samedi 16 mars 2019

Qui a commencé la guerre dans le Donbass ?


Lorsqu'on écoute les discours des propagandistes ukrainiens et occidentaux à l'occasion de ce triste 5ème anniversaire des événements tragiques qui ont plongé le Donbass dans une guerre sans fin, on entend que c'est la Russie, ou les populations russophones du Sud Est de l'Ukraine qui ont déclenché une insurrection armée contre le régime de Kiev.

Le problème des propagandistes et de tous bords, c'est que ce sont des idiots qui oublient qu'aujourd'hui, à l'heure des smartphones et des réseaux sociaux, il est impossible de maintenir un discours mensongers plus que le temps qu'il faut à un internaute pour partager la vérité qui ensuite va rebondir à l'infini par dessus les censures et les blocages des pouvoirs politiques.

Ainsi de cette guerre déclenchée par les putschistes de Kiev contre les russes du Donbass qui refusent l'ostracisation violente de leur identité russe. Aujourd'hui la propagande occidentale exacerbée par la campagne présidentielle ukrainienne en cours veut nous faire croire que la Russie via Igor Strelkov suivi d'opérations militaires directes a provoqué le conflit armé dans les oblasts de Donetsk et Lugnask et leur séparatisme de l'Etat ukrainien... 

Il suffit de reprendre la chronologie des faits pour démonter cette inversion accusatoire occidentale, comme l'a rappelé récemment le politologue Vladimir Kornilov.

En effet, ce n'est que le 14 avril 2014 que Igor Strelkov de sa propre initiative arrive à Slaviansk (100 km au Nord de Donetsk) pour y organiser avec des volontaires la résistance contre les unités de l' "Opération Spéciale Antiterroriste" (ATO) lancée la veille par Turtchinov, le président ukrainien par intérim, contre la population russe du Donbass. Quant au Kremlin, même si il soutient politiquement le mouvement anti-maïdan du Donbass il se garde bien d'intervenir militairement sur le terrain pour ne pas internationaliser une crise ukrainienne déjà sortie de ses frontières depuis le retour référendaire de la Crimée en Russie.

Lorsque le mouvement anti-maïdan s'organise il est initialement question pour les russes d'Ukraine de revendiquer un fédéralisme protégeant leur identité spécifique, mais rapidement des heurts violents vont éclater entre les pro-russes et les nationalistes ukrainiens excités par les discours russophobes virulents du nouveau pouvoir et les mesures discriminatoires qu'il prend à l'encontre de la langue russe au lendemain du Maïdan.

Rappel des événements : 
  • 11 mars 2014, la population de Crimée, usant du droit donné par sa constitution de République autonome, et devant la rupture constitutionnelle nationale provoquée par le coup d'Etat du Maïdan, use de son droit référendaire pour déclarer son indépendance et demander son retour au sein de la Russie, après 60 années de parenthèse ukrainienne. 
  • 14 mars 2014, les premiers bataillons spéciaux ukrainiens sont créés à partir des groupes paramilitaires et hooligans nationalistes et bandéristes qui veulent "nettoyer Odessa, puis Kharkov, le Donbass et ensuite la Crimée" où des heurts entre manifestants tournent à l'avantage de la population majoritairement pro-russe.
A partir de ce moment là, le nouveau pouvoir de Kiev laisse la haine prendre la gestion d'une crise qui aurait pu rester dans le domaine politique avec une volonté de dialogue et un minimum d'intelligence du nouveau pouvoir, et les discours des pro-occidentaux se radicalisent, évoquant la nécessité d'une épuration physique des russes d'Ukraine (Timochenko ira même jusqu'à espérer un bombardement nucléaire du Donbass).
  • 15 mars 2014, Kiev déploie des chars dans le Donbass par voie ferrée, comme ici à Altchvesk, sous les yeux étonnés et interrogateurs de la population civile.
  • 17 mars 2014, près d'un mois avant le lancement de l' "ATO", les premiers chars ukrainiens sont lancés contre les civils du Donbass, comme en témoignent de très nombreuses photos et vidéos où l'on peut observer des habitants désarmés demandant aux blindés de faire demi-tour :

Concernant ces 2 derniers événements (création de bataillons spéciaux paramilitaires et engagement des forces armées contre des manifestants) il faut relever qu'ils sont des violations flagrantes de l'article 17 de la Constitution ukrainienne en vigueur qui précise clairement entre autres points : 

- "Les Forces armées d'Ukraine et d'autres forces militaires ne peuvent être utilisées pour restreindre les droits et libertés des citoyens ou renverser l'ordre constitutionnel, subvertir les pouvoirs publics ou entraver leur action."
- "En Ukraine, la création et le fonctionnement de formations armées non prévues par la loi sont interdits."

La suite des événements va être un crescendo de violences à caractère génocidaire engagées par les bataillons spéciaux ukrainiens qui, contrairement aux forces régulières qui hésitent encore à attaquer la foule désarmée, tirent sur les manifestants et commencent des massacres couverts à l'époque par le régime ukrainien. 

La conséquence à cette agression militaire illégale et disproportionnée contre une population civile ne se fait pas attendre et les premiers groupes d'autodéfense apparaissent sur les barrages du Donbass où la population désormais revendique un séparatisme avec cette Ukraine criminelle.


Aujourd'hui, il est impossible d'organiser des mythifications mensongères propagandistes (comme celle de la prétendue "invasion russe" du Donbass) tentant de cacher la vérité de l'Histoire au profit des doxas politiques dominantes, et la vox populi ne peut être bâillonnée par la bien pensance des uns pas plus que la marche des peuples vers leurs libertés ne peut être entravée par la raison d'Etat des autres.

La guerre dans le Donbass est bel et bien le fruit de la stratégie criminelle occidentale à l'encontre du monde russe, qui en lâchant ses chiens ukrainiens contre le Donbass a provoqué le "casus belli" de la 3ème guerre mondiale qui depuis 5 ans s'infecte via des guerres économiques, politiques et médiatiques virulentes tandis que la confrontation militaire enfle chaque jour un peu plus sous le pansement hypocrite d'accords de Minsk qui n'ont fait que retarder l'inévitable.

Erwan Castel

Article référence : Stalker zone

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