dimanche 28 octobre 2018

Un schisme religieux et politique


Ces dernières semaines ont été marquées par la rupture historique entre les patriarcats orthodoxes de Moscou et Constantinople, qui sur fond de nouvelle guerre froide entre le monde russe et le monde occidental a achever de faire éclater dans la sphère religieuse, la crise ukrainienne qui en est l'épicentre.

Oleg Tsarev, ancien député ukrainien pro-russe s'exprimant sur ce schisme religieux a déclaré : "La séparation de l'église orthodoxe russe est une catastrophe géopolitique dont je ne connais pas d'exemples au sein du monde russe au cours des mille dernières années. Même l'effondrement de L'Union soviétique sur un plan historique et d'un point de vue géopolitique, est un désastre plus petit que ce qui se passe actuellement en Ukraine." 

Autour de cet événement majeur qui scelle une confrontation Est Ouest, trop de réactions fanatiques religieuses se sont fait entendre de part et d'autres illustrant l'instrumentalisation héréditaire et identitaire du monothéisme sémite par le pouvoir politique depuis près de 6000 ans. Fusion et confusion des pensées uniques religieuses et politiques qui font qu'aujourd'hui le patriarche Bartholomé du patriarcat de Constantinople est devenu une marionnette de l'impérialisme occidental pour choquer émotionnellement les fidèles du patriarcat orthodoxe russe et le monde russe en général dont la foi orthodoxe et un des éléments fondateurs de son identité.   

Voici un article sur ce schisme politico-religieux, signé Bruno Hesquinet et qui laisse de côté la dimension passionnelle...

Erwan Castel

Source de l'article : Réseau International

Kiev-Moscou : un schisme politique et religieux

par Bruno Husquinet

La désunion politico-religieuse des Slaves de l’Est qui vient de se produire entre Kiev et Moscou suite à la décision du patriarche de Constantinople de donner l’autocéphalie à l’église ukrainienne orthodoxe, est un moment historique. Etait-il opportun et comment réagiront les autres églises orthodoxes ? Le politique pense en années alors que l’église pense en siècles. Ce schisme est une lame de fond qui fera peu de vague en surface mais entraînera un changement profond de la carte politico-religieuse dans le monde orthodoxe et donc chrétien. Il marque également une rupture dans l’histoire des peuples slaves.

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Cathédrale Saint-Sauveur à Moscou. Crédit Photo Bruno Husquinet

Kiev contre Moscou

Depuis 1991, Kiev est restée proche de Moscou car les intérêts économiques liant les deux pays sont colossaux. C’est la raison pour  laquelle, lors de la dissolution de l’Union Soviétique, les dirigeants ukrainiens et russes se sont engagés à préserver des liens étroits en établissant la Communauté des Etats Indépendants. Cependant, l’Ukraine souveraine a élargi ses horizons et des voix dissonantes se sont levées, essentiellement contre le système corrompu, souvent associé à des pratiques frauduleuses héritées des chaotiques années 1990 en ex-Union Soviétique. En outre, des revendications identitaires grandissantes n’ont pas épargné la sphère religieuse. L’église orthodoxe ukrainienne est en réalité divisée en trois. D’une part, il y a l’église orthodoxe ukrainienne autonome rattachée au patriarcat de Moscou. Elle constitue la plus grande église avec des biens innombrables en Ukraine. Ensuite, l’église orthodoxe ukrainienne avec son propre patriarcat à Kiev créée, dès la fin de l’Union Soviétique, en 1992. Enfin, l’église orthodoxe ukrainienne autoproclamée autocéphale datant de 1920 qui reste marginale. (Voir les rappels historiques à la fin de la note)

Depuis 2014, l’histoire est revisitée pour nourrir des projets politiques. D’un côté, certains extrémistes n’hésitent pas à nier l’existence même d’une nation ukrainienne ; tandis que d’autres considèrent que Moscou vise à reconstituer un empire en annexant des territoires. Le rejet de l’autre est enclenché. Au printemps 2014, la question linguistique a contribué à enflammer la rue dans le Donbass lorsque les autorités révolutionnaires ont voulu faire de l’ukrainien la seule langue nationale.

Malheureusement, la religion politisée a également fait son entrée sur Maïdan et très vite des bataillons religions se sont formés. Le conflit intra-slave est devenu aussi un conflit intra-orthodoxe. Le patriarcat de Moscou a été dépeint comme l’extension du Kremlin et a été la cible d’attaques verbales et physiques. Cette querelle religieuse a été du pain béni pour tous les nationalistes et a ravivé les velléités indépendantistes de l’église orthodoxe ukrainienne qui a mis en avant sa demande pour devenir autocéphale.

S’il est indéniable que le patriarcat de Moscou et le Kremlin sont liés, cela ne signifie pas qu’ils sont alignés sur toutes les questions. Dans le cas de l’Ukraine, la territorialité canonique de l’église orthodoxe russe en Ukraine est associée aux disputes territoriales en Crimée et dans le Donbass, même si elle date depuis plus longtemps. Tenter de dissocier aujourd’hui la question religieuse de la question politique est devenu un exercice purement théorique. le processus de séparation a entraîné une réaction en chaîne qui inclut la question d’autocéphalie pour l’église orthodoxe ukrainienne.

Patriarcat de Constantinople. Crédit photo : Bruno Husquinet


Usual suspect

En Ukraine, la religion orthodoxe est devenue une arme de propagande et de contre-propagande. Au lieu d’unir la religion divise et elle est utilisée à des fins de politiques internes et internationales.

Selon un sondage et un long rapport de la fondation Konrad Adenauer en Ukraine, il en ressort que le conflit religieux en Ukraine, est lié à trois facteurs. Tout d’abord, il s’agit d’une lutte pour des biens immobiliers et territoriaux. Ensuite, le conflit religieux trouve sa source dans les disputes politiques et enfin, il serait le résultat de la volonté de certains hommes de foi de vouloir gagner du pouvoir, toujours selon le sondage.

L’administration américaine actuelle a décidé d’autoriser la vente d’armes à l’Ukraine et promeut tout ce qui éloigne Kiev de Moscou. Ainsi, Washington ne cache pas son soutien pour une église orthodoxe ukrainienne autocéphale.



Geoffrey Pyatt, l’ancien ambassadeur américain en Ukraine, actuellement en poste en Grèce, contribue à l’effort diplomatico-religieux,  comme en témoigne sa visite au mont Athos en avril 2018, au cours de laquelle, il a eu avec le metropolite Hierotheos « une discussion importante au sujet de l’orthodoxie dans le monde et du soutien américain au patriarcat œcuménique. » Geoffrey Pyatt a grandement œuvré pour soutenir la révolution de 2014 et c’est au cours d’une conversation avec lui que Victoria Nuland, diplomate américaine, lui avait lancé : "Fuck the EU !"

