vendredi 7 juin 2019

Le charbon, l'argent de la guerre et le prix du sang

Leonid Koutchma, le premier président de l'Ukraine après l'indépendance et Volodymir Zelensky l'actuel président 

Moins d'un mois après l'investiture de Zelensky, la vacuité de sa vision politique est telle que le clown de Kolomoisky en est réduit à suivre les traces, à quelques nuances près,  de son prédécesseur Porochenko qui pendant 5 ans a tourné en rond autour de la guerre du Donbass l'entretenant pour justifier ses échecs et alimenter la haine russophobe des chiens bandéristes que la folie du Maïdan a lâché à travers l'Ukraine.
  • Alors que Porochenko, il y a 5 nas désignait l’ex-président ukrainien Leonid Koutchma pour repésentait l'Ukraine aux réuions tripartite de Minsk, Zelensky a rappellé ce dernier, qui avait démissionné, afin de continuer son travail stérile et toucher au passage son salaire consulaire...
  • Alors que Porochenko pendant 5 années a refusé de dialoguer avec les réprésentants des républiques populiare de Donetsk et Lugansk, Zelensky persiste à vouloir continuer dans le refus de s'asseoir à la seule table capable de faire avancer vraiment le processus de paix.
  • Alors que Porochenko pendant 5 ans a accusé des forces du Donbass d'initier les violations du cessez le feu, malgré les observations contraires de l'OSCE, Zelensky accuse Moscou de "ne plus controler ses mercenaires" et ignore les violations du cessez le feu par ses propres troupes.
  • etc.
Et pourtant, Zelensky est accusé par Porochenko et les partisans de la guerre de mettre en oeuvre un "scénario russe dans le Donbass et de trahir les intérêts nationaux de l'Ukraine" à travers la critique des nouvelles propositions évoquées à Minsk ce 5 juin 2019 par son représentant. 

En effet, la forme employée par le nouveau pouvoir de Kiev dans les discussions de Minsk, via la bouche de Koutchma, semble effectivement plus conciliante avec Moscou concernant certains sujets...du moins en apparence comme par exemple:
  • La date d'un énième cessez le feu a été arrêtée pour le 19 juin prochain, cessez le feu illusoire dont chacun sait qu'il n'a aucune chance d'aboutir s'il n'est pas préalablement précédé par la l'évacuation de la zone neutre par les forces ukrainiennes et le retrait effectif de leur artillerie de la ligne de front.
  • Concernant l'échange de prisonniers prévu dans le méorendum de Minsk, la partie ukrainienne a accepté sans rechigner le principe d'un "échange tous pour tous", ce qui reste absolument sans garantie vu les sabotages ukrainiens de ce protocole réalisés précédemment aux lendemains de promesses identiques.
  • M. Koutchma a également promis que les forces ukrainiennes cesseraient de "réagir aux bombardements", pour montrer la bonne volonté de Kiev, ce qui fait sourire lorsque l'on sait, observations de l'OSCE à l'appui ,que ce sont justement elles qui initient la quasi totalité des bombardements.
Ce dernier point a aussitôt provoqué un clash avec la classe politique ukrainienne attachée au parti de la guerre, qui a aussitôt accusé Zelensky de trahison, obligeant ce dernier à désavouer le discours de son représentant à Minsk en assurant que "les forces ukrainiennes continueront à réagir durement dans le Donbass". Ce faisant, le nouveau président ukrainien accuse Moscou d'avoir "perdu le contrôle de ses mercenaires dans le Donbass", une pirouette pour mieux retomber dans le discours habituel de Kiev, "c'est pas moi c'est l'autre !", concernant les violations du cessez le feu sur le front.
  • Mais le point le plus important de la nouvelle approche ukrainienne à la table de Minsk est sans conteste la proposition de Kiev, appuyée par Ivanna Klimpush-Tsintsadze, Vice-Premier ministre de Zelensky chargée de l'intégration euro-atlantique de l'Ukraine, de lever le blocus économique du Donbass. 
Et il est évident que tous les autres salamaleks entendus à Minsk ce 5 juin tournent autour de cette proposition mielleuse de Kiev dont l'objectif évident est plus de sauver le business des industriels ukrainiens que de réanimer le processus de paix moribond de Minsk ! 

Rappelons que depuis le début du conflit des oligarques ukrainiens, comme Akhmetov par exemple avaient continué d'entretenir des relations économiques incompréhensibles pour ne pas dire scandaleuses par dessus, ou plutôt par dessous la ligne de front, à force de magouilles et corruptions diverses protégeant un business que la guerre rendait encore plus amoral.

