samedi 25 mars 2017

L'ignominie kiévienne

Quand l'objection propagandiste devient abjection honteuse 

Ioulia Samoïlova, la chanteuse russe désignée pour porter les couleurs de la Russie lors de l'Eurovision qui se tiendra en Ukraine en mai 2017 s'est vue interdire l'accès du territoire par Kiev et par conséquent du concours...


Lors de la manifestation 2016 de l'Eurovision, le régime ukrainien avait poussé sous les projecteur Jamala, une jeune chanteuse tatare originaire de Crimée et qui avait interprété "1944" un chanson antisoviétique se référant à la déportation d'une partie de la communauté tatare de la péninsule par le gouvernement russe de l'époque (en oubliant bien sûr de mentionner la collaboration au nazisme qui l'avait motivé). Portée par la propagande russophobe gangrenant la pensée occidentale, cette chanson avait alors gagné le concours de l'Eurovision désignant l'Ukraine comme le pays d'accueil du prochain concours de l'Eurovision.

Autant je suis amoureux de la chanson en général et du répertoire traditionnel en particulier qui est "ce battement du coeur des hommes", autant je suis rétif à ce genre de manifestation tel que l'Eurovision qui dans sa dérive politico-consumériste, illustre de plus en plus cette "Société du spectacle", qui en distordant la sensibilité jusqu'à la sensiblerie, manipule les consciences pour imposer à travers l'émotion les clichés de la pensée unique.
Cela dit je reconnais à ce type de manifestation la qualité de tribune internationale permettant aux pays de réunir des ambassadeurs pour une communion culturelle éloignée de la tectonique géopolitique du moment. Mais comme les manifestations sportives, les manifestations culturelles hyper-médiatisées se voient devenir les vecteurs d'une pensée politique avant que d'être l'expression d'une fraternité humaine universelle qui par essence est apolitique areligieuse.

Pour ce concours de l'Eurovision la politique s'y est invitée progressivement depuis 1969, année où l'Autriche avait décidé de boycotter le concours se déroulant à Madrid pour protester contre le régime de Franco. Plus tard en 1977 et 2005, ce sont des pays arabes qui boycottent le concours en raison de la présence d'un candidat israélien. Nous voyons ensuite apparaître dans l'histoire de l'Eurovision une autre forme d'ingérence politique qui est d'utiliser au contraire le concours comme tribune pour faire passer un message idéologique: c'est la cas de la Grèce qui avait présenté en 1976 un chant patriotique, 2 ans après l'invasion d'une partie de Chypre par la Turquie. 

Mais depuis 2 ans, cette politisation de l'Eurovision a encore évolué. Boycotté, puis utilisé comme tribune, l'Ukraine a transformé ce concours en véritable champ de bataille médiatique où Kiev s'autorise sans honte tous les coups, même les plus cyniques et lâches.



Cette année, la représentante de la Fédération de Russie prévue pour le 62ème concours de l'Eurovision s'appelle Ioulia Samoïlova, une jeune chanteuse de 28 ans, handicapée depuis son enfance à cause d'une polyomélite, qui devait interpréter une ballade romantique "Flame is burning". 


A l'heure où la russophobie occidentale peut trouver un champ d'expérimentations quotidiennes dans une Ukraine prise en otage par une hystérie confondant Russie et soviétisme, XXème siècle et XXIème siécle, intelligence et débilité; l'accueil d'une représentation russe en Ukraine est devenu tout simplement et viscéralement insupportable à une minorité d'ultra-nationalistes d'influence néo-nazie et qui imposent déjà à ce pays en pleine décomposition un blocus russophobe (et suicidaire) dans le domaine économique et bancaire, ainsi qu'une guerre à caractère génocidaire contre les russes du Donbass.

«Les services de sécurité ukrainiens ont interdit à Ioulia Samoïlova de pénétrer sur le territoire de l’Ukraine pour une durée de trois ans. Cette décision a été prise sur la base de données rapportant qu'elle avait violé les lois ukrainiennes»

C'est sur cette annonce laconique qu'à été confirmée l'intention d'interdire l'accès au territoire ukrainien de la chanteuse russe Ioulia Samoïlova, bien sûr sans préciser ce qu'il lui était reproché et quelle loi ukrainienne elle avait violé... 

