mercredi 29 novembre 2017

Dans la nuit hivernale

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Même les monothéistes romains, pour ne pas avorter dans leur vision linéaire d'une histoire linéaire et religio-centrée, ont dû rapidement intégrer la permanence naturelle des cycles solaires indestructibles et qui ont survécu au calendrier grégorien en donnant notamment au prophète nazoréen une naissance solsticiale et une symbolique solaire....

Débarrassées de leurs virus exogènes, les croyances natives et naturelles européennes vont bientôt, sur les corps agonisant des pensées uniques dogmatiques (religieuses culturelles économiques ou politiques), rappeler les Hommes sur la voie d'un amour filial envers cette Nature et les valeurs civilisationnelles des peuples fondateurs. Alors les dieux qui incarnent cette Nature et ces valeurs viendront alors à nouveau marcher à leurs côtés.

Car, mise à part la chrétienté orthodoxe qui non seulement n'attaque pas les autres cultes par un prosélytisme arrogant et agressif, mais cohabite avec eux dans une symphonie des pouvoirs partagée avec le Politis, force est de constater que les pensées monothéistes politisées ont ouvert la porte de l'Histoire à la pensée unique qui depuis 6000 ans engendre les hégémonies violentes de modèles dogmatiques religieux, politiques, économiques, culturels qu'elles ont influencé.

"Nos ancêtres ont refusé de croire à la mort du soleil. Ils portaient au cœur la certitude du printemps. Ils savaient que la vie continuait, que les fleurs allaient crever la neige, que les graines germaient sous la glace, que les enfants allaient prendre leur part d'héritage..."
Jean Mabire


A Donetsk, un vent glacial est venu tisser des dentelles de glaces aux arêtes des toits et des balcons et même jusque dans les branches des arbres exposés au vent du Nord...

Dans ma petite rue ou je profite de quelques jours de repos, les silhouettes des habitants d'Oktyabrsky tirant leurs caddies et leurs luges vers le marché se tassent dans l'ombre des cols relevés, tandis que leurs pas raccourcis dérapent sur le verglas caché par la neige.

Mais au Nord, dans l'air figé résonnent toujours et encore les détonations d'une artillerie kiévienne qui continue, imperturbable à rappeler la présence de cette haine portée par la cupidité mondialiste jusqu'aux portes des cités libres et rebelles.

Pendant ce temps, à Donetsk une adolescente attardée autoproclamée journaliste souhaite dans sa diarrhée verbale hebdomadaire au simplisme est tellement caricatural qu'il en devient ridicule, "3 mètres de neige" aux ukrops, oubliant dans sa débilité haineuse que : 
1 / d'une part la rigueur hivernale touche également les soldats des Républiques déployés sur le front et les populations civiles qui tentent de survivre sous les bombardements
2 / et que d'autre part la neige est plutôt un isolant thermique efficace contre les très basses températures.

Mais pour savoir cela, au lieu de nuire et calomnier celles et ceux qui ne s'inclinent pas devant le misérable trône de son imposture, il faudrait que Christelle la bien nommée avec ses 2 vermines Éric et Catherine, sorte réellement sur la première ligne du front sa collection de treillis immaculés remplis de haine autant que de graisse...

Car l''hiver sur le front, c'est d'abord une immense forge froide dans laquelle les forces physiques et mentales qui la traversent sont au contraire trempées comme un acier promis à des combats extrêmes.


Ainsi de notre "forteruine" dont le toit n'est plus qu'un souvenir et les murs des lambeaux déchirés par l'acier. 
Depuis une semaine l'hiver y déroule sans invitation son tapis blanc durci par le gel sous lequel se cachent le chaos des pierres et brisées et ferrailles tordues. C'est dans ce décor post-apocalyptique que nous alternons jour et nuit entre postes de combat, services, repos abrités et corvées extérieures.

L'hiver russe (le 4ème me concernant) devient initiatique pour celui qui le traverse, sait l'accepter et faire de ses rigueurs une deuxième peau durcissant le cuir et protégeant l'âme.

C'est pourquoi, aux ennemis du Donbass auxquels nous sommes confrontés sur le front, je souhaiterai plutôt chaleur et plaisirs, car ils ramollissent l'esprit, endorment les sens et avachissent les corps dans cette paresse repue qui ouvre en grand les bras de l'Homme à la défaite du Soldat.

Erwan Castel

Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

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