mercredi 30 mai 2018

"Za Mamai"

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Oleg Mamaiev dit "Mamaï" quelques jours avant d'être tué au combat sur ce front de Promka - Photo de Kristina Meliknova
Notre chef de bataillon tué au combat il y quelques jours continue d'habiter nos esprits, surtout sur ce front où nous partagions souvent avec lui des moments de fraternité lors de ses visites et inspections régulières. 

Aujourd'hui son souvenir fortifie encore plus notre détermination et nous voulons dans son éternité lui offrir cette Victoire à laquelle il nous a préparé.


Mercredi 30 mai 2018

Sur nos roquettes en attente sur les créneaux de nos positions à fleuri cette inscription "Za Mamaï" (pour Mamaï) en souvenir de notre chef de bataillon Oleg Mamaiev tué au combat le 17 mai dernier sur le front de Promka.

Le commandeur en rejoignant tant de ses soldats dans les rangs du Régiment immortel a laissé dans nos coeurs l'empreinte indélébile de son exemple élevé autant que de sa personnalité attachante.

A quelques mètres de mon poste de combat son bureau reste vide, et, en passant à côté je ne peux m'empêcher de penser au destin héroïque de cet homme humble et généreux dont la mort survenue dans ses 41 ans fait éclore la légende.

Cet ossète témoin de la désagrégation de son pays consécutive à l'effondrement de l'empire soviétique va vivre les guerres en Ossetie en 2004 puis 2008. Puis, il rejoint ses frères du Donbass dès mai 2014 et combat dans les rangs du bataillon Vostok avant de rejoindre en septembre 2014 la Brigade Piatnashka commandée par Abkhaz, devenu depuis député de la République Populaire de Donetsk.

Depuis son arrivée dans le Donbass, Mamaï était de tous les pires combats aux victoires desquels il apportait une contribution importante.

Réputé pour son audace, son sens tactique et son style de commandement fédérateur. Mamaï, devenu le "commandeur" de Piatnashka, continuait à être et combattre au milieu de ses hommes.

"Il est du devoir du commandant d'être là où se trouve son bataillon" aimait-il répéter.

Cet homme intense sous les ordres duquel j'ai eu l'honneur de servir, incarne à mes yeux le "Volontaire", cet individu maître de sa destinée qu'il conduit vers l'Honneur à travers les tempêtes , avec courage et humilité, et sans craindre le haut sacrifice.

Mamaï me fait penser à ces chevaliers poussiéreux cheminant sur les sentiers du Graal, ou encore cette "Compagnie de la Grande Ourse", du romancier Erik Saint Jall qui décrit l'épopée européenne de compagnons refusant la décadence de leurs valeurs et la destruction de leurs racines, et qui désertent leur époque pour porter leur rébellion dans le "Grand pays".

Et ce n'est pas un hasard si les âmes des héros sont en Europe souvent représentées par des oiseaux migrateurs. Et Mamaï est bien un de ces "Wandervogel" de l'Histoire européenne, ces hommes à la fois rebelles et gardiens et qui incarnent la Liberté et la Tradition dont l'harmonie a forgé à travers les millénaires l'identité européenne.

Erwan Castel

Extrait de "la Compagnie de la Grande Ourse"

"La grandeur ne se marchande pas ! Elle exige des sacrifices ! La grandeur ne s’achète pas, ne se vend pas ! Elle a besoin de cette part, en chacun de nous, qui élève à un moment ou un autre !

Vous entendez : c’est bien, c’est mal ; répondez : c’est grand, c’est petit ! Vous entendez : tâche d’être heureux ; répondez : pas à n’importe quel prix ! Vous entendez : pense à toi ; répondez : je pense au-delà de moi, loin dans le temps et à une échelle qui donne le vertige !

Etre grand, c’est voir grand, c’est vivre grand et mourir grand ! C’est ne pas se perdre en milles choses futiles, c’est ne pas perdre de vue le spirituel au milieu du matériel, c’est refuser d’être ordinaire ! La grandeur, c’est aussi se dire : je m’élèverai en élevant les autres ! je lutterai contre mes faiblesses et mes lâchetés ! la grandeur, c’est s’habituer à l’idée de devoir un jour se battre.

Parce que la grandeur ne se marchande pas… "

Erik Saint-Jall, La Compagnie de la Grande Ourse

"Pour Mamaï" inscrit sur le fût des lances roquette portatif et des obus  
Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

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