La réalité est que cette jeune chanteuse de 28 ans avait participé à un concert en Crimée pendant l'année 2015, et que depuis la crise internationale autour de la décision des habitants de la péninsule de rejoindre la Fédération de Russie. Or, depuis cette crise majeure, les douanes ukrainiennes ont le droit de refuser l'entrée du territoire à toute personne qui se serait rendu en Crimée. C'est le prétexte invoqué par Kiev qui place donc un règlement douanier national au dessus de conventions internationales qui régissent la tenue de cette manifestation culturelle.

Et bien sûr cette nouvelle "affaire de l'eurovision" génère des déferlements de haine autant que d'indignation, ainsi par exemple "Libération", ce fleuron de la merdiacratie française, alors qu'il avait applaudi la chanson russophobe de la candidate ukrainienne Jamala en 2016, juge le choix de Ioulia Samoïlova (alors que ses propos et sa chanson sont totalement apolitiques) comme cynique et provocateur, caricaturant au passage la condition des personnes handicapées en Russie...

Cette décision lâche et infâme de l'Ukraine de refuser la représentante russe a mis les organisateurs du concours dans l'embarras et leur proposition d'autoriser la chanteuse russe de participer au concours depuis la Russie a également été refusée. De son côté Moscou refuse un remplacement par un autre candidat.

Quoiqu'il en soit, dans ce pays dont le nom rime avec haine, il ne semble pas que "la musique adoucisse les mœurs", bien au contraire, poussé par une russophobie pathologique et hystérique, Kiev a décidé de remplacer la fraternité universelle exprimée en chanson par l'infamie d'un totalitarisme criminel dont l'amoralité provocante n'a décidément aucune limite !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

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vendredi 24 mars 2017

Nouvel attentat à Donetsk

Attaque contre un bâtiment du Ministère de la Défense


Ce matin 24 mars 2017, vers 8h00 une explosion a retentit dans le centre ville de Donetsk au niveau d'un bâtiment du Ministère de la Défense. Peu d'i,formations ont circulé pendant la journée du quartier rapidement bouclé par les services de sécurité... Ce n'est que vers midi que les premiers détails sont parvenus :

Il s'agit d'un tir de roquette antichar vraisemblablement de type thermobarique Schmell  et télécommandé, qui a visé le 5ème étage d'un bâtiment . La roquette parce qu'elle a percuté le rebord extérieur de la fenêtre n'a provoqué que quelques blessés légers à l'intérieur des bureaux.

Cet attentat qui intervient quelques semaines après celui qui a coûté la vie au Commandant du bataillon Somali "Givi" montre bien que Kiev, incapable de battre les forces républicaines sur le terrai militaire, s'est résignée à bombarder les populations civiles et commettre des attentats à l'explosif dans le coeur des villes du Donbass.

Un nouvel acte terroriste qui confirme la vraie nature et l'incompétence d'un pouvoir moribond et haineux...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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Erwan

Feu d'artifice à Kharkov

Un des plus gros dépôts de munitions ukrainiens part en fumée


Sur les bases arrières du front du Donbass, l'armée ukrainienne a organisé d'énormes dépôts de munitions qui servent à alimenter rapidement les unités de l'ATO" tirant quotidiennement sur la population du Donbass. Plusieurs dépôts de munitions ont été détruits près de la première ligne ukrainienne, soit par des tirs directs, des sabotages ou le plus souvent, des accidents lors de la manipulation des explosifs et munitions et de leurs stockages.

Le 23 mars c'est au tour du dépôt de Balakleya situé à 40 km au Sud de Kharkov d'exploser suite à des incendies déclarés aux environs de 3 heures du matin. Ce dépôt est l'un des plus gros dépôts de l'armée ukrainienne, et il alimente le front de Donetsk. Le feu a gagné progressivement les entrepôts qui depuis 2 jours explosent les uns après les autres.

70 soldats et techniciens travaillant sur le dépôt ont été blessés et environ 20 000 habitants de la ville ont été évacués


Aussitôt, le commandement ukrainien a dénoncé une opération commando organisé par les unités spéciales de Donetsk ou Lugansk ou des partisans de Karkhov. Peut-être donc un accident ou un sabotage, mais dans ce cas probablement réalisé des soldats ukrainiens eux mêmes, coupables de vols et trafics de munitions, comme semblent le montrer plusieurs éléments qui dépassent largement le cadre de la coïncidence :
  • Plusieurs rapports et témoignages rapportent l'existence de marché noir de munitions et d'explosifs volés  réalisés par des soldats du dépôts. Une enquête est en cours.
  • Une inspection des hangars et un inventaire des stocks devait avoir lieu.... le 24 mars, lendemain de l'explosion.
Dès le matin de l'explosion, la ville de Balakleya a été évacué car certaines munitions sont éjectées au loin du dépôt avant d'exploser et des retombées toxiques menacent la ville.


