lundi 13 juillet 2020

Le coeur qui bat...


Au milieu de l'effondrement global d'un paradigme occidental fondé sur une pensée unique protéiforme et articulée autour d'une fusion hors sol de la puissance de l'argent et du pouvoir politique, les guerres lancées à travers le Monde par l'impérialisme étasunien ressemblent aux derniers spasmes d'un Nouvel Ordre Mondial moribond tentant par le chaos de survivre à sa propre folie.

Tandis que les populations occidentales sombrent dans des aliénations consuméristes ou des communautarismes crispés tout aussi suicidaires que stupides, aux confins de l'Occident et de l'Eurasie, le peuple du Donbass en refusant ce chaos organisé, mène depuis 6 ans une rébellion armée contre la ploutocratie mondialiste.

Et depuis 6 ans, les martèlements d'une artillerie ukrainienne servant un mondialisme esclavagiste de la marchandise tentent d'étouffer les battements de coeur d'un peuple européen qui défend sa liberté dans une idée d'empire forgeant une destinée commune dans une diversité d'identités solidaires.

Lorsque j'ai ouvert ce blog de "soutien à le rébellion du Donbass" je l'avais sous-titré de cette intuition d'un "jour où le coeur de l'Europe s'est remis à battre" et, 6 ans plus tard, ce rêve de Liberté est toujours là et bien vivant dans l'existence et la résistance réelles des jeunes Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. 

Et ce conflit du Donbass n'est pas à observer à travers le seul prisme d'une guerre civile ukraino-ukrainienne aux menaces et enjeux internationaux mais bien comme une rébellion contre la dictature de la marchandise et qui offre à tous les peuples qui lui sont asservis l'espérance qu'un nouveau printemps européen peut et doit surgir au bout de la nuit occidentale qui vient de commencer.

Il est vain, stupide et même suicidaire que les seuls dissidents que l'on entend gueuler au milieu des troupeaux que le mondialisme de la marchandise mène à l'abattoir se réfèrent à des idéaux abscons et des communautarismes fantasmés qui non seulement sont coresponsables de l'effondrement actuel de leur civilisation mais même accélèrent, par les clivages qu'ils organisent sous l'influence d'un conditionnement émotionnel instrumentalisé par le média-système lui-même, la mise en esclavage finale des populations européennes.

Dans le Donbass, des populations et des volontaires internationaux aux communautés diverses se sont unis dans une résistance armée contre cette hégémonie militaro-industrielle qui se cache (de moins en moins) dans le cheval de Troie d'une marchandise mondialiste et aliénante qui n'est qu'imposture consumériste.

Et leur histoire, toujours en mouvement depuis 6 ans de guerre, devrait servir de référence aux autres populations désireuses de reconquérir leurs libertés anciennes et de se réinventer dans un paradigme nouveau...

Erwan Castel

12 juillet 2020, front de Stakhanov en république de Lugansk
pilonnage de l'artillerie lourde ukrainienne dès l'aube 

Don bass,    Don bass,    Don bass...

Aux lueurs de l'aube, l'hirondelles salue l'étoile 
mordorant les champs brûlés d'une steppe pontique,
où se cachent, contre un antique tumulus royal,
les dernières ombres d'une nuit toujours mythique.

Quand soudain tonne à l'entour un choc surnaturel.
Puis, dans le temps, l'espace et les sens alertés, 
un sifflement déchire le silence et le ciel
mourant dans un nouveau fracas qu'Il annonçait.

Jusque dans la nuit, ces battements vont continuer.
Depuis plus de 2000 jours d'une infernale stance,
la haine frappe le Donbass au coeur de sa Liberté
mais sans tuer les battements de son espérance.

Car ici un peuple est entré en rébellion
payant sans compter le prix de sa Liberté,
de son identité russe et de ses traditions.
et, par son sang et ses larmes de réveiller...

...le coeur en dormition de l'Europe des peuples !

Alawata


Pardonnez l'imperfection et la maladresse de ces vers, 
mais c'est la première fois que je tente le poème...

...juste par amour de l'Inconnu.



dimanche 12 juillet 2020

Menaces sur le front, 1: le "Javelin"


Malgré que ce soit sous son mandat qu'ont été organisés avec l'aide des services US le coup d'Etat du Maïdan et la guerre du Donbass, Obama avait toujours opposé son veto à la livraison d'armes létales au nouveau pouvoir de Kiev en guerre contre les russes de Donetsk et Lugansk...

En revanche, des conseillers militaires, des programmes de formation et de modernisation aux normes occidentales des forces de Kiev avaient été déployés en Ukraine sur fond d'aides financières, d'assistances militaires et d'intégration aux exercices interalliés de l'OTAN, sur fond du processus d'intégration de l'Ukraine dans l'organisation atlantiste. Les seules fournitures accordées à l'Ukraine concernaient alors des équipements non létaux (logistique, transport, transmission, protection individuelle, optique, médical).

Mais, c'est finalement Trump qui, derrière ses beaux discours anti-mondialistes, va autoriser l'envoi d'armes américaines à l'armée ukrainienne, suivi par d'autres pays de l'OTAN tel que le Canada, la Turquie ou la France par exemple. 

