mercredi 10 mars 2021

Gorlovka encore bombardé

(Initialement publié sur FB & VK)

Après des bombardements du 9 mars principalement concentrés sur le front Nord de Donetsk, les forces armées ukrainiennes ont poursuivi ce matin du 10 à poussé l'escalade militaire dans le Donbass avec de nouveaux bombardements sur le front de Gorlovka.

Aux premières lueurs du jour, c'est le secteur du village minier de Gagarine qui s'est retrouvé sous le feu de l'artillerie de Kiev.

Gorlovka est la deuxième ville de l'espace défendue par la République de Donetsk (Mariupol au Sud étant occupée par les forces ukrainiennes) mais surtout la pierre d'angle des 460 kilomètres du front du Donbass et qui subit une pression offensive permanente de la part de l'artillerie de Kiev et des groupes de snipers qui encerclent la ville au Nord et à l'Ouest.

Arrivant par la gare de Konstantinovka, d'importants renforts blindés ont été observés ces derniers jours faisant mouvement vers la première ligne de Gorlovka, comme le montre cette autre vidéo prise le 5 mars à

Rubijnoe une localité au Nord Ouest de Gorlovka ou.de nombreuses unités d'assaut ukrainiennes ont pris position dans les quartiers résidentiels pour utilisant ainsi les civils comme boucliers humains contre les potentiels tirs d'une milice républicaine autorisée à faire feu depuis le 3 mars dernier.

Sur la vidéo sont visibles, char de combat T64, canon antichar de 100mm
 "Rapira" et véhicules blindés MTLB, camions logistiques, porte char, etc.

Personnellement j'ai du mal à imaginer une offensive ukrainienne contre Gorlovka qui est une zone urbaine dense étendue et très bien défendue. Ce scénario d'attaque urbaine est beaucoup trop risqué pour Kiev. En revanche, l'importance stratégique de ce secteur et surtout de Debalsevo ce grand carrefour routier et ferroviaire situé à l'ouest de Gorlovka obligerait pourrait obliger les républicains à y envoyer des unités de réserve en cas d'attaques importantes de cette ligne de défense très éloignée des boulevards ouverts et proches des frontières russes qu'offre la steppe au Sud de la République.

Ceci n'étant que mon humble avis (Développé au lien suivant : Situation militaire dans le Donbass)

Cela dit, ces renforts blindés ukrainiens très importants s'approchant du front appuient l'hypothèse d'une offensive de printemps imminente de Kiev (d'aucuns parlent du 15 mars suite à des fuites de ministères kiéviens).

Ce qui est certain c'est que Zelensky a prévu autre chose que de forcer militairement une nouvelle version pourrie du processus de paix pour le Donbass, car pour cela les forces ukrainiennes déjà présentes suffisaient largement pour des provocations.

Quelques heures plus tard, sur le front Nord du Donbass, en République Populaire de Lugansk, c'est maintenant le village de Zolotoe 5 qui est sous le feu nourri des forces armées ukrainiennes ce 10 mars 21.

Sur ce village ou vit toujours une population civile (il y a même toujours une école active) les ukrops ont déclenché un bombardement multiple avec artillerie lourde, mortiers,.lance roquettes, mitrailleuse lourde et armes d'infanterie.

Début des tirs avant que l'artilletie ne précipite les gens vers leurs caves

Le bombardement ukrainien commencé vers 13h00 puis s'est intensifié provoquant un alerte du commandement demandant à la population de l'école aux maisons les plus éloignées de se réfugier urgemment dans les sous sols des bâtiments, tandis que des combats ont éclaté sur les premières lignes de défense (1 républicain blessé déjà signalé)

Les habitants envoient des messages d'alerte sur les réseaux sociaux décrivant des balles et des éclats qui ricochent continuellement sur leurs murs !

Erwan Castel

"Le chantage à la guerre" de Kiev

 

Dans une hypocrisie hallucinante, le régime de Kiev, qui a repris ces bombardements de plus belle sur les territoires de Républiques de Donetsk et Lugansk vers lesquelles il dirige la majorité de ses unités d'assaut opérationnelles, agite sous les remparts du Kremlin une énième proposition de processus de paix et dans un concert de sourires occidentaux complices.

Incapable depuis 6 ans de simplement faire respecter le cessez le feu du premier point des accords signés à Minsk en février 2015, Zelensky à le suite de Porochenko cherche par tous les moyens de faire porter le chapeau à le Russie concernant l'offensive militaire dont il a ordonné la préparation active.

Voici une analyse de Karine Bechet Golovko sur  ce "chantage à guerre" puéril et amoral organisé par le clown Zelensky pour ses maitres occidentaux :

Source de l'article : Russie Politics

Le conflit ukrainien, un chantage à la guerre fait à la Russie


Par Karine Bechet Golovko

"La situation en Ukraine continue à se dégrader au fur et à mesure que l'attaque politique contre le Russie se renforce. A tel point que, pendant que l'artillerie ukrainienne reprend ses tirs quotidiens, que l'Ukraine violant ouvertement les accords de Minsk intime à la Russie d'en devenir partie et non pas garant, l'ancien ambassadeur ukrainien aux Etats-Unis appelle à rompre toute relation avec la Russie-ennemi et le clan Atlantiste à l'ONU veut faire de la Russie le pays agresseur. Ce n'est pas encore la guerre, mais c'est un chantage ouvert à la guerre fait à la Russie, pour la faire céder.

L'instrumentalisation du sous-conflit ukrainien bat son plein depuis l'arrivée des Démocrates au pouvoir aux Etats-Unis. Les tirs d'artillerie reprennent de plus belle et l'armée ukrainienne met de plus en plus de forces près de la ligne de front (voir le texte de Erwan Castel sur ce sujet ici).

Une telle intensification de l'agression ukrainienne contre l'Est du pays a obligé les dirigeants du Donbass à revenir sur l'interdiction de tirs faite à leurs hommes. Tout d'abord, le 3 mars, l'autorisation a été faite de tirer sur les postes de tirs ukrainiens vu l'absence de réaction internationale, puis l'artillerie a été autorisée à répondre à l'artillerie ukrainienne. Il y a bien donc, une escalade du conflit, qui hésite encore à devenir une guerre totale. Et les médias occidentaux couvrent d'un silence écrasant cette agression d'une armée contre son peuple.