140 000 tonnes d'explosifs partis en fumée !

La destruction de ce dépôt important de munitions arrive il faut le reconnaître à point nommé, car tandis que la menace d'une offensive de Kiev se précise et que les bombardements reprennent chaque jour un peu plus sur le Donbass, l'armée ukrainienne vient d'être gravement amputée sur sa logistique de combat.

Cet événement démontre une fois de plus le niveau délétère dans lequel est tombée l'armée ukrainienne, tant au niveau des maraudages que des procédures de sécurité des zones sensibles qui révèlent des graves dysfonctionnements.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article : 




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Erwan



mercredi 22 mars 2017

Chasseur bombardier ukrainien en approche

Un front militaire instable

Sukhoi 24 lâchant des leurres thermiques anti missiles anti-aériens
Aujourd'hui l'armée ukrainienne dont les mentors politiques (Avakov, Turtchinov etc...) qui soutiennent le blocus total des Républiques et appartiennent au "parti de la guerre" qui est partisan d'une option radicale dans le Donbass, a rendu par ses provocations quotidiennes (attaques terrestres et bombardements) la ligne de front plus instable que jamais.

Le 20 mars c'était une attaque importante réalisée dans le Sud de la DNR contre le positions défensives de Kominternovo et qui s'est soldée par un nouvel échec sanglant pour les ukrainiens.

Le 21 mars, alors que les 2 jours précédents, pluvieux, avaient calmé les bombardements des ukrainiens, ces derniers dans la journée ont repris leurs bombardements dans le Nord de Donetsk, blessant des civils du Yasinovataya, mais aussi à Dokuchaievsk dans le Sud de Donetsk.

Bombardements sur le front de la DNR le 21 mars 2017


Conséquences du bombardement de Dokuchaievsk, le 21 mars 2017

Ce matin, rencontrant un commandant de l'Etat Major de la DNR, ce dernier m'a confirmé qu'actuellement l'évolution du front était imprévisible, la préparation à une offensive ukrainienne étant achevée cette dernière peut intervenir à tout moment, d'autant plus que les conditions météo lui sont favorables.

Par ailleurs, et même les stratèges ukrainiens reconnaissent qu'il leur faudra déployer un appui aérien à leur offensive, les pilotes ukrainiens dont les vols opérationnels se rapprochent de plus en plus de la ligne de front, s'entraînent actuellement sur le Dniepr à des vols très basses altitude avec attaque à vue des ponts (Info donnée par la police municipale de Tcherkassy)

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article : Novorossiya Today

Les vautours ukrainiens sont de retour

En 2014, lorsque Kiev lance son opération spéciale, les bombardements meurtriers opérés par l'aviation ukrainienne qui avait déjà perdu des appareils à Slaviansk et dans les chaudrons Sud, vont durer jusqu'en juillet, car après cette date, l'hécatombe des hélicoptères et des chasseurs a quasiment anéanti tout le parc aérien de Kiev qui restait opérationnel après la chute de l'URSS et l'abandon de la modernisation de l'armée.

Rappel des pertes de l'aviation ukrainienne au début du conflit :

Officiellement, Kiev a déclaré dans les 4 premiers mois du conflit la perte de 22 aéronefs.

MI 24 ukrainien abattu à Slaviansk (Nord Donetsk ) le 3 juin 2014
  • 11 avions de combat et de transport : 1 AN-30, 1 AN-26, 1 IL-76, 2 Su-24, 2 MiG-29, 4 Su-25,
  • 7 hélicoptères : 3 Mi-8 4 MI-24
  • auxquels il faut rajouter : 2 avions à réaction sans pilote Tu-143, 1 Su-25 et 1 Mi-8 écrasés suite à des raisons techniques.

Pendant environ 2 ans, mise à part 2 ou 3 vols de reconnaissance furtifs venus renifler de très haut les abords de la ligne de front, l'armée de l'air ukrainienne s'était faite plus que discrète dans le Donbass.

Mais depuis quelques temps, les vautours en acier aux cocardes jaune et bleu sont revenus vers le front à partir de juillet 2016, d'abord par des vols timides mais observés de plus en plus fréquemment lors d'exercices et d’entraînements réalisés à l'arrière du front.