"Business is business !" mais pas seulement...

L'engagement militaro-industriel des pays de l'OTAN en Ukraine est de plus en plus important dans les actions, les effectifs, les calendriers, et dans un déploiement géographique. Désormais cette implication de l'OTAN dans la stratégie russophobe de Kiev est visible jusque dans les territoires du Donbass occupés par Kiev jusqu'au front lui-même, régulièrement "inspecté" par des conseillers militaires étasuniens, canadiens français ou britanniques, et couvert par les ressources du renseignement étasunien (satellites, drones, radars...) en soutien aux attaques des forces armées ukrainiennes contre les territoires des républiques de Donetsk et Lugansk.

Situation sur le front



Depuis environ 1 an, en complément de l'artillerie, l'emploi par les ukrainiens de missiles antichars et de drones largueur d'obus s'est intensifié et même généralisé pour détruire les positions défensives républicaines mais aussi terroriser les populations civiles quotidiennement ciblées par Kiev.

Voici un nouvel exemple de cet emploi de missile antichar sur le front du Donbass

Juillet 2020, destruction ukrainienne d'une position 
défensive républicaine sur le front Sud de la RPD, 
secteur de Sakhanka avec 2 missiles antichars 
Localisation des tirs ukrainiens 
Les missiles antichars guidés se révèlent effectivement plus efficaces que l'artillerie pour détruire des positions enterrées et fortifiées :
  • Les équipes antichars légères, mobiles et discrètes peuvent s'approcher à proximité de leurs objectifs, puis s'exfilter très rapidement avant les ripostes.
  • Le guidage et la durée de vol très courte du missile permet de viser avec précision les parties faibles de l'objectif (embrasures, accès aux tranchées...).
  • Les charges des missiles sont à la fois performantes et diversifiées et permettent d'adapter les effets à la nature de l'objectif (charge creuse, thermobarrique...).
  • Tout comme l'artillerie, les équipes antichars bénéficient de l'appui des drones d'observations pour identifier les cibles, observer et corriger les tirs suivants. 
Sur fond de cette escalade des attaques ukrainiennes, les USA depuis 2018 livrent des système d'arme antichar FGM-148 "Javelin" aux forces ukrainiennes qui récemment ont annoncé qu'ils allaient être déployés prochainement sur le front, les programmes de formation des servants venant de s'achever par les derniers exercices de tirs opérationnels. 


Le missile antichar "Javelin"



Tandis que les USA viennent de livrer un nouveau lot de missiles "Javelin' à l'Ukraine, Kiev annonce que les unités qui en ont été les premières bénéficiaires depuis 2018 ont achevé leurs formations et entraînements et devraient être déployées prochainement sur le front du Donbass.

Selon le service de presse du commandement opérationnel "Ouest" les forces armées ukrainiennes viennent d'achever sur un terrain d'exercice dans la région de Rivne la phase finale de l'entraînement au combat des systèmes d'armes antichar FGM-148 "Javelin" (étasunien) jumelé à l'ATGM "Stugna-P" (ukrainien).
Commentant ces exercices antichars, Ruslan Khomchak, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes a déclaré que chaque brigade qui entrerait dans les forces de l'Opération des Forces Combinées (OOS) déployées dans le Donbass serait renforcée par les "Javelins".

Sur un front déjà tendu à l'extrême, l'emploi de dizaines de poste de tir FGM-148 "Javelin" risque de constituer une nouvelle menace qui risque de provoquer une escalade majeure entre ukrainiens et républicains. Et, à ces armes antichars modernes étasuniennes qui vont multiplier les effets destructeurs des frappes ukrainiennes doivent se rajouter la haute probabilité du déploiement prochain des drones d'attaques "Bayraktar TB2" que la Turquie a livré à l'Ukraine et qui viennent d'achever eux aussi leur phase de formation et d'entrainement au sein des forces armées de Kiev. 

Pour ce qui est du "Javelin", de nombreuses vidéos circulent depuis quelques jours sur les sites ukrainiens présentant l'achèvement de son niveau opérationnel au sein des forces armées ukrainiennes et de la perspective de son déploiement dans le Donbass.

Le missile FGM 148 "Javelin" est un système d'armes étasunien conçu par les entreprises Raytheon et Lockheed Martin, déployé dans à la fin des années 90 et qui a subi depuis plusieurs améliorations afin de s'adapter à l'évolution des blindages et des défenses anti missiles modernes. 

