vendredi 19 avril 2019

Les pestiférés de la bien pensance


J'apprends récemment qu'il est question que madame Hélène Richard Favre, une personne active dans les réseaux de réinformation et observatrice pertinente de la crise ukrainienne et guerre dans le Donbass, après soit disant faire partie des "réseaux du Kremlin", qu'elle fréquente aujourd'hui des "mercenaires" (qui travaillent pour les mêmes réseaux bien sûr) opérant dans le Donbass aux côtés des séparatistes pro-russes et parmi lesquels se trouvent des volontaires français servant dans des forces républicaines de Donetsk, dont votre serviteur.

Cette remarque a été faite par l'avocat d'une certaine Cécile Vaissié auteure d'une étude intitulée "Les Réseaux du Kremlin en France" (Les Petits Matins, 2016), et dont on peut trouver sur le site d'Olivier Berruyer, ici, de nombreux extraits permettant au premier venu de mesurer le niveau du fantasme délirant qui a maquillé en étude ce qui n'est qu'un réquisitoire partial dont la conclusion précède le travail et impose un simplisme manichéen "apeurant" émaillé d'un ensemble de diffamations sorties d'une propagande de guerre occidentale grossière et mensongère.

De fait les diffamations portent atteinte à la probité de 6 analystes indépendants (Djordje Kuzmanovic et de son épouse, Véra Nikolski, haut fonctionnaire, les blogueurs Olivier Berruyer, Hélène Richard-Favre et Pierre Lamblé, et l’enseignant Gueorgui Chepelev) ont provoqué de leur part une plainte argumentée à l'encontre de Cécile Vaissié pour diffamation auprès de la 17ème chambre correctionnelle. Et c'est au cours de ce procès que la défense des Tartuffe et Torquemada qui voient la "main de Moscou" partout où leur pensée unique n'est pas respectée, que Hélène Richard Favre a été accusée de "fréquenter des mercenaires" !

Si la liberté d'expression doit être un principe souverain dans une société qui se prétend civilisée, elle ne peut en revanche déresponsabiliser ceux qui en profitent pour profèrer des accusations calomnieuses portant atteinte à l'honneur et à l'éthique de personnes nommées. Et je pense, sans me vanter, pouvoir jauger cette lâcheté et malhonneteté intellectuelle qui sied aux pervers en manque d'arguments, étant accusé depuis le Donbass d'être un agent de Poutine ou des services français, un fasciste ou un stalinien, un voleur, un déserteur, un tueur de serbes, un terroriste etc. (j'en passe et des meilleures) par les débiles pro Kiev comme ceux du réseau B.Grua ou les non moins débiles pro Donbass comme ceux du réseau C.Néant par exemple.

Donc ici l'avocat de Cécile Vaissié, que j'invite à venir me rencontrer dans le Donbass entre autres témoins, acteurs et victimes du conflit, prétend que les volontaires venus dans le Donbass seraient des  "mercenaires". 

Un affirmation qu'il faut examiner ici de plus près :

Mézigue sur le front de Yasinovataya... terroriste, mercenaire ou tout simplement volontaire ? - Photo Guillaume Chauvin, mars 2019

"Un mercenaire est un combattant étranger aux parties en conflit, "spécialement recruté dans le pays ou à l'étranger" et qui "prend une part directe aux hostilités". Ce combattant doit également avoir un "avantage personnel" à participer à ce conflit, qui doit prendre la forme d'une rémunération "nettement supérieure à celle de ses homologues de l'armée régulière"


Examinons donc ce texte du Comité internationale de la Croix Rouge qui malgré sa couleur n'est pas me semble t-il l'émanation d'une doxa soviétique ayant survécu à l'effondrement de l'URSS ! :

Article 47 [ le lien ici ] - Mercenaires

1. Un mercenaire n'a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre.
  • Ce point est peut-être le plus intéeressant car il expliqu pourquoi les volontaires étrangers dans le Donbass sont souvent qualifiés par la partie ukrainienne (qui n'a pas obtenu pour les républiques la qualification de "terroristes" par l'ONU ) de "mercenaires". En effet les conséquennces juridiques lié au statut de "mercenaires" restreignant considérablement les droits des intéressés, Kiev cherche ainsi à les palcer hors du cadre des accords de Minsk qui prévoit une amnistie et pas seulemant pour la poignée d'occidentaux venus dans le Donbass mais aussi pour les russes, les serbes, les ossètes, les abkhazes etc et qui sont pléthore depuis 2014.

