lundi 3 juin 2019

L'impasse sanglante

Il y a 5 ans le 2 juin 2014, en plein coeur de l'Europe, l'aviation de combat ukrainienne bombardait le centre paisible de la ville de Lugansk tuant et blessant grièvement une trentaine de civils innocents dont Inna Kukurudza qui agonisera rapidement au milieu des décombres victime de la haine génocidaire bandériste autant que de l'indifférence complice du monde occidental qui l'a libéré sur le Maïdan.
Le 2 juin 2014, les avions de combat de Kiev, auxiliaires d'une stratégie de préemption occidentale de l'Ukraine pour l'OTAN, bombardaient la ville de Lugansk. 
Parmi les victimes de ce massacre génocidaire se trouvait Inna Kukurudza 48 ans et mère de 2 enfants, avec qui j'avais eu des échanges sur le réseau VK concernant la situation du Donbass et le projet républicain de Donetsk et Lugansk (elle travaillait aux services culturels de la jeune république). Déchiquetée par l'acier et la haine, ses dernières pensées et paroles d'inquiètudes furent ses 2 filles. 

Cette femme dont le martyr m'a définitivement engagé vers mon ralliement physique à la cause du Donbass incarne à mes yeux cette population martyrisée, mais qui sait, debout dans la tempête de l'Histoire, garder le cap de l'amour et l'espérance...

Certes, les avions de combat ukrainiens ont disparu du ciel du Donbass depuis l'agression initiale de "l'Opération Spéciale Antiterroriste" menée par Kiev contre la population du Donbass, libérant à l'occasion une meute des psychopathes bandéristes voulant venger les nazis vaincus par les soviétiques 75 ans plus tôt.
Certes, les centre villes de Lugansk et Donetsk n'ont plus subi de bombardements génocidaires comme ceux réalisés le 26 mai à Oktyabrsky ou le 2 juin 2014 à Lugansk, et la guerre a été il y a 4 ans confinée à une ligne de front enterrée dans 400 km de tranchées entre Novoazosk et Lugansk.
Certes, les pertes civiles et militaires ont diminué grâce aux accords de Minsk, même si leurs objectifs sont voués à l'échec, et grâce aux déploiement des observateurs internationaux temporisant relativement les escalades militaires inévitables sur un front où les belligérants ne sont souvent qu'à portée de voix les uns des autres...

Mais force est de constater que la guerre est toujours bien présente, meurtrière et douloureuse, pour les populations du Donbass qui sont soit occupées, soit bombardées par les soudards de Kiev. Ainsi, depuis le début de l'année une courbe ascendante et inquiétante des victimes est observée côté républicain atteignant 48 défenseurs tués pour ce seul mois de mai achevé.

Et depuis l'arrivée au pouvoir à Kiev de la nouvelle marionnette étasunienne Zelensky et ses promesses fumeuses de paix, les pressions offensives de l'artillerie ukrainienne ont même augmenté provoquant de nouvelles destructions importantes dans les zones résidentielles au cours desquelles 9 civils ont été blessés dont 2 enfants !

Car malgré les hypocrisies diplomatiques occidentales et les flagorneries éléctoralistes ukrainiennes, les racines ontologiques qui s'affrontent ici sur cette ancienne ligne de fracture européenne réveillée par la Maïdan sont toujours intactes  :

La haine des autres contre l'amour des siens 

En dehors de ses définitions géopolitiques, ses racines économiques et ses héritages historiques, ce conflit qui fait rage depuis 5 ans aux confins de l'Eurasie et l'Occident illustre dans les chocs identitaires opérés un combat ontologique entre un nationalisme ethno-centré idéologique (bandériste) servant un impérialisme occidentral et un patriotisme identitaire donbassien, protégeant son apprtenace à un monde russe d'où ses traditions sont issues, par delà ses diversités idéologiques et communautaires.


D'un côté un nationalisme ukrainien arificiel et incohérent qui ne se fonde et et justifie son combat que sur une haine russophobe où sont confondues pêle mêle dans une hystérie crinimnogène une acrimonie historique à une psychopathie néo-nazie hystérique toutes les deux instrumentalisées par une idéologie occidentale occidentale dont l'hégémonie veut soumettre la Russie et ses alliés à l'esclavage de son complexe militaro-industriel.