Caractéristiques du "Javelin" :
  • Prix du poste de tir (réutilisable): 125 000 dollars
  • Prix d'un missile: 78 000 dollars.
  • Poids: 6,4 kg (poste de tir) + 11,8 kg (missile)
  • Charge utile: 8.4 kg en tandem (1ère, blindages réactifs et 2ème, pénétration) 
  • Calibre: 127mm
  • Portée: 65  (attaque horizontale) ou 150 mètres (attaque verticale) jusqu'à 2000 m.
  • Vitesse: 143 mètres/seconde
  • Guidage: autoguidage infrarouge
  • Précision: inférieure à 1 mètre
Pour résumer, le "Javelin" c'est : 
  • un missile de type "fire and forget" c'est à dire qui se verrouille automatiquement sur la cible au moment du tir et qui est ensuite complètement autoguidé par un système infrarouge pendant son vol (contrairement aux missiles actuellement en service, qui suivent la trajectoire visée ou au mieux sont guidés par des fils à la traîne manipulés par le tireur devant maintenir sa visée en permanence).
Le "Javelin" dispose de 2 modes d'attaque possibles :
  • un mode d'attaque horizontal, épousant les lignes du terrain (jusqu'à des élévations de 60 mètres) particulièrement efficace contre les positions et bâtiments fortifiés;
  • un mode d'attaque vertical où, après une montée à 160 m d'altitude, le missile frappe sa cible par le dessus idéal contre les chars et VCI faiblement blindés sur le dessus.
Les avantages du "Javelin"pour le Donbass :
  • Son système mobile et léger (20 kg environ pour un poste de tir armé) et son missile "fire and forget" autorise le binôme des servants a procéder à une exfiltration immédiatement après le tir,
  • Au moment du tir, le moteur fusée est allumé seulement après éjection du missile du tube de lancement, ce qui permet de réduire le cône arrière de sécurité et ainsi de tirer depuis des espaces fermés de type bâtiment ou position enterrée.
Récemment Olesksandr Turchinov, qui avait initié la guerre du Donbass lorsqu'il était président ukrainien par intérim puis la conduite de la stratégie militaire a appliquer lorsqu'il était chef du Comité national de Sécurité et de Défense de l'Ukraine, rappelait dernièrement l'efficacité du grignotage de la zone neutre dite "grise" (70% environ) séparant les belligérants réalisé par les soldats ukrainiens à force d'attaques ponctuelles et répétés sur les défenses républicaines. Et le "pasteur sanguinaire" de conclure qu'il fallait continuer notamment avec les nouvelles armes mises à disposition des forces ukrainiennes.

Nul doute que le "Javelin" risque alors de faire son entrée sur le front... sauf si Washington, ne voulant pas prendre voir une escalade incontrôlable s'engager dans le Donbass, donne l'ordre à ses valets ukrainiens de le garder en réserve. Car, en cas d'emploi important du "Javelin" par les "ukrops" il faut s'attendre à des destructions et des pertes importantes et donc à des ripostes républicaines proportionnelles, ce qui risque fortement de provoquer une escalade particulièrement meurtrière, qui donnera le coup de grâce définitif au jeu de dupe moribond des diplomaties enlisées...

A suivre..

Erwan Castel

Article référence : Topwar.ru


vendredi 10 juillet 2020

"Quand le vin est tiré il faut le boire"


Dans la crise internationale qui à la fois exacerbe et enterre la guerre du Donbass on a vraiment l'impression que les populations russes de Donetsk et Lugansk sont prises dans un étau sanglant entre un bélier ukrainien qui hésite à lancer son offensive et des murailles russes qui hésitent à abaisser leur pont levis. 

Un bras de fer interminable où chacun attend que l'autre déclenche le détonateur et endosse la responsabilité de la libération d'une guerre prisonnière de ses tranchées.

Voici une nouvelle analyse pertinente de Karine Bechet Golovko, dont je partage ici le même sentiment que d'une part la fin de la guerre dépend de la décision attendue de Moscou d'intégrer "de jure" les républiques du Donbass et que la Russie n'a rien à perdre du côté d'occidentaux qui de toutes les manières continueront leur croisade russophobe sous n'importe quel prétexte. 

Je pense en revanche que la dimension militaire est incontournable du dénouement de ce conflit car d'une part le pouvoir ukrainien ne peut espérer survivre à une capitulation politique qu'à l'issue d'une défaite militaire, et que d'autre part l'intégration russe des républiques populaires du Donbass ne peut se concevoir que dans la totalité de leurs territoires nationaux, ce qui sous entend une libération des zones occupées aujourd'hui par les forces ukrainiennes (Mariupol, Volnovakha, Avfeevka, Slaviansk etc...)...

Dans la conduite de cette guerre, les voies diplomatiques ayant toutes été explorées en vain, désormais il ne reste plus à la disposition de Moscou qui n'a pas grand chose à perdre (contrairement à Kiev) que l'option du coup de force politique et donc militaire pour mettre fin à cette hémorragie au coeur de l'Europe. 

Autrement dit, "quand le vin est tiré, il faut le boire !" 

Erwan Castel


Source de l'article: Russie Politics


Billet : 
Pourquoi il est dans l'intérêt de la Russie 
d'intégrer aujourd'hui le Donbass

Par Karine Bechet Golovko

Si la guerre en Ukraine est une guerre civile, les enjeux sont globaux. Le Donbass, qui a refusé le coup d'Etat du Maïdan en 2014 et est entré en rébellion, revendique son appartenance au monde russe. Juridiquement, son statut juridique est complexe, car la destruction de l'Etat ukrainien en 2014 pose la question de la sortie légitime du Donbass de son giron, au même titre que la Crimée. Mais si la Russie a réussi à prendre rapidement la décision politique d'intégration de la Crimée, la situation dans le Donbass s'éternise. La population et les dirigeants locaux n'envisagent pas de revenir dans le giron de Kiev, les présidents ukrainiens s'enchaînent et se ressemblent, pendant que les décisions sont prises ailleurs. Et la Russie ne se décide toujours pas à se décider - dans un sens ou dans l'autre. Des figures politiques se prononcent pour, quand Kozak, chargé par Poutine du conflit ukrainien en Russie, déclare que l'intégration du Donbass n'a jamais été officiellement discutée. Pendant ce temps, les populations civiles sont prises en otage. Pourtant, il est aujourd'hui dans l'intérêt stratégique de la Russie d'intégrer le Donbass.


