vendredi 22 juin 2018

La gauche se réveillerait-elle ?... enfin !


Depuis le début de la crise ukrainienne les soutiens à la rébellion du Donbass émanent majoritairement en France de la mouvance nationaliste et droite radicale, qui de leur idéologie ethnocentrée et centralisatrice foncent ici pour soutenir une rébellion séparatiste d'idéologie communiste... cherchez l'erreur !

Bien sûr le discours des nationalistes français qui viennent ici est globalement anti-mondialiste et rejoint ici la dynamique des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk mais guère plus. De l'autre  côté du front, d'autres fachos sont observables dans les rangs des bataillons spéciaux ukrainiens ou de leurs soutiens hexagonaux pas plus génés de servir quant à eux les pires mondialistes sionistes qui ont mis main base sur Kiev.  

La plupart des nationalistes qui viennent dans le Donbass, ici ou en face, sont guidés par une vision fantasmée de la Russie dont les Républiques de Donetsk et Lugansk se sont érigées en poste avancées depuis 2014. Pour les uns Poutine veut restaurer un empire soviétique hégémonique, pour les autres il est le bon despote protégeant les valeurs d'une Russie blanche et chrétienne. Car les uns comme les autres héritent d'une pensée nationalistes définie obligatoirement sur une appartenance communautariste ( alors que la Russie est en réalité une fédération héritée de cette notion d'Empire supra communautariste qui unit des chrétiens aux musulmans des européens aux asiatiques tous leS peupleS et communautéS du pays)

De l'autre côté de l'horizon politicien français la position de la "gauche" concernant la crise ukrainienne et particulièrement la guerre dans le Donbass est ridicule pour ne pas dire lamentable et pathétique.

En effet, alors que les discours et les slogans agités par les tribuns communistes ou insoumis  prônent la reconquête politique des peuples et leur résistance face à la dictature de la marchandise organisée en Europe par le couple militaro-industriel UE/OTAN au service de la ploutocratie mondialiste, la guerre qui a éclatée ici laisse indifférents la plupart des leaders de gauche.

Et pourtant, tous les ingrédients idéologiques sont là : coup d'Etat organisé par Washington, résurgence du nazisme soutenu par l'UE, référendums démocratiques, crimes de guerres soutenus par l'OTAN, résistance armée des couches basses et moyennes de la société, création de républiques populaires épurées de l'oligarchie post soviétique etc...
Or, le Donbass devrait au contraire être cité en exemple par Mélenchon, qui pourtant à une position saine et vive concernant la Syrie, car les républiques sont un laboratoire démocratique et un champ de bataille militaire mettant en oeuvre les valeurs qu'il prétend défendre. 

Mais voilà il y a les intérêts électoralistes et certainement les lobbys "amis" qui ont misé sur ce territoire immense (le plus grand pays d'Europe)

Andrea Kotarac est un jeune élu du parti des "Insoumis" qui relève le niveau et depuis 2014 s'intéresse et soutient la résistance du Donbass. Il est venu à titre privé. Certes ce sont ses origines serbes (tout comme Nikola Mirkovic un autre français soutenant Donbass) qui l'ont certainement plus sensibilisé au sort des populations slaves d'Ukraine que Dupont ou Duchmol pour qui consciemment ou inconsciemment le rideau de fer continue d'exister lorsqu'on parle de "l'Est".

Andrea Kotarac décrit ici avec pertinence, et sur fond d'analyse géopolitique internationale, la situation du Donbass en cette veille de coupe du monde de football en Russie.

Un grand merci à lui, espérant que son initiative personnelle soit transformée par l'arrivée prochaine d'un groupe officiel de parlementaires et d'élus (de gauche ET de droite, poussons le rêve jusqu'à l'utopie) dans le Donbass. 
En effet je pense qu'il est temps que des élus viennent officiellemnt pour observer et témoigner par delà les propagandes qui  de chaque côte du front concourent pour la palme du ridicule médiatique, de la réalité de ce territoire européen déchiré dont la population, coincée entre le bélier de l'OTAN et la muraille russe souffre depuis 4 ans un martyre intolérable.

Erwan Castel


Source de l'article : NRT 

Donetsk : au cœur de l'Europe, une guerre oubliée


 Andrea Kotarac

Alors qu’en 2014, tout le monde se passionnait pour la situation en Crimée, ce n’est plus la cas aujourd’hui, alors que la situation ne s’est pas améliorée.

« – Tu es un mercenaire serbe.

– Non, je suis socio du Média et élu français.

– Ma patience a des limites jeune homme, donne-moi ton flingue ! »

C’est sur ces paroles avec un douanier, le jour de mon anniversaire, que je réussis quand même à entrer en République populaire de Donetsk (RPD), un territoire non-reconnu, formellement déconseillé par France Diplomatie et niché entre la Russie et l’Ukraine. Après le référendum de Crimée, au sud de l’Ukraine, où les citoyens se sont déclarés pour la réunification à la Russie, deux républiques font sécession vis-à-vis de Kiev de la même manière, en 2014, les républiques populaires de Lougansk et de Donetsk. Sur le chemin vers la ville de Donetsk, plusieurs portraits d’Alexandre Zakharchenko, le président de la République, avec les dates des 9 et 11 mai. La première faisant référence à la fête de la victoire sur les Nazis et les sacrifices soviétiques, la seconde étant relative au 4ème anniversaire de la République.