C'est ainsi que depuis 6 mois environ, les ornithologues militaires ont pu observer ou entendre les aéronefs "ukrops" voler du côté de Mariupol, Kranoarmeysk, Konstantinovka, Artemovsk...

Prenons trois exemples en 2016 et 2017 pour illustrer ce retour progressif  des vautours ukrainiens sur le front :

1 / JUILLET 2016 :

Des avions à réaction survolent le secteur de Konstantinovka au Sud de la ligne de front de Marinka près de Donetsk, marquant le retour de l'aviation de combat ukrainienne sur la ligne de front.


Actuellement, en appui des 90 000 hommes déployés autour du Donbass, l'armée ukrainienne dispose d'un groupe aérien de chasseurs bombardiers et d'hélicoptères d'assaut, rescapés des abandons techniques et logistiques post-soviétiques et des combats de 2014. Ce groupe aérien est composé de :
  • 5 escadrilles de chasseurs soit : 9 Sukhoï 24, 15 Sukhoï 25, 10 Mig 29, 11 Sukhoï 27 ;
  • 3 escadrilles d'hélicoptères : 9 MI8 et 8 MI24)


2 / OCTOBRE 2016 :

Le 13 octobre, une opération héliportée à l'Ouest de Donetsk est stoppée par la défense antiaérienne républicaine. 1 hélicoptère ukrainien de type Mi8 est touché et obligé de faire un atterrissage d'urgence du côté ukrainien du front, à Krasnogorovka.


Petit à petit, et en complète violation avec les accords de Minsk, l'aviation de combat ukrainienne s'est rapprochée de la ligne de front du Donbass, notamment à l'Ouest de Donetsk, dans le secteur de Volnovakha (Sud de Donetsk) et à Mariupol (Sud de la DNR)


3 / MARS 2017

Le 20 mars, c'est un chasseur bombardier de type Sukhoï 24 ou 27 qui a survolé aux alentours de 19h40, la ligne de front au Nord de la DNR dans le secteur de Gorlovka.



Le chasseur bombardier s'est tellement rapproché des positions républicaines qu'il a malgré une altitude de 1000 mètres et une vitesse élevée, préventivement et peureusement diffusé des leurres thermiques LTC, contre mesures contre les tirs de missiles sol-air portatifs à guidage infra rouge.. Aucun tir n'a cependant été effectué ni d'un côté ni de l'autre.


Si Kiev réemploie son aviation de bombardement contre la population du Donbass, en plus de son artillerie lourde toujours en action, cela risque de constituer une escalade gravissime, tant sur le plan militaire que diplomatique, mais aussi un indicateur du niveau atteint dans le jusque-boutisme suicidaire occidental en Ukraine...

Erwan Castel pour Novorossia Today




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Erwan



mardi 21 mars 2017

Autodestruction engagée !

L'autodestruction politique économique et militaire de l'Ukraine


Xavier Moreau qui suit et analyse la crise ukrainienne depuis le Maïdan fait ici une synthèse de l'autodestruction réalisée par l'Ukraine sur fond de guerre oligarchique.

- Destruction de la coalition politique ukrainienne
- Le blocus, suicide économique de l'Ukraine
- La guerre du Donbass


Une opération suicide ukrainienne

L'armée ukrainienne sacrifie 15 soldats
 dans une attaque contre Kominternovo

Bombardement des lisières du village de Kominternovo le 20 mars au moment de l'assaut ukrainien
Le 20 mars 2017 en pleine journée vers 12h40, 2 sections ukrainiennes appuyées par des véhicules blindés d'infanterie et des appuis feu de mortiers lourds ont tenté de briser les défenses républicaines protégeant le village de Kominternovo dans le Sud de la République de Donetsk.

Lors de ce violent affrontement, les forces de Kiev ont été repoussé et se sont repliées vers leurs positions initiales après avoir perdu au minimum 15 soldats (10 tués et 5 blessés confirmés) ainsi qu'un véhicule de combat d'infanterie type BMP. De leur côté les défenseurs républicains déplorent 3 blessés.

Dans ce secteur depuis plusieurs mois les force ukrainiennes déployées dans ce secteur, principalement la 36ème brigade mécanisée ukrainienne multiplient les provocations en lançant des attaques terrestres de courte durée sur les défenses républicaines. Ces attaques suicidaires qui se révèlent particulièrement sanglantes pour Kiev sont généralement confiées à des groupes de radicaux nationalistes intégrés dans le dispositif ukrainien, comme par exemple le régiment Azov qui est en garnison à Mariupol. Ces bombardements quotidiens et ces assauts fréquents sont complétés depuis ce mois de mars par des bombardements des positions côtières de la DNR à partir des 2 ou 3 petites unités navales que Kiev a déplacé dans le port de Mariupol.