2. Le terme «mercenaire» s'entend de toute personne :

a) qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l'étranger pour combattre dans un conflit armé ;
  • Ici il n'y a aucun "réseau de recrutement" organisé recrutant et accompagnant les volontaires venant combattre dans le Donbass. Au contraire il s'avère que pour les occidentaux, c'est plutôt "la croix et la bannière" pour arriver jusqu'à Donetsk et ensuite trouver un bataillon. et seules des cooptations individuelles et des infos directes et personnelles permettent aux intéressés de faire le trajet jusqu'à Donetsk et Lugansk, et à leurs frais. Ceci expliquant entre autres les faibles effectifs observés des occidentaux ainsi que les très nombreux cas de refoulement à la frontière russe pour ceux qui n'ont ni visa double entrée ni contact sur place.

b) qui en fait prend une part directe aux hostilités ;
  • Sur ce point de la participation aux hostilités, d'accord, en notant toutefois que la dimension médiatique des volontaires occidentaux a souvent incité dans les premiers temps de la guerre les autorité locales à ne pas exposer trop dangereusement ces étrangers particuliers pour éviter l'exploitation diplomatico-juridique qu'aurait immanquablement provoqué leur mort au combat (voir l'exemple des djihadistes étrangers tués ou capturés en Syrie par exemple)

c) qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d'obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ;
  • Après être arrivé à Donetsk au début de l'année 2015, je me suis engagé dans la milice républicaine, sans intégration administrative et sans salaire, en tant que volontaire. Puis ce fut à partir de mars 2015 au sein du 4ème bataillon de la "Garde Républicaine" où, avec d'autres français après avoir servi bénévolement plusieurs mois nous avons perçu notre première solde de 2000 hryvnias (un peu plus de 50 euros). Au fil des mois et des mutations mon salaire mensuel a augmenté jusqu'à la barre actuelle des 15000 roubles (200 euros), ce qui correspond sans aucune prime spéciale au même salaire en vigueur dans l'armée républicaine. Personnellement je n'appelle cela (pour l'avoir vécu dans le passé) une rénumération de "mercenaire".

d) qui n'est ni ressortissant d'une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ;
  • Sur ce point particulier, je dirai oui et non, car si les volontaires occidentaux arrivent effectivement dans le Donbass en tant que ressortissants étrangers, en revanche (pour ceux qui ne sont pas venus y faire des safaris-selfies) une normalisation administrative est engagée pour ceux qui s'intégrent et s'inscrivent dans la durée : livret militaire, certificat de résidence et passeport national. Le volontaire devient alors un citoyen à part entière de la République où il vit et travaille.

e) qui n'est pas membre des forces armées d'une Partie au conflit ;
  • Les volontaires étrangers dans le Donbass sont intégrés et dispersés individuellement dans les unités régulières du Corps de la milice ou du Ministère de l'Intérieur des républiques de Donetsk et Lugansk. Il n'y a pas dans le Donbass indépendant des Sociétés Militaires Privées style "Blackwater" comme il en existe du côté de Kiev, où d'unités spécialisées dans l'accueil des volontaires étrangers comme les bataillons spéciaux autonomes ukrainiens, par exemple.

f) qui n'a pas été envoyée par un Etat autre qu'une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit Etat.
  • Non le volontariat dans le Donbass est une décision individuelle personnelle qui ne correspond aucunement à une politique étatique et pour parler de la Russie qui est accusée d'organiser ce "mercenariat" dans le Donbass, il suffirt de regarder pour s'en convaincre le nombre de faits de justice où les tribunaux russes renvoient en Ukraine des anciens miliciens en situation irrégulière (ce que je trouve scandaleux eu égard aux risques mortels qui les attendent dans les prisons ukrainiennes) . Et pour ne parler que des volontaires français étant venus dans le Donbass, parmi ceux qui sont repartis en France via la Russie après expiration de leur visa d'entrée initial, ils ont écopé après leurs interpellations d'une amende, d'une expulsion juridique, d'une interdiction de territoire de 5 ans et même pour certains d'une peine d'emprisonnement à Rostov de plusieurs mois. On ne peut pas vraiment pas parler ici de réseau du Kremlin en soutien aux défenseurs du Donbass ! (depuis une procédure a été organisée aux ministères des affaires étrangères de Donetsk et Lugansk pour demander sur place un visa de transit auprès des services consulaires de Rostov)

Donc, pour en revenir à Cécile Vaissié et aux délires russophobes et hystériques de la meute des pro-ukrops psychotiques à laquelle elle appartient, voilà encore un bel exemple de cette propagande occidentale qui en prenant ses auditeurs et lecteurs pour des cons prétend faire passer les mensonges de sa vision partiale et manichéenne, pour des vérités absolues et des arguments juridiques souverains.

Et le plus cocasse dans cette histoire c'est que, comme le rappelle Hélène Richard Favre qui est attaquée, c'est à Genève que se trouve une des résidences du milliardaire ukrainien Igor Kolomoisky qui en 2014 finança la création, l'équipement et l'entretien de bataillons spéciaux nationalistes autonomes attirant avec des salaires attractifs, des idéologies extrèmistes et des réseaux de recrutement dans plusieurs pays d'Europe, dont la France, des volontaires étrangers qui vont par la suite s'illustrer dans des crimes de guerre (que condamnent même les tribunaux de Kiev comme pour le bataillon Tornado par exemple), des menaces de coup d'Etat etc...

Pour le coup si cela n'est pas du mercenariat, alors c'est du terrorisme tout simplement !