Joe Biden, l’ancien vice-président tant impliqué dans le dossier ukrainien, s’est lui aussi prononcé récemment en faveur d’une église orthodoxe ukrainienne autocéphale. Rappelons que son fils Hunter siège au conseil d’administration de la Burisma, la plus grande société privée productrice de gaz en Ukraine. De nombreuses personnalités américaines se sont prononcées dans le même sens, dont Samuel Brownback, l’ambassadeur américain pour les libertés religieuses. La démonstration est faite et l’administration Trump ainsi que d’autres personnalités soutiennent fortement une église orthodoxe ukrainienne indépendante.

La relation entre l’Ukraine et l’Amérique du Nord va dans les deux directions. De nombreux ukrainiens émigrés aux US et au Canada sont des orthodoxes rattachés à Constantinople, et le lobby ukrainien est puissant à Washington au travers de l’ Ukrainian Congress Committee of America. Le hasard veut que les deux exarques envoyés par Constantinople à Kiev pour discuter l’autocéphalie étaient d’origine américaine et canadienne.

La meilleure amie du hasard est la coïncidence. Le pasteur Brunson a été libéré après deux ans d’emprisonnement en Turquie,  le 12 octobre dernier, soit le lendemain de la déclaration officielle du patriarche de Constantinople Bartholomew ouvrant la voie à l’autocéphalie de l’église orthodoxe ukrainienne. Même si Ankara ne dit rien, la décision du patriarcat œcuménique sur une question aussi épineuse froissant Moscou, n’aurait pu se faire sans son aval. Avec une économie en chute libre et une position d’équilibriste au Moyen-Orient, Ankara doit satisfaire tous ses partenaires.


Conséquences 

Tout d’abord, l’annonce de Moscou de rompre ses liens avec le patriarcat œcuménique crée un schisme dans l’orthodoxie. Le patriarcat de Moscou remet en cause la légitimité de la décision unilatérale de Constantinople. Si la rivalité entre ces deux centres Moscou et Constantinople n’était un secret pour personne, elle éclate au grand jour avec la question ukrainienne. L’église orthodoxe russe est supérieure en nombre de fidèles et bénéficie du soutien de l’état russe. Elle a également des alliés dans la communauté orthodoxe. En face, le patriarcat œcuménique de Constantinople préserve sa préséance historique, mais est marginalisé dans son pays, jouissant de peu de moyens en comparaison de l’église russe. Aujourd’hui se pose la question de savoir si d’autres églises autocéphales reconnaîtront l’église ukrainienne ? Le cas ukrainien pourrait faire tâche d’encre et pousser d’autres églises autonomes dans les Balkans ou les pays baltes à réclamer l’autocéphalie.

La rupture se consomme sur fond de dispute politique, et donc l’identité orthodoxe ukrainienne sera marquée par un nationalisme exclusif qui va progressivement chasser l’église orthodoxe russe de son territoire. Il est peu probable que Moscou accorde l’autocéphalie sans croiser le fer, mais dans les circonstances actuelles il n’y a plus de place pour la discussion.

L’Ukraine est toujours en proie à un conflit interne. Le 11 novembre prochain, des élections se tiendront dans le Donbass auto-proclamé indépendant. L’église orthodoxe russe y est privilégiée et il y a fort à parier que la récente décision du patriarche de Constantinople, qui a renforcé le sentiment d’exclusion, jouera en défaveur de la réconciliation.

La question de l’autocéphalie de l’église orthodoxe ukrainienne est légitime. L’histoire est fluide et l’église tout comme tout autre institut humain réagit en fonction des vicissitudes de l’histoire. Le débat doit se tenir entre les différentes parties ayant autorité en la matière. Pour l’observateur laïque, la question centrale tient dans l’opportunité du moment. L’autocéphalie favorise-t-elle le retour à la paix en Ukraine ? Est-ce une question prioritaire pour les Ukrainiens qui souffrent toujours des mêmes maux économiques ?

Bruno Husquinet

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1- Crimée, berceau du christianisme slave 

A la fin du neuvième siècle, de nombreuses tribus slaves s’unissent pour former un proto-état et prennent Kiev comme capitale. Le prince Rurik et sa descendance consolident leur territoire frontalier avec l’empire byzantin contre lequel ils lancent régulièrement des attaques. En 988, le prince Vladimir décide d’embrasser la foi chrétienne en Crimée, et d’épouser la princesse Anne, sœur de l’empereur de Byzance. Commence alors la lente conversion du peuple slave polythéiste. Quelques décennies plus tard, en 1054, le grand schisme divise les chrétiens entre Rome et Constantinople, entraînant la Rus kiévienne dans l’histoire orthodoxe.
Kiev devient une grande ville où se développe la première littérature slave grâce à un alphabet dont elle s’est dotée au départ pour traduire les textes religieux du grec. La tradition monacale slave trouve également ses racines dans les cavernes de Kiev.


2- Moscou, troisième Rome

L’invasion mongole du treizième siècle met fin à la Rus kiévienne et la capitale, Kiev, est ravagée. Au cours du quinzième siècle, l’affaiblissement des Mongols et les tentatives slaves d’affranchissement modifient la scène géopolitique de l’époque. Moscou devient progressivement un centre important rival d’autres centres urbains. Alors que les Slaves se relèvent du joug mongol, l’empire byzantin, lui, ne résiste plus aux Ottomans. En dernier espoir, Constantinople se tourne vers Rome afin de se réconcilier. Le concile de Florence de 1439 devait mettre fin au grand schisme et offrir protection à Constantinople. Moscou n’accepte pas cette décision car elle refuse d’adhérer aux compromissions religieuses de Rome, qui jadis ont entraîné sa chute.

Dès 1448, une église orthodoxe indépendante se développe à Moscou. La prise de Constantinople en 1453, est aux yeux de Moscou la conséquence directe de sa tentative de se rapprocher de Rome. Moscou s’investit alors du devoir de protéger la vraie foi chrétienne que ni Rome, ni Constantinople n’ont pu préserver. La politique et la mystique se mélangeront dans différentes proportions au cours des siècles suivants pour justifier parfois un expansionnisme et parfois pour protéger les chrétiens en péril. En 1686, une lettre synodale a octroyé le droit au patriarche de Moscou de nommer le métropolite de Kiev, faisant de facto de l’église ukrainienne la subordonnée de Moscou.


