mardi 17 avril 2018

La grandeur des servitudes

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Alex Siguida dit "Zakhar" francophile et francophone et "poète maudit" à ses heures gagnées.
Le soldat est aussi et surtout dans son temps de travail un bâtisseur comme le rappellent les légendaires pionniers qui ouvrent les défilés de la Légion Étrangère, et cette dimension est d'autant plus importante quand le front s'enterre et se fortifie chaque jour un peu plus comme celui du Donbass.



Mardi 17 avril 2018

Être et durer pendant plusieurs jours sur une ligne de front n'implique pas seulement des actes de combat mais aussi des tâches certes moins médiatiques mais tout aussi vitales pour survivre sous les tirs et sans le moindre confort.

Ainsi ce matin sous un beau soleil printanier et des rafales ukrainiennes les hommes au repos sont partis sur différents "ateliers" : bois, eau, cuisine, tranchées, aménagement de postes de combat, et renforcement de la position.

Des équipes actuellement en caserne sont venus en renfort pour continuer la sécurisation des tranchées d'accès aux positions. Ce fut l'occasion pour Philippe, Sébastien et moi même, les 3 volontaires français de Piatnashka de se retrouver réunis pendant quelques minutes éphémères au milieu du labyrinthe creusé.

La troika des Fransous (de gauche à droite: Mézigue, Philippe Khalfine et Sébastien Hairon).

Autour de nous depuis la fin de matinée, d'autres activités remplissent l'atmosphère et captent notre attention : tirs de snipers, explosions de grenades à fusil ou vrombissement virevoltant de drones d'observation...

Vers midi des mortiers de 82mm entrant dans l'animation, nous ont invités à rejoindre notre "forteruine".
Là, derrière les murs épais renforcés de piliers et sacs de sable ronflent dans un concert étrange la scie "droujba", le poêle à charbon et sa soupe odorante le groupe électrogène ayant fait récemment une entrée révolutionnaire, et des hommes au repos dans les bras de Morphée.

A l'extérieur les tirs en augmentation viennent tinter régulièrement sur les ferailles tordues qui hérissent les ouvertures et les étages supérieurs détruits...

Les mains ont abandonné les outils pour retrouver le chemin des armes...

Erwan Castel

Sébastien Hairon dit "Seb", à la pioche pour approfondir la tranchée et faire du sport.
"ChorneÏ", au fourneau entre oignons et patates, touchonka et kassa.
Mézigue au retour d'une "corvée de bois" avec le cadavre d'un sapin

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

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