mercredi 29 mai 2019

Le temps des missiles


Il est bien fini le temps des fers et des chairs entremélées où la bravoure des uns pouvait bousculer la force des autres dans des combats où toujours dominait encore l'acier dans le tourbillon d'assauts intenses vécus comme le dernier moment d'une vie a sublimer. Désormais la guerre post moderne est celle des bombardements aériens et terrestres lointains, des drones et des missiles où les tireurs ressemblent à des adolescents jouant à un "war game" sur l'écran de leur ordinateur...

Et l'idéal pour les agresseurs est quand ce sont des auxilliaires officieux qui emploient ces armes à longue portée, additionnant à la déshumanisation du combat la déresponsabilisation morale et politique, surtout lorsque les tirs occasionnnent d'innombrables "dommages collatéraux" parmi la population civile de pays et bien sûr en dehors de toute déclaration de guerre...

La guerre que les USA ont amorcé en Ukraine par procuration contre la Russie à travers les populations russes du Donbass n'échappe pas à cette évolution post moderne des conflits militaires occidentaux qui veulent à tout prix éviter de revivre le traumatisme des pertes subies au Vietnam. C'est également pour cette raison que le conflit du Donbass a vu revenir au premier plan une artillerie qui devient même le principal acteur offensif de Kiev, tandis que ses "unités de mélées" s'enterrent chaque jour plus profondément sur leurs bases d'assaut. Et ls accords de Minsk vont achever la métamorphoser de ce conflit en guerre de tranchées, où la principale initiative du combat semble être réservée aux artilleurs et aux snipers.

Et dans le cadre de sa modernisation sous tutelle de l'OTAN (principalement via des instructeurs étasuniens et canadiens) et malgré qu'elle ne fasse toujours pas partie de cette alliance militaire occidentale qui n'est que le succube d'un Pentagone occupant l'Europe de l'Ouest, l'armée ukrainienne se voit doter chaque année de nouvelles armes en provenance du complexe militaro-industriel étasunien, et notamment d'un arsenal de missiles parmi les plus performants du marché.

Ainsi, l'année dernière les néo-conservateurs américains qui contrôlent toujours le Pentagone ont eu le feu vert du Président Trump pour livrer des armes létales au régime de Kiev. Ainsi danns le milliard de dollars d'aide militaire étasunienne accordé, 210 postes de tirs du missile antichar "Javelin" ont rejoint l'arsenal ukrainien. Bien sûr officiellement ces missiles de haute performance ne sont destinés qu'à "se défendre d'une potentielle agression russe" contre le poulain de l'OTAN, et s'il n'ont pas encore été déployés sur la ligne de front c'est certaienement parce qu''ils sont encore l'objet d'une phase d'acquisition, d'instruction et d'entrainement sous la houlette des instructeurs étasuniens accompagnant leur livraison.

Poste de tir antichar "Javelin"
Cette année, c'est de missiles anti-navires dont il est question et dont la livraison à l'armée ukrainienne et souhaitée par l'OTAN, sera débattue et décidée prochainement. Si cette proposition d'armement ne date pas d'hier (il s'agit d'une recommandation d'équipement faite en août 2018 par un certain "Centre pour la Sécurité Maritime Internationale" basé à... Washington) elle est en revanche remlancée dans le contexte d'une escalade des tensions entre Moscou et Kiev au sujet de la Mer Noire en général, de la Crimée et du détroit de Kertch en particulier.

Et le calendrier de cette décision d'armement maritime révèle qu'il est aussi une pression politique voulue par Washington en plus de la menace militaire que représentent ces missiles pour la flotte russe de la Mer Noire. En effet, au cours de ce mois de juin, la cour d'arbitrage de La Haye doit examiner la demande de Kiev d'accorder un staut maritime international au détroit de Kertch qui depuis le retour de la Crimée en Russie voit l'intégralité de son espace être dans les eaux territoriales russes. 
La Russie n'a jamais interdit à l'Ukraine de faire transiter ses navires par le détroit de Kertch mais juste de se spumettre à la réglementation douanière maritime appliquée à toutes les eaux territoriales, ce qui dans le contexte des crises de Crimée et du Donbass devient difficile à accepter pour l'orgueilleuse Kiev.

Pour cette nouvelle tranche d'équipement le budget alloué par les USA au titre de l'équipement militaire ukrainien a déjà été augmenté à 300 millions de dollars (50 millions de plus qu'en 2018) dont 100 millions dédiés à l'acquisition d'armes létales pour lesquels les missiles anti-navires sont éligibles.

C'est pourquoi, tout comme avec les missiles antichars "Javelin", les USA envisagent donc de livrer des missiles anti-navires à l'Ukraine, certainement des modèles "Harpoon" améliorés (Harpoon Block II ER), autant pour amener l'équipement de Kiev aux normes de l'OTAN que pour faire un geste politique de soutien au nouveau régime ukrainien et en même temps une pression politique supplémentaire contre la Russie. 
Mais surtout, si une nouvelle provocation est menée par la marine ukrainienne dans le détroit de Kertch, et dérape vers une confrontation plus virulente que celle de novembre 2018 lors de l'incident de Kertch, Kiev, en bon auxilliaire du Pentagione, pourra alors engager de sa propre initiative ses unité navales russes pour amorcer une nouvelle escalade sans responsabiliser directement Washington.

En attendant, et l'Ukraine et la Russie continuent à renforcer leurs défenses côtières réciproques (Crimée et Mariupol) tandis que Kiev multiplie ses manoauvres militaires provocatrices, comme les exrecices de tir en mer réalisés hier par sa marine en Mer d'Azov. 

Erwan Castel
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