3- Les Slaves de l’Est

Après la période mongole, Kiev se reconstruit mais ne retrouvera jamais sa superbe d’antan. Durant ces siècles, les Slaves ont évolué indépendamment, créant trois grandes catégories : les Slaves du Sud (Yougoslaves), les Slaves de l’Ouest (Polonais, et Tchécoslovaques entre autres) et les Slaves de l’Est (Belarusses, Ukrainiens et Russes). Cette distinction est surtout linguistique, culturelle et religieuse puisqu’il existe des Slaves catholiques et orthodoxes. Les Slaves de l’Est ont également pris des chemins différents car l’histoire de la Belarus et de l’Ukraine est celle de peuples coincés entre divers royaumes et empires, qu’ils soient polonais, lithuanien ou russe.
Les Russes, Belarus et Ukrainiens constituent une mosaïque très diverse de peuples avec leur identité propre bâtie au cours des siècles.


4- Les églises orthodoxes nationales

A la différence de l’église catholique unie derrière un seul pape, les églises orthodoxes sont fondées sur le principe de territorialité qui veut que chaque communauté de croyants soit rassemblée autour d’un évêque et que toutes les églises soient égales, à l’exception du patriarcat de Constantinople bénéficiant d’une reconnaissance historique lui conférant le titre de patriarcat œcuménique (primus inter pares). Il y a aujourd’hui quatorze églises orthodoxes autocéphales, mais leur territoire canonique a évolué au cours des vicissitudes de l’histoire, donnant naissance à des églises orthodoxes autonomes restant sous la tutelle d’une des églises autocéphales. Même si de nombreux pays orthodoxes ont également un clergé dont le territoire canonique correspond aux frontières de l’Etat, ce n’est pas le cas pour tous et de loin. Le patriarcat de Constantinople est très fortement marginalisé dans une Turquie musulmane et le patriarche a toujours été soumis à l’administration ottomane. Depuis 1971, les autorités turques ont fermé le plus grand centre théologique, le séminaire de Halki, entravant la formation religieuse du patriarcat œcuménique.

Source: Iveris

samedi 27 octobre 2018

Ben merde alors !

"Il n'y a aucune preuve de la présence de soldats russes dans le Donbass" !


Alexander Hug, est le chef adjoint de la mission d'observation spéciale de l'OSCE déployée sur le front du Donbass. Avec ses 600 observateurs internationaux, il parcourt le front du Donbass en long, en large et en travers, et s'il y a bien quelqu'un qui ne peut être accusé d'être à la solde de Moscou c'est bien lui (au contraire la partialité pro-kiev des rapports de l'OSCE est souvent dénoncée au sein des Républiques du Donbass)  

Or le 31 octobre la mission de Alexander Hug prend fin et l'heure du bilan de sa mission dans le Donbass est arrivée tandis que disparaît avec elle son croit de réserve logique imposé par la neutralité théorique de l'OSCE. Cet officier suisse, avocat de formation qui a servi en Bosnie Herzégovine avant d'être observateur international au Kosiovo et à Hébron a mit lui-même fin à sa mission dans le Donbass par une démission qu'il justifie par une immense déception personnelle de n'avoir pu débloquer la résolution pacifique du conflit signée à Minsk.

«le travail effectué par la mission montre que les parties en conflit dans le Donbass n'ont pas rempli les promesses fondamentales qu’ils avaient faites dans le cadre des accords de Minsk ». A. Hug interview à la TV Kommersant

Avant ces derniers point presse précédant son départ, Alexander Hug montrait toujours un optimisme même lorsqu'il dénonçait à mots couverts "la spirale infernale de la guerre très difficile à stopper" provoquée par l'occupation de la "zone grise" (zone neutre entre les belligérants) par les forces ukrainiennes jusqu'à quelques dizaines de mètres des défenses républicaines.

J'ai eu l'occasion de rencontrer 3 fois cet homme dont 1 fois sur le front, et j'avais alors remarqué son extrême prudence et réserve face aux questions posés par la populations ou les journalistes sur les violations du cessez le feu commises par les forces ukrainiennes " nous sommes là pour constater et rendre compte des tirs et de leurs dégâts, pas pour enquêter et définir des responsabilités" ne cessez t-il de répondre, "bottant en touche" devant une évidence criminelle qu'un enfant de 8 ans observant les impacts peut comprendre.

Aujourd'hui, Hug Alexander semble lassé de jouer ce silence dont l'hypocrisie frise la complicité avec les criminels de guerre ukrainiens. 

Et le suisse de se lâcher un peu plus à chaque interview...

Ainsi le 26 octobre dans un entretien accordé au média Foreign Policy, le chef adjoint de la mission spéciale de l'OSCE dans le Donbass déclare : 

"En ce qui concerne ce que nous avons vu sur place, nous n'avons pas vu de preuve directe d'une intervention russe".

Quoi ??? 

Ben merde alors ! on nous aurait menti depuis plus de 4 ans ? 

Car si des insignes russes "qui peuvent être achetés partout sur les marchés" apparaissent ici et là sur les uniformes disparates des milices tout comme des insignes italiens, français, espagnols, serbes, ossètes etc... au grès des nationalités d'origines des volontaires ayant rejoint le front du Donbass, cela ne peut constituer l'ombre d'une preuve.

Effectivement: 600 observateurs déployés depuis 4 ans, des dizaines de satellites d'observations positionnés au dessus du conflit, des centaines de missions d'observations aériennes de l'OTAN et Kiev, sans compter les centaines de journalistes russophobes venus fureter dans le Donbass... et pas une seule photo authentifiée d'une unité russe, même de l'effectif d'un groupe de combat, n'a pu être publiée par la propagande de guerre occidentale !

Même le très sérieux rapport de la commission Défense de l’Assemblée nationale française du 25 septembre dernier réalisant un "Retour d'expérience" de la 1ère année du conflit ne parle pas d'intervention russe mais de "combattants séparatistes équipés de véhicules blindés, souvent récupérés sur leurs adversaires".

Aujourd'hui Alexander Hug quitte le Donbass, l'OSCE et "un conflit politique" contre lequel il n'a rien pu faire que de constater le martyr d'une population prise en otage entre un bélier ukrainien fou au service de l'OTAN et la muraille d'une Russie défendant désormais ses intérêts vitaux sans pour autant intervenir et tomber dans le piège tendu pour elle dans le Donbass.

