mercredi 28 décembre 2016

Kiev croit au Père Noël !

Quand la propagande cache l'échec de sa guerre contre le Donbass


Des victoires à la Pyrrhus maquillées par la propagande

En 2016, deuxième année des accords de Minsk, l'armée ukrainienne s'est illustrée par une recrudescence de ses attaques contre le Donbass, bafouant de plus en plus ostensiblement au fil des mois le processus de paix engagé signé à Minsk en févier 2015. 

Tout d'abord, ce sont les bombardements sur le Donbass qui ont repris crescendo depuis l'été jusqu'à atteindre ces dernières semaines des pics de plus de 3000 violations quotidiennes du cessez le feu. Ces pilonnages concernent essentiellement la bande de la ligne de front mais du fait qu'ils se concentrent sur les lignes de contact qui sont principalement dans les zones urbaines (Dokuchaievsk, Marinka, Yasinovataya, Gorlovka...) ou sur des villages situés en première ligne (Peski, Spartak, Zaitsevo, ominternovo etc...) de nombreux tirs frappent les quartiers résidentiels qui sont souvent d'ailleurs sciemment pris pour cible.

Mais 2016, par rapport à l'année précédente (exception faite du secteur de Marinka en juin 2015) a surtout été caractérisée par un retour des opérations offensives terrestres ukrainiennes, reconnaissances offensives ou attaques localisées qui ont augmentées la pression et fait naître de nouvelles ligne de contact où les belligérants ne sont qu'à quelques centaines de mètres les uns des autres. 

De ces opérations ukrainiennes multiples qui se sont déroulées sur tout le front de Donetsk et Lugansk 3 secteurs particulièrement sensibles apparaissent: Yasinovataya (Nord Donetsk) Debalsevo (Est Gorlovka) et Kominternovo (Sud DNR). Dans ces 3 secteurs, les ukrainiens ont investi la "zone grise" jusqu'aux lignes républicaines sur lesquelles elles lancent régulièrement des assauts localisés qui même s'ils sont systématiquement repoussés et subissent de lourdes pertes ont réussi à "grignoter" cette zone, normalement neutre qui se situe entre les lignes.

Stratégiquement, ces attaques se soldent par des échecs car aucun de leurs objectifs n'a été atteint: 
  • Au Nord de Donetsk, à Yasinovataya, la route menant à Gorlovka, même si elle a du être coupée à la circulation sur un petit tronçon, n'est pas atteinte par les "ukrops". 
  • Dans le Sud, les villages de Sahanka ou Kominternovo ne sont pas tombés face aux assauts blindés menés principalement par le régiment Azov, 
  • Dans le Nord, sur la front de Debalsevo les 2 attaques importantes que Kiev a lancé (28 juin et 18 décembre) ont été repoussées par des contre attaques républicaines.
Tactiquement, ces attaques répétées donnent lieu cependant à de petites avancées réalisées sur le terrain par  les "ukrops", dont la propagande, pour cacher ses échecs militaires et justifier ses pertes importantes claironne haut et fort qu'elles sont le début de la reconquête du Donbass par Kiev ! 


"Mètre par mètre, nous commençons à libérer le territoire occupé ... 
Je suis convaincu que l'année 2017 sera un tournant à cet égard"

Oleksandr Turtchinov, Secrétaire du Comité de Défense et de Sécurité nationale de l'Ukraine
Tourtchinov le "père" de la guerre contre le Donbass, en visite sur le front (avec un fusil d'assaut israélien Tavor  21)
En réalité ces avancées insignifiantes ne sont des "victoires à la Pyrrhus": 
  • car d'une part elles se révèlent très coûteuses en hommes et en matériel, et n'enlèvent aucun objectif stratégique d'une ligne de front qui reste toujours figée sur les mêmes points d'appuis tactiques. 
  • D'autre part ces attaques créent de nouvelles "zones de contact" mais qui sont beaucoup plus inconfortables aux ukrainiens qu'aux républicains qui quant à eux, restent à couvert sur des positions défensives renforcées.
  • Lorsque la "zone grise" est large elle est souvent investie par les unité de Kiev jusqu'à ce qu'elles soient au contact des lignes républicaines et parfois cela se fait sans combat, comme le village de Novoluganskoe, investi ces derniers jours.
La seule conséquence qui peut intéresser Kiev dans cette évolution de la situation c'est qu'elle participe à rendre encore plus difficile l'application du protocole de Minsk, jusqu'à son sabotage pur et simple, qui apparaît aujourd'hui comme l'objectif majeur du gouvernement Porochenko. En effet lorsque les tranchées opposées sont à vue l'une de l'autre, et à portée de tir des armes légères, il est quasi impossible d'y faire régner un cessez le feu. Dernier exemple en date, aujourd'hui 28 décembre 2016, des snipers ukrainiens ont ouvert le feu sur les positions tenues par une unité de la République de Lugansk à Novoaleksandrovka.


