mardi 20 avril 2021

"Tirez les premiers messieurs les "ukrops" !"

Depuis un mois, nous assistons entre Russie et Donbass à une scène digne des duels mise en scène par Sergio Leone dans les westerns cultes, où les protagonistes figés dans une rue écrasées par le soleil et le silence attendent chacun, la main sur les crosses de leurs revolvers étincelants, que l'autre bouge en premier le petit doigt pour dégainer et tirer. 

Et dans la réalité de l'escalade militaire en cours dans le Donbass, nous observons l'Ukraine multiplier les provocations pour forcer les républicains à des ripostes violentes pour ensuite les présenter par la merdiacratie occidentale comme des agressions initiales justifiant une offensive des forces de Kiev. sauf qu'entre temps la Russie a déployé dans une stratégie dissuasive claire des troupes tout autour de l'Ukraine menaçant l'arroseur d'être arrosé à son tour.

Qu'à cela ne tienne, les gouvernements occidentaux et leurs chiens de garde enragés ont décidé aujourd'hui d'élargir leurs habituelles inversions accusatoires aux manœuvres russes, accusant sans vergogne Moscou de menacer militairement Kiev, en oubliant au passage de mentionner et les groupes d'assaut ukrainiens déployés sue la ligne de front, et les exercices de l'OTAN "Defender 21" se déroulant en Ukraine, et les ravitaillements en armes et munitions envoyés par l'alliance sur le front, etc.

Et pourtant, parfois les reporters occidentaux du média système dérapent, laissant percer cette vérité que leurs regards et aussi leurs coeurs de ne peuvent ignorer, ainsi de ce reporter de guerre de la BBC britannique qui en 30 secondes fait tomber le château de cares de la propagande russophobe occidentale :

  • Alors que les chiens de garde politiques et médiatiques ne cessent pas de nous mentir en prétendant que l'armée russe a envahi le Donbass, ici le journaliste britannique parle seulement de "rebelles", qui sont par définition des autochtones, habitants des régions de Donetsk et Lugansk. 

  • Ensuite, concernant les gesticulations militaires russo-ukrainiennes en cours, ce reporter précise : "Il y a des signes que l'Ukraine se prépare pour la le combat, tout en espérant que la Russie ne fait que gonfler ses muscles militaires et ne se prépare pas pour la guerre".

Car c'est pourtant tellement simple pour comprendre qui a engagé cette escalade en cours car il suffit juste de remonter le fil d'actualité des rapports de situation militaires pour constater:

1 / que les déploiements de renforts ukrainiens de blindés et d'artillerie sur le front du Donbass puis sur les frontières avec la Crimée commencent fin février 2021 après une reprise des bombardements sur les républiques.

2 / que les déploiements des forces russes aux frontières ukrainiennes et bélarusses, sur celles avec les républiques du Donbass puis en Mer Noire et mer d'Azov ne commencent que fin mars 2021. 

Autre indice que les déploiements militaires ukrainiens s'inscrivent bien dans une dynamique offensive et non dans une réaction défensive, c'est leurs concentrations quasi exclusives sur le front du Donbass et les frontières de Crimée, régions revendiquées pat Kiev alors que le littoral et les frontières Nord où pourtant la Russie a engagé d'importants exercices militaires, aucun déploiement militaire ukrainien particulier n'est observé.

Ensuite, et pour en finir avec les fantasmes russophobes occidentaux il faudrait qu'ils expliquent comment les milices républicaines comptent "attaquer l'Ukraine" avec un rapport de force défavorable (1 contre 5 en janvier 21 avant que les renforts ukrainiens ne l'amplifie à 1 contre 8 début avril), alors que n'importe quel expert militaire vous explique que pour garantir le succès d'une offensive il est nécessaire d'imposer à l'ennemi un rapport de 3 contre 1 en terrain ouvert et au minimum de 7 contre 1 en zone urbaine...

Il serait vraiment temps que les publics occidentaux réalisent combien leur pouvoir politico-médiatique les prend pour des cons... et réagissent en conséquence !