 "La principale déception est que nous savons, je sais, et que nos lecteurs savent que ce conflit peut prendre fin, sa composante militaire peut prendre fin en une heure si les décideurs prennent cette décision politique", a déclaré Alexander Hug. Ce n'est pas un problème. Et ce n’est pas seulement une petite zone, c’est une ligne de front longue de 500 kilomètres. Cela montre qu'il existe un contrôle absolu de 100% de part et d'autre de cette ligne de contact, chaque petite position. Mais cela n’arrête pas le conflit, ce qui est très frustrant, car nous savons que c’est possible."

Le départ sur démission d'Alexander Hug (après celui de son chef de mission) est de fait un aveu d'échec du processus de paix dans le Donbass dont il était considéré comme un des rouages essentiels à sa mise en oeuvre. Mais le vrai travail concernant ce conflit du Donbass peut commencer aujourd'hui pour Alexander Hug : dire la Vérité !

C'est du moins ce que j'espère !

En attendant son successeur s'est fait déjà connaitre : Mark Etherington. Selon le site Web de l'OSCE, avant de rejoindre l'organisation, il dirigeait les équipes du Bureau de stabilisation auprès du British National Security Council et effectuait des missions sur le terrain dans le monde entier, y compris au Sud-Soudan.


Vu son pedigree, cela étonnerait que Etherington brille par une indépendance de vue et une liberté d'expression... enfin comme on dit chez lui "wait and see !"

Erwan Castel 


vendredi 26 octobre 2018

82ème convoi humanitaire


Dès les premières semaines du conflit qui s'abat sur le Donbass au printemps 2014, la situation humanitaire catastrophique des populations de Donetsk et Lugansk interpelle les organisations humanitaires non gouvernementales mais aussi et surtout la Fédération de Russie qui dispose d'une proximité géographique et surtout de moyens adéquats et de volontés importantes pour venir en aide aux russes ethniques agressés par Kiev.

La Russie va alors entamer une invasion du Donbass en guerre, non avec des chars de combat et des canons automoteurs comme le prétendent depuis plus de 4 ans les crétins de la propagande de guerre occidentale et kiévienne, mais avec des centaines de camions blancs aux couleurs de la Mère patrie qui apportent depuis 2014 des milliers de tonnes de fournitures de première nécessité, prioritairement pour les nourrissons, les personnes âgées et les hôpitaux.

Je n'ai jamais vu un seul reportage occidental traitant de cette campagne humanitaire de la Fédération de Russie vers les populations civiles bombardées du Donbass, et pourtant elle est exceptionnelle tant par son ampleur que sa durée et mérité d'être citée en exemple !

Depuis 2014, la Russie a envoyé à la population du Donbass 77 000 tonnes d'aide humanitaire.

Ce 25 octobre 2018 le 82ème convoi humanitaire composé de 18 camions est arrivé dans le Donbass transportant 700 tonnes de fret humanitaire.



Dans ce 82ème convoi humanitaire russe est parvenu à destination du Ministère de la Santé et de celui des Situations d'Urgences de la République Populaire de Donetsk, l'aide médicale et hospitalière la plus importante depuis 2014

Fournitures médicales spéciales, aide paramédicale, matériel chirurgical de grande taille et coûteux, médicaments etc... ont été déchargés au dépôt central de la R2publique avant d'être ventilés par leurs Ministères de tutelle dans les centres, institutions et établissements hospitaliers demandeurs mais aussi dans les laboratoires de recherche et d'analyses spécialisés (immunobiologie, vaccination, hémodialyse, oncologie, hématologie ...).

Moscou continue donc plus que jamais à protéger la population d'un Donbass dont les services désormais organisés et alignés sur les normes de la Fédération travaillent en étroite coopération et avec le maximum d'efficacité avec leurs homologues russes.

Erwan Castel

Articles référence : 

mzdnr.ru
Tass

jeudi 25 octobre 2018

Avions ukrainiens peureux

Hélicoptère ukrainien MI 8 abattu à Slaviansk le 3 juin 2014 par la milice de Strelkov

Le 15 octobre dernier une vidéo circule sur les réseaux sociaux montrant un avion de chasse ukrainien de type Sukhoï 25 réaliser un passage à très basse altitude sur une base militaire vraisemblamblement à Melitopol, sur les côtes de la Mer Noire.


On est d'accord, voler à moins de 3 mètres du sol demande de la part du pilote aux commandes d'un avion de chasse une bonne maîtrise du vol tactique avec certainement un zest d'inconscience, mais le plus important est de savoir pourquoi réaliser un tel exercice aérien ?


Ce n'est pas la première fois que l'aviation de combat ukrainienne qui peine a réparer ses ailes (preuve en est le crash d'un avion e chasse lors des récentes manouvrières aériennes ce l'OTAN "Clear Sky 2018"), que des avions d'attaques sont observés dans des vols d'exercices "au ras des pâquerettes" peu habituels et même réglementaires.

Cet entrainement montre certainement une partie de l'évolution de la tactique aérienne ukrainienne qui cherche à s'adapter à la défense antiaérienne des forces républicaines défendant le Donbass. Une tactique "volons en vie, volons cachés"...

Ne nous leurrons pas, ce type de vol a très (très) basse altitude est plus imposé par la menace antiaérienne existante que proposé par la hardiesse des pilotes qui doivent bien transpirer dans leurs combinaisons...

L'aviation de combat ukrainienne a subi en 2014 des pertes honteuses devant les missiles antiaériens portatifs servis par les milices d'autodéfense du Donbass. aux cors des premières semaines de la guerre, après quelques bombardements réussis sur Lugansk et Donetsk  parce que bénéficiant de l'effet de surprise, les hélicoptères et avions de Kiev sont tombés comme des mouches pour finalement être précipitamment retirés du front par un état major groggy par la défense antiaérienne bricolée par les groupes d'autodéfense. 

Puis les accords de Minsk ont défini une zone d'exclusion aérienne pour ce front du Donbass de 30km de profondeur. Mais si aujourd'hui les aéronefs de Kiev à une ou deux exceptions annuelles près n'ont pas remontré le bout de leurs cockpits sur la ligne de front ce n'est certainement pas à cause de ces accords de paix que leurs troupes au sol et artillerie violent quotidiennement mais bien parce que la menace antiaérienne est toujours là et même renforcée depuis 4 ans par une couverture radar hermétique, un entrainement poussé et une coordination des systèmes d'armes sol-air républicains.