En 2017, Kiev est obligé à jouer un quitte ou double dans le Donbass

Kiev est donc cloué à la fois sur une ligne de front qui lui est meurtrière à chacune de ses attaques, et dans un discours propagandiste qui ne peut reconnaitre que l'opération spéciale anti-terroriste est un échec total s'en entraîner aussitôt la chute du régime pro occidental qui l'a décidé. En effet si depuis 2 ans la guerre est un prétexte justifiant les échecs socio-économiques et bricolant bon an mal an une union sacrée face à une menace russe de plus en plus mythique, le vin a tété tiré jusqu'à la lie et la majorité des ukrainiens demandent à ce que cette guerre insensée se termine. 

Or cette guerre, Minsk ou pas Minsk, ne peut s’arrêter là mais s'il y a un statut quo de la situation et principalement par rapport aux territoires occupés du Donbass (Mariupol, Slaviansk etc...) que Kiev refusera de libérer au profit de Donetsk et Lugansk et que les Républiques (je l'espère) refuserons toujours d'abandonner à l'Ukraine. 

La solution la plus intelligente (et démocratique) serait de demander à la population de ces territoires de quel côté elle veut être rattachée, mais au vu des dernières élections locales où les partis pro-russes ont gagné les municipales, cela m'étonnerait que Kiev accepte d'être humilié à nouveau.

La deuxième raison est la viabilité des Républiques qui certes ont une frontière avec la Russie mais qui sont économiquement affaiblies avec la perte des régions Nord (Slaviansk Sieverodonetsk notamment) et de Mariupol au Sud qui est leur port économique...

C'est justement sur ce point crucial que le Président Zakharchenko a rappelé récemment que la zone référendaire que doit traiter les accords de Minsk s'étend normalement à "toute les régions de Donetsk et Lugansk" et pas seulement aux zones qui ont fait séparation et s'en sont détachées. 

La paix ne pourra donc s'obtenir que par un retrait politique ou un repli militaire de l'armée ukrainienne au delà des frontières des anciens oblasts (régions) de Donetsk et Lugansk. Militairement les Républiques n'ont pas les moyens d'attaquer mais peuvent continuer à infliger des saignées importantes à l'ennemi lorsqu'il s'aventure au delà de ses lignes. 

Le temps risque donc de peser dans la balance des décisions politico-militaires des premières semaines de 2017, car s'il joue en faveur des républiques solidement ancrées sur leurs positions défensives, en revanche il n'est pas favorable aux autorités ukrainiennes qui voient pendre au dessus de leurs ambitions bellicistes une épée de Damoclès nommée Trump et qui risque fort de devenir un couperet après l'investiture de la nouvelle équipe étasunienne qui veut "calmer le jeu" avec Moscou et se désengager du théâtre militaire européen.

Les premières semaines de 2017 risquent donc d'être une période particulièrement dangereuse pour le Donbass, car Kiev, qui vient de recevoir une nouvelle tranche du FMI peut être tentée par un quitte ou double dans cette guerre qui doit évoluer, sachant que le soutien de Washington risque de s'évaporer très bientôt, si Trump respecte ses engagements 


Kiev se prépare t-il à un baroud final ?


Sous couvert de la trêve de Noël que d'ailleurs ses troupes déployées sur le front ne réussissent pas à respecter, l'armée ukrainienne est en train de déployer des unités d'assaut et des systèmes d'artillerie au plus près du front. 
Ainsi par exemple à Novoluganskoe, ce village théoriquement dans la zone neutre mais investi par un bataillon spécial, des unités d'artillerie et des blindés ont été déployés par Kiev. Ailleurs, ce sont des Lances Roquettes Multiples qui se sont positionnés en face de Donetsk et Gorlovka (au total 12). Ces systèmes d'armes qui avaient été quasiment tous retirés du front en 2015 à cause de rupture des stocks de munitions, ont été redéployés depuis cette année, et Tourtchinov révélait récemment que la nouvelle usine fabriquant leurs roquettes était depuis peu entrée en production et alimentait à nouveau le front du Donbass.

Beaucoup s'imaginent qu'après l'investiture de Trump; Kiev sera neutralisée dans ses objectifs agressifs contre le Donbass. Rien n'est moins sûr car si Porochenko est effectivement aux ordres de l'équipe Obama il est surtout la marionnette des néoconservateurs et de la ploutocratie mondialiste qui elle, autonome et apatride, contrôle encore beaucoup des ressources politico-économiques étasuniennes et surtout européennes pour neutraliser Trump et poursuivre à partir d'autres bases, sa stratégie russophobe.

