lundi 5 avril 2021

Quand le maître appelle son gouverneur


Aujourd'hui 4 avril 2021, 
le Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie considère que 

"la possibilité d'affrontements entre les forces armées ukrainiennes et russes 
pendant l'escalade du conflit dans le Donbass est très probable."


Entre l'Ukraine et la Russie, le torchon brûle donc de plus en plus fort et menace même d'incendier la région entière. 

  • En janvier, l'Ukraine a relancé une escalade militaire dans le Donbass encouragée par le retour à la Maison Blanche des parrains démocrates du Maïdan,
  • En février, l'armée ukrainienne lance les préparatifs pour une offensive majeure dans le Donbass, notamment avec une accumulation de renforts sur le front,
  • En mars, la Russie qui a confirmé qu'elle interviendra militairement pour protéger le Donbass déploie à son tour d'importants effectifs militaire sur ses frontières.

Le maître a parlé...

Le 2 avril 2021 en soirée, le président étasunien Biden a téléphoné à son gouverneur ukrainien Zelensky, pour lui renouveler le soutien inconditionnel des USA et leur aide pour "préserver la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine face à l'agression russe dans le Donbass et en Crimée". Si à Washington, le service de presse de la Maison Blanche a rapporté une conversation "extrêmement pragmatique et pratique", la porte-parole du président Zelensky, Yulia Mendel, très émue l'a qualifié d' "incroyable" résumant que les États-Unis allaient sérieusement "réformer l'Ukraine et se tenir à ses côtés dans le développement de la démocratie" (lorsque l'on connait le rôle de Biden dans le coup d'Etat du Maïdan en 2014, on a le droit de rire) et c'est ainsi que l'on savait. Mais surtout le parrain étasunien de la colonie militaire ukrainienne a encouragé son gouverneur "à mener des actions actives dans le Donbass".

Et les ukropithèques d'interpréter cela comme un signal autorisant Kiev a lancer son suici... pardon "offensive" dans le Donbass.

La journaliste Anna Ponomareva rappelait que cette conversation téléphonique Biden/Zelensky n'est pas sans rappeler celle tenue en 2008 entre la secrétaire d'Etat étasunienne Condoleezza Rice et Mikhail Saakashvili, alors président de la Géorgie, peu de temps avant l'offensive contre l'Ossétie du Sud, et on connait la suite minable que la Russie a donné à cette aventure russophobe... 


Sur le front du Donbass...

Sur le front, les bombardements des forces ukrainiennes se poursuivent ainsi que les déploiements en renfort de nouvelles unités blindées et d'infanterie. 

Par exemple:

  • Le 3 mars à 9h45, Bombardement ukrainien au mortier lourd sur le quartier de Zhabunky en périphérie Nord de Donertsk, depuis les positions de Peski. 15 obus de 120 mm,
  • le 3 mars en début d'après midi, un drone ukrainien a largué une munition explosive sur le village d'Aleksandrovskoye près de Gorlovka, tuant un enfant de 5 ans.

25 mars 21, Bombardement ukrainien d'une position républicaine 
 sur le front entre Avdeevka et Yasinovataya (Nord de Donetsk),
par l'unité de mortiers lourds de la 54ème brigade ukrainienne.
Vidéo du drone appuyant les corrections des tirs et diffusé par "K2".
Géolocalisation du bombardement

Les forces républicaines continuent de riposter aux tirs ukrainiens avec les moyens à leur disposition, tirs de contre batteries sur les positions identifiées de l'artillerie ennemie ou destruction des postes avancés installés dans la "zone grise" qui, théoriquement est "démilitarisée".

2 avril 21, destruction d'un avant poste ukrainien dans la zone "neutre"
par une équipe antichar républicaine sur le front de Donetsk, à Trudovsky
Le temps de vol très court (inférieur à 2 secondes) du missile témoigne de 
l'extrême proximité des belligérants sur ce front du Donbass.

Du côté de l'Ukraine...

Les forces ukrainiennes continuent inlassablement de renforcer leur dispositif d'assaut sur le front du Donbass, acheminant sans cesse nouveaux matériels, équipements et personnels comme par exemple:
  • A Konstantinovka (20 km au Nord Ouest de Gorlovka, dans la nuit du 3 au 4 avril 2021,sont arrivés 2 convois ferroviaires ukrainiens avec des chars de combat et des obusiers lourds automoteurs. En outre, les habitants ont signalé la présence nouvelle dans la ville a noté la présence d'effectifs importants de soldats dans des nouveaux uniformes camouflés et sans insignes de reconnaissance.
Déchargement de munitions sur les quais de Kramatorsk 
  • À Kramatorsk (100 km au Nord de Donetsk) est arrivé un autre ravitaillement ferroviaire avec des munitions dont 4 wagons chargés d'obus de mortier 120-mm TR (3-843 A), munitions doté d'une charge de phosphore, dont l'utilisation contre des zones résidentielles est interdite par la Convention de Genève.
  • A Bakhmut (20 km au Nord de Gorlovka) une grande concentration de blindés et pièces d'artillerie a été repérée arrivant en renfort. En outre, dans les bâtiments de l'ancienne école professionnelle de Mezhevaya, une unité opérationnelle du SBU (services de sécurité) est arrivée signifiant selon des témoins «que quelque chose est en préparation».
Pour les convois ferroviaires se dirigeant vers le Donbass, il semblerait que les réserves opérationnelles ukrainiennes des années 80 s'épuisent car l"Etat major ukrainien, "raclant les fonds de tiroirs" pousse désormais vers le front du Donbass de vieux tas de ferraille soviétiques des années 60 qu'en Russie on peut encore voir... dans les musées militaires qui ont trop d'espace vide !