MISE A JOUR - 21 MARS 2017

Les forces républicaines en nettoyant la zone des combats qui se sont déroulés la veille ont trouvé d'autres corps de soldats ukrainiens abandonnés sur le champ de bataille. Le simple fait que les corps des ukrainiens étaient dans le périmètre défensif républicain suffit à prouver qu'ils étaient bien en position d'attaquants. 



Le bilan de cette opération ukrainienne s'est donc encore alourdi : 12 tués et 14 blessés. 
Le char T72 et es 2 BMP qui servaient d'appui direct aux sections envoyées à l'assaut ont été également endommagés.


La peur et la douleur d'un village capturé par le front


Dans cette guerre du Donbass dont la ligne de front s'est figée depuis plus de 2 ans, un certain nombre de villages se sont retrouvé en première ligne : Zaitsevo, Spartak, Oktyabrsky, Trudovsky etc... Kominternovo qui est situé sur le front au Nord de Shirokino, entre Novoazovsk à l'Est (DNR) et Mariupol à l'Ouest (territoire occupé par Kiev) fait partie de ces villages martyrs du Donbass 

Ce village situé à proximité de la mer d'Azov qui est régulièrement bombardé depuis septembre 2014, est en plus le théâtre de violents combats entre les forces républicaines et les forces de Kiev qui ont également réalisé dans ce secteur depuis 1 an, leurs "sauts de crapauds", grignotage progressif de la zone grise (sensée restée neutre) située entre les 2 lignes des belligérants, jusqu'à arriver au contact des défenses de Kominternovo, Sahanka, Leninskoe qui sont les villages qui bloquent l'avancée des ukrainiens qui occupent plus au Sud, le gros village de Shirokino en bordure de la mer d'Azov, qui devait resté une zone démilitarisé.

Voici un film de 15 minutes réalisé par l'équipe talentueuse de "News Front" 
qui assure depuis le début du conflit une couverture médiatique exceptionnelle 
de la réalité de ce génocide que l'Occident qui l'a provoqué veut nous cacher.
un film de Nikita Vozmitelya

Une fois encore cet épisode de la guerre du Donbass montre la faiblesse d'une armée ukrainienne incapable malgré des effectifs supérieurs en nombre de briser depuis 3 ans les défenses républicaines, mais qui en revanche par haine et vengeance s'acharne à terroriser la population civile qui s'accroche avec un courage égal à celui de ses défenseurs à sa terre ancestrale.

Comme le disait hier un habitant du petit village de Donetskyi situé plus au Nord à l'entrée du territoire de la République de Lugansk : "Nous sommes fatigués de cette guerre, il n'y a pas de mots pour exprimer cette famille, quand la nuit tombe les bombardements commencent, toute la famille vit dans la cave depuis plus de 2 ans... Ici il n'ya pas de position militaire, que des civils. L'APU (armée ukrainienne) veut nous détruire, mais ceci est notre terre et nous ne la laisserons pas !"

Kominternovo, comme tant d'autres villages du Donbass sont aux avants postes d'une guerre mondiale rampante, qui n'a pas encore été déclarée mais qui a déjà commencé ici sur cette terre russe aux confins de l'Eurasie et de l'Occident...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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Erwan


PS : En attendant de pouvoir ouvrir un compte à Rostov sur le Don, les dons humanitaires pour le projet "Un printemps pour Octobre" arrivant sur le même compte, je vous remercie de mentionner si nécessaire la destination de vos versements ou leur répartition entre "Oktyabrsky" et "Erwan".

samedi 18 mars 2017

La Foi et l'Espérance

La beauté de la Vie contre la laideur de la Mort


"La guerre… Je vois des ruines, de la boue, des files d’hommes fourbus, des bistrots où l’on se bat pour des litres de vin, des gendarmes aux aguets, des troncs d’arbres déchiquetés et des croix de bois, des croix, des croix… Tout cela défile, se mêle, se confond. La guerre…" 
Roland Dorgelès, "Les croix de bois"