Donc le risque de guerre, tant que ce régime de paille sera nourri par les vampires de la finance internationale, sera persistant, même après l'élection de Trump car il reste toujours au dessus des projets pacifiques la politique du fait de guerre accompli et du jeu des alliances qui peuvent entraîner malgré lui le Monde dans une nouvelle guerre européenne.

En attendant les roquets de guerre de Kiev, malgré leurs défaites ininterrompues espèrent toujours reconquérir militairement le Donbass... En cette période de Noël, nous ne pouvons retirer à Porochenko, Tourtchinov and Co le droit de rêver, mais juste leur rappeler que "Errare humanum est, perseverare diabolicum" !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya 

LRM de 122mm BM 21 "Grad" 


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Erwan



lundi 26 décembre 2016

Le Monde russe est en deuil

La solidarité des peuples russes

Offrandes d'amitié et de solidarité à Donetsk
Dans la langue française, si les mots "coeur" et "chœur" sont phonétiquement très proches, la tragédie russe qui est survenue au large des côtes de Sotchi ce dimanche les a définitivement fusionnée dans une mer de larmes.

Le 25 décembre au matin, un Tupolev du Ministère russe de la défense s'est abîmé dans le Mer Noire quelques minutes après son décollage. La totalité des passagers et membres d'équipage a été tué dans le crash qui à priori serait dû à une défaillance technique. La délégation se rendait en Syrie dans le secteur de Lattaquié pour passer le Nouvel An avec les forces russes basées en Syrie. 
Le Président Vladimir Poutine a décrété un jour de deuil national pour aujourd'hui.

Le monde russe n'est pas seulement endeuillé par la disparition de ces 92 personnes , mais il est surtout touché au coeur, car parmi elles se trouvaient 64 membres des célèbres chœurs de l'armée rouge, cette troupe qui chante son âme à travers le monde. 
La solidarité des peuples de Russie a aussitôt relayé l'émotion immense provoqué par cet accident tragique, dans les frontières de la fédération, dans les pays et les diasporas slaves mais également dans tous les pays du Monde touchée par cette tragédie survenue au moment de Noël.

En Novorissiya, cette région russe bordant la mer Noire ensanglantée, l'émotion a été vive et aussitôt la nouvelle apprise des centaines de roses ont commencé à fleurir le parterre des représentations diplomatiques de la fédération de Russie; et dans le Donbass libre cette réaction a pris un caractère personnel car parmi les victimes du crash se trouve Elisaveta Glinka surnommée le "Docteur Lisa" qui est venu de nombreuses fois dans le Donbass en guerre secourir les populations bombardées et permettre l'évacuation de centaines d'enfants vers des hôpitaux (Voir l'article de Sébastien Hairon ici :"Le docteur Lisa n'est plus")
Le Président Zakharchenko a également décrété une journée de deuil...

Docteur Elisaveta Glinka décédée le 25 décembre 2016 en Mer Noire
L'avion transportait également neuf journalistes des chaînes de télévision Pervy Kanal, NTV et Zvezda, deux hauts fonctionnaires civils

Je ne m’attarderai pas ici sur les réactions immondes de certaines autorités ukrainiennes se réjouissant de la tragédie, ou d'autres insultes comme le silence des autorités françaises qui à ce jour n'ont toujours pas présenté leurs condoléances (à l'exception de l'ambassadeur de France à Moscou à titre personnel), alors que les présidents et ministres de la quasi totalité des pays l'ont fait  le jour-même de la tragédie.


L’Ensemble Alexandrov chorale de l'armée de terre russe fondée en 1928 et connue sous le nom des "chœurs de l'armée rouge" est universellement connu et apprécié à travers le Monde. D'année en année il est devenu un ambassadeur de la Russie par la qualités de son répertoire et l'interprétation de chants dont la force traversaient même le rideau de fer de la guerre froide.

Ce 25 décembre 2016, c'est la quasi-totalité des choristes de l'ensemble Alexandrov et leur chef le Général Valery Khalilov qui ont périssent ce crash près de Sotchi. Défaillance technique, erreur de pilotage ou attentat, la conclusion de l'enquête n'aboutira certainement qu'avec la récupération des boites noires de l'appareil. Mais l'identité emblématique des victimes et le lieu géostratégique de leur crash, en Mer Noire, est déjà tout un symbole, en cette fin d'année des temps difficiles qui menacent la Paix dans le Monde.

