant.
Dissipons les doutes, 
sortir de nuit 
un par un
Notre dixième bataillon de parachutistes,
Notre dixième bataillon de parachutistes


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J'ai encore réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir aider plus encore des personnes isolées et des familles de mon quartier. 

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Erwan




mardi 25 avril 2017

Dérapage et sortie de route de la trêve

Vers un nouveau cycle d'opérations militaires ukrainiennes 


Ces dernières 24h00 ont vu la ligne de front subir une nouvelle escalade des bombardements et des accrochages entre forces ukrainiennes et forces républicaines. Du Sud au Nord peu de secteurs ont été épargnés par cette reprise sensible des hostilités qui s'effectue au lendemain d'une trêve pascale et à la veille d'une nouvelle réunion à Minsk..

Mais l'événement le plus important reste sans nul doute la destruction de 2 véhicules de de l'OSCE par une mine lors d'une mission exécutée sur le front de la République Populaire de Lugansk. Une mission de l'OSCE patrouillant sur le ligne de front près de Lugansk est tombée sur un barrage de mines antichars qui en explosant a détruit 2 véhicules de la mission, tuant 1 observateur britannique et en blessant 2 autres (allemands).

C'est la première fois en 3 ans qu'un membre de l'OSCE trouve la mort en service et le contexte, les indices et les circonstances de l'explosion prouvent qu'ils s'agit de mines posées par un commando ukrainien. D'ailleurs 2 autres mines ukrainiennes ont été retrouvées par la suite dans ce secteur. Il est fortement probable que l'OSCE était visée directement compte tenu des revendications de Kiev pour faire évoluer la mission en force d'occupation armée, et de la date de l'incident survenue juste la veille d'une nouvelle réunion à Minsk. On peut donc imaginer aisément un false flag destiné à relancer ce débat récurent et envenimer encore les relations diplomatiques.


Quelques heures après l'explosion, avant même qu'une enquête soit ouverte, Kiev par la voix de son Président Porochenko surfe sur cette mort pour réclamer à nouveau le déploiement d'une force de maintien de la paix armée (qui de fait consoliderait surtout et à moindre frais les territoires occupés par son armée). De leur côté le secrétaire général de l'OTAN et la chancelière allemande Merkel tout en réclamant une "enquête approfondie" pointent du doigt , comme d'habitude, la Russie l'accusant de ne pas respecter les accords de Minsk et de créer de telles circonstances...

Cet empressement à exploiter l'incident mortel ayant touché l'OSCE tend a corroborer l'hypothèse d'une provocation menée par Kiev pour forcer la main des occidentaux qui hésitent toujours, malgré une russophobie délirante à armer l'Ukraine...

D'ailleurs les services de renseignement qui ont ouvert une enquête ont déjà repéré des indices similaires à ceux observés lors des attentats précédents organisés par Kiev dans le Donbass. Ces pistes remontent jusqu'au 8ème régiment des forces spéciales ukrainiennes commandé par Oleg Netchaïev Alexandrovitch. C'est une unité possédant 4 groupes de sabotage et de reconnaissance de 15 personnes chacun environ chacun et spécialisés dans les missions de sabotage dans la profondeur..

A noter un autre drame survenu en République de Lugansk, et toujours par des mines ukrainiennes:  un tracteur civil qui a explosé sur une mine antichar, sur le territoire de la LNR, tuant 3 civils et en blessant 2 autres 

Côté bombardements, un réchauffement sensible est observé notamment dans le Nord de Donetsk sur le front de l'aéroport Spartak et Yasinovataya. La nuit dernière des tirs d'de mortiers résonnaient au milieu d'accrochages d'infanterie et de véhicules blindés, tandis qu'une longue colonne blindée quittaient Donetsk pour renforcer le front Sud de la république où une menace d'offensive a été révélée il y a quelques jours.

La "trêve pascale" qui n'a jamais été respectée par Kiev est bel et bien terminée !



Front de Gorlovka / Debalsevo

Situé au Nord de la République de Donetsk et à sa jonction avec la République de Lugansk, ce secteur qui fut le théâtre du denier "chaudron" républicain qui se termina en janvier-février 2015 reste un enjeu majeur du fait du carrefour stratégique qu'il constitue et que les forces ukrainiennes continuent de menacer, à partir de leur positions autour de Svitlodarsk . Depuis décembre 2016, Kiev a engagé dans ce secteurs des bombardements réguliers et des assauts terrestres limités mais fréquents qui ont grignoté petit à petit la zone grise située entre les belligérants et qui est censée rester neutre.

Au Nord de la DNR, le front Nord de Gorlovka a subit des bombardements à Zaitsevo et Holminsky


Sur le flanc Ouest de Gorlovka, la pierre d'angle de la ligne de front Nord de la DNR, les ukrainiens maintiennent une pression constante par des bombardements et qui sont le prolongement de la menace exercée sur l'axe routier principal menant à Donetsk.