Pour autant, cette guerre interminable est surtout un chantage politique fait à la Russie. Et le cirque déplorable qui se déroule autour des funestes accords de Minsk en est l'illustration parfaite. Ces accords morts-nés dès le départ, furent le fruit de l'idée confuse que l'Ukraine ne devait pas perdre plus que le Crimée, ni se déchirer entièrement dans une guerre civile, et que si la situation politique s'améliorait à Kiev, elle devait pouvoir récupérer le Donbass. Mais la situation continue à se détériorer, puisque le conflit ukrainien est sous-conflit, qui dépend de l'évolution du conflit global entre le monde atlantiste et la Russie. 

Ces accords, desquels la Russie est garante, au même titre que la France et l'Allemagne, sont devenus pour l'Occident, qui couvre toutes les violations ukrainiennes, un moyen de pression sur la Russie, notamment par l'intermédiaire de sanctions. Ainsi, la Russie doit porter la responsabilité de la violation par l'Ukraine des accords de Minsk, comme si elle pouvait réformer la Constitution ukrainienne, adopter la législation ukrainienne ou contrôler l'armée ukrainienne. Mais c'est également un instrument de maîtrise de l'agenda international et, en ce sens, un double mouvement est mis en place : d'une part, faire de la Russie une partie aux accords de Minsk et non plus un garant, d'autre part, faire reposer sur les jeunes républiques toute la responsabilité de la non-exécution de ces accords inexécutables.

Ainsi, l'ancien président ukrainien Kravtchuk, qui dirige actuellement la délégation ukrainienne, d'intimer à la Russie de "reconnaître" son statut de partie aux accords de Minsk, faute de quoi, la Russie démontrant ainsi, dans la très spécieuse logique ukrainienne, son manque de volonté pour la paix, l'Ukraine sera alors obligée de prendre des mesures radicales et d'aller "chercher la paix" ailleurs. SI l'on tient compte du regroupement militaire ukrainien, il semblerait que la voie de la paix passe par le fer et le sang. A moins, qu'il ne s'arrête qu'au niveau des déclarations médiatiques ...

Parallèlement, à l'ONU, fin février, l'Ukraine, soutenue par les Etats-Unis, a fait son show en présentant une "Plateforme pour la Crimée", évidemment "contre l'agression russe" :

"La plateforme pour la Crimée a notamment été saluée par les États-Unis qui ont espéré que d’autres États Membres rejoindront cet effort diplomatique qui vise à repousser l’agression en cours de la Fédération de Russie. (...) 

Des appels à la pleine mise en œuvre des accords de Minsk ont été lancés par une vaste majorité des délégations, soucieuses de parvenir à une solution politique du différend.  L’Union européenne a notamment demandé à la Russie d’exercer la considérable influence qu’elle a auprès des formations armées pour que celles-ci mettent pleinement en œuvre le cessez-le-feu, rappelant en outre que la durée des sanctions économiques qu’elle lui impose est liée à la mise en œuvre totale desdits accords."

Dans ce discours, la Russie est bien plus considérée comme une partie au conflit, qu'un garant des accords de Minsk. Discours ouvertement tenu par l'Allemagne :

" Autre membre de cette configuration, l’Allemagne s’est alarmée du fait que dans l’est de l’Ukraine, les séparatistes sapent l’accord de cessez-le-feu depuis le premier jour. (...) Évidemment, tout n’est pas parfait côté ukrainien, a-t-elle concédé, mais n’oublions pas que c’est la Russie qui a envahi l’Ukraine et pas l’inverse."

Et alors que l'artillerie ukrainienne a repris, puis intensifié ses tirs, que l'Ukraine concentre de plus en plus de forces près de la ligne de front, dans l'hypocrisie totale qui caractérise le fonctionnement de ce qui fut la diplomatie occidentale, il est exigé de la Russie :

"La Fédération de Russie doit également inciter les formations armées à rouvrir les points de passage le long de la ligne des contacts"

Pour laisser passer l'armée ukrainienne ? Certainement, puisque l'ancien ambassadeur ukrainien aux Etats-Unis, Valeriy Chaliy, annonce le 8 mars qu'il est impératif pour l'Ukraine de "rompre toute relation avec l'agresseur", la Russie - pays ennemi. L'Ukraine, et surtout le monde atlantiste, ont un besoin impératif de sortir enfin le conflit ukrainien de la guerre civile, pour en faire un conflit entre l'Ukraine et la Russie, ce qui permettrait une intervention "humanitaire" et "pacifique" contre la Russie.

La position de la Russie est simple et claire, parfaitement résumé par cette phrase :

"« La véritable occupation, c’est l’occupation de la vraie Ukraine par l’Ukraine du Maïdan », a rétorqué la Fédération de Russie qui a dénoncé la « folie nationaliste et antirusse » de cette dernière." 

Nous sommes bien en présence d'un double mouvement : un discours, censé recréer une réalité plus confortable pour le monde atlantiste, celui d'une Ukraine victime d'une agression russe, parallèlement à une action dans la réalité, couverte par ce discours, qui est celle d'une agression de l'Est du pays, d'une population, qui à force de se faire agresser par Kiev, ne se sent plus ukrainienne.

C'est principalement en ce sens que les accords de Minsk ont échoué : l'Ukraine n'a pas repris ses esprits et sa souveraineté, elle s'est couchée de tout son long devant les intérêts atlantistes et perd son territoire autant que sa population. Elle s'est perdue. Ces accords sont dépassés.

Karine Bechet Golovko

mardi 9 mars 2021

Réveillés par le canon ukrainien

(Initialement publié sur FB & VK)

Ce matin 9 mars 2021, dès 5 heures, les familles de Trudovsky, un petit village minier sur la lisière Sud Ouest de Donetsk, se sont précipités dans leurs caves aménagées en abris dès premières détonations de l'artillerie ukrainienne positionnée à Marinka et Krasnogorovka, des localités occupées par les forces ukrainiennes en périphérie de la cité républicaine.

9 mars 2021, Trudovsky 7 h00 du matin

C'est ainsi que vivent dans une indifférence quasi totale des populations occidentales, et depuis 7 ans, 1 million d'européens coincés sur cette ligne de front de 460x10 km d'un conflit figé mais jamais gelé déclenché par ce nouveau régime pro-atlantiste de Kiev refusant de reconnaître l`identité russe des populations de Donetsk et Lugansk (env 6 millions de citoyens)

Les bombardements ont continué pendant la journée, principalement autour de Donetsk comme par exemple :

16h25: Bombardement ukrainien de Veseloe

"веселый" qui signifie "joyeux" était avant la guerre un quartier a la lisière d'Oktyabrsky, cette paisible zone en périphérie Nord de Donetsk et que les combats se disputant l'aéroport stratégique en.2014 vont métamorphosé en champ de ruines continuellement labouré depuis 7 ans par les obus et balles ukrainiennes.