Leur rendre hommage c'est écouter toujours encore leurs chants immortels, comme ces soldats de l'Honneur russe dont d'autres relèves poursuivront leur mission de porter haut et loin l'emblème de la Russie éternelle. La tentation de mettre plusieurs chansons est grande mais j'ai choisi celle ci qui est une de préférées et dont le titre m'a paru de circonstance !

"En route !"

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Sources de l'article : 

et divers médias russes et français






Mise à jour 27 décembre 2016 : magnifique hommage aux chœurs par Slobodan Despot 

Source de l'article : Saker francophone 

La Russie atteinte au chœur


Par Slobodan Despot


Le 25 décembre 2016 − Source blog.despot.ch

La disparition tragique du chœur Alexandrov en mer Noire ce 25 décembre 2016 est bien plus qu’une tragédie aérienne. C’est un coup historique et une catastrophe nationale, plus douloureuse encore que la perte du Koursk en l’an 2000. Car cet ensemble de haute volée, connu à l’Ouest comme «les chœurs de l’Armée rouge», était la voix même de la Russie invaincue. Par la magie du chant, il était devenu l’un des piliers d’une miraculeuse réconciliation nationale, entre rouges et blancs, qui a jeté un pont par-dessus des millions de cadavres et conduit en moins d’une génération à la résurrection de l’Empire.

Ce que les commissions de révision, les livres d’histoire, les lois et les tribunaux n’auraient jamais pu accomplir, la musique et la spiritualité l’ont fait, tout naturellement. Ce que recelait le chœur Alexandrov, c’était le patrimoine le plus inaliénable de toutes les Russies. «Ceci est à nous!», pouvaient se dire tous les Russes, de tous les bords et opinions. «On pourra nous envahir, on pourra plagier nos chants, mais on ne pourra jamais nous les enlever!» Les airs russes, qui ont tant marqué la musique universelle, plongent leurs racines dans le chant de l’humanité première. Ils sont classiques et populaires, solennels et gaillards, amoureux et martiaux, débridés et funèbres. Ils sont toute la vie! C’est pourquoi le chœur Alexandrov pouvait enchaîner l’hymne national et Daft Punk sans faute de goût.


La diplomatie secrète de l’âme slave

Parmi mes amis et parents serbes, la consternation est tout aussi profonde. La disparition de ce grand chœur le même jour évoque un autre martyre collectif qui est dans toutes les mémoires : l’exécution de tous les lycéens de la ville de Kragujevac par les Allemands, le 21 octobre 1941, parmi des milliers d’autres otages. La grande poétesse Desanka Maksimović en a tiré un poème bouleversant que tous les Serbes connaissent, le Conte sanglant : «Cela se passait dans une contrée de paysans / dans les montagnes des Balkans. / Y mourut en martyr / tout un régiment d’étudiants / en un seul jour.»

A l’époque où la Russie regardait impuissante la destruction de la Serbie sous les bombes de l’OTAN et le dépeçage du Kosovo par les bandits anglo-saxons aidés des mafias albanaises, les reprises de vieux hymnes serbes par les chœurs de l’Armée rouge portaient un message de fraternité qui consolait les cœurs et maintenait la foi dans une alliance que les rapports de force avaient enterrée. C’était une diplomatie clandestine qui empruntait les canaux chiffrés de l’âme slave. Le clin d’œil était parfaitement compris: «Leur temps passera, et nous nous retrouverons!»

«Leur» temps est en train de passer, en effet, et ce n’est pas sans pleurs ni grincements de dents. Si cet invraisemblable accident n’est pas qu’une blague du hasard, si quelqu’un a vraiment voulu frapper la Russie, il a visé juste. Il a frappé au cœur. Juste en-dessous du président ou du patriarche.

Et pourtant il ne pouvait viser plus faux! Le chœur de l’armée n’a rien inventé. Il n’était que la plus belle voix de la Russie éternelle, une voix qui se reconstruira avec le temps. Ce coup au chœur ne fera que renforcer l’esprit de bravade de ce peuple magnifique et dément. Ses chants lui confèrent un cœur immense qui se rit de la mort. Et chaque Russe est tombé dedans tout petit, comme Obélix dans son chaudron de potion magique.



Slobodan Despot

Des sacrifices honteux

Les rapports accablants de la bataille de l' "arc Svitlodarsk"

Hier soir 25 décembre, entre 20h30 et 23h00, en violation avec les accords de Minsk et en pleine trêve de Noël, l'armée ukrainienne a de nouveau bombardé au mortier de 120mm la périphérie de Debalsevo, derniers soubresauts d'une opération offensive qui s'est effondrée en 2 jours dans les Collines de Kalinovka et dont les témoignages commencent à dévoiler l'incompétence suicidaire du commandement ukrainien.


