mardi 24 novembre 2015

L'amour comme discipline, l'espérance comme courage

Quand des enfants nous offrent leur coeur

Orphelins et handicapés impatients de nous accueillir et témoigner de leur amour de la vie
Notre présence en tant que volontaire occidental dans le Donbass est un engagement à la fois personnel et multiple mené sur différents fronts :

- engagement militaire, au sein d'une unité de reconnaissance déployée sur le front
- engagement métapolitique, au sein des réseaux de réinformation et des médias libres
- engagement culturel, autour d'animations auprès des étudiants en langue française
- engagement humanitaire, auprès des victimes civile de la guerre...

Ce dernier engagement, représente à mes yeux et mon coeur une dimension essentielle de notre action sur le terrain et dont l'importance est inversement proportionnelle au temps que je peux hélas lui consacrer.

Après avoir pendant les premiers mois réalisé des versements impersonnels auprès des hôpitaux et maisons de retraites de Donetsk, j'ai décidé d'aller à la rencontre des victimes les plus sensibles et innocentes de cette guerre abjecte et génocidaire menée ici par l'OTAN via ses pantins de Kiev. J'avais déjà évoqué dans ce blog la place tragique occupée par les enfants pris dans un conflit moderne (voir l'article ici : Défendre l'innocence)

Aussi nous évoquerons ici plus directement les enfants et le personnel de l'orphelinat 28 situé à Petrovsky et que j'ai eu l'honneur de rencontrer le 19 novembre dernier pour un instant qui restera gravé dans ma mémoire et mon coeur. 

Mais je tiens préalablement à remercier Laurent Brayard, volontaire français travaillant pour l'agence internationale DONi News pour son travail et son dévouement au peuple du Donbass et surtout son aide précieuse, interface vitale entre nous et nos interlocuteurs.

Un cadeau magnifique au delà de l'émotion...

Mis en alerte la veille de notre premier rendez-vous je n'avais pas pu aller à la rencontre des enfants de l'orphelinat bombardé dont nous avions participé aux réparations des bâtiments touchés par les soudards de Kiev.

Les premières fenêtres réparées, les enfants attendaient de pouvoir nous accueillir, ce que nous avons pu faire à l'occasion d'une liaison sur Donetsk réalisée le 19 novembre 2015. Après la traditionnelle collation d'accueil de la Directrice de l'établissement, en compagnie de Janus Putkonen, Directeur de Doni News, nous nous sommes dirigés vers la petite salle de spectacle bondée pour se voir offrir un spectacle préparé par les enfants en notre honneur.

La féerie des danses, des costumes et des musiques nous a littéralement cloué de surprise sur nos chaises, car l'interprétation des enfants réalisée avec une application surprenante nous a offert avec amour, dans une fusion entre éthique et esthétique, un véritable Noël avant l'heure...


Ces orphelins et enfants handicapés, leurs éducateurs et enseignants, au milieu de leurs bâtiments portant encore les stigmates des bombardements subis, m'ont donné ce jour là une formidable et inattendue récompense pour cette année passée dans le Donbass, en délivrant un message d'amour et de paix exemplaire.

A l'issue du spectacle, la Directrice nous a fait visiter l'établissement, en nous décrivant la vie quotidienne de ces 147 enfants et des 80 personnels d'encadrement qui continuent malgré l'effondrement salarial et budgétaire et les bombardements à faire fonctionner avec amour et courage et de manière impeccable, cet établissement du coeur et de l'intelligence...

Les petites salles de classes et les chambres impeccablement tenues, témoignent également à leur niveau des valeurs partagées et de l'intelligence des comportements comme en témoignent par exemple l'enseignement du russe, mais aussi de la langue et de la littérature ukrainienne, composante d'un héritage qui dépasse ses manipulations politiques.

En croisant les petits groupes d'enfants, étudiant ou jouant dans les salles de classes, se déplaçant dans les couloirs sous la direction de leurs aînés, j'ai ressenti vivante cette fusion, aujourd'hui inimaginable dans notre société occidentale dépravée et laxiste, entre une discipline comprise et un amour partagé, incarnant avec noblesse le mot "respect"

La bibliothèque qui témoigne sans haine ni censure de l'histoire complexe et mouvementée du Donbass
Aujourd'hui, l'orphelinat 28 ne survit que grâce aux convois humanitaires venus de Russie, aux dons, à la solidarité du voisinage et surtout au sens du devoir et du dévouement de son encadrement qui remplit sa mission coûte que coûte, malgré des pertes de salaires, des matériels cassés non remplacés, des réparations onéreuses etc...