Cette fois, je vous invite à rencontrer une famille qui vit au milieu des ruines près de l'aéroport de Donetsk. Avec leur 2 enfants ce jeune couple a vécu la guerre, restant dans leur maison même au plus fort des combats. Leur histoire, à la fois héroïque et banale symbolise la résistance de ce peuple du Donbass, gardien de ses traditions, animé par la Foi et l'espérance et l'exemple de son Histoire. 
Nous reviendrons à la rencontre de ses femmes et ses hommes d'Oktyabrsky, héros inconnus et désarmés d'une guerre au caractère génocidaire abject et sournois que les Néo-cons ont lancé contre la Russie


Chroniques d'Oktyabrsky - 2



Depuis 3 ans bientôt la haine de Kiev pour les russes du Donbass qui demandent à vivre dans le respect de leur identité culturelle et historique s'est transformée en guerre à caractère génocidaire. Chaque jour et chaque nuit, des bombardements quotidiens ont transformé une ligne de front en champ de ruines apocalyptique au milieu desquelles, contre toute attente, la vie civile s'accroche encore refusant de céder à la peur et à la mort...

C'est le cas d'Oktyabrsky, un quartier qui appartient au district de Kuybichesky et qui est situé au Nord de Donetsk, à proximité de l'aéroport Sergei Prokoviev lequel, depuis mai 2014 de violents combats opposent les forces républicaines et l'armée ukrainienne pour le contrôle de cette zone stratégique et symbolique située à moins de 20 minutes en voiture du centre ville de Donetsk.

Avant la guerre, autour d'un aéroport international flambant neuf qui avait été modernisé à l'occasion de la coupe de l'Euro 2012 de football, ce quartier bordé d'étangs où de petites maisons individuelles alternent avec des immeubles était réputé pour offrir un cadre de vie paisible tout en restant proche du centre ville. Lorsque la guerre éclate ce quartier se retrouve en première ligne et subit les tirs des "punisseurs" ukrainiens qui depuis l'aéroport bombardent la population civile jusque dans le centre ville de Donetsk. De septembre 2014, les milices républicaines vont se lancer à la reconquête de cette zone aéroportuaire qui sera finalement libérée en janvier 2015 (voir un résumé ici)

Ce 17 mars, accompagné de Svetlana Kissileva et Yana Basha de Novorissiya Today que je remercie pour la qualité de leurs photos (et de leur compagnie !), nous partons à la rencontre de Luyba et d'Alekseï qui survivent depuis 3 ans au milieu des ruines de leur quartier.

Malgré les accords de Minsk (Septembre 2014) le quartier d' Oktyabrsky continue d'être pilonné chaque nuit par l'artillerie ukrainienne. Sur cette carte, les bombardements réalisés dans ce secteur en 2016 (sachant que les pires ont été réalisés en 2014 et début 2015)
Malgré la violence des combats et bombardements, un nombre important d'habitants décide de rester dans leurs maisons endommagées, par choix ou par obligation, et depuis 3 ans offrent au monde un exemple de résilience héroïque...

Avec Luyba dans son quartier Photo S. Kissileva
Lyuba, avec son mari Alekseï et leurs 2 enfants, Alexandre et Dimitri, font partie de ses gens exceptionnels qui ont décidé de s'accrocher coûte que coûte à leur sanctuaire résistant à la haine et la mort par l'amour de la vie. Luyba réalisant des visites familiales de l'autre côté du front, nous a demandé de conserver l'anonymat pour se protéger et ainsi que les siens qui sont dans la zone occupée par l'armée ukrainienne. 
Nous avons donc pour cette rencontre, changé les prénoms et évité les photos identifiables.

Depuis 3 ans toutes les vies ici ont été bouleversées, les rêves détruits et l'environnement naturel et social envahi par la mort et les destructions. Lorsque la crise ukrainienne du Maïdan se transforme en coup d'état renversant le gouvernement Ianoukovitch, Lyuba qui suit les événements ne s'imagine pas un seul instant que l'enfer va se déchaîner un jour autour de sa maison. L'inquiétude va commencer à surgir en avril lorsque les premiers combats éclatent à Slaviansk (100km au Nord Ouest de Donetsk) et à partir de là, les événements comme les orages d'acier se précipitent vers la ville aux 1 millions de roses. 


Le jardin bombardé quelques minutes après que la famille soit partie se réfugier dans la maison
Cette jeune femme à la beauté rayonnante se souviendra certainement toute sa vie de ce 26 mai 2014, jour où la guerre fit irruption dans sa vie quand son père jouait avec ses enfants dans le jardin. Des chasseurs bombardiers ukrainiens ont alors crevé l'azur du ciel déchaînant l'enfer sur les abords de l'aéroport que des miliciens venaient de prendre sous leur contrôle.