Tandis que les échanges de corps de soldats tués dans les combats s'est effectué aujourd'hui, l'analyse des premiers rapports et témoignages de cette offensive ukrainienne dévoilent le niveau "apeurant" d'incompétence suicidaire qui a dominé les opérations lancées le niveau contre le front de Debalsevo.

Au tout début juillet, aux lendemains d;une précédente attaque suicidaire menée le 29 juin dans le même secteur du front du Donbass, j'avais déjà intitulé le bilan de cette opération insensée de l'armée ukrainienne "Des vies sacrifiées pour rien", mais ce n'était encore rien en comparaison de l'offensive lancée ce 18 décembre, toujours entre Svitlodarsk et Debalsevo qui est l'exemple même de l'incompétence de cette armée ukrainienne et le mépris qu'éprouvent leurs chefs pour le vie de leurs soldats !

Il ne s'agit pas ici de redéfinir les enjeux stratégiques que représente le contrôle de Debalsevo ce nœud routier et ferroviaire de 1ère importance, cela a été évoqué plusieurs fois dans les articles précédents sur le sujet (voir par exemple : ici )

Il s'agit ici, et pour clôturer ce nouvel épisode meurtrier et honteux pour Kiev de ressortir des premiers comptes rendus républicains et ukrainiens le déroulement des opérations militaires ukrainiennes au cours desquelles plus de la moitié de leurs pertes ont été directement causées par leurs propres armes.

Malgré des axes d'attaques initiaux ambitieux, l'offensive ukrainienne va très rapidement s'effondrer sur elle même et dès le lendemain les combats au sol vont commencer à se stabiliser et se réduire presque exclusivement à une zone collinaire très réduite au Nord de Kalinovka. 
L'offensive de Kiev a été menée par différentes unités d'assaut et d'appuis feu, sous le commandement de la 54ème Brigade d'infanterie mécanisée du colonel Gorbatyuk. C'est à 5 heures 45 que les premiers groupes d'assaut du 1er Bataillon de cette 54ème brigade avancent en infiltration à la faveur d'un épais brouillard en direction des positions avancée tenues par les sections de la 7ème Brigade d'infanterie motorisée du 1er corps d'armée de la république de Lugansk. Leurs objectifs, s'emparer d'un groupe de collines qui permet de contrôler le secteur et d'organiser aussi des appuis pour une offensive ultérieure sur Debalsevo plus au Sud.

Cet assaut initial qui a réussi a bousculer les défenses républicaines (comme le 29 juin) a été cloué dans son élan... par le commandement ukrainien lui-même ! :
  • Une première unité a été dirigée dans son assaut au milieu d'un champs de mine ukrainien, bilan : une quarantaine de tués et blessés !
  • Les rapports qui viennent de paraître nous apprennent également que les appuis feu de l'artillerie ukrainienne n'ont pas allongé leurs tirs lors de l'avancée de leurs unités d'assaut, qui se sont retrouvées rapidement sous leur propre feu !
Résultat, les forces ukrainiennes ont eu près d'une centaine de morts pour finalement abandonner 4 des 5 positions élevées qui avaient été conquises quelques heures auparavant. La suite est connue : la contre-attaque républicaine qui a été rapidement organisée a permis d’empêcher à l'ennemi de reprendre son second souffle et réinvestir le terrain bombardé.

Cette désorganisation des forces ukrainiennes ne s’arrête pas à l'absence de coordination entre le commandement, les unités d'assaut et l'artillerie, il est aussi présent dans la préparation des combattants dont les corps relevés sur le terrain montrent qu'ils étaient mal équipés, à la fois pour le combat (pas de gilet pare éclats) et pour les conditions hivernales très rigoureuses à ce moment là (-18°). Même à l'arrière de la ligne des combats les évacuations sanitaires ont du être improvisées à partir de véhicules civils appartenant à des volontaires !


A l'issue de l'enlisement de leur offensive, les ukrainiens ont malgré tout fixé leur avancée de 600 à 1500 mètres maximum (pointillés verts sur la carte), créant ainsi sur le front du Donbass une nouvelle "zone de contact" au cessez le feu ingérable du fait de la grande proximité des 2 lignes de front (moins de 300 mètres).

Les informations et analyses sur ces combats vont certainement continuer quelques jours, surtout avec la commission d'enquête que le haut commandement ukrainien a diligentée sur le terrain pour faire la lumière sur les pertes importantes subies du fait de l'incompétence du commandement (que de nombreux témoins rapportent être en état d'ébriété au moment de l'attaque) et de l'absence totale d'organisation (préparation, coordination, logistique, assistance etc...).