Arrivé à destination, il faut peu de temps sur place, pour comprendre, dès la tombée de la nuit, que les combats se poursuivent, malgré un cessez-le-feu. A quelques kilomètres de Donetsk, sur les lignes de front face à l’armée ukrainienne, plusieurs tirs d’artilleries et détonations peuvent s’entendre depuis la ville et toute la nuit. Cela se reproduira chaque soir malgré les observateurs de l’OSCE présents sur place. Après la révolution de couleur de Maïdan en 2014 et la chasse du président Ukrainien Ianoukovitch (souvent qualifié de pro-Russe par la presse occidentale), les commentateurs européens se sont enthousiasmés du tournant pro-UE de l’Ukraine. La nouvelle ayant même permis le déplacement de Bernard-Henri Lévy en personne aux côtés des manifestants. Depuis, comme ailleurs, plus aucun média ne s’est intéressé sur le débouché concret du putsch: la guerre civile. Depuis 2014, il est recensé, d’après le secrétariat d’Etat américain, plus de 10.000 morts et près de trois millions de réfugiés (dont 2 millions de déplacés) dans ce conflit européen. Le 12 mai dernier, depuis l’Italie, Angela Merkel s’est dite très préoccupée par la situation en Ukraine déplorant chaque soir « des violations de la trêve et des pertes humaines » quotidiennes au cœur de l’Europe.

Sur ce territoire, se confrontent deux visions, celle de l’OTAN et de la rupture avec la Russie (gouvernement Ukrainien), de l’autre, les Russophones, proches de la Russie et contre l’avancée de l’OTAN (Est Ukrainien). Sans compter,les divisions historico-culturelles, linguistiques et surtout la position stratégique de l’Ukraine, principale raison et étincelle de ce conflit entre frères Slaves.


2015 : les accords de Minsk II
Si, d’une part, la République de Donetsk fonctionne tel un véritable Etat doté de son administration, sa police, son armée, ses écoles, ses universités, drapeaux et plaques d’immatriculation, laissant penser à une aide conséquente de Moscou. D’autre part, ont été constatées plusieurs livraisons d’armes de Washington et même la négociation de ventes par M. Le Drian de plusieurs hélicoptères de combat Français au gouvernement de Kiev. Pourtant en 2015, était signé entre les Républiques sécessionnistes et Kiev, un accord de paix : les accords de Minsk II.

​La France, l’Allemagne et la Russie étant garants de cet accord, validé par l’OSCE ayant dépêché ses observateurs sur place.

​Outre le cessez-le-feu, les amnisties, les échanges de prisonniers, et tout autre point non respecté, les accords demandaient, le cas échéant, le changement de la Constitution Ukrainienne laissant place à l’autonomie des Républiques au sein de l’Ukraine et donc, en dernier lieu, l’intégrité des frontières de l’Ukraine. Kiev n’ayant toujours pas opéré ces changements constitutionnels.

​Après le symbole Catalan, la même question se pose donc pour la stabilité de l’Europe : autodétermination des peuples à disposer d’eux-mêmes ou principe d’intégrité des frontières ?



L’indépendance du Kosovo et l’ouverture de la boîte de Pandore

Si les pays de l’OTAN accusent le Kremlin de vouloir défendre sa sphère d’influence par la force (ce que Moscou dément), face à leur avancée vers l’Est, de l’autre côté de ce nouveau mur, le cas du Kosovo est dans toutes les têtes, que ce soit pour la Crimée, ou pour les deux républiques de Donetsk et de Lougansk.

​En effet, en 1999, l’OTAN avait opéré de manière illégale, en bombardant durant trois mois, jours et nuits, l’allié historique de la France et de la Russie, la Serbie, n’épargnant ni les journalistes de la TV nationale, ni même l’ambassade de Chine de Belgrade. La campagne aérienne atlantiste se déroulait alors sans accord de l’ONU, ni du conseil de sécurité. Au final, l’opération de l’OTAN débouchait il y a dix ans, à la déclaration d’indépendance du Kosovo et sa sécession de la Serbie. La majeure partie des états de l’OTAN, dont la France, s’étaient précipités pour reconnaître le nouvel état croupion. Aujourd’hui, le Kosovo abrite toujours la plus grande base américaine d’Europe et n’est toujours pas reconnu par l’ONU.

​Alors, me répond-on dans les rues de Donetsk, « pourquoi la France ou les Etats-Unis peuvent reconnaître l’indépendance du Kosovo en défendant leurs intérêts militaires et pourquoi la Russie, ne pourrait-elle pas répondre de la même manière, elle, qui vous avait largement averti de cette erreur à l’époque ? »



Donetsk : redoublement de violence avant la Coupe du Monde

Au-delà des débats juridiques, reste que depuis quelques jours, les combats entre les forces ukrainiennes et l’armée de la République de Donetsk redoublent de violence. Le 18 mai 2018, dans la ville de Gorlovka, il est comptabilisé dix morts du côté ukrainien, accusé par Donetsk de bombarder des civils et de tenter de percer les lignes de Front. Le 21 mai, au-delà des blessés et des morts de chaque côté, ainsi 3 soldats de Donetsk sont faits prisonniers. Le 22, un bus explose. Hier, le pont stratégique à Ivanovka reliant Gorlovka et Lougansk a été bombardé par l’Ukraine. On observe que les combats s’attachent souvent à la reprise de mines de charbon. En effet, si le territoire de la RPD est petit, il était considéré comme le centre industriel de l’URSS. Son détachement de l’Ukraine priverait Kiev d’apport de matière énergétiques notamment. En bref, plus un jour ne se passe sans compter des victimes au cœur de notre continent et dans l’indifférence des médias braqués sur le Royal Wedding.

A Donetsk, il est reproché aussi à l’Ukraine d’utiliser des armes interdites par les conventions internationales, et de redoubler de violence à l’approche de la Coupe du Monde qui se tient actuellement en Russie, pour tenter de gagner du terrain avant le deuxième événement sportif attirant le plus de téléspectateurs de la planète.

​Espérons qu’en finale, ce sera la paix qui sera championne du monde.

 Andrea Kotarac

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