4 avril 21, un convoi ferroviaire ukrainien venant de Khmelnytsky, 
achemine du vieux matériel soviétique dans le Donbass via Ternopil.

L'effort de guerre ukrainien se poursuit cependant pour imaginer et développer sans cesse (avec l'argent des occidentaux) de nouvelles techniques et armes pour bombarder les populations du Donbass, 

Ainsi l'usine ukrainienne "Mayak" a annoncé le développement d'une munition cumulative non guidée RKG-1600 prévue pour être larguée depuis de petits drones type quadricoptères, et a annoncé lors de sa présentation et simulation qu'elle sera bientôt testée sur le front.



Rappelons que l'emploi des drones à des fins de bombardement s'est généralisé dans les unités ukrainiennes depuis plusieurs années, pour viser aussi bien les positions défensives républicaines que les zones résidentielles comme le prouve l'assassinat d'un enfant de 5 ans ce 3 avril près de Uglegorsk.



Du côté de l'OTAN...

L'armée étasunienne continue son pont aérien logistique vers l'Ukraine ç coup de "Globalmaster III", un avion cargo de l'US Air Force capable d'emporter plus d'une centaine de personnels équipés ou 77 tonnes de fret ou même des véhicules blindés. Dans les vols vers l'Ukraine repérés ces derniers jours je parierai plutôt pour des livraisons d'armes et munitions antichars et du matériel spécialisé de guerre électronique et médical.  

Le 4 avril, en provenance des États-Unis (avec un ravitaillement carburant à Séville en
 Espagne) est arrivé à l'aéroport ukrainien de Lviv (ouest de l'Ukraine), un cargo Boeing
  C-17 Globemaster III de l'US Air Force (immatriculé 95-0107) avec jusqu'à 77 tonnes de fret.


Le 4 avril en soirée un autre cargo C17 de l'US Air Force au décollage de la base de
Ramstein en Allemagne se dirigeait vers Kiev avec un nouveau fret logistique. 



Du côté de la Russie...

Tandis que l'armée russe continue de déployer des brigades d'assaut vers les frontières ukrainiennes espérant ainsi faire lâcher prise l'armée ukrainienne, les Etats Majors militaro-politiques russes envisagent désormais ouvertement la possibilité d'un conflit direct avec l'Ukraine et dans une probabilité élevée.

3 avril 21, concentration de BTR 82 russes arrivés  
en renfort sur la péninsule de Crimée. Oser une telle
concentration de blindés signifie qu'un couverture
antiaérienne complète a également été déployée.

Si les portes de la Paix ne sont pas encore complétement closes, en revanche celles de la guerre sont grandes ouvertes et leurs seuils encombrés de milliers d'unités ukrainiennes, russes et républicaines prêtent au combat. Et tout cela pour que la marchandise étasunienne et l'OTAN imposent leur diktat en abaissant par le feu et le sang un nouveau rideau de fer sur l'Europe.

Il est hallucinant que cette situation des plus tragiques provoquée par une stratégie du chaos étasunienne et suivie par des Etats nations occidentaux serviles et suicidaires ne soulève pas des torrents de protestations anti mondialistes et pacifistes dans toutes les capitales européennes où il semble que les masques soient aussi portés aussi au niveau des yeux et des oreilles de populations occidentales hébétées et soumises qui pourtant, mieux que les étasuniens devraient savoir ce qu'est une guerre.

Erwan Castel 

dimanche 4 avril 2021

Eh ! les "ukrops", faudrait accorder vos violons !

A l'heure où les regards se braquent sur l'escalade militaire en cours dans le Donbass il apparait à nouveau de chaque côté du front une cacophonie de commentaires et analyses de  propagandistes de salon qui un jour de la théorie du bluff militaire à celle de l'apocalypse nucléaire, nous prédisent tout et son contraire avec comme seuls arguments que des fantasmes d'adolescents attardés. 

Cependant, si on s'attarde sur les analyses des professionnels du renseignements militaire qu'ils soient toujours en activité ou non (dans ce deuxième cas plus intéressants car libérés de leurs devoirs d'obéissance ou droits de réserve), on peut lire y recueillir des infos très intéressantes, surtout du côté des ukropithèques qui dans leur schizophrénie ne sont plus à une contradiction près !

Ainsi, lors des réunions - devenues quotidiennes depuis le 1er avril - de l'Etat major présidentiel étudiant l'évolution de la situation militaire, la Direction principale des services de renseignement du Ministère ukrainien de la Défense (GUR-MO) a annoncé la probabilité du scénario suivant : 

"A l'issue de provocations poussant l'armée ukrainienne à frapper les quartiers résidentiels de Donetsk et Lougansk, dont les habitants se sont vus distribuer massivement des passeports russes, la Russie entrera dans le Donbass pour commencer une opération de maintien de la paix selon le scénario «géorgien», et l'armée russe risque alors de pénétrer profondément dans le territoire ukrainien".

"Ben merde alors", les "russkofs", il y sont déjà où ils n'y sont pas encore dans le Donbass ? 

Même chef d'état-major des forces armées ukrainiennes, Khomchak, a déclaré ce 30 mars, devant la Verkhona Rada, le parlement ukrainien que "la Russie avait déployé 28 groupes tactiques de bataillon dans les régions de Rostov, Bryansk et Voronezh sur les frontières avec l'Ukraine, et que 25 autres groupes tactiques devraient arriver dans un proche avenir", ce qui "constitue une menace pour la sécurité militaire de l'Etat".