Il reste de nombreuses réparations a effectuer, et nous nous sommes engagés à poursuivre notre action afin de restaurer le confort des enfants et leur permettre ainsi de mieux supporter les rigueurs de l'hiver.

Dans une guerre, lorsqu'on évoque la bravoure et le sacrifice, c'est naturellement vers les soldats et les services de secours que se tournent les regards reconnaissants. Mais il y a aussi ces femmes et ces hommes dont le courage n'a rien a envier à celui des combattants et même au contraire, doit être cité en exemple devant l'Histoire.

Ainsi de ces femmes de l'orphelinat 28 de Donetsk qui, sans être formées et équipées, font face quotidiennement dans l'ombre de leur devoir, et en cachant leur peur pour mieux soigner celles des enfants, à la monstruosité d'une guerre génocidaire...

Oui, ces enfants et ces femmes resteront gravés dans ma mémoire comme les plus grands héros de cette guerre, dont ils ignorent les honneurs tant ils sont élevés vers le devoir accompli par l'humilité et l'Honneur... 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya




Le témoignage de la directrice de l'orphelinat


Les enfants de l’orphelinat 28 de Donetsk 
accueillaient Erwan Castel et Janus Putkonen

"MIR" ce mot russe hautement symbolique puisqu'il désigne à la fois la "Paix" et la "Terre"
Publié le 21 novembre 2015  

"Un 19 novembre à Donetsk. La pluie tombe sur la ville, nous nous dirigeons dans une banlieue éloignée de Donetsk. Là se trouve l’orphelinat n° 28 dont nous avons déjà beaucoup parlé. Ici vivent plus de 140 enfants, des orphelins, des enfants de familles dans une extrême indigence, des handicapés mentaux atteints de troubles légers ou lourds. L’orphelinat fut délibérément pris pour cible par l’artillerie ukrainienne à trois reprises en janvier, février et juin 2015. Se trouvant à une distance désormais d’une dizaine de kilomètres du front par le recul des bataillons de représailles de l’Ukraine, les enfants sont toutefois toujours en danger. Dans les bombardements, l’ensemble des fenêtres de l’établissement ont été pulvérisées, des éclats d’obus sont visibles sur les façades et à l’intérieur des pièces qui furent touchées. Par miracle aucun enfant ou personne ne fut tuée ou blessée.

Erwan Castel à travers l’aide de la structure de DONi, SaveDonbassPeople est venu en aide aux enfants de l’orphelinat en compagnie de Laurent Brayard pour une somme totale de 15 000 roubles qui ont servis à réparer 17 fenêtres parmi toutes celles qui avaient été détruites. Il en reste toutefois encore 45 à réparer et hélas la menace ukrainienne qui est loin d’être éteinte ne garantit pas qu’elles ne soient pas à nouveau pulvérisées. Les tirs sur l’orphelinat ne furent pas le fait du hasard. L’artillerie ukrainienne a été à bonne école, l’école soviétique, sachant que l’Union soviétique était elle-même l’héritière de la tradition d’artillerie de l’époque tsariste. Une des toutes meilleures d’Europe avec l’école allemande et française. Ces bombardements de terreur sont sciemment calculés par les états-majors ukrainiens qui cherchaient à vider le Donbass des forces vives de la région.


Janus Putkonen et Erwan Castel
Depuis le début des bombardements, n’ayant pour seule arme que la désinformation, la propagande honteuse de l’Ukraine brune et particulièrement des activistes pro-Ukraine en France consiste à déclarer que les forces républicaines et insurgées du Donbass sont-elles mêmes responsables des bombardements. Selon cette logique, les insurgés se tireraient dessus eux-mêmes ainsi que sur leurs maisons, leurs familles et leurs enfants. Il y a hélas encore des gens « sérieux » qui osent répandre cette désinformation criminelle. Pendant ce temps, les civils du Donbass meurent tués par l’Armée ukrainienne. Ceux qui ne sont pas morts des bombardements, sont condamnés à vivre un hiver dans des ruines et les structures d’accueil manquent terriblement. Il y a ceux qui n’ont nulle part où aller, et ceux qui ne veulent pas quitter leurs maisons, leur terre. Où s’enfuir ? S’enfuit-on sous la menace de la terreur ukrainienne ? S’enfuit-on pour que l’Union européenne et l’OTAN s’installent sur les cadavres des femmes et des enfants du Donbass ?

