mardi 25 juin 2019

L'ennemi aux portes des cités


Sur le front du Donbass l'aggravation quotidienne de la situation militaire montre bien s'il en était besoin du nouvel échec de dernière réunion de Minsk, où le seul point positif mais non garanti a été de convenir d'un nouvel échange de prisonniers à l'automne de cette année.

Sur le terrain les forces ukrainiennes non seulement intensifient leurs pressions offensives mais réengagent pour cela leurs artillerie lourde dans de nombreux secteurs du front, jusqu'à l'utilisation de munitions au phosphore blanc .

Pour ne prendre en illustration de la liste rébarbative des violations du cessez le feu par Kiev, voici deux situations vécues au cours de ces dernières 24 heures aux lisières de Gorlovka et Donetsk, les 2 plus grandes cités de la République Populaire de Donetsk :

Dans la soirée du 23 juin, les positions républicaines défendant le Nord de Gorlovka ont subi des bombardeùents ukrainiens soutenus




Le deuxième exemple choisi pour illustrer cette escalade militaire générale sur le front du Donbass est le secteur Ouest de Donetsk, où les ukrops ont poursuivi récemment leur "grignotage" de la zone grise servant unitialement de tampon neutre et démilitarisé entre les beligérants. Ces occupations offensives de cet espace constituent des violations directes des accords de Minsk, lesquelles rendent encore plus difficile l'application du cessez le feu.

Ici une vidéo prise par un habitant de Donetsk dans son quartier situé près du front. On y entend des tirs ukrainiens avec des armes légères, révélant leur nouvelle avancée vers la ville dont les première maisons sont désormais à 200 mètres de leurs fusils d'assaut.


Même si cette continuité de la stratégie belliciste de Kiev soulignant au passage la permanence de ses discours politiques cyniques et mensongers, ne surprend vraiment personne du côté des républiques populaires du Donbass, les espoirs d'amorcer enfin une résolution pacifique de ce conflit font désormais place à la certitude de plus en plus admise que seule une reprise dynamique des combats permettra de libérer la pression subie par les cités du Donbass et de mettre fin à ce conflit insensé provoqué par les occidentaux contre les peuples de Russie.

Actuellement, les accords de Minsk que certains persistent à citer dans leurs discours, naifs, hypocrites ou cupides ressemblent plus à une digue sur le point de rompre devant une offensive prochaine qu'à un échafaudage destiné à construire la paix. 

D'ailleurs il suffit de regarder le dernier point d'achoppement proposé par le représentant de Kiev (et surtout des occidentaux) lors de la dernière réunion pour s'apercevoir que la paix n'est absolument pas leur priorité dans le Donbass. En effet, comme à d'habitude face à des difficultés initiales d'engager le processus de Paix, Kiev rajoute une nouvelle demande impossible à réaliser et qui bloque encore plus les négociations espérées. Cette fois les représentants du nouveau pouvoir oligarchique ukrainien ont demandé que leur soient restituer les actifs de leurs industriels qui avaient été nationalisés par le président Zakharchenko en réponse au blocus du Donbass lequel continue par ailleurs. Accompagnant cette proposition insensée du fait de l'aggravation des attaques contre les républiques, Kiev propose que les convois ferroviaires transportant le charbon du Donbass soient réouverts vers l'Ukraine. 

Cette proposition motivée qui est juste motivée par la cupidité d'oligarques soucieux de restaurer leurs bénéfices et surtout le désir de Kiev d'accuser les républiques de faire preuve de mauvaise volonté et de créer une polémique au sein de leur vie politique. Et il est triste de constater que certaines personnalités politiques de Donetsk prètent une oreille complaisante à ces propostions clivantes de l'ennemi qui seraient (heureusement) considérées par la très grande majorité de leurs gouvernements et surtout de leurs populations comme une trahison et le premier pas vers la capitulation. Mais il n'est pas surprenant d'observer, chez ces personnes sans expérience ni culture politque et qui travaillaient avant la guerre dans les industries des oligarques ukrainiens, ce genre de comportement animé autant par la cupidité, la naïveté que la stupidité. Et je préfère pour le moment taire leurs noms espérant encore que leurs positions inadmissibles ne sont que des erreurs passagères d'analyses et des égarement de leur faiblesses politiques...

En temps de guerre, les discours politiques ont la valeur que leur donnent ceux des armes, qui elles ne mentent jamais et révèlent les véritables intentions de la stratégie développée par chacun. Voici pour illustration cette autre vidéo prise hier après midi 24 juin sur le front de Yasinovataya, au Nord de Donetsk, dans le secteur de l'usine de filtration et distribution d'eau potable qui a été à nouveau la cible de l'artillerie ukrainienne (à 500 mètres des positions tenues par notre bataillon). 


Si le soldat n'aime pas la guerre en tant que telle, mais accepte de la faire pour défendre des valeurs qui sont siennes, il sait mieux que personne le prix de la Liberté et de la Paix, ces objectifs qui sont d'autant plus sacrés, qu'ils ne supportent aucun compromis politique qui deviendrait compromission éthique et ouvrirait la porte à l'esclavage de la pensée et des destinées individuelles et collectives.

Erwan Castel

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