On pourra certes me juger ici propagandiste républicain, ce que j'assume dans une certaine limite qui est celle du mensonge. Aussi je préfère citer des témoignages issus du camp ennemi qui confirment le caractère insensé et suicidaire de cette offensive menée par Kiev entre les 18 et 22 décembre 2016 au Nord de Debalsevo.

Au lendemain de cet échec, les ukrainiens de rage ont bombardé Debalsevo puis investit le village de Novoluganskoe dans la zone neutre, poursuivant leurs crimes de guerre et incessantes violations du cessez le feu.

Par exemple le témoignage de Sergey Kutrakov, lieutenant de la garde nationale ukrainienne et participant à ce fiasco militaire, qui décrit ici "une opération tactique qui ne s'inscrit pas dans un objectif stratégique et qui est dépourvue de sens"

Dans ce direct de la télévision ukrainienne, cet officier ukrainien contredisant ouvertement la doxa des responsables ukrainiens comme Porochenko ou Tourtchinov par exemple déclare: 

  • Que ce sont bien les ukrainiens qui ont déclenché les combats en attaquant 
  • Qu'ils ont subi d'énormes pertes qui les ont obligé à se retirer des positions conquises
  • Qu'à l'issue la situation sur le front n'a pas évolué en faveur de Kiev.


Kutrakov reconnait que les combats vécus sont consécutifs à une offensive décidée par les forces ukrainiennes dont l'objectif était de s'emparer d'une zone boisée faisant un saillant républicain au niveau du front Il justifie ainsi l'intention : «Je comprends pourquoi cela est arrivé: ces zilonkas (surface boisées), lancées dans notre direction, représentent un coin vers le front ukrainien. Et bien sûr, l'ennemi peut harcelé notre position, d'autant qu'elle n'est pas très confortable sur les cartes. Alors bien sûr, vous devez retirer la cale "

De fait, sur le terrain, si il y a effectivement des zones boisées orientées Nord-Sud qui traversent la zone grise entre les 2 lignes de front, il n'y a pas de saillant républicain et le danger qu'elle représentent est réciproque pour les 2 adversaires. En revanche c'est bien le contrôle des collines qui est l'atout majeur de ce secteur.



Dans cette interview donnée à la chaîne de télévision ukrainienne 3s-TV lors d'un direct le 22 décembre, Kutrakov confirme le manque de coordination entre l'infanterie qui selon lui "a complètement rempli ses objectifs" et l'artillerie qui a fait défaut ou pire a bombardé ses propres troupes. Il reconnait que les unités d'assaut de Kiev ont du "se retirer après avoir subi de lourdes pertes" constatant amèrement que "si les unités restent sur place sous le feu pour conserver juste 1 kilomètre ou 1 kilomètre et demi de terrain, alors c'est inutile, car la situation du front pour nous est la même qu'au début de cette opération"

En effet si on regarde la carte ci dessus les unités ukrainiennes qui ont poussées vers le Sud à l'Est du lac puis à l'issue de la bataille à l'Ouest du lac n'ont pas emporté d'objectif stratégique mais sont arrivées désormais sous le feu direct des défenseurs républicains (et accessoirement de leurs propres artillerie et champ de mines !). 

Concernant les unités républicaines rencontrées, Kukratov reconnait qu'elles ont opposé une vive résistance et repris de nombreuses positions lors des contre attaques, et qu'après avoir déloger les unités de Kiev "elles ont renforcé leurs positions"

Dans cette guerre où chacun minimise ses pertes, différents indicateurs permettent cependant d'en faire une estimation réelle, et pour cette pitoyable aventure militaire ukrainienne, la facture s'avère très lourde : 

  • environ 100 tués et plus de 200 blessés minimum du côté ukrainien
  • environ 28 tués et 63 blessés du côté républicain

Il s'agit donc (comme la précédente attaque menée le 29 juin dans le même secteur) comme le regrette rageusement cet officier ukrainien d' "une opération qui n'est qu'un gâchis de vies humaines"



Aujourd'hui la trêve de Noël est globalement respectée sur le front du Donbass, mais au milieu des bilans annuels de cette guerre insensée ou particuliers comme ceux de cette attaque suicidaire, il ressort toujours cette folie criminelle de Kiev qui persiste à vouloir poursuivre cette guerre à caractère génocidaire et au bout de laquelle l'Ukraine sera la seule perdante !