Dans les tranchées, les républicains se préparent en effet à un assaut ukrainien. Dans les lignes des bataillons néonazis tant magnifiés par la presse française, dans les lignes des « patriotes » qui brandissent des drapeaux noir et rouge, couleur de la mort et du sang, dans les lignes des forces ukrainiennes piaffent les tueurs du Pravy Sektor. Erwan Castel signalait l’un de ces drapeaux synonyme de mort atroce pour les civils du Donbass en face des lignes de son unité. Plus loin, un volontaire du Donbass, m’indiquait qu’un drapeau allemand de la Première Guerre mondiale flottait sur les lignes ukrainiennes… J’avais moi-même remarqué dans l’optique d’un fusil à lunette qu’un officier républicain m’avait mis entre les mains pour l’occasion, un drapeau du parti nazi Pravy Sektor en face de Spartak le mois dernier. La quasi-totalité des bataillons de massacreurs sont remontés en ligne avec une imposante quantité de matériels, comme nous le savons l’Ukraine a fait échouer le retrait des armes du front comme le rapportait l’OSCE.


Pendant ce temps, 140 enfants parmi des milliers d’autres sont toujours sous la menace de la mort sous les obus et les Grad de l’Ukraine. A Paris, l’Ambassadeur d’Ukraine est toujours reçu cordialement, en France les médias français continuent de recevoir avec chaleur les désinformateurs. Dans nos Assemblées, des politiciens notamment socialistes travaillent dans l’ombre pour l’Ukraine « démocratique » des répressions, des meurtres politiques et du massacre dans le Donbass. Le réveil sera difficile pour la France des Droits de l’Homme, lorsque le tribunal de Nuremberg qui se prépare ouvrira ses portes. Un événement majeur est à prévoir dans le courant de janvier, les criminels ukrainiens devront répondre un jour de leurs crimes. Et vous Français, embrasserez-vous encore longtemps les Judas qui vous mènent à un autre abattoir ?"

Laurent Brayard,volontaire français, journaliste à DONi News


Petrovsky un district de Donetsk bombardé depuis plus d'un an


Petrovsky où se situe l'orphelinat 28 est un grand district à l'Ouest de Donetsk, et lorsque on vient du centre ville, après avoir traversé le district de Kirovsky, on peut voir les blessures de la guerre marquer les façades de plus en plus au fur et à mesure du cheminement vers l'Ouest, jusqu'à Trudovsky, quartier quasiment intégralement détruit sur la ligne de front de Marinka .




Sources de l'article :

- Site Doni News, le lien : ICI
- L'album photos de Laurent, le lien : ICI
- Les vidéos des quartiers de Petrovsky bombardés, le lien : ICI


1 commentaire:

  1. Merci ERWAN pour ce témoignage poignant, je me permets une petite contribution.Je pense tous les jours à ces enfants sacrifiés.

    Ces enfants sacrifiés.

    Ces enfants couleur sable doré, couleur chêne tendre, couleur acajou,

    Ces enfants, pareils aux nôtres.

    Notre bonheur à les savoir en sécurité, à les voir heureux.

    Notre apaisement à les savoir fragiles mais protégés.

    Quels parents serions-nous pendant la guerre?

    Leur sécurité mise en péril à chaque instant, leur bonheur entâché de deuils multiples, leur joie disparue, leur innocence salie par des scènes d’horreur.

    Quel parents serions-nous?

    Quels parents serions-nous si nous devions prendre dans nos bras nos petits corps sans vie?

    Pourquoi ce supplice est infligé aux enfants, aux femmes, aux hommes dans les pays où il y a des matières premières?

    Pourquoi est-il impossible de négocier pacifiquement et ainsi éviter cette horreur?



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