"Sur les frontières" et non dans le Donbass...

Faudrait savoir les ukropithèques !

Pourtant, le nouveau logo des services ukrainiens du renseignement militaire
ne laisse planer aucun doute (juste une chouette) quant à leur vision de la Russie

Car cela fait 7 ans que les chiens de garde médiatiques ukraino-occidentaux nous bassinent avec leur prétendue "invasion de l'Ukraine par l'armée russe" à coup de photos d'archives prises en 2008 en Géorgie ou de photos satellite de moissonneuses batteuses. (je rappelle ici que pour la Crimée, la présence militaire russe (depuis le 18° siècle) non seulement n'était pas invasive mais même inscrite dans la constitution ukrainienne). 

Qui croire alors ? 

  • des civils payés par des politiques éditoriales russophobes pour inventer et crier des fabulations mensongères alors qu'ils sont incapables de reconnaitre un T80 russe d'un T72 ukrainien modernisé ?
  • ou des militaires et spécialistes du renseignement qui admettent depuis 7 ans n'avoir repérés aucune unité militaire russe dans le Donbass même si, appartenant au camp ukro-occidental cela satisferait leur commandement politique ?

Me concernant j'aurais tendance à croire les professionnels du renseignement qui, même en étant du côté ennemi, conservent encore un minimum d'éthique et d'honnêteté dans leurs compte rendus professionnels et bien souvent contrairement à la doxa politico médiatique de leur gouvernements. 

Ainsi par exemple du très sérieux rapport de la commission Défense de l’Assemblée nationale française du 25 septembre 2018 réalisant un "Retour d'expérience" du conflit du Donbass et qui ne parle pas de soldats russes mais de "combattants séparatistes équipés de véhicules blindés, souvent récupérés sur leurs adversaires".

Ainsi également, de la mission d'observation de l'OSCE en Ukraine, présente depuis avril 2014 avec 600 observateurs internationaux déployés dans le Donbass, qui n'a jamais vu au cours de ses dizaines de missions quotidiennes un seul groupe de combat russe (hormis celui qui s'était paumé à le frontière en 2014 avec ses munitions d'exercice). Après son prédécesseur le suisse Alexander Hug qui en 2018 déclarait: "Il n'y a aucune preuve de la présence de soldats russes dans le Donbass", le turc Yaşar Halit Çevik qui est l'actuel "Moniteur en Chef" de la mission de L'OSCE en Ukraine a déclaré ce 11 février : "Au cours de mon travail en tant que moniteur en chef, je peux également dire qu'aucun cas de soldats russes n'a été signalé dans nos rapports".

Et même, ne soyons pas sectaire, si on gratte du côté des médias ukrainiens qui cherchent à conserver une certaine indépendance éditoriale, on peut trouver des perles comme celle publié par le média ukrainien Strana lors d'un reportage réalisé mi-mars auprès du commandement de l'"Opération des Forces Conjointes" ukrainienne déployée sur le front : 

"Mais il existe également un plan de réserve, qui prévoit l'entrée dans les hostilités des troupes russes."

"Dans ce cas, l'offensive des forces armées ukrainiennes sera stoppée. Avec un degré de probabilité élevé, alors les troupes devront être retirées pour que les chaudières ne se répètent pas", a indiqué la source au ministère ukrainien de la Défense.

"Autrement dit, pour le succès de l'offensive des troupes ukrainiennes, la condition principale est nécessaire - la non-ingérence de la Russie dans les hostilités."

"Mais la Fédération de Russie, apparemment, a l'intention d'intervenir."

"Déjà à l'heure actuelle, des stations de guerre électronique russes fonctionnent dans le Donbass. 

"Plusieurs grandes unités de l'armée russe sont déployées à la frontière avec le Donbass, y compris celles avec du matériel lourd et de l'artillerie. L'armée russe a besoin de moins de jours "... dit la source au Ministère de la Défense.

Même les pires chiens de garde occidentaux qui depuis 7 ans hurlent à l'invasion russe dans le Donbass, toute honte bue (mais sans pour autant se départir de leur russophobie hystérique) clament aujourd'hui, comme la RTBF:

"Selon le renseignement militaire ukrainien, Moscou prépare une invasion militaire dans le Donbass, les territoires séparatistes de l’est du pays."

Cela signifie que les médias occidentaux ont raconté que des mensonges pendant 7 ans ? 

Car de notoriété publique il s'avère aujourd'hui que, dans le Donbass, les unités de combat russes n'y étaient pas et n'y sont pas encore... pour l'instant !

Donc cette prétendue invasion russe du Donbass sur laquelle rappelons le s'est construite en grande partie toute la politique des sanctions économiques occidentales contre la Russie n'est que diffamation mensongère ?

Après les mensonges sur une prétendue invasion russe en Ukraine qui utilisaient des photos d'archives de 2008 en Géorgie, les clébards de la propagande occidentale continuent aujourd'hui à inonder les réseaux de fausses informations comme par exemple ce train militaire russe que des "partisans ukrainiens" auraient fait dérailler dans le Donbass ces derniers jours mais qui en fait s'avère être un accident ferroviaire en Russie datant de 2017 !

Toujours menteurs et encore plus stupides !