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya  

Sources de l'article :

Novorossiya 1.ru

Les articles précédents sur cette offensive, le lien ici : Debalsevo




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Erwan


samedi 24 décembre 2016

La perfidie criminelle de Kiev

24 DÉCEMBRE...

En préambule mes pensées vont à toutes celles et ceux qui se réunissent ce soir dans la Tradition de Noël, cette fête païenne christianisée, mais qui ne doit pas nous faire oublier qu'elle remonte aux temps anciens, quand les dieux marchaient au milieu d'Hommes qui dansaient leur soif de Liberté avec les faunes et les elfes des forêts sacrées....
C'est dans cet esprit que je souhaite à mes amis de passer au milieu de leurs proches d'heureuses fêtes solsticiales, dans la paix du Christ, celle des forêts de leurs sanctuaires ou de leurs coeurs...
Erwan Castel

Après leur échec à Debalsevo,
les ''ukrops'' se vengent sur la population !


Lorsque l'offensive ukrainienne lancée au Nord de Debalsevo le 18 décembre s'enlise au bout de 2 jours dans le réseau des petites collines entre Kalinovka et Lozove (voir le lien ici : Debalsevo), les ukrainiens allongent alors les tirs de leur artillerie jusqu’à la périphérie Nord de la ville dont les quartiers résidentiels n'avaient pas subi de bombardement depuis la mi-février 2015, date de sa libération par les forces républicaines.

Le 23 décembre après midi a partir de 16h00, plusieurs maisons d'habitations ainsi qu'une école ont été touchés par l'artillerie lourde ukrainienne positionnée a Svitlodarsk, au Nord, juste avant le commencement de la trêve de Noel rappelée aux belligérants par l'OSCE.

Les bombardements de Debalsevo du 23 décembre 2016
Mais dans le Donbass, il est plus facile de croire au Père Noël (ou plutôt ici  à Saint Nicolas) qu'au respect des engagements signés par Kiev :  
  • Le 23 décembre, en fin d’après midi, alors que les enfants et les familles de Debalsevo sont réunis dans le centre ville pour assister a l'illumination du sapin de Noel, l'artillerie de Kiev a tiré sur la ville, faisant fuir ses habitants vers les abris organisés. 9 maisons d'habitation et une église ont été endommagées et fort heureusement il n'y a pas eu de victime; 
  • Le 24 décembre, alors que la "trêve des confiseurs" a débuté depuis minuit, l'artillerie ukrainienne a bombardé le village de Kalinovo, situé au Nord de l'arc de Svitlodarsk. Malgré cette nouvelle provocation, les forces républicaines n'ont pas riposté;
  • Toujours ce 24 décembre, et profitant de le trêve, une unité ukrainienne appartenant au bataillon spécial "Donbass" a investi le village de Novoluganskoe, situe au Nord Ouest de Debalsevo au coeur de la "zone grise" normalement neutre. Les soldats ukrainiens se positionnant au coeur des zones habitées utilisent ici encore les habitants comme boucliers humains (a proximité de Donetsk, certaines batteries d'artillerie "ukrops" sont même positionnées dans des villages occupés pour interdire les tirs de contre batteries républicaines)
En jaune la ligne de front médiane entre les positions républicaines (en rouge) et les positions ukrainiennes (en bleu). En blanc, la limite entre la DNR et la LNR et en vert la zone des combats des 18,19, 20 et 21 décembre derniers.

Même les observateurs de l'OSCE ont enregistr
és 2300 tirs contre la République de Donetsk au cours des derniers jours, et aujourd'hui les bombardements, sur les territoires les territoires de Donetsk et Lugansk, ont continué malgré la trêve, tuant un soldat républicain et blessant un autre.  

Par ailleurs et concernant le secteur très tendu de Debalsevo, les services de renseignement républicains ont enregistré, une continuation du déploiement de nouveaux renforts ukrainiens dans le secteur, notamment des unités d'obusiers automoteurs et un bataillon d'infanterie.

Les républiques, tout en organisant et protégeant les festivités de fin d’année pour les familles du Donbass restent plus que jamais sur leurs gardes, attendant de pied ferme de nouvelles attaques perfides des soudards qui continuent à les assiéger de leur haine psychotique.
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Sources de l'article : Novorossiya Today

Protégées par des hommes et des femmes qui, à trente minutes du centre ville de Donetsk, veillent et meurent dans les tranchées, les familles du Donbass peuvent encore offrir à leurs enfants des rêves de Noël et d’espérance....  