Depuis la nouvelle escalade initiée par Kiev en février, Veseloe, où survivent encore quelques familles, est la cible quotidienne des unités ukrainiennes positionnées a.moins de 2km dans le secteur de Peski, un village à l'ouest de la zone aéroportuaire détruite.

A partir de 16h25, les "ukrops" de la 56ème brigade Ukrainienne, ont encore tiré au mortier lourd sur ce village 12 obus de 120mm.

Également en fin d'après midi dans le Nord de la République de Donetsk, c'est sur le front de Debalsevo (à.la charnière des 2 républiques de Donetsk et Lugansk) que le village de Kalinovo était aussi bombardé par les forces ukrainiennes.

Les bombardements ukrainiens continuent autour de Donetsk, après Staromikhailovka ce matin, Oktyabrsky cet après midi (cf posts précédents) c'est au tour du front situé juste au Nord de la cité d'être sous le feu de l'artillerie de Kiev.

A 17h37, début des bombardements ukrainiens vers le front Nord de Donetsk (Spartak et Yasinovataya). La zone de Promka est sous le feu.

A 17h48, les tirs ukrainiens s'intensifient depuis le secteur de Peski avec notamment l'emploi d'obusiers de 122 mm tirant sur Spartak.

Déjà entre 15 et 25 000 personnes ont été tuées ici, des dizaines de milliers blessées, des centaines de milliers déplacées, toutes victimes de cette bien pensance occidentale meurtrière, dont les auxiliaires ukrainiens préparent une nouvelle offensive contre ce Donbass devenu l`avant poste du monde russe.

Erwan Castel

lundi 8 mars 2021

Ça commence à bouillir

 

Aujourd'hui 8 mars, les forces ukrainiennes ont salué à leur manière la journée des femmes en tirant à nouveau sur Staromikhaïlovka à l'Ouest de Donetsk.

Les bombardements et tirs ukrainiens continuent, sur les positions défensives républicaines mais aussi sur les zones résidentielles proches du front et dont la fréquence des tirs reçus confirme leur intentionalité. Ainsi par exemple dans le village de Staromikhaïlovka situé en périphérie Ouest de Donetsk et dont 8 maisons ont été endommagées (principalement les toitures) aux n° 18;22,24,26,28,30 & 32 de la rue Chkalova, lors de bombardements à l'aube de ce 8 mars .

La veille, 7 mars, à 17h15, les mortiers ukrops résonnaient
dans le quartier d'Oktyabrsky au Nord de Donetsk.

Le front de la république sœur de Lugansk n'est pas, lui non plus, épargné, plusieurs secteurs subissent des bombardements et des tirs de la part des forces armées ukrainiennes :

8 mars 2021. Sur le front Nord de la République de Lugansk,
toute la journée, le secteur de Zolotoe 5 (ici) et celui de la piste
de Bahmutka ont été sous le feu de l'artillerie lourde ukrainienne.
(intensification des tirs à partir de la 35e seconde)

Aujourd'hui la ligne de front est à nouveau sous une tension vive et une attention sans relâche des soldats scrutant la ligne d'horizon et des civils écoutant le ciel près de leurs abris anti-bombardements.

Anatoly Taranenko est un déserteur de l'armée ukrainienne qui a rejoint au péril de sa vie le Donbass libre en février. Le voici dans un quartier bombardé par Kiev, où spontanément le repenti enlace un enfant en lui demandant pardon au nom de l'armée ukrainiennes pour tous les crimes commis par elle, (il surprend même le cameraman qui ne capture qu'une bride de cette rencontre). Taranenko n'est pas le seul déserteur de l'armée ukrainienne à avoir réussi à rejoindre les républiques. La plupart cherchent à se cacher en Ukraine ou dans d'autres pays, et malheureusement beaucoup sont abattus sur le front dès que leur intention est repérée par leur commandement

La repentance et le pardon
Malheureusement cette anecdote, bien que hautement symbolique, ne réussira pas à stopper la folle fuite en avant de Zelensky, car chaque heure qui s'écoule confirme un peu plus la préparation par ses soudards "ukrops" d'une nouvelle et terrible offensive dans le Donbass et qui risque d'être animée par un sentiment de vengeance contre les populations russes qui leur résistent depuis 7 ans. Seul Washington pourrait stopper la machine de guerre ukrainienne avant l'assaut, mais avec un Biden aux commandes, cela serait très étonnant, surtout que c'est probablement son équipe de faucons de guerre qui a dû donner le feu vert pour de nouveaux massacres.

Sur cette carte du front du Donbass où sont représentés les principaux 
secteurs opérationnels ukrainiens, il faut remplacer la 35ème brigade
d'infanterie de marine par la 10ème brigade d'assaut de montagne 
Si les observateurs de l'OSCE, chargés de réaliser l'inventaire et la géolocalisation des armements lourds dans le cadre de l'application des accords de Minsk, se plaignaient d'une certaine monotonie depuis le mois de juillet 2020, je pense que maintenant ils doivent être plutôt débordés et courir dans tous le Donbass occupé derrière les flots quotidiens de renforts blindés ukrainiens arrivant vers le front (sans compter les très nombreuses "disparitions de leurs zones de retrait "Minsk" des armements déjà présents).

Ont déjà été signalés ici parmi les renforts ukrainiens importants et récents arrivés dans le Dobass : 
Et ce 8 mars 2021, c'est encore à Dnepropetrovsk (200 km à l(Ouest du front) que d'autres convois militaires ferroviaires ont été aperçus acheminant du matériel lourd vers le Donbass.

Sur cette vidéo, on aperçoit au début des dizaines de chars 
d'assaut, puis les wagons de transport passagers pour les 
équipages, puis les véhicules de ravitaillement munitions. 


L'axe Sud semble se confirmer 

Dans un article récent, je rappelais ce qui me parait être le scénario offensif ukrainien, que j'appelle Axe Sud, le plus probable dans le Donbass et pourquoi. Même si d'autres secteurs du front peuvent être le théâtre d'attaques blindées ukrainiennes, l'hypothèse d'une attaque partant du secteur de Volnovakha vers les frontières avec la Russie, et dans un couloir Ouest / Est de 50 kilomètres seulement, semble aujourd'hui être effectivement confirmée par les mouvements des forces ukrainiennes : 

Par exemple, sur le chemin de fer de Rozovka à Volnovakha, 6 convois ferroviaires ukrainiens importants sont encore arrivés sur le front (2 le 7 mars et 4 le 8 mars) acheminant au total plus de 165 chars de combat et environ 200 vehicules blindés d'infanterie (BMP & BTR), ainsi que des dizaines d'équipement de soutien (comme par exemple des engins de génie de combat).