Je connais des gamins dans le Donbass racontant sur les réseaux leur vie quotidienne sous les bombardements et qui ont plus d'éthique que tous ces bouffons sortis des écoles de journalisme occidentales (heureusement il existe des exceptions mais qui malheureusement confirment la règle qui domine cette société du spectacle orwellienne où tout n'est que mensonge et lâcheté !

Honte à toutes celles et ceux qui ont cru et croient encore ces clébards de la bande à Soros, Clinton, BHL  et autres ploutocrates et incendiaires qui veulent saigner les peuples sur l'autel de la Marchandise...

Erwan Castel


Zelensky, entre défaite militaire et capitulation politique

Après une très relative stabilisation de ses provocations militaires pendant la dernière semaine du mois de mars, les forces ukrainiennes ont repris à nouveau leur escalade militaire sur le front du Donbass, commettant de nouveaux bombardements lourds en périphéries de ses grandes villes comme Donetsk, Gorlovka  ou Lugansk et de nouveaux crimes de guerre comme l'assassinat de cet enfant de 5 ans tué par un drone le 3 mars 2021.

Aujourd'hui Zelensky ne semble plus diriger grand chose à Kiev (a-t-il seulement exercé une journée seulement un quelconque pouvoir formel) et les hommes forts de l'Ukraine sont aujourd'hui plus que jamais l'ukrainien Avakov du parti de la guerre et l'étasunien Biden du parti du chaos !

  • Si Kiev lance une offensive militaire majeure et meurtrière poussant la Russie à intervenir, ce sera une défaite totale et humiliante et vraisemblablement la dislocation finale de l'Etat ukrainien et le retour de vastes territoires de la Novorossiya dans le giron russe 
  • Si Zelensky, politiquement jette l'éponge sans avoir offert à Washington le prétexte a fermer un nouveau rideau de fer russophobe en Europe, alors ce sera certainement une capitulation politique au profit d'une radicalisation nationaliste qui prendra le relais pour mieux suicider l'Ukraine.
Il reste donc pour l'OTAN à pousser son clown sur le chemin étroit entre la défaite militaire et la capitulation politique non pour gagner mais pour servir un nouveau chaos que la ploutocratie veut installer en Europe et qui consacrera l'asservissement du vieux continent à sa marchandise .


Le marionnettiste étasunien

Dans le cadre des exercices interalliés de l'OTAN "Defender 21" qui ont débuté en Europe de l'Est pour une durée de 3 mois (30 000 hommes de 27 pays), Kiev a péroré qu'un contingent ukrainien de 1000 hommes avec 10000 autres soldats de 5 pays membres de l'Alliance atlantique participeraient à un exercice conjoint destiné à "restaurer l'intégrité territoriale d'un Etat quia été agressé par un pays voisin hostile". 

Bien évidemment dans le contexte actuel de l'escalade militaire vécue depuis 6 semaines, un tel exercice ukraino-atlantiste où déjà le nom de la Russie en tant que "pays voisin hostile" est à peine voilé prend des allures de menaces politico-militaires et ne fait que confirmer les intentions belliqueuses de Kiev vis à vis du Donbass. 

Selon les scénaristes étasuniens qui, faut-il le rappeler, commandent l'OTAN, l'exercice portera sur "des actions défensives suivies d'une offensive" et il sera très intéressant d'observer dans quel environnement (espace ouvert, côtier ou urbain) va se dérouler cette répétition de l'offensive potentielle ukrainienne pour laquelle en revanche ses soldats se retrouveront tout seuls en première ligne pour jouer les chairs à canon de Washington. 


Quelle option militaire reste t-il à Kiev ?

L'Etat Major de Kiev, en dehors des problèmes de motivation et de logistique qui restent toujours faibles dans l'hypothèse d'opérations militaires violentes et prolongées, se retrouve avec la quasi certitude d'une intervention militaire russe si l'armée ukrainienne passe à l'offensive annoncée. Et cette contre offensive russe portant assistance aux milices du Donbass reposera sans nul doute sur un emploi massif de frappes d'artillerie et même aériennes sur les concentrations blindées, les axes et dépôts logistiques et les pointes des attaques lancées. Aussi le scénario militaire ukrainien le moins risqué pour alimenter une victoire politique (qui reste l'objectif principal), soit une attaque éclair dans la zone Sud du front dans des espaces ouverts sans tissu urbain favorables aux blindés et à leurs appuis feu, devient aujourd'hui également périlleux. En effet, en dehors de la menace de nouveaux chaudrons républicains mais qui reste gérable sous condition de moyens et d'espace suffisants pour rendre difficiles des encerclements, en revanche, sur le billard de la steppe, les forces ukrainiennes pourraient être tout simplement hachées par un feu russe resté tranquillement derrière ses frontières nationales.

Il reste donc peu d'options militaires pour Kiev sachant que, si l'OTAN envisage éventuellement une zone d'exclusion aérienne au dessus de l'Ukraine pour éviter que le conflit ne déborde du Donbass, il est fortement improbable qu'une seule unité combattante de l'alliance ne vienne se battre pour Donetsk et Lugansk (seules interviendront les ressources du renseignement militaire et de guerre élec et peut-être quelques groupes de "contractors" de sociétés militaires privées). Cat pour Washington et ses laquais occidentaux l'objectif d'une exacerbation du front ukrainien est d'abord politique (nouvelles sanctions, arrêt du North Stream 2...) et donc doit rester militairement limité à leur proxy ukrainien. 