Le quartier où habite Lyuba et Aleksei, transformé en paysage lunaire
par les combats de 2014-2015 et qui continue à subir quotidiennement
des bombardements ukrainiens en provenance d'Avdeevka et Peski.
Photo Yana Basha
Car cette famille habite à quelques centaines de mètres à peine de l'aéroport et se retrouve alors aux premières loges d'une des plus violentes batailles réalisées dans le Donbass et qui va se poursuivre pendant des mois avec des bombardements tellement intenses que les services d'urgence ne peuvent intervenir sur le secteur où chaque jour des civils tombent sous les obus. L'électricité, l'eau et le gaz sont coupés, et autour de Luyba, d'Alekseï et de leurs deux enfants, les maisons s'effondrent sous les incendies et les coups directs de l'artillerie lourde et des chars de combat ukrainiens. 

L’aîné des 2 garçons, lorsque les bombardements s'abattent sur le quartier subit un traumatisme psychologique grave, il perd l'usage de la parole et depuis, il est suivi par un pédo-psychiatre qui tente de chasser de son esprit la peur des "orages" qui depuis plus de 2 noëls tonnent en permanence dans le ciel. Grâce aux dons j'espère pouvoir prendre en charge une grande partie des soins qui aujourd'hui sont devenus exorbitants pour ses parents (voir en fin d'article).

Lorsque les canons et les avions de chasse ukrainiens commencent à écraser la population sous leurs tirs, comme beaucoup de pères, de maris, de frères, le compagnon de Luyba s'engage dans la milice pour défendre sa terre. Alexeï se battra sur les fronts de Gorlovka et Donetsk avant d'être réformé suite à une blessure.
Pendant cette période, la mémoire de Luyba déborde de souvenirs à la semblance de cauchemars, hurlements perçant le fracas des combats , les vitres qui explosent les toitures qui s'effondrent sur les incendies, puis les morts et les blessés que l'on évacue comme on peut entre 2 bombardements, plus tard ce sont les chiens et les chats errants affamés qui dévorent mutuellement leurs cadavres rougissant la neige. 

Trop d'images sombres se bousculent à l'évocation de cette guerre et le beau regard de Luyba se noie dans ses souvenirs aux plaies encore ouvertes.



En 2015, après que les soldats républicains aient chassé les derniers "cyborgs" ukrainiens du labyrinthe d'un aéroport complètement détruit, la situation dans le quartier s'est stabilisée malgré la persistance de bombardements et de combats sur une ligne de front qui s'est éloignée seulement dun kilomètre. 

Mais pour cette jeune femme de 30 ans le cauchemar continue, son mari qui avait été admis à l'hôpital 21 du quartier (lequel subit plusieurs bombardements) après plusieurs mois de coma et 3 opérations cérébrales décède. Luyba est effondrée mais reste debout au milieu des ruines en protégeant ses 2 garçons comme elle le peut. Cette année là, rue après rue, maison après maison, l'eau et l'électricité sont rétablis progressivement et en 2016, les réparations des logements encore habités peuvent commencer grâce à l'aide humanitaire en provenance de la Russie et l'organisation remarquable du jeune Ministère des situations d'urgences.

Photo Svetlana Kissileva
Luyba, qui travaillait avant la guerre dans une administration d'Etat au centre de Donetsk, gère aujourd'hui un petit commerce situé à 1 kilomètre plus au Sud près d'une gare mais dont l'activité commerciale a complètement chuté à cause de la guerre (la gare a connu également plusieurs bombardements et jusqu'à ce mois de février 2017), aussi la famille réussit-elle à peine à survivre dans leur maison endommagée, avec de maigres revenus qui ne permettent ni investissement ou réparation quelconque...

Mais malgré cela, la vie continue et l'espérance fleurit dans toutes les conversations autour d'un café servi selon les traditions de l'hospitalité qui maintiennent élevés la dignité et le respect qu'elle inspire en retour.

Luyba nous a invité à découvrir son quartier où dans les ruelles silencieuses et sans voiture; bornées de maisons, d'écoles et de magasins totalement détruits, survit une population incroyable qui réalise même toujours, au milieu des cratères d'obus et des débris de la guerre, le nettoyage printanier coutumier des jardins et parterres...

