jeudi 12 avril 2018

Retour dans la tempête

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A nouveau équipé de moyens informatiques, je peux réutiliser mon blog "Soutien à la Rébellion du Donbass" (sauf en mission) pour témoigner de la situation du Donbass en guerre et de cet engagement personnel qui m'y a conduit il y a plus de 3 ans maintenant. Je remercie une nouvelle fois toutes celles et ceux qui par leur générosité ont permis cette remise à flot du blog et de ma liberté de communication.

Parmi les rubriques en cours, mon "journal du front" dont j'ai décidé de publier ici des extraits se veut un témoignage brut du quotidien d'un volontaire occidental engagé sur le "front de l'Ouest". J'ai commencé la mise à jour sur le blog des extraits précédemment publiés sur les réseaux sociaux. j'espère l'avoir achevé pour la fin du mois.

Aujourd'hui nous sommes repartis sur la première ligne de "Promka" qui est tenue par plusieurs unités républicaines dont une compagnie de notre brigade "Piatnashka". L'ambiance est différente des dernières rotations, pas tant par l'arrivée des première chaleurs printanières que par le choc provoqué par un retour brutal des bombardements sur la population de Donetsk.


Jeudi 12 avril 2018

Aujourd'hui notre unité relève une nouvelle fois les positions tenues par la brigade Piatnashka entre Yasiniovataya et Avdeevka au Nord de Donetsk, tandis que la population des quartiers Nord et Ouest de la cité continue de nettoyer et réparer les dégâts importants des bombardements ukrainiens du 10 avril.

La tension est palpable tant au niveau des civils que des militaires plus que jamais déterminés à en finir avec les soudards de Kiev. 

Interrogés par une équipe du média "Politnavigator", une habitante déclarait hier au milieu des ruines de sa maison : "Nous sommes un peuple fort, nous résisterons jusqu'au bout et nous ne retournerons jamais en Ukraine".

Tandis que nous bouclons nos paquetages en vérifiant une dernière fois armes et munitions, les canons ukrainiens continuent à nous appeler au combat à notre horizon Nord. Depuis l'automne dernier, même si des propagandistes locaux se noyant dans un demi verre d'eau dramatisaient à la moindre violation du cessez le feu, il faut reconnaître que la pression militaire ukrainienne s'était calmée. A part quelques exceptions, les ukrops se limitaient depuis plusieurs mois à des tirs de harcèlement meurtriers réalisés par des moyens de 1er échelon sur nos premières lignes de défense.

Mais du 10 et 11 avril matin, l'artillerie lourde ukrainienne est revenue frapper aux portes des quartiers résidentiels, où fort heureusement la population civile est aujourd'hui rodée à ce genre de situation, sachant par des gestes rapides et élémentaires anticiper et se mettre à l'abri des obus sifflant au dessus de leurs toits. Une fois de plus le bilan humain est miraculeux, mais l'importance des destructions matérielles en revanche, dénote du caractère terroriste et génocidaire de ce nouveau bombardement visant la population civile du Donbass.





"Ces bâtards qui ont fait tout cela, vont devoir répondre de leurs crimes. Ils veulent nous réintégrer (allusion à la récente "loi de réintégration du Donbass" ukrainienne), on ne sait pas où exactement ? Là ? En Ukraine ? Les bombardements ont commencé à 5 heures du matin. Même maintenant, vous pouvez traverser les rues, et voir que l'image de la destruction est vraiment terrible "



"Les gens sont sûrs que, par cette méthode si barbare, la partie ukrainienne essaie simplement de survivre aux gens de chez eux. Cependant, à Kiev, ils sont bien conscients qu'ils ne réussiront pas. "



Nous retournerons donc au front les yeux remplis de ces nouvelles images de haine et les oreilles attentives aux bruits de guerre qui au delà des rives méridionales de la Mer Noire menacent d'embraser le Levant. 

Malgré cela les émotions restent dans les maisons aimées car il n'y a rien de pire que de mener une guerre avec la haine au ventre cette mère de la folie du déshonneur et de la défaite. Nous laissons cela à nos ennemis qui en sont devenus les exemples honteux.


Notre détermination elle, est froide et silencieuse, mais elle peut se lire dans les yeux des enfants qui confiants guettent à l'horizon à l'horizon le retour de leurs rêves tandis que nos poings se serrent sur l'acier de nos armes.

Erwan Castel


Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

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