Si l'option "blitzkrieg" est finalement abandonnée devant la détermination russe a soutenir les milices mais que Biden donne quand même l'ordre à ses auxiliaires ukrops de sortir des tranchées, Kiev pourrait alors décider de grignoter des zones urbaines pour s'y accrocher au milieu d'une population civile dont la présence réduirait considérablement les appuis feu républicains et russes pour des raisons humanitaires et politiques que tout le monde comprend. 

Donc l'alternative à une percée Sud (40 km) pour reprendre partiellement le contrôle des frontières avec la Russie et couper le dispositif défensif républicain, pourrait consister à s'emparer de zones urbaines mais à condition de pouvoir les aménager facilement en hérisson défensif. Voilà pourquoi, selon moi, Kiev ne peut: 

  • ni s'emparer d'un seul district urbain d'une grande agglomération car se serait s'engager dans une guerre urbaine longue, meurtrière et moralement ingérable avec des bénéfices politiques incertains.
  • ni capturer une ville loin de la ligne actuelle du front, car se serait s'exposer à court terme à un encerclement et donc à bouillir dans un nouveau chaudron républicain de type Iliovaisk (sept 2014) ou Debalsevo (fév 2015).
Kiev pourrait donc chercher à s'emparer d'une ou plusieurs petites agglomérations en poussant la ligne de front de quelques kilomètres mais sans faire de saillant dangereux pour ses unités, ce qui constituerait à défaut d'une rupture stratégique majeure, une victoire politique importante pour Zelensky, De plus pour ce type de capture secondaire, l'Etat major ukrainien peut concentrer dans son assaut les quelques unités motivées politiquement (bataillons spéciaux) ou militairement opérationnelles à sa disposition. 

Pour ce scénario, le déroulé classique que j'ai évoqué dans un point de situation précèdent  (fixer / déborder / attaquer) reste le même. On pourrait vivre alors une intensification violente des bombardements ukrainiens sur toute la ligne de front, suivie d'attaques limitées dans le temps et l'espace pour tenter de s'emparer d'agglomérations petites à moyennes situées très près du front comme par exemple Aleksandrovka ou  Elenovka ou Dokuchaievsk, pour ne citer que 3 exemples sur le territoire de la République Populaire de Donetsk. Mais ce type d'opération offensive, même sur des agglomérations secondaires imposera toujours à Kiev les inconvénients et menaces évoqués également ici dans un article récent consacré à la guerre urbaine.

Et si les russes interviennent ce sera le prétexte rêvé par les occidentaux pour  fermer définitivement le nouveau rideau de fer politique, économique et militaire en Europe de l'Est.

Il reste cependant une dernière option pour Kiev et surtout Washington : c'est de jeter l'éponge et de renoncer à cette aventure militaire dans laquelle à vouloir prendre le Donbass (ou pire la Crimée) l'OTAN risque de perdre toute l'Ukraine.

Et l'armée russe depuis une semaine de bien faire comprendre aux ukraino-atlantistes ce qui les attend s'ils sortent de leurs tranchées.


Les parapluies russes du Donbass

Dans le scénario d'une offensive de Kiev contre le Donbass et que semblent confirmer les déploiements militaires ukrainiens en cours autour des républiques de Donetsk et Lugansk, l'emploi probable de drones d'attaque Bayraktar TB2 de fabrication turque représente une menace importante pour les défenses républicaines, comme l'a prouvé à l'automne 2020 leur rôle majeur qu'ils ont joué dans l'offensive azérie menée dans le Haut Karabagh. En effet ce drone d'attaque est capable d'engager ses missiles très précis et rapides à une distance de 8 kilomètres, échappant ainsi à la majorité des systèmes de défense en service dans les milices républicaines.

Aussi les forces armées de la Fédération de Russie viennent-elles de déployer le long de leurs frontières avec le Donbass des systèmes d'armes anti aériens S300 dont la portée leur permet de couvrir largement l'espace du Donbass tout en restant dans la région de Rostov sur le Don, et même de rejoindre la couverture aérienne assurée par les S 300 et S 400 russes de la Crimée. 

3 avril 21, des S300 russes en cours de déploiement le long  
de leurs frontières avec les républiques du Donbass.


Du côté de l'Ukraine

Kiev comme pris en otage par sa propre doxa belliciste continue à pousser vers le Donbass ses unités militaires:

3 avril 21, à Dnipropetrovsk
Convoi de chars de combat T72 TB3 modernisés

3 avril 21, à Poltava
Convoi d'artillerie avec obusiers MSTA S de 152mm "Acacia"

Du côté de l'OTAN...

Profitant de l'exercice interalliés "Defender 21" dirigée par l'Alliance atlantique, l'Etat Major étasunien en Europe qui, devant la situation à l'Est de l'Ukraine a augmenté au maximum le niveau de préparation de ses unités, déploie aussi de son côté des brigades d'assaut aux frontières des républiques pro-russes de l'Europe de l'Est. 

3 avril 21, via la Moldavie, l'OTAN achemine en Ukraine
par convois ferroviaires des brigades d'assaut comme
ici des chars de combat étasuniens M1 Abrams. 

Du côté de la Russie

La Russie quant à elle poursuit son déploiement dissuasif écrasant en multipliant les annonces politiques d'un intervention militaire soutenant les milices républicaines en cas d''offensive ukrainienne majeure ou meurtrière dans le Donbass

2 avril 21, région de Volgograd  à Kamyshin
Systèmes de missiles antiaérien 9K330 "Tor" (échelon division)

3 avril 21,
 Convoi transportant des véhicules blindés parachutables 
modernes : BMD, BTR-MDM, BTR-D, BMD-4M et BMD-2

Du côté du Belarus

Face à l'escalade en cours sur le front ukrainien et la potentielle implication de l'OTAN qui pourrait accélérer la régionalisation du conflit, les forces armées du Belarus ont été mises en état d'alerte et ont déployé des unités de combat le long de leurs frontières avec l'Ukraine mais aussi la Pologne.