Les exemples illustrant cette haine russophobe néo-nazie qui depuis le Maïdan a pignon sur rue en Ukraine jusqu'à participer directement au pouvoir pro-américain, sont multiples et quotidiens comme par exemple la destruction à Karkhov de la statue du Maréchal Joukov, commandant en chef de l'armée rouge et artisan de la défaite militaire du nazisme.

Le 2 juin les nationalistes ukrainiens issus de différentes organisations
ouvertement bandéristes et néo-nazies détruisent en toute impunité devant
les forces de l'ordre inactives la statue du maréchal Joukov, afin de protester 
contre une réunion politique entre les maires d'Odessa (Trukhanov) et de Karkhov
(Kernes) jugés "pro-russes" par les extrémistes ukrainiens, mais toujours dominants.

De l'autre côté nous avons la résistance d'une population qui, attachée légitimememnt à ses traditions et son héritage historique, réclame simplement le droit de vivre son identité russe linguistique, culturelle et religieuse et de maintenir des relations sociales avec la Russie sur le territoire de laquelle un nombre très important de ses familles partage leurs implantations géographiques avec le Donbass.

Vivant au milieu de cette population depuis plus de 4 années, alors que nous assistons à une "dérussification" suicidaire forcée d'une Ukraine majoritairement russophone jusqu'à son président !, je peux témoigner que dans les Républiques, il n'y a aucune haine ici vis à vis de l'identité ukrainienne et qui d'ailleurs est toujours visible comme par exemple dans la littérature, présente dans les bibliothèques ou enseignée dans les écoles (Sevchenko, par exemple et qui a même son boulevard au coeur de Donetsk). Il faut aller chercher du côté des propagandistes idiots comme les faux Tartuffe de ce réseau français venu surfer sur la médiatsatio russe du Donbass par exemple (à des fins narcissiques et intéressées) et qui, en confondant idéologie personnelle et identité collective cherchent à transposer du côté pro-russe (que ce soit à Moscou ou Donetsk) une vision manichéenne communautaro-centrée et haineuse à l'image de celle qui anime la propagande de guerre occidentale...

Nouvelle manifestation de la population de Donetsk, "Notre choix, Russie", qui devant l'impasse sanglante organisée dans la guerre par Kiev , marque désormais de plus en plus fortement son attachement identaitaire à la Russie par une volonté politique de réaliser, tout comme la Crimée en 2014, son intégration au sein de sa Fédération 

La réalité est que l'identité russe de la population du Donbass, dont le territoire n'a été rattachée à l'Ukraine qu'à l'issue de la Révolution bolchévique, n'est justement pas fondée sur la haine des autres mais bien sur l'amour de ses traditions et une solidarité sincère où interviennent une foi, un patriotisme, une histoire et une destinée communes respectées et aimées. 

Lorsqu'on évoque l'âme d'un peuple, on lui donne souvent une définition psychologique (l'inconscient collectif de Jung par exemple), cultuelle, culturelle ou historique etc... mais qui ne sont selon moi que des réductions simplisets et intéressées d'une identité populaire forgée par une superpositions d'éléments historiques et naturels et qui réveille un "sens commun" défensif lorsque ses choix expressifs culturels, sociétaux, économiques, religieux, sociaux etc sont menacés.

La dynamique qui ressort de ce "sens commun", mobilisé instinctivement et spontanément par chacun, relève de cette Foi native que trop souvent on veut enfermer dans cette croyance religieuse qui n'est en réalité qu'une des déclinaisons - tout comme le patriotisme - de ce rapport sacré qu'un individu entretient avec sa communuaté d'appartenance et son espace naturel homogènes et présents dans tous leurs corps sociaux et biotopes intermédaires (famille, berge, village, bassin fluvial etc...).