Les déclarations concernant le conflit s'enchaînent dans un total désordre. Zelensky continue la rhétorique de Porochenko et attend (presque avec impatience) l'invasion russe, qui depuis tant d'années n'arrive pas et n'arrivera pas. Pas le moindre char russe à l'horizon, cela en devient indécent. Les dirigeants locaux, sentant les aspirations de la population de DNR et LNR, comprennent parfaitement que trop de sang a coulé pour revenir vers Kiev, le divorce est consommé, mais ces régions étant objectivement incapables d'être autonomes, elles doivent attendre l'accord de la Russie. La Russie, de son côté, si elle fait certains pas prudents, notamment avec les passeports, n'est que dans la réaction, pas dans la décision stratégique.

En effet, des déclarations de personnalités politiques diverses et variées se prononcent pour une intégration du Donbass dans la Russie, surtout que la réforme constitutionnelle pourrait techniquement faciliter la chose (voir l'article de C. Néant à ce sujet ici), mais la question n'est pas technique, elle est politique et la Russie ne s'y résout pas.

Kozak, en charge du dossier ukrainien pour la Russie à la suite de Sourkov, a mis les points sur les i : 
  • "En ce qui concerne les différentes déclarations de personnalités politiques et d'organisations concernant la possibilité et les perspectives de l'intégration du Donbass dans la Fédération de Russie. C'est exclusivement l'opinion de leurs auteurs. Au niveau étatique, la question n'a jamais été envisagée en ces termes, même pour un avenir proche."
Autrement dit, la Russie est prête à aider le Donbass, la Russie joue sur la scène internationale la carte géopolitique du Donbass, mais la Russie n'est pas prête à prendre la décision politique d'intégration du Donbass, qui selon ces paroles de Kozak, n'est pas même envisagée. 

A priori, la Russie n'est effectivement en rien obligée d'intégrer le Donbass. C'est avant tout au Donbass de s'assumer et d'assumer les conséquences politiques des décisions qui ont été prises. Mais. Et il y a plusieurs mais.

Mais, l'Ukraine ne "joue" pas seule, elle est prise en main, militairement, par les Etats-Unis et l'OTAN. Donc, les forces ne sont pas égales si le Donbass n'est pas couvert par la Russie.

Mais, le Donbass s'est opposé à la volonté du monde globaliste de détruire le monde russe - afin de rendre ce monde global enfin global. Donc, le Donbass défend les intérêts stratégiques de la Russie. Et cela oblige.

La Russie semble refuser de prendre une décision stratégique concernant le Donbass et continue à réagir au cas par cas, par peur de ne pouvoir assumer les conséquences de cette décision et de mettre en danger l'équilibre intérieur du pays. Cette position semble pourtant faussée. 

Tout d'abord, si l'on laisse de côté toute considération morale, de toute manière la Russie est déjà entrée dans le jeu en soutenant politiquement, économiquement et sanitairement le Donbass. Donc, en refusant de prendre une décision stratégique et en se contentant de réagir, elle perd l'avantage de l'initiative.

Ensuite, si la minorité globaliste du pays est contre l'intégration du Donbass, une grande partie de la population, au contraire, la soutient, comme elle a massivement soutenu l'intégration de la Crimée, car à la différence d'une minorité post-moderne la population a dans son ensemble le sentiment du monde russe. Un sentiment presque physique. En ce sens, l'intégration du Donbass conduirait à resserrer un contrat social qui tend à s'effilocher sous l'effet destructeur des politiques néolibérales réactivées depuis 2016.

Enfin, si la peur d'une montée des sanctions n'est pas étrangère à cette politique de l'enlisement du conflit et de la négociation pour la négociation, elle n'est pas rationnelle. D'une part, de toute manière, sans cela, lorsque nécessaire, tous les prétextes sont bons pour de nouvelles sanctions contre la Russie (même oser parler d'une collusion entre la Russie et les talibans, qui a été démentie en vain). D'autre part, l'Occident est allé tellement loin, que sa marge de réaction dans le domaine est devenue très limitée. Le monde global l'oblige à devoir laisser une porte ouverte à tous, sinon il ne serra plus global et aura perdu. Sans compter que les interactions déjà existantes l'obligent à devoir préserver des relations avec la Russie, qui se retrouverait renforcée sur la scène internationale par cet acte.

Donc, les risques en cas de décision de rattachement du Donbass à la Russie sont minimes par rapport aux risques qu'entraîneraient un abandon, coulant, imperceptible, mais dont la tendance se révèle parfois. 