8 mars 2021, un autre exemple de convoi militaire ukrainien
acheminant sur le front de Volnovakha des dizaines de chars 
de combat et autres véhicules blindés d'unités d'assaut.



Du côté russe, et ce n'est un secret pour personne, les forces armées de la Fédération ont élevé leur niveau d'alerte près des frontières avec les républiques ainsi qu'en Crimée, prêtes à intervenir en cas d'offensive ukrainienne, et certains même d'évoquer sur les réseaux sociaux l'arrivée de premiers éléments de volontaires de la Société Militaire Privée Wagner.

Aujourd'hui, dans la plupart des esprits militaires et civils, la probabilité d'une offensive ukrainienne est quasiment certaine, reste à confirmer dans quel(s) secteur(s) elle sera déclenchée et surtout quand !

Le fait est que le Kremlin par la voix de son ministre des Affaires étrangères a exprimé officiellement son inquiétude quant à l'escalade militaire initiée par Kiev dans le Donbass, tandis qu'Alexander Cherin, le vice président de Douma en charge de la Défense a commencé a préparé l'opinion a rappelant que la Russie, en cas d'offensive de Kiev apporterait son soutien aux milices du Donbass.

Erwan Castel

"Les fascistes ne passent pas" 



"Vous êtes ad vitam aeternam les invitées d’une fête"

Le poète breton Xavier Graal nomment les femmes de son foyer (1 épouse et 4 filles) "mes divines" et il leur dédicacera "L'inconnu me dévore" cet ultime et magnifique livre qui est son testament spirituel. 

Celte et païen, j'ai toujours observé avec admiration cet éternel féminin qui invincible comme le Soleil perce toujours les chapes des phallocraties stupides des clercs et des princes et continue de rayonner pour qui sait regarder la douceur de la Lune, écouter le chant d'une rivière ou caresser la courbe d'une nuque. Xavier Graal écrit "

"Oui, la terre est une femme qui sera consolée parce qu'elle n'aura cessé d'appeler et d'attendre, sur tous les rythmes des sons et des couleurs et par la magie de tous les verbes, ce qui se trouve au-delà de la terre de toute éternité. L'art n'est que la respiration haletante de l'amour."

Dans le Donbass la guerre infinie qui frappe les familles, fauchant et mutilant les vies et les rêves, ouvrant des torrents de larmes et de sang depuis plus de 2500 jours et nuits a exacerbé mon admiration pour la femme, qui est toujours dans les traditions antillaises ce "potomitan" (pilier central) du foyer humain, comme autrefois dans les sociétés européennes préchrétiennes, et qui depuis est appelé par les crétins le "sexe faible".

Des veuves survivant avec leurs enfants malades dans les ruines de leur villages bombardés jusqu'aux volontaires féminins de la milice qui n'ont rien à envier à leurs camarades masculins, en passant par ces "babouchkas" admirables gardant le sourire au milieu des vents violents de l'Histoire, les femme du Donbass méritent sans rougir d'être appelées "Divines".

Aux divines du Donbass qui incarnent avec tant d'élégance la beauté, la grâce, la gentillesse et le courage je veux leur offrir en cadeau pour cette journée de la Femme, ce bouquet de vers du poète Georges Brassens et qui jamais ne fanera tant que les traditions protégeront l'Eternel féminin de leur avenir.

"Les passantes" poème de Antoine Pol, 
chanté pat Georges Brassens

Русская версия

Version russe interprétée par A. Avanesov.


НЕЗНАКОМКИ

Хочу посвятить эту песню
Тем женщинам, коим уместней
Не песню, а жизнь посвятить
Всем тем, с кем нас близко ль далече
Сводили случайные встречи
Чтоб раз навсегда разлучить

Той грации, чьё появленье
В окне на одно лишь мгновенье
Заставит весь мир расцвести
А ты обомлевший, неловкий
Стоишь под окном незнакомки
Не в силах глаза отвести

И той, чьи черты и чей профиль
Как оды прекрасные строфы
Скучать не давали в пути
Кого за недолгие мили
Вы поняли и полюбили
Но все-таки дали уйти

И той, что по жизни послушно
Бредет с существом равнодушным
Не смея мечтать об ином
Чей взгляд, встретясь с вашим случайно,
Вдруг явит всю бездну отчаянья
В порыве безумном, хмельном

Коль был ты со счастьем обвенчен
Забудешь те краткие встречи,
Легко расставаясь с былым
Прекрасные, милые лица
Мечты, коим было не сбыться
Рассеются в прошлом, как дым

Но грезим, проживши напрасно,
О всех, кто нам тайно и страстно
Сулил неземную любовь
Сердцах, что нас ждут и доселе
Устах, что вкусить мы не смели,
Любимых, не встреченных вновь

И в час полуночного бденья
Встают чередою виденья
И шаря рукой, как в бреду
Мы тянемся к тем, кто не с нами
Зовем их немыми губами
И плачем, обняв пустоту

Et je laisserai ici la conclusion au poète Graal, cet amoureux de la vie et tourmenté par les vents divins et humains soufflant sur sa vieille terre armoricaine.

"Mes filles, mes Divines, je vous conjure d’admirer. Tout est fabuleux pour qui sait regarder. La fraîcheur du regard est le commencement de la sainteté. Détournez vous des gens masqués et de l’imbécilité des aveugles… Vous êtes ad vitam aeternam les invitées d’une fête… Je voudrais face à la vie vous savoir sans crainte et sans tremblement…."

Bonnes fêtes à toutes, déesses, grand mères, mères, épouses, filles, sœurs et amies vous êtes nos reines et nos plus belles joies !

Erwan Castel

 

dimanche 7 mars 2021

"Ura !, ura !, uraaaaa !"

Le cri des cosaques "Ura", (du russe "ура"), est vraisemblablement d’origine tartare, à rattacher au verbe wurmak ("frapper, battre") dont l'impératif de la troisième personne du singulier donne urá : "qu'il frappe".

Depuis ce mois de février, les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk encaissaient quotidiennement les coups de plus en plus violents d'une horde ukrainienne enhardie par un nouvel élan de russophobie occidentale et que renforce un flot continu de convois de blindés, d'artillerie, de munitions et de troupes fraîches.