Les ukrops préparent vraisemblablement des missions de bombardement avec des unités petites unités aériennes isolées utilisant des couloirs d'approche à très basse altitude pour limiter au maximum les détections radars et rechercher également l'effet de surprise sur objectif avant la mise en oeuvre des systèmes antiaériens.
Concrètement sur le front, l'aviation ukrainienne a recommencé depuis un peu plus d'un an à mordre timidement la zone d'exclusion aérienne définie par les accords de Minsk mais sans toutefois s'approcher de la zone des combats, domaine réservé depuis 2015 aux "avions sans pilotes", les drones d'observation.  Une violation aérienne des accords de Minsk se terminant par le crash de l'avion de combat serait en effet du plus mauvais effet psychologique pour Kiev, tant sur le plan militaire que politique.

Dernièrement la République Populaire de Lugansk repérant un retour des activités de l'armée de l'air ukrops a prévenu Kiev que tout aéronef ukrainien survolant la ligne de front serait abattu par les unités de défense républicaines. 

Nous risquons donc si l'escalade militaire en cours se poursuit de voir revenir, après l'artillerie lourde, l'aviation de combat de Kiev... pour un baroud d'Honneur et un retour de crashs en série !

Erwan Castel


Une provocation de plus !


Alors que les manœuvres russes "Vostok" avaient été réalisées loin des frontières occidentales de la Russie et de leurs tensions géopolitiques grandissantes, pour ne pas mettre de l'huile sur le feu d'une nouvelle guerre froide qui a éclatée autour de la crise ukrainienne,l'OTAN, fidèle à son arrogance belliciste a ouvert les plus grandes manœuvres aux frontières de la Russie depuis la fin de l'URSS.

L'exercice "Trident Juncture" (un nom qui rappelle étrangement le symbole des nationalistes ukrainiens) se déroule en Norvège, ce pilier septentrional de l' "Intermarum" dont la mer Baltique est disputée depuis des siècles tout comme la Mer Noire, sa consœur méridionale, pour le contrôle des portes économiques occidentales de la Russie.


Pour cet exercice monstrueux qui se déroule du 25 octobre au 7 novembre, ce sont quelques 51.000 soldats de 31 États,  29 pays membres de l'Otan plus la Suède et la Finlande, qui doivent se déployer à la fois dans le centre de la Norvège mais aussi dans l'Atlantique Nord et la mer Baltique pour la partie maritime et dans les espaces aériens norvégien, suédois et finlandais.
  • Plus de 20.000 fantassins, 
  • 24.000 marins (y compris des US Marines), 
  • 3.500 aviateurs, 
  • 1000 soldats pour la logistique 
  • 1.300 personnels d'état-major 
  • 10.000 véhicules prendront part aux manœuvres.
  • 250 aéronefs et 
  • 65 navires, dont le groupe aéronaval US du porte-avions nucléaire Harry Truman.


Un défi logistique 

Derrière les exercices de combat terrestres, aériens et maritimes qui se dérouleront du 25 au 7, le plus gros travail de ces manœuvres de l'OTAN "Trident Juncture" sera de tester la projection transatlantique de forces étasuniennes et canadiennes sur le théâtre d'opérations européen et leur coordination avec celles des Etats européens membres de l'alliance. 

Cette logistique qui consiste à déplacer très loin et très vite des forces en ordre de bataille est un véritable défi, surtout pour la gestion et régulation, des voies maritimes, terrestres aériennes ferroviaires et la coordination entre les différents participants qui malgré une normalisation commune conserve des nationalités et matériels et des procédures internes différents.

D'ailleurs ce volet logistique de l'exercice a commencé dès le mois d’août de cette année avec des unités de reconnaissance aéronavale préparant les différents rails logistiques.


Une provocation politique 

Ces manœuvres militaires occidentales malgré tous leurs superlatifs laisseraient Moscou indifférent si elles ne se déroulaient pas une fois de plus aux frontières de la Fédération de Russie et contre un ennemi virtuel venant de l'Est !

Le ministre russe de la Défense, Sergei Shoigu, a relevé d'ailleurs que l'activité de l'OTAN près des frontières russes avait atteint un "niveau sans précédent".

«L’activité militaire de l’OTAN près de nos frontières a atteint un niveau sans précédent depuis la guerre froide», a souligné Shoigu. «La politique de l’alliance vise à renforcer sa présence militaire avancée sur le flanc est.»

La région où se déroule ces exercices de l'OTAN est très proche des centre névralgiques de la Fédération de Russie comme Saint Petersbourg par exemple, dont la région est balayée par les radars étasuniens installés en Europe de l'Est (c'est le problème militaire majeur russe que de ne pas disposer sur son flanc occidental de profondeur stratégique)

Les régions de la mer Baltique et de la mer Noire qui sont les 2 piliers cette ceinture occidentale serrant le flanc européen de la Russie sont déjà l'objet d'incidents frontaliers fréquents comme l'illustrent les plus de 120 interceptions aériennes russes contre des aéronefs touchant leurs frontières  pour la seule année 2018.

Mais cette région au Nord de l'Europe jouxte également l'arc arctique qui est une région aux enjeux géostratégiques majeurs (ressources pétrole et gaz, routes maritimes etc) 


Un cheval de Troie militaire 

Et sous couvert de ces exercices majeurs l'OTAN en profite pour militariser à son profit les territoires européens limitrophes de la Russie. Ceci s'observe depuis des années dans les pays Baltes et plus récemment en Ukraine par exemple ou des stations radars, des centres logistiques, des aménagements d'aérodromes militaires, de ports, de réseaux ferroviaires sont réalisés pour les élever aux normes militaires de l'alliance.

Une fois de plus ces manœuvres illustrent bien la russophobie pathologique des USA et de leurs valets de l'Union Européenne, la poussée militaire vers l'Est de l'alliance atlantique et l'inversion accusatoire de la propagande de guerre occidentale.

Erwan Castel

Sur le sujet :

RT 

Mieux qu'un long discours...

"Honore les dieux

Aime ta femme

Protège tes enfants 

Défends ta terre"



Voici une photo d'un combattant de la République Populaire du Donbass en partance vers le front...

Lorsque l'Amour guide le soldat, il devient invincible !

Erwan Castel

Retour de l'artillerie lourde ukrainienne

Bombardement de la route Donetsk Gorlovka par l'artillerie lourde ukrainienne le 10 octobre 2018

Au cours de ce mois d'octobre 2018, les forces ukrainiennes ont réengagé des unités d'artillerie lourde sur le ligne de front du Donbass. Obusiers de 122 et 152mm mais également lance roquettes multiples 

Le 10 octobre dernier je diffusais dans mon journal du front les vidéos du bombardement d'un pont par des obusiers de 122mm ukrops sur le front de Yasinovataya. Depuis les tirs de l'artillerie lourde ukrainienne n'ont cessé d'augmenter, provoquant des pertes croissantes parmi les défenseurs du Donbass, notamment sur le front Sud de la République (secteur Kominternovo).