Si la situation continue de se dégrader sur le front militaire local et le front diplomatique global entre l'axe USA/OTAN/Ukraine et le front de résistance Russie/Belarus/Donbass, les options pour Kiev quant à elles continuent de se réduire dans une perspective où apparait de plus en plus le sacrifice à venir de l'armée ukrainienne au profit de la stratégie du chaos russophobe visant définitivement à isoler la Russie et soumettre l'Europe au diktat marchand de la City et de Wall Street.

Erwan Castel



samedi 3 avril 2021

Flash ! Un enfant de 5 ans tué par l'armée ukrainienne !


Aujourd'hui 3 avril 2021, Vladik Shikhov, un enfant de 5 ans a été tué par l'armée ukrainienne, sur le front du Donbass dans le village d'Oleksandrovskoe, en République Populaire de Donetsk. Cet assassinat a été perpétré à l'aide d'un drone modifié pour permettre le bombardement artisanal des territoires républicains.
Des soldats appartenant à la 59e brigade ukrainienne commandée par le colonel Shapovalov ont dirigé en pleine journée un drone chargé de munitions explosives au dessus d'une zone résidentielle civile. Dans leur bombardement au dessus d'une maison d'habitation au 36 de la rue Dorozhnaya un enfant de 5 ans a été tué et une femme de 67 ans a été blessée. 

Olekandrovskoe, est un village situé à l'Ouest de Gorlovka (70 km au Nord de Donetsk juste au Sud d'Uglegorsk) est pourtant un village situé loin du front (à plus de 10 km des premières positions ukrainiennes) et n'ayant dans sa proximité aucune position de combat républicaine. 


C'est un crime de guerre !

Depuis que les guerres se sont échappées des "champs de bataille" où les armées décidaient autrefois à huis clos du sort des nations, les populations civiles se sont retrouvées progressivement au milieu de combats de plus en plus meurtriers jusqu'à être ces dernières années les premières victimes des conflits modernes. 

Lorsqu'un soldat est tué pendant une guerre, c'est terrible mais accepté, s'il s'agit d'un civil c'est un drame, mais lorsque c'est un enfant, incarnation de l'innocence, qui est fauché par la mitraille ou le feu de la folie humaine alors, du haut de ses quelques printemps chargés de rêves il plonge toute l'humanité dans la tragédie de notre destinée.

Mais cet après midi, les forces ukrainiennes n'ont pas été responsables d'un simple "dommage collatéral" comme aiment à nommer les hypocrites occidentaux depuis leurs officines occidentales ces inévitables "bavures" de la guerre moderne, mais à un CRIME DE GUERRE délibéré !

Contrairement à l'illustration de cette photo ci dessus, je ne pense pas que l'attaque ukrainienne ait été réalisée
à partir d'un drone de type quadricoptère qui a une autonomie et un rayon d'action limités mais plutôt avec
un drone de type avion plus perfectionné (et coûteux), capable d'emporter des charges au delà de 10 kilomètres.
 


En effet un drone dans ses caractéristiques et fonctions premières est une caméra aéroportée qui permet l'observation, l'identification et la géolocalisation précises de cibles, et dans le cas présent il est tout simplement impossible que le pilote au sol de cet aéronef radioguidé n'est pas vu qu'il survolait et bombardait des civils. En 2015 et 2016 j(ai eu l'occasion de travailler sur des vidéos réalisées à partir de ces drones d'observation légers et volant à basse altitude, et on identifie du premier coup d'œil si les personnes survolées sont militaires ou civiles, adultes ou enfants.

Il s'agit donc ici d'un nouveau meurtre délibéré et 
à caractère génocidaire perpétré par les soudards de Kiev 

Des milliers de civils ont été tués dans cette guerre du Donbass, parmi lesquels plus d'une centaine d'enfants et la plupart victimes de tirs intentionnels de la part des forces ukrainiennes à l'assaut de leurs zones de vie. Ce crime abject et d'une lâcheté sans nom n'est malheureusement pas un fait exceptionnel. Ainsi, rien que ces des derniers jours, dans un le village quasi homonyme d'Aleksandrovka en périphérie Sud de Donetsk, un retraité de 71 ans avait  été abattu de sang froid dans son jardin par un sniper ukrainien le 22 mars. Auparavant un jeune homme de 21 ans y avait également été blessé grièvement, toujours par un sniper ukrainien le 22 février 2021. 

Rappelons que dans les rangs de cette armée ukrainienne assiégeant le Donbass nous observons un nombre important de psychopathes, criminels et autres tarés de la société ukrainienne, en particulier au sein des bataillons spéciaux idéologiquement et ouvertement néo nazis. Et ces soudards, non seulement assassinent délibérément les civils du Donbass mais également s'en vantent comme ici où l'assassin " ukrop" a écrit sur ses obus d'artillerie :

"Le meilleur pour les enfants"
Psychopathie criminelle réglementaire dans l'armée ukrainienne

Si les accords de Minsk ne semblent plus aujourd'hui ne servir que de papier toilettes dans les ministères et états majors ukrainiens, ces crimes de guerre, coutumiers des forces ukrainiennes, sont en revanche autant de violations graves des lois de la guerre et conventions de Genève et leurs auteurs seront poursuivis sans prescription jusqu'à leur mort.