  • Le 3 mars, devant les bombardements ukrainiens exponentiels frappant aussi bien les zones résidentielles que les positions défensives des milices, les Donetsk et Lugansk ont donné l'ordre à leurs forces armées (qui étaient seulement autorisées à des ripostes de leurs avant postes) de faire feu à leur initiative sur toute position de tir repérée.
  • Le 6 mars, alors que des premières positions ukrainiennes ont déjà été "traitées" par les appuis feu du 1er échelon républicain (armes antichars, canon sans recul, mortiers...), c'est l'artillerie lourde qui a son tour est entré dans la danse infernale pour détruire des positions d'artillerie ukrainienne hors de portée des moyens de la première ligne.
Silencieuse depuis 6 ans (à part de très rares ripostes autorisées), l'artillerie lourde républicaine était confinée dans ses quartiers depuis la signature des accords de Minsk il y a 6 ans, perfectionnant sa puissance par des entrainements et campagnes de tir sur les terrains d'exercice de l'arrière pays.


"Devant nous, l'ennemi; derrière nous, nos familles"

Hier les "ukrops" ont continué à bombarder les républiques du Donbass. Rien qu'en RPD, les village d'Oktyabr, au Sud, de Gagarine au Nord (près de Gorlovka), de Staromikhailovka dans l'Ouest de Donetsk où un autre civil de 24 ans a été blessé aux jambes par des éclats, de Veseloe près de l'aéroport ont subi des tirs ukrainiens, parfois avec des mortiers lourds de 120mm comme à Volvo center dans le Nord de Donetsk. 

Le retour des "bouches à feu" républicaines sur le front est une phase importante de l'engagement des Républiques à défendre coûte que coûte leur territoire et leurs populations dans cette grande tradition russe de ne jamais refuser un combat, même inégal (sauf pour piéger mortellement l'ennemi, comme avec la horde napoléonienne devant Moscou).

Cet engagement de l'artillerie lourde républicaine est aussi une confirmation des intentions agressives de Kiev, dont les forces armées, qui bombardent nuit et jour les territoires des RPD/L, déploient sur le terrain un dispositif blindé rapproché dont le caractère offensif ne laisse aucun doute et qui se renforce massivement d'heure en heure.

Une nouvelle vidéo prise le 6 mars 2021 par un habitant de 
Dnepropetrovsk et qui montre un nouveau convoi ferroviaire 
militaire ukrainien acheminant des blindés vers le Donbass

Un autre indice moins bruyant mais qui confirme aussi que les Républiques s'attendent à une offensive prochaine des forces ukrainiennes, sont les contrôles et approvisionnements des abris civils anti bombardements effectués par les Ministères des Situation d'Urgences.

"Quand la guerre a éclaté, j'étais trop jeune et je ne pensais pas au fait que quelqu'un souffre.
Qu'est-ce que tu comprends à 5 ans? Mais le temps passe. Je grandis.
J'ai peur non seulement pour moi, mais pour les autres."

Faina Savenkova est une fillette de Lugansk âgée de 12 ans rencontrée par Dear O'Brien


Les russes du Donbass sont plus que jamais menacés par une nouvelle offensive ukrainienne, mais aussi plus que jamais déterminés à défendre ce printemps russe revenu et cette steppe devenue sanctuaire sacré par leurs mains infatigables creusant de génération en génération mines, tranchées et tombes et qui y ont irrigué de sueur, sang et larmes leur amour pour la Liberté.

Erwan Castel

Ennemi aux portes !

Depuis cette vidéo du musicien Artem Grishanov (2015), 
ici, rien n'a changé à part l'équipement et les uniformes
des milices républicaines devenues une armée de métier
forgée par le feu des combats et des bombardements.

samedi 6 mars 2021

Situation militaire dans le Donbass

Situation du Donbass en mars 2021
A l'Ouest, l'Ukraine avec le fleuve Dniepr, au Sud, le début de la Mer Noire & de la Crimée russe,
et à l'Est, bordant la mer d'Azov, la Fédération de Russie et les républiques de Donetsk & Lugansk.
En rouge, les territoires contrôlés par les RPD/L, et en bleu ceux occupés par l'armée ukrainienne
(les limites extérieures des républiques sont celles des anciennes régions de Donetsk & Lugansk)
Les losanges sur le front représentent les principaux secteurs bombardés depuis mars 2021.

(Source de la capture d'écran : Anna news)


J'ai choisi cette cartographie satellite en illustration de cette réflexion pour bien visualiser ce que les propagandistes des salons pro-russes ont trop tendance à négliger dans leurs discours narcissiques : le déséquilibre territorial des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk qui survivent depuis 7 ans à une situation... invivable qui ne peut plus durer ! 


« Il faut allier le pessimisme de l’intelligence 
à l’optimisme de la volonté »

Antonio Gramsci


1 / Un immense territoire occupé 

En effet, bien que contrôlant les 2 principaux centres névralgiques de la Région (Donetsk et Lugansk) et une grande partie de ses frontières avec la Russie, les républiques voient plus des 2/3 de leurs territoires nationaux toujours occupés par les forces armées ukrainiennes (70.4% pour Donetsk et 68.6% pour Lugansk), ce qui a pour principales conséquences : 
  • Un régime d'occupation militaire des populations russes vivant à l'Ouest de la ligne de front et qui subissent ostracisation et répression xénophobes ainsi que des comportements criminels à l'encontre de leurs personnes et de leurs biens. 
  • L'amputation de Mariupol, la 2ème ville du Donbass, (550 000 h.), mais aussi centre économique vital (2 grandes sidérurgies & 1 grande usine de constructions mécaniques), aéroport international et surtout son unique port commercial (14 700 000 tonnes en 2005),
  • L'amputation également de grandes centres industriels miniers (ex: Avdeevka) d'entreprises pétrochimiques et chimiques (ex: Lyssichansk et Severodonetsk) ou de construction mécaniques (ex: Slaviansk & Mariupol) sans compter d'immenses espaces agricoles comme ceux situés au Nord de Lugansk.
Donc, tant que l'intégrité des territoires de Donetsk et Lugansk ne sera pas, soit restitué par Kiev, soit libéré par la force, la sécurité de leurs populations ainsi que leur autonomie et croissance économique des républiques populaires du Donbass ne pourront être garanties.

