jeudi 7 juillet 2016

Des enfants dans l'oeil du cyclone

Ceux pour qui nous nous battons


Parmi les moments les plus étonnants vécus sur le front sont ces rencontres avec les enfants vivants à quelques centaines de mètres à peine des canons meurtriers qu'un ennemi souvent lâche et invisible pointe vers leurs maisons et jardins... 

Protégés par un amour parental permanent ces âmes innocentes au milieu des ruines continuent à nous offrir leurs rêves dans lesquels elles arrivent a noyer encore leurs larmes et leur peur.

L'équipe de Doni Press sillonne cette ligne de front chaque jour plus brûlante et croise toujours ces sourires qui du haut de leur jeunesse nous donnent toujours une grande leçon d'espérance...

Quelques uns des autres articles consacrés aux anges du Donbass, le lien ici : Enfants 

Erwan 


Source de l'article : DONi Press 

Les enfants du Donbass au milieu de la guerre 
Entre désillusions et espoir


7 Juillet 2016     

Lors de nos missions humanitaires ou lors de nos reportages sur le front, nous croisons fréquemment des enfants, certains vivant dans des conditions terribles. Des caves de leurs immeubles où ils vivent pour échapper aux obus ukrainiens aux foyers de réfugiés où ils se trouvent avec leur famille lorsque leur maison a été totalement détruite.

Beaucoup de ces enfants ont vu ou vécu des choses qu'un enfant ne devrait jamais voir ou vivre. Certains sont meurtris dans leur chair lorsqu'ils ont échappé à la mort, d'autres ont vu leurs amis ou des membres de leur famille mourir devant leurs yeux. Ces enfants ont un regard encore bien plus dur que celui de beaucoup d'adultes. Ils ont perdu leur innocence et leur joie de vivre.

Beaucoup de ceux qui vivent sur le front jouent fréquemment avec des restes d'obus de mortier ou de lance-roquettes, et font pour certains de véritables collections de ces objets de mort destinés à les tuer. À les voir jouer avec ces armes, le sang se glace dans les veines. Seule l'innocence de l'enfance peut ainsi transformer des munitions prévues pour donner la mort, en jouets. C'est un peu comme changer la mort en vie.

Pour certains la guerre a décidé de leur future vocation : soldat, ou reporter de guerre pour Kirill le garçon qui a survécu au bombardement du terrain de foot où il jouait avec ses amis. Un but à atteindre pour tenir bon malgré les bombardements, les nuits dans les caves, et les victimes dont le nombre continue inexorablement d'augmenter.

Et alors que l'on se dit que cette génération d'enfants est une génération sacrifiée qui sera détruite par la guerre, on croise au plus près de la mort, dans les zones les plus dangereuses du front des enfants comme la petite Rita de Zaïtsevo. Des obus, des grenades et des balles tombent régulièrement sur la maison qu'elle habite avec ses parents, des engins de mort avec lesquels elle joue telles des poupées ou des lego.

Pourtant cette petite fille est pleine de vie, sourit et rit à grand éclat. Une petite fille de cinq ans comme les autres. À la voir on pourrait croire que la guerre n'existe pas. Elle est là comme un ange au milieu des ruines. Une lueur d'espoir pour cette génération d'enfants qui aura grandi avec la guerre.


Christelle Néant, pour l'agence DONi Press

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