PS: Il vaut mieux ne pas entrer dans un combat, que de ne pas le mener à son terme. Finalement, la Russie n'a plus beaucoup de choix, surtout avec la propagande menée à l'intérieur du pays sur tous les plateaux de TV. Il vaut mieux alors présenter un choix assumé, que de devoir de toute manière le faire contraint et contrit. Ce qui conduit à cumuler tous les inconvénients, et politiques et géopolitiques."

Karine Bechet Golovko

jeudi 9 juillet 2020

Persiste et signe !


Des milliers de volontaires sont venus dans le Donbass depuis 2014 rejoindre sa résistance Antimaïdan et sa rébellion armée contre une pseudo "Opération Spéciale Antiterroriste", ukrainienne, cette vomissure russophobe sortie du Maïdan et soutenue par les services étasuniens et les gouvernements occidentaux qui a fait depuis 6 années de guerre environ 20 000 morts au coeur de l'Europe.

Parmi ces volontaires internationaux, nous sommes un certain nombre de citoyens français, qui avons pris les armes sur le front du Donbass dans les rangs des forces de défense des républiques populaires de Donetsk et de Lugansk et dont je tairai ici l'effectif exact, les identités et les actions pour ceux qui en ont mené. Les volontaires français, venus dans le Donbass pour des durées généralement très courtes et des motivations très diverses, malgré leur faible effectif global, ont semble t-il marqué les esprits ukrainiens au point qu'ils déclenchent aujourd'hui une nouvelle procédure judiciaire à leur encontre

Personnellement je sers sous les armes la République Populaire de Donetsk, dont je suis devenu citoyen, depuis février 2015 (avec une seule interruption de 8 mois en 2016-2017), et j'assume mes états de service et mes actes sur le front, pour lesquels j'ai été récompensé, avec autant de force que je réfute les accusations du bureau du procureur de l'Ukraine qui qualifie les volontaires étrangers d'être des mercenaires et des criminels.

Ces accusations ne sont pas nouvelles, et elles resurgissent tel un serpent de mer ukrainien, tantôt sur des sites propagandistes tel Mirotvorets, un site qui prétend recenser tous les soutiens aux républiques populaires du Donbass, tantôt dans des médias propagandistes ou des communiqués officiels.
Et j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ces accusations que les ukropithèques veulent agiter comme une épée de Damoclès au dessus des volontaires français venus dans le Donbass et qui ne sont plus qu'une poignée aujourd'hui à assumer jusqu'au bout leur engagement (Et je ne parle pas des civils de la bande à Moreau - Brayard - Néant ces arrivistes venus faire leur shows médiatiques à Donetsk mais tout en se tenant très éloignés du volontariat militaire dont ils ont même cherché à dénigrer les engagements et les personnes pour ne pas fâcher les services francais et nuire ainsi à leurs intérêts personnels hexagonaux).

Dans le communiqué du bureau du procureur de l'Ukraine traduit ci après, les accusations portées contre les volontaires étrangers dans le Donbass font logiquement référence au code pénal ukrainien, mais surtout aux conventions de Genève pour tenter de donner une dimension internationale aux procédures judiciaires que Kiev veut et a déjà engager contre nous (mandat d'arrêt européen, Interpol, extradition etc...).


Comme je l'avais déjà expliqué dans un précédent article voici ma position concernant cet article 47 du Protocole additionnel I de 1977 aux Conventions de Genève sur lequel s'appuie la procédure internationale que veut engager Kiev:

"Un mercenaire est un combattant étranger aux parties en conflit, "spécialement recruté dans le pays ou à l'étranger" et qui "prend une part directe aux hostilités". Ce combattant doit également avoir un "avantage personnel" à participer à ce conflit, qui doit prendre la forme d'une rémunération "nettement supérieure à celle de ses homologues de l'armée régulière"

Sommes nous des mercenaires ?


Article 47 [ le lien ici ] - Mercenaires


1. "Un mercenaire n'a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre."

  • Ce point est peut-être le plus intéressant car il explique pourquoi les volontaires étrangers dans le Donbass sont souvent qualifiés par la partie ukrainienne (qui n'a pas obtenu pour les républiques la qualification de "terroristes" par l'ONU ) de "mercenaires". En effet les conséquences juridiques liées au statut de "mercenaires" restreignent considérablement les droits des intéressés, Kiev cherche ainsi à les placer hors du cadre des accords de Minsk qui prévoit une amnistie et pas seulement pour la poignée d'occidentaux venus dans le Donbass mais aussi les locaux, les russes, les serbes, les ossètes, les abkhazes etc et qui sont pléthore depuis 2014.