Avec des dizaines de familles cette femme survit depuis 7 années de bombardements quasi quotidiens,
au milieu des ruines de Zaitsevo un village coupé par le front au Nord de Gorlovka et aux trois quarts détruit.
(Photo Svetlana)


2 / Une ligne de front domestique 

Depuis 7 ans le Donbass est déchiré par une ligne de front de plus de 460 kilomètres qui menace quotidiennement de nombreuses zones urbaines densément peuplées dont les capitale républicaine de Donetsk, des grands centres urbains et industriels comme celui de Gorlovka, ou des carrefours routiers et ferroviaires vitaux comme celui de Debalsevo. Plus de 1 million de personnes vivent sous la portée des canons ukrainiens qui bombardent jour et nuit des zones résidentielles les proches de la ligne de front. Cette situation meurtrière qui est d'autant plus insupportable qu'elle dure depuis plus de 2500 jours (soit plus longtemps que les 2077 jours de la seconde guerre mondiale) a pour principales conséquences :
  • De terroriser des familles maintenues sous la menace permanente de tirs meurtriers ukrainiens dont les destructions les plongent depuis 7 ans dans une précarité socio-économique et une fatigue psychologique dramatiques.
  • De séparer des communautés territoriales, des bassins économiques et des familles, de détruire ou neutraliser les ressources et parcs industriels situés sur la ligne de front, de couper régulièrement les réseaux approvisionnements d'eau et d'énergies qui la traversent.
  • Sur le plan militaire, la proximité de la ligne de front des centres névralgiques républicains prive leurs armées de cette profondeur stratégique minimum qui donne à leurs forces réactives le délai de leur mise en œuvre nécessaire pour renforcer les défenses menacées.
Cette ligne de front que beaucoup, par fourberie ou lassitude, considèrent comme le ligne de démarcation des accords de Minsk (alors qu'initialement ce sont les frontières des anciens oblasts (régions) de Donetsk et Lugansk qui définissent le territoire de leur éventuelle application) est tout simplement invivable sur le plan de la sécurité du territoire, elle est comme une épée de Damoclès au dessus des populations civiles et des coeurs des Républiques du Donbass.

 
Depuis 5 ans, à la faveur des accords de Minsk, les soldats ukrainiens se sont rapprochés des positions
républicaines jusqu'à quelques dizaines de mètres parfois, comme ici dans la zone industrielle de Promka,
avec cette position aux couleurs bandéristes située à moins de 100 mètres d'un de mes postes d'observation.

Ces deux réalités géographiques imposées par la guerre et dont les conséquences multiples, humanitaires, sociales, économiques, et militaires, font de la libération des territoires des Républiques de Donetsk et Lugansk occupés par Kiev une priorité vitale et même aujourd'hui une urgence absolue. 



3 / Un monstre qui se réveille

Après avoir pendant 6 ans permis à Moscou et Kiev de "jouer la montre", les accords désaccordés de Minsk qui ont accouché d'un cessez le feu mort né rendent en ce début d'année 2021 leur dernier soupir étouffé par le réveil d'une armée ukrainienne qui semble être engagée par la nouvelle administration Biden via sa marionnette kiévienne Zelensky, pour une offensive nouvelle contre les populations de Donetsk et Lugansk. 

Dans une fuite en avant militaire exponentielle, la junte de Kiev semble résolue à provoquer la Russie en relançant à la fois, et avec le soutien des occidentaux, une rhétorique politique russophobe et des actions militaires criminelles dans le Donbass :


Un crescendo de bombardements meurtriers 

Depuis février, les bombardements ukrainiens qui jusque là étaient erratiques et sporadiques sont devenus systématiques et, au fil des jours et surtout des nuits, de plus en plus précis, intenses et meurtriers. Pas moins de 17 miliciens républicains ont été ainsi tués pendant ce court mois de février et déjà une dizaine sont tombés depuis le début mars, dont 3 rien que pour la seule journée du 5 mars.

Désormais, les républiques subissent des pertes et des destructions sous le feu quotidien des canons ukrainiens (voir SITREP) qui tirent sur leurs zones résidentielles autant que sur leurs postions défensives. Ainsi par exemple aujourd'hui 5 mars 2021 :
  • Pendant la nuit du 4 au 5 mars les forces ukrainiennes ont tiré des obus de mortier de 120mm sur le village de Leninskoe (Sud de la RPD),
  • Dans la journée, sur le front de Mariupol de Marioupol, le 1er bataillon d'infanterie de marine de la 36e brigade ukrainienne ont tiré su le village d'Oktyabr,
  • Puis, sur le front Nord de Donetsk, le 15e bataillon de la 58e brigade ukrainienne ont tiré su le village de Veseloe,
  • Sur le front de Gorlovka, la 35e brigade ukrainienne, ont tiré avec des armes d'infanterie et des snipers su le village minier de Gagarine.
  • En Aleksandrovka, dans la périphérie Sud de Donetsk, une jeune famille d'enseignants avec 3 enfants ont eu leur maison prise pour cible par des snipers ukrainiens.
Lors des tirs ukrainiens sur le front de Gorlovka, près du village minier 6/7, 3 défenseurs républicains ont été tués et 1 autre grièvement blessé par des tireurs d'élite. Puis, dans les ripostes républicaines qui ont suivi, 3 soldats de la 58ème Brigade ukrainienne ont également été tués et 4 autres blessés lors de la destruction de leur point de tir.




Des préparatifs offensifs jamais réalisés auparavant

Kiev continue d'acheminer vers le Donbass d(importants renforts d'unités mécanisées, blindées et d'artillerie lourde. J'ai déjà évoqué ici certains de ces renforts significatifs repérés par les habitants des territoires occupés et les services de renseignement mais aussi l'OSCE et qui sont arrivés ces derniers jours sur le front (à Zaporodje, à Kramatorsk, à Krasnoarmeysk, à Dzerjinsk, à Rubijnoe...).
La plupart de ces très importants renforts arrivent par convois ferroviaires nocturnes, a l'exemple de cette dernière vidéo transmise par des habitants de Dnepropetrovsk montrant dans leur gare un convoi militaire transportant de nombreux véhicules blindés en direction du front du Donbass.

Sur ce convoi militaire ukrainien en gare de Dnepropetrovsk et
en partance pour le Donbass le 4 mars, on distingue de nombreuses 
pièces d'artillerie : obusiers automoteurs de 122mm 2S1 "Gvozdika" 
ainsi que des mortiers automoteurs de 120mm 2S9 "Nona" par exemple.