En attendant que la justice des tribunaux puisse s'abattre sur ses soudards j'espère que celle des canons de la grande Russie dont nous somme, commencera à venger l'innocence assassinée !

Erwan Castel

Paix à son âme innocente !








La Russie déploie son bouclier... et sa lance !

De toutes les régions russes du district militaire Sud de la Fédération de Russie des convois ferroviaires et terrestres convergent vers les frontières avec l'Ukraine et les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, dans une grande gesticulation démonstrative de la Russie qui se veut de toute évidence une réponse dissuasive aux renforts militaires que Kiev accumule depuis la mi février sur la ligne de front du Donbass et depuis mars également sur les frontières avec la Crimée. 

3 avril 21, un convoi ferroviaire achemine des 
brigades d'assaut russes vers les frontières ukrainiennes

Ces convois russes à cette fin démonstrative se déplacent contrairement à leurs habitudes, en pleine journée et avec des matériels majoritairement débâchés, et surtout dans une rapidité et des proportions écrasantes par rapport à la préparation offensive ukrainienne qui n'en finit pas depuis plus d'un mois. En moins d'une semaine, les renforts russes acheminés vers l'Ukraine sont au minimum 2 fois supérieurs en nombre à ceux déployés par Kiev sur le front du Donbass en 6 semaines (sans compter la qualité nettement plus opérationnelle de leurs blindés et artillerie modernes). 

Généralement les convois militaires russes repérés dans la région de Krasnodar font route vers la Crimée, ceux des régions de Rostov vers les frontières avec le Donbass et ceux de Voronej et Saratov vers les frontières avec le Nord de l'Ukraine.

Voici quelques uns des convois russes observés en cours de déplacement vers l'Ukraine au cours des 2 derniers jours seulement :

1er avril 21, région de Krasnodar
Colonne de BTR 82A d'une brigade d'infanterie motorisée

1er avril 21, région de Rostov sur le Don
Colonne d'artillerie avec des obusiers tractés de 152mm 2A65 Msta-B

1er avril, région de Krasnodar, entre Azov et Kranominskaïa
Colonne d'artillerie avec des obusiers tractés de 152mm 2A65 Msta-B

2 avril 21, région de Krasnodar
Véhicules logistiques, de commandement et obusiers automoteurs de 152mm 2S3 "Acacia"

2 avril 21, en Russie vers le Donbass
Brigade d'artillerie avec des obusiers automoteurs de 152mm 2S19 “Msta-S”

2 avril 21, région de Krasnodar, entre Armavir et Labinsk
Colonne d'infanterie motorisée avec des BTR 80

2 avril 21, en Russie vers le Donbass
Convois ferroviaires avec des BTR 82, des BM30 "Smerch" (300mm) et des chars de combat

2 avril 21, Région de Voronej à Pavlovsk
Colonne d'infanterie motorisée avec des BTR 82

2 avril 21, région de Saratov à Balachov - vers le Donbass
Convois d'artillerie avec des BM 27 "Uragan" (220mm) et BM30 "Smerch" (300mm)

Il faut également noter une augmentation de convois militaires dans d'autres régions centrales de la Russie et qui se dirigent aussi vers les régions occidentales du district militaire Sud de la Fédération :

2 avril 21, Région de Tioumen
Convoi transportant vers l'Est une brigade d'infanterie mécanisée sur BMP2

Un dicton prétend que "un homme averti en vaut deux" mais, concernant Zelensky, ce clown devenu président d'un Etat semblant avoir totalement perdu la raison depuis le Maïdan, rien n'est moins sûr. Par son obstination à ne pas vouloir respecter les accords de Minsk, son obsession à considérer la Russie comme un ennemi contre lequel l'Ukraine est en guerre, son refus de considérer les avertissements politiques et militaires de Moscou etc., Zelensky incarne (tout comme Macron, Trudeau etc) ce nouveau type de politicien inculte et hautain, pur produit marketing d'une finance internationale qui méprise tant les peuples - en dehors de ses supermarchés bien sûr - qu'il lui est complétement égal de les envoyer mourir sur l'autel de sa marchandise.

Mais le plus pathétique dans cette dramaturgie militaire en cours est sans nul doute son traitement médiatico-politique par les occidentaux, qui poussent des cris d'orfraie en observant les mouvements de l'armée russe sur son territoire national, hurlant à la provocation belliciste de Moscou vis à vis de Kiev mais ne s'émeuvent nullement lorsque les forces ukrainiennes bombardent quotidiennement les zones résidentielles du Donbass ni même expriment une quelconque inquiétude lorsque des dizaines de brigades d'assaut ukrainiennes s'accumulent sur une ligne de front sur fond de discours de guerre proférés par les responsables politiques et militaires de Kiev.

Erwan Castel

vendredi 2 avril 2021

Une terreur ukrainienne en crescendo

Maisons d'habitation de Zaitsevo en feu à l'issue d'un nouveau bombardement ukrainien du village

Alors que la semaine dernière les bombardements ukrainiens ont été constants ( 24 bombardements sur le seul territoire de la RPD), aujourd'hui 2 avril 2021, les tirs ukrainiens ont connu une nouvelle augmentation, sur l'ensemble du front du Donbass courant sur plus de 460 kilomètres sur les territoires des Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. Dans l'article précédent je rendais compte des tirs ukrainiens de la matinée ayant principalement frappé les périphéries Nord et Ouest de Donetsk avec plusieurs dizaines d'obus de mortier de 120mm et 82mm depuis 7 ans, et le reste de la journée allait continuer crescendo.