Et merde!, j'avais oublié que depuis le Maïdan, Kiev appartient au royaume immaculé de cette bien pensance occidentale et droitdelhommiste pour laquelle égorger en Syrie ou bombarder dans le Donbass des civils désarmés ne peut en aucun cas être considérer comme un acte criminel et encore moins terroriste, les méchants aux yeux de l'opinion autoproclamée internationale, ce sont les volontaires qui défendent les familles bombardées de Donetsk et Lugansk tel que définis dans le script hollywoodien écrit par la ploutocratie mondialiste.

Mais "un jour viendra où les traitres paieront".

Erwan Castel

Voici 2 articles sur le sujet signés Hélène Richard Favre :

Source de l'article : Voix



En ce vendredi saint...

Hélène Richard Favre


En ce vendredi saint, qu’il est triste de lire ce qu’écrit Erwan Castel depuis le Donbass! Autant reste-t-on affecté par les flammes qui ont dévoré Notre-Dame, autant pleure-t-on depuis bien trop longtemps la guerre fratricide qui déchire l’Ukraine.

Lors des audiences qui se sont tenues au TGI de Paris, les 14 et 15 mars derniers et desquelles il a été rendu compte ici dans plusieurs sujets, l’avocat de la partie adverse m’a vue entretenir une relation avec un mercenaire (voir le deuxième article ci après). Et cela, du seul fait que j’avais targué son nom sous une de mes publications partagées sur Facebook.

Je ne connais personnellement ni ce « mercenaire » avec lequel j’entretiendrais une relation, pas davantage Erwan Castel que j’ai plusieurs fois cité ici. Je tiens, par contre et il est vrai, à partager ce dont ils rendent compte depuis le Donbass où ils se sont engagés comme volontaires.

Pourquoi?

Tout simplement pour apporter un autre point de vue sur cette guerre qui, jamais, n’aurait dû commencer tant elle est meurtrière pour les Ukrainiens comme pour les Russes qu’elle divise au coeur même des unions que les uns et les autres ont contractées de longue date.

Cependant, tout cela n’intéresse pas les fins stratèges qui ne voient, de responsable à cette tragédie, que « la Russie de Poutine ». Pour vous montrer en quoi elle le serait, je vous suggère de lire cet article d’Errant Castel et vous en aurez la confirmation.

Pendant ce temps-là, nous autres Genevois et Suisses, méditions aussi à qui nous accordons nos statuts de résidents fiscaux. Et interrogeons-nous tout autant sur qui est proche de qui, comment et avec quelles conséquences sur la vie d’autant de femmes, d’hommes et d’enfants, ce sera tout cela d’épargné pour de potentielles et prochaines victimes que compte déjà cette guerre!


Complicité des uns, complicités des autres

Hélène Richard Favre



Il est toujours intéressant de constater comment les agressions commises par les uns ne seraient pas semblables à celles commises par les autres.

Et de fait, comment la complicité des uns ne serait pas celles des autres.

Avant-hier, je me suis entendue signifier par la défense des prévenues dans le cadre du procès qui m’a opposée à Cécile Vaissié et à son éditrice, que je « fréquentais »  des « mercenaires ».

Oui, tout simplement parce qu’on a constaté que, sur Facebook, je « taguais » le nom d’un volontaire  dans le Donbass.

Je tague, donc je fréquente.

Il va de soi que celui qui ne s’est jamais caché financer le bataillon Azov, n’est pas un « mercenaire ». Mieux ou pire, à choix, il n’a pas été précisé par la partie adverse que lui, je ne le « fréquentais » pas. 

Et pourtant, il a été, l’est-il encore, on ne peut pas le savoir, il a en tous les cas été résident genevois au bénéfice d’un forfait fiscal.

La « femme au foyer » que Madame Vaissié me déclare être dans son « enquête fouillée » qui est « installée au bord du Lac Léman » comme elle l’a dit à la barre, n’aurait pourtant pas eu des centaines de kilomètres à parcourir pour le « fréquenter ».

Non seulement je ne me suis jamais rendue dans le Donbass mais je suis marraine d’une association caritative en faveur des enfants de cette région du sud-est de l’Ukraine.

Alors oui, pour la complicité d’actes de violence mais pas selon des sélections obligées."

Hélène Richard Favre


"Française par sa mère, Suissesse par son père, Hélène Richard-Favre vit à Genève. Licenciée ès lettres, elle a étudié les langues et littératures russe, allemande et française avant de se spécialiser en linguistique pour se consacrer à la recherche.
Tout en menant des travaux en épistémologie et en histoire de la linguistique, elle a enseigné le français à la faculté des Sciences politiques de l’université de Turin, puis au collège, à l’école d’Ingénieurs et au Service des classes d’accueil et de réinsertion de Genève.
Depuis 2004, Hélène Richard-Favre ne se consacre plus qu’à l’écriture et intervient sur différents sites et revues en ligne. Elle tient son propre blog sur le site de La Tribune de Genève : http://voix.blog.tdg.ch"


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