vendredi 28 février 2020

"Qui s'y frotte s'y pique"


Dans le Donbass militaire, ce mois de février aura été marqué par la lamentable opération de communication menée par Kiev sue le front de Lugansk et pour laquelle Zelensky a sacrifié inutilement près d'une dizaine de soldats ukrainiens. Je ne reviendrai pas ici sur les détails de cette attaque ukrainienne et les motivations politiques hystériques et non moins pitoyables qui l'ont déclenché mais plus de la contre-attaque républicaine qui l'a immédiatement suivie et qui révèle les capacités opérationnelles actuelles des milices républicaines de Donetsk et Lugansk, autant que la situation psychologique du front.

Lorsque une unité ukrainienne de reconnaissance et sabotage tente de s'infiltrer dans les lignes républicaines ce 18 février 2020 à 6h00 du matin, elle est aussitôt repérée par les avants postes républicains qui ripostent, Suite à ce premier échec les ukrops qui battent en retraite précipitamment se fourvoient dans un secteur miné qui augmente drastiquement leurs pertes. 

Sur fond de duels d'artillerie consécutifs à cette première phase de cette bataille qui vadurer pendant 5 heures, les forces républicaines engagent alors une contre attaque limitée dont l'objectif est de s'emparer d'une position avancée ukrainienne organisée dans cette "zone grise" située entre les belligérants et censée rester démilitarisée.

Prise de la position ukrainienne "Bania" lors de la contre-attaque 
républicaine sur le front de Kirovsk le 18 février 2020.

C'est probablement à partir de cette position ukrainienne avancée, appelée "Bania", que s'était élancé le groupe de combat pour sa reconnaissance offensive vers les positions républicaines défendant le village de Golubovskoye. La neutraliser apparaissait donc comme une réaction minimum et prioritaire à cette attaque de Kiev.

Une unité républicaine a donc créé la surprise en sortant de ses positions pour donner l'assaut à cette position avancée ukrainienne et ce moins d'une heure après de début de l'attaque comme le montre cette image extrait d'un drone de surveillance où on peut distinguer au milieu de l'image des soldats progressant vers l'objectif.



Sans vouloir verser dans un dythérambe propagandiste des forces de défense républicaines, force est de constater qu' à l'occasion de cette matinée du 18 février elles ont démontré une grande capacité opérationnelle et une discipline de combat exemplaire qui leur ont permis de réagir promptement à l'attaque ukrainienne et d'engager une riposte ciblée et limitée contre des positions identifiées sans toutefois engager une rupture du front et une escalade majeure incontrôlable :
  • Les unités de défense après avoir repoussé les forces ukrainiennes vont engager une contre attaque limitée dans l'espace et le temps pour détruire leu base d'assaut et les dissuader de poursuivre leurs actions offensives.
  • Puis lorsque les ukrainiens entament un bombardement généralisé de ce secteur du front (7 villages seront touchés par l'artillerie lourde de Kiev), l'artillerie républicaine de engage alors rapidement des tirs de contre-batteries efficaces sur les postions de tir repérées.

"Devant nous l'ennemi, derrière nous nos familles"


Mai surtout ce choc du 18 février révèle le niveau psychologique des forces en présence sur ce front du Donbass : 
  • Malgré leur nette supériorité numérique (x 3 à 4) et une modernisation de leurs équipements et entraînements, les soldats ukrainiens ne montrent pas de motivation pour aller mourir sur le front du Donbass. Les problèmes importants d’alcoolisme et de drogues dans leurs rangs, les désertions 'avant et après incorporation) et suicides nombreux sont symptomatiques de cette dépression générale qui règne parmi les forces de Kiev. Et lorsque ces soldats sont confrontés à la dure réalité du combat, le plus souvent, ils se terrent ou s'enfuient dans une panique individuelle incontrôlée.
  • Exception cependant pour les volontaires des bataillons et unités spéciales composées principalement de soldats politiques, repris de justice et autres têtes brûlées qui au contraire veulent en découdre violemment avec les forces pro-russes mais dans une telle excitation qu'ils en perdent souvent le sens des réalités et de la discipline pour foncer dans des actes téméraires suicidaires. 
En résumé, la majorité des soldats ukrainiens savent se battre mais n'en ont pas envie de risquer leurs vies pour Donetsk ou Lugansk, et la minorité des ukrops présents sur le front du Donbass veulent individuellement se battre contre les pro-russes mais ne connaissent pas la discipline qu'impose le combat moderne.
  • En revanche les milices républicaines restent, malgré 6 années de guerre, extrêmement motivées dans leurs missions de combat. De plus l'expérience de la guerre, l'entrainement subi et la modernisation de leurs équipements et procédures d'engagement ont renforcé considérablement leur discipline et leur capacité opérationnelle. 
  • Les miliciens républicains, bien qu'inférieurs en nombre se battent sur des positions défensives le dos à leurs villages ancestraux et cités familiales, ce qui leur donne un avantage tactique compensant justement cette balance numérique et surtout une motivation extrême qui est celle d'un guerrier défendant sa famille et son clan.
Si on rajoute à ce facteur psychologique la configuration physique du front qui est au désavantage de l'assaillant, on comprend mieux pourquoi les forces ukrainiennes se contentent surtout de bombarder les républiques et ne s'aventurent que très rarement à vouloir percer leurs lignes de défense. 
En effet, le front défensif républicain s'appuie soit de grands espaces ouverts de type steppe où peuvent être observés les moindres mouvements lointains, ou alors de tissus urbains et industriels très difficiles à investir et contrôler sans un coût matériel et humain très important (pour attaquer une agglomération défendue, le ratio minimum exigé par la guerre moderne est de 4 contre 1 et d'une logistique x8).

Donc  le seul choix qui s'offre à l'Etat major ukrainien est de provoquer, toujours et encore les forces de défenses républicaines en espérant qu'elles tombent dans le piège d'une riposte disproportionnée qui serait exploitable sur le plan diplomatique par Kiev pour imposer des exigences et des sanctions nouvelles et démesurées contre la Russie.

Mais depuis 6 ans les femmes et les hommes du Donbass qui méritent chaque jour de l'ancien nom de leur cité minière ("Stalino") ont appris à "faire le dos rond" quand éructent les canons ukrainiens mais aussi de monter à l'assaut avec courage lorsque des ukrops osent venir se frotter à leurs lignes de défense.


La force morale qui anime la grande majorité des milices républicaines qui, contrairement aux conscrits ukrainiens, ne sont composées exclusivement que de volontaires pourtant peu rémunérés est sans conteste l'expression de ce lien indescriptible qui lie un homme à sa patrie charnelle, et ceci au delà de toute considération idéologique ou communautariste restrictive, car c'est la terre et l'Histoire physique d'un pays qui définit son peuple d'appartenance par rapport à tous ceux qui adoptent sa culture native, travaillent et se battent pour lui à l'image des différentes communautés de la Grande Russie qu'on retrouve dans les galeries de mines de charbons ou dans les tranchées du Donbass.

Et si d'aventure Zelensky, poussé par l'OTAN et le contexte international (Syrie notamment) venait à lancer une grande offensive dans le Donbass, c'est toute l'Ukraine qui vivrait alors sous la réponse vive des forces républicaines mai aussi, à cette occasion, des forces russes, le même destin funeste que celui  de son unité de reconnaissance sacrifiée le 18 février dernier devant les défenses de la République Populaire de Lugansk.

Erwan Castel

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