jeudi 4 juillet 2019

"Une mouche dans une toile d'araignée"


Depuis 4 ans, il est vrai que les alertes sur le front n'ont pas cessé de rythmer la vie du Donbass assiégé par l'armée ukrainienne, alternant avec une quasi régularité calendaire les marées montantes et descendantes des escalades et des trêves militaires qui, les unes comme les autres, n'aboutissent jamais à imposer une défaite militaire ou une victoire diplomatique.

Dans la réalité vécue du terrain et des informations recueillies par ceux qui sont dans les tranchées depuis plusieurs années, force est de constater que depuis le mois de février la situation militaire connait à nouveau une dégradation exponentielle donnant un avantage à Kiev, n'en déplaise aux propagandistes rampant dans les ministères, et qui veulent imposer, pour rassurer leurs publics et plaire à leurs financeurs, une vision manichéenne au simplisme dogmatique et mensonger. Ainsi par exemple de ces courtisans à breloques du réseau Néant qui, dans des loghorées obstinées jusqu'au débilisme intellectuel, ne cessent de nous répéter depuis 5 ans que "l'Ukraine est sur le point de s'effondrer", que son armée est un "ramassis de bras cassés, d'alcooliques et d'inaptes" etc etc. Toutes ces pseudo analyses de journalistes "autoproclamés" prenant leurs fantasmes pour des réalités ne sont que le disque rayé de billevesées narcissiques qui oublient l'inamoviblilité de la géopolitique ukrainienne et des objectifs vitaux du mondialisme dans cette région d'Europe. 
L'Ukraine, qui est dans le collimateur des thalassocraties anglo-américaine depuis plus de 2 siècles et qui a été bousculée en 2014 dans le camp mondialiste par le coup d'Etat du Maïdan, restera en effet coûte que coûte sous perfusion occidentale tant que l'hégémonie de la ploutocratie et l'OTAN n'aura pas réussi à mettre à genoux la Russie et ses alliés. Car ce pays par sa position géographique est et restera toujours ce pivot stratégique de l'Europe entre l'Occident et l'Eurasie mais aussi avec la Mer Noire entre l'Orient et l'Europe. son imporatnce stragéique européenne et mondiale qu'exacerbe une démesure géographique organisée par les traités du XXème siècle font plus que jamais de l'Ukraine une zone prioritaire à dominer et militariser pour le système mondialiste et ce quels que soient les sacrifices financiers et humains que cela induit pour les européens. 

Et si le conflit meurtrier du Donbass continue c'est parce ce qu'il n'est que la partie émergée d'une guerre entre Washington et Moscou, qui ne peuvent abandonner ici leur allié ukrainien ou républicain car cette steppe de la Mer Noire, tout comme la Syrie au Moyen Orient, est devenue un champ ce bataille décisif et vital dans le combat final et mortel entre l'hégémonie unipolaire dirigée par les USA et la résistance multipolaire emmenée par la Russie. C'est pour cette raison que l'effondrement de l'Ukraine (qui est d'ailleurs consubstanciel à son asservissment occidental) ne sera jamais autorisé par la ploutocratie mondialiste et que la paix ne pourra rétablie dans la région que par la seule défaite militaire de Kiev et de l'impérialisme de l'OTAN sur son territoire.

En attendant la militarisation atlantiste de l'Ukraine continue.

Il suffit  de regarder les pertes réelles et croissantes subies chaque mois par les unités républicaines pour comprendre que, même si Kiev n'a pas lancé cette nouvelle offensive attendue depuis 4 ans, son armée a en revanche maintenu une pression constante sur des secteurs de plus en plus nombreux et aussi et surtout changé sensiblement, en les occidentalisant, ses modes opératoires articulés autour de bombardements de plus en plus ciblés et d'une occupation systématisée de la "zone grise" située entre les bélligérants.

Voici quelques courtes vidéos glanées sur les réseaux sociaux ces derniers jours pour illustrer le regain de tensions meurtrières vécu sur le front du Donbass, tant par les milices républicaines que la population civile qui continue à survivre la nuit terrée dans ses caves.