Voici ci après, un article de Paul Robinson, professeur à l’Université d’Ottawa, qui dans cette éthique de l'information réelle remet lui aussi les pendules à l'heure de la vérité.

Bonne lecture !

Erwan Castel

Source de l'article: Arrêt sur info

Une guerre entre la Russie et l’Ukraine est possible, 
mais seulement si Kiev attaque en premier

Les informations selon lesquelles des troupes russes se « massent » près de l’Ukraine visent à présenter le pays en légitime défense comme l’agresseur.

Par Paul Robinson, professeur à l’Université d’Ottawa, spécialiste de l’histoire russe et soviétique, de l’histoire militaire et de l’éthique militaire.

Source : RT, 5 avril 2021


NDLR : Au Nord de Donetsk, depuis 7 ans, le monastère d'Iversky est souvent la cible  
des bombardements ukrainiens frappant le quartier de l'aéroport, à Oktyabrsky. Au
au milieu du cimetière détruit, le couvent des moniales (à gauche) et l'église St Iveron


Par Paul Robinson

Arrêt sur info, le 16 avril 2021

"Alors que les tensions s’intensifient dans l’est de l’Ukraine, le vrai danger n’est pas une invasion russe, mais que le gouvernement ukrainien interprète les signaux de soutien américains comme un feu vert pour lancer une attaque contre les Républiques rebelles du Donbass.

La Russie est sur le point d’envahir l’Ukraine. Du moins, c’est ce que vous pensez probablement si vous croyez les gros titres récents des médias dominants. « Les tensions montent en flèche alors que la Russie masse ses forces près de l’est de l’Ukraine », déclare le Kiev Post. « Les troupes et les chars russes se massent à la frontière ukrainienne », déclare le Sun britannique. La Russie « inonde la Crimée de trains remplis de chars », affirme le Daily Mail. Etc., etc.

Depuis le printemps 2014, l’armée ukrainienne combat les forces rebelles dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Le gouvernement ukrainien a longtemps accusé la Russie de soutenir, d’armer et de financer les rebelles, mais il prétend maintenant que Moscou pourrait aller encore plus loin. Selon l’agence de presse de Kiev, UNIAN, « la Russie pourrait tenter de faire une incursion et déployer ses troupes plus profondément sur le territoire ukrainien », a rapporté l’agence de renseignement militaire ukrainienne, GUR MO.

En effet, UNIAN rapporte ces déclarations de GUR MO :

« La Fédération de Russie achève les préparatifs d’un ensemble de mesures visant à pousser notre pays à une réponse militaire à l’action hostile des envahisseurs… en étendant la présence militaire de la Russie sur le territoire des soi-disant ‘RPD’ et ‘LPR’ [Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk] en introduisant des unités régulières des forces armées russes, justifiant cette décision par la nécessité de protéger les citoyens russes. »

Par ailleurs, le journal économique OilPrice.com rapporte :

« En Biélorussie et en Ukraine, l’Occident est perçu comme menant une guerre hybride contre Moscou. Du point de vue de Poutine, la seule option est désormais de contre-attaquer activement. Les analystes militaires se disputent encore sur les options de Moscou dans les prochains jours. La majorité s’attend à une soi-disant escalade localisée, dramatique et dévastatrice, conduisant au déploiement de ‘soldats de la paix’ russes. »

L’identité de cette « majorité » d’experts n’est pas révélée, peut-être parce qu’elle n’existe pas. Mais le scénario de base décrit par les médias est clair : la Russie se prépare à attaquer l’Ukraine, utilisant une sorte de provocation pour donner l’impression que l’attaque est justifiée afin de défendre le peuple du Donbass contre l’armée ukrainienne.

La logique ici est quelque peu similaire à celle souvent utilisée lors de l’examen de la guerre de 2008 entre la Russie et la Géorgie. Car on prétend souvent que la Russie a « provoqué » les Géorgiens pour à attaquer l’Ossétie du Sud, afin de lancer sa propre invasion planifiée de longue date. La vérité était très différente. Une commission indépendante créée par l’Union européenne a estimé que la Géorgie était le principal responsable du déclenchement de la guerre de 2008. Néanmoins, l’exemple géorgien soulève le spectre que l’armée ukrainienne et ses amplificateurs occidentaux préparent le terrain informationnel pour justifier une attaque contre les forces rebelles dans le Donbass en donnant l’impression qu’elle agit en légitime défense pour prévenir un assaut russe imminent.