Hier 24 octobre les ukrainiens ont ainsi bombardé un quartier résidentiel de Donetsk endommageant plusieurs habitations :

Bombardement du 24/10/2018, rue Besneslaya

Ces bombardements ukrainiens, qui sont déjà doublement des violations des accords de Minsk car rompant le cessez le feu et utilisant des armes prohibées sur le front (calibre supèrieur à 100mm), sont aussi en visant délibérément des zones résidentielles civiles ils constituent une violation flagrante de la convention de Genève. 

L'OSCE a constaté ces tirs mais sans provoquer des mesures de rétorsions à l'encontre de Kiev. Cette mission d'observation, à part engraisser ses membres repus dans les hotels de luxe de Donetsk et remplir des cartons de rapports circonstanciers aussitôt scellés et archivés, ne sert à rien. Et pourtant il serait simple pour les instances internationales dont dépend aujourd'hui Kiev de fermer le robinet de leur perfusion financière à chaque violation des accords de Minsk !

A condition que ces pays occidentaux aux ordres d'USA contrôlant le FMI et l'UE ne soient pas les complices des crimes de guerres commis dans le Donbass !

Pire que cela, le régime de Kiev non content de sa totale impunité à bombarder les populations du Donbass se vante par la voix du président Porochenko lui-même de l'envoi de nouveau systèmes d'artillerie vers le front, comme par exemple ces lances roquettes multiples "Ouragan" réparés et modernisés qui sont en cours de déploiement :

Page Facebook du Président Porochenko

Commentant ce nouveau lances roquettes multiples "Ouragan" réparés et envoyé dans le Donbass, le Président Porochenko, sur sa page Facebook a commenté joyeusement : «C’est l’un des systèmes de roquettes multiples le plus puissant et à longue portée en service dans l’armée», rappelant que, "en 20 secondes, l '"ouragan" peut effectuer une volée complète de 16 roquettes, qui atteindront des cibles d'une distance maximale de 35 km. ".




Le retour de l'artillerie lourde ukrainienne, confirmant l'obsolescence des accords de Minsk, signifie le retour de la terreur pour les populations du Donbass et le déploiement sur le front de forces d'appui vitales à une potentielle offensive.

Les pertes au combat ce mois ci en très nette augmentation confirment que les inquiétudes exprimées par les autorités militaires des Républiques populaires de Donetsk et Lugansk ne sont pas le fruit d'une propagande cherchant à serrer les rangs de la population par la crainte d'une reprise des hostilités, mais sont bien la conséquence d'une réelle augmentation des pressions ukrainiennes sur un front de plus en plus tendu du fait de l'augmentation permanente des "zones de contact" provoquées par l'occupation ukrainienne de la zone neutre ("zone grise") séparent théoriquement les belligérants.

Erwan Castel

mercredi 24 octobre 2018

Drones ukrainiens meurtriers

Les accords de Minsk (février 2015) que Kiev s'est engagé à respecter (seconde humoristique !) prévoient une zone d'exclusion aérienne de 30 km de part et d'autre de la ligne de front du Donbass, pour tout type d'aéronefs (avions, hélicoptère et drones). Seuls les drones d'observation de la mission de l'OSCE sont autorisés officiellement à survoler la région ou s'affrontent les belligérants .

En réalité, Kiev dans ce domaine viole également quotidiennement les accords de ce processus de paix mort-né en déployant des drones d'observations au dessus des positions défensives républicaines. Depuis l'évolution de l'organisation militaire ukrainienne dans le Donbass (fin de l' "Opération Spéciale Antiterroriste" et lancement de l' "Opération des Forces combinées" dans le cadre de la loi de réintégration du Donbass), les missions des drones ukrainiens s'est nettement intensifiée. 

On peut distinguer 3 types de missions aériennes réalisées par ces "avions sans pilote" ukrainiens :
  • Missions de renseignement, pour connaitre la localisation et la nature des positions défensives républicaines. Sur le front de Yasinovataya où je suis engagé depuis 1 an, ce type de mission ukrainienne est quotidien, au milieu de celles de l'OSCE et reconnaissons le aussi, de celles de nos unités qui se trouvent engagées par Kiev dans une réaction symétrique et logique de recherche du renseignement.
  • Missions d'assistance à l'artillerie, pour calculer les coordonnées de frappe de l'artillerie puis en observant les résultats éventuellement corriger les tirs répétés. Cette utilisation des drones ukrainiens est de plus en plus fréquente et accompagne de nombreux bombardements ukrainiens, tant sur les postions militaires que sur les zones résidentielles civiles (ce qui confirme le tir intentionnel sur les civils).
  • Missions de bombardement, pour détruire des postions embossées que l'artillerie classique ( obusier mortier canon) a du mal a atteindre. Ces bombardements au début fruit de bricolages anecdotiques réalisés par des unités ukrainiennes de première ligne avec leurs drones d'observation se sont intensifiées depuis cette année. Kiev a d'ailleurs annoncé la création de drone de plus grande dimension et prévu pour de telles missions de bombardement.
  • Il faut rajouter à ses missions aériennes ukrainiennes, les missions d'observation de l'OTAN réalisées sur le front du Donbass par les drone stratégique étasuniens de type "Global Hawk" qui elles aussi sont de plus en plus fréquentes et rapprochées du front du Donbass ainsi que des frontières russes (voir le lien "Drone US"). Et vraisemblablement les occidentaux fournissent également à l'Etat major ukrainien des données satellitaires recueillies depuis leurs nombreux satellites positionnés au dessus de ce conflit.
La semaine dernière des drones ukrainiens réalisant des missions d'observation et de bombardement ont encore été abattus par nos unités de défense républicaines. 

Voici 2 extraits vidéos des caméras embarquées dans ses UAV ukrainiens, dont la plupart sont de fabrication étasunienne, et qui montrent des bombardements de positions défensives républicaines dans le secteur de Verkhne-Toretsk.. Ces images ont été publiées initialement par l'officier des forces armées ukrainiennes, Anatoly Shtefan, sur sa page Facebook.