De leur côté, en contrôlant pendant cette même journée du 4 mars les aires du retrait imposé par les accords de Minsk des armements lourds (de calibre supérieur à 100mm), les observateurs internationaux de l'OSCE ont constaté l'absence de : 

(Sur le front de Donetsk):
  • 65 chars de combat "T-64",
  • 86 obusiers tractés de 152mm 2A36 "Hyacinthe B",
  • 49 obusiers tractés de 152mm, 2A65 "Msta-B",
  • 24 mortiers de 120mm M120-15 "Molot",
  • 22 mortiers de 120mm 2B11 "Sani",
(Sur le front de Lugansk):
  • 33 chars de combat,
  • 15 obusiers automoteurs de 122mm 2S1 "Gvozdika",
  • 4 canons antichars de 100mm MT12 "Rapier"
  • 18 mortiers de 120mm Vasilkov,
  • Etc.

Plus que les discours politiques russophobes des excités de Kiev qui n'ont jamais cesser de promettre de raser le Donbass, ces préparatifs militaires hors normes auxquels il faut rajouter des indicateurs logistiques significatifs tel que le sur approvisionnement des stocks de carburant diesel pour les véhicules blindés, permettent raisonnablement à penser qu'une offensive ukrainienne pourrait être lancée très prochainement dans le Donbass.


4/ Pour quel scénario ?

Depuis plusieurs jours les analyses et supputations les plus diverses fusent sur les réseaux sociaux concernant le scénario stratégique le plus probable à envisager en cas d'offensive ukrainienne. Les uns parlent d'une offensive sur Novoazovsk pour atteindre le plus rapidement les frontières avec la Russie, d'autres sur Debalsevo pour couper les communications stratégiques entre Donetsk et Lugansk, d'autres encore pensent à une offensive sur Lugansk ou à un encerclement de Donetsk etc., etc. 

Ce qui est certain que les données actuelles ne sont plus du tout les mêmes que celles de 2014, n'en déplaise aux propagandistes simplistes qui promettent aux "ukrops" de voir à nouveau bouillir leurs unités d'assaut dans de nouveaux "chaudrons" comme ceux d'Iliovaisk (sept 2014) ou de Debalsevo (fev 2015).

Si les milices républicaines ont depuis 7 ans considérablement augmenté leurs capacités opérationnelles via notamment leurs effectifs, modernisations, équipements et entrainements, il en est de même pour les forces ukrainiennes et ce serait une grave erreur que de les considérer, comme trop souvent nous le laissent à penser les propagandistes idiots (pléonasme!), comme un ramassis d'incapables alcooliques, drogués et dépressifs suicidaires.

Sun Tsu, il y a 2500 ans, recommandait déjà à ses généraux de "ne jamais sous estimer l'adversaire" et il convient ici à l'aune des guerres du passé de rappeler quelques vérités psychologiques:
  • Très souvent le nombre finit par triompher sur la qualité lors d'un combat qui dure dans le temps,
  • Il existe toujours un phénomène d'entrainement qui fait sortir des tranchées même les moins motivés,
  • Au combat, l'instinct de survie pousse les soldats les moins motivés à défendre leur peau en attaquant,
  • Le stress et l'adrénaline font souvent perdre la notion du danger et procure de l'énergie au soldat,
Concrètement, les forces ukrainiennes bien que nettement moins motivées que les milices républicaines ont pour elles l'avantage du nombre (5 contre 1), une puissance d'assaut blindée et une artillerie très importantes auxquelles il faut rajouter des drones d'attaque nouveaux et une aviation de combat qui sans nul doute réapparaitra lors d'un offensive.

Cependant si Zelensky décide, comme il semble le montrer, de mettre en œuvre son "plan B" en attaquant militairement le Donbass il sera obligé pour marquer des points militaires mais surtout aussi politiques sur le plan national et international :
  • De limiter au maximum la durée de l'offensive (quelques jours seulement) avant les réactions,
  • D'éviter au maximum des pertes civiles car elles justifieraient une riposte russe immédiate,
  • De conquérir du terrain sur les RPD/L pour chiffrer et justifier l'offensive et les inévitables pertes subies,
  • D'avoir un minimum de pertes humaines et dans l'aviation qui est toujours très médiatisée,
  • Etc.

L'axe Sud

Situation du front Sud du Donbass qui connait depuis plusieurs jours de violents
bombardements ukrainiens. En bleu l'organigramme ukrainien et les axes de ses
attaques potentielles vers les frontières de la Fédération de Russie (environ à 50km)


Aujourd'hui les unités de l' "Opérations des forces combinées" ukrainienne déployée dans le Donbass sont fortes de 100 000 hommes minimum, ce qui leur permet d'envisager une percée large et protégée sur ses arrières et ses flancs (contrairement à 2014 où il n'y avait que des petits corps blindés isolés et désorganisés), cependant je ne crois pas pour les raisons évoquées ci dessus que Kiev attaquera près des centres urbains importants qui sont des zones à forte densité démographique où sont positionnées d'importantes forces de réserves actives ainsi que des réservistes. 

Les statisticiens militaires déterminent que pour investir une ville défendue, un assaillant doit avoir une très nette supériorité numérique d'environ 7 contre 1, d'importants stocks logistiques (on consomme 20 x plus de munitions dans les combats urbains) et une motivation quasi suicidaire (les assauts sont les plus coûteux en pertes militaires) 

Donc, attaquer près de Donetsk, Gorlovka ou Lugansk serait militairement et politiquement très risqué pour Zelensky (sauf s'il exécute une mission de kamikaze ordonnée par l'OTAN) les inévitables combats en zone urbaine qui s'y multiplieraient auraient pour conséquence de :
  • Enliser et disperser rapidement l'offensive ukrainienne dès les premiers kilomètres, 
  • Provoquer des pertes très importantes ainsi qu'une surconsommation de munitions,
  • De paralyser l'avantage dynamique des chars et véhicules de combat,
  • De réduire considérablement l'efficacité des appuis aériens et artillerie,
  • De provoquer des massacres parmi les civils et donc une intervention russe accélérée.
Voilà pourquoi si Zelensky ne veut pas risquer de voir le drapeau de la Fédération de Russie flotter sur le Maïdan, il cherchera probablement à mener une "blitzkrieg" loin des centres stratégiques républicains et des pièges urbains qui lui offrirait un avantage militaire et surtout une victoire politique.