2. "Le terme «mercenaire» s'entend de toute personne :"

a) "qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l'étranger pour combattre dans un conflit armé ;"
  • Dans le Donbass, il n'y a aucun "réseau de recrutement" organisé recrutant et accompagnant les volontaires venant combattre dans les milices. Au contraire il s'avère que pour les occidentaux, c'est plutôt "la croix et la bannière" pour arriver jusqu'à Donetsk et ensuite trouver un bataillon, et seules des cooptations individuelles et des infos directes et personnelles permettent aux intéressés de faire le trajet jusqu'à Donetsk et Lugansk, et à leurs frais. Ceci expliquant entre autres les faibles effectifs observés des occidentaux ainsi que les très nombreux cas de refoulement à la frontière russe pour ceux qui n'ont ni visa double entrée, ni contact sur place.

b) "qui en fait prend une part directe aux hostilités ;"
  • Sur ce point de la participation aux hostilités, d'accord, en notant toutefois que la dimension médiatique des volontaires occidentaux a souvent incité dans les premiers temps de la guerre les autorités locales à ne pas exposer trop dangereusement ces étrangers particuliers pour éviter l'exploitation diplomatico-juridique qu'aurait immanquablement provoqué leur mort au combat (voir l'exemple des djihadistes étrangers tués ou capturés en Syrie par exemple)

c) "qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d'obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ;"
  • Après être arrivé à Donetsk au début de l'année 2015, je me suis engagé dans la milice républicaine, sans intégration administrative et sans salaire, en tant que volontaire. Ce bénévolat caractérise la grande majorité des volontariats réalisés durant la première année de guerre. Ce n'est qu'à partir de avril  2015 au sein du 4ème bataillon de la "Garde Républicaine" où après avoir servi bénévolement plusieurs mois nous avons perçu notre première solde de.... 2000 hryvnias (soit un peu plus de 50 euros). Au fil des mois et des mutations mon salaire mensuel a augmenté jusqu'à la barre actuelle des 17000 roubles (250 euros environ), ce qui correspond sans aucune prime spéciale au même salaire en vigueur dans l'armée républicaine. Personnellement je n'appelle cela (pour l'avoir vécu dans le passé) une rémunération de "mercenaire".

d) "qui n'est ni ressortissant d'une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ;"
  • Sur ce point particulier, je dirai oui et non, car si les volontaires occidentaux arrivent effectivement dans le Donbass en tant que ressortissants étrangers, en revanche (pour ceux qui ne sont pas venus y faire que des safaris-selfies de courtes durées) une normalisation administrative est engagée pour ceux qui s’intègrent et s'inscrivent dans la durée: livret militaire, numéro d'identification citoyenne, certificat de résidence et passeport national. Le volontaire devient alors un citoyen à part entière de la République où il vit, travaille et pour laquelle il se bat.

e) "qui n'est pas membre des forces armées d'une Partie au conflit ;"
  • Les volontaires étrangers dans le Donbass sont intégrés et dispersés individuellement dans les unités régulières du Ministère de la milice ou du Ministère de l'Intérieur des républiques de Donetsk et Lugansk. Il n'y a pas dans les républiques du Donbass des Sociétés Militaires Privées étrangères, style "Blackwater", comme il en existe du côté de Kiev, où d'unités autonomes et spécialisées dans l'accueil de volontaires étrangers comme les bataillons spéciaux autonomes ukrainiens, par exemple le régiment "Azov" qui ont accueilli au total depuis 2014 environ 17 000 volontaires étrangers (chiffre officiel) issus pour la plupart des "fachosphères" occidentales.

f) "qui n'a pas été envoyée par un Etat autre qu'une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit Etat."
  • Non le volontariat dans le Donbass est une décision individuelle personnelle qui ne correspond aucunement à une politique étatique et, pour parler de la Russie qui est accusée d'organiser ce "mercenariat" dans le Donbass, il suffit de regarder pour s'en convaincre le nombre de faits de justice où la bureaucratie parfois procédurière jusqu'à la connerie, renvoie en Ukraine ou dans leurs pays d'anciens miliciens en situation irrégulière. Et pour ne parler que des volontaires français étant venus dans le Donbass, parmi ceux qui sont repartis en France via la Russie après expiration de leur visa d'entrée initial, ils ont écopé après leurs interpellations d'une amende, d'une expulsion juridique, d'une interdiction de territoire de 5 ans et même pour certains d'une peine d'emprisonnement à Rostov de plusieurs mois. On ne peut donc pas vraiment pas parler ici de "réseau du Kremlin' en soutien aux défenseurs du Donbass! (heureusement, une procédure a été organisée depuis auprès des ministères des affaires étrangères de Donetsk et Lugansk pour demander sur place un visa de transit auprès des services consulaires de Rostov)


Pour conclure, ce clabaudage du procureur général de l'Ukraine est selon moi un nouveau coup d'épée dans l'eau semblable à celui répété depuis 2014 lorsque Kiev cherche à faire qualifier les républiques populaires de Donetsk et Lugansk d' "états terroristes", ce que l'ONU a toujours refuser de faire.

Peu me chaut d'être accusé de "terrorisme" (Kiev), de "nazisme" (street press), de "stalinisme" (prayvi sector), d' "espionnage", de "désertion", de "vol" (Brayard, Néant...) par des individus qui ne prouvent ici que leur débilité mentale et/ou leur servitude à de groupes subversifs et d'intérêts extérieurs. Je sais exactement pourquoi je suis dans le Donbass, quelles idées j'ai décidé de mettre au bout d'un fusil et quelles utilisations j'ai fait de ce dernier sur le front depuis plus de 5 années. Et j'emmerde ceux que cela dérange !