Toujours sur le front de Gorlovka, le flanc Ouest a été lui aussi bombardé

Front Nord de Donetsk

Actuellement un des secteurs les plus actifs avec au Nord le secteur sensible de Yasinovataya qui subit lui aussi par des "sauts de crapaud" ukrainiens un grignotage de la zone grise située dans la zone industrielle d'Avdeevka et qui a amené la ligne de front au niveau de l'axe principal Donetsk/Gorlovka, aujourd'hui interdit à la circulation du fait des combats.

Plus au Sud, nous arrivons dans le secteur de l'aéroport, dont l'importance est autant stratégique (par les axes qui le relient à un centre ville très proche) que symbolique. A l'Est de la one aéroportuaire se situe le village de Spartak qui verrouille la ligne de front remontant vers le Nord, tandis qu'à l'Ouest le front ne sépare que de quelques centaines de mètres les belligérants positionnés à Peski (ukrainiens) et Volvo Center (républicains). Ces deux piliers flanc-gardant le secteur de l'aéroport sont soumis comme ce dernier à des bombardements et des tirs quotidiens depuis près de 3 ans.

Au Nord de Donetsk à Oktyabrsky, Spartak et Yasinovataya: bombardements et combats 

Front Ouest de Donetsk

Comme pour le bastion de Gorlovka, le flanc Ouest de Donetsk est soumis à une pression constante de la part des forces ukrainiennes et notamment au niveau de 2 pénétrantes urbaines principales : Staromikhaïlovka au Nord et Marinka au Sud. Dans ce dernier secteur la tactique ukrainienne de "grignotage" a également créé des "zones de contact" permanents où les belligérants  sont à portée de tir de leurs armes légères...

A l'Ouest de Donetsk, bombardements et combats 

Front Sud de Donetsk

Au sortir de Donetsk nous abordons la zone Sud d'apparence plus calme mais qui reste un secteur très sensible du fait de la proximité de la frontière avec la Russie qui si elle était atteinte par les forces ukrainiennes couperait en deux les forces républicaines et l'axe logistique alimentant le front de Mariupol. De plus cette zone est moins urbanisée ce qui offre la possibilité pour Kiev d'y opérer un assaut blindé rapide et puissant. Au milieu de ce front Sud se situe la ville minière de Dokuchaïevsk qui fait partie des territoires contestés par Kiev lors des négociations de Minsk, et qui subit depuis quelques mois une pression par bombardements notamment en constante augmentation.

Au Sud de Donetsk, sur le front de Dokuchaïevsk

Front de Mariupol

Situé à l’extrême Sud de la DNR, au bord de la Mer d'Azov, le front de Mariupol est quant à lui très actif depuis fin 2016, les forces républicaines situées au Nord du village côtier de Shirokino subissant régulièrement bombardements et assauts blindés. C'est dans ce secteur qu'une menace d'attaque est attendue prochainement, première étape d'une éventuelle offensive ukrainienne plus importante menée vers les frontières russes un peu plus au Nord.

Enfin au sud de la DNR, sur le front de Shirokino

Sources de l'article :

- Novorossinform

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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des pauvres de mon quartier 

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.

J'ai encore réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir aider plus encore des personnes isolées et des familles de mon quartier. 

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 
Erwan




lundi 24 avril 2017

Mission accomplie !

Quand la lumière du printemps fait renaître un sourire blessé


Malgré les agissements crapuleux du dénommé Eric B, (compte FB https://www.facebook.com/eric.pouchkine) auteur d'un vol de 10 000 roubles dont partie était destinée à l'aide humanitaire engagée à Oktyabrsky, avec des amis et en coordination avec l'administration de Kuybishevsky dont dépend le quartier, nous avons pu quand même mener à terme la réparation de l'appartement de Ludmila, une grand mère malade qui vit seule avec Vladik, son petit fils orphelin dans un appartement bombardé d'Oktyabrsky (voir article précédent ici : "Une grand mère et un petit homme").

La première tranche des travaux a été engagée et 18000 roubles ont pu être versées à l'entreprise appelée pour réaliser les travaux. Ces travaux qui consistaient à refaire complètement 3 fenêtres et la porte fenêtre menant au balcon (détruites depuis janvier 2015) ont été réalisés dès le 21 avril dernier soit 2 semaines après avoir lancé cette opération humanitaire. 


Les 2 ouvriers ont pu restauré les encadrements et remplacé les fenêtres dans la journée, grâce à Carl Pincemin qui a avancé la somme nécessaire pour clôturer la facture. De mon côté avec une amie nous sommes revenus pendant une journée remettre en état et nettoyer l'appartement qui avait un peu souffert du chantier réalisé...