Ce n'est pas la première fois que Kiev utilise des drones pour le combat. La première utilisation d'un drone ukrainien pour le combat dans le Donbass a été observée en 2015 sur le front de Yasinovataya (grenade antichar larguée). Depuis d'autres attaques par drones ont été observées ou déjouées par la défense républicaine et plus récemment  le 23 septembre 2018 dans le village de Sahanka, (Sud de la République de Donetsk), une grenade lâchée par un drone ukrainien blesse un homme et une femme civils de plusieurs éclats. Quelques jours auparavant une attaque similaire avait été réalisée sur une habitation civile proche du front de Yasinovataya.

Le 2 octobre lors d'une réunion du groupe de contact chargé d'accompagner l'application des accords de Minsk (ou plutôt de les "ressusciter") ce problème a été présenté aux autorités pilotes. 

Parallèlement à ces activités croissantes et de plus en plus offensives des drones ukrainiens, l'aviation de combat de Kiev refait timidement mais de plus en plus fréquemment son apparition à proximité de la ligne de front, ou désormais il n'est pas rare d'entendre le vrombissement de ses réacteurs ou de ses rotors juste derrière la ligne d'horizon de la ligne de front. La République Populaire de Lugansk a d'ailleurs lancé un avertissement à Kiev lui signifiant que si ces activités aériennes violant les accords de paix continuaient, sa défense anti-aérienne abattrait tout aéronef volant à portée de ses systèmes d'armes.

L'escalade ukrainienne, sur le front du Donbass au mépris des accords internationaux signés par Kiev continue donc,en toute impunité à réveiller lentement mais surement la guerre...

Erwan Castel


Article référence : Antifascist

mardi 23 octobre 2018

Une hécatombe...


Depuis que cette guerre dans le Donbass, commanditée par les néoconservateurs étasuniens à leurs valets ukrainiens vomis par le Maïdan, a commencé la propagande de guerre occidentale, tout en délirant sur le fantasme d'une invasion russe en Ukraine a toujours cherché à minimiser les conséquences de l'agression ukrainienne contre les populations du Donbass. 

Depuis plus de 3 ans, on a l'impression que le compteur officiel des pertes humaines, limité au chiffre des tués directs dans les combats est bloqué à plus ou moins 10 000 victimes.
Volontés politiques et exigences militaires viennent occulter des statistiques qui connaissent déjà une approximation initiale due à la confusion des combats et l'improvisation des milices en 2014.  

Alors que certains experts comme les services de renseignement allemands évoquaient fin 2014 le chiffre de 50 000 morts, la réalité des pertes démographiques consécutives à la guerre dans le Donbass commence a percer la chape des propagandes. A ma modeste observation d'un engagé sur le front du Donbass et habitant du quartier bombardé d'Oktyabrsky je ne peux que confirmer que de nombreuses pertes au combat échappent aux statistiques officielles et que l'augmentation sensible du taux de mortalité hors combat est constaté par les habitants.

Voici une analyse pertinente sur le sujet signée Evgeny Fedorov et qui concerne la première année de la guerre dans le Donbass (du printemps 2014 à l'hiver 2014-2015)

Erwan Castel

Source de l'article : Topwar

Pertes démographiques du Donbass

Evgeny Fedorov

L'une des principales difficultés pour évaluer l'impact de la guerre sur la population du Donbass est le manque de données objectives. Il y a des évaluations trop optimistes (par exemple, l'ONU), qui sous-estiment franchement les victimes, mais il existe également de nombreuses sources trop patriotiques décrivant les centaines de milliers de personnes qui sont mortes dans les champs de bataille de Donbass. La Vérité, comme toujours, est quelque part au milieu.

La dynamique active de la population de l'est de l'Ukraine a commencé au début de 2014: beaucoup étaient préoccupés par le «Maidan» et partaient pour la Russie. Mais avec le déclenchement des hostilités, le flux de migration en provenance du Donbass s'est multiplié, mais son ampleur réelle n'a pas été complètement enregistrée, ni en Russie ni en Ukraine. Pourquoi est-ce arrivé? Premièrement, il était bénéfique pour tous d’exagérer le nombre de réfugiés afin de souligner l’ampleur de la catastrophe humanitaire dans la région. Deuxièmement, de nombreux habitants du Donbass ont déménagé sur le territoire de la Russie chez leurs amis et leurs parents sans s’inscrire en tant que réfugiés. On observe aussi un type de pulsation caractéristique de cette migration: dès que les combats s’étaient calmés, beaucoup d’entre eux sont immédiatement rentrés chez eux. C'est intéressant.


(LES RÉFUGIÉS) 

En juillet-août 2014, le front des hostilités s'est déplacé vers les limites de la ceinture urbaine de Donetsk-Lougansk peuplée de millions d'habitants. C’est à cette époque que la sortie de population la plus intense de la zone de combat a été observée. À ce moment-là, selon les données officielles du FMS de Russie, 10 000 à 70 000 personnes passaient chaque jour en Russie, principalement dans des régions situées près de la frontière. À la fin de l'été 2014, environ 400 000 personnes s'étaient réfugiées dans les régions limitrophes de l'Ukraine. La plupart d'entre elles étaient prêtes à retourner dans leur pays d'origine à la première occasion. Dans la région de Rostov, les réfugiés se sont concentrés dans les districts de Neklinovsky, Matveyev-Kurgan et Kuibyshev adjacents à la région de Donetsk, ainsi que dans le district de Tarasovsky, limitrophe de la région de Lougansk.




En conséquence, selon le chef du Service fédéral des migrations de Russie Romodanovsky, en avril 2015, le nombre de réfugiés originaires de l'est de l'Ukraine dans la Fédération de Russie s'élevait à 954 000 personnes

En l'absence d'autres données, nous utiliserons des statistiques officielles. Un peu plus du tiers d'entre eux ont demandé le statut de réfugié en Russie avec asile temporaire. Un permis de séjour a été délivré à 36 000 personnes et 76 000 personnes ont demandé la citoyenneté russe. Il s'avère que seules 112 000 personnes ont décidé de s'installer définitivement en Russie, ce qui ne représente pas plus de 12% du nombre total de réfugiés officiels.


(LES TUÉS AU COMBAT)

Les victimes directes du conflit dans le sud-est de l'Ukraine sont encore plus difficiles à localiser car il n'existe aucune information complète à ce sujet. Par conséquent, nous travaillerons exclusivement avec des chiffres approximatifs. Les estimations minimales des victimes du conflit parmi la population civile se situent aux alentours de 9 000 personnes - il s’agit de données de l’ONU. Les estimations maximales sont données par le journal allemand Frankfurter Allgemeine et représentent 50 000 personnes. La plupart des gens sont morts au cours de l'été 2014, lorsqu'ils ont observé les combats les plus intenses avec la géographie la plus large. Une très grande partie des victimes non comptabilisées, tant parmi les milices que parmi la population civile, ont également accompagné cette période de conflit. Les forces armées des forces armées ukrainiennes ont également beaucoup subi de pertes, notamment dans de nombreux «chaudrons». Rien qu'à Iiovaïsk, pas moins de mille soldats et officiers ont été tués.