C'est par cette dynamique amoureuse de leur identité que les femmes et les hommes du Donbass disposent naturellement, et sans conditionnements idéologiques particuliers, de qualités et de forces positives et constructives leur permettant de faire face aux difficultés de la vie et de l'Histoire, comme par exemple cette capacité de résilience, cette combativité, cette rusticité inouï face à un adversaire supérieur en nombre et en technologie. 

Mais c'est surtout ce sens communautaire naturel (et si différent du communautarisme dogmatique conditionné) qui est impressionnant dans le monde russe en général et chez ce peuple du Donbass martyrisé depuis 5 ans en particulier. Et dans ses déclinaisons politiques, ce sens commun est souvent avec le nationalisme l'expression de la haine des autres, autant qu'il est, avec le patriotisme celle de l'amour des siens.

Vu d'un Occident mondialiste marchandisé et effondré sur son individualisme narcissique et cupide auxquel ne répondent malheureusement souvent que nationalismes communautaristes et dogmatiques tout aussi suicidaires, cette "union dans la diversité" qui caractérise ces peuples de Russie étonne souvent et dérange les Tartuffe occidentaux qui fantasment sur la Russie (en positif ou négatif) mais dont la réalité quotidienne des populations défait le simplisme intellectuel de leur visions propagandistes.

Ainsi, et pour ne citer également ici en illustration q'un exemple récent, la manisfestation populaire proposée au parc Scherbakova le même jour que les vociférations haineuses des nationalistes ukrainiens à Karkhov a révélé au delà de l'hommage rendu aux enfants tués pendant la guerre, toute la dimension communautarienne (et non communautariste) d'une population fidèle à une identité maitrisée et aimée.

Le 2 juin soir des milliers de familles de Donetsk se retrouvent
dans le parc Sherbakova pour rendre hommage aux enfants tués
pendant cette guerre menée par Kiev et exprimer à travers 
cette communion populaire leur solidarité identitaire et leur 
unité de destinée historique et politique 

Comment sortir de l'impasse sanglante...

La résolution pacifique de ce conflit qui a déjà fait environ 20 000 morts (13 000 selon les chiffres officiels) est de plus en plus compromise, surtout devant l'obstination russophobe exprimée par le nouveau Président ukrainien et le soutien actif de plus en plus important de l'OTAN à la guerre déclenchée contre la population du Donbass.

Aujourd'hui un retour du Donbass au sein d'une Ukraine, même fédéralisée au maximum, est tout simplement utopique, comme l'est aussi malheureusement l'effondrementinterne  du régime ukrainien au profit d'un gouvernement pro-russe, tant le jeu démocratique de ce pays est désormais contrôlé par les forces occidentales qui le tiennent en laisse par une dépendance financière et militaire de plus en plus forte.

Reste l'intégration des Républiques au sein de la Fédération de Russie mais qui reste aussi délicate et problématique car elle abandonnerait à leur sort les territoires de la Novorossiya occupés par l'armée ukrainienne et engagerait un crise internationale majeure entre Moscou et Washington à côté de laquelle les tensions autour du retour de la Crimée en Russie apparaitront négligeables, et dont un affrontement militaire direct, au minimum régional, serait quasi inévitable.

Seule l'hypothèse et la possibilité d'organiser les Républiques du Donbass comme une tête de pont politique et militaire appuyant et alimentant un réseau de résistance et de partisans coordonné au niveau des territoires de la Novorissya (de Karkhov à Odessa) me semble l'option, certes périlleuse, mais la plus intéressante pour une sortie de crise militaire et une libération des territoires russes de cette région bordant la Mer Noire. 
Cela maintiendrait le conflit inévitable dans une dimension asymétrique contrôlable (comme la Syrie) et limitable à cette seule région pour laquelle pas un yankee n'est prêt à aller mourir...

Et la victoire des peuples natifs de cette Novorossiya, qui deviendra par la suite soit un pays allié, soit une République forte de la Fédération de Russie, pourra alors ramener la Paix dans la région en "bouteculant" les preneurs d'otages bandéristes de l'Ukraine qui auront échappé à l'enfer chez leurs parrains occidentaux et leur réduit galicien où ils pourront revétir si ca leur chante des uniformes nazis dans leurs cimetières militaires...


Erwan Castel



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