Je tiens ici à remercier au nom de Ludmila et Vladik celles et ceux qui ont répondu à l'appel de soutien financier lancé le 5 avril, et ont permis que cette action soit réalisée rapidement. 


Soit un total de 560 euros qui, convertis au taux du virement western Union local correspondent à 30 240 roubles et qui ont été réparties comme suit :
  • 18 000 roubles pour la première partie de la facture des fenêtres de Ludmila
  • 4 000 roubles pour l'aider à acheter ses médicaments quotidiens (son traittement contre le cancer et pour le coeur lui coûte plus de 400 roubles par jour)
  • 8 000 roubles (+2000 de ma poche) ont été également donné à une mère pour qu'elle puisse continuer le traitement de son enfant malade dans un hôpital spécialisé en Ukraine.
Ces femmes et ses hommes de France, grâce à leur générosité ont permis de réaliser ces actions importantes qui témoignent que, par delà les guerres, les malheurs de la vie et les salopards qui parfois se réunissent pour accabler des existences, survit une humanité humble et généreuse qui aide à effacer des souffrances et redonner l'espoir aux plus démunis. Cette chaîne de solidarité humaine, apolitique et désintéressée fait partie des événements qui empêchent à la misanthropie ou la folie de noyer les rêves des hommes libres et de les maintenir debout au milieu des tempêtes de la vie et de l'Histoire comme celles qui frappent tant de familles sur le front du Donbass.

Je tiens à remercier également Yulia, qui m'accompagne dans mes démarches et actions, Anna qui mobilise son réseau comme par exemple les membres de l'association "les amis des familles du Donbass" qui tous se sont joints à mon action offrant leur temps, leur énergie pour poursuivre dans la durée l'aide engagée car la seule pension de Ludmila (3000 roubles) ne lui permet pas d'assumer les soins médicaux exorbitants auxquels elle est soumise.

Avec Yulia, Vladik, sa grand mère Ludmila et des membres de l'association "Les amis des familles du Donbass"
Demain dès que les moyens me le permettront, je tournerai mon énergie vers une quatrième famille de ce quartier martyrisé d'Okyabrsky, offrant grâce à votre générosité une rosée d'espérance qui permet au printemps de refleurir dans les coeurs blessés.

Merci encore de votre élan du coeur

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Pour lire les autres chroniques et articles sur ce quartier de l'aéroport, le lien ici : Oktyabrsky

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Projet humanitaire pour Oktyabrsky

Lorsque les dons personnel reçus dépassent mes besoins minima de vie quotidienne  je consacre alors le surplus à aider les gens de mon quartier, notamment les personnes âgées et les familles bombardées. S'il est impossible d'aider tout le monde, il est aussi difficile de choisir vers qui diriger es actions importantes tant il y a de personnes prioritaires. Hier par exemple c'était Yulia et Alex pour la réparation de leur maison bombardée (38 500 roubles environ) et aujourd'hui, pour la famille de Luyba, grâce aux dons, j'ai pu déjà leur donner 8000 roubles pour aider au règlement des frais médicaux de leur enfant malade. Mais ce n'est pas assez car ces frais s'élèvent à 50 000 roubles par trimestre sans compter les déplacements vers la ville où est traité l'enfant et qui est située à plus de 200 km. 

Même si la Russie et la République de Donetsk apportent une aide importante notamment pour les matériaux de reconstruction des maisons bombardées, il manque encore pour de nombreuses habitants des besoins importants pour leur permettre de survivre. (alimentation, équipements, vêtements, fournitures scolaires, médicaments,travaux, transports etc...)

Il faut savoir qu'ici la majorité des personnes qui sont restées dans le quartier vivent avec moins de 50 euros par mois et, même si la vie est beaucoup moins chère que dans notre Occident consumériste et décadent, cela ne permet pas malgré tout de restaurer le confort de vie minimum que la guerre a détruit. 

Chaque jour c'est un billet glissé dans la poche d'un mendiant, une facture de gaz payée, ou des réparations réalisées, mais j'avoue que cette aide est autant une pierre de Sysiphe qu'une goutte d'eau dans l'océan... Grâce à la générosité des personnes qui me soutiennent j'ai pu aider une quarantaine de personnes depuis de début de l'année, et je veux continuer et si possible développer cette action.

Si vous voulez aider les gens d'Oktyabrsky, merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass, en mentionnant "OKTYABRSKY" et aussi si possible vos coordonnées.

Les dons sont ensuite regroupés et directement adressés aux personnes aidées par mandat Western Union, le seul moyen de faire parvenir de l'argent en international.

Observation: la plus petite somme (l'équivalent d'un paquet de cigarette) est ici la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 


Erwan