Bombardements ukrainiens sur le front de Yasinovataya
le 4 juillet 2019 à 20h00 (filmé par un habitant)

Toujours sur le même front de Yasinovataya, 
quelques heures avant ce même 4 juillet 2019

Le résultat est cette guerre d'attrition que j'évoquais dans une précédent article et qui met la défense républicaine dans "la situation d'une mouche prise dans une toile d'araignée" pour reprendre une métaphore récente d'Alexander Khodakovsky, le créateur et 1er Commandant du bataillon "Vostok", et ancien secrétaire du conseil de sécurité de la République Populaire de Donetsk.
Je pense pour observer ce conflit depuis le Maïdan que si cette métphore est intéressante, elle peut aussi s'appliquer aux forces ukrainiennes d'une part qui sont également piégées dans leurs propres tranchées ne pouvant ni reculer sans concéder aussitôt du terrain aux républicains, ni avancer au delà de cette zone normalement neutre qui sépare les avants postes de chacun. 


Sur le front Sud de la RPD, le secteur de Kominternovo 
est une de ces nombreuses "zones de contact" où les
échanges de tirs sont devenus quasi permanents

De plus il existe, une autre toile d'araignée, à l'image d'une matriochka mais occidentale et grimacante cette fois, et qui a pris au piège l'Ukraine au moment du Maïdan, et qui depuis renforce sa captivité vie chaque aide et subvention qui lui sont accordées qui sont les fils de la toile d'un asservissemnt économico-politico-militaire dont l'objectif final est d'en faire un bélier sacrifiable lancé contre les murailles d'une Eurasie libre et dont le Donbass est le glacis d'appartenance russe.

Mais revenons au terran mlitaire de ce front du Donbass qui est à nouveau sous le feu quotidien de l'artillerie lourde ukrainienne :

Bombardement de Gorlovka dans la nuit du 3 au 4 juillet

Et malheureusement, les rapports réels remontant du front n'infirment pas la métaphore de la toile d'araignée de KhodakovskyAinsi pendant les 7 derniers jours de combats et de bombardements, du 27 juin 2019 au 4 juillet 2019 et selon les messages des combattants défendant le Donbass, voici quel aurait été le bilan provisoire des combats et bombardements sur les fronts de Donetsk et Lugnask :
  • 19 miliciens ont été tués, et 31 blessés, 
  • 7 civils ont été blessés.
A noter que certains blessés légers ne faisant pas l'objet de prise en charge par les services médicaux, ne sont pas comptabilisés dans les statistiques.

De plus, selon les données préliminaires des ministères, 54 infrastructures diverses, y compris des maisons et des bâtiments civils, ont été détruites au cours de la semaine.

Ici le village de Zaitsevo, au Nord de la République Populaire de Donetsk
que l'artillerie ukrainienne cherche à rayer de la carte malgré la présence 
tenace de plusieurs familles qui tentent d'y survivre depuis 5 ans.
Depuis plusieurs semaines, la guerre s'est réveillée aux portes des cités du Donbass dont les horizons sont à nouveau secoués par des orages d'acier qui menacent de rompre la fragile digue défensive qui les protège sur les 470 kilomètres d'une ligne de front où chaque jour meurent des femmes et des hommes européens qui refudent que l'âme russe de leur pays et de leur avenir soit submergé par la dictature d'une marchandise anglo-américaine...

De son côté l'impérialisme mondialiste n'est pas pressé de voir finir cette guerre du Donbass car elle est le prétexte doré pour diviser et affaiblir l'Europe, poursuivre sans relâche la croisade de diabolisation politique de Moscou et de sanctions économiques infinies contre la Russie, et remilitariser avec l'OTAN ses frontières occidentales. Aussi la ploutocratie internationale qui mène la danse, tente de faire durer en l'état cette hémorragie entre d'une part les aides militaro-économiques occidentales injectés qui alimente l'effort de guerre des bandéristes qui ne veulent pas de victoire diplomatique, et d'autre part les accords cyniques de paix signés à Minsk qui empèchent son extension et ne veulent pas de défaite militaire du régime de Kiev.

En cela le Donbass n'est que l'éruption visible d'une tectonique mondialiste qui cherche à contrôler le continent européen et l'asservir à son complexe militaro-industriel, et voici pour illustrer et conclure cette réalité, un aperçu de cet horizon du Donbass dont beaucoup trop d'européens oublient malheureusement ce drame qui risque de venir demain rôder s'abattre également sur leurs cités. Car cette "mouche prise dans la toile d'araignée" de l'OTAN, ce n'est pas seulement le le le Donbass ou l'Ukraine, mais toute l'Europe !

Erwan Castel 


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