2 avril 2021 matin, bombardement de la zone aéroportuaire, au Nord de Donetsk
(secteur du monastère d'Iversky) par des mortiers ukrainiens de 120mm.

Il est difficile d'imaginer quel danger guette à chaque instant les civils du Donbass vivant sur le front, et lorsque c'est le cas de comprendre comment ils peuvent continuer à y vivre 7 ans maintenant. Voici un exemple de "surprise ukrainienne" vécue quotidiennement par les habitants du quartier d'Oktyabrsky, près de la zone aéroportuaire (complétement détruite) situé au Nord de Donetsk:

2 avril 2021. Arrivée d'un obus de mortier ukrainien dans
le quartier d'Okyabrsky, en périphérie Nord de Donetsk

Cet après midi, les forces ukrainiennes ont continuer à tirer sur les républiques du Donbass, frappant indifféremment les positions défensives des milices aussi bien que les zones résidentielles où vivent encore des milliers de familles.

A relever principalement pour cette deuxième moitié de la journée du 2 avril, des tirs sur le village de Zolotoe 5 sur le front de Lugansk, obligeant les habitants à se précipiter dans les caves aménagées en abri anti bombardements. ce village habité est régulièrement bombardé ou mitraillé par les "ukrops" depuis plusieurs jours.

2 avril 2021. Dans un abri aménagé dans une cave une famille écoute 
les tirs ukrainiens s'intensifier (à partir de la 40ème seconde)

Sur le front de Gorlovka (60km au Nord de Donetsk) les villages miniers de Yuzhnaya et Gagarina 6/7 ont subi des bombardements ukrainiens touchant plusieurs zones résidentielles et y provoquant des incendies :

2 avril 2021. Bombardements ukrainiens des villages de
Yuzhnaya et Gagarina 6/7, sur le front Ouest de Gorlovka.

Toujours sur le front de Gorlovka, mais cette fois au Nord de la cité minière, c'est le village de Zaitsevo qui a été une nouvelle fois la cible de tirs ukrainiens utilisant des lance grenades et des mitrailleuses lourdes "Utios", qui ont touché et incendié des maisons d'habitation aux 169 et 171 de la rue Poletaeva:

2 avril 2021. Bombardement ukrainien du village 
de Zaitsevo sur le front Nord de Gorlovka. 

Aujourd'hui un autre soldat républicain a été tué au combat sur le front de Lugansk. Paix à son âme !

  • A 18h35, les bombardements ukrainiens continuaient comme par exemple sur le village de Yakolevka, visé par 6 obus de mortier de 120mm tirés depuis le secteur d'Avdeevka.
  • A 20h33, nouveaux bombardements ukrainiens au mortier de 120mm de la banlieue Nord de Donetsk...
En soirée, alors que déjà les positions défensives du bataillon républicain "Prizrak" ont été sous le feu ukrainien toute la journée, c'est sur le front de Lugansk qu'il y a eu les plus forts bombardements de l'artillerie ukrainienne notamment dans les secteurs de Bryanka, Stakhanov, Pervomaisk, Kirovsk et Alchvesk :

2 avril 21 en soirée, des combats et bombardements illumine le front au
Nord de Kirov, sur le front de la RPL, à l'Ouest de Lugansk.
  • 21h45: Bombardement ukrainien du secteur de Kalinovo-Borchevatoe avec des obusiers lourds de 122mm. 16 obus tirés.
  • Puis l'artillerie lourde ukrainienne s'en est prise aux défenses républicaines de la piste de Bakhmukta, sur le front de la République Populaire de Lugansk :
2 avril 2021 soir. Bombardement ukrainien lourd de la piste 
Bakhmukta sur le front de la République Populaire de Lugansk

Activité de l'aviation ukrainienne

Dans le cadre de cette escalade militaire du front du Donbass on peut observer le retour de l'aviation militaire ukrainienne :
  • Le 1er avril 21, un hélicoptère repéré le matin dans le secteur de Marinka, lors des bombardements de Trudovsky (Sud Ouest de Donetsk), tandis qu'un premier drone d'attaque Bayraktar survolait le front de Yasinovataya (au Nord de Donetsk),
  • Ce 2 avril, des hélicoptères ukrainiens ont été aperçus survolant Selidovo près du secteur de Mikhailovka (à l'Ouest de Donetsk), où se concentre un groupe blindé mixte important avec des unités d'appui d'artillerie automotrice.


Du côté des vautours de l'OTAN...

Ce matin je publiais la carte de l'aviation civile montrant le vol vers la péninsule de Crimée du drone stratégique RQ-4 "Global Hawk" AF42-112049 de l'US Air Force. Voici en fin d'après midi le tracé de ses vols de reconnaissance au large des côtes russes et de la ligne de front du Donbass:


Et dans le même temps un autre drone stratégique non identifié mais venant de la base sicilienne de Sigonella (OTAN) venait à son tour au dessus de la Mer Noire pour prendre la relève du RQ4 sortant.


Dans le Donbass, il semble bien aujourd'hui que les diplomaties impuissantes à imposer un chemin commun de la paix aient désormais passer le relais aux Etats Majors militaires ! 

Erwan Castel

2 avril 2021, depuis une cave d'un village du Donbass