mardi 12 juin 2018

Un solstice en approche

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A Clarence, l'amie inconnue du Québec

Autant le mondialisme, cette prétention criminelle à vouloir peindre le Monde de la même couleur de croyance, de pensée, de mode, de culture, de fric et finalement de merde est exécrable, autant la mondialisation des techniques est une ouverture au Monde et à sa diversité.

Ainsi ce matin vers 04h00, au moment où la Nature diurne s'éveille imperturbable et souveraine au milieu de la folie de hommes, je conversais avec une amie du réseau de soutien habitant au Québec qui de l'autre côté de l'Atlantique baignait dans l'obscurité d'une nuit naissante. La magie d'internet !


Mardi 12 juin 2018 

En regardant la photo envoyée en une fraction de seconde aux antipodes du Donbass, et tout en admirant comme chaque jour notre étoile s'élançant sur son orbe céleste, je songe avec tristesse au gâchis opéré par l'Homme moderne.

A l'horizon, par delà les fleurs qui soignent avec leurs couleurs les griffures humaines subies par cette terre noire du Donbass toujours et encore inondée de sang et de larmes, les rumeurs et les humeurs humaines se font entendre :

A l'Est ce sont les ronflements des usines de Yasinovataya qui accompagnent cette résilience du peuple du Donbass qui s'accroche à quelques minutes du champ de bataille.

Au Nord, des cliquetis de chenilles de véhicules blindés ukrainiens aiguisent notre veille aux remparts de la République et rappellent à chaque instant la menace d'une nouvelle offensive.

A l'Ouest, les fumées des cheminées de la cokerie d'Avdeevka nous rappelle cette population pro-russe qui vit sous la botte de la haine ukrainienne et attend sa libération.

Au Sud, les rumeurs des camions militaires ou civils ravitaillant depuis Donetsk la ligne de front, sont comme le sang qu'un cœur diffuse vers ses membres.

Et nous sommes au milieu, sous ce soleil invaincu à la croisée des destinées humaines où la gloire et la tragédie s'entremêlent pour ne plus former qu'un réceptacle, tantôt athanor où l'âme est transmutée, tantôt broyeur où les corps sont déchiquetés.

A chacun d'assumer son destin et d'influencer sa destinée pour que le cycle de son soleil s'accomplisse dans la beauté de l'Honneur.

En attendant, sur les ferrailles rouillées de l'antenne effondrée de notre "Forteruine" les ricochets des balles ukrainiennes viennent sonner les heures sous le chant des oiseaux.

Et la steppe se réveille dans la magnificence de la lumière solaire qui annonce l'approche du grand solstice.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

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