lundi 10 octobre 2016

Le mirage de Minsk...

A Minsk, une valse hésitation aux accords désaccordés

" 1,2,3... un pas en avant deux pas en arrière ! "
Dans la journée et la nuit d'hier, l'armée ukrainienne a frappé 314 fois la seule République de Donetsk, dont 2017 fois avec des armes prohibées par les accords de Minsk, de calibres supérieurs à 100 mm. Sans verser dans les superlatifs de certains propagandistes bien intentionnés mais qui se laissent tentés par une sémantique sensationnaliste ("nuit de terreur" où l'artillerie ukrainienne "se déchaîne") il faut reconnaître que ce week-end a été marqué par un retour sensible des attaques ukrainiennes sur l'ensemble de la ligne de front, bombardements, mais aussi incursions offensives de groupes de reconnaissance à Sahanka dans le Sud de la République ou a Trudovsky au Sud-Ouest de Donetsk. Parallèlement à cette reprise progressive des opérations agressives sur la population et les positions défensives du Donbass, les services de renseignement  de la République repéraient le déploiement de nouvelles unités blindées de Kiev à moins de 10 km de la zone de contact du front. (Pour plus d'infos voir l'article DONi Press ici : L'escalade de la situation dans le Donbass...)

Cette nouvelle escalade militaire qui semble s'amorcer sur le front jette une nouvelle pelletée sur le cercueil des accords de Minsk que les diplomaties occidentales tentaient officiellement de réanimer à nouveau depuis le sommet du G20 en Chine... 

Mais cela ne semble pas émouvoir les présidences européennes qui affichent mollement un agacement de principe...

Car ni Washington qui veut conserver la plaie du Donbass ouverte pour pouvoir y jeter du sel russophobe, ni Kiev qui ne veut risquer l'éclatement définitif de l'Ukraine par la réforme constitutionnelle et la loi de décentralisation demandées à Minsk ne veulent voir aboutir le processus de paix engagé en septembre 2014 et dont la mise en oeuvre 2 ans plus tard n'a pas dépassé le troisième des 13 points définis par la feuille de route.

Seules la Russie et les Républiques du Donbass semblent aujourd'hui encore s'accrocher à ce processus de paix de Minsk et, appliquant l'adage russe qui préfère toujours une mauvaise paix à une bonne guerre, s'appliquent à vouloir mettre en oeuvre scrupuleusement sa feuille de route, comme le weekend dernier lors de la tenue des élections primaires à Donetsk et Lugansk.

Quand aux autres acteurs, on est en droit de se demander si Hollande et Merkel qui s'agitent sur des accords bien désaccordés ont vraiment l'intention aujourd'hui de défendre ce processus de paix, malmené en toute impunité par leur marionnette kiévienne Porochenko,  où exécutent-ils plutôt une valse hésitation hypocrite et cynique en attendant que le chef d'orchestre étasunien lance la nouvelle marche syrienne ou le Rock 'n' roll présidentiel annoncés ?

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Le coup de gueule de Bertrand Brisset

Bertrand Brisset est un essayiste auteur de nombreux ouvrages historiques, et qui a dès le Maïdan en 2014 apporté une analyse pertinente de la crise ukrainienne, portée par une vision historique et un style narratif esthétique. Présent sur les réseaux sociaux, il participe également à la publication de "Sans frontières" le mensuel francophone de l'Institut franco-russe de Donetsk et du département français des sciences et techniques de l'Université nationale technique de Donetsk (par exemple ici )

Voici donc son dernier petit billet d'humeur dans le contexte de l'abdication de la dignité et l'indépendance française devant l'hégémonie arrogante étasunienne...

Publié sur Facebook le 10 octobre 2016le lien ici : Facebook

"Au début de l'année 2015 furent signés les Accords de Minsk II sous l'égide d'Angela Merkel et de François Hollande. Toutes les personnes qui suivent de près l'évolution de la guerre civile en Ukraine suite à cette fausse révolution du "Maïdan" orchestrée en sous-main par la CIA se sont évidemment réjouis! Si ces accords ont été signés, c'est certainement parce que les Etats-Unis n'étaient pas présents. Comme quoi, sans Washington derrière, on peut s'entendre entre Européens!

Ce jour-là, Monsieur Hollande, Madame Merkel, vous fûtes grands!

Alors, que s'est-il passé pour un tel changement de cap? Les bombardements de l'armée kiéviste ont repris peu de temps après sur le Donbass... Le Président ukrainien Petro Porochenko dénonça la pierre angulaire des accords, à savoir la fédéralisation du pays, pourtant seule solution à une paix durable... Ce que nous aurions pu attendre de votre part, Monsieur Hollande, mais aussi Madame Merkel, c'était, au minimum, une pression diplomatique sur Kiev, sur Monsieur Porochenko afin qu'il applique ces fameux accords...
La réalité fut tout l'inverse... Plus Kiev reprenait les combats et dénonçait les Accords de Minsk II, et plus vous souteniez les néo-nazis ukrainiens sur un plan diplomatique... allant même, Monsieur Hollande, à recevoir de manière "très naturelle" Monsieur Porochenko le 21 juin 2016, date à laquelle vous avez réitéré des menaces envers la Russie... La logique, s'il en est une dans votre esprit, eût été de faire pression sur votre homologue ukrainien afin qu'il applique enfin les accords auxquels vous avez participé activement!

A quoi tient ce revirement à 180°?... 

Et... pourquoi n'avoir jamais expliqué à la presse, au peuple français les raisons profondes de ce revirement?...

Seule question, pourquoi ce parjure suivi aussitôt de ce mouvement autant va-t-en-guerre qu'irresponsable à l'encontre Moscou?

Entre le début de l'année 2015 où vous vous êtes montré grand et le parjure du 21 juin 2016, que s'est-il passé? Dites-nous Monsieur Hollande quelles pressions de Washington avez-vous subies?! Et ne venez pas mêler la Syrie là-dedans, vous n'y gagneriez pas à soutenir les islamistes!

Donnez-nous simplement une raison de ce parjure!!!! "

Bertrand Brisset


"Ma production historique est basée sur l'étude approfondie de faits anciens, pour autant, cet essai s'inscrit dans le "présent" d'événements tragiques qui se passent en Ukraine depuis 2013, et, plus particulièrement la guerre civile au Donbass.

C'est un cri de souffrance partagée pour cette population mais c'est aussi un coup de gueule concernant la manière dont l'Occident isole et diabolise la Russie au sein d'une néo-Guerre froide dirigée depuis Washington!

Cri de souffrance mais aussi thèse sociétale et historique qui explique la complexité de l'Ukraine ainsi que de l'ex-URSS et met en avant le fait que l'histoire de l'Europe de l'Est est trop méconnue du grand public..."

Pour se  procurer l'essai de Bertrand Brisset, voir le lien suivant  : The bookedition.com 




Pour connaitre l'évolution de la situation des derniers jours, voir le lien suivant : DONi Press


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