Voilà pourquoi je regarde plus du côté de cette zone située entre le bord de la Mer d'Azov (Novoazovsk) et le début de la grande périphérie de Donetsk (Dokuchaievsk) qui offre aux forces ukrainiennes une steppe ouverte et des frontières avec la Russie très proches, qui permettrait en cas de d'attaque victorieuse de prendre des territoires républicains, de contrôler des postes frontières, d'isoler le groupe d'armée Sud de la RPD.

Dès 2017, j'avais appelé ce scénario "l'axe Sud" et je pense qu'il est toujours
en bonne position dans les scénarios d'une offensive ukrainienne probable



5 / Fixer, Déborder, Attaquer... et Geler
  
Dans ce scénario d'offensive ukrainienne réalisée dans un couloir de seulement 50 kilomètres de profondeur menant du secteur de Volnovakha (terminus ferroviaire logistique où se concentrent d'importantes forces blindées, mécanisées et aériennes) jusqu'aux frontières avec la Russie, nous risqopns probablement d'observer le déroulement des 3 phases classiques du combat (Fixer, Déborder, Attaquer) auxquelles il convient de rajouter une phase finale plus diplomatique que militaire et qui consistera à geler l'avantage militaire acquis, avant une contre offensive ou une extension régionale du conflit (dernier exemple en date, les  cessez le feu dans le Haut Karabagh qui entérine l'avantage tactique en victoire militaire azerbaidjanaise).

Pour le Donbass nous aurions ainsi :

"Fixer"

Successivement déclenchés et pour toute la durée de l'offensive:
  • Des opérations offensives sur les secteurs stratégiques du front pour fixer les forces et mobiliser les réserves républicaines.
  • Des bombardements ponctuels et nocturnes sur les zones résidentielles pour faire fuir la population (et encombrer les chemins de la logistique).
  • Des destructions par bombardement et sabotage des moyens de télécommunications et des réseaux énergétiques,
  • Des destructions de ponts et carrefours routiers et de dépôts logistiques repérés...
Cette phase semble avoir déjà commencé avec les bombardements des dernières semaines.

"Déborder" 

Puis une offensive brutale sera probablement déclenchée vers ce couloir Volnovakha / frontière russe qui présente pour Kiev les avantages suivants:
  • Courte distance (50 km) permettant une opération en 1 ou 2 journées maximum,
  • Pas de zone de freinage urbain importante et pouvant générer des contre offensives,
  • Terrain ouvert libre propice aux blindés et appuis feu lointains (artillerie et aviation),
  • Charnières fortes au Nord et au Sud (Marinka et Mariupol) pour éviter un chaudron.
"Attaquer"

Pour briser les lignes de défenses républicaines, les forces ukrainiennes commenceront probablement leur offensive par de puissants bombardements terrestres et aériens cherchant à neutraliser les positions et champs de mines républicains, puis :
  • En utilisant les radicaux nationalistes dans les reconnaissances offensives risquées, les unités blindées se mettront en mouvement sous la couverture d'une artillerie lourde mobile et d'appuis aériens ponctuels.
  • Les villages opposant une résistance seront contournés et laissés aux soins d'unités d'infanterie et de génie de 2ème échelon qui les encercleront avant de laisser des paramilitaires bandéristes les investir.
  • Sur les flancs de l'offensive, des unités du génie mineront les itinéraires potentiels d'une contre attaque républicaine et des forces d'interventions rapides mixtes (infanterie mécanisées et artillerie) se positionneront à l'arrière.
"Geler"

Kiev va certainement miser la réussite de son offensive sur:  
  • L'habituelle procédure réglementaire de l'attentisme russe: observation, communication, convocation du Conseil de Sécurité de l'ONU, ultimatum, puis seulement après intervention. 
  • Les interventions de Moscou à caractère humanitaire (sauf contre les groupes terroristes non gouvernementaux) et dont l'objectif prioritaire est l'arrêt des combats, même au prix de l'abandon des territoires conquis militairement.
A ce titre Zelensky rêve certainement d'un scénario diplomatique de type Karabagh mais avec un déploiement de casques bleus occidentaux qui lui permettront par le contrôle des frontières de finaliser le blocus des républiques du Donbass et dans les zones conquises d'entamer une épuration communautariste de type croate qu'il pourra confier aux unités spéciales nationalistes.



6 / Sauf que : 

Il n'est pas sûr que ce scénario ukrainien fantasmé soit réalisé car il reste pour Kiev beaucoup d'inconnues quant à la puissance des :
  • Capacité des forces républicaines à contre attaquer, sur l'axe offensif ou ailleurs,
  • Rapidité de mobilisation armée de la population locale (réservistes, volontaires...),
  • Déploiement d'une deuxième "Opolcheny" (milice) de volontaires étrangers,
  • Et surtout, la nature et la rapidité de l'intervention russe car Moscou, devant la violation flagrante et meurtrière des accords de Minsk que constituera toute nouvelle offensive ukrainienne, pourrait décider unilatéralement de frapper militairement les forces ukrainiennes depuis ses unités positionnées dans l'oblast de Rostov sur le Don et en Mer Noire, ou même intervenir réellement dans le Donbass (enfin !) et dans ce cas précis aider les forces républicaines à libérer leurs territoires occupés par Kiev.


Mais quel que soit le scénario choisi et son développement final, une offensive ukrainienne sera une nouvelle éruption dramatique du drame ukrainien, et une menace gravissime pour une paix européenne déjà fortement lézardée par la stratégie agressive de l'OTAN, la collaboration servile des institutions et  gouvernements occidentaux et l'apathie des populations de l'Union Européenne incapables de comprendre que leurs destinées sont liées à celle du Donbass. Et ici, dans le Donbass libre, pendant les premiers jours de l'attaque de Kiev jusqu'à la contre offensive russe, nos milices et populations républicaines vont certainement vivre chaque heures comme une éternité dans des souffrances semblables à celles de 2014, avec leurs flots de larmes et de sang.

Car il reste malheureusement encore un long chemin bordé de tombes jusqu' à la Liberté des russes de Donetsk et Lugansk.

En vous priant de m'excuser pour la longueur inhabituelle de cet article, mais je pense qu'il était nécessaire de rétablir quelques vérités quant à la situation réelle en cours d'explosion dans le Donbass, tout en conservant une confiance totale quant à l'issue de cette guerre que Zelensky semble vouloir exacerber, et qui selon moi s'achèvera par la libération de l'ensemble de la Novorossiya, la chute du régime de Kiev et le retrait de l'OTAN des frontières de la Fédération de Russie.

"No pasaran" 

Erwan Castel

Et pour conclure sur une note victorieuse ! :