Au sein des milices, la plupart des combattants qui n'avaient pas pris d'armes avant 2014, c'est-à-dire les «recrues», sont morts. Le 9 mars 2015, Porochenko a annoncé un nombre très optimiste de pertes irrémédiables pour sa propre armée : 1 549 personnes. C’est aujourd'hui considéré comme un minimum dans l’éventail des estimations possibles des pertes de l’Ukraine dans le Donbass à cette période. Au contraire, de nombreux experts, trop patriotes, font état de près de 35 000 combattants et bataillons de volontaires APU tués. Néanmoins, le nombre le plus proche des pertes des troupes ukrainiennes serait de 5 000 à 10 000 hommes, chiffre pour lequel la plupart des experts se sont mis d’accord. Les milices, qui ont été dans une position défensive pendant la plus grande partie de la guerre, ont logiquement subi des pertes moins importantes, mais il est ici encore plus difficile d’atteindre la vérité. Au cours de la période initiale du conflit, les unités de combat des forces d'autodéfense du Donbass se sont formées presque spontanément et personne, bien sûr, n'a conservé aucune statistique sur les pertes. Mais certains experts affirment que la perte de la milice pourraient être comparables à des pertes de GAP, et ce pour plusieurs raisons.

Premièrement, parmi les rebelles, nombreux étaient ceux qui tenaient pour la première fois une arme à la main, ce qui réduisait naturellement leurs chances de survie. Deuxièmement, les duels d'artillerie d'égale intensité égalisent en grande partie les pertes des deux côtés. L’une des dernières opérations offensives majeures, la capture de Debaltsevo, au cours de laquelle des forces d’autodéfense ont subi des pertes au niveau des forces armées ukrainiennes, n’a pas été vaine. Néanmoins, le point de vue de la perte de la milice dans une fourchette de 4 000 à 8 000 personnes, ce qui est inférieur à la valeur similaire pour les forces ukrainiennes, est maintenant généralement accepté. Il convient de rappeler que les pertes dans les champs de bataille du Donbass ont été subies non seulement par les peuples autochtones, mais également par des représentants d'autres régions de l'Ukraine, des volontaires russes et des soldats de fortune du monde entier. Les estimations approximatives du rapport des pertes entre la population locale et la population «non locale» dans les rangs des milices seront d'environ 50/50, ce qui est naturellement une convention – nous ne connaîtrons probablement pas de vrais chiffres, car personne n'a effectué des calculs appropriés.




(LES PERTES CIVILES) 

Calculer le nombre de victimes parmi la population civile est également très difficile. Il est évident que les pertes réelles étaient 2 à 3 fois plus élevées que les sources officielles. Et elles revendiquent environ 2 250 civils tués en 2014, dont 35 enfants. Et en 2015, selon la version officielle, environ 1000 personnes étaient mortes pendant cette première année de guerre. Si nous supposons que la sous-estimation des morts parmi la population correspond à la sous-estimation parmi les milices, alors le nombre de 6 à 8 000 victimes devient plus réel. 


Si nous résumons le total des pertes résultant des combats, nous obtenons un nombre de 15 à 26 000 personnes, dont 10 à 17 000 environ sont des autochtones de la région


Mais ce n'est pas la perte finale pour le Donbass.

(LES PERTES INDIRECTES)

Les pertes indirectes résultant du conflit se traduisent par une mortalité accrue de la population dans le contexte de la destruction des infrastructures des villes et des villages, ainsi que par une nette détérioration des soins médicaux. Il est supposé que seule l'augmentation de la mortalité déclarée chaque mois de l'été 2014 s'ajoute aux pertes au combat de 1 000 à 2 000 personnes. Et dans la zone frontale, la supermortalité a été observée entre 4 000 et 10 000 personnes par mois pendant l’été. Et la cessation des hostilités n'a pas empêché cette tendance: le niveau de vie a baissé, la qualité des médicaments est restée et il y a eu un choc sociopsychologiqueAu cours de l'hiver 2014-2015, la mortalité a augmenté naturellement de 20-30 personnes par an pour 1000, ce qui est comparable aux pays les plus retardés du monde. À l'heure actuelle, ce chiffre a diminué et s'est stabilisé de 2 décès pour 1 000 personnes par an, mais son importance a été ramenée à ses propres indicateurs du premier semestre de 2000. 


En conséquence, au cours du conflit, la mort mortelle dans le Donbass a coûté environ 30 à 40 000 personnes.



(TAUX DE NATALITÉ)

La baisse du taux de natalité a également été un résultat extrêmement négatif de la guerre civile. Aucune personne sensée n'aurait des enfants sous le pilonnage d'artillerie. Une diminution du taux de natalité de 1,5 à 2 fois est devenue monnaie courante pour les républiques autoproclamées. En général, pas plus de 5 000 à 6 000 bébés naissent et naissent dans le RDNL par an, ce qui est absolument insuffisant. Les estimations des pertes résultant d'un déclin catastrophique du taux de natalité varient entre 19 000 et 20 000 personnes. Et cette tendance se poursuivra pendant encore deux ou trois ans, même avec le scénario le plus favorable pour le développement de la région. Un simple calcul des nombres donnés nous permet de parler de la perte du Donbass d’environ 60 à 77 000 personnes, ce qui devient un gouffre démographique évident, qui marquera de nombreuses générations à l’avenir.

Une évaluation du potentiel démographique du Donbass ukrainien et des républiques autoproclamées suggère une perte de 25 à 35% de leur potentiel d'avant-guerre. Dans le même temps, les pertes dépendent directement de la proximité des colonies de peuplement et de la ligne de confrontation armée - plus le nombre de personnes quittant leur domicile est rapproché. Près de 90% des habitants ont quitté certaines localités dans l'espoir d'échapper au feu de la guerre. 

Et enfin, en 2014, le processus de transformation nationale a été lancé - une ukrainisation active de la population a commencé sur le territoire ukrainien, au contraire une russification dans le Donbass. Un «débordement» actif de Russes vers le Donbass d'Ukraine et d'Ukrainiens a été formé.


Evgeny Fedorov