Car c'est aussi dans ces gestes quotidiens, ménagers et traditionnels qu'au milieu des ruines d'Oktyabrsky la Vie gagne son combat sur la Mort et tel un Phoenix réaniment Oktyabrsky de ses cendres. Lorsque l'on évoque les guerres on parle souvent des héros qui écrivent en lettres de sang l'Histoire militaire et glorieuse, mais il ne faut pas oublier ces civils qui dans l'ombre des maisons silencieuses continuent malgré la peur et la misère à entretenir la flamme du foyer qui brûle dans le coeur des soldats et leur donne le courage de se battre.

Nous continuons la discussion, tandis que dehors résonnent des tirs de lance grenades automatiques (AGS 17) qui explosent dans le secteur de l'aéroport dont le terminal est tenu depuis 2 ans par la bataillon Sparta. 
Plus tard, en fin d'après-midi, passant par les secteurs de Volvo Center et de la Gare, récemment touchés par des bombardements, nous retournons dans le centre ville bruyant de Donetsk, cet autre facette du Donbass, elle aussi surréaliste, et aux antipodes d'une ligne de front pourtant toute proche, que je m'empresse de rejoindre...

Il est 6h30 ce samedi 18 mars, et comme chaque matin, l'artillerie ukrainienne ouvre la journée par des aboiements de haine meurtrière... 

Je pense à Yulia,  Katia, Luyba, Alexandra, Sergeï, Andreï et tant d'autres qui sont dans ce quartier où j'ai décidé de vivre depuis 2016, et où l'on peut côtoyer chaque jour des personnes dont le courage et l'humilité sont animés par une foi indestructible et qui leur donnent encore la force, au milieu de ruines toujours bombardées, d'offrir aux passants un sourire chargé d'espérance.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Pour retrouver de nombreuses autres photos de ce reportage :

Le reportage en russe, le lien ici : Espoir et foi   
Le reportage en français, le lien ici : Lyuba du quartier d'Oktyabrsky 


Lyuba dans son petit magasin avec ses 2 enfants 



Pour lire les autres chroniques et articles sur ce quartier de l'aéroport, le lien ici : Oktyabrsky

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Projet humanitaire pour Oktyabrsky

Lorsque les dons personnel reçus dépassent mes besoins minima de vie quotidienne  je consacre alors le surplus à aider les gens de mon quartier, notamment les personnes âgées et les familles bombardées. S'il est impossible d'aider tout le monde, il est aussi difficile de choisir vers qui diriger es actions importantes tant il y a de personnes prioritaires. Hier par exemple c'était Yulia et Alex pour la réparation de leur maison bombardée (38 500 roubles environ) et aujourd'hui, pour la famille de Luyba, grâce aux dons, j'ai pu déjà leur donner 8000 roubles pour aider au règlement des frais médicaux de leur enfant malade. Mais ce n'est pas assez car ces frais s'élèvent à 50 000 roubles par trimestre sans compter les déplacements vers la ville où est traité l'enfant et qui est située à plus de 200 km. 

Même si la Russie et la République de Donetsk apportent une aide importante notamment pour les matériaux de reconstruction des maisons bombardées, il manque encore pour de nombreuses habitants des besoins importants pour leur permettre de survivre. (alimentation, équipements, vêtements, fournitures scolaires, médicaments,travaux, transports etc...)

Il faut savoir qu'ici la majorité des personnes qui sont restées dans le quartier vivent avec moins de 50 euros par mois et, même si la vie est beaucoup moins chère que dans notre Occident consumériste et décadent, cela ne permet pas malgré tout de restaurer le confort de vie minimum que la guerre a détruit. 

Chaque jour c'est un billet glissé dans la poche d'un mendiant, une facture de gaz payée, ou des réparations réalisées, mais j'avoue que cette aide est autant une pierre de Sysiphe qu'une goutte d'eau dans l'océan... Grâce à la générosité des personnes qui me soutiennent j'ai pu aider une quarantaine de personnes depuis de début de l'année, et je veux continuer et si possible développer cette action.

Si vous voulez aider les gens d'Oktyabrsky, merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass, en mentionnant "OKTYABRSKY" et aussi si possible vos coordonnées.

Les dons sont ensuite regroupés et directement adressés aux personnes aidées par mandat Western Union, le seul moyen de faire parvenir de l'argent en international.

Observation: la plus petite somme (l'équivalent d'un paquet de cigarette) est ici la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 

Bien à vous 


Erwan