Quant aux accusations de terrorisme ou de crimes lancés régulièrement par les ukropithèques à l'encontre des volontaires venus se battre dans le Donbass, elles relèvent aussi comme les précédentes d'une débilité, calomnie, et inversion accusatoire mises au service de la propagande de guerre russophobe occidentale.

Avec Macron la France, qui était déjà le laquais de la stratégie de l'OTAN et du capitalisme libéral depuis longtemps, n'a de cesse que de s'investir de plus en plus aux côtés du nouveau régime de Kiev. Cette collaboration francais aux bombardements quotidiens des covils du Donbass (amors que Paris est signataires des accords de paix de Minsk !) s'exerce politiquement, économiquement, militairement et judiciairement comme le prouvent les communiqués officiels, les sanctions économiques anti russes, les fournitures, contrats militaires et les interpellations politiques calomnieuses répétées de Hubert Fayard le représentant honoraire de la République Populaire de Donetsk en France par exemple.
Nul doute que la "vingtaine de volontaires français" repérés dans le Donbass (avec la complicité avouée de Laurent Brayard) sont dans le collimateur de Kiev mais aussi dans celui de Paris qui vont tout faire pour transformer judiciairement lors de leurs collaborations politico- militaro-industrielles les fiches "S" déjà collées sur leurs dos, en condamnations politiques. 
Et je parie que la signature de prochains contrats industriels entre Paris et Kiev dépendra de cette chasse aux volontaires réclamée par le procureur de Kiev ! 

«Beaucoup d'ennemis, beaucoup d'honneur» disait Georg Von Freundsberg, à la bataille de Vicence en 1513, et sans vouloir me comparer au lansquenet bavarois, je me fous royalement de toutes ces accusations, étant citoyen de la République Populaire de Donetsk et côté français fiché "S" depuis bien plus longtemps pour activisme séparatiste breton dans cet Etat jacobin où je n'ai jamais considéré que mon rapport identitaire avec lui dépasse le cadre administratif imposé par son hégémonie historique.

Je suis un volontaire breton venu dans le Donbass défendre une population européenne (au sens civilisationnel du terme) agressé militairement par un Etat pro-occidental et ethnocentré au service de l'hégémonie russophobe des USA, de l'OTAN et de l'UE.

En revanche, il serait plus pertinent d'observer ce qui se passe sur le front ukrainien du Donbass à l'aune de ces nouvelles accusations de "crimes" et de "mercenariat" lancées par le bureau du Procureur de l'Ukraine, car en terme d'inversion accusatoire on atteint ici des sommets inégalés ! 
  • 6 années de bombardements et de blocus de populations civiles du Donbass, de tortures de prisonniers, de répression dans leurs territoires occupés...
  • Des milliers de combattants étrangers déployés sur le front ukrainien dans des bataillons spéciaux nationalistes, des sociétés militaires privées étrangères...
Aujourd'hui c'est sans conteste l'Etat ukrainien et l'Etat français, pour ne citer que les 2 concernés par le sujet de cet article, qui devraient être traînés devant un nouveau tribunal de Nuremberg pour n’être plus que des criminels et des mercenaires au service de la ploutocratie internationale américano-sioniste !

Et de citer en conclusion feu Alexey Mozgovoy, le commandeur du bataillon "Prizrak" de la République Populaire de Lugansk:

"N'ayez pas peur pour la peau, 

craignez pour l'honneur!" 

Alexey Mozgovoy

A suivre...


Erwan Castel



"Le Bureau du Procureur général a enregistré une procédure pénale contre la participation de mercenaires étrangers au FNP de la Fédération de Russie dans le conflit armé du Donbass

07.07.2020

Les procureurs du Département de la surveillance des crimes commis dans les conflits armés, le Bureau du Procureur général, ont saisi l'ERD* des informations sur la participation de mercenaires à des conflits armés, des actions intentionnelles visant à modifier le territoire ou la frontière de l'Ukraine en violation de la Constitution de l'Ukraine. à la mort de personnes ou à d'autres conséquences graves, ainsi qu'à la participation à des groupes armés non statutaires dans une attaque contre des entreprises, des institutions, des organisations ou des citoyens, qui a entraîné la mort de personnes ou d'autres conséquences graves (partie 4 de l'article 447, partie 3 Article 110, cinquième partie de l'article 260 du code pénal ukrainien).

Les procureurs ont constaté que, de 2014 à aujourd'hui, 20 citoyens de la République française ont participé au conflit armé contre l'Ukraine dans le cadre de formations armées irrégulières imprévues dans les territoires temporairement occupés des régions de Donetsk et Lugansk, entraînant la mort et d'autres conséquences graves.

Selon l'article 47 du Protocole additionnel I de 1977 aux Conventions de Genève pour la protection des victimes de la guerre, ce sont des mercenaires et leurs actions violent la Convention internationale pour la répression du recrutement, de l'utilisation, du financement et de la formation des mercenaires, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 4 décembre 1989.

L'enquête préliminaire a été confiée aux enquêteurs du Département principal des enquêtes du Service de sécurité d'Ukraine.

La sanction maximale prévue par ces articles est passible d'une peine d'emprisonnement à perpétuité avec ou sans confiscation de biens."