Il est vrai que l’armée russe a organisé des exercices militaires près de la frontière ukrainienne ces dernières semaines. Leur ampleur est cependant bien inférieure à celle requise pour une invasion de l’Ukraine. Plutôt qu’une préparation à l’invasion, il semblerait plus probable que l’activité russe vise à dissuader une attaque ukrainienne contre le Donbass.

La guerre dans le Donbass a éclaté et continué depuis qu’un cessez-le-feu théorique a été convenu en février 2015. Depuis le début de cette année, le cessez-le-feu s’est largement effondré. La Mission spéciale de surveillance de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe dénonce chaque jour des dizaines de violations. Pendant ce temps, des images non corroborées d’une accumulation de forces ukrainiennes dans l’est de l’Ukraine sont apparues sur les réseaux sociaux, alimentant la spéculation sur une offensive ukrainienne imminente dans le Donbass.

La crainte est que l’Ukraine tente de répéter le succès récent de l’Azerbaïdjan dans la récupération des territoires perdus au moyen de la guerre contre l’Arménie. L’Ukraine a beaucoup investi dans son armée depuis 2015. Elle est désormais mieux équipée et entraînée que lorsqu’elle a subi une défaite à Debaltsevo en 2015. Kiev pourrait penser qu’il peut reprendre le Donbass par des moyens militaires.

Ce n’est pas impossible, mais une offensive militaire dans le Donbass se heurterait à de nombreuses difficultés, notamment la nature urbaine du terrain. L’armure ukrainienne serait extrêmement vulnérable aux armes antichar portatives, et les troupes ukrainiennes devraient probablement compter sur un usage intensif de l’artillerie. Cela entraînerait d’énormes destructions. Le chef de l’armée ukrainienne, le général Khomchak, l’a noté la semaine dernière et « a mis en garde contre d’énormes pertes civiles ».

Face à de telles pertes, il y a une forte probabilité que la Russie intervienne, surtout maintenant qu’un grand nombre d’habitants du Donbass ont acquis des passeports russes. Le résultat serait une guerre totale entre la Russie et l’Ukraine.

Il ne fait aucun doute que la Russie gagnerait une telle guerre, probablement très rapidement. Par conséquent, si l’Occident souhaite vraiment aider l’Ukraine, il devrait utiliser toute sa puissance diplomatique pour s’assurer que le gouvernement ukrainien ne cherche pas à résoudre ses problèmes par des moyens militaires. Malheureusement, les signaux en provenance de Washington vont plutôt dans le sens contraire. Lors d’un appel téléphonique le 1er avril avec le ministre ukrainien de la Défense Andrii Taran, le secrétaire américain à la Défense Lloyd J. Austin III « a réaffirmé le soutien indéfectible des États-Unis à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et aux aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine ».

La déclaration d’Austin ne va pas jusqu’à approuver explicitement une offensive militaire, mais un langage tel que « soutien sans faille » pourrait facilement être interprété à tort comme un feu vert. En 2008, les États-Unis n’ont pas encouragé le Président géorgien Mikheil Saakashvili à attaquer l’Ossétie du Sud, mais il semble avoir interprété le soutien américain à l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN comme une preuve que Washington le soutiendrait s’il le faisait. Le danger est maintenant que le gouvernement ukrainien fasse la même erreur en pensant que l’Occident le soutiendra quoi qu’il arrive. Il est important que l’Occident désabuse l’Ukraine de cette notion.

Les propos du général Khomchak au sujet des pertes civiles massives suggèrent que l’Ukraine est consciente qu’une action militaire comporterait de terribles risques. Nous devons espérer que cette prise de conscience fournira la retenue nécessaire pour empêcher une guerre qui ferait un tort immense à toutes les parties impliquées."

Paul Robinson

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