Sous la houlette du président Zakharchenko, une nationalisation des actifs ukrainiens dans le Donbass avait été engagée pour mettre fin à ces fuites de capitaux vers l'ennemi tandis que de leur côté les natioanalistes ukrainiens dans des motivations bien sûr opposées au Donbass entarinaient un blocus économique des républiques de Donetsk et Lugansk, dans une logique de guerre finalement convergente.

Alors que le blocus ukrainien va avoir pour conséquences politiques, idéologiques et économiques de pousser encore plus le Donbass vers la Russie voisine, les oligarques en revanche vont perdre énormément dans l'opération car les principales mines et usines métallurgiques du Donbass sont dans les territoires des républiques. Ainsi par exemple l'entreprise Krasnodonugol, propriété de Rinat Akhmetov n'a fourni en 2018 que 2 millions de tonnes de charbon, contre 5,5 millions de tonnes en 2013. De son côté, et malgré la fermeture d'une quinzaine de mines situées sur la ligne de front et l'utilisation de la plus grande production pour alimenter ses usines métallurgiques et d'électricité, la seule République Populaire de Donetsk a exporté en 2018 plus de 5 millions de tonnes de charbon, via la Russie, d'une valeur de 17,7 milliards de roubles. 


Le charbon, l'argent de la guerre et le prix du sang

Quant au processus de Minsk, il est bien mort (et depuis sa naissance) et si son cadavre bouge encore aujourd'hui, c'est parce qu'il est envahi par des insectes cupides qui cherchent à s'en nourrir...

Car Zelensky, qui doit redresser la barre économique d'une Ukraine à la dérive, est dans l'obligation post électorale de "marquer des points" car autour de lui les opposants, décus et mécontents n'auront probablement pas la même patience que pendant le précédents mandat de Porochenko.

Il va devoir donc louvoyer entre les lobbys des oligarques (n'oublions pas qu'il est le poulain de Kolomoisky), les pressions menacantes des nationalistes, l'opposition du parti de la guerre, la coopération avec une Russie toujours indispendable dans de nombreux domaines (nucléaire, aéronautique, transports...), les feuilles de route imposées par l'OTAN, l'UE et le FMI etc. etc. Autant dire qu'une paix dans le Donbass - même s'il a été élu surtout sur cette promesse - est vraiment le cadet de ses soucis et probablement même une perspective peu intéressante tant la guerre offre pour l'OTAN un prétexte à militariser rapidement l'Ukraine, et pour Kiev un levier politique, la légitimité d'une répression sécuritaire et la justification d'une mendicité internationale.

Zelensky cherche donc à la fois à récupérer le charbon du Donbass, protéger les bénéfices politiques de la guerre, dans dans une réthorique pacifiste cherchant à trouver des points d'appui au sein des nouvelles équipes dirigeantes des républiques dont le développement économique est également une priorité absolue déclarée, et dont beaucoup apartenaient avant la guerre aux réseaux d'affaires ukrainiens.

Personnellement si j'ai pu avoir des inquitéudes après la mort brutale du président Zakharchenko, celles-ci ont nettement diminuées (mais sans toutefois disparaître) au regard de la politique d'intégration russe menée depuis 6 mois par la République Populaire de Donetsk, de concert avec une Fédération de Russie qui a confirmé son intention de ne pas abandonner le Donbass à plusieurs reprises et notamment avec cette possibilité pour ses habitants d'accéder à la citoyenneté russe.

Il faut cependant rester vigilant et particulièrement sur ce front du Donbass où l'armée ukarinienne montre chaque jour les véritables intentions du pouvoir de Kiev qui, derrière les projecteurs braqués sur sa politique "honteuse et impuissante" à Minsk comme l'a dénoncé le Vice-Premier Ministre ukrainien Vyacheslav Kirilenko, continue de facto à transformer son pays en une colonie militaire atlantiste dirigée contre la Russie, comme par exemple avec l'augmentation des livraisons d'armes américaines décidée fin mai, ou l'ouverture d'une nouvelle base navale à Ochakovo sur la mer Noire pour les navires ukrainiens... et ceux de l'OTAN.

Je laisserai donc le mot de la fin à ce soldat ukrainien commentant sur le front du Donbass, avec un mortier de 82mm les propos pacifiste de son Président demandant à son armée de na pas tirer.

"Zelya va te faire foutre !"

Et après cela, les laquais de l'OTAN en Ukraine veukent nous faire croire que ce sont le soldats républicains, ces "mercenaires que Moscou ne controlent plus" selon Koutchma qui sont responsables des violations du cessez le feu dans le Donbass ?

L'avantage de notre monde post-moderne sur-médiatisé de façon anarchique est que les mensonges des politiciens et de leurs chiens de garde propagandiste ont la durée de vie d'éphémères s'agitant sous les lumières de leurs fantasmes.

Erwan Castel


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