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Source de l'article : Russie Politics


D'Obama à Debaltsevo: la politique de la terre brûlée



22 décembre 2016





Karine Bechet-Golovko

"Avant de quitter son poste, le Président sortant américain, B. Obama, fait tout son possible pour dégrader la situation et compliquer les cartes pour son successeur. Et ce, sur tous les fronts, tant intérieur qu'à l'international. La dernière tentative sanglante de l'armée ukrainienne de prendre Debaltsevo en violation des accords de Minsk en est un des éléments. Et a causé la vie à nombre de soldats ukrainiens. Pour rien.

Le délai entre le moment des résultats électoraux et l'entrée en fonction du Président américain est extrêmement long et pose des difficultés en cas de changement réel et non formel du pouvoir. Comme nous le voyons avec l'activité normative débordante de B. Obama, qui attaque sur tous les fronts en même temps durant ce mois de décembre, afin de dégrader au possible la situation pour son successeur, quitte à mettre en péril l'intérêt national. 

Quelle importance, il démontre clairement que l'intérêt de ce Clan néoconservateur est plus important que l'intérêt du pays. 

Il s'apprête à bloquer pour une très longue période, en s'appuyant sur une loi de 1953, le forage en Arctique, portant ainsi un coup dur aux soutiens de Trump et mettant des bâtons dans les roues du développement économique, dont le pays a tant besoin. 

Il lève la limitation de livraison d'armes en Syrie, "l'opposition" devant avoir les moyens de lutter contre Assad, le véritable ennemi au-delà des groupes terroristes, qui ne sont pas indépendants de ce groupe politique. Mais en sont le bras armé.

Sanctions contre la Russie et contre l'Iran, ce qui doit permettre de compliquer le partenariat pour lutter ensemble contre ces armées terroristes défendant les intérêts non affichés de ce Clan à l'étranger, faisant ce que l'armée régulière ne peut pas faire. Monstre enfanté de la guerre d'Afghanistan.

Mais la montée en puissance du conflit, la politique de la terre brûlée ne s'arrête pas là. Depuis 4 jours, la situation à Débaltsevo rappelle les plus mauvais jours de la guerre civile ukrainienne. L'armée ukrainienne et Secteur droit ont été envoyés pour forcer la ligne de front, en violation totale des accords de Minsk, dans l'indifférence totale de la communauté internationale. Il fallait tenter en urgence d'écraser dans le sang le Donbass. Selon les sources, les pertes ukrainiennes vont jusqu'à plus d'une centaine de soldats. Finalement, l'armée ukrainienne n'a pas pu prendre les hauteurs et a essuyé des pertes énormes.

Les deux vidéos qui suivent sont particulièrement choquantes, +18 ANS UNIQUEMENT

Les corps des soldats ukrainiens dans la morgue de Debaltsevo:


Avec la défaite ukrainienne, les soldats s'enfuient et abandonnent les corps de leurs camarades aux alentours de Debaltsevo:


Les moyens mis en place par l'Ukraine pour ses soldats sont à tel point rudimentaires, qu'ils sont obligés de recourir à l'aide de volontaires pour ramasser les blessés, les charger dans des voitures et les envoyer dans les hôpitaux de la région, qui sont surchargés. Presse ukrainienne:

Un d'entre eux, à bout de nerfs, a enregistré une vidéo adressée au Président Poroshenko, lui demandant où sont les moyens financiers délivrés à l'armée ukrainienne, pourquoi les ambulances sont à Kiev et non sur la ligne de front, quand une aide sera finalement apportée par l'Etat aux familles de ces soldats qui se battent et meurent pour, comme on leur a dit, défendre la Patrie? Où est la Patrie?


Une forme d'hystérie collective touche les zones contrôlées par le Clan néoconservateur, la chute est imminente, que se passera-t-il ensuite? La peur n'est pas feinte. Il faut détruire au maximum, quitte à mener une politique suicidaire, il faut que la situation soit ingouvernable après. La politique de la terre brûlée. Quand la guerre n'est pas efficace, on reprend les méthodes de terroristes: au poste frontière ukrainien à Gorlovka, les soldats ukrainiens ont tiré sur le bus de passagers dès qu'il est entré en territoire ukrainien. Juste parce qu'il venait du Donbass, gratuitement. Un homme est mort immédiatement sous les balles, un autre est mort suite à une crise cardiaque, le troisième est blessé. Gratuitement, parce qu'ils venaient du Donbass. 

Est-ce pour cela que l'on devient soldat ? Quelle différence y a-t-il alors avec des terroristes ?

PS: Pour autant, l'armée ukrainienne ne baisse pas les bras, Kiev n'a plus rien à perdre et les attaques ont repris ce matin. (en date du 22 /12/20160)"

Karine Bechet-Golovko


BMP ukrainien sur le front du Donbass

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