Note :
* ERDR : Registre unifié des enquêtes préliminaires (ERDR) est une base de données électronique créée à l'aide d'un système automatisé, selon laquelle les données sur les infractions pénales et le déroulement des enquêtes préliminaires dans les procédures pénales sont collectées, stockées, protégées, enregistrées, recherchées"

lundi 6 juillet 2020

La guerre de l'eau des ukrainiens


Depuis que l'Homme s'est redressé sur ses jambes pour arpenter le monde et son orgueil, l'eau a toujours été l'obsession majeure et l'enjeu principal de ses haltes nomades et implantations sédentaires, et par conséquent la menace subie ou utilisée dans ses conflits avec les autres...

Plusieurs centaines de milliers d'années plus tard... rien n'a changé !

L'eau est même plus que jamais un enjeu géopolitique majeur, exacerbé par la diminution des réserves d'eau potable et l'augmentation exponentielle des besoins humains tant viaun population mondiale croissante que par des techniques de production et consommation modernes de plus en plus assoiffées, comme l'agriculture par exemple.
Du côté des guerres modernes l'eau est au centre de nombreux conflits territoriaux, comme celui qui oppose israéliens et palestiniens ou menace d'en faire éclater de nouveau comme dans le Levant où les nombreux barrages turcs menacent les agricultures des pays en aval dépendant de l'Euphrate.

Et le conflit qui germe depuis 2014 sur les rives septentrionales de la Mer Noire entre Russie et Ukraine n'échappe pas au pouvoir de l'eau qui est aujourd'hui utilisé par Kiev pour menacer et assoiffer les populations russes de Crimée et du Donbass qui ont fait sécession avec la folie du Maïdan, malgré le fait juridique qui stipule que priver intentionnellement des populations civiles de leur approvisionnement en eau potable est un acte qualifié de "crime de guerre" par toutes les conventions internationales.

Ainsi dans le Donbass, le régime de Kiev, bombarde de plus en plus fréquemment les stations de pompage et les réseaux de distribution d'eau potable desservant des millions d'habitants (voir les derniers articles par exemple), allant même jusqu'à organiser avec la complicité de la France un nouveau réseau de distribution pour en exclure les populations situées sur les territoires républicains. 

Canalisation  d'eau potable de Gorlovka endommagée par les tirs ukrainiens du 6 juillet  2020


Du côté de la Crimée, bien que ne vivant un front militaire actif comme dans le Donbass, les tensions entre Kiev et Moscou n'en sont pas moins vives et se cristallisent particulièrement autour de l'eau potable que la péninsule doit importer, ce qui était fait par le canal de Crimée Nord jusqu'à ce que Kiev le ferme. 

Cette stratégie ukrainienne de vouloir assoiffer les populations russes de Crimée ou du Donbass est a mettre en perspective de l'intention de provoquer une intervention militaire russe majeure et que les occidentaux, ignorant volontairement le blocus silencieux de l'eau, considéreront alors comme un casus belli inadmissible venant de Moscou. L'eau est ici utilisé comme une provocation destiné à faire porter la responsabilité de ses conséquences militaires sur la Russie. 

D'où les propos en forme d'inversion accusatoire de l'amiral ukrainien Alexeï Neijpapa, que rapporte cet article de Sputnik:

Erwan Castel

Source de l'article: Sputnik



L’Ukraine s’apprête à «récupérer» la Crimée et se prépare à lancer une guerre contre la Russie, a avancé le commandant en chef de la Marine ukrainienne dans une interview. Selon lui, le prétexte en sera la tentative de Moscou de «s’emparer» du canal de Crimée du Nord qui doit alimenter la péninsule en eau douce.

L’Ukraine se prépare à des hostilités à grande échelle avec la Russie, a déclaré le contre-amiral Alexeï Neijpapa, commandant en chef de la Marine ukrainienne, dans une interview au journal Doumskaïa.

Son pays, selon lui, s’apprête à «récupérer» la Crimée. «Il y aura beaucoup de pertes, tant parmi nos soldats que parmi les civils», a-t-il avancé.

Le pays s’attendrait à une attaque

Kiev, d’après ses dires, s’attend à une attaque de l’armée russe contre la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, qui aurait pour objectif de relancer le transit de l’eau du Dniepr par le canal de Crimée du Nord. Celui-ci, construit à l’époque soviétique, relie le fleuve ukrainien Dniepr à la Crimée et était destiné à l'irrigation des basses terres de la mer Noire et à l'approvisionnement en eau de la péninsule.
La tentative russe de relancer le canal sera le signal du début d’une confrontation, a déclaré le contre-amiral.

Une source d’eau

Auparavant, l’Ukraine assurait jusqu’à 85% des besoins de la Crimée en eau douce via ce canal. Mais après la réintégration de la Crimée à la Russie en 2014, l’approvisionnement a été coupé unilatéralement par Kiev.
L’Ukraine refuse de rétablir le fonctionnement normal du canal mais fait régulièrement ressortir de prétendus «plans» de la Russie visant à s’en emparer. Cependant, la Crimée possède d’autres sources d’eau douce.